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jeudi 6 novembre 2025

Le prix de Flore à Rebeka Warrior

Rebeka Warrior. (c) Marie Rouge.

 
Le prix de Flore 2025 a été attribué le mercredi 5 novembre à Rebeka Warrior pour "Toutes les vies" (Stock), son premier roman. Une autofiction qui est le récit d'une histoire d'amour sublime, d'un deuil impossible et d'une quête spirituelle qui sauve. Elle l'a emporté par sept voix contre deux pour "Le fou de Bourdieu" de Fabrice Pliskin (Le Cherche Midi) et deux pour "Jacky" d'Anthony Passeron (Grasset).
Deux autres titres figuraient aussi dans la sélection finale, "Il pleut sur la parade" de Lucie-Anne Belgy (Gallimard) et "La bonne mère" de Mathilda Di Matteo (L'Iconoclaste).

Rebeka Warrior est le nom de scène de Julia Lanoë, figure emblématique de la scène électro-punk et queer française, membre notamment des groupes Sexy Sushi, Mansfield.TYA et Kompromat. Née en mai 1978 à Saint-Nazaire, elle est diplômée des Beaux-Arts de Nantes et engagée dans une démarche artistique radicale et plurielle.
 
Pour lire en ligne le début de "Toutes les vies", c'est ici
 
 
 

mercredi 6 novembre 2024

Le prix Femina décerné à Miguel Bonnefoy

Miguel Bonnefoy. (c) AFP.

On aurait pu croire que les jurées du prix Femina se soient accordées sur un troisième choix, faute de départager leurs deux préférés, tant a été grande la surprise d'entendre que le prix Femina 2024 allait à Miguel Bonnefoy, 37 ans, pour "Le Rêve du jaguar" (Rivages), récompensé à juste titre il y a moins d'une semaine par le Grand prix du roman de l'Académie française (lire ici). Il semble qu'il n'en soit rien. En plusieurs tours, il l'aurait tout simplement emporté par cinq voix contre quatre à Emma Becker dont "Le mal joli" (Albin Michel) était favori. Dommage qu'un autre roman francophone n'ait pas été mis à l'honneur ce mardi 5 novembre

Les dames se sont montrées plus pertinentes et audacieuses dans l'attribution de leurs autres récompenses.
 
Le prix Femina de l'essai va à "Tenir tête", de Paul Audi (Stock, 328 pages).
Présentation de l'éditeur:  Choqués par le pogrom perpétré par le Hamas dans le sud d'Israël le 7 octobre 2023, et désemparés devant la riposte de l'armée israélienne à Gaza, deux amis français s'échangent des lettres dans lesquelles ils s'inquiètent de la recrudescence des actes et des discours antisémites partout dans le monde.
 
 
 
 
Le prix Femina du roman étranger va à "Propre" d'Alia Trabucco Zerán (traduit de l'espagnol par Anne Plantagenet, Robert Laffont, collection "Pavillons", 272 pages).
Présentation de l'éditeur: Le monologue d'une domestique qui retrace, dans un récit lucide, impitoyable et brutal, les étapes menant au drame qui fera s'effondrer le décor d'une vie "propre"
 

 
 
 
Quant à l'écrivain irlandais Colm Tóibín, il a reçu le prix spécial du jury Femina a attribué pour l'ensemble de son œuvre. Auteur de dix romans, finaliste du Booker Prize pour "Le Maître", son roman biographique consacré à Henry James, le grand public le découvre avec la publication de "Brooklyn". L'adaptation cinématographique de ce dernier livre connut un grand succès en 2015 et fut nommé aux Oscars. Il est également l'auteur de plusieurs livres d'essais, de recueils de nouvelles et du best-seller sur Thomas Mann, publié en 2022 chez Grasset, "Le Magicien".
"Long Island" (traduit de l'anglais (Irlande par Anna Gibson, Grasset, 400 pages) se situe à l'interstice entre deux mondes. Il offre des retrouvailles bouleversantes avec Eilis Lacey dont les lecteurs de "Brooklyn" se souviennent encore. Quinze après la publication de ce best-seller, Colm Tóibín fait la démonstration magistrale de ses talents de romancier avec un inoubliable portrait de femme.

 

mardi 14 février 2023

Roméo et Juliette à Bizerte en 1921

L'armée blanche quittant la Crimée.

Le nouveau roman de Didier Decoin, bientôt 78 ans, nous emmène à Bizerte, au nord de la Tunisie, il y a un siècle. Un fameux saut dans l'espace et dans le temps que nous propose "Le nageur de Bizerte" (Stock, 450 pages), épais, lettré et très descriptif - on pourrait en faire un film rien qu'en le lisant. Il nous conte avec moult détails la rencontre dans la lagune de Bizerte d'une jeune Ukrainienne en robe blanche installée à bord d'un des bateaux de la flotte russe ayant fui la révolution et les bolcheviks et d'un jeune bouchkara (docker) tunisien, nageur à ses heures, qui travaille au port, sur fond d'une vérité historique oubliée ou méconnue.

Un roman né de quasi rien, d'un nom posé un jour, il y a plusieurs années, sur un bout de papier. "Le roman a commencé tout à fait par hasard", me confesse Didier Decoin, homme au plus de cinquante livres, romans, essais, littérature jeunesse, de passage à Bruxelles. "Un jour de réunion à l'Académie Goncourt (NDLR: il en est membre depuis le 6 juin 1995 et la préside depuis le 20 janvier 2020), j'ai écrit sur un bout de papier le nom de Tarik Aït Mokhtari. Tahar Ben Jelloun (NDLR: juré Goncourt) qui passait derrière moi me déclare: "C'est un nom tunisien, ça, mais le "Aït" indique que c'est le nom d'un Tunisien berbère!"

Rentré chez lui, l'écrivain fonce sur son ordinateur et entame des recherches sur internet à propos des Berbères de Tunisie. Il est ferré par les infos qu'il pêche. Il lit des livres en rapport avec le sujet qu'il croit tenir, dont celui d'Anastasia Manstein-Chirinsky (1912-2009), "La dernière escale: le siècle d'une exilée russe à Bizerte" (Tunis, Sud Éditions, 2000, 309 pages), autobiographie de référence contant l'incroyable destin de la dernière survivante de la communauté russe installée en Tunisie il y a juste un siècle, dans le sillage de l'évacuation, depuis la Crimée, des navires de l'escadre de la mer Noire pendant la guerre civile russe. "Cela sert à ça, la littérature, trouver des sujets inattendus", commente-t-il. "Il y a quand même 7.000 Russes blancs qui sont arrivés à Bizerte en 1920-21 et y ont séjourné plusieurs années souvent." L'occasion de lui glisser dans l'oreille l'expression tunisienne "se sentir comme un Russe blanc à Bizerte"

Didier Decoin tenait sa toile de fond, les Russes exilés dans le port de Bizerte sous la protection de la France. Il avait son théâtre. "Je suis obsédé par l'idée de l'arrachement, de l'exode de personnes qui n'ont rien demandé à personne. Tous mes livres en parlent d'une manière ou d'une autre, mais de façon souvent détournée. Moi qui suis casanier comme un vieux chat, cela m'interpelle. Je me suis dit qu'il fallait que, cette fois, je parle vraiment d'un exode. Mes deux personnages principaux parlent français, Yelena parce qu'elle est cultivée, Tarik parce qu'il est Tunisien et que la Tunisie est alors sous protectorat français. J'ai voulu qu'ils se rencontrent pour la première fois comme dans la scène du balcon de Roméo et Juliette. Lui est en bas, il nage dans la mer, elle est en haut, à bord d'un navire de guerre chargé de Russes blancs qui ont fui devant les Bolcheviques."

