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mercredi 5 mai 2021

#THOMIZE: Lize et Thomas se sont mariés!

Les mariés Lize Spit et Thomas Gunzig. (c)  Bob Van Mol – Flirt Flamand.

Depuis le 24 avril, plus de 3.000 internautes suivaient #THOMIZE, la conversation amoureuse  WhatsApp entre les écrivains fiancés Lize Spit et Thomas Gunzig sur l'application Skagen (lire ici), et 1.000 en discutaient abondamment dans un foyer virtuel Facebook (ici). Un mariage arrangé qu'avait imaginé Flirt Flamand pour rapprocher nos deux langues nationales et nos auteurs, poètes, slameurs et illustrateurs.

Un long apéritif plein de péripéties à la Foire du livre de Bruxelles qui commence ce 6 mai (lire ici). L'un comme l'autre ont réservé des surprises, des angoisses, des émotions et des colères à ceux qui s'étaient vite pris au jeu de suivre leurs échanges. Etait-on dans une nouvelle variation des "Liaisons dangereuses"? La question hantant les commentaires étant: les fiancés allaient-ils se marier comme annoncé, la séparation ne semblant jamais loin. Hé bien, oui, Lize Spit et Thomas Gunzig se sont mariés finalement, masqués, leurs "ouis" ont été bénis par les poètes nationaux Carl Norac (sortant) et Mustafa Kör (entrant).

Deux fiancés et deux officiers. (c) Bob Van Mol – Flirt Flamand.


Extraits de la cérémonie

"Il arrive alors que deux êtres
qui tissaient, détissaient le réel
se rencontrent au bord d’un livre
et prennent langue à leur tour.
Leur pays, dont les chemins parfois
font tant de détours pour contourner
les miroirs, les murs, les bras levés,
s’accorde soudain en leur bouche
comme une chanson."
Extrait du poème "Un flirt", écrit à cette occasion par Carl Norac.

"Regarde ici, je suis auprès de toi comme transi devant des falaises
Tôt ou tard toute eau trouve son fleuve
Même si nous avons conflué, tu as toujours
été le nord de mes suds"

Extrait du poème "Comme l'eau", écrit à l'occasion par Mustafa Kör
(traduit par Noëlle Michel).


"Mon cher Thomas, lama au corps musclé, beau caniche aux cheveux en macaroni, toi qui finis toutes tes phrases par des points d’exclamation.

Il n'y avait pas meilleure porte d'accès que la tienne pour découvrir la littérature belge francophone!

Quelle chance que le Matchmaker nous ait réunis; sans lui, je n'aurais jamais su à quel point tu as l'air sérieux quand tu réfléchis, que tu ne bois que du café noir quand tu écris, avec quelle agilité et quelle espièglerie tu utilises le langage, à quel point ton frigo est en désordre, et aussi combien ton humour s’avère intraduisible pour les Flamands, qui sont un brin plus rigides. Je n'aurais jamais su à quel point nous – et nos écritures – sommes complémentaires, toi le fan de slalom, moi qui préfère foncer droit au but. Parfois, assise à la table de la cuisine, je me rends compte que tu me manques, comme on peut regretter un personnage après avoir refermé un livre. Mais heureusement, tu existes aussi en vrai, et cette pensée me réconforte à tous les coups!"

Lize Spit
(traduit par Noëlle Michel)

 

"Chère Lize

Je n'ai pas aimé travailler avec toi,

j'ai adoré travailler avec toi!

J'ai aimé ton gros chat noir, tes soupes aux tomates, ton thé bizarre, tes tartines aux fromages et ton étrange fauteuil dans lequel on s’assied en étant à genoux.

Ces quelques jours passés en ta compagnie ont été: passionnant, inspirant, épuisant, exigeant, électrisant, instructif et drôle.

On ne se connaissait pas… Du tout.

On a appris à se connaître… Un peu.

Et à chaque instant passé avec toi je t'assure que je me disais: "quelle chance j'ai de pouvoir travailler avec des gens aussi formidables que Lize Spit".

Normalement, quand j'ai fini un travail je suis toujours heureux de l'avoir fini.

Je me dis: "voilà, ça c'est fait".

Avec toi, ça ne s’est pas passé comme ça: je me suis dit: "zut, ça va me manquer".


Thomas Gunzig

Baiser avec plexiglas. (c) Bob Van Mol - Flirt Flamand.


