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lundi 10 juin 2024

Quinze albums, dont "Petits riens", en lice pour la Révélation Livre jeunesse 2024

Les 15 titres présélectionnés en 2024.

Parmi les palmarès à suivre, il y a celui de la Révélation Livre jeunesse 2024 de l'ADAGP (société française de droits d'auteur), récompense créée en partenariat avec la Charte des auteurs et illustrateurs jeunesse afin de valoriser et d'encourager le travail d'auteurs et autrices émergent·es, travaillant ou résidant en France et ayant publié trois albums à compte d'éditeur au maximum dont au moins un entre le 1er juin 2023 et le 31 mai 2024.

Particulièrement en cette édition qui a présélectionné un album publié par la maison belge CotCotCot Editions. "Petits riens" de Marion Pédebernade avait aussi été remarqué à la Foire de Bologne de cette année ( lire ici).




Les 15 albums présélectionnés

  • "La malédiction du royaume de Pépin de Florie Briand" (Éditions Thierry Magnier)
  • "Manqué!" d'Antonin Faure (Les Éditions des Éléphants)
  • "Salade de fruits", de Charline Giquel (L'Agrume)
  • "Minigolf", de Lisa Laubreaux (Maison Georges)
  • "Jeu de Pom", de Léa Louis (Éditions courtes et longues)
  • "Petits riens" de Marion Pédebernade (CotCotCot Éditions, lire ici)
  • "Les fruits et les gumes" de Jérémy Piningre (Éditions 2024, coll. 4048)
  • "La mer, la nuit" de Carine Prache (hélium éditions)
  • "Une petite histoire qui compte" de Morgane Rospars (Éditions Thierry Magnier)
  • "L'adorable ours des neiges" de Lionel Tarchala (Sarbacane)
  • "La Forêt éveillée" de Paul Testelin (Le Genévrier)
  • "Le lendemain" de Tom Vaillant (Éditions Thierry Magnier)
  • "Fjord" de Willy Wanggen (HongFei)
  • "Oreille de géant" de Pierre Zenzius (Éditions Albin Michel)
  • "Coucou !" d'Anne Zeum (Les Fourmis Rouges)


En juin, un jury composé d'illustrateur·ices et de professionnel·les du livre jeunesse désignera la Révélation Livre jeunesse 2024 parmi ces auteurs et autrices.
Le lauréat ou la lauréate recevra 5000 € et bénéficiera également d'un texte critique ainsi que d'une présentation de son travail sur les cimaises de l'ADAGP.

Palmarès

  • Révélation 2023 Rozenn Brécard pour "Le détour" (La Partie, lire ici)
  • Révélation 2022 Marion Kadi pour "Les reflets d'Hariett" (L'Agrume)
  • Révélation 2021 Sahean Parc pour "Papa Ballon" (Éditions 2024)
  • Révélation 2020 Charline Collette pour "Au bois" (Les Fourmis Rouges)
  • Révélation 2019 Anne-Hélène Dubray pour "L'Alphabet cocasse & illustré" (L'Agrume)
  • Révélation 2018 Claire Schvartz pour "Le gravillon de pavillon qui voulait voir la mer" (Les Fourmis Rouges) 

 

mercredi 5 juin 2024

Alan Turing, génie des mathématiques méconnu

Alan Turing. (c) Casterman.
 
Se déroulent actuellement les cérémonies liées au 80e anniversaire du débarquement en Normandie. Elles rappelleront sans doute un homme qui l'a en partie permis, Alan Turing. Le génie britannique des mathématiques brisa en effet Enigma, la machine de cryptage nazie durant la Seconde Guerre Mondiale, et contribua ainsi largement à la victoire des Alliés. L'homme né le 23 juin 1912 eut un destin phénoménal, largement méconnu, lui dont des intuitions scientifiques résonnent constamment dans notre quotidien. Sait-on assez qu'il est aussi le père des ordinateurs que nous utilisons aujourd'hui et que ses travaux ont largement contribué à réaliser l'intelligence artificielle évoquée chaque semaine si pas chaque jour? Une biographie illustrée lui rend justice.

Des intuitions précoces. (c) Casterman.

Quel cœur a battu dans le corps de cet homme, condamné au printemps 1952 en Grande-Bretagne pour homosexualité, et qui se suicida le 7 juin 1954? Il n'avait pas 42 ans. Réponse dans l'extraordinaire, richement documenté et passionnant récit graphique simplement intitulé "Alan Turing", du trio Aleksi Cavaillez aux dessins, Maxence Collin et François Rivière aux textes (Casterman, 264 pages). Si bien sûr, le passage par les services secrets est largement évoqué, les auteurs élargissent leur spectre à l'adolescence avec la rencontre déterminante de Chris et aux années d'après-guerre.
 
Réalisé en noir et blanc avec une encre de Chine sur papier buvard particulièrement expressive, l'album offre une lecture passionnante, mettant en valeur Alan Turing dans toutes les facettes de son humanité, à la fois scientifique inspiré, excentrique avéré, homosexuel assumé, rêveur exalté. On suit le chercheur tout au long de sa vie, depuis son enfance loin de ses parents jusqu'au terme de son existence, en passant par ses années d'études et ses fonctions successives ensuite. Les auteurs ont eu la très bonne idée d'articuler les différents épisodes de la vie d'Alan Turing en marge de la tenue de son procès en 1952, dans le décorum des procès britanniques. 
 
Le procès. (c) Casterman.
 
