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dimanche 12 avril 2026

La triste nouvelle du décès de May Angeli

May Angeli en Tunisie, son deuxième pays. (c) Karim Ben Smail.

A l'avant-veille de l'ouverture de la 63e Foire du livre pour enfants de Bologne, on apprend le décès de l'immense artiste May Angeli. Quelle tristesse! L'évoquer, c'est voir tout de suite surgir son sourire malicieux et les merveilleuses gravures sur bois qu'elle utilisait principalement dans ses albums pour enfants. Une technique qui n'allait pas de soi pour les éditeurs à ses débuts - elle me l'a rappelé ici à Moulins quand elle y a reçu le Grand prix de l'illustration - mais ne rebutait pas ses jeunes lecteurs, bien au contraire. Le choix des couleurs et la justesse du trait comme du propos les ont convaincus depuis belle lurette.

"Le chat qui s'en allait tout seul", de Rudyard Kipling. (c) Seuil Jeunesse.


Combien de générations ont-elles été enchantées par la virtuose de la xylographie, elle qui était née le 6 août 1937 à Clichy, d'une mère catholique de noblesse mi-bretonne, mi-gasconne, et d'un père juif ashkénaze tchèque, sous le nom de May Blumenfeld? Sa bibliographie entamée en 1961 à La Farandole après des études à l’École nationale supérieure des arts appliqués est richissime et une petite centaine de ses titres sont toujours disponibles, le dernier ayant été publié il y a un an (voir ici). 
 
C'est ce que rappelle le Seuil Jeunesse en annonçant son décès sur les réseaux sociaux.
"C'est avec une profonde tristesse que nous avons appris la disparition de May Angeli, autrice et illustratrice dont l'œuvre a marqué plusieurs générations de lectrices et lecteurs.
May Angeli a grandi au croisement de cultures qui ont façonné son regard sur le monde. Cette richesse d'héritage, on la retrouve dans toute son œuvre: une œuvre habitée par la tolérance, l'ouverture et un profond respect de l'altérité.
Formée aux Métiers d'art à Paris, May Angeli s'est d'abord illustrée par ses travaux à la gouache, à l'encre et à l'aquarelle. Mais c'est en 1980 qu'elle découvre ce qui deviendra sa signature artistique: la gravure sur bois, dont elle deviendra l'une des grandes maîtres. Ses albums, qu'elle crée en tant qu'illustratrice ou autrice-illustratrice, portent cette empreinte unique: la force du trait, la vibration de la couleur, la poésie des matières naturelles.
Son talent l'a menée à collaborer pour le livre, le théâtre, le cinéma, et à transmettre sans compter lors d'ateliers auprès des enfants. Tout au long de sa carrière, elle a su faire de ses images des espaces d'émotion, de dialogue et d'humanité.
Nous souhaitons aujourd'hui saluer une artiste lumineuse, engagée, curieuse, généreuse; mais aussi une femme profondément attachée à la liberté, à la beauté du monde et au partage. Son œuvre continuera longtemps d'accompagner les jeunes lecteurs, d'ouvrir des horizons, et de transmettre cette douceur grave qui lui était propre.
Nos pensées vont à sa famille, à ses proches, et à toutes celles et ceux qui ont été touchés par son travail."
Gravure sur bois, encore et toujours.


L'ancien éditeur tunisien Karim Ben Smail annonce aussi la triste nouvelle.
"May Angeli nous a quittés.
Notre amie May était une immense auteure jeunesse, publiée partout, en Tunisie aussi, son deuxième pays, où elle rejoignait tous les ans pour plusieurs mois son compagnon Hassen Filali, qui nous a quittés il y a quelques années. 
May a laissé beaucoup d’amis, beaucoup d'amour et de respect; une femme rare dont l'appartement parisien a toujours été le refuge, la porte ouverte à tous ses amis tunisiens. May savait accueillir, dans la simplicité. 
Farouche défenseure de toutes les libertés, je me souviens de ce jour à Paris où un policier contrôlait un peu trop brutalement un passant noir, elle s'est approchée, très près. Et quand on lui a dit «Circulez», elle a répondu «Non, j'observe, je témoigne». Sacrée nana.
May, c'était un regard de calme et de bonté. Quand elle nous hébergeait à Paris, dans son salon, il y avait une presse d'impression manuelle sur laquelle elle produisait ses belles gravures, une ambiance de magie créative, lumineuse. 
Quand mon beau-père, très malade, a dû aller se faire soigner à Paris, c'est elle qui l'a accueilli, sans hésiter. Comme pour tant d'autres, May était toujours là, bienveillante, intelligente, courageuse et malicieuse. La Tunisie est très présente dans ses livres, dans son cœur, beaux cadeaux à son pays d'adoption.
Nous lui avons rendu visite il y a une semaine à peine, épuisée par la maladie, douleurs et fatigue. Malgré cela, elle a tenu à se lever, à s'installer dans le fauteuil, parlant difficilement, mais trouvant toujours assez d'énergie pour nous sourire, «Je suis entourée de sauvages», manière de dire «Je veux partir», sans le dire. Puis «Sauf vous!». Je garderai toujours le souvenir de sa main dans la mienne, un geste inhabituel entre nous; elle m'a regardé et a esquissé un rire un peu essoufflé, avec un précieux «la main dans la main!», un petit éclair de malice dans les yeux, une dernière fois. 
Je l'avais appelée il y a quelques jours, elle allait mieux, mais était lucide, «Je ne m’inquiète pas», «Tu vas aller mieux, on t'attend à Tunis!». Hésitation, presque gênée, pudique: «Ça n'est pas possible». Lucide, peu de mots. Et quand je lui ai dit qu'on l’embrassait fort, elle a répondu «Oui, très fort, très fort». 
Une douceur profonde, jusqu'à sa dernière phrase pour l'aide-soignant à ses côtés, lors d'un bref et ultime moment, dans les brumes des calmants: «Vous êtes un très bon ami». De la gentillesse, jusqu'à la fin. 
Nous t'embrassons May, fort, très fort. 
Quel privilège de t'avoir côtoyée! 
Merci pour tout." 
"L'école est fermée". (c) La joie de lire.

