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jeudi 23 mai 2019

Un prix littéraire qui compte 1,5 million de jurés


Ce jeudi 23 mai, le prix Bernard Versele (lire ici) de la Ligue des Familles que dirige maintenant Christophe Cocu fêtait officiellement ses quarante ans!

Quarante ans, cela veut dire, 1,5 million d'enfants qui ont envoyé un bulletin de vote valable, moins cependant que les enfants de 3 à 13 ans qui ont lu les livres.
Quarante ans et une moyenne de 50.000 enfants votants. Un nombre qui est de nouveau atteint en 2019. Un palier symbolique qui a connu des hauts et des bas comme en 2012 (lire ici).
Quarante ans, cela signifie un millier de titres sélectionnés par des comités de lecture, 181 livres primés (et autant de livres ayant reçu un label, soit une deuxième place). De quoi se constituer une merveilleuse bibliothèque jeunesse parcourant l’histoire de la littérature pour enfants.

Célébrée à Bruxelles-Environnement, la cérémonie des quarante ans n'a pas eu le panache de celle des trente-cinq ans au Théâtre de la Montagne Magique (lire ici). Elle a toutefois réuni de nombreux acteurs de la littérature jeunesse, auteurs, illustrateurs, éditeurs, comités de lecture. Le spectacle 2019 était un épais mille-feuilles, joué devant un public mixte enfants-adultes. En intermèdes réguliers, l'état de dessins réalisés en direct par Thomas Lavachery et le jeune Ronan sur l'emprunt d'un masque traditionnel, des témoignages audio d'enfants lecteurs - ou pas -, provenant du Sacré-Cœur de Lindthout, des comptines célèbres chantées avec le public. En tranches spéciales, des mini-spectacles de jeunes lecteurs d'après différents livres, une ronde par l'école Prince Baudouin (Woluwe-Saint-Lambert) sur "Picoti... tous partis?" de Françoise Rogier (A pas de loups), de très impressionnantes photos d'écoliers de La Louvière qui répondaient en à la question "Si je devais quitter mon foyer, j'emporterais...", faites après la lecture de l'album "De la terre à la pluie" de Christian Lagrange (Seuil Jeunesse). Et encore, la projection de dessins légendés, conçus lors d'ateliers avec Mélanie Rutten, une très belle fresque paysage de dessins de routes et de ponts répondant à l'idée "Sur notre chemin", faits à la petite école de Gentinnes lors de séances avec Anne Brouillard. Et aussi, "Capitaine Maman" de Magali Arnal (l'école des loisirs) conté par Christine Horman.  Et également la présentation du dessin animé tiré de "C'est moi le plus fort" de Marion Ramos par Arnaud Demuynck). Tout cela entourant un débat surréaliste et passionnant entre Benoît Jacques et Anne Herbauts, complètement improvisé, et dont la conclusion a été "Il faut des souris vertes".

Longue vie au prix Bernard Versele, futur quinqua, mené de main de maître depuis des décennies par Michèle Lateur et son équipe.




PS: Le palmarès 2019 est connu mais ne sera dévoilé que le 29 mai.

















mercredi 4 juin 2014

LR éjouie de la naisssance d'"A pas de loups"


Une nouvelle maison d'édition en littérature de jeunesse est toujours une joie, une occasion de se réjouir. Surtout si on y trouve les albums qu'on aime. C'est le cas de A pas de loups qui a poussé ses cinq premiers feulements à la fin mai. Un an seulement après la naissance de l'idée.

Laurence Nobécourt.
La maison d'édition A pas de loups est de droit belge mais dirigée par une Française, Laurence Nobécourt.

"Je suis Française, Bruxelloise depuis neuf ans maintenant", se présente-t-elle.

"Je suis "Professeur des écoles" au Lycée français de Bruxelles jusqu’à la fin juin. Après vingt-cinq ans d'enseignement, durant lesquels j'ai lu beaucoup de bons livres, j'ai eu envie de fonder ma maison d'édition jeunesse.

