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dimanche 26 mars 2017

Parcours littéraire enchanté au #PPF2017


La sixième édition du Passa Porta Festival 2017 (lire ici) s'est achevée sous le soleil et sur les pavés bruxellois, après avoir ravi plus de huit mille participants dans toutes les langues durant deux jours et demi.
Impossible évidemment de participer à toutes les rencontres, remplies à craquer pour la plupart, tellement tentantes, les horaires parallèles contraignant à des choix drastiques. Choisir, c'est renoncer... C'est aussi croiser ici ou là la vieille DS servant de Rimbaudmobile.
Mais ce qui fut fait fut bien fait. Bribes des rencontres auxquelles j'ai assisté, enchantée.


Vendredi soir

Comment lire le monde?
A lire ici.
A noter qu'un album pour enfants inspiré de l'histoire du "petit poisson noir" est en projet pour l'automne chez Albin Michel Jeunesse.


Samedi

Jean-Baptiste Del Amo ("Règne animal", Gallimard) &  Ysaline Parisis.
"Se questionner et se mettre en danger de texte en texte, déconcerter les lecteurs et se surprendre."
Marcus Malte ("Le garçon", Zulma) & Ysaline Parisis.
"J'ai besoin qu'il y ait de la chair dans ce que j'écris."

Ivan Jablonka ("Laëtitia", Seuil) & Myriam Leroy.
"J'ai voulu rendre à hommage à Laëtitia en disant des choses vraies sur sa vie et non sur sa mort."



Fawzia Zouari ("Le corps de ma mère", Editions Joëlle Losfeld) & Vanessa Herzet.
Quand une Tunisienne née dans un village du Kef décide de se lancer en français et en littérature à Paris!

Qui porte des chaussettes rouges sous son costume anthracite? Bertrand Belin, remarquable dans sa prestation Duality, dessinée par Max de Radiguès. Entre récit et improvisation autour des aventures du chanteur anversois Ferre Grignard dans sa découverte de l'Amérique. Quel souffle! Quelle imagination.


Dimanche

Patrick Declerk ("Crâne", Gallimard) & Laurent Moosen, entre humour, sarcasmes et dérision.
"Il y a douze ans, les autorités médicales me donnaient un an et demi à vivre."

Céline Minard ("Le grand jeu", Rivages) & Laurent de Sutter.
"C'est quand on cherche à se retirer qu'on fait des rencontres."

Lionel Shriver ("Les Mandibules", Belfond, mai 2017) & Ruth Joos.
"Il n'y a pas de différence entre le monde que j'écrivais lorsque j'étais une auteure inconnue et celui que j'écris maintenant que je suis une auteure connue."

Annie Ernaux ("Mémoire de fille", Gallimard, dont des extraits sont lus de façon lumineuse par Virginie Efira) & Ysaline Parisis.
"C'est quand j'étais jeune fille au pair à Londres que l'acte d'écrire est devenu désirable, au sens d'un désir qui devait être accompli."


Ultime rencontre en français du #PPF17, Annie Ernaux et Ysaline Parisis.



samedi 25 mars 2017

Un petit poisson noir, venu de loin, à l'ouverture du Passa Porta Festival 2017

C'est parti à Flagey!

C'était hier soir vendredi à Flagey que le Passa Porta Festival  (lire ici)  tenait sa soirée d'ouverture sur le thème "How to read the world?"
Et ce fut passionnant.
Oubliés le Paul Auster et ses cordes vocales malades lui interdisant le voyage vers la Belgique.
Trois duos l'ont brillamment remplacé, enthousiasmant le public dont la curiosité aura bien été récompensée. Trois voix d'écrivains, singulières, mises en valeur par la qualité des questions posées.

Morceaux choisis.

Ece Temelkuran & Annelies Beck

"Ecrire un roman, c'est pardonner au personnage."

Négar Djavadi & Nathalie Skowronek

"La littérature est ce qui sauve la mémoire."

Juan Gabriel Vásquez & Annelies Beck

"Ecrire de la fiction n'est jamais donner des réponses mais interroger la réalité."