Nédra Ben S., une autre de ses amies tunisiennes dit ceci:
"Il existe des femmes qui vous apprend ce que c'est que la liberté. May Angeli était de celles-là. Libre, audacieuse, elle ne renonçait pas à son désir. 
Elle vous apprenait aussi la droiture et l'intégrité, intellectuelle et affective. 
May est une amitié et une leçon. Merci."
L'illustrateur français Mathias Friman témoigne:
"Tellement triste de cette nouvelle. May était talentueuse, drôle. J'étais toujours heureux de la croiser, de rigoler avec elle …
Tu vas me manquer May"
Une autre personne rappelle qu'elle avait une collection de cuillères du monde. 
 
 
May Angeli
était beaucoup plus qu'une artiste créatrice de livres.  Au fil de son chemin, elle avait travaillé avec différents éditeurs, La Farandole et le Sorbier à ses débuts, le Père Castor et Syros ensuite. Très vite, Cérès en Tunisie. Les années 2000 la voient rencontrer Thierry Magnier et suivre Françoise Mateu, ex-Syros, au Seuil Jeunesse. En 2015, le titre "L'école est fermée, vive la révolution!" (lire ici), "un album très important pour moi", m'avait-elle écrit, ne trouve pas preneur chez ses éditeurs habituels et paraît en Suisse à La Joie de lire.
 
En 2018, May Angeli suit Caroline Drouot et Ilona Meyer qui quittent le Seuil pour fonder les Éditions des Éléphants qui deviendront sa maison d'édition principale des dernières années, en parallèle aux rééditions au Seuil Jeunesse et à quelques titres chez Didier Jeunesse (dont un avec le Belge Carl Norac, "Le carnaval des animaux sud-américains").
 
En juillet 2019, May Angeli a fait don à la BnF de plus de 900 planches, dessins et matrices originaux représentatifs de son travail. Bonne fée de la bibliothèque de l'Heure Joyeuse, elle a donné maquettes et gravures de plusieurs de ses livres au Fonds patrimonial. Généreuse, elle a aussi offert chaque année des œuvres pour la vente aux enchères du Muz. Sa carrière de plus soixante ans est d'une foisonnante vitalité. Il faut absolument s'y plonger, le bonheur s'y trouve. Que ses titres, souvent animaliers, soient empreints d'expériences quotidiennes, de contes classiques et de fables modernes, d'engagements. Tendresse, humour, narration, engagement, tout ce qui fait un bon livre pour enfants se trouve dans ses merveilleuses illustrations.
 
Une vaste exposition lui a été consacrée en novembre 2021 à la Bibliothèque François-Mitterrand, donnant à voir son exceptionnelle vitalité picturale. En parallèle, un très beau numéro hors-série de la Revue des livres pour enfants lui a été consacré, "May Angeli, les couleurs de l'enfance" (voir ici, commander ici). 
 
 
 
 
 
 
 
Au fil des ans, j'ai consacré plusieurs notes de blog à May Angeli dont j'ai toujours admiré et apprécié le travail (ici). 
 
 
Les derniers titres de May Angeli, nouveautés et rééditions.

vendredi 5 décembre 2025

"L'Art de l'autre" superbement célébré à Montreuil

Benoît Jacques et Susie Morgenstern, Grandes Ourses 2025 et 2024 du SLPJ.

Montreuil 2025, c'est fini. Depuis lundi soir déjà. Mais le temps de rentrer, de se remettre, de guérir le rhume, de parer aux urgences, on est déjà vendredi. Retour sur quelques temps forts.

