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mardi 8 septembre 2026

Les romans en lice pour le prix Vendredi 2026

La sélection 2026.

Créé en 2016 par le groupe des éditeurs jeunesse du Syndicat national de l'édition (SNE) et désigné pour la première fois en 2017, le prix Vendredi (lire ici) récompense chaque année un ouvrage francophone destiné aux jeunes entre 13 et 18 ans, et publié entre le 1er octobre de l'année précédente et le 30 septembre de l'édition en cours à compte d'éditeur. Il est choisi par un jury de professionnels. Nous voilà déjà à sa dixième édition.
 
La Fondation d'entreprise La Poste, partenaire historique du Prix, dote le Prix Vendredi d'une enveloppe globale de 3.000 euros.
 
 
Les dix titres sélectionnés
(par ordre alphabétique des auteurs) 
  • "Ceci n'est pas une romance", de Sarah Andrès (Rageot)
  • "Soleils fantômes", de Gaël Aymon (Nathan)
  • "La Baie des Baleines-Pleines', de Frédérique Blu (hélium)
  • "Walter Cobb", de Mathilde de Lagausie (Rouergue)
  • "Six Sirènes", d'Agnès Maupré (Sarbacane)
  • "Trembleciel", d'Athenaïs Mavyne (slalom)
  • "Métamorphosis", de Mary Orchard (Casterman)
  • "Même les failles laissent passer la lumière", de Célia Samba (Albin Michel)
  • "La Nuit bleue", d'Anaïs Sautier (l'école des loisirs)
  • "Brut", d'Hélène Vignal (Ed. Thierry Magnier)
 
 
 
Jury du prix Vendredi 2026
  • Mahaut de Butler, chroniqueuse pour la Bibliothèque des ados, dans le 5/7 de France 
  • Isabelle Harbonnier-Valdher, professeure-documentaliste 
  • Emmanuelle Kabala, responsable des romans au CNLJ. 
  • Lucie Kosmala, journaliste et formatrice spécialisée en littérature jeunesse
  • Pierre Krause, responsable éditorial chez Babelio
  • Tom Levêque, auteur et spécialiste de la littérature adolescente.
  • Coline Pierré, autrice, lauréate du Prix Vendredi des lecteurs du pass Culture 2025
  • Anne Ricou, rédactrice en chef adjointe du magazine "Je Bouquine"
  • Simon Roguet, libraire à la librairie M'Lire (Laval)
 
 
Prix Vendredi des lecteurs du pass Culture (4e édition)
Une collaboration entre le Prix Vendredi et le pass Culture a été initiée en 2023 et donne lieu à la création du Prix Vendredi des lecteurs du pass Culture. Ce prix est remis par un jury composé de neuf jeunes lecteurs et lectrices (15 à 19 ans) issus de différentes régions et bénéficiaires du pass Culture.
 
La remise des deux prix en présence des auteurs et éditeurs aura lieu le jeudi 12 novembre à 18h30 dans les locaux de Babelio sous la forme d'une boum.
 

Palmarès

2025 Solène Ayangma pour "Les Frontières écarlates" (Talents Hauts) et Coline Pierré pour "Le Silence est à nous" (Flammarion Jeunesse, lire ici)
2024 Maureen Desmailles pour "La chasse" (Ed. Thierry Magnier, lire ici) et Anne Loyer pour "Charbon bleu" illustré par Gérard DuBois (D'eux, lire ici)
2023 Claudine Desmarteau pour "Au nom de Chris" (Gallimard Jeunesse)
et Arnaud Cathrine, prix Vendredi - Jury des jeunes Pass Culture pour "Octave" (Robert Laffont)
2022 Claire Castillon pour "Les Longueurs" (Gallimard Jeunesse, lire ici)
2021 Sylvain Pattieu pour "Amour chrome" (l'école des loisirs, lire ici)
2020 Vincent Mondiot, pour "Les Derniers des Branleurs" (Actes Sud junior, lire ici)
2019 Flore Vesco, pour "L'Estrange Malaventure de Mirella" (l'école des loisirs, lire ici)
2018 Nicolas de Crécy, pour "Les amours d'un fantôme en temps de guerre " (Albin Michel, lire ici)
2017 Anne-Laure Bondoux, pour "L'Aube sera grandiose" (Gallimard, lire ici)
 

lundi 30 mars 2026

Le palmarès des prix Sorcières 2026

L'affiche 2026, dessinée par Audrey Poussier.
 
L'ABF (Association des Bibliothécaires de France) et l'ASLJ (Association des Librairies Spécialisées Jeunesse-Librairies Sorcières) ont bien touillé dans leur grand chaudron. Il a parlé. Voici le palmarès des prix Sorcières 2026 (présélections ici). Carton plein pour les Editions des Grandes Personnes qui raflent trois des six trophées, deux allant aux Editions Thierry Magnier et un au Rouergue.
 
