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mercredi 17 juillet 2019

Instantané de Tunisie. Danser de Sidi Bouzid à Ravensburg et Hanovre (Allemagne)

Achref Hammouda et ses danseurs professionnels.

Achref Hammouda.
Il a 23 ans, l'énergie d'un lion, une volonté de fer et la souplesse d'une liane. Achref Hammouda est ce tout jeune chorégraphe tunisien qui entend depuis six ou sept ans partager ses disciplines, le break dance et la danse contemporaine, lors de stages dans les régions défavorisées de son pays afin de lutter pour la démocratie et contre le terrorisme. L'an dernier, il a monté les ateliers itinérants #MOUVMA durant tout l'été avec le soutien du Ministère de la Culture qui se sont terminés par un spectacle collectif. (lire ici et ici, voir ici).

Atelier avec des enfants.

Cette année, il a été sélectionné par Lars Niestroy de la Maison des Jeunes de Ravensburg pour participer à la célèbre Rutenfest 2019 qui s'y tient du 19 au 23 juillet, avec son nouveau spectacle, "Art impuissant", pour six danseurs professionnels, cinq garçons et une fille. Une opportunité inouïe pour le jeune danseur et sa troupe! Montrer ce qu'ils font, découvrir d'autres spectacles, évoluer, grandir. Et ce, dans un événement bien connu et apprécié dans le monde culturel. Mais aller en Tunisie en Allemagne a un coût. Et ces frais, ni le Ministère de la Culture, ni le Ministère du Tourisme tunisiens, n'ont voulu les assumer. Achref Hammouda n'a pas renoncé. Il a lancé un crowdfunding, non couronné de succès également. Achref Hammouda n'a toujours pas renoncé.


Et ce jeudi 18 juillet, le chorégraphe et quatre de ses danseurs, Aya Aouichaoui, Iheb  Radaoui, Mohammed Louay Ghabri, Mazen Tahri, s'envoleront vers Ravensburg. Ils ont eu finalement le soutien de l'immense femme de théâtre qu'est Leila Toubel et de son projet Dream's Chebeb.

Sélectionnés ainsi que dix autres projets artistiques venant de sept régions de Tunisie en cette première édition, Achref Hammouda et ses danseurs présenteront "Art impuissant" à Ravesnburg le 20 juillet et à Hanovre le 27 juillet avant de le montrer en Tunisie à Kasserine le 15 août. A noter que l'avant-première avait eu lieu à Meknassi le 6 juillet.

Bravo à lui!


Le projet Dream's Chebeb.

Pour découvrir les créations d'Achref Hammouda, ces deux liens





et les vidéos de la chaîne aSSociation (ici).





mardi 9 juillet 2019

Tourner autour du monde en images

Où sommes-nous? Aux Philippines ou dans le Gard? (c) Plume de carotte.

Meilleur pour l'empreinte écologique, le tour du monde dans des livres de photos. En voici trois, récents, publiés chez Plume de Carotte.


Le plus déconcertant 


Le titre, "Occitanie miroir du monde", ne dit pas grand chose. Si on regarde de loin le beau livre de Jean-Marc Sor (Plume de carotte, 276 pages), on n'y voit rien de spécial pour ce genre d'ouvrage. Des paysages, très beaux, des animaux, souvent en gros plan, quelques fleurs, superbes, et des cartes. Un guide touristique du Sud de la France? Non, pas du tout, mais il faut se plonger dans les doubles pages pour comprendre le propos de l'ouvrage et son titre. Car chacun des 120 lieux repérés en Occitanie (treize départements français) a son double dans une région du monde, souvent lointaine mais parfois proche comme la Belgique, l'Ecosse ou l'Irlande. C'est ahurissant, renversant même. Et donne toute sa valeur à ce travail photographique long de deux ans.

Quelques exemples de ces incroyables ressemblances: le Parc national  américain des Smoky Mountains et la Cascade de Muret-le-Château (Aveyron), le Parc national péruvien de Huascaran et l'Etang de Laurenti (Ariège), les Burren irlandais et le Lapiaz de Nébias (Aude), le Jardin japonais de Yuushien et le Vallon du Dragon (Gard), une Forêt moussue des Philippines et la Gourgue d'Asque (Hautes-Pyrénées). Il y en a 114 autres, tout aussi soufflantes, tout aussi troublantes, fascinantes et tellement bien photographiées.