Première impression: le monde! 196.000 visiteuses et visiteurs, un poil moins que l’an dernier (198.000). Un beau succès pour la 41e édition du Salon du livre et de la presse jeunesse en Seine-St-Denis qui était consacrée à "L'Art de l'autre". Six artistes coréens étaient présents, Min-seok Ha, Hye-eun Kim, Minu Kim, Soyung Lee, Gee-eun Lee et Seoha Lim. Un focus était fait sur les éditions helvétiques et sur les éditions africaines. Sans oublier l'habituelle Librairie Wallonie-Bruxelles. L'accès au Salon était gratuit pour tous, moyennant inscription en ligne.

Deuxième impression: l'ambiance chaleureuse, au propre et au figuré, le plaisir des retrouvailles et des découvertes, et le mélange des âges des visiteurs découvrant 400 maisons d'édition de toutes tailles, des plus grandes aux plus petites, ces dernières souvent présentes sur des stands collectifs ou alignées dans le grand marché et son nouveau couloir tout rouge.

Troisième impression: la générosité des artistes de la littérature de jeunesse lors des dédicaces et des rencontres. Peu importe les files d'attente et celles devant les stars des romans pour adolescents étaient impressionnantes, il y avait échange de part et d’autres des tables.
 
Quatrième impression: le grignotage constant de l'espace du Salon par les maisons d'édition publiant les séries, donjons, dragons, romance de toutes les couleurs, enfer et paradis que s'arrachent les ados. Mais au moins, ils lisent.

Les prix

Les Pépites, c'est ici.
 

La Grande Ourse, c'est ici. Notre Benoît Jacques (il est Belge même s'il habite en France) succède pour un an à Susie Morgentern. Il lui a adressé cet hommage, en alexandrins, lors du passage de témoin. 
"Ô Suzie, toi la Reine, l’Impératrice,
À la légendaire douceur protectrice,
Aujourd'hui, pour un court, un fugace moment;
Une minute, une seconde, un tout petit instant,
Il rayonne sur ma modeste carrière,
Un peu de ton éblouissante lumière,
Car, si chaque nuit scintille la Grande Ourse,
Le temps lui, demeure obstiné dans sa course.
Aussi, avant que pour moi ne s'amorce la pente,
La fatale, l'inexorable descente,
Reçois, Ô Suzie, en cet instant de bonheur,
La gratitude de ton humble successeur.
Quant à cette constellation je la partage
Avec celles et ceux auxquels je dois cet hommage."
 
Benoît Jacques a aussi permis un bon moment à la Télé du Salon lors de son interview par Lucie Servin (replay ici). L'occasion de mieux connaître le maître de la marge, le professionnel de l'autoédition avec ses Benoît Jacques Books, une centaine actuellement.
 
Les livres de Benoît Jacques rassemblés par Lucie Servin.

Les expos

L'exposition "regards croisés" a rassemblé deux par deux six artistes. Pas d'originaux mais une très belle scénographie extrêmement bien architecturée offrant parcours labyrinthiques et expériences sensorielles. "Tendre la main" avec l'humour de Csil et Gee-eun Lee, "Ouvrir les bras" avec la nature au cœur des livres de Caroline Gamon et Jeanne Macaigne, "Donner de la voix" avec la pratique artistique de Pauline Barzilaï et Maeva Rubli.  
 


Des expositions ludiques et artistiques.

Les rencontres

Parmi les dizaines rencontres organisées durant les six jours de la manifestation, pointons la chance qu'a eue le public - nombreux - d'assister à l'épatant dialogue sur l'information aujourd'hui entre l'Irlandais Chris Haughton, dont "Histoire de l'information" vient de sortir en français (Thierry Magnier Éditions) et les deux Ukrainiens, Romana Romanyshyn et Andriy Lesiv, auteurs du documentaire sur la communication "Tout le monde se parle!" (Rue du monde). 
 

Et au fil des allées, la joie de découvrir Philippe Dumas en train de signer chez MeMo qui réédite certains deux ses albums, "La reine des abeilles" (paru chez Grasset en 1984) et "Colin et Pauline", sur les vers libres d'Anne Trotereau (paru à l'école des loisirs en 1995), après lui avoir consacré en juin une passionnante monographie par Michèle Cochet, "Morceaux choisis" (256 pages).

Philippe Dumas.




vendredi 19 septembre 2025

Des auteurs jeunesse se mobilisent pour les enfants de Gaza

Dessin de Thierry Bouüaert.


EDIT 20/09/25
Mise en ligne de la tribune française (lire ci-dessous). 
  