 
CARRÉMENT BEAU MINI

36 mois
Julia Spiers
Les Grandes Personnes

CARRÉMENT BEAU MAXI

La chasse aux rainettes
Antonin Faure
Éditions Thierry Magnier

CARRÉMENT PASSIONNANT MINI

Droméo et Chuliette
Marcus Malte
Henri Meunier
Rouergue

CARRÉMENT PASSIONNANT MAXI

La part du vent
Nathalie Bernard
Editions Thierry Magnier

CARRÉMENT SORCIÈRES FICTION

Dia de Muertos
Anne-Florence Lemasson
Dominique Ehrhard
Les Grandes Personnes

CARRÉMENT SORCIÈRES NON FICTION

Voir et savoir. Dans l'intimité du monde végétal
Fanny Pageaud
Les Grandes Personnes
 
 
 

lundi 23 mars 2026

Quel avenir pour les albums jeunesse du Rouergue, présents, passés et futurs?

Quelques-uns des albums carrés du Rouergue.

Y aura-t-il de la neige à Noël? La question comporte à la fois espoir et résignation, car on sait bien qu'il ne neige plus tellement souvent en décembre. De la même manière, on peut se demander s'il y aura des albums jeunesse aux éditions du Rouergue en 2027. L'édition ne relève pas de la magie. On sait que les albums à paraître l'an prochain sont à préparer maintenant, surtout ceux de création - ceux en traduction ont peut-être un peu plus de marge. Or, aucun signal vert n'est actuellement donné aux auteur.e.s. de la maison appartenant au groupe Actes Sud. Au contraire. Elles et eux ont vu les signaux rouges s'allumer les uns après les autres depuis plusieurs années et singulièrement depuis l'an dernier. Leur œuvre est aujourd'hui considérée par la direction comme une "collection ancienne", ce qui leur fait craindre le pire pour l'avenir de l'actuel catalogue. Enterré ou réimprimé? Les auteur.e.s ont reçu l'été dernier un mail de la direction: "La situation en librairie est devenue extrêmement difficile. La fréquentation a chuté de façon dramatique et les alertes des libraires au sujet de la surproduction nous ont conduits à une révision de la programmation du second semestre." Ils et elles ont vu l'équipe éditoriale historique, Olivier Douzou et David Fourré, remerciée à la même époque. Après plus de trente ans et sans autre discussion. Sans qu'ils en sachent davantage, à part le mantra de la direction selon lequel "les albums ne s'arrêtent pas".

 
"Jojo la mâche"
Cette maison d'édition qui a dynamité la création jeunesse française dans les années 1990 va-t-elle subir le même sort que son premier titre "Jojo la mâche" (Rouergue, 1993)?  Dans cet album drôle et poétique d'Olivier Douzou, une vache perd peu à peu ses attributs, corne, queue, gamelles, jusqu'à disparaître elle-même. En levant le nez au ciel, on y retrouve des morceaux de la mâche. Faudra-t-il faire pareil pour retrouver les albums jeunesse du Rouergue?
 
La Foire de Bologne se tient dans trois semaines. Et la présidente du Rouergue, Alzira Martins, ne sera "malheureusement" pas présente à la grand-messe mondiale de la littérature de jeunesse, m'informe-t-elle. Sa maison sera-t-elle représentée sur l'espace collectif Actes Sud? Je regarderai.
 
Un collectif créé 
Les auteurs s'inquiètent depuis longtemps (lire ci-dessous, sans oublier le texte du "Libé des auteur.es jeunesse" ici) et n'obtiennent pas de réponse claire à leurs questions. Ils se sont donc regroupés dans un collectif, Roule toujours (ici), réunissant des libraires, bibliothécaires, médiateurs, journalistes, chroniqueurs, associations pour la lecture, organisateurs de salons, Écoles d'Arts Appliqués, membres des commissions CNL, de collectivités, de l'ADAGP, du SGDL, de la charte des auteurs, illustrateurs, éditeurs et lecteurs. Quasiment 300 membres aujourd'hui, dont le secteur Livre et lecture petite enfance du Conseil départemental du Val-de-Marne qui réagit ainsi: "Je suis choquée d'apprendre cette triste nouvelle et bien sûr en total désaccord avec "les décideurs" qui ne prennent pas en compte la dimension essentielle de ce catalogue. Toute cette collection doit perdurer, s'enrichir encore d'œuvres créatives, audacieuses, intelligentes où l'humour aussi a sa place essentielle dans notre monde si lourd. Les enfants apprécient grandement ces albums, nous le savons, nous qui sommes au plus près des familles." 
 
Le collectif a envoyé une lettre s'inquiétant de l'avenir aux directions du Rouergue et d'Actes Sud le 18 février. Un gros mois plus tard, pas de réponse.
 