Aude ou Vietnam? (c) Plume de Carotte.


"Occitanie miroir du monde" a autant une valeur esthétique que documentaire. Comment imaginer que tant de lieux se retrouvent dans une même région de France? Et pourtant, les ressemblances sont frappantes. Le beau livre de Jean-Marc Sor et son équipe, agréablement mis en pages, est déconcertant et nourrissant.

Pour feuilleter le début d'"Occitanie miroir du monde" en ligne, c'est ici.


Le plus apaisant


Dites "Oasis", et des images viennent immédiatement à l'esprit. Des étendues de sable, quelques points verts. Dans son beau livre ainsi titré (Plume de carotte, 224 pages), Francis Tack va plus loin. Il pénètre et nous entraîne à sa suite dans des mondes peu connus, privilégiant l'idée du lieu de refuge pour l'homme au milieu d'étendues pas toujours si désertiques qu'on ne l'imagine. Plutôt des endroits où cohabitent harmonieusement hommes et nature verdoyante qui sont chaque fois présentés par des photos sublimes.

On voyage en sa compagnie des oasis historiques de l'Egypte à celles, éphémères, de la Namibie et du Brésil. Avec des arrêts par celles, sableuses,  de Chine, de Mongolie d'Iran, les palmeraies du Sahara, les étapes caravanières de l'Afrique noire ou du nord et un détour par Oman. On voit du sable, beaucoup de sable, et des palmiers, beaucoup de palmiers, mais surtout on admire combien l'homme a su y créer un milieu et un habitat. Francis Tack lui-même a eu recours à un paramoteur et à un dos de dromadaire pour générer la hauteur nécessaire à ses vues "d'en haut" mais on trouve aussi de nombreux clichés à hauteur d'homme.

On tourne les pages en s'extasiant sur la beauté du monde, de notre monde, sur l'habileté humaine à coloniser ces milieux naturels et à en faire des abris, et on s'effraie des menaces qui planent sur eux. La mondialisation ne peut pas avoir raison des oasis. C'est à nous de les protéger.

Pour feuilleter le début d'"Oasis" en ligne, c'est ici.



Oasis classique, celle à palmiers. (c) Plume de carotte.


Le plus chatoyant



Oasis, désert. Désert, design. C'est dans cet esprit d'escalier qu'entre le merveilleux album "Désert design - Tapis contemporains de l'Oriental marocain" d'Arnaud Maurières, photos de Nicolas Schimp et Rachid Bouzidi (Plume de carotte, 256 pages). Cet ouvrage collectif présente toute une série de tapis berbères collectés de février 2011 à février 2018 dans une tribu de cette région du Maroc tout en relatant à la façon d'un reportage la manière dont ces pièces d'exception ont été découvertes. Quelles artistes que les femmes tisserandes de la tribu d'Aït Khebbach!

Ce qui frappe immédiatement, c'est la qualité graphique des tapis présentés. Une sobriété des motifs, losanges, carrés, triangles, colonnes, qui se marie parfaitement avec la richesse des coloris. Une sobriété digne des plus grands designers contemporains, innée et inspirée de la nature locale environnante.

