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vendredi 24 février 2017

Splitch, splatch, pour contenter un monstre

Il y a des avantages à être, comme Colin Boyd, le beau-fils du célèbre auteur-illustrateur britannique Tony Ross. Celui, par exemple, de publier un premier album inspiré par l'heure du bain de son jeune fils et illustré par Beau-Papa: "Le Monstre du Bain" (pas de mention de traducteur, Seuil Jeunesse, 32 pages). Un ouvrage sympathique, qui ne révolutionne pas le genre, mais permet de se régaler des images de l'ami Tony.

"T'es-tu déjà demandé où allait l'eau sale de ton bain?", commence le texte, posé au-dessus du dessin d'une mère à longs cheveux blonds essuyant son gamin tête en bas. Le rouquin se prénomme Jackson et partage son goût pour "le désordre et la saleté" avec son meilleur ami, le nommé Dexter. On voit le duo à l'action et ce n'est vraiment pas triste, surtout leurs séances de foot dans la boue...

"Non mais regarde-toi! Va te laver immédiatement ou le Monstre du Bain va venir te chercher" est la phrase que Maman répète chaque soir à Jackson. Un monstre bien connu qui a comme second plat préféré l'eau sale de la baignoire... D'ailleurs les glouglous qu'on entend quand l'eau s'en va ne sont que les bruits d'aspiration du Monstre équipé d'une paille spéciale!

Le Monstre du Bain a une paille spéciale, très sonore. (c) Seuil Jeunesse.

En grandissant, le gamin finit par se demander si le Monstre du Bain existe vraiment. Si cela ne l'empêche pas de rentrer encore plus crotté que d'habitude après ses jeux avec son pote, il refuse de se laver. Ce qui, évidemment, ne convient pas du tout au Monstre tapi sous le plancher de la salle de bain qui, faute d'eau sale, va devoir se rabattre sur son plat préféré pour se nourrir...

Le Monstre du Bain existe-t-il ou pas? (c) Seuil Jeunesse.

Un suspense final bien amusant pour cette histoire complètement à hauteur de jeune enfant et superbement illustrée par le grand Tony Ross qui sait soigner les détails. Dès 3 ou 4 ans.


Et aussi

Sur des sujets analogues, mystères de la baignoire ou jeux de boue, on avait déjà eu l'excellent l'album "Veux-tu sortir du bain, Marcelle!" du génial John Burningham (traduit de l'anglais par Catherine Deloraine, Père Castor/Flammarion, 1978, épuisé), où le sérieux monologue maternel s'oppose aux rêves de la jeune héroïne, qui file par la bonde à la conquête d'autres mondes - à propos de John Burningham, lire ici.

Près de quarante ans plus tard, "Le bain d'Abel" d'Audrey Poussier (l'école des loisirs, 2014) emprunte la même idée d'évasion par la bonde pour savoir où va l'eau sale.

Plus près de nous, "La flaque" de May Angeli (Editions des Eléphants, lire ici) célèbre les joies des jeux dans la boue avant le bain final.


jeudi 23 février 2017

Cent auteurs au Passa Porta Festival 2017


L'inconvénient d'un événement bisannuel est qu'on le regrette l'année où il n'a pas lieu. L'avantage d'un événement bisannuel est qu'on se réjouit vraiment de pouvoir y participer l'année où il est organisé.
C'est précisément le cas du Passa Porta Festival, dont la sixième édition se tiendra du 24 au 26 mars à Bruxelles. Plus de cent auteurs feront le déplacement, et pas des moindres. Des stars comme Paul Auster (le vendredi soir en ouverture) et Annie Ernaux (en clôture le dimanche). Des valeurs sûres comme Lionel Shriver, Herman Koch, Maylis de Kerangal, Marcus Malte ou Sofi Oksanen. Des Belges des deux côtés de la frontière linguistique comme Nathalie Skowronek ou Dimitri Verhulst. De nouvelles voix littéraires à découvrir. Et tous ceux qui vous attendent sur le site dédié au Festival. Autant de belles surprises!

Plus de cent rencontres programmées en dix-neuf lieux rempliront le calendrier festivalier, rendant des milliers de lecteurs heureux.