Carl Norac

"Monsieur Thomas Gunzig, consentez-vous à prendre pour épouse Mademoiselle Lize Spit ici présente?"

Thomas Gunzig

"Oui."

Mustafa Kör

"Juffrouw Lize Spit, neemt u tot echtgenoot de heer Thomas Gunzig, hier aanwezig?"

Lize Spit.

"Ja."

Mustafa Kör

"Je vous déclare unis par les liens du mariage."

Carl Norac

"Ik verklaar u in de echt verbonden."


Le mariage en vidéo ici.


Demain 6 mai commence la Foire du livre de Bruxelles, virtuelle cette année (ici).



mardi 4 mai 2021

Sylvain Prudhomme, raconteur d'"histoires"

Sylvain Prudhomme. (c) Francesca Mantovani/Gallimard.


J'attendais le verdict de l'Académie Goncourt qui décernait ce mardi 4 mai plusieurs prix Goncourt de printemps, dont celui de la nouvelle, car mon préféré, Sylvain Prudhomme, y figurait pour son dernier recueil en date, "Les orages" (L'Arbalète/Gallimard, 174 pages). Il ne l'a pas eu. Loin de moi l'idée de critiquer le choix des académiciens, n'ayant pas lu les autres titres retenus (lire ci-dessous). Par contre, ce recueil publié en début d'année m'a provoqué un enchantement continu et tenace. Tant par les sujets que par les mots choisis pour les raconter.

Quelle merveille d'écrivain que Sylvain Prudhomme, récompensé à juste titre par le prix Femina 2019 pour son roman "Par les routes" (L'Arbalète, Gallimard, lire ici), qui vient de sortir en poche (Folio).

Appartenant au genre du recueil de nouvelles, "Les orages" porte très judicieusement le mot d'"histoires" qui apparaît sous le titre. On pourrait aussi dire "éclats de vie" car ces treize textes sont autant de bijoux ciselés, donnant magnifiquement vie à leurs personnages. Pas un mot de trop mais des phrases souvent longues, tellement bien balancées, d'un art littéraire total et d'une expressivité telle qu'on se coule dans chacun de ces récits. L'émotion du cœur et l'émotion littéraire s'y rejoignent. Treize moments de bouleversement ou de retour à la lumière. Les textes disent "je" ou pas, sont parfois très courts, se passent ici ou en Afrique, terre chère à l'auteur.

Ainsi s'ouvre la première "histoire", intitulée "Souvenir de la lumière":
"C'est le 20 septembre 2013 qu'il fut donné à Ehlmann de vivre la scène qu'il me raconta la seule fois où je le vis, et dont il m'affirma d'emblée qu'elle avait changé sa vie - qu'elle allait la changer à jamais désormais, c'était du moins le serment qu'il se faisait à lui-même, qu'il venait de se faire, puisqu'elle s'était déroulée quelques jours à peine avant notre rencontre."
On entre ensuite dans la toute petite chambre des urgences pédiatriques, la 817, où Ehlmann et A., sa compagne, ont veillé leur enfant alors nourrisson pendant deux semaines. L'infirmière qui était présente et se rappelle de cette famille, la douleur d'un enfant, la présence de ses parents et leurs émotions, tout cela et la manière dont le narrateur a fait la connaissance d'Ehlmann, Sylvain Prudhomme nous le confie. Et il nous bouleverse.

Il y a aussi le grand-père qui ne veut pas admettre qu'il vieillit et que son petit-fils tente de protéger comme il le peut contre son inconscience. Les voisins qui exultent quand ils font l'amour à la grande inquiétude d'autres habitants du lieu. L'équipée au cimetière d'un quadragénaire et de ses parents, renversant le cours habituel des générations. Awa qui épluche des crevettes pour sa patronne en rêvant d'ouvrir son salon de beauté... Toutes ces "histoires" délicatement racontées, célèbrent l'humain, saisissent ses failles et ses façons de les combler. Qu'il est dur de refermer ces "Orages"!

Pour feuilleter en ligne le début du recueil "Les orages", c'est ici.


Palmarès de printemps

Les Académiciens Goncourt, réunis ce mardi 4 mai par visioconférence, annoncent les lauréates et lauréats des Goncourt de printemps 2021.