De rencontres en rencontres, les auteurs ont rencontré des responsables de musée et donné lieu à deux expositions. L'une est en cours jusqu'au 8 octobre au Musée Yves-Saint-Laurent de Marrakech, l'autre se tiendra au Musée Bargoin de Clermont-Ferrand du 22 novembre au 5 avril 2020.
"En quittant Merzouga", écrit Arnaud Maurières, "nous traversons une plaine absolument déserte, sans arbre, sans ombre, sans eau. Là, au milieu de nulle part, deux abris de terre crue et une cour ouverte hébergent toute la famille. Neuf personnes partagent l'exiguïté de ces murs nus et bruts sans peinture ni meuble. Le seul mobilier apparent: une pile de tapis et de couvertures. Les tapis sont dépliés et les coussins posés contre les murs pour nous accueillir. Quand ils se révèlent à nos yeux, nous sommes éblouis par les couleurs que nous n'avons jamais vues au Maroc. C'est le début de l’aventure. (...)
De village en village, de famille en famille, nous rencontrons des tisserandes extraordinaires. Très vite, nous percevons l'intérêt de ces tapis contemporains, la chance unique que nous avons de côtoyer ses femmes, de discuter avec elles par l'intermédiaire de Lahcen, notre guide. Grâce à elles, nous avons poursuivi notre voyage, visité de nouveaux villages et rencontré d'autres tisserandes. En quittant les pistes habituelles, nous avons découvert des lieux sans nom, dormi chez les nomades et collecté de nouveaux tapis."
L'atout de ce beau livre est qu'il replace son sujet dans son contexte. Si les tapis sont photographiés en totalité et en détails, ils sont aussi accompagnés de données techniques pures ainsi que des explications qui ont conduit à leur fabrication. C'est un monde inconnu qui se révèle à nous, fascinant de beauté, de créativité et d'intelligence pratique.

Pour feuilleter le début de "Désert design" en ligne, c'est ici.





Une découverte en forme de reportage. (c) Plume de carotte.




lundi 8 juillet 2019

Le bouleversant "Raz de marée" de Paul Verrept d'Anvers à Avignon cet été

"Le raz de marée" par Paul Verrept. (c) Skagen.

Le Tour de France s'élance et le monde s'étourdit à le suivre, plus indifférent que jamais au sort de ceux qui, fuyant la mort ou les tortures, tentent de traverser la Méditerranée. Ces migrants dont l'Europe ne veut pas, certains s'entêtent à les sauver. La capitaine Carole Rackete, la capitaine Pia Klemp, le capitaine du voilier Alex, le capitaine du bateau de sauvetage Alan Kurdi, pour ne citer que des exemples récents. Ils sont de ces humains qui sauvent l'espèce et font tomber nos œillères.

En ces temps d'inattention volontaire, résonne fortement à mes oreilles un tout petit livre. Trente-deux pages à peine. Mais chacune en vaut dix tant sa lecture s'avère bouleversante. Il s'agit du "Raz de marée", du Belge flamand Paul Verrept (traduit du néerlandais par Monique Nagielkopf, 32 pages, Skagen, 2019). Sous forme d'un monologue parlé, chuchoté, crié, oscillant entre rêve, réalité, projets, espoirs et désespoirs, il propose un point de vue sur la migration.

La nouvelle de Paul Verrept avait originellement paru en néerlandais chez Skagen en 2016 sous le titre "De vloed" et ses bénéfices sont versés à l'association de soutien aux réfugiés Vluchtelingenwerk Vlaanderen. Elle a été adaptée au théâtre en 2017 par Clara van den Broek, du collectif SKaGeN. Cet été 2019, la version française est jouée 19 fois au théâtre à Avignon en ce moment (jusqu'au 25 juillet, lire ici).

Sobriété, concision, densité, tout en phrases courtes, alinéas nombreux et mots blancs, "Le raz de marée" cerne par la voix de la femme l'écueil d'un couple qui a tout pour être heureux et l'est effectivement, mais ne résiste pas à la crevasse que cause l'événement extérieur qu'est la découverte de corps de migrants sur la plage en bas de leur magnifique maison blanche sur la colline. Le livre commence ainsi: "Tu as réaménagé la maison. Et elle est magnifique". Sans doute y avait-il déjà des fissures invisibles entre eux? Toujours est-il que les positionnements différents de l'homme et de la femme modifient considérablement leur vie quotidienne. Et c'est cette inexorable progression que saisit avec beaucoup de finesse Paul Verrept. Sans effet de manche. Juste des faits, des mots, des réflexions et des constats. En bruit de fond, les vagues. En image de fond, ces noyés qui s'échouent et sont enlevés par des sauveteurs. En toile de fond, cette révolte fondamentale devant l'injustice du monde.
"Là où l'air et la mer se rejoignent, à l'horizon, il y a un miroir. Aussi grand que le monde. Et derrière, la même mer, la même plage, la même lumière. Au loin, je les vois, je te vois, je me vois."
Peut-on effacer ce qu'on a vu? La mer n'est-elle pas aussi la révélatrice de nous-mêmes? Aller nager dans un cimetière est-il encore envisageable? Ce ne sont que quelques-une des questions qu'éveillent ce très beau texte où le couple peut évidemment être considéré comme une métaphore de la société. "Le raz de marée" est tout simple mais bouleverse profondément. Il pointe aussi que l'empathie entraîne un point de non-retour dans les relations. Serait-ce là l'espoir de régler enfin les questions liées à la migration?