Le cuirassé Georguii Pobedonossets où se trouve Yelena.

"Le nageur de Bizerte" oscille entre les scènes de janvier 1921 à Bizerte et celles de la fin 1920 en Ukraine. Ce roman, Didier Decoin l'avait entamé dès 2019. Sans imaginer ce qui se passerait le 24 février 2022. "La guerre en Ukraine a été un mauvais coup pour moi. Dans ma version initiale, Yelena était Russe et éprouvait ce sentiment de supériorité qu'éprouvent souvent les Russes vis-à-vis des Ukrainiens. Avec l'opération de Poutine, je ne pouvais pas maintenir une héroïne russe. Yelena Maksimovna est donc devenue ukrainienne. C'est le pouvoir du romancier mais un effet collatéral de l'"opération militaire spéciale" de Poutine du 24 février. L'Ukraine est au demeurant un très beau pays."

Donnant alternativement la parole à Yelena et à Tarik, le roman détaille l'exil précipité des premiers et l'accueil souvent intéressé des seconds. Sauf quand l'amour, ou au moins l'attirance, s'en mêle entre les deux personnages principaux qui auront un destin digne du film "Titanic". On découvre aussi la vie de la communauté amazigh de Bizerte alors, ce qui pourra paraître étonnant aux connaisseurs de la Tunisie. "Auparavant", explique Didier Decoin, "il y a eu un nid berbère au nord-est de la Tunisie. Aujourd'hui encore, les Amazighs sont très actifs dans leurs revendications. Leur drapeau est très beau, leur nourriture délicieuse, leurs fêtes de mariage somptueuses, sans oublier la manière dont ils célèbrent le premier jour de l'an. C'est une vraie fête, avec de la fierté, des revendications, ce n'est pas pour rien que les Amazighs s'appellent les "hommes"."

Didier Decoin.
Ce nouveau roman permet aussi à l'écrivain de contenter sa passion ancienne pour les bateaux. "La France s'est bien comportée dans cette affaire pour une fois, j'ai plaisir à le rappeler. La flotte russe arborait en effet le pavillon tricolore bleu-blanc-rouge comme protection. Mais les bateaux sur lesquels les exilés sont arrivés à Bizerte via Constantinople sont vieux et abîmés, ce sont des épaves flottantes. Je les ai vus dans un petit bout de film sur la flotte russe que m’a montrée la Marine française. Si on ne leur a pas tiré dessus, ils n'ont pas été épargnés par les terribles tempêtes tunisiennes. Ils devaient manœuvrer alors qu'ils étaient comme des châteaux gothiques avec des tourelles et des débords partout. Rien à voir avec les bateaux de guerre actuels, tout lisses."

Le sujet historique est adouci par l'arrivée d'un Américain nommé Agustin Ottomar, qui se déplace dans une élégante Torpedo de couleur jaune. "Il est l'élément perturbateur du récit. Américain, il veut épouser la sœur de Tarik, Chadia, parce que, photographe de cartes postales, ces cartes exposées dans tous les tourniquets d'Amérique, il a fait une photo de "l'orbe de son sein gauche". Mais Tarik défend l'honneur de sa sœur... Ils méritent toutefois une recherche, ces photographes d'hier, fabricants de cartes postales."

Bref, amateur de phrases longues, de descriptions précises, d'explications détaillées constantes, de mots rares, d'emportements verbaux louchant vers le lyrisme, "Le nageur de Bizerte" qui convoque nombre d'écrivains russes ou autres, est pour vous.









jeudi 27 octobre 2022

Le prix Décembre 2022 à Lola Lafon

Lola Lafon. (c) Jean-Luc Bertini - Pasco.

Superbe choix que celui du jury du prix Décembre (15.000 euros) ce 26 octobre que de récompenser Lola Lafon pour son récit "Quand tu écouteras cette chanson" (Stock, 180 pages). Le prix lui est allé au deuxième tour de scrutin, par cinq voix contre quatre au premier roman de Corentin Durand, "L'Inclinaison" (Gallimard) - la troisième sélection mentionnait aussi "Vivre vite" de Brigitte Giraud (Flammarion). Un livre où elle raconte sa nuit au musée Anne Frank à Amsterdam, l'an dernier en août. Au musée et dans l'Annexe, là où vécut la famille juive avant d'être déportée. Un livre qui s'est un jour, ou plutôt une nuit, imposé à elle. Elle devait l'écrire.

Pour cela, il lui fallait se rendre au musée et convaincre le conservateur de l'intérêt de sa démarche. Tout cela, elle le partage avec le lecteur, en petites phrases simples, sans pathos, l'invitant dans son expérience.

Un livre qui lui a permis de faire des découvertes sur la jeune fille, devenue au fil du temps une icône presque robotisée alors qu'elle était un être humain, de sang, d'émotions, de sentiments, de rêves et d'espoirs. Un livre où Lola Lafon rend à Anne Frank son humanité et montre combien la collégienne était douée pour la littérature. Une rencontre avec une jeune fille morte avec sa famille, tuée par la barbarie nazie, qui lui a aussi permis de retrouver l'histoire de sa propre famille, juive elle aussi, massacrée durant la guerre elle aussi, mais dont le destin avait été occulté jusque-là et, ce chemin parcouru, de mieux se connaître elle-même. Un livre bouleversant et lumineux.
"Le 18 août 2021, j'ai passé la nuit au Musée Anne Frank, dans l'Annexe. Anne Frank, que tout le monde connaît tellement qu'il n’en sait pas grand-chose. Comment l'appeler, son célèbre journal, que tous les écoliers ont lu et dont aucun adulte ne se souvient vraiment.

Est-ce un témoignage, un testament, une œuvre?

Celle d'une jeune fille, qui n'aura pour tout voyage qu'un escalier à monter et à descendre, moins d'une quarantaine de mètres carrés à arpenter, sept cent soixante jours durant. La nuit, je l'imaginais semblable à un recueillement, à un silence. J'imaginais la nuit propice à accueillir l'absence d’Anne Frank. Mais je me suis trompée. La nuit s'est habitée, éclairée de reflets; au cœur de l'Annexe, une urgence se tenait tapie encore, à retrouver."
Lola Lafon

Pour lire en ligne, et il faut le faire tant c'est beau, le début de "Quand tu écouteras cette chanson", c'est ici.




mardi 19 avril 2022

Violences ordinaires à la police

(c) Stock.