The Little Black Fish

Quel est ce livre, "The Little Black Fish" dont Ece Temelkuran a expliqué qu'il était le premier livre qui lui avait été lu?

La couverture originale de 1967.
C'est un livre pour enfants célèbre, écrit en persan en 1967 par Samad Behrangi et illustré par Farshid Mesghali, lauréat en 1974 du Prix Andersen considéré alors comme le Nobel de la littérature de jeunesse.
L'album a souvent été considéré comme une allégorie politique. Il a été interdit dans l'Iran pré-révolutionnaire (avant  1978).

L'histoire est racontée par un vieux poisson qui parle à ses 12.000 enfants et petits-enfants.
Un petit poisson noir quitte la sécurité du ruisseau local pour s'aventurer dans le monde. En chemin, il rencontre plusieurs personnages intéressants, dont un lézard bienveillant et un redoutable pélican. Avec sagesse et courage, il poursuit son voyage au loin et devient à son retour un exemple pour les autres petits poissons.


Mais que tout cela ne nous fasse pas oublier que le parcours littéraire se déroule aujourd'hui samedi et demain dimanche (lire ici).





jeudi 23 février 2017

Cent auteurs au Passa Porta Festival 2017


L'inconvénient d'un événement bisannuel est qu'on le regrette l'année où il n'a pas lieu. L'avantage d'un événement bisannuel est qu'on se réjouit vraiment de pouvoir y participer l'année où il est organisé.
C'est précisément le cas du Passa Porta Festival, dont la sixième édition se tiendra du 24 au 26 mars à Bruxelles. Plus de cent auteurs feront le déplacement, et pas des moindres. Des stars comme Paul Auster (le vendredi soir en ouverture) et Annie Ernaux (en clôture le dimanche). Des valeurs sûres comme Lionel Shriver, Herman Koch, Maylis de Kerangal, Marcus Malte ou Sofi Oksanen. Des Belges des deux côtés de la frontière linguistique comme Nathalie Skowronek ou Dimitri Verhulst. De nouvelles voix littéraires à découvrir. Et tous ceux qui vous attendent sur le site dédié au Festival. Autant de belles surprises!

Plus de cent rencontres programmées en dix-neuf lieux rempliront le calendrier festivalier, rendant des milliers de lecteurs heureux.

Le rendez-vous incontournable des amoureux de la littérature se situe dans la continuité des précédents pour la qualité des événements programmés. Festival aussi bien international (17 nationalités) que plurilingue (français, néerlandais, anglais, espagnol, norvégien, finnois), bruxellois et lié à l'actualité. Il innove aussi. Principalement, en étendant le traditionnel parcours littéraire à deux jours, le samedi et le dimanche. Egalement en proposant douer duos inédits entre artistes pluridisciplinaires, "Duality" (samedi soir).

Comment organiser les rencontres autours des livres de la centaine d'auteurs invités? En choisissant des fils rouges reliant leurs ouvrages: dépassement des peurs et prise de risques, sortie des sentiers battus, dialogue, auteurs féminins, auteurs européens, poésie, lecture...


En attendant le 24 mars


Le "Prélude" avec Erika Fatland. (c) Passa Porta.

Un "prélude" autour de la formidable auteure norvégienne Erika Fatland se décline en trois temps: hier à Bruxelles (lire en fin de note), ce soir à Anvers et demain soir (24 février) à Liège.

Le label #ppf2017reader a été créé pour repérer différentes activités encadrées par des auteurs belges qui se dérouleront dans plusieurs librairies indépendantes de tout le pays autour de six auteurs du festival, Lionel Shriver, Almudena Grandes, Sofi Oksanen, Negar Djavadi, Patrick Declerck, P.F. Thomése. Dix bibliothèques bruxelloises ont préparé des tables destinées aux livres des auteurs du festival. Ce hashtag permet de rassembler les initiatives en rapport avec le Festival à venir.

Sans oublier ce qui se réalise dans le cadre des Brussels Book Days (lire ici).


