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mercredi 7 décembre 2022

Le "feel bad novel" de la Belge néerlandophone Gaea Schoeters honoré par l'UEPL

La sculpture de papier réalisée pour la Belge Gaea Schoeters.

On aura vraiment beaucoup parlé de l'Ukraine ce mardi soir à Flagey où étaient remis officiellement les distinctions littéraires de l'Union européenne, les prix UEPL. Le prix et les cinq mentions spéciales avaient été annoncés en avril à Paris (lire ici). S'il est normal d'évoquer les Ukrainiens dévastés par la guerre, fallait-il un tel chœur? La Commissaire à l'innovation, la recherche, la culture, l'éducation et la jeunesse Mariya Gabriel, l'écrivain lituanien Tomas Vaiseta deux fois,, le chef de la mission de l'Ukraine auprès de l'Union européenne Serhii Tereshko, les écrivains sur scène en chœur, la lauréate ukrainienne Eugenia Kuznetsova naturellement, l'écrivain géorgien Iva Pezuashvili, le lauréat 2022. On aurait aimé un tout petit mot de compassion pour d'autres pays qui subissent aussi la guerre. Il n'y en a eu aucun. Une bombe russe vaut-elle plus qu'une attaque en Afghanistan ou en Syrie? Il a été dit la nécessité de conserver la culture au-delà des guerres, malgré les guerres. Un livre ukrainien vaut-il plus que la musique afghane aujourd'hui interdite? Pas un mot sur ce qui se passe loin de nos portes.

Lecture conversation avec Gaea Schoeters
et Tomas Vaiseta. (c) EUPL.
La littérature a aussi été fêtée en ce soir de Saint-Nicolas. Le fonctionnement du Prix de littérature de l'Union européenne ayant été modifié pour son cinquième cycle (2022 à 2024), la cérémonie a elle aussi connu quelques changements. En trois lieux de Flagey ont eu lieu avant la cérémonie proprement dite des lectures-conversations avec la plupart des écrivains proposés par leur pays. Ils ont répondu à des questions et lu un extrait de leur œuvre en langue originale. Bonne idée. Au moins sur le papier. Il m'a été impossible de lire la traduction anglaise en parallèle à la lecture en lituanien; aucun problème par contre lors de la lecture en néerlandais - pas besoin de traduction.


Pour ma part, j'avais donc choisi la séance avec le Lituanien Tomas Vaiseta ("Ch.") et la lauréate belge néerlandophone Gaea Schoeters, mention spéciale pour son roman "Trofee", disponible en français depuis septembre; il a été traduit en français par Benoît-Thaddée Standaert pour la collection "Actes noirs" d'Actes Sud sous le titre "Le trophée". Le "meilleur feel bad novel de l'année", selon la romancière qui incite ses lecteurs à changer leur focale habituelle. Une histoire de chasse en Afrique qui fait réfléchir entre autres aux paradoxes de notre bonne conscience.

Tandis que la Belge faisait remarquer qu'une des utilités du prix, vu les nombreuses traductions générées, était qu'un roman écrit en langue flamande allait peut-être aller chez les Anglo-Saxons alors qu'habituellement ce sont ces derniers qui envahissent les rayons des librairies flamandes, le Lituanien, de son côté invoquait "Please, support Ukraine!" avant d'expliquer qu'un jour, le prénom de Charles lui était venu et qu'il s'était lancé dans de nombreuses recherches à ce sujet, lui qui ne voulait plus en faire pour un roman.

Flagey. (c) EUPL.
La cérémonie ensuite s'est présentée comme une lasagne entre discours officiels et interventions de douze des quatorze lauréats célébrés ce soir. Extraits.