Goncourt du premier roman
Emilienne Malfatto, "Que sur toi se lamente le Tigre" (Elyzad)
préférée à 
Abigail Assor, "Aussi riche que le roi" (Gallimard)
Olivier Hercend, "Zita" (Albin Michel)
Dimitri Rouchon-Borie, "Le Démon de la colline aux loups" (Le Tripode, lire ici)
Goncourt de la nouvelle
Shmuel T. Meyer, "Et la guerre est finie" (Metropolis)
préféré à
Sylvain Prudhomme, "Les orages" (L'arbalète Gallimard)
Cyril Roger-Lacan, "Derniers jours" (Grasset)
David Thomas, "Seul entouré de chiens qui mordent" (L'Olivier)
Goncourt de la biographie Edmonde Charles-Roux
Pauline Dreyfus, "Paul Morand" (Gallimard)
préférée à
Marianne Alphant, "César et toi" (P.O.L)
José Alvarez, "Helmut & June, portraits croisés" (Grasset)
Olivier Mony, "Louis Jouvet "(Folio inédit)
Thomas Sertillanges, "Edmond Rostand, les couleurs du panache" (Atlantica)
Goncourt de la poésie Robert Sabatier
Le grand poète Jacques Roubaud, mathématicien, écrivain, essayiste, membre de l'OULIPO, qui aime à se définir comme un "compositeur de mathématiques et de poésie" est couronné pour l'ensemble de son œuvre (publiée chez de nombreux éditeurs).


Découvrir Taiwan par ses écrivains actuels

Taipei.

Aujourd'hui, on part à l'île de Taiwan, qui portait précédemment le nom de Formose, à cause de marins portugais qui l'avaient repérée au XVIe siècle et dénommée "Ilha Formosa", soit "belle île" en portugais. Sans pour autant la coloniser.

Notre moyen de transport en ces temps où les voyages sont toujours incertains? Le fort bon recueil de nouvelles "Formosana" dues à neuf auteurs, trois femmes et six hommes, et quasiment autant de traducteurs (lire plus bas), le huitième à paraître dans la collection "Taiwan Fiction" de L'Asiathèque. Créée en 2015, cette collection présente des œuvres littéraires d'auteurs taïwanais contemporains qui abordent avec une écriture originale les questions cruciales de notre temps. Et "Formosana" répond parfaitement au contrat fixé.

L'Asiathèque, quant à elle, fut d'abord une librairie, fondée en 1973 par Alain et Christiane Thiollier. Quasi tout de suite s'y est développé un département d'édition, aujourd'hui assumé par Philippe Thiollier, le fils des fondateurs. Maison d'édition indépendante, L'Asiathèque est basée sur les deux piliers "Littérature et connaissance" et "Langues". Elle part de l'idée que l'apprentissage des langues du monde va de pair avec la connaissance des cultures et la découverte des littératures contemporaines du monde, pas seulement celles de l'Asie. 

"Formosana" est un tapis rouge idéal pour aborder de façon littéraire ce pays dont la voix se fait maintenant régulièrement entendre dans le brouhaha du monde. Pas de panique si on ne connaît rien à Taiwan. La préface de Stéphane Corcuff nous donne quelques clés: "La littérature comme outil d'analyse politique". Elle est suivie d'une "chronologie de Taiwan" par Gwennaël Gaffric, bien précieuse pour apprécier les différentes nouvelles. Si les neuf textes de l'anthologie ont tous été écrits après 1987, ils abordent tous des facettes de l'histoire et de la société taiwanaise, offrant au lecteur un éventail de genres littéraires en un seul recueil. D'autant que les nombreuses notes des traducteurs lui expliquent ce à côté de quoi il pourrait passer.

Les neuf nouvelles

"C'est la faute de la statue" de Walis Nokan (H), traduit par Coraline Jortay. Une entrée en matière fulgurante avec ces deux enfants autochtones Atayal qui n'ont pas salué la statue de Chiang Kai-shek à leur école primaire et sont dénoncés par un agent d'entretien déloyal et en mal de reconnaissance.

"Libellule rouge" de Lay Chih-ying (F), traduit par Damien Ligot. Autre secousse littéraire avec cet  étudiant en médecine qui dissèque le cadavre de son cousin et s'adresse à lui tout du long de la séance en lui expliquant ce qu'il fait avec son scalpel et tout ce que ces gestes lui rappellent.

