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jeudi 5 novembre 2026

Le prix de Flore pour Lucie Rico


Avec "Mais que fait ce sang sur le pull de Jennifer?" (P.O.L., 272 pages), Lucie Rico a remporté mercredi soir le prix de Flore (6.150 euros) avec sept voix contre cinq à Iman Ahmed, autrice d'"Abdallah superstar" (Actes Sud). Pendant un an, elle pourra déguster quotidiennement un verre de pouilly-fumé au Café de Flore, servi dans un verre gravé à son nom. Son livre avait déjà eu le prix Blù Jean-Marc Roberts 2026, le 7 octobre (5.000 euros) et était finaliste des prix Femina, Médicis, Décembre, déjà remis, et Wepler à venir le 9 novembre. Encore un trophée pour l'escarcelle Gallimard.
 
Présentation de l'éditeur:
 
"Jennifer a une vie qui la satisfait quand, au détour d'une panne de clavier d'ordinateur, une phrase surgit, inachevée, qui fait déraper l'apparente logique de son existence. « Devant Autant en emporte le vent, Vivien Leigh et Clark Gable vont s'embrasser quand quelqu'un appuie sur pause et ». Et rien. Un blanc qui envahit la page, troue sa mémoire. Jennifer se lance alors dans une enquête hilarante et inquiétante. Seuls indices: Perpignan, la ville de son enfance, une scène de baiser dans le célèbre film, la présence de son grand-père, une tache de sang sur le petit pull jaune qu'elle portait à l’époque. Elle décide de reconstituer la scène, et pour cela de reconstruire à Perpignan l'appartement de son grand-père dans les moindres détails. Entreprise rocambolesque pour recréer un décor qui devient l'archive supposée d’un trauma. Mais lequel? Plus Jennifer tente obsessionnellement, et de façon burlesque, de restaurer la scène perdue, plus la mémoire lui joue des tours. Son comportement affole ses proches. Il y a chez Jennifer une petite fille amnésique, traumatisée, et trompée par des récits d'autant plus séduisants qu'ils la protègent d'une vérité impossible à dire."
 
Présentation de l'autrice:
""Mais que fait ce sang sur le pull de Jennifer?" sort le 20 août. Je l'ai écrit avec beaucoup de fièvre, beaucoup de joie et de malice, en me couchant trop tard parce que j'étais à la fois celle qui écrivait l'histoire et celle qui avait besoin de la connaître.
C'est un livre de suspense, sur quelqu'un qui n'arrive plus à mettre de points et cherche la fin d'une phrase. Un livre, je crois, sur les histoires que la mémoire invente pour pouvoir rendre le réel supportable. Et sans doute sur plein d'autres choses, que je vais découvrir maintenant. 
Mon fils m'a dit: « le livre était partout en toi et maintenant il est dans d'autres maisons »
C'est ça, et je suis émue."
 
Pour lire en ligne le début de "Mais que fait ce sang sur le pull de Jennifer?", c'est ici.
 
Les livres finalistes étaient:
  • Iman Ahmed, "Abdallah superstar" (Actes Sud)
  • Eva Bottega, "Le ciel ici déborde" (Denoël)
  • Lucie Rico, "Mais que fait ce sang sur le pull de Jennifer ?" (P.O.L., lauréate)
  • Esther Teillard, "Fuck Circus" (Grasset)
  • Ada Walter, "Shanghai, cinq heures quarante" (Calmann-Lévy)

Gallimard empoche les prix Femina du roman


Le jury du prix Femina du roman français 2026 a récompensé ce mercredi 4 novembre Yannick Haenel pour "La solitude des professeurs est infinie" (Gallimard, 320 pages) .
 
Présentation de l'éditeur:
 
"Jean Deichel, jeune professeur de français, fait son stage dans un collège de la banlieue parisienne. La nuit, il loge dans un club de tennis à Deuil-la-Barre; le jour, il découvre les difficultés du métier en même temps que ses joies profondes, la violence de l’École en même temps que sa beauté.
Jean est aussi un poète ivre d’aventure, attentif à trouver la lumière de la « vraie vie » au cœur du quotidien le plus gris : dans des jardins réels ou rêvés, au bord d’un lac, lors d’évasions à Pompéi et à Tarquinia, mais surtout dans la grâce fragile d'un cours réussi. Entre réalité politique et mystère existentiel, la vie des profs est un roman."