Toute personne qui a un peu approché la littérature de jeunesse ces quinze dernières années connaît Chris Haughton. Peut-être pas le nom de l'auteur-illustrateur britannique mais ses albums, identifiables au premier coup d'œil. Format carré, couverture colorée, graphisme joyeux, personnages bien campés, excellent rapport texte-images. Les enfants les adorent et les adultes aiment les leur lire."Un peu perdu", "Oh non, George!",  "Bonne nuit, tout le monde", "Pas de panique, petit crabe", "Bravo, maman manchot!", "Et si?" et "Chut! On a un plan" sont tous disponibles en français aux éditions Thierry Magnier.
 
Les albums de Chris Haughton sont publiés en français aux éditions Thierry Magnier.
On retrouve sa chouette sur l'affiche "I oppose genocide".
 
L'art n'empêche pas l'attention au monde, et surtout aux dangers auxquels il expose les enfants. Particulièrement à Gaza actuellement. C'est la raison pour laquelle l'artiste Chris Haughton et son compère Joseph Nhan-O'Reilly, président de Advocates for Afghan Education, ont lancé en Grande-Bretagne une "Déclaration des auteurs, illustrateurs et éducateurs pour enfants sur la Palestine" (Statement on Palestine), adressée au gouvernement. Elle est en ligne ici et toujours ouverte à signature. 
 
 On y lit :
"Nous sommes indignés par l'assassinat de plus de 19.000 enfants à Gaza, par les milliers d'autres blessés et orphelins, ainsi que par la famine et la crise humanitaire qu'Israël leur inflige.
Nous nous sentons obligés de prendre leur défense.

Nous sommes horrifiés par l'incapacité persistante de la communauté internationale à mettre un terme au génocide et à demander des comptes à ses auteurs.

(…) Nous ne pouvons rester silencieux alors que des enfants sont tués, affamés et privés du droit de grandir en sécurité et en paix : leur vie, leur histoire et leur avenir comptent. Notre engagement envers eux nous pousse à nous exprimer, et nous continuerons à le faire jusqu'à ce que chaque enfant du monde puisse vivre en sécurité et dans la dignité."

Le texte britannique appelle aussi à revenir sur l'interdiction du groupe d'action directe non violent, Palestine Action, jugé "terroriste" et s'inquiète de la limitation de la liberté d'expression.

Il a été signé par plus de 500 personnes au Royaume-Uni, dont des éminences de la littérature de jeunesse, bien connues du public francophone. Sir Michael Morpurgo, Michal Rosen, Lauren Child, Chris Riddell, Anne Fine, Benjamin Phillips, Benji Davies, Daisy Hirst, Elise Gravel, Emily Gravett, Emma Chichester Clark, Jo Weaver, Pam Dix, Sergio Rozzier, pour ne citer qu'eux.
 
Plusieurs illustrateurs jeunesse ont signé le "Statement on Palestine".

 
Les dessins de la déclaration sont dus à Reem Madooh, une illustratrice koweïtienne qui puise son inspiration dans la nature, les paysages et les moments du quotidien koweïtien.

 
 
 

C'est le bébé chouette de "Un peu perdu", le premier titre de Chris Haughton, sorti en anglais et en français en 2011, que l'artiste a choisi pour son affiche "I oppose genocide". Une affiche qu'il brandit lors des manifestations dénonçant le génocide en cours à Gaza auxquelles il participe régulièrement. Où il est régulièrement arrêté. Ce qui lui permet de raconter cette anecdote. 

"5 septembre 
Demain je serai probablement arrêté pour avoir tenu ce panneau. J'y serai avec d'autres illustrateurs et amis sur la place du Parlement à partir de 12h50. À 13 heures, quand Big Ben sonnera, nous terminerons nos panneaux. Quand le mot "Action" est écrit après celui de Palestine, le détenteur du panneau peut être accusé de terrorisme.

Ce gouvernement britannique est complice de génocide. Le droit international, auquel le Royaume-Uni a signé, exige que le gouvernement mette fin à tout commerce militaire et à toute coopération avec Israël. Des centaines de milliers de gens britanniques marchent presque chaque semaine depuis deux ans pour exiger cela. Perversement, plutôt que de respecter ses obligations légales, le gouvernement a fait le contraire. Il a poursuivi les ventes d'armes et emprisonné ceux qui ont essayé de les arrêter. Il a déclaré que le groupe d'action directe non violent "Palestine Action" était des terroristes et a fait une descente chez eux et emprisonné ses dirigeants. (…)

Le génocide est un massacre, on l'appelle le crime des crimes. Nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour l'arrêter. Que ce soit légal ou "illégal", cela ne devrait pas faire de différence. Il est de notre devoir de ne jamais nous conformer à un gouvernement qui commet un génocide. C'est pourquoi tant de gens vont venir demain. 1.500 se sont engagés à se faire arrêter. Ce sera le plus grand acte de désobéissance civile de l'histoire britannique. (…) 