Seule indication de la direction, lapidaire, à mes questions sur l'avenir des albums: 
"En effet la collection Albums est suspendue pour le moment, le temps pour nous de prendre le recul nécessaire et d’en définir une ligne nouvelle. Tous les interlocuteurs directement concernés seront bien évidemment informés dès que nous aurons suffisamment avancé dans nos réflexions. Auteurs et illustrateurs savent, et peuvent facilement le vérifier en librairie, que leurs albums parus sont disponibles et font l'objet de toute notre attention. Pour le reste, et nous sommes très sensibles à cette mobilisation générale des prescripteurs et acteurs de la chaîne du livre, qui malheureusement arrive un peu tard pour l'ancienne collection des Albums, le Rouergue est une entreprise privée qui doit assurer sa pérennité par ses seuls résultats économiques. C'est à ce prix que nous pourrons continuer à accompagner la création." 
La lettre de Roule toujours
"Madame, Monsieur,
Suite aux décisions prises fin Juin 2025, nous souhaiterions prendre connaissance du projet concernant l'édition à venir des albums au Rouergue. En octobre dernier a été en effet évoquée une concertation - début d’année 26 -  avec l'équipe en place, encadrée par des éditeurs de la maison Actes Sud, pour envisager une continuation avec l'objectif précis de publications dès 2027. Nous, auteurs au Rouergue, manifestons une inquiétude légitime quant à l'avenir de cette collection, essentiel pour l'existence d'une œuvre collective riche, reconnue depuis plus de trente ans. Merci donc de nous donner toutes les précisions et garanties sur ce prolongement annoncé, nécessaire à l'accompagnement de nos ouvrages publiés jusqu'ici."
Une pause est-elle bénéfique comme le croit la direction du Rouergue jeunesse ou enterre-t-elle une ligne éditoriale qui a créé plusieurs centaines d'albums identifiables de loin? Toujours aussi appréciés des prescripteurs que de la critique et du public. Qui ont remporté une quinzaine d'appels d'offre pour des livres de naissance en France. Une place perdue sur les tables des libraires se récupère-t-elle? Alors pourquoi faire moins de livres, ou ne plus en faire du tout?


Hier, aujourd'hui, demain

La naissance d'une maison
En 1993, Olivier Douzou publie dans la jeune maison des Éditions du Rouergue un premier album jeunesse, "Jojo la mâche". Il sera rapidement suivie d'un autre titre, "Mono le cyclope". Le premier deviendra rapidement une pierre d'angle dans l'histoire de la littérature jeunesse, remportant succès critique et public. La direction de l'époque embraie et confie en 1994 à Olivier Douzou le poste de directeur artistique des nouvelles éditions du Rouergue jeunesse. Ce sont des années en or. Le ton est différent, la forme aussi, avec ce choix délibéré du début d'albums tous carrés. Chaque livre est travaillé, dans la rencontre entre le texte et l'image, dans le jeu entre les deux, dans la mise en scène, le rythme, la construction. Différent de ce qui se fait alors. Tout le monde veut être publié au Rouergue. Les auteurs et les étudiants en fin de cursus envoient leurs projets à Rodez. Henri Meunier, Gaétan Dorémus, José Parrondo, Frédérique Bertrand, Annie Agopian, Christian Voltz, Anouk Ricard, Natali Fortier pour ne citer qu'eux, sont du premier train. On se rappelle de la fierté de Bruno Heitz, artiste aux innombrables créations, d'être publié au Rouergue. Les titres se suivent à bon rythme, cinquante en moins de cinq ans. Et une trentaine par an ensuite.
 
Les saisons s'enchaînent, avec des albums variés, récoltant toujours autant l'enthousiasme des lecteurs, des bibliothécaires, des libraires, des critiques, du public. Souvent primés. Il y a une façon Rouergue jeunesse qui se décline d'année en année dans les différentes collections peu à peu crées.
 
Douzou out, Douzou in 
Mais en juin 2001, Olivier Douzou quitte le Rouergue jeunesse par lassitude et envie de nouveaux espaces, alors qu'Actes Sud entre par ailleurs au capital de la maison à hauteur de 25 % - en 2005 Actes Sud rachètera les 100 %. Les titres que le directeur artistique a préparés continueront à paraître pendant les premiers temps. Le filon sera ensuite épuisé. Les nouveautés choisies par la personne qui lui succède ne rencontrent pas le même succès. Olivier Douzou sera rappelé en 2011 par Actes Sud avec la promesse d'une liberté éditoriale complète. Il le dit lui-même: "Le monde de l'édition a alors changé. Ce qui était nouveau à ses débuts ne l'est plus. Beaucoup d'autres maisons d'édition ont aussi fait évoluer la littérature de jeunesse en France." Lui, ce qui intéresse, c'est de faire du neuf. Il le fera avec ses auteurs historiques et une quarantaine de nouveaux qui rejoignent la maison, dont Michel Galvin, Juliette Binet, Piret Raud, Marine Rivoal... Des auteurs qui continuent d'être souvent récompensés, même récemment. Leurs albums apparaissent régulièrement dans les sélections des librairies Sorcières ou du SLPJ (Salon de Montreuil selon l'appellation ancienne). Le succès reviendra, la maison ayant représentants convaincants et attachée de presse performante.
 
