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dimanche 28 novembre 2021

Ne pas oublier les enfants de Syrie

LU & approuvé

En avril 2018, Nathalie Novi a commencé à peindre un enfant syrien par jour, contre la guerre, pour rappeler qu'ils sont enfants. Elle a publié ces portraits sur Facebook, reliés entre eux par un fil rouge, tellement émouvants, tellement prenants, assortis d'une brève légende et d'une phrase devenue un mantra: "Enfant de Syrie, je te peindrai chaque jour pour te dire que je ne t'oublie pas" (lire ici). Une bonne quarantaine de portraits d'enfants réalisés à partir de clichés de reporters de guerre ont ainsi été publiés durant l'année 2018, quotidiennement jusqu'en mai, moins régulièrement ensuite. Confirmation de sa déclaration: "Enfant, je voulais être peintre, aujourd'hui, je suis peintre habitée par l'enfance et la littérature."


Cette magnifique série de portraits intitulée "Enfant de Syrie, enfant de nos guerres, je ne t'oublie pas" s'est aujourd'hui dédoublée en un album de poésie illustrée, "Immenses sont leurs ailes" (Editions Bruno Doucey, collection "Poés'Histoires", 80 pages). Sur base des dessins de Nathalie Novi, Murielle Szac a composé des poèmes. Plutôt un long poème narratif autour de deux enfants syriens, Hala et Haïssam, entre rires, larmes et jasmin. Dans l'acrostiche initial, il invite le lecteur à attraper le fil rouge de l'imagination: "Ensemble nous tricoterons un nid/ pour l'oiseau de leur vie"

Sans gras, les poèmes disent l'avant, l'école, le pain, l'arrivée d'un bébé, les sorties du vendredi. Ils disent ensuite le présent, la guerre, les bombes, les explosions et le silence, le rationnement alimentaire, les coupures d'électricité, le bonbon d'avant les bombardements, le projet d'exil, les souvenirs à lister, la traversée sur la mer, la condition d'étranger. Beaucoup d'émotion mais aussi le rappel de l'enfance, avec ses émerveillements, ses rires et ses sourires et un fieffé espoir.



Les dernières pages d'"Immenses sont leurs ailes". (c) Ed. Bruno Doucey.


Nathalie Novi vient de créer un nouveau dessin à la mi-novembre, pour appeler aux dons pour la Syrie. Un enfant coiffé d'un bonnet, le premier sauf erreur, car l'hiver est là aussi.
"Enfant de Syrie, 
ce matin, je te dessine dans l'eau du ciel
À l'ombre du nénuphar se niche l'oiseau
Dans ton cœur pousse un coquelicot 
Sur ton épaule un pin parasol s'étire 
Le bleu, c'est le vent,  l'air dont tu as besoin.
Enfant de Syrie, enfant de nos guerres, je ne t'oublie pas.
L’UOSSM, l'association du docteur Raphaël Pitti, a besoin de nos dons. Le peuple syrien manque cruellement d'air, dans tous les sens du terme. MERCI."

vendredi 14 octobre 2016

Marie Wabbes, lauréate du premier prix Unicef France de littérature de jeunesse

On n'est pas prophète dans son pays! On a beau le savoir depuis longtemps, cela se confirme régulièrement. Peut-être vous rappelez-vous qu'au printemps a été annoncée la création d'un Prix Unicef France de littérature de jeunesse. Soit trente livres choisis par 10 enfants et 10 adultes, répartis en trois catégories d'âge (0-6 ans, 6-8 ans et 8-11 ans), avec une thématique différente chaque année. Premier choix, pour 20016: la protection des enfants.

Marie Wabbes.
Hé bien, dans la catégorie des 0-6 ans, c'est notre Marie Wabbes nationale (lire ici) qui a été choisie par les jeunes jurés - tous les enfants de France avaient été invités à voter après inscription entre le 15 mai et le 15 septembre - pour son album "Petit Doux n'a pas peur" réédité cette année par De La Martinière Jeunesse qui l'avait courageusement publié en 1998 quand le sujet n'était pas encore à la mode.



Petit Doux est un ourson tout mignon. Il a un grand copain, Gros Loup, avec qui il joue beaucoup. Parfois, Gros Loup devient méchant. Les jeux ne sont plus tout à fait des jeux. L'ourson est malheureux. Où peut-il aller se plaindre quand Gros Loup menace de lui arracher les pattes ou de le manger cru? Petit Doux parvient à surmonter sa peur. Il raconte à tout le monde ce que Gros Loup lui a fait. Ce dernier est puni. Sur le thème délicat des abus dont sont victimes les enfants, Marie Wabbes livre un album sensible qui veut déculpabiliser les enfants. Leur dire qu'ils ont le droit de dire non. Qu'ils peuvent faire entendre leur voix, que les adultes n'ont pas tous les droits sur eux. Tout cela avec une extrême pudeur et d'une façon symbolique qui peut inciter un enfant en détresse à parler. Dès 4 ans.

Voici les dix albums qui avaient été sélectionnés pour les 0-6 ans.



En catégorie 6-8 ans, la lauréate est Murielle Szac pour "L'expulsion" (Editions Thierry Magnier, 2006.)

Des phrases courtes et sobres qui touchent pour dire la sale expérience vécue par Bintou, à savoir l'expulsion d'elle et de sa famille par des policiers du logement qu'ils occupaient depuis dix ans. C'était sans compter l'intervention de la maîtresse d'école...

Les dix livres proposés aux 6-8 ans étaient ceux-ci.




En catégorie 8-11 ans enfin, le lauréat est Roland Godel pour "J'ai osé dire non" (Oskar Editeur, 2016).

Le racket à l'école et les mécanismes qui permettent à des enfants d'y recourir: intimidation, mensonges, menaces violences de toutes sortes dont ils usent pour arriver à leur but.



Les dix livres sélectionnés pour les 8-11 ans étaient ceux-ci:



La remise des prix a eu lieu ce vendredi 14 octobre au Salon régional du Livre Jeunesse de Troyes.