9 septembre
J'ai encore été arrêté samedi. Il y avait tellement de monde cette fois-ci qu'il a fallu près de huit heures avant que je sois emmené. J'ai été arrêté à 20h30 et j'ai été libéré vers 2 heures du matin. Je cachais mon nom et mon adresse pour que cela retarde le processus et obstrue le système, mais je suis tombé sur un officier qui m'avait déjà arrêté. Il m'a dit
"Eh bien, bonjour Mr Haughton" et j'ai été libéré sous caution immédiate. Quand je suis sorti, j'ai rencontré un autre manifestant qui avait fait tout le chemin depuis Bristol pour en être. Il était un peu coincé car il n'y aurait pas de train avant le lendemain matin. Certaines personnes peuvent hésiter à inviter un terroriste présumé que vous n'avez jamais rencontré auparavant à venir chez vous, mais il m'a semblé plutôt gentil. Il s'est avéré qu'il avait de jeunes enfants et pouvait réciter les phrases entières de "Oh non, George !" On a pris une photo pour son fils.

Je suis très reconnaissant de faire ça. Je ressens tellement de chagrin et de colère face à ce qui se passe à Gaza. C'est tellement bon d'être entouré de gens qui s'en soucient profondément. En somme, nous avons passé une agréable après-midi assis sur l'herbe à partager de la nourriture, à discuter avec des amis et à rencontrer de nouvelles personnes adorables. Il y a eu des moments d'émotion, des rappels de ce qui se passait à Gaza, mais aussi une ambiance de carnaval (…) C'était un peu comme des chaises musicales parce que toutes les x minutes, une personne se faisait emmener par la police."

En France aussi 
 
Un dessin de Beatrice Alemagna,
créé en soutien à la Global Sumud Flotilla.

Cet appel de plus de 500 personnes en Grande-Bretagne a trouvé écho en France où une démarche analogue est en phase finale. Le texte anglais a été repris et adapté au contexte français, mentionnant notamment la dissolution de Urgence Palestine ou les poursuites à l'encontre de l'Union Juive pour la Paix. Il invite les professionel·les du livre jeunesse et de l'éducation en France à signer une déclaration collective exprimant l'indignation, notamment face à ce que subissent les enfants à Gaza et à la répression des manifestations de solidarité. Les signataires précisent que la tribune a été rédigée avant l'entrée des chars israéliens dans la ville de Gaza le 18 septembre. 

Trois cents personnes du monde de la littérature de jeunesse ont déjà signé la tribune qui, parue sur le site Actualitté (lire ici), est portée par un site et continuera d'être ouverte à signatures (ici). Parmi elles, Claude Ponti, Marie-Aude Murail, Marie Desplechin, François Place, Anouk Ricard, Anne-Laure Bondoux, Serge Bloch, Grégoire Solotareff, Eric Pessan, Flore Vesco, Beatrice Alemagna, Emmanuelle Houdart, Benjamin Chaud, Marguerite Abouet, Ilya Green, Praline Gay-Para. On trouve des Belges et des Suisses dans les signataires.

L'Italie participe également au mouvement (lire ici).

Et la Belgique? Il y a eu l'hommage aux journalistes palestiniens assassinés à Gaza, organisé par des fédérations professionnelles (lire ici). Il y a eu la lecture des noms des 18.700 enfants assassinés à Gaza à l'initiative du cinéaste Thierry Michel (lire ici). Y aura-t-il un appel des professionnels du livre jeunesse belge à dénoncer le génocide en cours à Gaza et, peut-être, à appeler à la paix, ce mot qui semble avoir disparu?


vendredi 5 septembre 2025

Les romans en lice pour le prix Vendredi 2025

La sélection 2025 du prix Vendredi.

 
Créé en 2016 par le groupe des éditeurs jeunesse du Syndicat national de l'édition (SNE) et désigné pour la première fois en 2017, le prix Vendredi (lire ici) récompense chaque année un ouvrage francophone destiné aux plus de 13 ans, et publié entre le 1er octobre de l'année précédente et le 30 septembre de l'édition en cours à compte d'éditeur. Il est choisi par un jury de professionnels. Nous voilà déjà à sa neuvième édition.
 
La Fondation d'entreprise La Poste, partenaire historique du Prix, dote le Prix Vendredi d'une enveloppe globale de 3.000 euros.
 