Après un mot pour l'Ukraine, Mariya Gabriel, Commissaire à l'innovation, la recherche, la culture, l'éducation et la jeunesse: "Le prix EUPL brise les barrières physiques, linguistiques et culturelles pour nous aider à mieux nous comprendre. Il souligne l'importance du secteur du livre pour notre société européenne. [Aux auteurs], je vous demande de continuer à servir de modèles et de source d'inspiration pour tous les esprits créatifs à travers l'Europe."

"Quelle place pour la culture dans un monde où les gens sont contraints de quitter leur foyer et de chercher refuge?" interroge Sabine Verheyen, Présidente de la commission de la culture et de l'éducation, député européenne. "Nous ne devons pas sous-estimer le pouvoir des livres. Les histoires que nous racontons aujourd'hui façonneront notre avenir."

Serhii Tereshko, chef de la mission de l'Ukraine auprès de l'Union européenne, plaide sur l'importance de la littérature comme base de l'identité européenne ukrainienne. Il demande qu'on publie les livres d'Ukraine, qu'on fasse la promotion de la littérature ukrainienne.

Changement de perspective avec la capsule vidéo de l'Italien Daniele Mencarelli: "J'écris depuis que j'ai 15 ou 16 ans. J'ai découvert la littérature grâce à un professeur à l'école. A ce moment, la littérature est devenue ma vie."

Quatre écrivains montent ensemble sur scène. L'Autrichien Peter Karoshi, enchanté d'avoir rencontré ses collègues avec qui il a "discuté littérature et politique". Le Norvégien Kjersti Anfinnsen, qui se réjouit de la multiplicité des langues. La Roumaine Raluca Nagy qui se rappelle de ses années d'études à Bruxelles. Le Lituanien Tomas Vaiseta, qui relance un appel pour l'Ukraine et juge peu important le pays d'origine: "On a les mêmes problèmes, les mêmes amours, les mêmes espérances."

Séquence vidéo avec le Macédonien du Nord Vladimir Jankovski: "Ecrire est pour moi dire la manière dont je perçois le monde. Un artiste ne devrait pas se limiter à une discipline mais multiplier les expériences comme je le fais, livres, cinéma, musique..."

Après les officiels Sonia Draga, Vice-présidente de la Fédération des éditeurs européens, et Jean-Luc Treutenaere, Co-Président de l'EIBF (European and International Booksellers Federation), montée sur scène de la Belge Gaea Schoeters et de l'espagnol Jacobo Bergareche, tous deux mentions spéciales. Ils ont parlé traduction et bien pointé que la qualité se mesure notamment à la musicalité de la langue de traduction.

En vidéo, l'Ukrainienne Eugenia Kuznetsova, mention spéciale: "J'ai toujours pensé que j'étais écrivain. J'ai grandi dans un tout petit village." Sur scène, deux nouveaux lauréats de mention spéciale, la Franco-Bosniaque Slađana Nina Perković: "Je voulais être un auteur français mais je n'y arrivais pas. Dans ma tête, mes personnages parlaient en serbo-croate." L'Irlandais au nom imprononçable Tadhg Mac Dhonnagáin: "J'ai essayé d'être loyal à mes personnages et à leurs situations en explorant le lien entre mémoire, identité et langage."

Dernier à parler de la soirée, on n'entendra ni le Grec Takis Kampyli, ni le Slovaque Richard Pupala, le lauréat du prix UEPL, le Géorgien Iva Pezuashvili se demande si la littérature peut changer le monde, se félicite des traductions permises par le prix et lance un dernier message de soutien à l'Ukraine.

Le recueil "European stories" des auteurs 2022 est maintenant disponible sous format papier. Il propose pour chacun des quatorze lauréats une biographie, un résumé du livre primé, l'avis du jury national l'ayant proposé, un extrait en langue originale et sa traduction en anglais. 

La Commissaire Mariya Gabriel a aussi annoncé que le 27 mars 2023 serait la Journée des auteurs européens.


mercredi 27 avril 2022

Une volée de prix littéraires, européens et belges

Le lauréat du prix EUPL 2022.