Le sixième Passa Porta Festival


Les soirées

Vendredi 24


Paul Auster (c) Lotte Hansen.
Paul Auster évoquera son œuvre et son dernier roman "4 3 2 1", un pavé de plus de 900 pages sorti le 31 janvier aux Etats-Unis et non encore traduit en français. Attendu depuis sept ans, ce roman raconte l'histoire de quatre Archibald Isaac partageant le même ADN mais menant des vies parallèles et totalement différentes.
Flagey, 20h15, interview par Annelies Beck, en anglais.



Samedi 25


Négar Djavadi (c) Matsas-Opale-Levi.
"Duality" ou une soirée placée sous le signe du chiffre 2. Négar Djavadi & Eve Bonfanti, Gerard Herman & Milan Warmoeskerken, Joy (Gioia Kayaga) & Milady Renoir, Dorthe Nors & Randall Casaer, Jeroen Olyslaegers & Scale, Halfdan Pisket & Aura Xilonen, Peter Verhelst & Wide Vercnocke, Dimitri Verhulst & Peter Vandenberghe, Jean-Baptiste Del Amo & Olivier Cornil, entre autres, investiront le bâtiment pour créer: duos d'écrivains, poètes, slameurs et illustrateurs avec d'autres artistes. A partir de 22h30, cap sur la piste de danse, en version littéraire.
Beursschouwburg, 20 heures, en français, néerlandais et anglais.


Et en rentrant, on passe à l'heure d'été (on avance sa montre d'une heure)!


Dimanche 26


Annie Ernaux. (c) C. Hélie-Gallimard.
Annie Ernaux, figure majeure de la littérature française contemporaine, répondra aux questions d'Ysaline Parisis. La rencontre sera précédée d'une lecture de textes de l'auteure par la comédienne belge Virginie Efira.
Bozar, 18 heures, en français.




Connie Palmen. () I. Olhbaum.
Herman Koch. (c) M. Kohn.
En parallèle, les néerlandopho-nes pourront écouter Connie Palmen et Herman Koch, auteurs néerlandais renommés et traduits en français, la première chez Actes Sud, le second chez Belfond, discuter avec Ruth Joos.
KVS, 18 heures, en néerlandais.


Le parcours

Je répète, cette année, le parcours se déroule sur les journées du samedi et du dimanche (avec passage à l'heure d'été entre les deux, soit avancer sa montre d'une heure).

A chacun de picorer selon ses envies, tout est clair sur le site (www.passafestival.be), organisé par lieux, catégories et auteurs. De se faire son parcours, en choisissant entre conférence, débat, lecture, installation, joute de traduction, club de lecture en présence ou non de l'auteur, dédicace, installation, poésie (dont la Rimbaudmobile), illustration, musique, promenade, visite guidée, petit déjeuner, sans oublier le programme Kids. Les infos pratiques et les réservations en ligne se font sur le même site.

Plus près de l'événement, je me ferai mon petit parcours, que je vous communiquerai.



📚 Dans l'intervalle


Avant tout cela, je me réjouis de lire "Soviétistan, un voyage en Asie centrale" d'Erika Fatland (traduit du norvégien par Alex Fouillet, Gaïa, 512 pages, février 2016). La rencontre de la romancière avec des hommes et des femmes du ­Turkménistan, du Kazakhstan, du Tadjikistan, ­du Kirghizistan et de l'Ouzbékistan.
Le début du livre peut se lire ici.
Et début avril, on aura la traduction française de son roman pour enfants, "La guerre des enfants" (Gaïa), qu'elle a mis six ans à écrire.


Erika Fatland. (c) Reineord.

Erika Fatland a réjoui mercredi soir le public bruxellois lors du "Prélude" au Passa Festival 2017! Mince alors! A 33 ans à peine, la Norvégienne peut exhiber un passeport de vieux baroudeur. Anciennes républiques soviétiques, Corée du Nord, Chine, du lourd par rapport à son voyage post études universitaires au Guatemala. Partout, elle a voulu rencontrer les gens, communiquer avec eux. Et elle a fait de ces rencontres, consignées dans les pages d'un journal quotidien, des livres très travaillés. C'est que l'anthropologue de formation, se considère davantage comme un écrivain. Et quel écrivain que celle qui a suivi son rêve d'enfant!