On découvre dans ce splendide récit un être terriblement volontaire, d'une honnêteté sans faille, un romantique aux amours déçues, un ami solide. Ses découvertes scientifiques sont très présentes dans les pages, en texte et en dessins. Leurs explications sont accessibles au lecteur - mais peuvent être éludées. Le récit biographique, complété d'éléments secondaires plausibles comme une séance de cinéma, se lit d'une traite. Il campe formidablement les aspirations, les doutes, les rêves souvent fous d'un homme emporté par son destin. Une force dont rendent remarquablement compte les illustrations qui bousculent à bon escient les codes du gaufrier classique de la bande dessinée pour faire intervenir graphiquement des éléments scientifiques quand elles ne convoquent d'étranges pingouins dans les parties plus oniriques.
 
Un génie des mathématiques. (c) Casterman.

Sept questions aux auteurs du récit "Alan Turing"
Les trois auteurs sont passés par Bruxelles présenter leur nouvel album qui retrace de manière intime la vie d'un génie qui a marqué l'Histoire. Leur "Alan Turing" va beaucoup plus loin que ce qui a été réalisé jusqu'à présent. Il nous dit le savant et l'homme. Rencontre.

Beaucoup de choses ont déjà été dites à propos d'Alan Turing. Pourquoi ce nouveau roman graphique?

François Rivière. Alan Turing est un personnage tellement extraordinaire à tout point de vue, pour de bonnes et de mauvaises raisons. Le recul fait voir différemment son histoire, notamment la fin de sa vie, qui n'est peut-être pas si étrange quand on le connaît. Nous avons opté pour une biographie non romancée, à la fois sa vie et son activité de mathématicien. Nous avons voulu sortir le personnage d'une légende qui n'était pas une bonne chose pour lui.

Votre livre paraît après beaucoup d'autres choses, des livres, des bandes dessinées, des films.
F.R. Sommes-nous en retard? Non, car il trouve sa place dans l'histoire de la science avec une actualité au sens fort par rapport à l'intelligence artificielle. C'est le moment de donner à Alan Turing une visibilité à travers tout ce qu'il a été. Et ce, de manière honnête. En optant pour sa fin pour une version assez romantique, logique par rapport à d'autres parts de sa vie.
Maxence Collin. La question s'est posée très directement. En réalité, l'idée du livre est très ancienne. Plus de dix ans. Elle est venue de Benoît Mouchart (NDLR: directeur éditorial bande dessinée chez Casterman) dans un train entre Paris et Bruxelles, bien avant le film et la bande dessinée. Fallait-il continuer après ces sorties? Quand on a vu le film et la montée actuelle de l'intelligence artificielle, il nous a semblé que le sujet n'était pas épuisé. Ce qui avait été fait se concentrait seulement sur la guerre et pas sur le reste du travail de Turing. Et comportait un récit un peu tronqué de sa fin. Bien sûr, il y a eu le procès où il a été condamné pour homosexualité et il a subi un traitement de castration chimique. Cela l'aurait-il conduit au suicide? En prenant au complet le tableau de sa vie, on s'est aperçu qu'elle est tronquée. Il avait encore des projets. Certes, le procès a eu une influence sur lui mais cette faille intérieure existait depuis toujours chez Alan Turing. Il a souvent été fait de lui le portrait d'un savant autiste et génial comme s'il était un ordinateur et non un être humain. Nous, le personnage qu'on a trouvé est différent. Il a des amis, tout en ayant le sentiment d'être différent. Il est un poète des mathématiques, sa poésie est humaine.

Quand avez-vous eu l'idée d'entrecouper le procès qui sera fait à Alan Turing en 1952 des différentes périodes de sa vie?

F.R. Nous avons eu l'idée du procès dès le départ. C'est elle qui structure le livre. Mais nous avons choisi un angle narratif autobiographique même si d'autres angles apparaissent ensuite. Nous avions envie de faire parler Alan Turing. Lui-même avait envie d'écrire. Il aurait pu être un écrivain de valeur en plus du scientifique qu'il était. C'était quelqu'un qui ne trichait pas. Il n'était pas un affabulateur.
M.C. La BD est arrivée au bon moment. Il n'est plus un robot manichéen comme il a été présenté. On l'a rendu plus contemporain. On a rappelé sa place dans la conception de l'intelligence artificielle. On a construit l'histoire en faisant le pari avec l'éditeur d'expliquer vraiment le travail d'Alan Turing et de faire comprendre dans les grandes lignes son apport à chaque étape de ses recherches. Cela a été un travail complexe de mouliner toutes ces choses, de les rendre accessibles pour nous-mêmes et d'ensuite y amener le lecteur. Nous avons aussi voulu inscrire ces passages dans une histoire plus humaine, dans une vie dramatique. Nous avons voulu balayer toutes les dimensions de sa vie sans sectoriser.
F.R. Précédemment, on a eu tendance à assécher le personnage en expliquant tout par son enfance. Il a pratiqué la science avec une intuition et un génie extraordinaires. Il a été distingué par Winston Churchill qui avait compris qu'il n'était pas un simple personnage au service de la nation. Nous présentons son enfance, son adolescence, sa vie sentimentale, la déception de sa vie qu'a été le procès. C'est d'autant plus pathétique.
Comment avez-vous opté pour vos choix graphiques?
Aleksi Cavaillez. J'avais différents choix. J'ai d'abord essayé des pages très classiques puis j'ai libéré les cases. Une scène que j'aime particulièrement est celle des pages 164-165 où on voit la machine et le réveil. J'ai voulu montrer comment Alan Turing passait d'une chose à l'autre, J'ai complètement éclaté le dessin.
Les scientifiques apparaissent mécaniques avec des problèmes, des questions. Alan Turing est différent. Ses rêves sont l'enjeu de la bande dessinée. Comment il passe de la vie au suicide. Mais j'ai voulu éviter le psychologisme et maintenir le mystère de son être par pudeur. J'ai voulu donner à sentir un sentiment intérieur tout en brouillant les pistes.
Pour cela, j'ai pioché dans sa biographie et aggloméré divers éléments. Il y a le double personnage de Chris, le clin d'œil à l'intelligence artificielle avec la séquence où on demande de reconnaître l'artificiel entre deux êtres, le vrai et sa copie, l'U-Boot planté dans la glace pour rappeler la guerre. La fin de l'album est un espace entre la banquise et la géométrie. Les pingouins qui s'y promènent sont un élément poétique, rappelant le côté excentrique du personnage.
Comment avez-vous fait pour travailler à trois?
M.C. François et moi, nous nous somme souvent vus. On pourrait presque dire qu'on a écrit le scénario autour d'une tasse de thé.
A.C. Moi j'habite dans la banlieue de Paris. Nous avons beaucoup communiqué entre nous par messagerie instantanée, notamment lorsque je faisais des propositions à propos du scénario.
J'ai dessiné tout l'album de façon chronologique, après avoir conçu un chemin de fer. C'était un travail très complexe.