Pour lire en ligne le début de "La solitude des professeurs est infinie", c'est ici.
 

Le prix Femina du roman étranger va à Laura Kasischke pour "Baignade surveillée" (traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Céline Leroy, Gallimard, 320 pages).
 
Présentation de l'éditeur:
 
"Qui à Mission Hills pourrait oublier le 16 juillet 1969? Le matin, tous les regards étaient médusés par les premières images d'une fusée décollant vers la Lune. L'après-midi, le petit Richie Manning se noyait dans la nouvelle piscine bleu lagon du quartier, bondée en cette journée si chaude. Une maître-nageuse était pourtant présente — une splendide étudiante, aux longs cheveux blonds et aux jambes parfaitement bronzées. Mais derrière ses lunettes de soleil, surveillait-elle vraiment la baignade?
De ce jour tragique qui fait chavirer une famille et toute une communauté, Laura Kasischke scrute chaque recoin, sans relâche, pour en saisir toutes les failles. Elle plonge également dans les destins des témoins clés, qui se trouvent heurtés, par ricochet." 
 
Pour lire en ligne le début de "Baignade surveillée", c'est ici.
 

Quant au prix Femina de l'essai, il a été décerné à Jennifer Tamas, pour "Barbe Bleue, contre-enquête" (Seuil, 272 pages).
 
Présentation de l'éditeur:
 
"L'affaire Barbe Bleue n'est pas une affaire classée.
Que nous raconte l'histoire de Barbe Bleue des ressorts du féminicide, de la violence intime du couple, voire de la tragédie cachée du mariage? Les indices fourmillent sur la scène de crime: un cabinet interdit, des corps de femmes mutilées, une clef qui se teinte de sang, une barbe mystérieusement bleue, des codes galants, des intérêts économiques, des désirs et des peurs, une épouse curieuse, un mari meurtrier dont les secrets sont si terribles qu'il tremble de les voir percés à jour…
En experte de la littérature du XVIIe siècle, Jennifer Tamas mène une enquête haletante sur ce conte cruel de Charles Perrault, qu'elle lit jusque dans ses silences. Pour déchiffrer la figure de l'époux monstrueux, elle croise ses sources avec les récits populaires, les contes écrits par des autrices qu’elle exhume de l'oubli, et remonte la piste du sang jusqu'aux archives judiciaires.
Écrit à la fin du Grand Siècle où le pouvoir des hommes commence à vaciller, La Barbe bleue n'est pas seulement un conte: c'est une « archive de l'imaginaire nuptial » dont nous avons hérité."
 
Pour lire en ligne le début de "Barbe Bleue, contre-enquête", c'est ici.
 
Les livres finalistes étaient:
Romans français
  • David Djaïz, "La Méthode" (Stock)
  • Yannick Haenel, "La Solitude des professeurs est infinie" (Gallimard, lauréat)
  • Élise Lespade, "Paradisi Gloria" (Le Cercle ouvert)
  • Emma Marsantes, "N'efface pas mes cercles" (Verdier)
  • Lucie Rico, "Mais que fait ce sang sur le pull de Jennifer?" (P.O.L)

Romans étrangers
  • Gustavo Faverón Patriau, "Les Lieux souterrains" (traduit de l'espagnol (Pérou) par Robert Amutio, Christian Bourgois)
  • Laura Kasischke, "Baignade surveillée (traduit de l'anglais (États-Unis) par Céline Leroy, Gallimard, lauréate)
  • Katie Kitamura, "L'Audition" (traduit de l'anglais (États-Unis) par Céline Leroy, Stock)
  • Mayra Montero, "Le soir où Bobby n'est pas venu jouer" (traduit de l'espagnol par René Solis, Métailié)
  • Paul Murray, "La Piqûre d'abeille" (traduit de l'anglais par Pierre Demarty, Albin Michel)