 
Les dix titres sélectionnés
(par ordre alphabétique des titres) 
  • "A croquer", Anne-Fleur Multon (Ed. Thierry Magnier)
  • "Célèbre à en mourir, Alain Gagnol (Syros)
  • "Dans le ventre de Fianna Sinn", Fanny Chartres (l'école des loisirs)
  • "Francœur", Marie-Aude Murail et Constance Robert-Murail (l'école des loisirs)
  • "La Part du vent", Nathalie Bernard (Ed. Thierry Magnier)
  • "Les Frontières écarlates", Solène Ayangma (Talents Hauts)
  • "Le Silence est à nous", Coline Pierré (Flammarion Jeunesse)
  • "Nina perd le Nord", Céline Gourjault (Seuil jeunesse)
  • "Sainte-Marie-des-Haines-Infinies", Louise Mey (La ville brûle)
  • "Véda s'en va", Sarah Maeght (Albin Michel)
 
 
Jury du prix Vendredi
  • Raphaële Botte, journaliste spécialisée en littérature jeunesse pour "Télérama"
  • Maureen Desmailles, autrice lauréate du Prix Vendredi 2024
  • ​Marie Desplechin, journaliste et autrice de livres jeunesse et adultes
  • Emmanuelle Kabala, responsable des romans au CNLJ.
  • Lucie Kosmala, journaliste et formatrice spécialisée en littérature jeunesse.
  • Tom Lévêque, auteur et spécialiste de la littérature adolescente
  • Cécile Ribault-Caillol, journaliste littéraire
  • Anne Ricou, rédactrice en chef adjointe du magazine "Je Bouquine"
  • Simon Roguet, libraire à la librairie M'Lire, Laval.​
 
Prix Vendredi des lecteurs du pass Culture (3e édition)
Une collaboration entre le Prix Vendredi et le pass Culture a été initiée en 2023 et donne lieu à la création du Prix Vendredi des lecteurs du pass Culture. Ce prix est remis par un jury composé de neuf jeunes lecteurs et lectrices (15 à 19 ans) issus de différentes régions et bénéficiaires du pass Culture.
 
La remise du Prix en présence des auteurs et éditeurs aura lieu le mardi 4 novembre à 11 heures à la médiathèque Françoise Sagan (8 rue Léon Schwartzenberg, 75010 Paris). Deux heures avant l'annonce du prix Goncourt chez Drouant!
 

Palmarès

2024 Maureen Desmailles pour "La chasse" (Ed. Thierry Magnier, lire ici) et Anne Loyer pour "Charbon bleu" illustré par Gérard DuBois (D'eux, lire ici)
2023 Claudine Desmarteau pour "Au nom de Chris" (Gallimard Jeunesse)
et Arnaud Cathrine, prix Vendredi - Jury des jeunes Pass Culture pour "Octave" (Robert Laffont)
2022 Claire Castillon pour "Les Longueurs" (Gallimard Jeunesse, lire ici)
2021 Sylvain Pattieu pour "Amour chrome" (l'école des loisirs, lire ici)
2020 Vincent Mondiot, pour "Les Derniers des Branleurs" (Actes Sud junior, lire ici)
2019 Flore Vesco, pour "L'Estrange Malaventure de Mirella" (l'école des loisirs, lire ici)
2018 Nicolas de Crécy, pour "Les amours d'un fantôme en temps de guerre " (Albin Michel, lire ici)
2017 Anne-Laure Bondoux, pour "L'Aube sera grandiose" (Gallimard, lire ici)
 
 
 

lundi 24 mars 2025

Une Belge au palmarès des prix Sorcières 2025

L'affiche 2025, signée Elisa Géhin.

L'ABF (Association des Bibliothécaires de France) et l'ASLJ (Association des Librairies Spécialisées Jeunesse-Librairies Sorcières) viennent de communique le palmarès des prix Sorcières 2025 (présélections ici). 
 
Deux titres d'une grande maison d'édition, l'école des loisirs et Thierry Magnier, trois titres d'une maison moyenne, La Partie (deux) et hélium (un), un titre d'une petite maison habituée de ce palmarès, Maison Georges. Et en cerise sur ce choix, une Belge, Sarah Cheveau. Voici le palmarès.
 

CARRÉMENT BEAU MINI

7 Comptines d'Oiselles
et d'Oiseaux
Sarah Cheveau
Éditions Thierry Magnier

Un coffret de sept petits livres qui jouent avec les sons, les images et les mots pour découvrir les premiers apprentissages. Une mini-bibliothèque portative incite les bébés à partir à la rencontre du poussin, du coucou, de la chouette ou du pic épeiche. A se laisser emporter par leur chant, à jouer grâce à eux avec les chiffres, les couleurs ou les formes. Le tout porté par l'humour et la fantaisie de Sarah Cheveau.
 
"7 comptines pour oiselles et oiseaux". (c) Ed. Thierry Magnier.
 
 
CARRÉMENT BEAU MAXI
Un abri
Adrien Parlange
La Partie, 40 pages
 
Ce magnifique album fut finaliste des prix IBBY Belgique francophone 2024 (lire ici). Solidarité et découverte de l'autre au-delà de peurs légitimes sont merveilleusement traitées dans cet album où une petite fille et plein d'animaux s'abritent tous ensemble derrière un rocher pour se protéger du soleil.
 
"Un abri" d'Adrien Parlange. (c) La Partie.
 