Entendre un commentaire à la radio qui évoque les deux pires ministres du président Macron, à savoir Intérieur et Education nationale, c'est penser immédiatement à l'auteur-illustrateur français Remedium. Enseignant le jour et créateur de bande dessinée le soir, Christophe Tardieux de son vrai nom consigne en la dessinant depuis près de cinq ans la violence du système scolaire français et celle du système policier sans limitation de frontière - en 2005, son premier livre, "Obsidion", traitait des émeutes en Seine-Saint-Denis. C'est peu dire qu'il ne ne manque pas de matière, ni à l'école, ni à la police. A chaque affaire amenée par l'actualité, l'engagé, le militant enquête, réunit les éléments et en conçoit une bande dessinée qu'il publie sur les réseaux sociaux. Pas de grande recherche artistique, mais l'effet bœuf des faits portés par la voix de ceux et elles qui en ont été les victimes et des cases de contexte. Ce sont ses "Cas d'école" et ses "Cas de force majeure". On y apprend souvent bien davantage que ce que les médias traditionnels en disent. On y découvre même parfois certaines histoires.

A la rentrée scolaire 2020, Remedium publiait l’album "Cas d'école", dénonçant la violence du système scolaire français à l'égard des enseignants (lire ici). 









(c) Stock.
A la rentrée scolaire 2021 devait sortir, toujours aux Editions des Equateurs, l'album "Cas de force majeure". Conçu sur le même principe que le précédent mais dénonçant cette fois vingt affaires de violences policières ordinaires, seize publiées en ligne et quatre inédites (celles de Théo, violé, de Maria, massacrée pour rien, du ministre Gérald et d'Amar, le brigadier-chef lanceur d'alerte). Au printemps, au moment de l'impression, bon à tirer donné, un retard inexpliqué précède le revirement soudain de la maison d'édition. Sans doute à cause de l'avant-dernière histoire, celle d'un certain Gérald! Alors que celle de Jean-Michel, à la même place dans le volume "Cas d'école" était passée sans problème. Emotion sur les réseaux sociaux criant à la censure.

Finalement, plusieurs mois plus tard, la bonne nouvelle arrive: le livre document de Remedium va être publié par deux courageuse éditrices de Stock. BD poignante, "Cas de force majeure, histoires de violences policières ordinaires" est sorti en début d'année (Stock, 96 pages). Vingt histoires dans cet album au titre au double sens narquois, dont celle du Belge Adil et celle de l'Américain George Floyd. Certaines médiatisées comme celle du producteur de musique Michel tabassé dans son studio parisien, d'autres pas. Vingt cas de violences policières ordinaires dont on ne peut plus dire que ce sont des cas isolés. Ces actes scandaleux font désormais partie de notre quotidien.

Vingt histoires révoltantes où Remedium choisit de donner la parole aux victimes. Plus atroces les unes que les autres, dûment documentées et donnant la chair de poule. Certaines sont connues. Elles ont été traitées par les médias mainstream, parfois poussés dans le dos par les médias alternatifs qui avaient enquêté au-delà du communiqué officiel, qui avaient écouté les victimes, qui avaient refusé que le voile du mensonge policier officiel recouvre ces situations indignes de démocraties.

Un gaufrier de six cases par page. (c) Stock.

(c) Stock.
Plusieurs de ces violences policières ordinaires, motivées la plupart du temps par un racisme primaire, se sont soldées par des décès. La mort pour avoir répondu à un flic (le livreur Cédric, 42 ans), pour avoir fermé sa fenêtre (Zineb, 80 ans), pour ne pas avoir son attestation de sortie (Sofiane, 21 ans), pour avoir fui les policiers (Adil, 19 ans), pour être Noir (George, 46 ans) ou de couleur... A ces morts et aux victimes blessées parfois gravement, comme le producteur de disques devenu célèbre, Remedium rend un honneur que les mensonges policiers, couverts par la hiérarchie, ont tenté d’ôter. Il pose indirectement la question de la confiance à la police et celle de son impunité. Cette lecture nécessaire et difficilement soutenable se termine, comme dans l'opus précédent, par l'accusation du ministre, suivie en finale de l'album, par le brin d'espoir que fait naître Amar, un policier lanceur d'alerte.

PS: un tome deux belge est tout à fait envisageable. La matière est là.

Bonus
La bande originale de "Cas de force majeure", écrite et interprétée par Utopie, dans un clip qui reprend les images de la bande dessinée de Remedium (ici).


 



jeudi 25 novembre 2021

Le Goncourt des lycéens va à Clara Dupont-Monod

Clara Dupont-Monod. (c) Marc Ollivier/Ouest-France.

Prix extrêmement prescripteur et au palmarès magnifique, le Goncourt des lycéens a été attribué ce jeudi 25 novembre à Clara Dupont-Monod pour son roman "S'adapter" (Stock). Au premier tour, par huit voix sur treize. Un livre qui avait déjà remporté le prix Femina (lire ici).
Le jury était composé de 2.000 lycéens issus d'une cinquantaine de classes dans toute la France. Rappelons que les lycéens lisent tous les livres de la première sélection du Goncourt, sauf ceux d'auteurs qu'ils ont déjà récompensés (lire ici).


Autres distinctions.
Le prix Jean Giono a été attribué le 15 décembre au premier tour de scrutin à Frédéric Verger pour "Sur les toits" (Gallimard) par six voix contre quatre à Michel Bernard pour "Les bourgeois de Calais" (Éditions de la Table Ronde) et une voix à Louis-Philippe d'Alembert pour "Milwaukee Blues" (Sabine Wespieser).
A été décerné le 16 décembre le 20e prix des Cinq Continents, attribué à Karim Kattan pour son roman "Le Palais des deux collines" (Editions Elyzad, 272 pages) tandis que Miguel Bonnefoy recevait une mention spéciale pour "Héritage" (Rivages).



Attributions

Prix Envoyé par la poste (26 août)
  • Julie Ruocco pour son premier roman "Furies" (Actes Sud)

Prix du Roman Fnac (6 septembre)
  • Jean-Baptiste del Amo pour "Le fils de l'homme" (Gallimard)

Prix Blù Jean-Marc Roberts (15 septembre)
  • Mathieu Palain pour "Ne t'arrête pas de courir" (L'Iconoclaste).

Prix Senghor (17 septembre)
  • Annie Lulu pour son premier roman, "La mer Noire dans les grands lacs" (Julliard)

Prix François Billetdoux (24 septembre)
  • Robert Bober pour "Par instants, la vie n'est pas sûre" (P.O.L.)