F.R. Les différentes parties de la vie d'Alan Turing apparaissent au fil du procès, son enfance, son adolescence, son premier amour, ensuite les années à Cambridge, puis la guerre, ensuite l'informatique et les débuts de l'intelligence artificielle. Autant de tableaux à jointurer avec le procès et ses rêves.
Les mères sont très présentes.
F.R. Oui, la sienne d'abord et aussi celle de son ami mort. Quelle émouvante visite il lui a rendue! C'est éclairant sur sa personnalité.
Nous avons pris le parti de la subjectivité pour toucher les moments-clés de sa vie. Il n'y a pas eu beaucoup de femmes dans sa vie. C’est aussi dû à l'époque, l'université dans la Grande-Bretagne des années 30, le camp militaire secret, le laboratoire. Par contre, celles qu'il a rencontrées étaient des femmes très fortes: sa mère, Joan, une femme isolée dans un monde d'hommes où elle n'est pas très à l'aise. Voilà pour les raisons objectives. Il y a aussi des raisons subjectives, comme le fait qu'il était misogyne.

M.C. Nous avons voulu nuancer certains clichés posés sur Alan Turing. Le film parle de brimades et de harcèlement. Nous n'avons pas trouvé de trace de ce harcèlement dans sa bio. Nous avons plutôt découvert quelqu'un qui était souvent un peu "à côté", ce qui pouvait faire croître un malaise. Parfois les gens subissent mais souffrent beaucoup. Nous avons voulu faire une autre histoire que celle de la famille le rejetant. Les rapports peuvent être ambivalents surtout quand ça touche les êtres aimés.
Comment avez-vous dessiné cet album?
A.C. J'ai débuté le travail fin 2021. J'y aurai passé deux ans finalement, le temps d'y réfléchir, d'avoir des idées, de le sentir physiquement, de le faire. Mes dessins originaux sont plus grands que ceux qui sont imprimés. J'ai utilisé de l'encre de Chine, appliquée au pinceau. Je me suis inspiré des photographies en noir et blanc des années 50.
M.C. Photographiquement, on avait beaucoup de matière. Aujourd'hui, on peut visiter le centre secret de Bletchley Park. Le tout a été de replacer les scènes dans le contexte de l'époque. Quel film Alan Turing est-il allé voir au cinéma? "Wings" est plausible. On a surtout voulu éviter de redire encore une fois l'histoire de la pomme de "Blanche-Neige" qui n'est pas certifiée. On s'est permis quelques écarts aussi, pour mieux servir le récit. On a déplacé la nuit des longs couteaux en Allemagne alors qu'elle s'est déroulée en Autriche en réalité, pour donner à sentir la montée du nazisme. Nous avons présenté Alan Turing avec ses premières pensées dépressives, le début de son mal être, dès qu'elles sont apparues, tôt dans sa vie et non sur le tard comme souvent mentionné. Nous évoquons Ludwig Wittgenstein, ce savant juif, et l'hémorragie du monde mathématique parti se réfugier ailleurs.

Une vie hantée par un décès prématuré. (c) Casterman.

vendredi 10 mai 2024

Un quatre-quarts féministe à Portées-Portraits

Résistance et inclusion.

Faim de littérature féministe et engagée? La dernière soirée de la saison du cycle Portées-Portraits est pour vous. Ces soirées littéraires de lectures accompagnées de musiques. La Compagnie Albertine s'est coupée en quatre afin de concocter un quatre-quarts à l'intention de son public. Ingrédients: résistance et inclusion dans une littérature sans langue de bois. Une belle manière de clôturer une année entamée avec Marie Darah (lire ici).

Le menu du soir sera décliné ce lundi 13 mai à la Maison Autrique par quatre comédiennes qui liront des extraits de quatre auteures en quatre lieux de la célèbre habitation. Le dernier quart aura lieu en amont de la lecture: un atelier d'écriture à 19 heures, sur le thème du courage et de la résistance, mené par Geneviève Damas.