"Fleurs dans la fumée" de Yang Chao (H), traduit par Stéphane Corcuff. La rencontre de deux chagrins dus à l'Histoire et de deux générations, celle d'un Continental qui a perdu son épouse dans les émeutes de 1947 et d'une jeune Taïwanaise dont le père a disparu lors de la Terreur blanche et qui ne peut faire autre chose que résister au pouvoir autoritaire.

"Mon frère le déserteur" de Wuhe (H), traduit par Emmanuelle Péchenart. Une très très très longue nouvelle, un peu trop longue, que ce jeune homme qui évoque les désertions répétées de son conscrit de frère.

"1987, une fiction" de Lai Hsiang-yin (H), traduit par Matthieu Kolatte. Très beau texte mêlant la mort d'une élève, la participation d'une étudiante à un camp littéraire, un enseignant hors pair et un libraire activiste.

"Les Titi" de Chen Yu-hsuan (F), traduit par Emmanuelle Péchenart. La réalité des ouvrières dans les usines textiles, que certaines acceptent et d'autres pas.

"La nuit du repli" de Chou Fen-ling (F), traduit par Lucie Modde. Les générations se suivent à Taiwan et ne se comprennent pas nécessairement.

"Un cabiaï" de Huang Chong-kai (H), traduit par Lucie Modde. Voler un cabiaï, le plus grand rongeur au monde, aussi appelé cochon d'eau, au zoo n'est pas de tout repos. Sauf quand la Chine et Taiwan sont en guerre, occasionnant une panique dont le narrateur a profité pour commettre son larcin. Un animal qu'il élève en s'interrogeant sur la manière dont Taiwan risque de disparaître.

"L'homme aux yeux à facettes" de Wu Ming-yi (H), traduit par Gwennaël Gaffric. Nouvelle portant le même titre qu'un roman de l'auteur paru chez Stock, elle a certes des liens avec l'autre texte mais se lit indépendamment aussi. Passionné par les papillons au point d'y consacrer une thèse de doctorat, le narrateur fait la rencontre, dans un parc naturel, d'un jeune homme qui lui parle de voir le monde comme le fait un papillon!

Postface: "Démocratie made in Formose" par Gwennaël Gaffric.



lundi 3 mai 2021

Le festival Etonnants Voyageurs de Saint-Malo entend partir à la recherche du temps présent

"L'artiste devant la mer", Gustave Courbet.

"Cette peinture de Gustave Courbet est comme un salut fraternel au Moine au bord de la mer de Caspar David Friedrich. Comme s'il faisait dialoguer l'art romantique et l'art réaliste qui émerge.
Cette peinture est à la fois un au revoir apaisé et un salut joyeux. Un beau symbole nous a-t-il semblé pour souhaiter bon voyage à Michel Le Bris."
Mélani Le Bris


Comme annoncé (lire ici), le festival Etonnants Voyageurs de Saint-Malo a dévoilé son programme ce 3 mai. Ligne forte de la trente-et-unième édition: "A la recherche du temps présent"! Un premier festival sans Michel Le Bris, son fondateur, décédé le 30 janvier dernier.

Plus de cinquante auteurs et quelques cinéastes se rendront sur place pour cette édition entièrement numérique pour le public, des invités choisis selon les thématiques envisagées. Pas d'auteur étranger de passage en France comme d'habitude, mais on sait pourquoi. Un programme sans doute réduit mais pouvait-on imaginer une deuxième année sans le festival Etonnants Voyageurs? Poser la question est y répondre.

Un festival à voir gratuitement en direct de 10 à 19 heures durant le week-end de la Pentecôte, soit du 22 au 24 mai, sur les quatre chaînes en continu et simultanées du site du festival (ici) ou sur Youtube, ou en rediffusion ensuite sur la plateforme vimeo (ici) où se trouvent toutes les archives du festival.

Au programme

Les grandes rencontres
  • "Penser les temps présents", avec Pierre Cassou-Noguès, Bruno Latour et Étienne Klein.
  • "La littérature a-t-elle une couleur de peau, un genre, une classe sociale?", avec Dany Laferrière, Rachel Khan, Thomas C. Williams.
  • "Les pouvoirs de l'imagination", avec Rolland Lehoucq, Pierre Cassou-Noguès et Georges-Olivier Châteaureynaud.
  • "Humaine nature", avec Franck Bouysse, Serge Joncour et Mathias Énard.
  • "S'engager", avec Cédric Herrou, Cécile Curiol et Diane Meur.
  • "Nous sommes plus grands que nous, avec Simone Schwarz-Bart et Jean-Michel Le Boulanger.
  • "Les territoires de l'enfance", avec Franck Bouysse, Carole Martinez, Anna Moï.
  • "D'un nécessaire décentrement du regard", avec Romain Bertrand, Bruno Latour et Pascal Dibie.
  • "Emporté par le souffle", avec Céline Curiol, Mathias Énard et Georges-Olivier Châteaureynaud.
  • "L'aventure est l'essence de la fiction", avec Jean-Marie Blas de Roblès, Franck Bouysse et Romain Bertrand.