Diminution du personnel
A l'hiver 2021, les auteurs du Rouergue lancent une première alerte à la nouvelle directrice du Rouergue chez Actes Sud, en poste depuis 2010, Alzira Martins, chargée aussi de la coordination avec les autres maisons jeunesse du groupe. Leurs livres ne sont plus accompagnés depuis la rentrée 2018, déplorent-ils. Ils se sentent abandonnés. Ils ne sont plus invités ni en librairie, ni dans les salons. Les sorties ne sont plus célébrées par un événement ou une exposition. On rappellera que plusieurs personnes extrêmement compétentes et performantes ont quitté le Rouergue et n'ont pas toutes été remplacées. Ensuite, il y a eu le Covid où les réseaux sociaux prennent une place importante dans la communication. Et après? Rien ou pas grand-chose. Des équipes régulièrement renouvelées, des débutants sans réelle connaissance de l'album jeunesse ou du terrain.
 
Diminution des parutions
En parallèle, le catalogue perd des plumes à chaque rentrée. De moins en moins de titres sont publiés, d'autres sont reportés. Comment les auteur.e.s peuvent-ils alors exister, le nom d'une maison se perpétuer? Loin des yeux, loin du cœur. En juillet 2025, lors de la présentation des albums jeunesse de la rentrée, Olivier Douzou n'est pas là. Et pour cause, il vient d'apprendre quand il a présenté à Arles le programme qu'il a engagé pour 2026 que la maison met fin à ses services à la fin de l'année et à ceux de son équipe. Son programme est annulé dans sa quasi-globalité alors que des titres sont prêts pour l'impression. Motif: les livres ne répondent plus à un marché qui se détourne des ouvrages exigeants.
 
A l'été 2025
A ma question "Qu'en est-il de l'avenir des albums au Rouergue en 2026? J'ai vu passer des messages alarmants sur Instagram", Alzira Martins me répond le 7 juillet:
"Il n'est nullement question d'arrêter les albums au Rouergue car ils font partie de notre ADN. Nous constatons depuis quelques années déjà que les ouvrages exigeants qui ont fait la renommée de la maison et, on peut le dire en toute modestie (!), révolutionné à l'époque les albums jeunesse, peinent à présent à trouver leur public.
Les lecteurs se renouvèlent, ce qui est heureux, et les libraires aussi. Et nous nous trouvons face à une nouvelle génération de professionnels qui n'a pas forcément la même appétence pour ce travail.
Il nous est apparu important de nous remettre en question et de placer la collection en sommeil pour trouver le temps, les moyens et l'énergie de lui donner un nouveau souffle. Quelques albums figurent au programme de 2026 et nous espérons revenir au plus vite avec une programmation différente et, je l'espère, tout aussi audacieuse."
 
2026
Effectivement, il y aura trois albums estampillés Douzou au Rouergue en 2026. Il faut toutefois constater qu'il n'y en a eu aucun en novembre et en décembre 2025, époque où les éditeurs mettent le turbo en prévision du Salon de Montreuil et des fêtes de fin d'année.
 
Dans le "Libé des auteur.es jeunesse", le 25 novembre 2025, Henri Meunier, auteur historique des éditions du Rouergue précise les choses: 
"En juin dernier, la direction de cette petite maison du groupe Actes Sud a mis un point final à cette histoire. D'un mail lapidaire, douze lignes, s'ouvrant sur un aveu sidérant: « Il semblerait que l'époque ne soit plus aux projets ambitieux qui ont fait la renommée du Rouergue. » De fait, l'équipe éditoriale historique a été remerciée. L'essentiel des projets en cours a été annulé, au mépris des contrats signés. Deux promesses imprécises ont été esquissées par la direction: les livres existants restent une priorité et un secteur album régénéré reviendra. L'avenir montrera si ces promesses valent plus que les contrats signés." 

Témoignages
Les auteurs du Rouergue déplorent tous la situation: "La fin annoncée d'une ligne éditoriale d'une importance historique majeure et pertinence actuelle féconde est d'une tristesse infinie pour nombre d'entre nous." 
L'un pointe que les questions posées depuis longtemps à propos de la commercialisation de leurs ouvrages ne sont pas étudiées. Comme si un livre n'avait pas besoin de toute la chaîne pour exister.
L'autre se dit "dégoûtée de tout ce gâchis et du naufrage auquel on a toutes et tous assisté, révoltée par l'irrespect total de la direction du Rouergue envers ses auteur.ice.s, et en colère". Elle a d'ailleurs décidé de ne plus faire de nouveau livre au Rouergue il y a plus de trois ans, pour limiter la casse et cesser de produire dans le vide des livres dont personne ne s'occupait.
"Je suis dégoûtée", témoigne encore une autre, "et en colère, d'être traitée de la sorte, de ne pas savoir ce que deviendront mes titres, qui sont ma seule vitrine. Car la précarité des auteurs n'est pas une légende et ne vivant que de l'exploitation de ces titres, c'est extrêmement dur. Et ce flou m'est préjudiciable. Je suis dépitée de cette fin si violente, sans respect pour le travail de chacun, éditeur comme auteurs." 
 