Après cette entrée, à 20h15, les plats de résistance en menu dégustation, mis en voix par Geneviève Damas et Sandrine Bonjean, accompagnés par la DJ Voodoomama. Coupé en quatre, le public ira d'une pièce à l'autre entendre les lectures qui seront donc répétées quatre fois par les comédiennes Réhab Mehal, Melissa Diarra, Geneviève Damas et Sandrine Bonjean. Il entendra des extraits de "King Kong Théorie" de Virginie Despentes (Le Livre de poche), la nouvelle "Ma mère, cette sorcière" du recueil "Promenons-nous dans les bois" de Margaret Atwood (traduit de l'anglais par Michèle Albaret-Maatsch et Isabelle-D Philippe, Pavillons), "La petite dernière" de Fatima Daas (Le livre de poche) et "Americanah" de Chimamanda Ngozi Adichie (traduit de l'anglais par Anne Damour, Folio).
 




A l'issue des lectures, un verre sera offert et la piste de danse ouverte!


Pratique
Où? Maison Autrique, chaussée de Haecht, 266 à 1030 Bruxelles.
Quand? Le lundi 13 juin.
A quelle heure? Les lectures-spectacles commencent à 20h15. Elle sont précédées d'un atelier d'écriture avec Geneviève Damas à 19 heures.
Durée? 1 heure.
Combien? 9 euros (possibilité de visiter toute la maison et un verre offert), 6 euros pour les étudiants et les artistes, 1,25 euros pour les articles 27.
Réservation indispensable pour l'atelier et pour les lectures par mail à reservations.compagniealbertine@gmail.com

mercredi 8 mai 2024

Mawda, on ne peut pas t'oublier

Le lieu du drame. (c) La Boîte à Bulles.
 
Hasard du calendrier, deux livres d'auteurs belges de facture totalement différente concernant le même sujet belge sortent simultanément en ce début d'année dans deux maisons d'édition françaises. Deux ouvrages de très grande qualité, entamés chacun en 2019, et qui se complètent.
 
"Mawda, autopsie d'un crime d'État" (La Boîte à Bulles, 192 pages), bande dessinée du dessinateur engagé Manu Scordia, par ailleurs animateur pour enfants, évoque le tragique destin d'une enfant et l'attitude de l'État belge.

"Mawda v. Medusa, donner un visage à la criminalisation des migrants en Europe" (Le Bord de l'eau, collection "L'atelier du chercheur", 192 pages) est un essai de "philologie politique" où la philosophe Sophie Klimis analyse scrupuleusement et commente sans langue de bois tout ce qui touche à l'affaire Mawda.


 

 
"Mawda".
Il suffit de prononcer son prénom pour la voir, bob enfoncé sur la tête, yeux rieurs et doigts devant la bouche. Même six ans après sa mort. Le matin du jeudi 17 mai 2018, la Belgique s'éveillait comme d'habitude. Sans savoir que ce jour serait à jamais teinté de noir: durant la nuit, près de Mons, une fillette de deux ans a été tuée par la police belge. Mawda était Kurde et sans papiers. Elle, son frère, leurs parents et d'autres migrants avaient pris place dans une camionnette pour tenter de rallier l'Angleterre. Vu le décès de Mawda, la famille Shamden-Phrast a modifié ses plans. Elle a finalement obtenu sa régularisation en Belgique. Afin de pouvoir se recueillir au cimetière d'Evere où repose la petite. Aujourd'hui, Ali et Amir, les parents de Mawda, et leurs deux fils – un bébé est né en Belgique après le drame – souhaitent tourner la page et aller de l'avant. Après ce qu'ils ont enduré, comme on les comprend.
 
Par contre, tout démocrate se doit de savoir ce qui s'est passé en cette nuit du 17 mai. La traque organisée, qualifiée de "course-poursuite" police-migrants dans la presse, est le drame qui dénoncera de trop nombreuses lacunes à tous les niveaux, révélées au fil des jours et des mois par l'avocate Selma Benkhelifa et le journaliste Michel Bouffioux. En vrac. Une mère empêchée d'accompagner sa fillette mourante dans l'ambulance. Une vingtaine de migrants dont le chauffeur de la camionnette braqués par la police, arrêtés, mis en garde à vue puis relâchés avec un ordre de quitter le territoire. Une famille restée plusieurs jours avec ses vêtements tachés du sang de Mawda. Ce jour-là, des policiers ont pu mentir, le parquet les couvrir, raconter n'importe quoi: enfant-bouclier, enfant-bélier, enfant jetée d'une voiture en marche, balles multiples, tir d'origine inconnue…
 
Le jeudi 17 mai 2018 et les jours suivants, les médias ont failli à leur devoir d'informer. Immédiatement, la société civile de Belgique s'est levée, s'est rassemblée, s'est insurgée pour dire non. Pour interroger, questionner, détricoter les imbécillités officielles. Elle a manifesté. Elle a partagé l'information principale: "Mawda a été tuée par une balle policière dans le cadre des opérations Medusa". Elle a organisé des funérailles dignes pour la petite fille. Elle a soutenu les parents endeuillés et leur petit garçon de quatre ans traumatisé.
 