Prix Nobel de littérature (7 octobre)
  • Abdulrazak Gurnah, écrivain tanzanien dont trois livres ont été traduits en français mais sont actuellement indisponibles

Prix de la Fondation Prince Pierre de Monaco (12 octobre)
  • Annie Ernaux, pour l'ensemble de son œuvre (Gallimard principalement)
  • Abigail Assor, bourse de la Découverte pour "Aussi riche que le roi" (Gallimard)

Prix du Premier roman (18 octobre)
  • Maud Ventura pour "Mon mari" (L'Iconoclaste) en littérature française 
  • Daniel Loedel pour "Hadès, Argentine" ((traduit de l'anglais par David Fauquemberg, La Croisée) en littérature étrangère 
  • Mention spéciale à Gisèle Berkman pour "Madame" (Arléa)

Prix de la langue française (20 octobre)
  • Pierre Bergounioux, "dont l'œuvre contribue de façon importante à illustrer la qualité et la beauté de la langue française."

Prix Guez de Balzac (21 octobre)
  • Michel Deguy

Prix Femina (25 octobre)

Romans français
  • Clara Dupont-Monod pour "S'adapter" (Stock)
Romans étrangers
  • Ahmet Altan pour "Madame Hayat" (traduit du turc par Julien Lapeyre de Cabane, Actes Sud)
Essais
  • Annie Cohen-Solal pour "Un étranger nommé Picasso" (Fayard),

Prix Médicis (26 octobre)

Romans francophones
  • Christine Angot pour "Le Voyage dans l'Est" (Flammarion)
Romans étrangers
  • Ahmet Altan pour "Madame Hayat" (traduit du turc par Julien Lapeyre de Cabanes, Actes Sud)
Essais
  • Jakuta Alikavazovic pour "Comme un ciel en nous" (Stock)

Prix Victor Rossel (27 octobre)
  • Philippe Marczewski pour "Un corps tropical" (Inculte)

Grand prix du roman de l'Académie française (28 octobre)
  • François-Henri Désérable pour "Mon maître et mon vainqueur" (Gallimard)

Prix Décembre (29 octobre)
  • Xavier Galmiche pour "Le poulailler métaphysique" (Le Pommier)

Prix Goncourt (3 novembre)
  • Mohamed Mbougar Sarr pour "La plus secrète mémoire des hommes" (Philippe Rey)

Prix Renaudot (3 novembre)

Romans
  • Amélie Nothomb pour "Premier sang" (Albin Michel, lire ici)
Essais
  • Anthony Palou pour "Dans ma rue y avait trois boutiques" (Presses de la Cité)

Prix de Flore (4 novembre)
  • Abel Quentin pour "Le voyant d'Etampes" (L'Observatoire)

Prix Wepler (8 novembre)
  • Antoine Wauters pour "Mahmoud ou la montée des eaux" (Verdier)

Grand prix de littérature américaine (9 novembre)
  • Joyce Maynard pour "Où vivaient les gens heureux" (traduit par Florence Lévy-Paolini, Philippe Rey)

Prix Albert-Londres du Livre (15 novembre)
  • Emilienne Malfatto pour "Les Serpents viendront pour toi" (Les Arènes Reporters)

Prix du livre européen (15 novembre)
  • Christos A. Chomenidis pour "Niki" (traduit du grec par Marie-Cécile Fauvin, Viviane Hamy).

Prix Interallié (17 novembre)
  • Mathieu Palain  pour "Ne t'arrête pas de courir" (L'Iconoclaste) 

Prix du Meilleur livre étranger (24 novembre)
noms des traducteurs ajoutés par mes soins

Fiction
  • Gouzel Iakhina pour "Les enfants de la Volga" (traduit du russe par Maud Mabillard, Noir sur Blanc) 
Non-fiction
  • Kapka Kasabova pour "L'écho du lac" (traduit de l'anglais par Morgane Saysana, Marchialy)

Sélections

Prix Goncourt des lycéens (25 novembre)
  • "Le Voyage dans l'Est", Christine Angot, (Flammarion)
  • "La carte postale", Anne Berest (Grasset)
  • "S'adapter", Clara Dupont-Monod (Stock)
  • "S'il n'en reste qu'une", Patrice Franceschi (Grasset)
  • "Soleil amer", Lilia Hassaine (Gallimard)

Prix des 5 continents de la francophonie (16 décembre)
  • "Ceux qui sont restés là-bas", de Jeanne Truong (Gallimard)
  • "Dans le ventre du Congo", de Blaise Ndala (Mémoire d'encrier )
  • "Héritage", de Miguel Bonnefoy (Rivages)
  • "Le Jardin du Lagerkommandant", d'Anton Stoltz (Maurice Nadeau)
  • "Les Lumières d'Oujda", de Marc Alexandre Oho Bambe (Calmann-Lévy)
  • "Les Orphelins", de Bessora (JC Lattès)
  • "Le Palais des deux collines", de Karim Kattan (Elyzad 
  • "Pas même le bruit d'un fleuve", d'Hélène Dorion (Alto)
  • "Soleil à coudre", de Jean d'Amérique (Actes Sud)
  • "Les villages de Dieu", d'Emmelie Prophète (Mémoire d'encrier)

Prix Jean Giono (15 décembre)
  • "Le fils de l'homme", de Jean-Baptiste Del Amo  (Gallimard)
  • "Les bourgeois de Calais", de Michel Bernard (La Table Ronde)
  • "Milwaukee blues", de Louis-Philippe Dalembert (Sabine Wespieser)
  • "S'adapter", de Clara Dupont-Monod (Stock)
  • "Mohican", d'Éric Fottorino (Gallimard)
  • "Le voyant d'Etampes", d'Abel Quentin (L'Observatoire)
  • "Pleine terre", de Corinne Royer (Actes Sud)
  • "La Plus Secrète Mémoire des hommes", de Mohamed Mbougar Sarr (Philippe Rey)
  • "Sur les toits", de Frédéric Verger (Gallimard)

Prix Mémorable (janvier 2022)
  • "Chant des plaines", de Wright Morris, traduit de l'anglais par Brice Matthieussent (Christian Bourgois)
  • "La vie seule", de Stella Benson, traduit de l'anglais (Angleterre) par Leslie de Bont (Cambourakis)
  • "Tea rooms", de Luisa Carnés, traduit de l'espagnol par Michelle Ortuno (La Contre Allée)

mardi 26 octobre 2021

Le prix Médicis 2021 pour Christine Angot


Dernière sélection pour le prix Goncourt et attribution des prix Médicis
ce mardi 26 octobre.

Le prix Médicis 2021 est attribué à Christine Angot pour "Le voyage dans l'Est" (Flammarion).
Le traumatisme de l'inceste par le père creusé de plus en plus finement.

Pour lire le début en ligne, c'est ici.


Le prix Médicis étranger va à Jonas Hassen Khemiri pour "La clause paternelle" (traduit du suédois par Marianne Ségol-Samoy, Actes Sud). Le portrait intime d'une famille chaotique et parfaitement ordinaire, profondément blessée par la mort d'un enfant et la disparition d'un père.

Pour lire le début en ligne, c'est ici.


Le prix Médicis essai récompense Jakuta Alikavazovic pour "Comme un ciel en nous" (Stock, collection "Ma nuit au musée"). Un livre personnel qui scrute la relation d'une fille et son père au prétexte d'une nuit passée au Louvre.