Essais
  • Stéphanie Genand, "Germaine de Staël, le prix de la liberté" (Perrin)
  • Judith Lyon-Caen, "Balzac nous appartient" (CNRS Éditions)
  • Raphaël Meltz, "Cinq silences" (Bayard)
  • Mathieu Roger-Lacan, "Une langue à soi" (Stock)
  • Jennifer Tamas, "Barbe Bleue, contre-enquête" (Seuil, lauréate)
 
 
 

mardi 3 novembre 2026

Goncourt ET Renaudot pour le groupe Madrigall


On savait que le lauréat du prix Goncourt 2026 serait un auteur du groupe Madrigall (Gallimard, Flammarion et de nombreux satellites, lire ici), les quatre finalistes l'étant. On ignorait que le lauréat du Renaudot viendrait de la même écurie. La moisson du jour présente des livres de bonne épaisseur, contrairement à hier.
 
L'écrivain Philippe Jaenada a remporté le prix Goncourt ce mardi 3 novembre pour son roman "L'Inconnue du quai de Javel" (Flammarion, 528 pages). Le prix lui a été attribué au premier tour de scrutin, par six voix contre trois à Sylvain Prudhomme.

Présentation de l'éditeur:
 
"Le 6 septembre 1949, une jeune femme est retrouvée morte quai de Javel, à Paris, sans sac ni chaussures, manifestement rhabillée à la hâte puis déposée là par son assassin. Elle est identifiée le lendemain: c'est Louise Cansot, le modèle le plus demandé par les peintres de Montparnasse. Rapidement, quatre suspects se détachent, évidents, presque des archétypes. On dirait le début d'un roman de Simenon, mais l'inspecteur-chef Ferrière n'a pas le talent de Maigret, et doit se résoudre à classer l'affaire au bout de six mois, sans avoir arrêté personne.
Soixante-quinze ans plus tard, Philippe Jaenada reprend l'enquête à partir du dossier retrouvé puis, comme à son habitude, sollicite ses contacts aux archives, exhume tous les documents, arpente tous les lieux – remonte le temps. Pour ce livre, il a lu les soixante-quinze enquêtes de Maigret, s'inspirant humblement et fidèlement des méthodes du commissaire fictif. Et il va résoudre ce meurtre bien réel, laissant le lecteur fasciné par cette jeune femme à laquelle il redonne un visage et une histoire."
 
Pour lire le début de "L'Inconnue du quai de Javel", c'est ici. 
 
Les autres finalistes étaient:
  • Yannick Haenel, "La solitude des professeurs est infinie" (Gallimard)
  • Clémentine Mélois, "Choses que je croyais perdues" (L'Arbalète/Gallimard),
  • Sylvain Prudhomme, "De l'autre côté du lac" (Minuit)
 
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François-Henri Désérable
a reçu un peu plus tard le prix Renaudot dont c'est la centième édition pour "Le Palais" (Gallimard, 416 pages). Au premier tour et par six voix contre quatre.

Présentation de l'éditeur:
 
"Arun Kumar est doté d’un palais absolu — une mémoire des arômes si infaillible qu’elle confine au prodige. Ce don extraordinaire, il entend bien en faire l’instrument de sa revanche. Reste à découvrir comment. Et contre qui.
Des bidonvilles de Delhi aux caves de Bourgogne, des îles Marquises aux tours de Manhattan, François-Henri Désérable signe avec Le Palais un grand roman d’aventures sur le vin, portrait d’un génie hors la loi dont les crimes se dégustent."
 
 Pour lire en ligne le début de "Le Palais", c'est ici.  
 
 
 
 

Dans la catégorie essai, le jury a couronné ex-æquo Jean-Paul Enthoven pour "Dictionnaire amoureux du bonheur" (Plon, 576 pages), un livre controversé pour des emprunts non attribués, et Christophe Ono-dit-Biot pour "L'odyssée de l'Odyssée" (Grasset, 368 pages).  
 
Pour lire un extrait de "L'odyssée de l'Odyssée", c'est ici. 
 