L'"affaire Mawda" a été le lamentable révélateur des failles de l'État de droit et des discrètes campagnes anti-migrants. On a pu prendre connaissance de ce qui s'est réellement passé cette nuit grâce à la formidable et minutieuse contre-enquête du journaliste Michel Bouffioux, écœuré par les mensonges officiels. Elle a été publiée sur le site belge de "Paris-Match" et dans le livre "Deux ans et l'éternité" (Ker éditions), introduite par une fiction de Vincent Engel (lire ici). Elle a été portée par la magnifique pièce de théâtre de Marie-Aurore d'Awans et Pauline Beugnies "Mawda, ça veut dire tendresse". Mais ce drame accablant ne fait toujours pas l'objet d'une commission parlementaire, faute de signatures suffisantes. Par contre, le procès en appel s'est achevé en novembre 2021, condamnant le policier qui a tiré à dix mois de prison avec sursis et levant son amende de 400 euros, le présumé chauffeur écopant, lui, de quatre ans de prison ferme. Toutefois, assigné par l'ONG DEI (Défense des enfants international), l'État belge n'a pas été débouté. Maigre victoire, il sera condamné en février 2023 à payer un euro symbolique et à modifier légèrement la formation des policiers.
 
 

Une société raciste et malade

 

Le récit graphique de Manu Scordia est basé sur les témoignages des parents de Mawda, ceux de proches de l'affaire et la contre-enquête de Michel Bouffioux. Il donne toutefois une dimension littéraire aux différents éléments de l'affaire. Allers-retours dans le temps, couleur différente quand Mawda s'exprime à la première personne, cases vides et gaufrier éclaté, choix de mise en page, interventions de l'auteur-illustrateur, le procédé n'est jamais mièvre ou gratuit. "Mawda, autopsie d'un crime d’État" s'ouvre sur les mots que la maman de Mawda a prononcés au procès à Mons, le 24 novembre 2020, dessinés dans leur contexte historique. "Cela fait précisément 2 ans, 6 mois, 8 jours et 8 heures que c'est arrivé (...)". On voit la nuit, les arbres de l'aire autoroutière, les policiers, l'ambulance, le drame, un premier article de presse. L'album se terminera sur les mots d'amour de Mawda aux siens lors de la traque qui lui sera fatale.
 
Les mots de la maman de Mawda.
(c) La Boîte à Bulles.

En chapitres successifs, Manu Scordia compose le parcours de ce jeune couple originaire du Kurdistan irakien. D'abord leur histoire, mariage refusé, fuite du pays, naissance de leurs deux enfants, parcours migratoire entre la Grande-Bretagne et l'Allemagne, rêves et déceptions, arrivée à Grande-Synthe (France) en mars 2018. Ensuite, leur séjour dans le camp soutenu par le Refugee Women's Centre britannique et les tentatives de passer en Angleterre dont celle de la nuit fatidique. Passée une page noire, le drame surgit en une seule grande illustration présentant Mawda: "Il y avait une fontaine de sang". Ses parents expliquent les heures terribles, horribles, du drame. En face, d'autres articles de presse relatant des informations non vérifiées. En contrepoint, les réactions au gymnase de Grande-Synthe.
 

Manu Scordia entremêle les voix et les moments.
(c) La Boîte à Bulles.

L'auteur a rencontré le journaliste Michel Bouffioux.
(c) La Boîte à Bulles.
Après une page blanche cette fois, l'auteur évoque sa rencontre avec le journaliste Michel Bouffioux. Il rappelle combien la minutieuse enquête de ce dernier a pointé les incohérences de l'enquête, a débusqué les mensonges officiels, a rétabli les vérités, a pointé l'inhumanité de la Belgique officielle et l'humanité de la Belgique non officielle. L'avocate Selma Benkhelifa, défenderesse de la famille, a immédiatement placé l'affaire Mawda sur ses vrais terrains, celui de la politique avec les opérations Medusa, celui du racisme d'État. Manu Scordia retrace aussi la vie des parents de Mawda après la mort de leur fille. Comment survivre dans tant de détresse? Comment résister aux reconstitutions des événements? Comment s'exprimer quand le traducteur du sorani s'exprime en néerlandais et que le régime linguistique est francophone? Comment entendre le policier qui "n'avait pas d'autre choix que de tirer"?
 
 
Affirmations policières. (c) La Boîte à Bulles.

Les chapitres suivants dépeignent le procès fin novembre 2020, en temps de masques à cause du Covid, si douloureux par la répétition des mensonges policiers, les manquements et les ratés de l'enquête, les contacts avec le comité P et cette satisfaction d'une "opération bien menée", la plaidoirie de l'avocat du policier tireur, etc., etc. Par son récit graphique très dense et fort bien construit, porté par un efficace dessin réaliste et complété de notes informatives en finale, Manu Scordia démontre magistralement combien l'affaire Mawda est accablante pour l'État belge. On est soufflé de ce qu'on y découvre, petite pointe d'un iceberg nommé racisme.

Mawda, par Manu Scordia. (c) La Boîte à Bulles.

 

Criminaliser les migrants


Philosophe issue de l'immigration (le livre est, entre autres, dédié à ses grands-parents, dont les uns s'exilèrent de Grèce pour fuir la misère et les autres durent fuir l'Ukraine et la Géorgie suite à la Révolution bolchévique), Sophie Klimis dit avoir été sensibilisée à la cause des migrants en 2009, lorsque Saint-Louis, l'université bruxelloise où elle travaille, a été occupée durant neuf mois par une soixantaine de personnes "sans-papiers" qui feront finalement une grève de la faim au finish pour exiger des critères clairs de régularisation. Lors de cette "vie commune", elle a écouté les histoires de vie des personnes. Elle a notamment été marquée par la rencontre d'un jeune homme arrivé en Belgique après avoir fait des milliers de kilomètres accroché sous un camion. Elle dénonce l'hypocrisie entourant les "sans-papiers" car elle sait évidemment que le secteur du bâtiment par exemple les utilise à vingt euros la journée de dix heures, sans aucune protection sociale ou même physique.
 