Pour lire le début en ligne, c'est ici.





Jury: Marianne Alphant, Michel Braudeau, Marie Darrieussecq, Dominique Fernandez, Anne Garreta, Patrick Grainville, Andreï Makine Frédéric Mitterrand, Pascale Roze et Alain Veinstein.
 

De leur côté, les académiciens Goncourt ont enfin dévoilé leur troisième liste.

Les livres finalistes sont

  • "Le Voyage dans l'Est", de Christine Angot (Flammarion)
  • "Enfant de Salaud", de Sorj Chalandon (Grasset)
  • "Milwaukee Blues", de Louis-Philippe Dalembert (Sabine Wespieser)
  • "La plus secrète mémoire des hommes", de Mohamed Mbougar Sarr (Philippe Rey)

On remarque la disparition de Clara Dupont-Monod, qui a reçu hier le prix Femina (lire ici), le maintien de Christine Angot, tout nouveau prix Médicis, et, comme toujours, la présence en dernière sélection de Sorj Chalandon.
Verdict le 3 novembre à 12h45.


Attributions

Prix Envoyé par la poste (26 août)
  • Julie Ruocco pour son premier roman "Furies" (Actes Sud)

Prix du Roman Fnac (6 septembre)
  • Jean-Baptiste del Amo pour "Le fils de l'homme" (Gallimard)

Prix Blù Jean-Marc Roberts (15 septembre)
  • Mathieu Palain pour "Ne t'arrête pas de courir" (L'Iconoclaste).

Prix Senghor (17 septembre)
  • Annie Lulu pour son premier roman, "La mer Noire dans les grands lacs" (Julliard)

Prix François Billetdoux (24 septembre)
  • Robert Bober pour "Par instants, la vie n'est pas sûre" (P.O.L.)

Prix Nobel de littérature (7 octobre)
  • Abdulrazak Gurnah, écrivain tanzanien dont trois livres ont été traduits en français mais sont actuellement indisponibles

Prix de la Fondation Prince Pierre de Monaco (12 octobre)
  • Annie Ernaux, pour l'ensemble de son œuvre (Gallimard principalement)
  • Abigail Assor, bourse de la Découverte pour "Aussi riche que le roi" (Gallimard)

Prix du Premier roman (18 octobre)
  • Maud Ventura pour "Mon mari" (L'Iconoclaste) en littérature française 
  • Daniel Loedel pour "Hadès, Argentine" ((traduit de l'anglais par David Fauquemberg, La Croisée) en littérature étrangère 
  • Mention spéciale à Gisèle Berkman pour "Madame" (Arléa)

Prix de la langue française (20 octobre)
  • Pierre Bergounioux, "dont l'oeuvre contribue de façon importante à illustrer la qualité et la beauté de la langue française."

Prix Guez de Balzac (21 octobre)
  • Michel Deguy

Prix Femina (25 octobre)

Romans français
  • Clara Dupont-Monod pour "S'adapter" (Stock)
Romans étrangers
  • Ahmet Altan pour "Madame Hayat" (traduit du turc par Julien Lapeyre de Cabane, Actes Sud)
Essais
  • Annie Cohen-Solal pour "Un étranger nommé Picasso" (Fayard),

Sélections


Prix Médicis (26 octobre)

Romans francophones
  • "Le premier exil", de Santiago Amigorena (P.O.L.)
  • "Le Voyage dans l'Est", de Christine Angot (Flammarion)
  • "Journal sexuel d'un garçon d'aujourd'hui", d'Arthur Dreyfus (P.O.L)
  • "La France goy", de Christophe Donner (Grasset)
  • "Tu aimeras ce que tu as tué", de Kevin Lambert (Le Nouvel Attila)
  • "Plasmas", de Céline Minard (Rivages)
  • "Ce que c'est qu'une existence", de Christine Montalbetti (P.O.L.)
  • "Mon mari", de Maud Ventura (L'Iconoclaste)

Romans étrangers
  • "Madame Hayat", d'Ahmet Altan, traduit du turc par Julien Lapeyre de Cabanes (Actes Sud)
  • "Les aventures de China Iron", de Gabriela Cabezon Camara, traduit de l'espagnol (Argentine) par Guillaume Contré (L'Ogre)
  • "Les lanceurs de feu", de Jan Carson, traduit de l'anglais (Irlande du Nord) par Dominique Goy-Blanquet (Sabine Wespieser)
  • "Les occasions manquées", de Lucy Fricke, traduit de l'allemand par Isabelle Liber (Le Quartanier)
  • "Les enfants de la Volga", de Gouzel Iakhina, traduit du russe par Maud Mabillard (Noir sur Blanc)
  • "Les Prophètes", de Robert Jones, Jr., traduit de l'anglais (États-Unis) par David Fauquemberg (Grasset)
  • "La clause paternelle", de Jonas Hassen Khemiri, traduit du suédois par Marianne Ségol-Samoy (Actes Sud)
  • "Poussière dans le vent", de Leonardo Padura, traduit de l'espagnol (Cuba) par René Solis (Métailié)
  • "Memorial Drive", de Natasha Trethewey, traduit de l'anglais (États-Unis) par Céline Leroy (L'Olivier)

Essais
  • "Comme un ciel en nous", de Jakuta Alikavazovic (Stock)
  • "Saint Phalle", de Gwenaëlle Aubry (Stock)
  • "La Vie derrière soi", d'Antoine Compagnon (Equateurs)
  • "Théories de théories", de Charles Dantzig (Grasset)
  • "Tous ceux qui tombent. Visages du massacre de la Saint-Barthelémy", de Jérémie Foa (La Découverte)
  • "Dans leur nuit", de Perrine Lamy-Quique (Seuil)
  • "Dans la maison rêvée", de Carmen Maria Machado, traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Hélène Cohen (Christian Bourgois)
  • "Ce qui est arrivé à Wounded Knee", de Laurent Olivier (Flammarion)
  • "Reconnaissances", de Catherine Safonoff (Zoé)
  • "Le tacite, l'humain", de Catherine Perret (Seuil)
  • "Warda s'en va, Carnets du Caire", de Pierrine Poget (La Baconnière)
  • "Lettre à mon père", de Leïla Sebbar (Bleu autour)

Prix Victor Rossel (27 octobre)
  • "Debout dans l'eau", de Zoé Derleyn (Rouergue)
  • "Le cercle", de Thomas Lavachery (Esperluète)
  • "Un corps tropical", de Philippe Marczewski (Inculte)
  • "L'été sans retour", de Giuseppe Santoliquido (Gallimard)
  • "Mahmoud ou la montée des eaux", d'Antoine Wauters (Verdier)

Grand prix du roman de l'Académie française (28 octobre)
  • "Mon maître et mon vainqueur", de François-Henri Désérable (Gallimard)
  • "Le Dernier Tribun", de Gilles Martin-Chauffier (Grasset)
  • "La Plus Secrète Mémoire des hommes", de Mohamed Mbougar Sarr (Philippe Rey)