vendredi 5 juillet 2019

Ne pas se taire et dessiner contre l’injustice

En mars de cette année, le Français Remedium, enseignant et artiste, engagé dans chacun des deux domaines, publiait sur les réseaux sociaux "L'histoire de Jean", professeur poussé au suicide (lire ici). C'était son premier "Cas d'école".

En voici un second, "L'histoire de Laurent".
Remedium le présente ainsi: "Laurent est un enseignant qui a été détruit par l'Education nationale. Un de plus. Un de trop. C'est avec son approbation que j'évoque dans ce deuxième "Cas d'école" son histoire. Parce que le silence et la solitude restent les meilleurs complices des manquements de la hiérarchie, nous devons faire preuve, plus que jamais, de solidarité. #Pasdevague"

Une histoire terrible de nouveau, dans la France de 2019.



























jeudi 4 juillet 2019

Les très riches heures de Rébecca Dautremer, lauréate du Grand prix de l'illustration de Moulins

Rébecca Dautremer.

L'excellent album de Rébecca Dautremer, "Les riches heures de Jacominus Gainsborough" (Sarbacane, octobre 2018), son dernier en date avant un nouveau à paraître en octobre, vaut à l'auteure-illustratrice française de recevoir le douzième Grand prix de l'illustration de Moulins. Décerné par le Musée de l'Illustration de Moulins (MIJ) et doté de 3.000 euros, il lui sera remis le 26 septembre, à l'ouverture de la 5e Biennale des illustrateurs, organisée par les Malcoiffés (jusqu'au 6 octobre, journées professionnelles les 27 et 28 septembre).

Avec son grand format presque carré (29 x 33 cm), cet album très british s'adresse au public des enfants à partir de 5 ans et aussi à celui des adultes, comme l'indique l'auteure-illustratrice en avant-propos. Rébecca Dautremer y explique aussi son propos et le choix de son titre, les "riches heures" étant, écrit-elle, "une façon poétique et raffinée de parler de la vie de quelqu'un", le terme "raffiné", précise-t-elle, étant d'employer "des mots compliqués pour dire quelque chose de simple, comme la vie."


Jacominus enfant. (c) Sarbacane.

En route donc pour suivre la vie Jacominus Gainsborough, un petit lapin à courtes oreilles et patte un peu folle suite à un accident d'enfance, chéri de sa grand-mère Beatrix, une vieille dame aussi bavarde que lui est taiseux, philosophe quand lui se révèle rêveur, bilingue quand lui peine sur les leçons d'anglais. On le découvre tout petit-petit et on l'accompagnera jusqu'à son dernier sommeil dans une suite de paires de doubles pages, un très large tableau étant suivi de pêle-mêle d'images ou de récits biographiques délicieusement racontés et illustrés d'un portrait de Jacominus à l'âge raconté.

Naissance. (c) Sarbacane.

Inspirées de tableaux célèbres, douze larges scènes nous font avancer dans le temps, au fil des saisons, et à travers l'existence du petit lapin, de sa famille et de ses proches. Une existence composée de petits riens, de joies, de peines, de doutes, d'épreuves et de grands moments en compagnie de ses fidèles amis Policarpe, César, Agathon, Byron et de sa compagne Douce, rencontrée dès l'enfance. Une existence faite de questions qui tendent sans rien en dire vers la philosophie. Une vie qui valait rudement la peine d'être vécue, selon la conclusion de Jacominus. Pas de tristesse en finale mais le décompte joyeux de tout ce qui a composé et pimenté ses riches heures.

L'école. (c) Sarbacane.