Le rendez-vous incontournable des amoureux de la littérature se situe dans la continuité des précédents pour la qualité des événements programmés. Festival aussi bien international (17 nationalités) que plurilingue (français, néerlandais, anglais, espagnol, norvégien, finnois), bruxellois et lié à l'actualité. Il innove aussi. Principalement, en étendant le traditionnel parcours littéraire à deux jours, le samedi et le dimanche. Egalement en proposant douer duos inédits entre artistes pluridisciplinaires, "Duality" (samedi soir).

Comment organiser les rencontres autours des livres de la centaine d'auteurs invités? En choisissant des fils rouges reliant leurs ouvrages: dépassement des peurs et prise de risques, sortie des sentiers battus, dialogue, auteurs féminins, auteurs européens, poésie, lecture...


En attendant le 24 mars


Un "prélude" autour de la formidable auteure norvégienne Erika Fatland se décline en trois temps: hier à Bruxelles (lire en fin de note), ce soir à Anvers et demain soir (24 février) à Liège.

Le label #ppf2017reader a été créé pour repérer différentes activités encadrées par des auteurs belges qui se dérouleront dans plusieurs librairies indépendantes de tout le pays autour de six auteurs du festival, Lionel Shriver, Almudena Grandes, Sofi Oksanen, Negar Djavadi, Patrick Declerck, P.F. Thomése. Dix bibliothèques bruxelloises ont préparé des tables destinées aux livres des auteurs du festival. Ce hashtag permet de rassembler les initiatives en rapport avec le Festival à venir.

Sans oublier ce qui se réalise dans le cadre des Brussels Book Days (lire ici).


Le sixième Passa Porta Festival


Les soirées

Vendredi 24

Paul Auster (c) Lotte Hansen.
Paul Auster évoquera son œuvre et son dernier roman "4 3 2 1", un pavé de plus de 900 pages sorti le 31 janvier aux Etats-Unis et non encore traduit en français. Attendu depuis sept ans, ce roman raconte l'histoire de quatre Archibald Isaac partageant le même ADN mais menant des vies parallèles et totalement différentes.
Flagey, 20h15, interview par Annelies Beck, en anglais.



Samedi 25

Négar Djavadi (c) Matsas-Opale-Levi.
"Duality" ou une soirée placée sous le signe du chiffre 2. Négar Djavadi & Eve Bonfanti, Gerard Herman & Milan Warmoeskerken, Joy (Gioia Kayaga) & Milady Renoir, Dorthe Nors & Randall Casaer, Jeroen Olyslaegers & Scale, Halfdan Pisket & Aura Xilonen, Peter Verhelst & Wide Vercnocke, Dimitri Verhulst & Peter Vandenberghe, Jean-Baptiste Del Amo & Olivier Cornil, entre autres, investiront le bâtiment pour créer: duos d'écrivains, poètes, slameurs et illustrateurs avec d'autres artistes. A partir de 22h30, cap sur la piste de danse, en version littéraire.
Beursschouwburg, 20 heures, en français, néerlandais et anglais.


Et en rentrant, on passe à l'heure d'été (on avance sa montre d'une heure)!


Dimanche 26

Annie Ernaux. (c) C. Hélie-Gallimard.
Annie Ernaux, figure majeure de la littérature française contemporaine, répondra aux questions d'Ysaline Parisis. La rencontre sera précédée d'une lecture de textes de l'auteure par la comédienne belge Virginie Efira.
Bozar, 18 heures, en français.




Connie Palmen. () I. Olhbaum.
Herman Koch. (c) M. Kohn.
En parallèle, les néerlandopho-nes pourront écouter Connie Palmen et Herman Koch, auteurs néerlandais renommés et traduits en français, la première chez Actes Sud, le second chez Belfond, discuter avec Ruth Joos.
KVS, 18 heures, en néerlandais.


Le parcours

Je répète, cette année, le parcours se déroule sur les journées du samedi et du dimanche (avec passage à l'heure d'été entre les deux, soit avancer sa montre d'une heure).

A chacun de picorer selon ses envies, tout est clair sur le site (www.passafestival.be), organisé par lieux, catégories et auteurs. De se faire son parcours, en choisissant entre conférence, débat, lecture, installation, joute de traduction, club de lecture en présence ou non de l'auteur, dédicace, installation, poésie (dont la Rimbaudmobile), illustration, musique, promenade, visite guidée, petit déjeuner, sans oublier le programme Kids. Les infos pratiques et les réservations en ligne se font sur le même site.

Plus près de l'événement, je me ferai mon petit parcours, que je vous communiquerai.