Les rencontres
  • "Poétique du vivant", avec Romain Bertrand, Seyhmus Dagtekin et Alexis Gloaguen.
  • "Pour une littérature voyageuse", avec Olivier Truc, Olivier Weber.
  • "La science-fiction pour dire les temps présents", avec Pierre Cassou-Noguès, Laurent Genefort et Roland Lehoucq.
  • "Redonner de l'espoir à notre futur", avec Catherine Dufour, Roland Lehoucq et Bruno Latour.
  • "Dune", de Frank Herbert, un roman-univers", avec Roland Lehoucq, Laurent Genefort et Catherine Dufour.
  • "D'ombre et de lumière", avec Judith Perrignon, Odéric Delachenal et Néhémy Pierre-Dahomey.
  • "La tête dans les étoiles", avec Trinh Xuan Thuan, et Étienne Klein.
  • "Migrations, notre humanité en question", avec Cédric Herrou, Stéphanie Coste et Marianne Chaud.
  • "Espèce fabulatrice", avec Nathalie Papin, Jean-Claude Mourlevat et Katerina Apostolopoulou.
  • "Pour une littérature-monde en français", avec Beata Umubyeyi Mairesse, Hubert Haddad et Anna Moï.

Les grands entretiens (45 minutes avec un seul écrivain)
Avec Mathias Énard, Colin Niel, Simone Schwarz-Bart, Franck Bouysse, Trinh Xuan Thuan, Céline Curiol, Rachel Khan.

Poésie
  • "Un poème est passé", avec Éric Sarner, Jérôme Crespel, Terez Bardaine.
  • "Exercice d'admiration", avec Yvon Le Men, Éric Sarner.

Programme complet ici.

