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vendredi 12 août 2022

La triste nouvelle du décès de Sempé



La nouvelle est tombée hier soir, à l'heure où on rentre chez soi après avoir tenté quelques pas à la fraîche. Dessinateur de génie, Jean-Jacques Sempé est décédé le 11 août, à quelques jours de son 90e anniversaire. Il était né le 17 août 1932 à Pessac, près de Bordeaux. "Le dessinateur d'humour Jean-Jacques Sempé est décédé paisiblement ce jeudi soir, 11 août (2022), dans sa 89e année (NDLR: erreur d'un an), dans sa résidence de vacances, entouré de sa femme et de ses amis proches", a indiqué à l'AFP Marc Lecarpentier, son biographe et ami.
Sempé avait épousé en 2017 Martine Gossieaux, sa galeriste et agent. De son premier mariage avec la peintre Christine Courtois, il a eu un fils, Jean-Nicolas Joël (1956-2020). De sa deuxième épouse, l'illustratrice Mette Ivers, il a eu une fille, la designer Inga Sempé née en 1968.
Sempé dessinant le Petit Nicolas.
Sempé
, c'est bien sûr le Petit Nicolas, né en 1960, scénarisé par René Goscinny (1926-1977), qui a fait rire et sourire des générations d'enfants et de parents. Un humour tendre et rebelle. Des situations qui, soixante ans plus tard, fonctionnent toujours aussi bien. L'univers enchanteur d'une enfance heureuse, tout le contraire de celle du dessinateur, enfant battu et malheureux. Se rappelle-ton que le petit Nicolas fut découvert par l'éditeur alors chez Denoël Alex Grall, lors de ses vacances en Gascogne? Le Petit Nicolas naît dans le journal Sud-Ouest, il passera par le magazine "Pilote". Il y restera jusqu'en 1965. Les livres seront publiés par Denoël, en poche au Livre de Poche pour le premier, puis en Gallimard-Folio. Dans les années 2000, ce sont les éditions IMAV (ici) qui se chargeront des nouvelles publications.



Les titres historiques
  • "Le Petit Nicolas" - 1960
  • "Les Récrés du petit Nicolas" - 1961
  • "Les Vacances du petit Nicolas" - 1962
  • "Le Petit Nicolas et les Copains" - 1963
  • "Joachim a des ennuis" - 1964 (réédité ensuite sous le titre "Le Petit Nicolas a des ennuis")

Dans les années 2000
Des recueils d'histoires inédites paraissent, à l'idée de Anne Goscinny (son père, René Goscinny, est mort en 1977). Malgré les dessins délicieux, on comprend souvent pourquoi ces histoires sont restées dans les tiroirs. "La rentrée du Petit Nicolas", "Les bêtises du Petit Nicolas", "Le Petit Nicolas et ses voisins", "Le Petit Nicolas voyage", "Les surprises du Petit Nicolas", "Le Petit Nicolas, c'est Noël!", "Le Petit Nicolas s'amuse", "Les bagarres du Petit Nicolas" et d'autres paraissent en deux volumes.
  • "Histoires inédites du petit Nicolas" - IMAV, 2004
  • "Histoires inédites du petit Nicolas", volume 2 - IMAV, 2006
Un troisième recueil paraît pour les cinquante ans du héros, avec des dessins en couleur, "Le Petit Nicolas, Le ballon et autres histoires inédites" (IMAV, 2009). En 2017, sort "Le Petit Nicolas - La bande dessinée originale" (lire ici). Depuis, de nombreux livres de merchandising.


Mais Sempé, c'est surtout ce trait, fragile et délicat, incomparable et inégalé. Ce trait qui saisit un moment, une situation, une attitude, un geste. Qui nous amuse et nous interroge. Humour ici, satire là. Des brins de mélancolie et des explosions de bonheur. Un monde familier et intemporel.