Prix Décembre (29 octobre)
  • "Le poulailler métaphysique", de Xavier Galmiche (Le Pommier)
  • "Wonder Landes", d'Alexandre Labruffe, (Verticales, lire ici)
  • "La semaine perpétuelle", de Laura Vasquez  (Sous-sol)

Prix Goncourt (3 novembre)

2e sélection (3e le 26 octobre)
  • "Le Voyage dans l'Est", de Christine Angot (Flammarion)
  • "La carte postale", d'Anne Berest (Grasset)
  • "Enfant de Salaud", de Sorj Chalandon (Grasset)
  • "Milwaukee Blues", de Louis-Philippe Dalembert (Sabine Wespieser)
  • "L'Éternel fiancé", d'Agnès Desarthe (L'Olivier)
  • "S'adapter", de Clara Dupont-Monod (Stock)
  • "Le voyant d'Étampes", d'Abel Quentin (L'Observatoire)
  • "La plus secrète mémoire des hommes", de Mohamed Mbougar Sarr (Philippe Rey)
  •  "La fille qu'on appelle", de Tanguy Viel (Minuit)

Prix Renaudot (3 novembre)

Romans
  • "La Carte postale", d'Anne Berest (Grasset)
  • "Murnau des ténèbres", de Nicolas Chemla (Cherche-Midi)
  • "La Définition du bonheur", de Catherine Cusset (Gallimard)
  • "La France goy", de Christophe Donner (Grasset)
  • "Les Envolés", d'Étienne Kern (Gallimard)
  • "Premier sang", d'Amélie Nothomb (Albin Michel, lire ici)
  • "Feu", de Maria Pourchet (Fayard)
  • "Le Voyant d'Etampes", d'Abel Quentin (L'Observatoire)
  • "La Plus Secrète Mémoire des hommes", de Mohamed Mbougar Sarr (Philippe Rey)

Essais
  • "Comme un ciel en nous", de Jakuta Alikavazovic (Stock)
  • "Saint Phalle", de Gwenaëlle Aubry (Stock)
  • "La Honte est un sentiment révolutionnaire", de Frédéric Gros (Albin Michel)
  • "Dans ma rue y avait trois boutiques", d'Anthony Palou (Presses de la Cité)
  • "La Dame couchée", de Sandra Vanbremeersch (Seuil)

Prix de Flore (4 novembre)
  • "Grande couronne", de Salomé Kiner (Christian Bourgois)
  • "Wonder Landes", d'Alexandre Labruffe (Verticales, lire ici)
  • "Mobylette", de Frédéric Ploussard (Héloïse d'Ormesson)
  • "Feu", de Maria Pourchet (Fayard)
  • "Le voyant d'Etampes", d'Abel Quentin (L'Observatoire)
  • "Mon mari", de Maud Ventura (L'Iconoclaste)

Grand prix de littérature américaine (8 novembre)
  • "Les Prophètes", de Robert Jones Jr, traduit par David Fauquemberg (Grasset)
  • "Où vivaient les gens heureux", de Joyce Maynard, traduit par Florence Lévy-Paolini (Philippe Rey)
  • "Olive", d'Elizabeth Strout, traduit par Pierre Brévignon (Fayard)

Prix Wepler (8 novembre)

Contrairement à de nombreuses distinctions littéraires, le Prix Wepler-Fondation La Poste ne dévoilera pas de seconde liste des ouvrages en lice. Il a en effet été créé dans le but de soutenir une sélection de livres dans sa diversité, et de donner un élan, de la visibilité et un destin à tous les écrivains désignés par le jury 2021.

  • "Si maintenant j'oublie mon île", de Serge Airoldi (L'Antilope)
  • "Comme un ciel en nous", de Jakuta Alikavazovic (Stock)
  • "Le Roman de Jim", de Pierric Bailly (P.O.L)
  • "Petites Cendres ou la capture", de Marie-Claire Blais (Seuil)
  • "Mort aux girafes", de Pierre Demarty (Le Tripode)
  • "Rivage au rapport", de Quentin Leclerc (L'Ogre)
  • "Un corps tropical", de Philippe Marczewski (Inculte)
  • "Ultramarins", de Mariette Navarro (Quidam)
  • "Hors gel", d'Emmanuelle Salasc (P.O.L)
  • "La Plus Secrète Mémoire des hommes", de Mohamed Mbougar Sarr (Philippe Rey)
  • "La Semaine perpétuelle", de Laura Vazquez (Sous-Sol)
  • "Mahmoud ou la montée des eaux", d'Antoine Wauters (Verdier)

Prix Interallié (10 novembre)
  • "Feu", de Maria Pourchet (Fayard)
  • "Ne t'arrête pas de courir", de Mathieu Palain (L'Iconoclaste) 
  • "Châteaux de sable", de Louis-Henri de La Rochefoucauld (Robert Laffont)
  • "Soleil amer", de Lilia Hassaine (Gallimard) 
  • "On ne parle plus d'amour", de Stéphane Hoffmann (Albin Michel)
  • "S'adapter", de Clara Dupont-Monod (Stock)
  • "Là où la caravane passe", de Céline Laurens (Albin Michel) 
  • "Mon maître et mon vainqueur", de François-Henri Désérable (Gallimard) 
  • "Bellissima", de Simonetta Greggio (Stock)
  • "A un détail près", de François Cérésa (Ecriture)
  • "La fille qu'on appelle", de Tanguy Viel (Minuit)
  • "La France goy", de Christophe Donner (Grasset)

Prix Albert-Londres du Livre (15 novembre)
  • "Flic, un journaliste a infiltré la police", de Valentin Gendrot (Editions Goutte d'or)
  • "Les Serpents viendront pour toi", d'Emilienne Malfatto (Les Arènes Reporters)
  • "La Honte de l'Occident", d'Antoine Mariotti (Tallandier)
  • "Toxique", de Sébastien Philippe et Tomas Statius (Puf - Disclose)

Prix des 5 continents de la francophonie (16 décembre)
  • "Ceux qui sont restés là-bas", de Jeanne Truong (Gallimard)
  • "Dans le ventre du Congo", de Blaise Ndala (Mémoire d'encrier )
  • "Héritage", de Miguel Bonnefoy (Rivages)
  • "Le Jardin du Lagerkommandant", d'Anton Stoltz (Maurice Nadeau)
  • "Les Lumières d'Oujda", de Marc Alexandre Oho Bambe (Calmann-Lévy)
  • "Les Orphelins", de Bessora (JC Lattès)
  • "Le Palais des deux collines", de Karim Kattan (Elyzad 
  • "Pas même le bruit d'un fleuve", d'Hélène Dorion (Alto)
  • "Soleil à coudre", de Jean d'Amérique (Actes Sud)
  • "Les villages de Dieu", d'Emmelie Prophète (Mémoire d'encrier)