📚 Dans l'intervalle


Avant tout cela, je me réjouis de lire "Soviétistan, un voyage en Asie centrale" d'Erika Fatland (traduit du norvégien par Alex Fouillet, Gaïa, 512 pages, février 2016). La rencontre de la romancière avec des hommes et des femmes du ­Turkménistan, du Kazakhstan, du Tadjikistan, ­du Kirghizistan et de l'Ouzbékistan.
Le début du livre peut se lire ici.
Et début avril, on aura la traduction française de son roman pour enfants, "La guerre des enfants" (Gaïa), qu'elle a mis six ans à écrire.


Erika Fatland. (c) Reineord.

Erika Fatland a réjoui mercredi soir le public bruxellois lors du "Prélude" au Passa Festival 2017! Mince alors! A 33 ans à peine, la Norvégienne peut exhiber un passeport de vieux baroudeur. Anciennes républiques soviétiques, Corée du Nord, Chine, du lourd par rapport à son voyage post études universitaires au Guatemala. Partout, elle a voulu rencontrer les gens, communiquer avec eux. Et elle a fait de ces rencontres, consignées dans les pages d'un journal quotidien, des livres très travaillés. C'est que l'anthropologue de formation, se considère davantage comme un écrivain. Et quel écrivain que celle qui a suivi son rêve d'enfant!

Lu en norvégien, avec projection simultanée des traductions en français, néerlandais et anglais, son formidable discours d'ouverture du festival, "Les confessions d'une écrivain voyageuse", était un régal d'humour et de réflexions sur le monde, sa pratique d'auteur, ses rencontres... Un semblant de zig-zag autour du fil rouge des frontières visibles et invisibles pour mieux embrasser tous les sujets qui touchent ou fâchent. Faire sourire le public par une anecdote avec un garde-frontière tout en le conscientisant par une autre au monde d'hier, d'aujourd'hui et de demain.

Pour le moment, Erika Fatland écrit de la "non fiction" comme on dit en anglais, ce qui implique pour elle que tout ce qu'elle écrit doit être vrai. Seule concession, elle modifie les noms des intervenants pour les protéger des régimes autoritaires de leurs pays. Mais elle rêve d'écrire un roman.

Elle a publiés deux livres sur le terrorisme, non traduits, l'un sur l'attaque terroriste qui ­frappa une école de Beslan (Nord-Caucase) en 2004, où elle s'est rendue plusieurs fois plusieurs années après les faits afin d'interroger les témoins de cette tragédie. L'autre sur les attaques terroristes de 2011 en Norvège, dont la tuerie d'Utoya. Et ce "Soviétistan" qu'il me tarde de découvrir. Autant de sujets difficiles dont la qualification la fait sourire.

En attendant le texte complet de son discours d'ouverture, en voici le début (traduction française d'Alex Fouillet).

"L'organisatrice a eu l'amabilité de me faire parvenir une liste des auteurs qui m'ont précédée pour ce discours d'ouverture, et comme si ça ne suffisait pas, elle m'a aussi envoyé une copie de leurs allocutions. C'est donc en proie à des sentiments mêlés que je m'adresse à vous aujourd'hui. En premier lieu parce que je devine les silhouettes des géants qui ont eu cette responsabilité avant moi. Oui, l'année dernière, il s'agissait d'un lauréat du Prix Nobel, ai-je appris. En second lieu, parce que je ressens le poids des années. Mon mari, écrivain lui aussi, est nettement plus âgé que moi. Quand nous avons fait connaissance, il y a un peu plus de dix ans, il venait d'entrer dans l'âge où on commence à être sollicité pour des ouvertures - festivals musicaux, expositions artistiques, ce genre de choses. Rien n'indique plus certainement qu'on a intégré pour de bon les rangs des adultes, oui, qu'on approche imperceptiblement de ceux des gens entre deux âges, que la jeunesse est sans conteste une époque révolue, que d'être invitée à ouvrir - par exemple - un festival de littérature en Belgique!