Lu en norvégien, avec projection simultanée des traductions en français, néerlandais et anglais, son formidable discours d'ouverture du festival, "Les confessions d'une écrivain voyageuse", était un régal d'humour et de réflexions sur le monde, sa pratique d'auteur, ses rencontres... Un semblant de zig-zag autour du fil rouge des frontières visibles et invisibles pour mieux embrasser tous les sujets qui touchent ou fâchent. Faire sourire le public par une anecdote avec un garde-frontière tout en le conscientisant par une autre au monde d'hier, d'aujourd'hui et de demain.

Pour le moment, Erika Fatland écrit de la "non fiction" comme on dit en anglais, ce qui implique pour elle que tout ce qu'elle écrit doit être vrai. Seule concession, elle modifie les noms des intervenants pour les protéger des régimes autoritaires de leurs pays. Mais elle rêve d'écrire un roman.

Elle a publiés deux livres sur le terrorisme, non traduits, l'un sur l'attaque terroriste qui ­frappa une école de Beslan (Nord-Caucase) en 2004, où elle s'est rendue plusieurs fois plusieurs années après les faits afin d'interroger les témoins de cette tragédie. L'autre sur les attaques terroristes de 2011 en Norvège, dont la tuerie d'Utoya. Et ce "Soviétistan" qu'il me tarde de découvrir. Autant de sujets difficiles dont la qualification la fait sourire.

En attendant le texte complet de son discours d'ouverture, en voici le début (traduction française d'Alex Fouillet).

"L'organisatrice a eu l'amabilité de me faire parvenir une liste des auteurs qui m'ont précédée pour ce discours d'ouverture, et comme si ça ne suffisait pas, elle m'a aussi envoyé une copie de leurs allocutions. C'est donc en proie à des sentiments mêlés que je m'adresse à vous aujourd'hui. En premier lieu parce que je devine les silhouettes des géants qui ont eu cette responsabilité avant moi. Oui, l'année dernière, il s'agissait d'un lauréat du Prix Nobel, ai-je appris. En second lieu, parce que je ressens le poids des années. Mon mari, écrivain lui aussi, est nettement plus âgé que moi. Quand nous avons fait connaissance, il y a un peu plus de dix ans, il venait d'entrer dans l'âge où on commence à être sollicité pour des ouvertures - festivals musicaux, expositions artistiques, ce genre de choses. Rien n'indique plus certainement qu'on a intégré pour de bon les rangs des adultes, oui, qu'on approche imperceptiblement de ceux des gens entre deux âges, que la jeunesse est sans conteste une époque révolue, que d'être invitée à ouvrir - par exemple - un festival de littérature en Belgique!

Les gens ont des pieds, pas des racines. Cette affirmation figure sur la première page d'une introduction à l'anthropologie sociale. C'est l'un des éléments les plus importants de cette matière - et de l'histoire de l'humanité. Il y a environ 80.000 ans, des gens ont traversé la mer Rouge, depuis l'Afrique et jusqu'au Yémen actuel. Ils ont poursuivi vers l’Asie centrale et l’Himalaya, avant de peupler l'Europe il y a à peu près 40.000 ans. Pendant cette période, leur culture et leur langue se sont modifiées à de nombreuses reprises.
Depuis, nous avons poursuivi, élargi et amélioré nos irrépressibles déplacements.
Aujourd'hui, nous n'allons plus à pied, nous nous glissons dans un siège étroit pour nous laisser porter dans les airs, à dix mille mètres du sol, enfermés dans de minces tubes d'aluminium. En Europe du Nord, nous voyageons tant et si souvent que nos cartes bancaires attrapent des ampoules, et si l'on fait abstraction  du bilan carbone, qui peut nous le reprocher? Ce n'est pas un hasard si 90 % des touristes qui viennent à Oslo le font en été. (...)"

Le texte complet peut être lu ici.