Les invités

Sont actuellement annoncés, en littérature, jeunesse, science-fiction, poésie, BD, les auteurs suivants (actualisation ici):
  • Jean-Baptiste ANDREA, "Des diables et des saints" (L'Iconoclaste, 2021)
  • Katerina APOSTOLOPOULOU, "J'ai vu Sisyphe heureux" (Bruno Doucey, 2020)
  • Abigail ASSOR, "Aussi riche que le roi" (Gallimard, 2021)
  • Terez BARDAINE, Marins - Yannick Hemeury, une vie pour la mer (Terre de Brume, 2011), Déchiffrée par les lettres (La rumeur libre, 2021)
  • Yahia BELASKRI, "Apulée 5 - Les droits humains" (Zulma Éditions, 2020)
  • Romain BERTRAND, "Qui a fait le tour de quoi ? L’affaire Magellan" (Verdier, 2020)
  • BESSORA, "Les orphelins" (JC Lattès, 2021)
  • Matthieu BLANCHIN, "Le voyage du Commodore Anson" (Futuropolis, 2021)
  • Jean-Marie BLAS DE ROBLÈS, "Ce qu'ici-bas nous sommes" (Zulma Éditions, 2020)
  • Jean-Sébastien BORDAS, "Les Naufragés de La Méduse" (Casterman BD, 2020)
  • Franck BOUYSSE, "Buveurs de vent" (Albin Michel, 2020)
  • Pierre CASSOU-NOGUÈS, "Virusland" (Éditions du Cerf, 2020), "Technofictions" (Éditions du Cerf, 2019)
  • Sorj CHALANDON, "Une Joie féroce" (Grasset, 2019)
  • Georges-Olivier CHÂTEAUREYNAUD, "A cause de l'éternité" (Grasset, 2021)
  • Marianne CHAUD, "L'Aventure" (Un thé dans la neige/2020/75)
  • Sylvain COHER, "Vaincre à Rome" (Actes Sud, 2019)
  • Velibor COLIC, "Le livre des départs" (Gallimard, 2020)
  • Élisabeth COMBRES, "La mémoire trouée" (Gallimard Jeunesse, 2007), Henry David Thoreau (Gallimard Jeunesse, 2021), "Écologie : 40 militants engagés pour la planète" (Gallimard Jeunesse, 2019)
  • Stéphanie COSTE, "Le passeur" (Gallimard, 2021)
  • René COUANAU, "Fragments d'histoire(s), c’était hier à Saint-Malo" (Autoédition, 2021)
  • Jérôme CRESPEL, "Un poème est passé" (La rumeur libre, 2021)
  • Céline CURIOL, "Les lois de l'ascension" (Actes Sud, 2021)
  • Seyhmus DAGTEKIN, "De la bête et de la nuit" (Le Castor Astral, 2021)
  • Louis-Philippe DALEMBERT, "Cantique du balbutiement" (Bruno Doucey, 2020), "Ces îles de plein sel et autres poèmes" (Éditions Points, 2021)
  • Odéric DELACHENAL, "Fissuré" (Anne-Marie Métailié, 2021)
  • Pascal DIBIE, "Ethnologie du bureau" (Anne-Marie Métailié, 2020)
  • Catherine DUFOUR, "Au bal des absents" (Seuil, 2020), "Anthologie: Nos futurs" (ActuSF, 2020), "L'arithmétique terrible de la misère" (Le Bélial’, 2020)
  • Alain DUGRAND, "Conrad: La vie à la mer" (La Table Ronde, 2014)
  • Mathias Énard, "Le banquet annuel de la confrérie des fossoyeurs" (Actes Sud, 2020)
  • Vincent FROISSARD, "Le livre des merveilles: La Vie et les voyages de Marco" (Soleil, 2021)
  • Laurent GENEFORT, "Les peaux épaisses" (Les Humanoïdes Associés, 2021), "Les Chasseurs de sève" (Critic, 2019), "Anthologie: Nos futurs" (ActuSF, 2020)
  • Alexis GLOAGUEN, "Rues de mercure" (Diabase Éditions, 2020), "Écrits de nature - Tome 3, Atlantique Nord" (Lettres nouvelles Maurice Nadeau, 2020)
  • Hubert HADDAD, "La Sirène d'Isé" (Zulma Éditions, 2021)
  • Cédric HERROU, "Change ton monde" (Les liens qui libèrent, 2020)
  • Christine JORDIS, "Prudence et passion" (Albin Michel, 2020)
  • Serge JONCOUR, "Nature humaine" (Flammarion, 2020)
  • Rachel KHAN, "Racée" (Les Éditions de l'Observatoire, 2021)
  • Étienne KLEIN, "Psychisme ascensionnel" (Arthaud, 2020), "dées de génies - 33 qui ont bousculé la physique" (Flammarion, 2021), "La physique selon Étienne Klein" (Flammarion, 2021)
  • Dany LAFERRIÈRE, "Tout ce qu’on ne te dira pas, Mongo "(Mémoire d’Encrier, 2020)
  • Bruno LATOUR, "Où suis-je?" (La Découverte, 2021)
  • Jean-Michel LE BOULANGER, "Des printemps en Bretagne" (Goater, 2019)
  • Yvon LE MEN, "La Baie vitrée" (Bruno Doucey, 2021)
  • Perrine LE QUERREC," Feux" (Bruno Doucey, 2021)
  • Roland LEHOUCQ," Dune - exploration scientifique et culturelle d’une planète-univers" (Le Bélial’, 2020), "Pourquoi le Soleil brille" (HumenSciences, 2020), "Anthologie: Nos futurs" (ActuSF, 2020)
  • Carole MARTINEZ, "Les roses fauves" (Gallimard, 2020)
  • Diane MEUR, "Sous le ciel des hommes" (Sabine Wespieser Éditeur, 2020)
  • Nicolas MICHEL, "Le chant noir des baleines" (Talents Hauts, 2018)
  • Anna MOÏ, "Douze palais de mémoire" (Gallimard, 2020)
  • Christel MOUCHARD, "La princesse africaine: sur la route de Zimbaboué" (Flammarion Jeunesse, 2006)
  • Jean-Claude MOURLEVAT, "Jefferson" (Gallimard Jeunesse, 2018)
  • Colin NIEL, "Entre fauves" (Éditions du Rouergue, 2020), "La Guyane du capitaine Anato" (Éd. du Rouergue, 2019)
  • Nathalie PAPIN, "Quand j'aurai mille et un ans" (L’École des Loisirs, 2018)
  • Judith PERRIGNON, "Là où nous dansions" (Rivages, 2021)
  • PHICIL, "Le Grand Voyage de Rameau" (Soleil, 2020)
  • Néhémy PIERRE-DAHOMEY, "Combats" (Seuil, 2021)
  • Yves PINGUILLY, "Le ballon d'or" (Rageot Éditeur, 2006), "Paris sur un cheval gris" (Oskar Éditions, 2019)
  • Thierry RÉNARD, "Le désir: Aux couleurs du poème" (Bruno Doucey, 2021)
  • Éric SARNER, "Sugar suivi de Cœur chronique et de Petit carnet de silence" (Gallimard, 2021)
  • Mohamed Mbougar SARR, "De purs hommes" (Philippe Rey, 2018)
  • Simone SCHWARZ-BART, "Nous n'avons pas vu passer les jours" (Grasset, 2019)
  • Fabienne SWIATLY, "Elles sont au service" (Bruno Doucey, 2020)
  • Sami TCHAK, "Les Fables du Moineau" (Gallimard, 2020)
  • Thuan TRINH XUAN, "Vertige du cosmos" (Flammarion, 2019), "Mondes d'ailleurs" (Plon, 2021)
  • Olivier TRUC, "Les chiens de Pasvik" (Anne-Marie Métailié, 2021)
  • Beata UMUBYEYI MAIRESSE, "Tous tes enfants dispersé"s (Autrement, 2019)
  • Olivier WEBER, "L'arrière-pays" (Calmann-Lévy, 2020), "Au royaume de la lumière" (Plon, 2021), "Si je t'oublie Kurdistan" (L'Aube, 2020)
  • Thomas C. WILLIAMS, "Autoportrait en noir et blanc" (Grasset, 2021)