Créé en 2009, le Prix de littérature de l'Union européenne connaît un nouveau fonctionnement pour la période 2022-2024 où il est reconduit. Pour ce cinquième cycle consécutif du prix EUPL, chaque pays participant (un tiers environ du nombre total, le prix s'étendant sur trois années), propose toujours un livre de haute qualité littéraire et à potentiel de traduction. Mais un deuxième tour de sélection est effectué par un jury européen de sept membres, qui choisit un lauréat et cinq mentions spéciales. Les six auteurs primés se voient attribuer un prix financier dont la moitié va à l'éditeur pour assurer la traduction de leur livre.

Les résultats de l'édition 2022 du prix EUPL, organisé par la Fédération des Éditeurs Européens (FEE) et la Fédération européenne et internationale des libraires (EIBF) et soutenu par la Commission européenne, ont été annoncés sans grande publicité le 22 avril au Festival du livre de Paris.

Lauréat (20.000 euros)
  • L'écrivain géorgien Iva Pezuashvili pour son roman "A garbage chute" ("Le bunker") paru chez Intelekti.

Mentions spéciales (10.000 euros)
  • La Belge néerlandophone Gaea Schoeters pour "Trofee" ("Trophée") paru chez Uitgeverij Querido (Belgique).
  • La Bosniaque Slađana Nina Perković pour "U Jarku" ("Dans le fossé") paru chez Imprimatur (Bosnie-Herzégovine).
  • L'Irlandais Tadhg Mac Dhonnagáin pour "Madame Lazare" paru chez Barzaz (Irlande).
  • L'Espagnol Jacobo Bergareche pour "Los días perfectos" ("Les jours parfaits") paru chez Libros del Asteroide (Espagne).
  • L'Ukrainienne Євгенія Кузнєцова (Eugenia Kuznetsova) pour "Спитайте Мієчку" ("Demande à Mietchka") paru chez Видавництво Старого Лева (Old Lion) (Ukraine).

Quatorze écrivains de quatorze pays étaient en lice pour le prix EUPL 2022.
Les autres finalistes étaient:
  • Autriche: Peter Karoshi
  • Grèce: Τάκης Καμπύλης (Takis Kampylis)
  • Italie: Daniele Mencarelli
  • Lituanie: Tomas Vaiseta
  • Macédoine du Nord: Владимир Јанковски (Vladimir Jankovski)
  • Norvège: Kjersti Anfinnsen,
  • Roumanie: Raluca Nagy
  • Slovaquie: Richard Pupala

Les quatorze finalistes de l'édition 2022.


"Histoires européennes", un recueil de 582 pages propose de larges extraits de traduction en français et en anglais des quatorze livres finalistes de l'édition 2022 du prix EUPL (à télécharger ici).









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Côté juniors, le prix Première Victor du Livre Jeunesse 2022 a été attribué le lundi 25 avril à la québécoise Isabelle Roy pour son roman "Hackers" (Mijade). Une quatrième lauréate après Fabienne Blanchut, Marie Colot et Catherine Locandro (lire ici). Le prix est doté d’un montant de 1.500 euros offert par le Fonds Victor et d'une campagne de promotion diffusée par La Première sur toutes ses plateformes.

Deux mille sept-cent-quatre lecteurs de 12 à 15 ans étaient inscrits pour cette quatrième édition. Ils ont plébiscité le premier roman édité à l’international de la Québécoise Isabelle Roy. Dans "Hackers", on rencontre Alex, écolé par son père au monde de l'informatique et du piratage. Tout est facile pour lui. Il est capable de percer les secrets des sites Internet, de casser des codes informatiques. Il ne résiste pas à l'envie de relever un nouveau défi. Mais rien ne se passe comme prévu. Alex est allé trop loin et le prix à payer est élevé. Ses amis sont là pour l'aider.