 
Jean-Christophe Buisson est récompensé, lui, dans la catégorie poche pour "Complètement à l'Est!" (Perrin/Tempus).
 


 
 
 
 
 
Les livres finalistes étaient
Romans
  • François-Henri Désérable, "Le Palais (Gallimard, lauréat)
  • David Djaïz, "La méthode" (Stock)
  • Patrice Jean, "Stay free" (Le Cherche Midi)
  • Osvalde Lewat, "Un corps indocile" (Philippe Rey)
  • Anne Percin, "Eugénie sous les bombes" (Buchet Chastel)
  • Marie Petitcuénot, "Heures sauvages" (Héloïse d'Ormesson)

Essais
  • Jean-Paul Enthoven, "Dictionnaire amoureux du bonheur" (Plon, lauréat)
  • Christophe Ono-dit-Biot, "L'odyssée de l'Odyssée" (Grasset, lauréat)
  • Olivier Rolin, "La Guerre éternelle" (Gallimard)
  • Joy Sorman, "La vie brute" (Flammarion)


lundi 2 novembre 2026

Les quatre prix Médicis décernés ce lundi

Un des tableaux de Gala Barbisan, cofondatrice du prix en 1958,
 utilisé pour le site du prix Médicis.

Les jurés du prix Médicis ont dévoilé leur palmarès 2026 ce lundi 2 novembre. Des livres qui vont en France et au-delà, en Espagne deux fois et au Portugal.


Roman
 
 
 
Philippe Vasset, pour "Dans les grandes lignes" (Flammarion, 192 pages).
 
Présentation de l'éditeur:
"Si l'on oublie qu'elles transportent de l'électricité, les lignes à haute tension dessinent sur le paysage une interminable dentelle de figures et de formes. Pour Philippe Vasset, elles ont ouvert des routes: l'auteur s'est mis en tête de suivre, à pied et à travers la France, leur tracé, cheminant pendant de long mois sous les câbles qui nervurent la géographie et coupent à travers le bâti, le réel et l'esprit de celui qui les suit. Ce périple électrifié l'a amené à découvrir les panoramas invisibles de l'électricité, à percuter, en ligne droite, toutes sortes de personnages et de situations, et l'a même entraîné au-delà des frontières, dans le grand désordre des échangeurs mondiaux d'énergie."
 
Pour lire en ligne le début de "Dans les grandes lignes", c'est ici. 


Roman étranger


Eva Baltasar
, pour "Déclin et fascination" (traduit traduit du catalan par Annie Bats, Verdier, 128 pages).
 
Présentation de l'éditeur: 
 
"La ville est sanguinaire: elle fabrique des solitaires et les force à cohabiter.
Violemment chassée de l'appartement qu'elle occupait à Barcelone, une femme sans nom est contrainte de faire des ménages pour tenter d'échapper à la rue. Happée dans une spirale infernale, éprouvant les lois du capitalisme le plus cru, elle trouve refuge dans une modeste maison isolée, où, vivant en colocation, elle finit par faire le vide autour d'elle pour jouir seule de la présence de Maria, une propriétaire puissante et fascinante, venue mystérieusement jusqu'à elle. Le roman bascule alors dans un conte macabre, mêlant folie et dévotion, entraînant le lecteur au bord du gouffre."
 
Pour lire en ligne le début de "Déclin et fascination", c'est ici.

Essai


Jean-Baptiste Del Amo
, pour "Une éclaircie" (Stock, collection "Ma nuit au musée", 192 pages).
 
Présentation de l'éditeur:
"En 2023, Jean-Baptiste Del Amo se rend au musée du Prado, à Madrid, pour revoir les "Peintures noires" de Francisco de Goya. Il passe ensuite une nuit à l'ermitage San Antonio de la Florida dont la coupole a été décorée par le peintre et où se trouve sa sépulture.
À travers le récit d'une journée et d'une nuit, en miroir de l'œuvre de Goya, il revisite l'expérience de la maladie et explore la manière dont elle a bouleversé son rapport au corps, au temps, à l'écriture et à la réalité."
 
Pour lire en ligne le début de "Une éclaircie", c'est ici.