 
 
CARRÉMENT PASSIONNANT MINI
L'Étoile de Mo
Yeonju Choi
traduit du coréen par Elvire Beaule
hélium, 176 pages
 
Un roman délicatement illustré, Mention spéciale en catégorie Opera Prima à la Foire de Bologne 2024 (lire ici), autour de Mo, un petit chat insomniaque. Une nuit où il ne trouvait pas le sommeil, il aperçoit au loin une étrange et brève lumière. Elle l'attire, il s'aventure à sa recherche en pleine nuit. Dans la forêt, il rencontrera plein d'animaux qui lui donneront de quoi continuer son périple et le guideront, tout en le mettant en garde contre un ours à l'haleine fétide.  Mo est à la fois effrayé et curieux de le rencontrer... 
 
"L'étoile de Mo". (c) hélium.

 
 
CARRÉMENT PASSIONNANT MAXI
La Plus Grande
Davide Morosinotto
traduit de l'italien par Marc Lesage
l'école des loisirs, "Médium"


 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
CARRÉMENT SORCIÈRES FICTION
Mon nom est Billy des nuages
Éva Offredo
Maison Georges

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
CARRÉMENT SORCIÈRES NON-FICTION
Qu'est-ce qu'une frontière?
Gudol & Haerang
traduit du coréen par Sungyup Lee
La Partie, 64 pages
 
 Le monde est divisé en plus de 200 pays délimités par des frontières. Mais qu'est-ce qu'une frontière? Ces délimitations inventées par les humains peuvent apparaître, disparaître ou changer soudainement. Certaines frontières suivent le cours d'un fleuve, d'une côte ou d'une chaîne de montagne, d'autres sont tracées en lignes droites. Certaines sont grandes ouvertes, et d'autres fermées par des murs et des armées. Mais qu’elles soient dangereuses ou non, les humains les franchissent depuis toujours: pour explorer, se mettre à l'abri, envahir, commercer ou trouver un emploi ou un sens à sa vie... Quant aux oiseaux et aux poissons, ils se fichent bien des frontières, comme les ondes, l'air ou la pollution.
 
 
"Quest-ce qu'une frontière?" (c) La Partie.

 
 


mercredi 27 novembre 2024

Bingo! Deux Pépites belges à Montreuil

"Je t'explique..." (c) Editions Thierry Magnier.

En ce jour d'ouverture du 40e Salon du livre et de la presse de en Seine-Saint-Denis,
le palmarès des Pépites (sélections ici) vient de tomber. Incroyable! Les deux rencontres "Pépites" pré-salon organisées en Belgique (lire ici) ont donné deux Pépites. On peut dire qu'elles ont été prémonitoires mais pas qu'elles ont influencé le jury, 36 jeunes, âgés de 8 à 18 ans, sélectionnés suite à un appel à candidatures en France métropolitaine et dans les territoires ultra-marins.

Les lauréats des Pépites 2024

 
Pépite livre illustré 
 
Des siècles
et des siècles
Christophe Honoré
Gwen Le Gac
Thierry Magnier Éditions, 32 pages

Deux fois plus large que haut, l'album présente la conversation proche de la logorrhée entre un grand frère et sa petite sœur. Elle apparaît en une ligne de texte qui court sur toute la largeur des pages. L'aîné essaie de la convaincre de sa suprématie. Trois ans d'âge, c'est tout dire! Le format à l'italienne permet à l'illustratrice de déployer de très belles images dans la veine réaliste pour la forme. Pour le fond, c'est différent. Et c'est la raison pour laquelle cet album drôle prend tellement bien. Car dans son adresse à sa petite sœur, le grand frère multiplie les explications les plus abracadabrantes, parcourant de son ton grandiloquent toute l'histoire du monde jusqu'au big bang. C'est hilarant même si lui se croit cartésien. Et cela ne trompe pas la cadette qui répondra à cet incroyable monologue d'un simple mot.

"Je vais te dire..." (c) Editions Thierry Magnier.

 
Pépite fiction juniors
 
Mori

Marie Colot
Noémie Marsily
CotCotCot Éditions, 204 pages
 
"Dokusho a tanoshimo" (bonne lecture). A la fois roman graphique et docu-fiction, ce livre illustré épais de bon format nous emmène au Japon où la création d'une forêt urbaine par le botaniste Akira Miyawaki fait se rencontrer Mikiko et Kazuho. C'est à la fois un roman d'apprentissage avec une héroïne qui devient adolescente, une invitation à réfléchir à la place de la nature dans nos vies et un appel à créer divers écosystèmes dans l'actuel contexte d'urgence climatique. 
 
 
Pépite bande dessinée 
 
Hey Djo!