Les cinq ouvrages en lice pour l'édition 2022
  • "La Cascadeuse des nuages" de Sandrine Beau (Alice Jeunesse)
  • "Hackers" d'Isabelle Roy (Mijade)
  • "Beethoven, La Symphonie du Destin" de Michel Honaker (Ker éditions)
  • "La Malédiction des serpents de mer" de Sigrid Renaud (Auzou Editions)
  • "En Apnée" de Meg Grehan, traduit par Aylin Manço (Talents Hauts) 

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Enfin, en Belgique toujours, l'auteur, blogueur et chroniqueur dont le nom ne peut pas être mentionné selon lui alors qu'on le trouve sans problème sur internet et qui passe énormément de temps à exiger son anonymat, M. P. donc, mieux connu sous le nom de Marcel Sel, s'est vu attribuer ce mercredi 27 novembre le prix littéraire 2021 du Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles pour son deuxième roman "Elise" (ONLIT éditions, 2019, 450 pages).






Les quatre autres finalistes, sur cent livres proposés:
  • "Le mangeur de livre" de Stéphane Malandrin (Seuil)
  • "Gens de Cogne" de Xavier Deutsch (La Renaissance du Livre)
  • "Cent jours sans Lily" d'Alienor Debrocq (ONLIT Editions)
  • "Il ne portait pas de chandail" d'Annick Walachniewicz (l'arbre à paroles)

jeudi 11 novembre 2021

Treize lauréats aux Prix 2021 de littérature de l'Union européenne

Les lauréats EUPL 2021 présents à Bruxelles.
(c) Gleamlight/Philippe Molitor.

Pourquoi aller passer quelques heures, mardi soir 9 novembre, à la proclamation des Prix de littérature de l'Union européenne 2021 (EUPL, lire ici), alors qu'aucun des treize lauréats n'écrit en français?

Pour passer un peu de temps dans le magnifique studio 4 de Flagey bien sûr.

Le studio 4 de Flagey. (c) Gleamlight/Philippe Molitor.

Surtout, pour entendre les lauréats lire un extrait de leur livre primé dans leur langue originale, même sans rien y comprendre, la traduction en anglais s'affichant sur un écran.

Trois étaient absents et présentés en capsule vidéo, les dix autres entourés de leurs ambassadeurs respectifs et de lecteurs enthousiastes ont été appelés en trois groupes successifs.

En vidéo, Aram Pachyan (c) Gleamlight/Philippe Molitor.

En vidéo, Lucie Faulerová. (c) Gleamlight/Philippe Molitor.

En vidéo, Laura Vinogradova. (c) Gleamlight/Philippe Molitor.

Le premier groupe. (c) Gleamlight/Philippe Molitor.

Le deuxième groupe.  (c) Gleamlight/Philippe Molitor.

Le troisième groupe.  (c) Gleamlight/Philippe Molitor.

Pour découvrir enfin les nouvelles voix de la littérature européenne, l'Europe étant à prendre au sens large. La preuve: ont été célébrés en 2021 les auteurs de treize pays, Albanie, Arménie Bulgarie, République tchèque, Islande, Lettonie, Malte, Pays-Bas, Portugal, Serbie, Slovénie, Suède, Tunisie et Moldavie.
Il faut se rappeler que les Prix de littérature de l'Union européenne se déroulent selon des cycles sur trois ans - le quatrième vient d'être bouclé. Les pays participants pour la période 2014-2000 sont les suivants: les pays  membres de l'Union européenne, Autriche, Belgique, Bulgarie, Chypre, Croatie, République tchèque, Danemark, Estonie, Finlande, France, Allemagne, Grèce, Hongrie, Irlande, Italie, Lettonie, Lituanie, Luxembourg, Malte, Pays-Bas, Pologne, Portugal, Roumanie, Slovaquie, Slovénie, Espagne, Suède, et d'autres, non-membres, Islande, Norvège, Albanie, Bosnie Herzégovine, Macédoine du Nord, Monténégro, Serbie, Géorgie, Moldavie, Ukraine, Tunisie, Arménie, Kosovo et Grande-Bretagne.