Les tableaux en largeur sont somptueux par leur conception, leurs gammes chromatiques et la variété de la trentaine de personnages (les esquisses de deux d'entre eux les présentent en pages de garde). On apprécie aussi la richesse des détails de ces illustrations aux animaux anthropomorphisés, rendant ici hommage à des lapins célèbres, ceux de Beatrix Potter ou de Benjamin Rabier, conjurant le Black Night (le Chevalier noir), clignant de l’œil à des peintres célèbres. Un souci infini du détail et un art de la composition qui enchantent le regard et titillent l'imagination. Ce travail de toute beauté est entrecoupé de trois pêle-mêle thématiques et d'une dizaine de portraits du héros à différents âges.

Polyglotte voyageur. (c) Sarbacane.


On suit avec beaucoup de plaisir les "Riches heures de Jacominus Gainsborough", itinéraire de vie dans le respect des différences de chacun dont les épisodes s'enfilent comme autant de perles à un collier.

Enfin, la galerie Robillard annonce avec fierté, et elle a raison, que les illustrations originales du dernier album de Rébecca Dautremer, "Les riches heures de Jacominus Gainsborough" (Sarbacane), sont enfin disponibles à la location.
L'exposition regroupe les gouaches grand format de huit des scènes principales ("L'école", "Le bateau", "Le rêve"...), ainsi que des crayonnés et des esquisses qui retracent les prémices du projet. Des objets scénographiques conçus par l'artiste elle-même complètent le tout.
Infos supplémentaires ici.


Les lauréats précédents du Grand prix
  • 2018 Pauline Kalioujny pour "Promenons-nous dans les bois" (lire ici)
  • 2017 Beatrice Alemagna pour "Un grand jour de rien" (lire ici)
  • 2016 Emmanuelle Houdart pour "Ma mère" (lire ici)
  • 2015 Michel Galvin (lire ici)
  • 2014 Delphine Jacquot (lire ici)
  • 2013 May Angeli (lire ici)
  • 2012 Jean-François Martin
  • 2011 Zaü
  • 2010 Régis Lejonc
  • 2009 Anne Herbauts
  • 2008 Juliette Binet


Les riches heures de Rébecca Dautremer

Rébecca Dautremer.
Née à Gap le 20 août 1971 et diplômée des Arts déco de Paris, Rébecca Dautremer débute en jeunesse en 1995 en illustrant pour les Deux coqs d'or "L'enfant espion" d'Alphonse Daudet. L'année suivante, elle passe avec "La Chèvre aux loups" de Maurice Genevoix chez Gautier-Languereau qui deviendra son éditeur principal. Son goût pour la photographie lui inspire le cadrage, la composition, les couleurs et la lumière de ses illustrations. Les albums se succèdent à bon rythme chez différents éditeurs, contes ou histoires de vie. L'artiste affine son style qui devient vite caractéristique, ample, coloré, hyperréaliste, d'une grande douceur tout en étant extrêmement détaillé. Sa bibliographie comporte aujourd'hui une quarantaine de titres dont certains ont été très remarqués.

"Le Géant aux oiseaux" (Ghislaine Biondi, Gautier-Languereau, 2001).
"L'amoureux" (Gautier-Languereau, 2003), prix Sorcières "Album".
"Le loup de la 135e" (texte de Rébecca Dautremer, illustrations d'Arthur Lebœuf (Seuil Jeunesse, 2008), une variation sur le thème du petit chaperon rouge déplacée dans le New York des années 50.
"Princesses oubliées ou inconnues" (texte de Philippe Lechermeier, Gautier-Languereau, 2009), immense succès à déclinaisons multiples.
"Kerity, La maison des contes" (Flammarion, 2009) qui deviendra aussi un film.
"Alice au pays des merveilles" (Lewis Carroll, texte adapté par Sophie Koechlin, Gautier-Languereau, 2010).
Le petit théâtre de Rébecca" (Gautier-Languereau, 208 pages, 2012), épais album au spectaculaire jeu de découpes! Chaque page présente un personnage qui surgit du papier et se pose sur un décor que composent les pages suivantes, savamment découpées. Un petit théâtre qui invite près de cent personnages venus des précédents albums.
"Le Bois dormait" (Sarbacane, 2016), aussi inspiré par un conte chez un nouvel éditeur où paraîtra deux ans plus tard "Les riches heures de Jacominus Gainsborough".