Toutes ces rencontres qui m'ont nourrie m’ont donné envie d'être plus près de la création. Tout est venu naturellement. Je remercie les auteurs qui m'ont fait confiance."


Cinq titres paraissent en cette fin de printemps (cinq autres sont prévus à l'automne). Quatre d'entre eux ont été imprimés en Belgique.

"Circus", un leporello (livre-accordéon) d'Albertine, a été fabriqué en Chine, on le comprend. "J'ai rencontré Albertine en septembre dernier au Festival des illustrateurs de Moulins", explique la jeune éditrice. "Elle s'est montrée enthousiaste et m'a proposé quatre carnets à ce sujet." Cet album sans texte reprend les dessins au Rotring qui avaient été exposés à Moulins, édition consacrée au cirque. En noir et blanc, ils composent une étonnante parade d'artistes et d'animaux, souvenirs d'enfance de l'illustratrice.

"Circus" se déplie pour mieux proposer sa parade.



"Badbada", de Cécile Gambini est la réédition bienvenue d'un livre paru au Seuil il y a sept ans et épuisé.

En grand format, une belle histoire d'amitié entre le crapaud Bagbada et Oxycat, un chat déplumé, raplapla, en un mot déprimé, qui voyagent ensemble dans un monde fantaisiste pour retrouver le goût de la vie, illustrée d'agréables collages de tissus et de papiers.





"Boutons et boutonnières", de Dominique Descamps, est au départ un livre d'artiste textile dont les images de moutons ont été réalisées en tricot, puis photographiées et mises en scène par une graphiste. Mais il y a une histoire derrière ces moutons-boutons, pleine d'humour et de fantaisie, celle, éternelle, de la rencontre amoureuse. Car un bouton cherche sa boutonnière, et vice-versa.







"Une girafe sur le toit du monde", de Sophie Daxhelet, se présente dans un format tout en hauteur, très allongé, ce qui est commode pour représenter une girafe.

"Au départ, c'était une commande  de la Fondation Élie Wiesel", explique son auteure-illustratrice, déjà publiée deux fois chez MeMo (les albums "Le cirque poète" et "Monsieur Cheng"). "La plaquette originale est devenue ce livre en ajoutant des pages entre le début et la fin."

Plein de trouvailles graphiques, l'album n'a besoin que de trois couleurs, le noir du fusain, le blanc du fond et le jaune de la gouache, pour raconter le périlleux voyage de la girafe et de Sück, voyageur qu'elle a rencontré dans la savane, venu en montgolfière du pays des Montagnes célestes et désireux d'y retourner.



  

En grand format, "Les Contes de A à Z", de Françoise Rogier est une création intéressante basée sur les contes classiques du répertoire et présentée sous forme d'abécédaire.

"J'ai opéré une sélection subjective parmi contes les plus connus parce que je voulais créer des liens entre eux", explique-t-elle.

A chaque nouvelle lettre de l'alphabet, des mots des contes apparaissent en grand et en couleur comme repères visuels dans le texte. "Ane" et "animal" pour A,  "Bottes de sept lieues" pour B, "Cendrillon", "citrouilles", carrosse" et "cheval" pour C. Et ainsi de suite...

"J'ai choisi des versions des textes présentant un vocabulaire élaboré pour la saveur de mots", précise encore l'auteure-illustratrice, "même si le petit ne comprend pas tout. L'idée est aussi que les parents renouent avec ces contes." A noter que le A ouvre et ferme l'album afin qu'on puisse recommencer l'histoire.

L'album se base donc sur les thématiques des contes de Charles Perrault, Jacob et Wilhelm Grimm et Joseph Jacobs. On les retrouve bien entendu dans les magnifiques images où caracolent les  personnages célèbres, une fée ici, une sorcière là-bas, un loup ici, Jack là-bas, sans oublier les nains, les petits cochons et tout plein d'autres.
De très belles images réalisées en cartes à gratter, scannées et coloriées à l'ordinateur, une technique impressionnante et formidable.

Et oui, tourner les pages de ce livre donne bien envie de replonger dans les contes en version intégrale.