Palmarès 2021

Tom Kuka, journaliste et écrivain
Albanie
"Flama" (Calamity), un premier roman dont les métaphores se posent autant sur l'Albanie contemporaine que sur l'évolution de la société (Botime Pegi).
"Dans ma vie, je me suis souvent battu seul mais ce soir, je ne suis pas seul."

Aram Pachyan (absent)
Arménie
"P/F ", un livre expérimental qu'on peut lire dans tous les sens (Edge publishing house).

Georgi Bardarov
Bulgarie
"Absolvo te", un roman basé sur les histoires vraies de la Seconde Guerre mondiale et du conflit israélo-palestinien (Musagena).

Lucie Faulerová (absente car en train d'accoucher)
République tchèque
"Smrtholka" (Deathmaiden), un voyage un train qui aborde la mort tout en maniant les souvenirs et l'humour (Nakladatelství TORST).

Sigrún Pálsdóttir
Islande
"Delluferðin" (Runaround), un livre basé sur les histoires vraies des migrants d'Islande à New York à la fin du XIXe siècle "mais le titre en anglais a changé, c'est "Embroidery" maintenant" (Forlagið útgáfa, JPV).

Laura Vinogradova (absente)
Lettonie
"Upe" (The River), la découverte de soi et de sa famille à l'occasion d'un séjour dans une maison de campagne à côté d'une rivière (Zvaizgne ABC).

Lara Calleja
Malte
"Kissirtu kullimkien" (You've Destroyed Everything), des nouvelles aux narrateurs différents qui explorent divers aspects de la vie à Malte, des pires aux meilleurs (Merlin Publishers).

Gerda Blees
Pays-Bas
"Wij zijn licht" (We are light), arrêter de se nourrir afin de commencer une nouvelle vie, composée uniquement d’air et de lumière (Uitgeverij Podium).

Frederico Pedreira
Portugal
"A Lição do Sonâmbulo" (The Sleepwalker's Lesson), la fiction comme outil de l'écriture autobiographique (Companhia das Ilhas).

Dejan Tiago Stanković
Serbie
"Zamalek", patchwork des expériences vécues et des histoires entendues lors de ses longs séjours au Caire, en Egypte (Laguna).
"Je suis Yougoslave plutôt que Serbe."

Anja Mugerli
 Slovénie
"Čebelja družina" (Bee Family), un recueil de sept nouvelles liées par des coutumes anciennes et des traditions slovènes (Cankarjeva založba).
"Ce folklore m'était inconnu avant de commencer le recueil."

Maxim Grigoriev
Suède
"Europa" (Europe), roman sur l'exil et rappel de l'historique émigration russe (Albert Bonniers Förlag).

Amine Al Ghozzi
Tunisie
"Zindali, the night of 14 january 2011", les histoires de seize personnages qui se rencontrent à Sousse le jour du départ du président Ben Ali, les espoirs et les déceptions des printemps arabes (Editions Zayneb).

 
Amine Al Ghozzi, premier lauréat tunisien.
(c) Gleamlight/Philippe Molitor.


Autant de livres qui témoignent de la richesse, de la créativité et de la diversité de la littérature contemporaine européenne de fiction et dont on espère les traductions.
EUPL est un consortium composé de la Fédération européenne et internationale des libraires (EIBF), de la Fédération des associations européennes des écrivains (FAEE/EWC) et de la Fédération des éditeurs européens (FEE). Le prix de littérature de l'Union européenne existe depuis 2009 et est organisé conjointement par les trois membres du consortium.