Combien de feuilles de papier le dessinateur a-t-il noircies? Des milliers et des milliers. Depuis 1962, il publie aux éditions Denoël un album par an (la plupart en poche chez Folio). Il en fera quarante. Des titres exquis dont la lecture rappelle plein de souvenirs. En voici quelques-uns.
  • "Rien n'est simple" (1962)
  • "Tout se complique" (1963)
  • "Sauve qui peut" (1964)
  • "Monsieur Lambert" (1965)
  • "La Grande Panique" (1966)
  • "Saint Tropez" (1968) et (1975)
  • "L'Information consommation" (1969)
  • "Marcellin Caillou" (1969)
  • "Des hauts et des bas" (1970)
  • "Face à face" (1972)
  • "Bonjour bonsoir" (1974)
  • "L'Ascension sociale de Monsieur Lambert" (1975)
  • "Simple question d'équilibre" (1977)
  • "Un léger décalage" (1977)
  • "Les Musiciens" (1979)
  • "Comme par hasard" (1981)
  • "De bon matin" (1983)
  • "Vaguement compétitif" (1985)
  • "Luxe, calme et volupté" (1987)
  • "Par avion" (1989)
  • "Vacances" (1990)
  • "Âmes sœurs" (1991)
  • "Insondables mystères" (1993)
  • "Raoul Taburin" (1995)
  • "Grands rêves" (1997)
  • "Beau temps" (1999)
  • "Multiples intentions" (2003)
  • "Sentiments distingués" (2007)

Sans oublier les recueils de dessins, les "Quelques...", toujours chez Denoël
  • "Quelques manifestants" (1983)
  • "Quelques enfants" (1983)
  • "Quelques jours de congé" (1984)
  • "Quelques artistes et gens de lettres" (1984 )
  • "Quelques vices impunis" (986 )
  • "Quelques romantiques" (1986)
  • "Quelques représentations" (1987)
  • "Quelques concerts" (1987)
  • "Quelques citadins" (1989 
  • "Quelques campagnards" (1989)
  • "Quelques sentiments de culpabilité" (1991)
  • "Quelques meneurs d'hommes" (1991)
  • "Quelques forces obscures" (1994)
  • "Quelques mystiques" (1998)
  • "Quelques philosophes" (2002)

A partir de 2004, le nom de la galeriste Martine Gossieaux apparaît sur les livres, en solo ou en association avec un autre éditeur. Quelques titres notoires.
  • "Un peu de la France" (Gallimard, 2005)
  • "Portrait de mes amis", avec Philippe Caubet (Editions Martine Gossieaux, 2006)
  • "Sempé à New York" (éditions Denoël et Martine Gossieaux, 2009)
  • "Saint-Tropez forever" (éditions Martine Gossieaux, 2010)
  • "Enfances", entretien avec Marc Lecarpentier (éditions Denoël et Martine Gossieaux, 2011)
  • "Sempé, un peu de Paris et d'ailleurs" (éditions Martine Gossieaux, 2011)
  • "Bourrasques et accalmies" (éditions Denoël et Martine Gossieaux, 2013)
  • "C'est la vie! The wonderful world of Sempé" (Phaidon Press, traduction Anthea Bell, 2014)
  • "Sincères Amitiés" (éditions Denoël et Martine Gossieaux, 2015)
  • "Musiques" (éditions Denoël et Martine Gossieaux, 2017)
  • "Sempé: Itinéraire d'un dessinateur d'humour" (éditions Martine Gossieaux, 2019)
  • "Garder le cap" (éditions Denoël et Martine Gossieaux, 2020)
  • "Un combat", avec Patrick Süskind (Denoël et Fayard, 2021)
  • "Carnets de bord (préface de Patrick Modiano, Les cahiers dessinés, 2021)



Question livres on n'oubliera pas non plus les fantastiques
  • "Catherine Certitude", avec Patrick Modiano (Gallimard, 1988, lire ici)
  • "L'Histoire de Monsieur Sommer", avec Patrick Süskind, éditions Gallimard, 1991
  • ainsi qu'une version illustrée d'"Alice au pays des merveilles", suivi de "De l'autre côté du miroir", de Lewis Carroll (traduit de l'anglais par André Bay, éditions Club du Libraire, 1961).