Celle dont le domaine de recherche est l'antiquité grecque en a perçu des échos dans ce qu'on a appelé l'affaire Mawda, notamment dans la dimension émotionnelle de la politique. Elle analyse: "Dans l'"Antigone" de Sophocle, c'est un élan, une pulsion ("orgè"), qui est représentée comme étant à la racine de la loi. On peut penser à l'indignation qui peut mener des citoyens à contester une loi jusqu'à la faire abroger, s'ils la trouvent injuste. Or, face à l'affaire Mawda a d'abord surgi une émotivité inverse, inversement proportionnelle au drame: les parents de Mawda ont été rendus responsables du drame, les victimes transformées en bourreaux! Le sens commun est malade aujourd'hui. On préfère de fausses vérités en ignorant tout des contextes."
 
Pour Sophie Klimis, ce livre de réflexion se veut une prise de température de l'opinion publique. "J'ai voulu retrouver le pouvoir de captation des mots. Montrer la dissociation entre le dire et le faire. On dit pourchasser les passeurs mais on ne fait rien contre les véritables réseaux mafieux et on criminalise toutes les personnes migrantes. Quid aussi des réfugiés climatiques, des réfugiés pour échapper à un crime d'honneur, des réfugiés économiques? Les gens viennent ici pour survivre. Ce qu'on leur fait subir sans discernement est très inquiétant."
 
Dès la page "Avertissement", l'auteure pose les questions nécessaires. Pourquoi la solidarité européenne unanime envers les réfugiés ukrainiens et l'octroi de l'asile immédiat et pas pour ceux qui viennent par exemple de Syrie et sont qualifiés de migrants avec en corollaire l'épineux parcours administratif organisé par la Belgique? Ou désorganisé: 27 842 dossiers (33 913 personnes) en attente au CGRA en mars 2024, dont un arriéré de 21 342 dossiers.

Des questions qui dérangent, la chercheuse va en poser tout au long des pages, confrontant les couvertures médiatiques et les réactions du public lors de divers événements. Oui à l'incendie de Notre-Dame, très peu à la mort de Mawda, banalisée par la suspicion qui lui a été tout de suite accolée. Un sujet auquel elle s'est intéressée dès la parution du deuxième article du "Soir", avançant l'hypothèse de l'enfant-bouclier. Hypothèse aussitôt reprise par Bart De Wever (président de la N-VA et bourgmestre d'Anvers) qui brandit la faute des parents, comme, à son grand effroi, de nombreuses personnes sur les réseaux sociaux. "Cette affaire n'a pas eu l'ampleur qu'elle aurait dû avoir. Comment le sort d'une petite fille n'émeut-il pas plus? Pourquoi cette apathie?"

Dans "Mawda v. Medusa", elle interroge cette indifférence générale. Certes, elle fait un pas de côté par rapport à ses "antiquités" mais pas tant que ça. La Grèce ancienne apparaît régulièrement en éclairage de notre présent. Dans un langage clair et accessible, en posant les faits et en détaillant le plan Medusa, l'auteure questionne la démocratie directe. Elle interroge la place de la justice en Belgique. Rappelant qu'une loi de 2014 rend le judiciaire dépendant de l'exécutif, elle se demande ce qu'il en est de l'État de droit et de la séparation des pouvoirs. "Le rôle du philosophe est d'accompagner la réalité sociale en l'élucidant, de l'analyser pour la rendre compréhensible."

Elle n'est pas la première. Elle souligne que, dans "La République", Platon considérait de manière critique la construction de la situation démocratique athénienne de son temps à plusieurs niveaux. Aristote le Métèque faisait des enquêtes sur toutes les constitutions des cités de son temps afin d'élaborer des questions politiques réfléchies. Marx s'est aussi basé sur des enquêtes pour écrire "Le capital".

Pour Sophie Klimis, la philosophie politique, de nos jours, est souvent prise entre deux écueils : soit c'est une sorte de métaphysique cachée, soit elle se dissout dans les sciences sociales comme la sociologie. L'auteure revendique quant à elle une philosophie politique qui parviendrait à cerner la forme générale d'un événement en se basant sur l'étude de ses détails. D'où l'importance de la mise en œuvre de la méthode qu'elle qualifie de "philologie politique". C'est ainsi qu'elle analyse les traits généraux du cas Mawda, dans le sillage croisé des travaux de Hannah Arendt et de Cornelius Castoriadis, pour rendre pensable l'impensable.

Extrêmement riche car il scrute de près tous les mots en lien avec l'affaire Mawda, l'essai applique superbement son sous-titre. Il donne un visage à la criminalisation des migrants en Europe. Il nous l'explique noir sur blanc. Il ne s'agit plus de déclarations sur des "migrants"», des "transmigrants", des "trafiquants", mais d'une famille prise dans les rets d'une politique appliquée sans discernement, par racisme et soin électoraliste. Sophie Klimis fait ainsi remarquer qu'on contourne la question des véritables responsabilités politiques, lorsqu'on parle du destin tragique, ou horrible, de Mawda plutôt qu'on ne nomme l'homicide de la petite.