vendredi 30 avril 2021

Un bijou d'album jeunesse qui parle de l'amour

Les pages de garde avant. (c) Rouergue Jeunesse.


Grandes fleurs stylisées en pages de garde avant, évoquant le design finlandais Marimekko en vogue dans les années 60 et 70, les couleurs en moins, l'album "Mon cœur est un petit moteur qui démarre avec de l'amour" d'Alex Cousseau au texte et Charles Dutertre aux illustrations (Rouergue Jeunesse, 32 pages) est une pépite à côté de laquelle il serait dommage de passer. Un petit format, un titre un brin énigmatique, une couverture stylisée au premier regard. C'est pas gagner. Il faut y plonger les yeux, se laisser capter par le regard du personnage qui vous fixe derrière sa tignasse sombre.

En réalité, cet album est une merveille de douceur et d'originalité sur un sujet     abordé depuis la nuit des temps, l'amour. A hauteur d'enfant tant dans le texte imaginatif et poétique que dans les illustrations colorées savamment composées, stylisées ici, expressives là. Plein de joie communicative. Plein de vie. Soigné avec son papier mat, sa mise en page élégante où la couleur du texte d'une page répond à celle de l'image en face. Une exquise célébration des sentiments sous forme poétique. Peut-être même philosophique.



Les trois premières doubles pages. (c) Rouergue Jeunesse.

Le livre se présente comme un traité d'anatomie: "mes yeux...", "mon corps...", "mes bras...". On suit le personnage dans ses explorations et ses observations. Son corps qui "est comme une maison avec une seule personne dedans". Sa bouche dont l'ombre abrite "des mots et des secrets". Sa tête où sont rangés souvenirs, rêves, peurs, larmes et sourires. Dans ce qui n'est évidemment pas qu'un traité d'anatomie, toutes les parties du corps sont visitées et rapprochées d'une action ou d'une émotion. Jusqu'à ce que surgisse la question du comment. Le petit ventre qu'on remplit tous les jours, bien entendu, mais lui seul est insuffisant. Car c'est évidemment dans la poitrine que tout se passe. Là où se trouve le cœur, sensible aux mots doux et aux bisous, celui qui fait que le corps n'est pas une maison triste. Toutes ces découvertes mènent aux pages de garde arrière, identiques aux premières mais pleines de couleurs, elles, car le héros y apparaît accompagné. Revient alors le titre en magnifique ponctuation de la scène: "Mon cœur est un petit moteur qui démarre avec de l'amour". Pour tous à partir de 4 ans.