En 1978, Sempé fait sa première couverture pour le magazine américain "The New Yorker". Il en fera plus de 110. Un record! L'anecdote étant qu'il ne visitera la Grosse Pomme qu'il a si bien dessinée qu'à près de cinquante ans.




Son dernier dessin dans "Paris-Match" avec une légende qui interroge, "Pense à ne pas m'oublier".

Dernier dessin publié dans "Paris-Match".

Quelques hommages

Benjamin Chaud.

Catel.

Pauline Roland.

Gabrielle Balsan.

Joëlle Jolivet.



mercredi 10 août 2022

La triste nouvelle du décès de Raymond Briggs

Il est des auteurs-illustrateurs dont on se sent proche même si on ne les a jamais rencontrés et dont l'annonce du décès vous affecte profondément. Le Britannique Raymond Briggs est de ceux-là. Le créateur des magnifiques albums, de rencontres et d'amitiés, dans des genres différents, très souvent aux crayons de couleurs, "Le bonhomme de neige", "Sacré Père Noël", "UG" pour les enfants, de la superbe bande dessinée pour plus grands "Ethel & Ernest", inspirée de la vie de ses parents. La maison d'édition Penguin Random House a annoncé aujourd'hui le décès de Raymond Briggs, survenu le 9 août, d'une pneumonie, à l'âge de 88 ans. Il était né le 18 janvier 1934 à Wimbledon, pas loin de Londres, d'un père laitier et d'une mère ménagère. Il quitta l'école à quinze ans pour aller au Wimbledon Art College. Il voulait faire des dessins animés. Il a ensuite étudié à la Slade School of Fine Art de Londres et en est reparti, à 23 ans, avec de sérieuses compétences en matière de dessin réaliste.
Cela lui a permis de trouver facilement des travaux d'illustration mais ce n'est pas ce qu'il voulait pour lui. Au début des années 60, Raymond Briggs décide d'écrire et illustrer lui-même une histoire et de la proposer à un éditeur pour qu'il l'éclaire de ses conseils. Son livre est édité en 1961, "The Strange House". Tout de suite après, il réalise 800 illustrations pour une version des "Contes de ma mère l'oie". Il publie d'autres livres jeunesse.

Coup de tonnerre en 1972, alors qu'il vient de perdre ses parents et son épouse Jean, atteinte de schizophrénie et décédée d'une leucémie, avec "Father Christmas", une bande dessinée qui imagine le Père Noël sous la forme d'un vieil homme grincheux, grommelant tout au long de sa journée la plus chargée de l'année: le réveillon de Noël. "Sacré Père Noël" paraîtra la même année chez Grasset-Jeunesse, comme la plupart de ses titres (l'éditeur a entrepris depuis une dizaine d'années la réédition de ses livres, voir ici). Le héros bougon sera au centre de deux autres albums, "Les vacances du Sacré Père Noël" et "Sacré Père Noël prend du bon temps".

Autre révélation, l'album en teintes douces "The Snowman", qui paraît en 1978, l'histoire sans paroles d'un garçon dont le bonhomme de neige prend vie. Une nuit magique pour les deux amis mais ancrée dans le réel: à son réveil le lendemain matin, le garçon ne trouve que le bonnet et l'écharpe du bonhomme de neige sur un tas de neige fondante. "Le bonhomme de neige"  a paru chez Grasset-Jeunesse en 1979 (lire ici) et a fait l'objet d'une édition spéciale pour ses quarante ans. 