Marzena Sowa
Geoffrey Delinte
Gallimard Bande Dessinée, 168 pages

Ce sont les grandes vacances pour Djo. À 13 ans, il n'a aucune envie d'accompagner son père, camionneur, sur les routes de France. Alors que les paysages défilent, il découvre un monde à part, qui n'est pas sans danger... et se prend à apprécier la parenthèse estivale, entre grande aventure et sentiment de liberté.
 
 
Pépite fiction ados
 
La Danse sauvage d'Harmonie Stark

Sigrid Baffert
Jean-Michel Payet
l'école des loisirs, 288 pages

Ambiance far-west dans ce roman à lire avec chapeau Stetson et chaussé de bottes de cow-boy. On est dans l'Ouest du XIXe siècle pour une histoire de rage et de vengeance. Que fuient Petit, le minot, Grand, avec sa jambe blessée, et la jument, Captain Wynn? Pourquoi La Vipère a-t-elle tiré à la Winchester sur le vieux Fillmore et mis le feu à la grange? Tous les autres du refuge sont-ils morts dans l'incendie?


Pépite d'or
désignée par un jury de critiques littéraires pour récompenser le meilleur livre de l'année.

Bianca et la Forêt des parents égarés
Marie Boisson
Misma, 192 pages, novembre 2023

Bianca vit avec sa tante Clémentine et son cousin Julien depuis que ses parents ont disparu un jour sans que personne ne sache ni où ni pourquoi. Bianca en a marre ne pas savoir et qu'on ne réponde jamais à ses questions ! Elle décide de fuguer pour partir à leur recherche. Une adresse notée sur un post-it la conduit jusqu'à La Forêt des Parents Égarés. Mais elle n'y trouve pas ses parents. On lui conseille alors de se rendre au Bureau des Problèmes à Résoudre et au Bureau des Affaires Résolus. Mais avant d'y arriver, Bianca traversera bien des épreuves et rencontrera des personnages tous plus farfelus les uns que les autres.



mardi 5 novembre 2024

Le prix Vendredi "jeunes lecteurs" au roman illustré "Charbon bleu"

 
Le titre figurait en première place des sélections du huitième prix Vendredi 2024 (lire ici). Le roman "Charbon bleu" d'Anne Loyer illustré par Gérard DuBois (D'eux, 132 pages, novembre 2023) est le lauréat du prix Vendredi Pass Culture, un prix de lecteurs. Une auteure français, un illustrateur français travaillant à Montréal et une maison d'édition québécoise.
 
Dans ce roman de mine et d'espoir, on rencontre deux adolescents, magnifiquement représentés en gravure. Ermine aurait espéré pouvoir étudier, sortir du village minier et échapper à son destin. Mais la fatalité l'oblige à descendre dans la Fosse Bonnemère, seul futur offert aux habitants de Marlin. Là, dans les profondeurs de la terre, l'adolescente fait une rencontre inespérée, celle de Firmin, aussi lumineux qu’un matin de printemps. Un phare dans cette traversée.
 


"Bleu charbon". (c) D'Eux.

 
 
 

Maureen Desmailles
reçoit, elle, le prix Vendredi du jury, le vrai prix Vendredi, l'autre étant un accessit, pour "La Chasse" (Thierry Magnier Éditions, 240 pages collection "L'Ardeur", 2023), son premier roman ado.

L'histoire à la première personne de Max, 17 ans. Max, un narrateur ou une narratrice dont l'identité de genre ne sera jamais révélée. Max, qui depuis l'enfance vit dans l'ombre de son grand frère, si brillant. Max qui se sent invisible, toujours à contre-temps. Mais cet été, alors que ses parents et son frère sont à Paris pour quelques semaines, Max fait la rencontre d'Ellie, la fille des nouveaux voisins, et de Cosme, son petit ami. Une chose est sûre, pour lui comme pour elle, Max est loin d'être invisible. Ce couple, leur liberté, le désir qui grésille entre eux fascinent Max qui finit par jouer un jeu dangereux, au risque de les perdre tous les deux.

Pour lire en ligne un extrait de "La chasse", c'est ici.

 

Palmarès

2023 Claudine Desmarteau pour "Au nom de Chris" (Gallimard Jeunesse)
et Arnaud Cathrine, prix Vendredi - Jury des jeunes Pass Culture pour "Octave" (Robert Laffont)
2022 Claire Castillon pour "Les Longueurs" (Gallimard Jeunesse, lire ici)
2021 Sylvain Pattieu pour "Amour chrome" (l'école des loisirs, lire ici)
2020 Vincent Mondiot, pour "Les Derniers des Branleurs" (Actes Sud junior, lire ici)
2019 Flore Vesco, pour "L'Estrange Malaventure de Mirella" (l'école des loisirs, lire ici)
2018 Nicolas de Crécy, pour "Les amours d'un fantôme en temps de guerre " (Albin Michel, lire ici)
2017 Anne-Laure Bondoux, pour "L'Aube sera grandiose" (Gallimard, lire ici)