Prix spécial du jury


Richard Zenith
, pour "Pessoa, l'œuvre-vie" (traduit de l'anglais (USA) par Nicolas Richard, Seuil, 1280 pages).
 
Présentation de l'éditeur:
"Richard Zenith livre la foisonnante et passionnante biographie tant attendue de Fernando Pessoa. Vie et œuvre y forment un écheveau dont l'auteur tire les fils, par chronologie et extrapolations. Tout un voyage immobile."
 
Pour lire en ligne le début de "Pessoa, l'œuvre-vie", c'est ici. 
 
 
Les livres finalistes étaient:
Romans français
  • Lucie Bérard, "Décolorer sa fille" (Les Intranquilles)
  • Anne Godard, "Nous aussi" (Actes Sud, prix Décembre, lire ici)
  • Emma Marsantes, "N'efface pas mes cercles "(Verdier)
  • Daria Marx, "Tuer le vieux" (Flammarion)
  • Lucie Rico, "Mais que fait ce sang sur le pull de Jennifer?" (P.O.L)
  • Sarah Tadlaoui, "Croire au code" (Héloïse d'Ormesson)
  • Philippe Vasset, "Dans les grandes lignes" (Flammarion)
 
Romans étrangers
  • Eva Baltasar, "Déclin et fascination" (traduit du catalan par Annie Bats, Verdier, lauréate)
  • Lavinia Braniște, "Camping" ( traduit du roumain par Sylvain Audet-Găinar, Éditions des Syrtes)
  • Laura Kasischke, "Baignade surveillée" (traduit de l'anglais (États-Unis) par Céline Leroy, Gallimard)
  • Masashi Matsuie, "La maison d'été" (traduit du japonais par Déborah Pierret-Watanabe, Éditions du Sous-Sol)
  • Hanna Nordenhök, "Caesaria" (traduit du suédois par Marina Heide, Cambourakis)
  • Alcide Pierantozzi, "L'inéquilibre" (traduit de l'italien par Lise Chapuis, Gallimard)
  • Michele Ruol, "Inventaire de ce qu'il reste après que la forêt a brûlé" (traduit de l'italien par Paolo Bellomo, avec le concours de Cécile Raulet, Le Tripode)
  • Robert Seethaler, "La rue" (traduit de l'allemand (Autriche) par Élisabeth Landes, Sabine Wespieser)
  • Juan Gabriel Vásquez, "Les noms de Feliza" (traduit de l'espagnol (Colombie) par Isabelle Gugnon, Seuil)

Essais
  • Jean-Baptiste Del Amo, "Une éclaircie" (Stock, lauréat)
  • Yann Diener," Comment le langage vint aux machines. Enquête sur Ada Lovelace, Grace Hopper et Jean Bartik" (Climats)
  • Colette Fellous, "Via Veneto" (Gallimard)
  • Caroline Knecht, "Ainsi la Cour décide" (La Découverte)
  • Johanna Lehr, "Auschwitz, une histoire de femmes: les Françaises du bloc 10" (Gallimard)
  • Barbara Métais-Chastanier, "Elles ne mouraient pas toutes" (La Découverte)
  • Souleymane Bachir Diagne, "L'Hospitalité. Affirmer l'humanité" (Autrement)
  • Anne Plantagenet, "En l'absence de corps" (Julliard)
  • Olivier Rolin, "La guerre éternelle" (Gallimard)
  • Johanna Siméant-Germanos, "Youssef ou la fidélité à soi" (Anamosa)
  • Richard Zenith, "Pessoa, l'œuvre-vie" (traduit de l'anglais (États-Unis) par Nicolas Richard, Seuil, lauréat)
  • Jérôme Schmidt, "Une prière pour John Coltrane" (Noir sur Blanc)
 
 
 
 
 

jeudi 29 octobre 2026

Deux romans Actes Sud distingués cette semaine

Deux prix littéraires d'automne ont été décernés cette semaine, le prix Décembre mardi 27 octobre et, ce jeudi 29 octobre, le Grand prix du roman de l'Académie française.
 