Les gens ont des pieds, pas des racines. Cette affirmation figure sur la première page d'une introduction à l'anthropologie sociale. C'est l'un des éléments les plus importants de cette matière - et de l'histoire de l'humanité. Il y a environ 80.000 ans, des gens ont traversé la mer Rouge, depuis l'Afrique et jusqu'au Yémen actuel. Ils ont poursuivi vers l’Asie centrale et l’Himalaya, avant de peupler l'Europe il y a à peu près 40.000 ans. Pendant cette période, leur culture et leur langue se sont modifiées à de nombreuses reprises.
Depuis, nous avons poursuivi, élargi et amélioré nos irrépressibles déplacements.
Aujourd'hui, nous n'allons plus à pied, nous nous glissons dans un siège étroit pour nous laisser porter dans les airs, à dix mille mètres du sol, enfermés dans de minces tubes d'aluminium. En Europe du Nord, nous voyageons tant et si souvent que nos cartes bancaires attrapent des ampoules, et si l'on fait abstraction  du bilan carbone, qui peut nous le reprocher? Ce n'est pas un hasard si 90 % des touristes qui viennent à Oslo le font en été. (...)"

































lundi 20 février 2017

Les dix finalistes du Prix Prem1ère 2017


Depuis 2006, le Prix Prem1ère distingue chaque année un premier roman francophone, publié entre les rentrées littéraires de septembre et février. Le livre est choisi par un jury de dix lecteurs parmi une sélection de dix premiers romans proposés par un comité de présélection, constitué de libraires et de journalistes.

Il faut bien reconnaître que si le lauréat, la plupart du temps excellent, déboule dans le public, les autres neuf finalistes en demeurent souvent inconnus. Normal, ce sont des premiers romans. Mais ce ne sera plus le cas cette année! Les dix finalistes 2017 seront présentés par le président du jury du Prix Prem1ère, Laurent Dehossay, du 20 février au 3 mars, en radio (10h50 dans "Entrez sans frapper"), en télévision (20h25, La Trois ) et sur RTBF Auvio (réécoute).

Le Prix Premi1ère 2017 (5.000 €) sera remis par Jean-Paul Philippot, administrateur général de la RTBF, le jeudi 9 mars 2017 à 12h30, à la Foire du Livre de Bruxelles. Il sera annoncé en radio le même jour à 13h30, dans une émission spéciale présentée par Laurent Dehossay.

Les dix romans finalistes

"Désorientale"
Négar Djavadi
Liana Levi

Une quête d’identité dans l'Iran des années septante et la France d'aujourd'hui. Un portrait de famille flamboyant entre la force des traditions et une saine émancipation.

Diffusion le lundi 20/2.


"Monsieur Origami"
Jean-Marc Ceci
Gallimard
lire ici

Un voyage au cœur de l'essentiel. Fragilité et profondeur des choses. Un vieux sage aux allures d'ermite nous emmène dans un rêve éveillé aux sons que fait l'art de plier les papiers.

Diffusion le mardi 21/2.


"Petit Pays"
Gaël Faye
Grasset

Le quotidien d'un gamin de dix ans au cœur d'un Burundi plongé dans la violence de la guerre. Entre les 400 coups de l'enfance et la peur qui s'installe dans les ventres avant l'exil.

Diffusion le mercredi 22/2.


"Je vais m'y mettre"
Florent Oiseau
Allary Editions

Un anti-héros plongé dans une humanité qui se décompose en fanfaronnant. Entre chômage et désert sentimental, les aventures d'un pied nickelé cynique mais pas désespéré.

Diffusion le jeudi 23/2.


"Le Garçon, 
scènes de la vie provinciale"
Olivia Resenterra
Serge Safran Editeur

L'intrusion d'un jeune étranger et c'est toute la relation exclusive entre une mère et sa fille qui se décompose. Les petits riens de la vie créent le mystère de ce huis-clos oppressant avec le naufrage de la vieillesse pour toile de fond.

Diffusion le vendredi 21/2.



"La Correction" 
Elodie Llorca
Rivages

Une seule lettre change et tout est déréglé. Le narrateur l'apprend à ses dépens et tente de recoller les morceaux de sa vie. Une fable sur les curieux chemins de l'inconscient et les pièges du langage.

Diffusion le lundi 27/2.


"Rapatriés"
Néhémy Pierre-Dahomey
Seuil

Subtile et vive exploration de l'exil. Extérieur et intérieur. Hommage lumineux à la force des femmes à travers le portrait d'une Haïtienne et de ses filles. Entre la puissance de l'amour et l'énergie du désespoir.

Diffusion le mardi 28/2.


"Les contes défaits"
Oscar Lalo
Belfond
lire ici

La vie d'une colonie de vacances où des enfants sont confrontés à la cruauté des adules. Un petit garçon abusé va tenter de se reconstruire et tenter de traverser le silence avant la résilience.