Prix Jean Giono (décembre)
  • "Le fils de l'homme", de Jean-Baptiste Del Amo  (Gallimard)
  • "Les bourgeois de Calais", de Michel Bernard (La Table Ronde)
  • "Milwaukee blues", de Louis-Philippe Dalembert (Sabine Wespieser)
  • "S'adapter", de Clara Dupont-Monod (Stock)
  • "Mohican", d'Éric Fottorino (Gallimard)
  • "Le voyant d'Etampes", d'Abel Quentin (L'Observatoire)
  • "Pleine terre", de Corinne Royer (Actes Sud)
  • "La Plus Secrète Mémoire des hommes", de Mohamed Mbougar Sarr (Philippe Rey)
  • "Sur les toits", de Frédéric Verger (Gallimard)

Et aussi

Prix Mémorable
  • "André-la-poisse", d'Andreï Siniavski (Typhon, lire ici)
  • "Ardinghera", de Régis Messac (La Grange Batelière)
  • "Confession d'un rebelle irlandais", de Brendan Behan, traduit de l'anglais par Mélusine de Haulleville (L'Échappée)
  • "Chant des plaines", de Wright Morris, traduit de l'anglais par Brice Matthieussent (Christian Bourgois)
  • "Hemlock", de Gabrielle Wittkop (Quidam)
  • "La vie seule", de Stella Benson, traduit de l'anglais (Angleterre) par Leslie de Bont (Cambourakis)
  • "Les Jardiniers du bitume et La Grande Descente", de Roger Riffard (Bouclard)
  • "Les ratés de l'aventure", de Titaÿna (Marchialy)
  • "Tea rooms", de Luisa Carnés, traduit de l'espagnol par Michelle Ortuno (La Contre Allée)
  • "Romance in Marseille", de Claude McKay, traduit de l'anglais par Françoise Bordarier & Geneviève Knibiehler (Héliotropismes)


lundi 25 octobre 2021

Le prix Femina 2021 pour Clara Dupont-Monod


Magnifique palmarès que celui du prix Femina 2021 qui ouvre, ce lundi 25 octobre, le bal des prix littéraires. Ce qui ne veut évidemment pas dire que les autres livres sélectionnés ne soient pas bons mais les dames du jury ont choisi, comme souvent, des romans alliant qui touchent au cœur et réjouissent par lur qualité littéraire. La cérémonie s'est déroulée au musée Carnavalet.

Le prix Femina du roman français a été décerné à Clara Dupont-Monod pour "S'adapter", au huitième tour de scrutin, par six voix contre cinq à Thomas Reverdy ("Climax", Flammarion). Une plongée lumineuse dans une fratrie habitant les Cévennes, bouleversée par la naissance d'un enfant handicapé. Un roman magnifique, en partie autobiographique.
Pour en lire le début, c'est ici.


Le prix Femina du roman étranger va dès le premier tour de votes à l'écrivain turc Ahmet Altan pour "Madame Hayat"(traduit du turc par Julien Lapeyre de Cabane, Actes Sud). Un roman écrit en prison, comme plusieurs autres de l'écrivain, qui raconte l'histoire de la passion amoureuse de Fazil pour madame Hayat, une femme voluptueuse d'âge mûr, une femme libre.
Pour en lire le début, c'est ici.


Le prix Femina de l'essai récompense Annie Cohen-Solal pour "Un étranger nommé Picasso" (Fayard), ouvrage sorti en avril qui ne figurait plus dans la dernière sélection, enquête à la plume alerte sur celui qui fut fiché S au tout début du XXe siècle.
Pour en lire le début, c'est ici.








Jury: Nathalie Azoulai, Evelyne Bloch-Dano, Claire Gallois, Anne-Marie Garat, Paula Jacques, Christine Jordis, Scholastique Mukasonga, Mona Ozouf, Patricia Reznikov, Danièle Sallenave etJosyane Savigneau (présidente).
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L'état des prix et des sélections est à retrouver ici.


mardi 7 septembre 2021

Seize titres en lice pour le Goncourt 2021

L'Académie Goncourt.

Les membres de l'académie Goncourt ont révélé, ce mardi 7 septembre, leur première sélection. Celle qui servira au prix Goncourt des lycéens, celle qui sera resserrée pour le Goncourt les 5 et 26 octobre. Celle dont le lauréat/la lauréate sera connu/e le 3 novembre.
Elle se compose de seize titres (trois Grasset, deux Gallimard), dont sept ont été écrits par des femmes. Seize titres dont plusieurs étaient faciles à deviner. 

L'académie Goncourt
Didier Decoin (président), Eric-Emmanuel Schmitt, Pascal Bruckner, Paule Constant, Patrick Rambaud, Tahar Ben Jelloun, Camille Laurens, Françoise Chandernagor, Philippe Claudel et Pierre Assouline.

Première sélection
Christine Angot, "Le Voyage dans l'Est" (Flammarion)
Anne Berest, "La carte postale" (Grasset)
Sorj Chalandon, "Enfant de salaud" (Grasset)
Louis-Philippe Dalambert, "Milwaukee Blues" (Sabine Wespieser)
Agnès Desarthe, "L'éternel fiancé" (L'Olivier)
David Diop, "La porte du voyage sans retour" (Seuil)
Clara Dupont-Monod, "S'adapter" (Stock)
Elsa Fottorino, "Parle tout bas" (Mercure de France)
Patrice Franchesci, "S'il n'en reste qu'une" (Grasset)
Lilia Hassaine "Soleil amer" (Gallimard)
Philippe Jaenada, "Au printemps des monstres" (Mialet-Barrault)
François Noudelmann, "Les enfants de Cadillac" (Gallimard)
Maria Pourchet, "Feu" (Fayard)
Abel Quentin, "Le voyant d'Étampes" (L'Observatoire)
Mohamed Mbougar Sarr, "La plus secrète mémoire des hommes" (Philippe Rey)
Tanguy Viel, "La fille qu'on appelle" (Minuit)


vendredi 16 juillet 2021

Bourgeoise, as-tu du cœur?

Colombe Schneck. (c) Francesca Mantovani.

Journaliste, cinéaste et écrivaine, Colombe Schneck a ceci de particulier qu'elle écrit des livres, douze et un album jeunesse déjà, qui ressemblent à des romans mais racontent en réalité sa vie, sa famille, ses proches, ce qu'elle a vu, entendu, découvert, réfléchi. Des livres courts, nerveux, sans gras, qui semblent répondre à des impulsions, quasiment tous publiés chez Stock, anodins à première vue mais qui marquent profondément. Des livres personnels qui invitent le lecteur dans leurs pages. Il n'en est pas autrement avec son nouveau titre, le douzième pour adultes donc, "Deux petites bourgeoises" (Stock, 140 pages).