Après cela, Raymond Briggs a abordé, toujours en albums, d'autres thèmes, la guerre nucléaire ("When the Wind Blows", 1982, "Quand souffle le vent", 1983), l'invasion britannique des Malouines ("The Tin-Pot Foreign General and the Old Iron Woman", 1984)) ainsi que l'extraordinaire récit en bande dessinée du mariage de ses parents ("Ethel & Ernest", 1998), ce dernier ayant bien entendu été traduit en français, par Alice Marchand. Il était néanmoins aussi revenu à des livres plus imaginatifs comme , "Ug, le petit génie de l'âge de pierre" (1991), "L'homme" (1993), "Lili et l'ours" (1994), "Monsieur Flaque" (2004).



Deux albums de Raymond Briggs avaient été mis à l'honneur à la Foire de Bologne, recevant une une mention au prix Critique en herbe: "The Snowman" ("Le bonhomme de neige") en 1979 et "Fungus the bogeyman" ("Fungus le Bogey") en 1983.



Pourquoi aimions-nous tant Raymond Briggs et son œuvre? Pour ceci, sans doute, extrait d'un entretien à la BBC en 2018: "Le problème avec beaucoup d'illustrateurs, c'est qu'ils ne dessinent pas de l'intérieur. C'est l'essence même d'une bonne illustration si vous pouvez ressentir ce que la personne ressent et dessiner ce qu'elle ressent."


Son denier livre est "Time for Lights Out", un mélange de dessins, de poèmes, de citations de souvenirs publié en novembre 2019, où Briggs regarde la mort en face. 









Hommages

Ses proches (ses beaux-enfants et ses beaux-petits-enfants): "Nous savons que les livres de Raymond ont été aimés et ont touché des millions de personnes à travers le monde, qui seront tristes d'apprendre cette nouvelle. Les dessins de fans - en particulier les dessins d'enfants - inspirés de ses livres ont été chéris par Raymond et épinglés sur le mur de son studio."

Hilary Delamere, son agente littéraire de Briggs: "Raymond aimait jouer le grincheux professionnel, mais nous nous souviendrons de lui pour ses histoires d'amour et de perte. Je sais par les nombreuses lettres qu'il a reçues à quel point ses livres et ses animations ont touché le cœur des gens. Il a gardé sa curiosité et son sens de l'émerveillement jusqu'à la fin."

Francesca Dow, directrice générale des livres pour enfants Penguin Random House: "Raymond était unique. Il a inspiré des générations de créateurs de livres d'images, de romans graphiques et d'animations. Il laisse un héritage extraordinaire, et un grand trou."


Un autre sauvetage animalier

La liberté enfin retrouvée. (c) HongFei.


Il n'y a pas que des baleines, à sauver ou pas, dans la littérature de jeunesse (lire ici). Il y a aussi des rhinocéros et notamment Sudan, héros de l'intéressant album jeunesse né en Chine "Je m'appelle Sudan". Un texte  de DAI Yun, illustré par LI Xingming, traduit du chinois par Chun-Liang YEH (HongFei, 52 pages). Un épais album à l'italienne, format propice au récit, dont les illustrations à l'aquarelle viennent à bord perdu sur les doubles pages.

C'est une histoire vraie qui nous est contée ici, celle du dernier rhinocéros blanc du Nord. Impossible de ne pas rapprocher son destin de celui de Babar, dont la maman a été tuée par un vilain chasseur. Quand il a trois ans, des chasseurs abattent sa maman pour lui voler sa corne. Pas de vieille dame pour le petit rhino mais des sauveteurs venus en hélicoptère pour le protéger mais l'emmener dans un zoo de Tchéquie. Il est baptisé Sudan parce qu'il vient du Soudan. On le suit au fil des saisons, dans un univers de béton à la place de la savane, tellement seul malgré le visiteur. Un soigneur, Jan, est parvenu à l'apprivoiser et s'occupe de lui tous les jours. Les années passent. Les rhinocéros blancs du Nord sauvages ont disparu. Il est décidé de réintroduire Sudan chez lui. En compagnie de quelques autres, il ira dans une réserve au Kenya. Pour le sauver des braconniers, sa corne sera sciée. Sudan a vécu de 1973 à 2018.