Diffusion le mercredi 1/3.


"Celui-là est mon frère"
Marie Barthelet
Buchet-Chastel

Un conte qui nous plonge dans un pays imaginaire au moment des retrouvailles de deux frères devenus ennemis. Ils vont se jouer la comédie du pouvoir au risque de provoquer le chaos. Les liens du souvenir et du sang parviendront-ils à vaincre la haine?

Diffusion le jeudi 2/3.


"Kurt"
Laurent-David Samama
Plon

Exofiction d'une icône grunge. Portrait sensible et désordonné du leader de Nirvana: Kurt Cobain. Entre autodestruction contrôlée et regard lucide sur une Amérique gonflée d'orgueil, le héros filme sa fin programmée.

Diffusion le vendredi 3/3.


Verdict le 9 mars.




samedi 18 février 2017

Deux romancières du XIXe à Bruxelles...

Une des dix cartes postales proposées par les Brussels Book Days.

En écho à une des dix cartes postales créées à l'occasion des premiers "Brussels Book Days" (lire ici), où on peut lire "Au 19e siècle, deux célèbres romancières anglaises sont venues apprendre le français dans une institution pour jeunes filles située rue Baron Horta. De qui s'agit-il?", je propose de lire ou de relire l'excellent roman de Sheila Kohler, "Quand j'étais Jane Eyre" (traduit de l'anglais par Michèle Hechter, Quai Voltaire/La Table Ronde, 2012, 10/18, 2013). Lire ici.
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vendredi 17 février 2017

"Brussels Book Days", clap 1


Prenons le calendrier du mois de mars 2017.
Qu'y voit-on annoncé?
Du 9 au 13 mars, la Foire du Livre.
Du 24 au 26 mars, le Passa Porta Festival.
Et entre les deux?
Entre les deux, il n'y avait rien jusqu'à ce que surgisse l'idée des "Brussels Book Days", dont la première édition aura lieu du 6 au 26 mars, à l'initiative de Passa Porta et de la Foire du Livre, avec le soutien de la Promotion de Bruxelles (FWB). Une manière originale de relier les deux événements littéraires initiaux. Le slogan? "Bruxelles, là où il fait bon lire", décliné aussi en néerlandais et en anglais.



L'idée est de rassembler pendant un mois un maximum d'acteurs de la vie littéraire bruxelloise afin de révéler la carte de visite littéraire de Bruxelles.
Durant l'opération, du 6 au 26 mars donc, au moins une activité littéraire sera proposée chaque jour à Bruxelles.
Les rendez-vous (rencontres, ateliers, lectures, expositions…) tout au long de ce mois figurent dans la rubrique "agenda" du site www.brusselsbookdays.be.

Sur la même plateforme, la rubrique "intra muros" répertorie quelque 80 lieux littéraires de Bruxelles et sa région (librairies, bibliothèques, musées, associations, etc.).

A signaler encore, les dix cartes postales placées en dix lieux (Passa Porta bookshop, Foire du livre de Bruxelles, Centre belge de la bande dessinée, librairie Filigranes, La Maison du livre, Les Midis de la poésie, bibliothèque Muntpunt, librairie Piola Libri, librairie Tropismes, Le Wolf) qui racontent dix points de l'histoire littéraire de la ville. Chaque carte présente un quartier et une question sur un écrivain vivant ou ayant séjourné à Bruxelles (réponse au verso). Une façon ludique de tester ses connaissances.

Une des cartes postales.


Enfin, un plan littéraire de Bruxelles a été imprimé, situant 40 lieux représentatifs de la diversité littéraire bruxelloise. Il est disponible dans de nombreux lieux touristiques et littéraires de Bruxelles.


Le plan littéraire.



"Partir" de Damas et Vielle à la Maison Autrique

Lampedusa. (c) Geneviève Damas.

Ceux qui étaient aux Midis de la poésie le 15 mars dernier n'ont pas oublié la remarquable lecture "Partir", présentée par les comédiennes et écrivaines Geneviève Damas et Laurence Vielle, accompagnées à l'accordéon par Didier Laloy (lire ici).

Ceux qui étaient aux Midis de la poésie le 15 mars dernier ont tous souhaité que "Partir" ne soit pas une représentation unique (lire ici).