Pour repartir avec le recueil "European stories", un memento à l'élégante tranche noire, aussi complet que plaisant, des treize gagnants 2021. On y trouve les noms des différents jurys nationaux, une courte bio de l'auteur(e), un résumé du livre chois, l'avis du jury, et surtout un large extrait de l'œuvre en langue originale et en traduction, anglaise pour douze des lauréats, française pour le gagnant serbe.

Pour le télécharger, c'est ici.




Et pour découvrir le kit de jardinage "Blossoming European literature" reçu à la sortie de la soirée.







jeudi 3 octobre 2019

Quatorze lauréats, dont onze femmes!

Treize des quatorze livres primés en 2019. (c) EUPL.

Quel est le palmarès où se côtoient onze femmes et trois hommes? Pas celui de la meilleure pose de vernis à ongles semi-permanent. Pas celui de la meilleure sage-femme. Pas celui de la meilleure secrétaire. Non. Celui de la cuvée 2019 des prix de littérature de l'Union européenne qui ont repris leur vitesse de croisière après avoir célébré leurs dix ans l'an dernier (lire ici).

Bien sûr, avoir quatorze lauréats signifie que tous les pays de l'Union ne participent pas chaque fois à la compétition. Une tournante est organisée depuis 2009, année où les prix ont été créés. Ainsi ont déjà été honorés pour la Belgique Peter Terrin (2010), Isabelle Wéry (2013) et Christophe Van Gerrewey (2016). L'an prochain, on devrait donc avoir de nouveau un lauréat belge francophone. Chez nos voisins français, on trouve au palmarès les noms d'Emmanuelle Pagano (2009), Laurence Plazenet (2012) et Gaëlle Josse (2015).

Palmarès EUPL 2019

Par ordre alphabétique de pays

  • Autriche Laura Freudenthaler
  • Finlande Piia Leino
  • France Sophie Daull
  • Géorgie Beqa Adamashvili 
  • Grèce Nikos Chryssos (Nίκος Χρυσός) 
  • Hongrie Réka Mán-Várhegyi 
  • Irlande Jan Carson 
  • Italie Giovanni Dozzini 
  • Lituanie Daina Opolskaitė Kovalčikienė 
  • Pologne Marta Dzido
  • Roumanie Tatiana Țîbuleac
  • Slovaquie Ivana Dobrakovová 
  • Ukraine Halyna Shyyan
  • Royaume-Uni Melissa Harrison 

La liste complète des lauréats, année par année, se trouve ici.


L'anthologie 2019. (c) UEPL.
Comme chaque fois, les auteurs récompensés  apparaissent dans une anthologie "European stories" millésimée (248 pages).
Pour chacun, une courte bio et un résumé en anglais du livre primé, un extrait d'une demi-douzaine de pages du livre dans sa langue originale et la traduction de l'extrait en anglais ou en français.



Les lauréats 2019, bien entourés. (c) EUPL.

Entièrement en anglais, la cérémonie de remise des prix s'est déroulée en soirée le mardi 2 octobre à Bozar dont le directeur, Jean Dujardin, a eu ces mots: "Nous avons la responsabilité d'écouter nos artistes et nos écrivains parce qu'ils sont comme les canaris dans les mines de charbon. S'il vous plaît, faites en sorte qu'ils puissent chanter." La ministre finlandaise de la culture et de la science, Hanna Kosonen, a dit l'importance des traductions pour la circulation des livres primés témoignant de la diversité de l'Europe et a insisté sur l'importance de la promotion de la lecture avant tout cela.

Sofi Oksanen. (c) UEPL.
Avant la remise officielle - ils avaient été dévoilés en mai - des prix par différentes autorités culturelles , la romancière finlandaise Sofi Oksanen a lu une longue, très longue intervention en anglais. Pas une de ses fabuleuses dreadlocks ne bougeait mais pas sûr que le public l'ait suivie jusqu'au bout de ses mots.