Doté de 10.000 euros, le Grand prix du roman de l'Académie française a finalement été attribué à Sébastien Lapaque pour son roman "Le Rappel des oiseaux" (Actes Sud, 288 pages). L'auteur a obtenu, au troisième tour d'un scrutin serré, huit voix contre sept voix à Yannick Haenel ("La solitude des professeurs est infinie", Gallimard) et trois voix à Marie Petitcuénot ("Heures sauvages", Héloïse d'Ormesson) qui figuraient aussi en deuxième sélection.
 
Pour lire en ligne le début du roman "Le Rappel des oiseaux", c'est ici. 
 
Présentation de l'éditeur:
 
"Des vallons de granit bretons de son enfance dans les années 1970 aux collines ensoleillées d’Assise trente ans plus tard, Noé suit un destin singulier. Élevé dans l’amour de sa grand-mère et la complicité de ses cousins, ce fils de cadres de l’agroalimentaire que tout pousse à emboîter le pas à ses parents échappe à une vie ordinaire en se vouant à l’étude des phénomènes lumineux. Mais il demeure hanté par l’éclipse d’Azou, son grand amour. À travers cette blessure, un retournement intime s’opère : conduit par le chant des oiseaux, Noé s’engage dans le sillage de François d’Assise. Le Petit Pauvre d’Ombrie devient alors le compagnon nocturne d’une réconciliation secrète entre la science des arcs-en-ciel et la joie parfaite.
Avec "Le Rappel des oiseaux", Sébastien Lapaque brise la logique glacée de l’utile pour offrir une méditation sur l’espérance, l’amitié et la transfiguration d’une vie, signant une œuvre heureuse où la poésie du vivant nous arme face aux fractures de la modernité."
 
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Le prix Décembre (15.000 euros) a, lui, été attribué à Anne Godard pour "Nous aussi" (Actes Sud, 240 pages). Le jury l'a préféré aux deux autres titres finalistes, "Tuer le vieux" de Daria Marx (Flammarion) et "Mais que fait ce sang sur le pull de Jennifer?" de Lucie Rico (P.O.L).
 
Mot de l'autrice
"Avec "Nous aussi", j'ai voulu écrire le portrait d'une famille bourgeoise, vue de la place des enfants qui en font partie, ou plutôt qui en composent les membres, car cette famille fonctionne comme un grand corps où les individus et les générations se superposent et se confondent.

La genèse de ce roman a été très longue. Une première version écrite à la première personne ne rendait pas compte de l'expérience de faire partie d'un tout indiscernable. Thomas Bernhard a écrit “quelquefois, les questions restent insolubles parce qu'on n'emploie pas la bonne personne”. C'est en lisant "Vie animale" de Justin Torres traduit par Laetitia Devaux, dans lequel le “we” d'une fratrie de trois garçons est traduit par "on", que j'ai eu l’intuition que ce roman pourrait exister si je prenais le parti d'utiliser on.

Comme équivalent de nous, "on" est d'abord la voix chorale des enfants, qui se représentent eux-mêmes comme les éléments organiques du tout qu'est pour eux la famille, sûre de ses valeurs et fière de ses privilèges. Le "on" porte aussi la voix des adultes peinant à exister par eux-mêmes, puis celle d’une des enfants, à la génération suivante, qui cherche à sortir d’une sorte d’amnésie familiale, après un point de rupture qui oblige, dans la deuxième partie du livre, à tout reconsidérer autrement.

Ce "on", qui permet de rendre manifeste à la fois le collectif et l'impersonnel, l'appartenance, l'indifférenciation et la confusion des places, a été l'instrument idéal pour dire à la fois le tout et les parties, la famille et sa mise en morceaux. Il m'a permis de construire ce roman comme un puzzle, dont les pièces s'encastrent les unes dans les autres pour dessiner un motif qui s'esquisse peu à peu, mais qu'on ne peut voir que du dehors, et après coup, une fois qu'on est sorti du tout. On découvre alors, sous la normalité apparente d'un décor privilégié, son envers menaçant et les mécanismes par lesquels on se persuade que ce n'est pas possible que ça nous arrive à nous aussi."
Pour écouter un extrait de "Nous aussi", c'est ici.