Ceux qui n'étaient pas aux Midis de la poésie le 15 mars dernier, et ceux qui souhaitent le revoir, ont l'occasion d'assister à une nouvelle représentation de l'interpellant "Partir" le lundi 20 février  à 20h15 à la Maison Autrique, dans le cycle des soirées littéraires "Portées-Portraits".


Laurence Vielle.
Geneviève Damas.
"Partir" fait entendre dans une variation à deux voix, l'une rapide et rauque, l'autre plus douce et constante, celles de migrants rencontrés dans la vraie vie, en France, en Italie et en Belgique. Des hommes et des femmes qui ont quitté un pays de souffrance dans l'espoir d'une vie meilleure. Photos, poésie, textes, chansons, autant de situations difficiles qu'adoucissent les notes musicales de Didier Laloy..

En pratique: verre offert à l'issue de la lecture, rencontre avec les deux auteures dès 19 heures à la Maison Autrique (chaussée de Haecht, 266, 1030 Bruxelles), 8 euros la place (avec visite de toute la maison), renseignements et réservation: 02/245.51.87 ou albertineasbl@gmail.com.





jeudi 16 février 2017

Promenade à Venise avec Sara et quelques chats

Dire le mot Venise, c'est penser carnaval, gondoles ou chats. Grâce à l'album pour enfants "Si les chats de Venise..." d'Edith de Cornulier-Lucinière et Sara (Le Genévrier, collection "Carte blanche", 40 pages), c'est aussi plein d'autres choses. Car la Sérénissime n'y apparaît pas que pour ses chats et son carnaval (du 18 au 28 février cette fois) sur fond de gondoles.

On en découvre des pans inconnus ou oubliés, grâce aux somptueux papiers déchirés de Sara qui se posent sur des textes brefs et attrayants dont on comprend bien qu'ils font allusion à des personnes ou à des situations en lien avec Venise au cours du temps.

Le pont des Tétons où se rassemblement les chats. (c) Le genévrier.

Dans ce superbe album à l'italienne dont les illustrations se déploient souvent sur double page, ce sont les chats qui racontent "les secrets oubliés de leur ville". Des événements ou des personnes qui frappent par leur yeux charbonneux. On suit les guides à quatre pattes, noirs comme le charbon, le long des canaux et sur les ponts, merveilleux ambassadeurs qui portent le passé de leurs ville et conduisent le lecteur vers le carnaval, le doge, l'ange, l'enfant du ghetto, le rabbin Léon, Casanova, le pont des  Soupirs, celui des Tétons, les reines de Venise, le peintre Giorgione, le préféré de Sara, le Campanile, la lagune... Autant de sujets effleurés qui sont expliqués dans un lexique final.

Le peintre Giogione et son modèle Laura. (c) Le Genévrier.

Le texte d'Edith de Cornulier-Lucinière propose une visite originale de la ville, attisant la curiosité. Il est puissamment interprété par les papiers déchirés  et collés de Sara, dépouillés et expressifs, d'une distinction et d'une exigence rares aujourd'hui. Les personnages et les décors sont esquissés, suggérés dans des papiers dont les tons disent merveilleusement la ville. Si on retrouve le noir, le gris et le blanc chers à Sara, l'artiste y ajoute des oranges et des ocres, pour mieux s'unir au safran, l'épice locale qui teinte les murs et les vêtements. Des pointes de bleu aussi, pour le ciel, les canaux ou les pieux où amarrer les gondoles. "Si les chats de Venise..." est un album rare à ne pas manquer. Pour tous, enfants et adultes.







lundi 13 février 2017

Les BolognaRagazzi Awards 2017

Sam Winston et Oliver Jeffers, vainqueurs en catégorie "Fiction".

Deux prix sur six et sept mentions sur dix-sept! La création et l'édition francophones (France, Belgique, Suisse, Québec) se portent plutôt bien.


Voilà donc les infos complètes à propos des #BRAW 2017, nouvelle appellation des BolognaRagazzi Awards, soit les estimées récompenses décernées à la Foire du livre pour enfants de Bologne.
Prix et mentions selon les différentes catégories: 1354 livres en provenance de 42 pays étaient en compétition pour la 52e édition de la "Feria" qui se tiendra du 3 au 6 avril.