Les projets signés ou projetés
Pour les auteurs, la situation est difficile. Des contrats signés sont annulés, même si les avances ont été versées. "Ce qui rend la présentation du travail à un autre éditeur impossible le temps du délai contractuel", confie un auteur.
Un autre constate que deux de ses projets proposés par Olivier Douzou et David Fourré ont été balayés par Alzira Martins.
Marine Rivoal a vu son projet re-maquetté de façon tellement désastreuse l'été dernier qu'elle l'a refusé, donnant ainsi à Actes Sud le moyen d'annuler le contrat. Elle y a laissé la moitié de son à-valoir mais "Loupiotes" sort ce 26 mars aux Éditions des Grandes Personnes, maison qui sait allier exigence, qualité de fabrication et réussite commerciale. 

Être auteur.e jeunesse
De manière plus générale, la crise au Rouergue est l'occasion de réfléchir au métier de créateur en littérature de jeunesse. Un métier mal rémunéré, ne permettant en général pas de vivre de son travail. Une précarité des auteurs accrue par la surproduction, qui s'est mise en place depuis quinze ans. "Cette surproduction", explique un auteur, "a profité à la chaîne du livre mais pas aux auteurs, le volume des ventes globales augmentant au détriment du nombre des ventes de chaque titre, donc des droits d'auteur." Un autre ajoute: "Depuis que je fais ce métier, je ne me suis jamais autant vu comme fragile."  Un auteur doit-il devenir un "fournisseur de contenu" comme cela lui est demandé? Ou est-il un artiste? 
 
 
 

lundi 22 décembre 2025

Treize albums jeunesse à la douzaine

Le capitaine Brett emmène Hyéronimus. (c) La Partie.
 
Choisis dans ce qui m'est parvenu depuis la rentrée de septembre, des albums de tous les genres mais qui réjouiront les jeunes lecteurs et les plus grands.
 
 

Aventures

Le temps du Capitaine Brett
Blexbolex
La Partie, 168 pages
dès 7 ans
 
Tout de suite, on reconnaît le style. C'est du Blexbolex! Oui c'est du Blexbolex mais dans un genre qui diffère légèrement de ses précédents ouvrages (lire ici). Cette fois-ci, l'inventif et exigeant auteur-illustrateur français s'essaie au roman d'aventures. Illustré bien entendu. Diantrement bien illustré. Et drôlement bien pensé car c'est un souvenir du narrateur qui est déroulé en forme longue. Le lecteur, rassuré sur la finale, va pouvoir embarquer dans les épisodes et craindre pour son héros. L'histoire tient autant du roman d'aventure que du récit initiatique. Un enfant envoyé chez son oncle le temps de l'absence de ses parents, doit triompher seul de diverses épreuves. Hyéronimus va à ces occasions rencontrer un pirate, le Capitaine Brett, à la mystérieuse apparence de mort-vivant, et sa fine équipe - on y reconnaît des personnages apparus dans "Les Magiciens". Alliés ou ennemis? Se pose constamment en sous-texte la question du bien et du mal. Le récit captivant, à la première personne, se déroule en plusieurs chapitres palpitants qu'on dévore avec appétit, pris par l'intrigue et ses rebondissements, amusé par le choix des noms des personnages et des lieux, séduit par l'impeccable qualité graphique des illustrations. Un grand Blexbolex (une fois de plus)! 
D'autres illustrations du livre ici.  
 
Hyéronimus ne se doute pas de ce qui l'attend. (c) La Partie.

 
 

Voix


Le tambour
Jeanne Saboureault
MeMo, 72 pages
dès 4 ans
 
Très beau récit initiatique que ce premier album d'une auteure-illustratrice française passée par Bruxelles. Il met en scène Siméon, un petit garçon qui ne parle pas mais s'exprime par son tambour qu'il ne quitte jamais. C'est dire si la disparition de l'instrument le jour de son sixième anniversaire le bouleverse. Il a perdu son meilleur ami, son doudou, son confident. Après avoir fouillé en vain toute la maison, le petit garçon décide de partir à sa recherche. Cette nuit-là! Il devra dominer ses peurs, écouter des sons différents, apprivoiser des animaux dont un criquet. Siméon découvre le monde en même temps que lui-même. Lors de ces diverses rencontres, il fera celle de sa voix. C'est un gamin grandi et apaisé qui rentre chez lui, invitant ses parents à admirer avec lui la beauté d'un lever de soleil. Un très joli texte rythme les magnifiques illustrations sur double page et nous fait partager avec douceur la quête, les sentiments et les émotions du petit héros. 
 
Là où naquit Siméon. (c) MeMo.
 