La proclamation où les écrivains étaient appelés trois par trois, seulement deux pour Laura Freudenthaler et Sophie Daull, a été marquée par l'intervention du lauréat géorgien. Beqa Adamashvili s'est écrié: "Je dédie mon prix aux opérations de sauvetage en Méditerranée. Ils sont mes héros. Ils sont nos héros." Enfin, la réalité bousculait les belles paroles sur l'entente et la solidarité européennes.


Une assemblée nombreuse. (c) EUPL.


Avant la proclamation, le public était invité à participer à une lecture dans la langue qu'il choisissait. Pour le français étaient réunies les lauréates autrichienne et française.
Laura Freudenthaler a lu des extraits de son deuxième roman, "Geistergeschichte" ("Histoire de fantôme", Droschl, 2019) et Sophie Daull de son troisième, "Au grand lavoir" (Editions Philippe Rey, 2018). Sophie Daull est l'auteur du magnifique premier roman "Camille, mon envolée" (même éditeur, 2015, lire ici) et de "La suture" (même éditeur, 2016), deux histoires de fantômes à leur façon puisque les livres parlent de la disparition de la fille et de la mère de la romancière.


La lecture de Laura Fraudenthaler et Sophie Daull. (c) EUPL.


vendredi 8 juin 2018

A lire, un gros kilo d'"Histoires européennes"


Le bébé vient d'arriver, tout beau, tout gros, tout lumineux, tout bien fait, avec une reliure toilée et un signet. Il pèse 1,311 kg en version papier, beaucoup moins en version électronique (PDF ou EPUB). Il est aussi accessible aux mal voyants (lire ici). Il se nomme "European stories" et consacre les dix ans du Prix européen de littérature. Le recueil réunit les contributions de 36 lauréats du prix, en provenance de 26 pays, sur le thème de l'Europe. Dans la langue de chacun et en traduction anglaise.

Voilà une occasion unique de découvrir les plumes européennes émergentes. De pénétrer dans d'autres imaginaires européens. Voilà une occasion rare d'apprécier d'autres langues, d'admirer d'autres alphabets. Pour fêter les dix ans du Prix de littérature de l'Union européenne, il avait été proposé à l'ensemble des lauréats, soit 108 écrivains honorés depuis 2009, d'écrire une nouvelle sur le thème "Histoire européenne". Trente-six ont répondu à l'appel. Il s'agit de

  1. Myrto Azina Chronides – Chypre (2010)
  2. Gabriela Babnik – Slovénie (2013)
  3. Jean Back – Luxembourg (2010)
  4. Aleksandar Bečanović – Monténégro (2017)
  5. Lidija Dimkovska – FYROM (2013)
  6. Rudi Erebara – Albanie (2017)
  7. Claudiu Florian – Roumanie (2016)
  8. Adam Foulds – Grande-Bretagne (2011)
  9. Jasmin B. Frelih – Slovénie (2016)
  10. Meelis Friedenthal – Estonie (2013)
  11. Antonis Georgiou – Chypre (2016)
  12. Gast Groeber – Luxembourg (2016)
  13. Çiler İlhan – Turquie (2011)
  14. Jānis Joņevs – Lettonie (2014)
  15. Jelena Lengold – Serbie (2011)
  16. Sara Mannheimer – Suède (2012)
  17. Raquel Martínez Gómez – Espagne (2010)
  18. Immanuel Mifsud – Malte (2011)
  19. Walid Nabhan – Malte (2017)
  20. Andrej Nikolaidis – Monténégro (2011)
  21. Armin Öhri – Liechtenstein (2014)
  22. Emmanuelle Pagano – France (2009)
  23. Kallia Papadaki – Grèce (2017)
  24. Ioana Pârvulescu – Roumanie (2013)
  25. Magdalena Parys  – Pologne (2015)
  26. Giedra Radvilavičiūtė – Lituanie (2012)
  27. Carolina Schutti – Autriche (2015)
  28. Faruk Šehić – Bosnie Herzégovine (2013)
  29. Ófeigur Sigurðsson– Islande (2011)
  30. Emilios Solomou – Chypre (2013)
  31. Tanja Stupar Trifunović – Bosnie Herzégovine (2016)
  32. Noémi Szécsi – Hongrie (2009)
  33. Kalin Terziyski – Bulgarie (2011)
  34. Darko Tuševljaković – Serbie (2017)
  35. Isabelle Wéry – Belgique (2013)
  36. Osvalds Zebris – Lettonie (2017)