Le jury pour les quatre premières catégories était composé de Marwa Obaid Rashid Al Aqroubi (présidenté de UAEBBY, Emirats arabes unis), Julia Eccleshare (critique en littérature de jeunesse, "The Guardian", Grande-Bretagne), Paula Jarrin (libraire spécialisée, Espagne), Guido Scarabottolo (illustrateur, Italie) et Tomáš Klepoch (illustrateur, Slovaquie). Des jurys spécifiques ont opéré dans les catégories Art et Books & Seeds


Fiction


Prix

"A Child 
of Books"
Sam Winston
Oliver Jeffers
Walker, 2016, UK


"L'enfant des livres"

traduit de l'anglais par Elisabeth Duval
Kaléidoscope
2016, 40 pages

Un plaidoyer pour l'imagination à travers tout ce qu'on trouve dans les livres de tous genres.


Mentions spéciales

"Un Jardín", Isidro Ferrer et  María José Ferrada, illustrations (A buen paso, Mataró, Espagne).

"Still Stuck", Shinsuke Yoshinsuke (Bronze Publishing, Japon).

"Jeg Rømmer (I'm Out of Here)", Mari Kanstad Johnsen (Gyldendal Norsk Forlag, Norvège).
Son premier album pour la jeunesse, "Nils, Barbie et le problème du pistolet", a été publié par Albin Michel Jeunesse.

"Teeth Hunters", Wonhee Jo (Iyagikot, Corée du Sud).


Non Fiction


Prix

"The Wolves of Currumpaw"
William Grill
Flying Eye Books, UK

La réécriture de l'épopée dramatique d'Ernest Thompson Eton (1898), où se confrontent l'homme et la nature au Nouveau Mexique. Par l'auteur du formidable album "Le voyage extraordinaire" (Casterman, 2014, lire ici), sur l'expédition d'Ernest Shackleton, titre pour lequel l'auteur-illustrateur britannique avait remporté l'an dernier à la même foire de Bologne une mention spéciale en catégorie documentaire.


Mentions spéciales

"Planète Migrants", Sophie Lamoureux et Amélie Fontaine (Actes Sud Junior, France).

"Les Mondes Invisibles des Animaux Microscopiques", Hélène Rajcak et Damien Laverdunt (Actes Sud Junior, France).

"Anatomie", Jean-Claude Druvert et Hélène Druvert (De La Martinière Jeunesse, France).

"Spellbound", Maree Coote (Melbournestyle Books, Australia).


New Horizons (prix dédié aux pays émergents)


Prix

"La mujer de la guarda"
Sara Bertrand
Alejandra Acosta
Babel, 2016, Colombie

L'histoire énigmatique d'une femme avec un œil sur la main, qui se déplace sur un cheval bleu et se rend là où on a besoin d'elle.




Mentions spéciales

"Cuéntame", Ana Palmero Cáceres (Ediciones Ekaré, Venezuela).

"El Camino de Marwan", Patricia de Arias et Laura Borràs (Editorial Amanuta, Chili).


Première œuvre


Prix

"The Museum of Me"
Emma Lewis
Tate, UK, 2016

En collages, le voyage d'une petite fille qui veut découvrir ce qui se trouve dans les musées, des antiquités aux œuvres contemporaines avant qu'elle ne rentre chez elle, pour parcourir son musée personnel, composé des objets qui comptent pour elle.


Mentions spéciales

"Max et Marcel", Alice Meteignier (Éditions MeMo, France).

"Contes au Carré", Loïc Gaume (Éditions Thierry Magnier, France).

"Les Farceurs",  Anne-Hélène Dubray (L'Agrume, France).


Art (livres publiés durant les 11 dernières années)


Prix


"Une berceuse en chiffons, 
la vie tissée de Louise Bourgeois"
Amy Novesky
Isabelle Arsenault
La Pastèque, 2016, Québec

Comment Louise Bourgeois est-elle devenue l'artiste mondialement reconnue qu'elle a été? Il faut déjà voir son enfance, puis les événements successifs de sa vie, ce que font les deux auteures avec inspiration.


Mentions spéciales

"Le Lutin des Arts", Chiara Carrer (La Joie de Lire, Suisse).

"Jak se dělá galerie (How to Make a Gallery)", Ondřej Chrobák, Rotislav Koryčánek, Martin Vaněk,  David Böhm et Jiří Franta (Moravská Galerie, République tchèque).

"The Gift", Page Tsou (Taipei Fine Arts Museum, Taiwan).

"Książka Do Zrobienia (The Book To Be Made)", Aleksandra Cieślak (Wydawnictwo Dwie Siostry, Pologne).