Le premier chapitre, "Dire l'affaire Mawda", analyse scrupuleusement les discours de la presse, "Le Soir" et la RTBF principalement, "La Meuse" et "Le Peuple" accessoirement, et les confronte à la contre-enquête de Michel Bouffioux qui, soit dit en passant, n'a été mise en cause par personne. C'est éclairant et sidérant. Viennent ensuite l'analyse des paroles des magistrats, leurs contradictions, leurs oublis, leurs failles, souvent mises en lumière par l'avocate Selma Benkhelifa, défendant la famille de Mawda. Si on n'était pas dans une affaire réelle, on s'amuserait du rapport du comité P de la police consacré à cet "incident de tir" qui évite durant cinquante-neuf pages les mots "Mawda", "enfant", "fillette", "mort". Là aussi, Michel Bouffioux apporte des informations. C'est éclairant et sidérant. Les choses sont tellement exceptionnelles, au sens négatif du terme, que les onze recteurs des universités belges, soit tous, ce qui ne s'était jamais produit, feront part de leurs préoccupations au Premier ministre de l'époque. La réponse ne viendra pas de Charles Michel (MR) mais de Theo Francken (N-VA), alors secrétaire d'État à l'asile et à la migration. Et l'auteure de rappeler que la matière étant fédérale, la politique mise en place lie tout le gouvernement. C'est éclairant et sidérant. D'autres mots viendront encore de l'université comme la fiction de Vincent Engel évoquée plus haut (lire ici).

L'autre important chapitre, "Instruire le cas Mawda", examine le procès à Mons, les 23 et 24 novembre 2020 ainsi que son verdict, prononcé le 12 février 2021, dont le simple énoncé suscite déjà des questions. Vraiment, un "homicide involontaire"? C'est éclairant et sidérant. Dans ce second chapitre qui est une montée en généralité où elle passe de"l'affaire" au "cas", Sophie Klimis pointe combien le cas Mawda a aussi été instruit dans la société. Les débats de la Zin TV, les démarches artistiques, les collectifs citoyens "Justice et vérité pour Mawda" ainsi que "#Justice4Mawda", autant de voix qui se sont fait entendre, constituant "l'élan-Mawda".

Après avoir donné son journal détaillant le procès avec la même rigueur, l'auteure entreprend en tant que philosophe de déconstruire "l'effet-Medusa". Soit, ce que les mises en scènes et les discours officiels ont habilement masqué, travaillé à rendre "impensable", des périls pour la démocratie dont le citoyen ne se rend guère compte. Comment l'espace public a été transformé par le tir policier en zone de non-droit, comment les instances politiques belges ont pu établir les plans Medusa, comment les mythologies grecque et romaine ont été réappropriées pour nommer des opérations de traque aux migrants, en Belgique mais aussi par Frontex, aux frontières de l'Europe. C'est éclairant et sidérant. "Mawda v. Medusa" présente encore la menace pour notre humanité que représente l'anesthésie de l'empathie et de l'esprit critique, à l'opposé de l'élan vital que sont l'indignation et la colère. L'antique "orgè" qui a pris place lors de la marche blanche lors des funérailles de la petite Kurde. Pour peu qu'on veuille s'y intéresser, et c'est essentiel, le cas-Mawda est le miroir de ce que la Belgique est devenue.




vendredi 26 avril 2024

La fête de la librairie ce samedi 27 avril

 
On le sait, la date officielle de la fête de la librairie et du droit d'auteur, la Sant Jordi, est le 23 avril. Journée mondiale du livre aussi, célébrée à la date dite (lire ici). La fête, elle, est déplacée à un samedi proche, soit, cette année, le samedi 27 avril. Demain
 
Ce samedi 27 avril 2024, en parallèle à plus de six cents librairies en France et en Suisse, les librairies indépendantes en Belgique francophone feront la fête aux auteurs, aux livres et à elles-mêmes. Elles qui tiennent à leur indépendance et méritent à ce titre tout le soutien du public. Pour marquer l'évènement, elles offriront, comme le veut la tradition, un livre et une fleur à leurs clients du jour. Afin de célébrer l'amour des mots, des illustrations, de la beauté.

Le livre créé pour la vingt-sixième édition, édité par l'association française Verbes en collaboration avec Gallimard, met à l'honneur la littérature jeunesse, la poésie et les bestiaires en littérature. Imprimé tête-bêche et tiré à 25.000 exemplaires, il comprend vingt poèmes de Jacques Roubaud, issus de ses recueils "Les animaux de personne" et "Les animaux de tout le monde" (Seghers), chacun étant illustré par le peintre Edi Dubien.
 
Un "beau livre" à l'écriture joyeuse, facétieuse, drôle et pleine de jeux de langage qui se prolonge idéalement dans les superbes illustrations. Un "beau livre" pour les enfants comme pour les plus grands. Quand la comédienne et écrivaine membre de l'Académie française Florence Delay demande à l'auteur, Jacques Roubaud, mathématicien et poète membre de l'Oulipo "Traces-tu une frontière entre tes poèmes dits "pour la jeunesse" et le reste de ton œuvre?", il répond: "Non, pas du tout."
 
 
 



Quatre des vingt poèmes illustrés.

 
Pourquoi fêter les libraires? Pour leur travail de sélection et de transmission bien entendu, mais aussi parce qu'être libraire aujourd'hui est un engagement, que défendre la librairie, le livre et la nécessité de lire en est un autre. Les libraires indépendants de Belgique le rappellent:
"Ne l'oublions pas, le livre est un bien de première importance pour l'éducation de nos jeunes et l'émancipation de chacun.
Les librairies sont des lieux de liberté et de diversité, de vie et d’échanges au sein d'une ville/village/quartier.
Les librairies sont des lieux où se partagent la passion du livre et de la lecture. Les libraires conseillent le plus grand nombre et surtout les jeunes.
De nombreuses études montrent les bienfaits multiples de la lecture: diminution du stress, stimulation du cerveau, développement de l'empathie, des connaissances, découverte d'autres cultures, augmentation du vocabulaire... 
Les livres sont des outils pour armer nos jeunes - et moins jeunes - à affronter l'avenir. Malheureusement, plusieurs études (PISA, PEARLS) montrent que le niveau de lecture des élèves en Communauté française est très faible.
Il est urgent de mettre des livres dans les mains de tous!"