Dédié à la mémoire d'une amie née comme l'auteure en 1966 et décédée trop tôt, à 52 ans, ce livre raconte Esther et Héloïse, deux petites bourgeoises amies pour la vie. Elles se sont rencontrées en sixième année. Elles avaient onze ans. Elles étaient dans la même classe de la très chic école Alsacienne, prestigieuse école privée parisienne. Elles se sont reconnues, sont devenues immédiatement amies. Inséparables. La seule différence entre elles, Héloïse est bourgeoise de sang, Esther parce que ses parents sont de nouveaux riches.

Entièrement daté, "Deux petites bourgeoises" s'ouvre sur une scène d'août 2018. Héloïse et Esther se retrouvent à la fin des vacances. La mort les séparera deux semaines plus tard. Colombe Schneck déroule alors un immense flash-back qui commence en 1977 (lire l'extrait ci-dessous) et d'achève en 2020. On va suivre les deux gamines durant toutes ces années, adolescentes, adultes, épouses, mères, divorcées, amoureuses à nouveau. Deux petites bourgeoises, deux grandes amies, deux tempéraments, deux destins, deux approches de la vie, quelques dissensions, des retrouvailles. Ont-elles du cœur, ces deux petites bourgeoises vouées à leur classe sociale? Oui, évidemment et pas toujours où on les attend. Héloïse et Esther nous balancent leurs questions sur la vie, la mort et l'amitié. De ce ton doux-amer qui fait mouche car il est une fine observation des êtres humains.

Extrait

"1977
Sur les riches, sur les bourgeois, on croit savoir d''avance, c'est comme les cochons, on ne les aime pas.
Bourgeois ou borné, selon un excellent dictionnaire des synonymes, bourgeois ou commun, bourgeois ou conformiste, conventionnel, égoïste, formaliste, grossier, lourd, médiocre, moyen, pantouflard, philistin, médiocre, singe, trivial, bourgeois ou vulgaire.
Les bourgeois sont malheureux et c'est leur faute. Ils sont là, à geindre avec leurs problèmes de riches, leurs dépressions, leurs régimes, les travaux dans leur appartement, la poussière, leurs domestiques, la queue aux télésièges. Quant aux bourgeoises? Forcément étriquées, mal baisées, la peau trop tendue, les pieds serrés dans des escarpins, la main accrochée à leur sac. Et leurs enfants, et leurs filles surtout? Aucun espoir que cela s'arrange.
Esther et Héloïse se rencontrent donc en sixième, elles sont dans la même classe à l’école Alsacienne, une école privée parisienne, une école pour bourgeois libéraux, les pires, ceux qui ont toutes les chances, sans les règles, qui pensent être du bon côté parce qu'ils sont de gauche, qu'ils échapperaient ainsi à cette accusation, "Bourgeois!". Sale race.
Elles sont des filles à papa, des gosses de riches, la cuillère en argent dans la bouche, pendant longtemps elles ne connaîtront rien d'autre, des lunettes noires sur les yeux, leurs pistons, leurs stages, leurs tee-shirts agnès b, leurs meilleures places dans le train. Qu’elles souffrent comme tout le monde. Qu'on les enferme. Qu'elles soient humiliées, rabaissées. Qu'elles subissent ce que toutes les petites filles, les adolescentes, les femmes du monde subissent, il n'y a pas de raison qu'elles échappent, parce qu'elles sont nées dans les bons quartiers, au sort qui leur est réservé.
Pourquoi Héloïse et Esther et pourquoi pas nous?"

L'auteure ajoute plus loin: "On peut les détester de ne rien voir. C'est facile et cela arrivera et elles seront punies, enfin surtout Héloïse."


Pour lire le début en ligne de "Deux petites bourgeoises", c'est ici.




mardi 6 juillet 2021

Le décès paisible d'Axel Kahn, médecin, penseur, marcheur, écrivain

L'image d'Axel Kahn qu'on gardera en tête.

Axel Kahn, médecin, généticien, président de la Ligue française contre le cancer, chercheur, écrivain est mort ce 6 juillet d'un cancer galopant. Il avait 76 ans. "Je lutte contre le cancer et il se trouve que la patrouille m'a rattrapé", avait-il déclaré à France Inter. Il avait annoncé sa maladie sur son compte Facebook le 21 mai parce qu'il ne pouvait plus lui échapper et qu'il savait qu'il allait perdre. Régulièrement depuis, il donnait de ses nouvelles, santé et moral, sur le réseau social, faisant montre de réflexions et de décisions solidement mûries auxquelles il n'allait pas déroger. En gros, quand ce serait trop douloureux, le loup, surnom qu'il s'était donné, arrêterait de vivre.


On peut retrouver une sélection de ces notes qu'Axel Kahn avait lui même opérée dans une partie de son blog intitulée "La chronique apaisée de la fin d'un itinéraire de vie" (ici). Son chemin vers la mort qui avait accompagné des milliers de personnes pendant les derniers mois de l'intéressé. On peut aussi regarder l'interview d'Axel Kahn dans la Grande Librairie du 23 juin (ici, à partir de la minute 8).

Axel Kahn, j'avais eu la chance de le rencontrer il y a six ans, lors de la sortie de son livre "Entre deux mers, voyage au bout de soi" (Stock). Une note de blog que j'avais intitulée "Marcher au bout de soi", à retrouver ici.






jeudi 26 novembre 2020

Le Grand Prix du roman de l'Académie française va à Etienne de Montety



Le jeudi 29 octobre, l'Académie française décidait de reporter la proclamation du Grand Prix du roman, prévue à cette date, au jour où les librairies seraient autorisées à reprendre leurs activités.

Le 16 novembre, l'Académie française annonçait qu'elle diffuserait "par voie de presse l'annonce de l'attribution de son Grand Prix du roman le jeudi 26 novembre 2020, en espérant précéder de peu la date de réouverture des librairies."


Bien vu, l'Académie française! Les librairies rouvrent le samedi 28 en France. Et le Grand Prix du roman de l'Académie française (10.000 euros) vient d'être divulgué. Il est attribué à Etienne de Montety pour "La grande épreuve" (Stock, 306 pages). Le lauréat l'a emporté haut la main sur les deux autres finalistes, par treize voix contre deux à Miguel Bonnefoy ("Héritage" chez Rivages) et deux à Maël Renouard ("L'Historiographe du royaume" chez Grasset). Ce qui ne fait jamais que dix-sept votes alors que l'Académie compte aujourd'hui trente-quatre membres actifs (sur quarante), soit la moitié des suffrages possibles. 

"La grande épreuve" est un roman foisonnant, librement inspiré de l'assassinat du père Hamel, le 26 juillet 2016, dans son église de Saint-Etienne du Rouvray. Il retrace cinq itinéraires principaux, quatre hommes et une femme, qui se rejoindront dans une mer de sang, le sang versé lorsque la religion devient folle, lorsque ses adeptes sont devenus intégristes. Un roman qui ne juge pas, qui ne condamne pas mais cherche à comprendre. Né en 1965, Etienne de Montety dirige depuis 2006 "Le Figaro littéraire", entre autres occupations. 

Pour visionner la cérémonie, c'est ici.

Pour lire en ligne le début de "La grande épreuve", c'est ici.