Books & Seeds (nouvelle catégorie)


Prix

"Un grand jardin"
Gilles Clément
Vincent Gracé
Cambourakis, 2016

Un très grand format, spectaculaire, qui permet au lecteur, guidé par un petit jardinier, de se promener mois par mois dans des jardins et d'y découvrir la nature ainsi que des textes poétiques.







dimanche 12 février 2017

L'artiste Dahlov Ipcar rêvait d'être centenaire

Dahlov Ipcar en 2015.

Née Zorach, Dahlov Ipcar aurait eu cent ans le 12 novembre 2017, et se réjouissait de fêter son centenaire. La peintre, illustratrice et auteure américaine est décédée vendredi soir, le 10 février 2017, dans sa ferme de Georgetown (Maine) où elle vivait depuis 1937 avec feu son mari Adolph et avait longtemps travaillé tout en élevant sa famille. Fille des artistes modernistes William et Marguerite Zorach, elle était née à Windsor (Vermont) le 12 novembre 1917. Mais elle a grandi à Greenwich Village et a développé très jeune son intérêt pour l'art tout en fréquentant des écoles progressistes.

Le vendredi de sa mort, elle avait passé la majeure partie de sa matinée à son chevalet, avait discuté d'une prochaine interview et de ses expositions à venir, a déclaré son fils, Charlie Ipcar. "Tout était parfaitement normal. Mais vers 18h30, elle nous a téléphoné et nous a dit qu'elle ne se sentait pas bien." Son cœur s'est arrêté à l'hôpital.

Une œuvre de Dahlov Ipcar de 2014.

Les amateurs de peinture connaissent son travail, des peintures d'animaux au style kaléidoscopique. Le MoMa lui avait consacré une première exposition en 1939. Elle n'avait que 21 ans mais n'y avait pas assisté tant elle avait de travail chez elle. Ses œuvres figurent, entre autres, au Metropolitan ou à la Whitney Gallery de New York.

Les amateurs francophones de littérature de jeunesse, eux, commençaient à peine à la découvrir grâce à l'excellent travail des Editions Albin Michel Jeunesse qui avaient entrepris en 2014 la publication de ses plus beaux albums. Sont parus: "L'œuf mystérieux", "J'aime les animaux", "Mon merveilleux sapin de Noël" (lire ici), "Nos amis les animaux sauvages" (lire ici), "Tigre et léopard" et "Un chat dans la nuit" (lire ici). Des albums merveilleux qui font sans problème le grand saut dans le temps. Nés dans les années 1960, 1970 ou 1980, ils nous parviennent dans toute leur grâce des dizaines d'années après.









C'est en 1945 que Dahlov Ipcar a illustré son premier livre pour enfants, "The Little Fisherman", écrit par la célèbre Margaret Wise Brown. L'album existe toujours aux Etats-Unis, comme beaucoup d'autres de la trentaine qu'elle a écrits et illustrés, toujours joyeux et colorés. C'est dire s'il y a encore à la découvrir. Elle a également écrit quatre romans fantastiques pour les jeunes lecteurs, ainsi qu'un recueil de nouvelles plus sombres pour les adultes.

Si 99 ans est un âge pour mourir, Dahlov Ipcar a surpris tout le monde. "C'est vraiment quelque chose qui aurait pu arriver n'importe quand", a déclaré son fils, "mais elle nous a tous fortement habitués à l'idée qu'elle pourrait continuer à fumer et à créer de belles œuvres d'art."

Dans un entretien avec le "Portland Press Herald" à l'automne dernier, Dahlov Ipcar a expliqué qu'elle était prête à mourir à l'âge de 80 ans, mais qu'après cette étape, elle avait décidé vouloir voir l'an 2000. Elle espérait depuis vivre jusqu'à cent ans. Pour être centenaire, et parce qu'elle avait une année 2017 bien remplie, avec notamment plusieurs expositions. Dahlov Ipcar a bénéficié d'une bonne santé, mais depuis 2014 souffrait d'une détérioration de sa vision en raison d'une dégénérescence maculaire frustrante. "Le défi ultime est maintenant est de peindre jusqu'à ce que je ne puisse plus voir", déclarait-elle en 2015.

Mais elle se rattrapait d'une blague. A ceux qui lui demandaient son âge, elle répondait: "J'espère mourir avant que je ne sois à court de vermillon."


Pour mieux connaître son œuvre, voir le site que lui consacre son fil (ici).