 
 

Attente

 
Le baiser du soir
Clémentine Beauvais
Camille Romanetto
Sarbacane, 32 pages
dès 3 ans
 
Qui a écrit "Ma seule consolation, quand je montais me coucher, était que maman viendrait m'embrasser quand je serais dans mon lit. Mais ce bonsoir durait si peu de temps, elle redescendait si vite, que le moment où je l'entendais monter, puis où passait dans le couloir à double porte le bruit léger de sa robe de jardin en mousseline bleue, à laquelle pendaient de petits cordons de paille tressée, était pour moi un moment douloureux." Marcel Proust évidemment, dans "Du côté de chez Swann", le premier volume de sa "Recherche". Faut-il dès lors le proposer aux enfants? Non, bien entendu, sauf si on en prend l'exquise version qu'en donne Clémentine Beauvais. Du fameux "Baiser du soir", elle a fait un "Baiser du soir pour les tout-petits". Soit vingt-quatre courtes phrases où elle exprime à merveille l'attente, le désir, l'accomplissement et le déchirement ensuite. Une scène du quotidien des petits enfants, un drame parfois, un moment parfait aussi. Un magnifique album, philosophique en filigrane, qui interroge le temps, sa puissance et sa force, porté par les délicates images de Camille Romanetto, dans un clair-obscur où joue la lumière d'une bougie, un des indices de ce temps passé.
 
Attendre le baiser du soir. (c) Sarbacane.



 Frissons

 
Histoires du soir
pour enfants très courageux
Nikolaus Heidelbach
Ole Könnecke
traduit de l' allemand
par Svea Winkler-Irigoin
l'école des loisirs, 40 pages
dès 4 ans
 
On connaît bien et on aime beaucoup les illustrateurs allemands Nikolaus Heidelbach (lire ici) et Ole Könnecke (lire ici). Des histoires formidables dans des genres littéraires et graphiques très différents. Alors les retrouver ensemble en auteurs-illustrateurs du même album intrigue. Comment allaient-ils s'appairer? Le plus simplement du monde, chacun gardant son style au profit d'une histoire commune. Celle des enfants Boris et Céleste qui vont rester seuls à la maison ce soir, leurs parents étant de sortie. Le grand frère doit veiller sur sa petite sœur, la faire manger, la coucher et lui raconter une histoire. Justement! Céleste veut une histoire qui fait peur. Boris jubile mais rien de ce qu'il raconte n'impressionne la demoiselle: "C'est ennuyeux", "ça ne fait pas peur du tout, "elle était drôle, cette histoire", etc. A noter que c'est Könnecke qui signe les scènes dialoguées avec les enfants en page de droite alors que Heidelbach s'occupe de représenter dans son style les histoires racontées. De page en page, la situation dégénère entre le frère et la petite sœur insatisfaite, jusqu'à la malicieuse finale.
 

La bonne volonté de l'un, la mauvaise foi de l'autre. (c) l'école des loisirs. 

  
 
 

Devinettes

 
Contes en valise
Emilie Chazerand
Emmanuelle Houdart
Editions Thierry Magnier, 48 pages
dès 5 ans
 
On a beau connaître les contes sur le bout des doigts, quand ils apparaissent déstructurés, c'est plus compliqué. La preuve dans cet exquis livre-jeu de devinettes. Dix-sept personnages de ces récits ont vu leurs valises s'ouvrir et se mélanger. A charge des lecteurs de les identifier en fonction de leur contenu. Une quinzaine d'objets chaque fois, complétés d'un intrus, dessinés en page de droite. La réponse avec la vue de la valise se trouve en page de gauche suivante. Cela a l'air tout simple. Ce l'est au début avec le Petit chaperon rouge dont tout le monde identifie la capeline. Pour recouper ses informations, on voit aussi, entre autres, un panier, un pot de beurre, une galette, un couteau... Et la valise écarlate apparaît sur des pattes de loup! Ce n'est plus aussi facile ensuite mais c'est terriblement amusant de repérer les objets et d'émettre des hypothèses. Dix-sept contes sont passés à cette malicieuse moulinette, joyeuse et splendidement illustrée à la mode Houdart, à la fois détaillée et pleine d'imagination. 
 

Après le Petit chaperon rouge,  une autre devinette
 facile à  résoudre. (c) Ed. Thierry Magnier.

 

Leporello 


Les trésors de petite fourmi
Anouck Boisrobert
Louis Rigaud
Hélium, 24 pages
dès 5 ans
 
Un leporello, on sait ce que c'est, un livre accordéon. Celui-ci a la particularité d'être un leporello animé. Non seulement, on le déplie pour suivre le trajet de la petite fourmi, sur terre dans un sens, sous terre dans l'autre, mais en plus il y a des tas de rabats à manipuler et de découpes pour encore mieux observer l'insecte. On suit la petite fourmi dans sa promenade, elle qui amasse des tas de choses découvertes par hasard et qui peuvent lui être utiles, du grain de sucre à la plume d'oiseau en passant par la graine de pissenlit. Quand un moineau la menace, c'est sauve-qui-peut! La fourmi trouve refuge dans une galerie sous terre où chaque élément ramassé va trouver son utilité. Elle arrivera en finale dans sa fourmilière mais quel parcours! Une merveille d'observation et de conception technique, portée par des illustrations qui accueillent quelques collages d'éléments trouvés dans la nature. De quoi comprendre et admirer ces vies minuscules.
 
Album en leporello. (c) Hélium.
 
Trouvailles sur terre. (c) Hélium.
 

 Trouvailles sous terre. (c) Hélium. 

  
 
 

Arrières

Queues
Olivier Charpentier
Seuil jeunesse
64 pages
dès 6 ans 
 
Entre beau livre, documentaire et imagier, voici un album splendide et fascinant sur la queue des animaux. Drôle de sujet? Sujet parfaitement maîtrisé avec ces 22 animaux dont les appendices sont explicités, à la fois par un texte documentaire plaisant à lire et des portraits peints d'une très grande beauté à observer. Avant de découvrir la surprise du 23e sujet, on aura appris l'utilité de la queue du cochon bien entendu, il est le roi de la catégorie, mais aussi, celle du paon, de la mouffette, du cachalot, du lombric, du panda roux, du lézard et d'autres encore. Une belle preuve de la diversité du vivant et de son évolution comme l'a décrite Charles Darwin.
 
 
La queue du cachalot. (c) Seuil Jeunesse.

 
  

Rencontres

 
Le talisman
Ronald Curchod
Rouergue, 56 pages
dès 6 ans
 
Allongé au pied d'un arbre, un garçon regarde ce qui se passe autour de lui dans la forêt. Ou qui passe. Un pic qu'on découvre dans une des magnifiques  peintures sur double page, un lièvre qui guette et fuit, entraînant le contemplateur sur ses traces. Au sortir du bois, il va voir un lac, une barque, une jeune fille. Le lièvre s'y installe, la barque s'éloigne, la jeune fille rame vers une île. Le garçon attend. Rien. Il reviendra le lendemain, il guettera encore et encore. Une effraie passe au-dessus de lui. Est-ce elle qui le décide à prendre la barque? Il se rend sur l'île à son tour où il fera rencontres et découvertes... Un album mystérieux et énigmatique, terriblement attrayant par son sujet évoqué en petites touches de textes et par ses splendides, lumineuses et riches illustrations. A noter la très belle mise en page alternant double page avec des textes éparpillés et double page illustrée à bord perdu.
 
Vers où le lièvre conduit-il? (c) Rouergue.

 

Regards
 

Qui voit là?
Caroline Gamon
Hélium, 40 pages
dès 4 ans
 
Dès la première page de ce malicieux album en boucle, on retrouve le très beau  graphisme découvert dans l'excellent premier album en solo de l'auteure-illustratrice "Boucle d'or en chemin" (Hélium, 2024). Dans la forêt, toute une série d'animaux admirablement croqués de face - avec de petits trous pour leurs yeux - donnent des éléments qui composent le portrait de la créature étrange qu'ils ont croisée. Ce qui est amusant, c'est que la caractéristique qu'ils mettent en avant est le contraire de ce qu'ils sont eux. Le lecteur est de plus en plus intrigué. Et ce ne sont pas les premiers larges paysages forestiers qui lui donneront la réponse. Jusqu'à ce qu'il arrive à l'image lui donnant la réponse et qu'il soit ainsi ramené à l'animal du début de l'album. Une excellente idée que cet album invitant à se mettre à d'autres places que la sienne.
 
Pour le lièvre, la créature a de toutes petites oreilles. (c) Hélium.
 
 
 

Plongeons

Baleinoïde
Baptiste Gaillard
Sylvie Mermoud et Pierre Bonard
Askip, 76 pages
pour tous

En couverture, l'œil d'une baleine vous fixe. Le cétacé est fréquent en littérature, et même en littérature de jeunesse. Mais plonger dans cet œil-ci ouvre un monde particulier, celui des sensations, celui de la poésie. L'immense mammifère marin est approché par les bribes de texte qui tentent de le cerner au travers des âges et de ses représentations. L'immense mammifère marin est aussi magnifié par les splendides dessins aux crayons de couleur à quatre mains. L'immense mammifère marin se révèle ou se dérobe grâce aux pages de calque, parfois imprimées, qui enrichissent la lecture. Cet univers marin, à la fois connu et étrange, invite à se laisser porter, à se laisser voguer du rivage aux abysses, des croyances à la science. Un ouvrage pour rêver et se découvrir.

Une image reproduite de part et d'autre d'une page. (c) Askip.


 

Échanges

Oh là là, voyez-vous ça!
Michael Rosen
Helen Oxenbury
traduit de l'anglais par Maurice Lomré
l'école des loisirs/Pastel, 40 pages
dès 3 ans
 
Quel plaisir de retrouver le duo britannique aux commandes d'un délicieux album randonnée. On en avait eu l'annonce en juin (lire ici). Le voilà pour de vrai, dans un format un poil plus réduit que leur célèbre "La chasse à l'ours". Le gamin narrateur se rend en sifflotant dans différents magasins avec des tas de projets d'achats. Mais il ne reçoit jamais ce qu'il demande: "A la place, on me donne..." Autant de surprises sous forme d'animaux sont à ces rendez-vous, présentées dans un joli texte aux rimes de mirliton et dans les illustrations. Une joyeuse malice qui n'est pas sans faire penser à cet autre classique qu'est "Préférerais-tu?" de John Burningham (1936-2019, lire ici). Ce que les enfants voient dans les images et que le texte ne dit pas, c'est qu'une cohorte composée de tous ses "achats" suit le protagoniste. Jusqu'à ce que le "chiot tout foufou" y mette un complet bazar! Un désastre interrompu par un "Toc, toc." Qui est à la porte? Une autre cohorte, d'humains bien chargés cette fois, qui mènent à la fête finale et à la sortie de tous les personnages en nouvelles paires en pages de garde arrières. 
 

Pantone

 
Couleurs de ciels
Alexandra Lafitte
Les Grandes Personnes
80 pages
pour tous
 
Regardez le ciel. Regardez-le dix minutes plus tard, il a changé. Regardez-le une heure plus tard, il est encore différent. C'est ce que nous montre superbement cet album de moyen format, un premier livre. Entre ses deux couvertures en gros carton, une exploration des couleurs du ciel au long d'une journée. Des peintures numériques abstraites, imprimées en couleurs Pantone, traduisant des souvenirs, des sensations, des observations. Sous certaines, quelques mots qui racontent aussi le ciel. "Le jour s'éveille là." ou "Le jour s'éveille ici." ou "Temps de pluie..." ou "Temps radieux..." Les couleurs du ciel, miroirs de nos émotions? Certainement. A chacun de se laisser emporter par ce livre d'artiste qui a la particularité d'avoir quatre couvertures différentes.
 
Les quatre couvertures. (c) Les Grandes Personnes.


 
"Le jour fatigue". (c) Les Grandes Personnes.

 
  
 

Personnages


Le casting

Gilles Bachelet
Seuil jeunesse, 72 pages
dès 6 ans
 
En 2019, Gilles Bachelet publiait un coffret réunissant trois de ses albums-culte, "Mon chat le plus bête du monde" (2004), "Quand mon chat était petit" (2006) et "Des nouvelles de mon chat" (2009). On y trouvait aussi un inédit, "Le Casting". C'est précisément cet album extrêmement amusant qui sort maintenant en solo, dans un format légèrement agrandi. L'auteur nous explique doctement, par le texte et l'image, comment vivent ses personnages quand les livres sont terminés, comment ils peuvent aussi l'aider à trouver un nouveau héros. Et ça dépote! Entre réunion de crise, lettres de candidature et évidemment le casting des candidats, tous des animaux - on voit même passer le Pomelo de Benjamin Chaud (lire ici), qu'est-ce qu'on rigole! Ils sont incroyables dans leurs présentations pour séduire ou amadouer un jury où l'on retrouve le chat le plus bête du monde, le singe à Buffon, Champignon Bonaparte, le lapin blanc, l'autruche qui manque aux contes de fées, le chevalier de ventre-à-terre. Et si on examine bien les candidats qui se présentent, certains sont les héros d'albums parus, la licorne Poufy, les gants de vaisselle, les extraterrestres XOX et OXO, le dragon de l'hypermarquête... A part le papillon de "Une histoire qui...", tout le monde est là (lire ici)!
 
Les candidats au casting. (c) Seuil Jeunesse.

Biblio de Gilles Bachelet
  • "Ice Dream" (Crapule Productions, 1984, puis Harlin Quist, 1998)
  • "Hôtel des voyageurs" (Crapule, 1986, puis Seuil Jeunesse, 2005)
  • "Le singe à Buffon" (Seuil Jeunesse, 2002)
  • "Mon chat le plus bête du monde" (Seuil Jeunesse, 2004)
  • "Champignon Bonaparte" (Seuil Jeunesse, 2005)
  • "Quand mon chat était petit" (Seuil Jeunesse",2007)
  • "Il n'y a pas d'autruches dans les contes de fées" (Seuil Jeunesse, 2008)
  • "Des nouvelles de mon chat" (Seuil Jeunesse, 2009)
  • "Madame le Lapin Blanc" (Seuil Jeunesse, 2012)
  • "Le Chevalier de Ventre-à-Terre" (Seuil Jeunesse, 2014)
  • "Une histoire qui…" (Seuil Jeunesse, 2016)
  • "Une histoire d'amour" (Seuil Jeunesse, 2017)
  • "XOX et OXO" (Seuil Jeunesse, 2018)
  • "Coffret Tout mon chat" (Seuil Jeunesse, 2019)
  • "Résidence Beau Séjour" (Seuil Jeunesse, 2020)
  • "L'Hypermarquête" (Seuil Jeunesse, 2024)
 

 Et les Belges? Au prochain post.