Tous ces textes nous offrent un kaléidoscope de ce que les auteurs peuvent concocter quand on leur demande d'écrire une nouvelle de fiction sur une thème "Une histoire européenne: les auteurs EUPL écrivent leur Europe". Leurs réponses apparaissent variées, complémentaires, surprenantes parfois, célébrant toujours la littérature. Leurs textes se présentent dans l'ordre alphabétique de leurs noms, précédés d'une notice bio-bibliographique illustrée en anglais, dans la langue originale de l'auteur puis en traduction anglaise.

Voici ce que cela donne pour Isabelle Wéry.

La présentation de l'auteur.

Le début du texte d'Isabelle Wéry.


Evidemment, chacun réagira plus ou moins fort à ces "European stories". En aimera une beaucoup plus que toutes les autres. Pour discerner laquelle est la préférée des lecteurs, les organisateurs du prix européen de littérature ont créé un scrutin en ligne, invitant chacun à voter en ligne (ici) pour son œuvre préférée avant le 21 octobre 2018, au terme de ses lectures.

Dix lecteurs seront invités à assister à Vienne en novembre 2018 à la cérémonie qui récompensera l'auteur préféré par le public, l'auteur préféré par un jury professionnel composé de Maria-João Costa (Portugal), Nina George (Allemagne), Juancho Pons (Espagne), Cathy Rentzenbrink (Royaume-Uni), Liana Sakelliou (Grèce) et Marnix Verplancke (Belgique). D'autres récompenses littéraires seront également remises à cette occasion. Lisons donc européen!

Souvenirs

Rappelez-vous. En 2009 naissait un nouveau prix littéraire, le Prix de littérature de l'Union européenne (European Union Prize for Literature, UEPL), destiné à récompenser les nouveaux talents de la littérature contemporaine dans le domaine de la fiction. Choisi par un jury national, chaque lauréat reçoit 5.000 euros et bénéficie de l'aide de l'Union européenne pour traduire ses œuvres. L'ensemble est organisé par la Commission européenne, la Fédération européenne et internationale des libraires (EIBF), la Fédération des associations européennes des écrivains (FAEE) et la FEE (Fédération des éditeurs européens). Comme il est évidemment difficile de faire concourir tous les états membres de l'Union européenne en même temps, il a été décidé de procéder par trois tranches successives d'une douzaine de pays par édition. Le premier cycle est allé de 2009 à 2011, le deuxième de 2012 à 2014, le troisième de 2015 à 2017.

La Française Emmanuelle Pagano figurait parmi les lauréats 2009 pour son roman "Les adolescents troglodytes" (P.O.L., 2007). Une cérémonie présidée par Henning Mankell et qui s'est déroulée à Bruxelles. Le Belge néerlandophone Peter Terrin apparaît au palmarès 2010, la Française Laurence Plazenet à celui de 2012, pour "L'amour seul" (Albin Michel), la Belge francophone Isabelle Wéry à celui de 2013 pour "Marilyn désossée" (Maelström), la Française Gaëlle Josse  à celui de 2015 pour "Le dernier gardien d'Ellis Island" (Noir sur Blanc/Notabilia), le Belge néerlandophone Christophe Van Gerrewey à celui de 2016.
Tous les textes des auteurs lauréats, dans leur langue originale et en traduction anglaise, figurent dans neuf recueils annuels et trois recueils par langue, disponibles en ligne ici.