En disant le parcours de ce rhinocéros, l'album pose la question du braconnage, de la préservation des espèces et aussi celle des zoos. Le texte suit le héros de près, lui prêtant sentiments, émotions et conversations avec des girafes tandis que les illustrations passent d'un fond rouge orangé de l'Afrique au gris bleuté de l'Europe de l'Est. Elles reprendront le vert de la savane écrasée de soleil au retour chez lui de Sudan. Pleines de bonnes intentions, elles s'avèrent de qualité inégale. Une belle histoire néanmoins qui fait comprendre le monde, la nature et suscite beaucoup de questions. Pour tous à partir de 7 ans.

L'arrivée au zoo. (c) HongFei.







lundi 8 août 2022

Cocoricos et cock-a-doodle Doo


Cette année, une année record en terme de nombre de lauréats, vingt et un livres originaires de dix-neuf pays et écrits en dix-huit langues ont remporté un Pen translates Award. Ils répondaient aux critères de qualité littéraire exceptionnelle, de force du projet éditorial et de contribution à la diversité des livres publiés au Royaume-Uni. Il faut savoir que ce prix récompense tous les genres littéraires, romans comme essais, poésie pour enfants comme récits illustrés.

Particularité du cru 2022 de la distinction britannique qui existe depuis 2012, deux d'entre eux ont été écrits en français. Un en Belgique, l'autre entre Paris et Beyrouth.

Il s'agit de 


"La Mémoire de l'air"
 de Caroline Lamarche (Gallimard, 2014), traduit du français vers l'anglais par Katherine Gregor, "The Memory of the Air" (Héloïse Press, septembre 2022).
Un texte dont la version brève a été lue par Dominique Blanc à Avignon le 15 juillet 2012.

Pour en lire en ligne les premières pages en français, c'est ici.



"Ma très grande mélancolie arabe: un siècle au Proche-Orient"
 de Lamia Ziadé (P.O.L., 2017, lire ici) traduit du français vers l'anglais par Emma Ramadan, "My Very Great Arab Melancholy" (Pluto Press, à paraître en 2024, couverture à venir).

Pour en lire en ligne les premières pages en français, c'est ici.






Le palmarès complet des Pen translates Awards 2022 se trouve ici.



dimanche 7 août 2022

Béluga et autres baleines

De la mer à un minuscule bassin. (c) Ed. du Pourquoi pas?


Actualité du week-end: un béluga se languit dans une écluse sur la Seine. Je n'en ai pas vu de photo mais sa situation me rappelle les mots de Marie Colot à propos de son album jeunesse "Petite mer", illustré par Manuela Ferry (Editions du Pourquoi pas?, collection "pourquoi pas la Terre?", 32 pages). Un moyen format jouant subtilement sur le son du titre mer/mère, au touchant et poétique texte de transmission à la première personne et aux très belles illustrations mêlant gravures et collages. Un album de fiction qui dit la nécessité de protéger les baleines et pose la question de leur captivité.

"Un jour, j'ai découvert par hasard la photo d'un cétacé dans un bassin de delphinarium.
Comme cette image était prise du ciel, l'exiguïté du lieu était flagrante et la violence de
cette situation évidente - aimerait-on passer chaque minute de notre vie dans une baignoire? -
J'ai imaginé toute la peine de cet animal captif, et "la baleine la plus triste du monde" est née. J’ai eu envie de raconter ce quotidien injuste, ce manque de liberté et cet appel des grands espaces marins.
Pour briser cette solitude immense, une petite fille a surgi dans le texte, sensible à ce chagrin, prête à partager les souvenirs et les rêves de ce géant des mers. Une enfant incapable de s’émerveiller derrière la vitre d'un aquarium et bien décidée à sauver cet animal unique à ses yeux.
À travers sa promesse et son combat pour libérer son amie, je souhaitais mettre à l'honneur toutes ces personnes qui nagent à contre-courant et ont la belle naïveté de croire en la force du collectif."
Marie Colot