Pourquoi soutenir les librairies indépendantes?
  • Parce que, de par son assortiment non captif, le libraire lutte contre la standardisation de la pensée.
  • Parce que, par ses échanges avec les clients individuels, les écoles, bibliothèques et associations, le librairie participe à la vie culturelle et sociale ainsi qu'à l’économie locale tout en préservant l'âme des centres-villes.
  • Parce que la librairie est un lieu où se crée de l'emploi. Un achat dans une librairie physique génère deux fois plus d'emplois qu'un achat sur une plateforme en ligne. Et les impôts liés à cette activité économique sont redirigés vers l'État belge.
  • Parce que la librairie est et reste un commerce de détail à la rentabilité fragile (1,5% environ), un commerce raisonné qui trouve son équilibre financier sans subside. Cette fragilité économique expose les librairies au moindre aléa de conjoncture et nécessite de conforter durablement leur activité grâce à un soutien sur le long terme.

 

Les librairies belges associées à l'événement
classées selon le code postal

Quelques départs par rapport à l'an dernier (lire ici), ce qui ne veut évidemment pas dire que les officines ont fermé, et plusieurs arrivées. Au total, cinquante librairies indépendantes participantes.
  • Tropismes Galerie des Princes, 11 1000 Bruxelles
  • Tulitu Rue de Flandre, 55 1000 Bruxelles
  • Brin d'acier Rue Josaphat 269 1030 Bruxelles
  • La Librairie Européenne Rue de l'Orme 1 1040 Etterbeek
  • Candide Place Brugmann, 1-2 1050 Bruxelles 
  • Les yeux gourmands Avenue Jean Volders, 64A 1060 Bruxelles 
  • Herbes folles Rue St Guidon, 30 1070 Anderlecht
  • Librairie Jaune Rue Léopold 1er, 499 1090 Bruxelles
  • U.O.P.C.  Av. Gustave Demey, 14-16 1160 Bruxelles 
  • La Licorne Chaussée d'Alsemberg, 715 1180 Bruxelles 
  • A Livre Ouvert-Le Rat conteur Rue St Lambert, 116 1200 Bruxelles 
  • Librairie Claudine Courte rue des Fontaines, 74 1300 Wavre
  • La Mazerine Square Marie Pouli, 1A 1310 La Hulpe
  • Twist Rue des Fusillés, 2 1340 Ottignies
  • La DUC Ciaco Grand-Rue 2-14 1348 Louvain-la-Neuve
  • Librairie La Page d'Après Rue des Wallons, 3 1348 LLN
  • Librairie Archibald Rue de la Bruyère 3 1370 Jodoigne
  • Au P'tit Prince Rue de Soignies, 12 1400 Nivelles 
  • Graffiti Chaussée de Bruxelles, 129 1410 Waterloo
  • Le Baobab Rue des Alliés, 3 1420 Braine-l'Alleud
  • Livre aux Trésors Place Xavier Neujean, 27A 4000 Liège
  • Pax Place Cockerill, 4 4000 Liège
  • L'Escale librairie Rue du Laveu, 30 4000 Liège
  • Siloë Rue des Prémontrés, 40 4000 Liège 
  • L'Ours à lunettes Grand Place, 9 4500 Huy
  • Marque Tapage Rue de José, 68 4651 Battice
  • Les Augustins Pont du Chêne, 1 4800 Verviers
  • La Traversée Rue de l'Harmonie, 9 4800 Verviers
  • Cunibert-Daumen Chemin-rue, 49 4960 Malmedy
  • Papyrus Rue Bas de la Place, 16 5000 Namur
  • Point-Virgule Rue Lelièvre, 1 5000 Namur
  • Antigone Place de l'Orneau, 17 5030 Gembloux
  • Graines de vie Rue de Charleroi, 17 5140 Sombreffe
  • La boite à petit lulu Rue de Cheumont 2 5360 Hamois
  • DLivre Rue Grande, 67A 5500 Dinant
  • La Petite librairie Rue du Naimeux, 39 4802 Heusy
  • Molière Bld Tirou, 68 6000 Charleroi
  • Croisy Rue du Sablon, 131 6600 Bastogne
  • La Dédicace Place Nestor Outer, 11 6760 Virton
  • Le Temps de lire Rue du Serpont, 13 6800 Libramont
  • Oxygène Rue St Roch, 26 6840 Neufchâteau
  • Livre'S Avenue de France, 9 6900 Marche 
  • Florilège Rue du Grand Jour, 16 7000 Mons
  • Leto Rue d'Havré, 35 7000 Mons
  • Scientia Rue de la Chaussée, 64-66 7000 Mons
  • Ecrivain Public Rue de Brouckère, 45 7100 La Louvière
  • Librairie de la Reine Grand Place, 9 7130 Binche
  • Quartier Latin Rue Grande, 13 7330  Saint-Ghislain
  • Chantelivre Quai Notre-Dame, 10 7500 Tournai
  • La Procure Rue des Maux, 22 7500 Tournai