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lundi 14 octobre 2019

Le prix Vendredi 2019 à Flore Vesco

Flore Vesco, lauréate 2019, devant le jury.

Pour sa troisième édition, le prix Vendredi (2.000 euros) a été attribué à Flore Vesco pour "L'Estrange Malaventure de Mirella" (l'école des loisirs, Medium, 224 pages, avril 2019).

Moyen-Âge. Les rats ont envahi la paisible bourgade d'Hamelin. Vous croyez connaître cette histoire? Vous savez qu’un joueur de flûte va arriver, noyer les rats en musique, puis les enfants d'Hamelin? Oubliez ces sornettes. La véritable histoire est bien pire, et c'est grâce à Mirella, une jeune fille de quinze ans, qu'on l’a enfin compris. Cette crève la-faim a un don ignoré de tous: elle voit ce que personne d'autre ne voit. Par exemple, elle a repéré cet homme en noir qui murmure à l'oreille de ceux qui vont mourir de la peste… Et ça lui donne une sacrée longueur d'avance. Y compris sur le plus célèbre dératiseur de tous les temps.


Les deux mentions spéciales reviennent à Jo Witek, pour "Premier arrêt avant l'avenir" (Actes Sud Junior, 224 pages, août 2019)

Pierre, brillant bachelier primé au concours général, quitte son lycée rural et un milieu modeste pour rejoindre Paris et une prépa d'excellence. La voie royale pour un pur outsider boursier à qui on a toujours rappelé combien il était redevable à la société. Le voilà parti… Mais dans le train Pierre fait la connaissance de la flamboyante Olympe. La jeune fille porte des dreadlocks, voyage sans billet, lit Proudhon et doit partir pour une mission humanitaire sur un voilier. C'est le coup de foudre, un chaos amoureux qui bouleverse l'existence rangée de Pierre et lui ouvre de nouveaux horizons. Sa vie de jeune adulte commence à peine et le voilà qui doute, hésite, vacille. Et si c'était à lui de décider de son avenir? Et si à dix-huit ans on avait le droit d'être léger ? Pour la première fois, il est prêt à désobéir aux profs, à décevoir sa famille, pour seulement écouter ses envies. Pour la première fois, il peut décider seul: suivre Olympe ou rentrer sagement à Paris.

et à Thibault Vermot pour "Fraternidad" (Sarbacane, "Exprim'", 624 pages, août 2019).

Devon du Sud, Angleterre, 2019. