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samedi 28 juillet 2012

L2 vine les pensées de la Reine


Et donc, les Jeux Olympiques seraient ouverts depuis hier soir.
Inaugurés comme il se doit, pour cette édition londonienne, par la Queen elle-même.

(c) Reuters.
A quoi songeait Elizabeth II pendant cette longue cérémonie vespérale, glorifiant beaucoup son pays, et un peu le sport?
Au livre qu'elle avait abandonné, obligée?
A celui qu'elle allait lire à son retour à Westminster?
Sait-elle qu'un de ses sujets, Alan Bennett, l'a immortalisée dans un excellent roman, se partageant entre la farce et la réflexion sur le pouvoir subversif de la lecture, "La reine des lectrices"?


Le moment est tout trouvé pour (re)plonger dans le petit bijou de roman qu'est "La Reine des lectrices", d'Alan Bennett (traduit de l'anglais par Pierre Ménard, éditions Denoël ou Folio), paru en français en janvier 2009.



On a découvert lors de sa parution que la Reine d’Angleterre est une super ambassadrice de la lecture.

Cela a commencé par accident, comme souvent.
Un jour qu'elle poursuivait ses chiens, tourneboulés par le bibliobus qui stationne chaque mercredi au château de Westminster, « près des poubelles », la Reine a, pour excuser leur tapage,  poliment emprunté un livre – un roman d’Ivy Compton-Burnett – et lié connaissance avec Norman Seakins, un jeune rouquin officiant dans ses cuisines, grand amateur de littérature gay.
Paf, le virus de la lecture l'a contaminée illico.
Depuis, elle se demande à chaque nouvel écrivain qu'elle découvre si elle ne l'aurait pas décoré, croisé... Elle a honoré tant d'obligations officielles. Elle a, car depuis qu'elle est possédée par les livres, elle fait tout pour esquiver les innombrables rendez-vous prévus à son agenda. Elle veut LIRE, rattraper son retard, LIRE, se retrouver dans d'autres mondes, LIRE, découvrir toujours davantage d'auteurs, LIRE.
Au point que son royaume jusque-là superbement organisé risque désormais le dérapage. "Je suis en train de lire", répète de plus en plus souvent la souveraine qui néglige désormais son agenda et multiplie les retards.
Friande des conseils de Norman, elle apprécie le format poche qui tient aisément dans un sac de dame. Car si, assise dans son carrosse, elle salue d’une main, de l’autre, l’insatiable poursuit sa lecture.La subversive occupation transforme Elizabeth, à l’étonnement, pour ne pas dire l’inquiétude, de son entourage, professionnel comme familial.
Elle n’en a cure, toute à sa découverte. "Elle découvrait également que chaque livre l’entraînait vers d’autres livres, que les portes ne cessaient de s’ouvrir, quels que soient les chemins empruntés".

Il n’y a pas meilleur ambassadeur pour la lecture que cet épatant roman, drôle de bout en bout, truffé de références, et à la finale inattendue.
"La Reine des lectrices"s'avère particulièrement original et réussi, invitant un vent de liberté dans le cadre empesé de la Royauté.
Comme quoi, on peut être couronnée et novice en lecture, mais avide de découvrir, que ce soit "La poursuite de l’amour" de Nancy Mitford, Henry James, les sœurs Brontë, Jean Genet et bien d'autres...

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