 

Première rencontre.
(c) Ed. du Pourquoi pas?
En hauteur comme un carnet précieux, "Petite mer" donne la parole à une narratrice qui confie à une enfant comment à son âge elle avait rencontré "la baleine la plus triste du monde". Comment elle avait perçu sa tristesse, ressenti son enfermement, partagé son ennui et son chagrin. Comment elle l'avait écoutée lui raconter "l'océan et le silence des profondeurs" et puis sa capture et son dressage. Comment elle, petite fille, avait promis à la baleine de lui rendre sa liberté. En un texte tout doux, proche de la poésie, comme sont les histoires que l'on murmure à l'oreille, Marie Colot détaille les épisodes de cette incroyable entreprise de remise en liberté qui sera menée jusqu'au bout. Une superbe histoire d'amour éternel qu'elle partage aujourd'hui avec sa fille comme en témoigne la dernière image. Manuela Ferry a su se glisser dans ce texte personnel qui s'adresse aux enfants à partir de 6/7 ans avec ses illustrations qui appuient et  prolongent l'intrigue. Elle donne une réelle présence à cette baleine, qu'elle soit dans la mer ou dans sa prison de béton ou en route vers la liberté retrouvée. Un excellent album.


D'autres livres avec des baleines
  • Les différentes versions illustrées de "Moby Dick" de Melville bien entendu, par Joëlle Jolivet, Jame's Prunier, Olivier Balez, Juliaon Roels, Olivier Tallec, etc.
  • L'excellentissime album "Amos et Boris" de William Steig (Gallimard Jeunesse)

D'autres bien connus
  • "La pêche à la baleine" de Jacques Prévert, illustré par Henri Galeron (Gallimard, 1979)
  • "Le marquis de la baleine: comédie tragique en six actes pour trois personnages et une baleine", de François Place (Gallimard Jeunesse, 2018)

D'autres encore
  • "Comment mettre une baleine dans une valise?", de Raúl Nieto Guridi (traduit de l'espagnol par Anne Casterman, CotCotCot éditions, 2021)
  • "La grande amie", de Ylva Karlsson, illustré par Eva Lindström (traduit du suédois par Aude Pasquier, Le Cosmographe, 2020)
  • "L'ours Pompon et la baleine gobe-tout", de Cécile Alix, illustré par Antoine Guilloppé (L'Élan vert, 2019)
  • "Petite baleine", de Jo Weaver (traduit de l'anglais par Camille Guénot, Kaléidoscope, 2018)
  • "La baleine bleue", de Jenni Desmond (traduit de l'anglais par Ilona Meyer, Editions des Eléphants, 2017)
  • "Baleine rouge", de Michelle Montmoulineix (Hélium, 2017)
  • "La baleine et l'escargote", de Julia Donaldson, illustré par Axel Scheffler (traduit de l'anglais par Vanessa Rubio-Barreau, Gallimard Jeunesse, 2015)
  • "Elmer et les baleines", de David McKee (traduit de l'anglais par xxx, Kaléidoscope, 2014)
  • "L'enfant et la baleine", de Benji Davies (traduit de l'anglais par Mim, Milan, 2013)
  • "Jonas", de Juliette Binet (Gallimard Jeunesse/Giboulées, boîte de deux livres, 2010)
  • "Le message de la baleine", de Carl Norac, illustré par Jean-Luc Englebert (l'école des loisirs, Pastel, 2000)
  • "Dans la baleine", de Bénédicte Guettier (l'école des loisirs, 1999)  
  • "Le Chant des baleines", de Dyan Sheldon illustré par Gary Blythe  (traduit de l'anglais par Paul Beyle, l'école des loisirs, Pastel, 1990) 
  • "Trois baleines bleues", de Lionel Koechlin (Hachette Jeunesse, 1980)
  • "La baleine de Sugey", de Marie Wabbes (Dessain et Tolra, 1971)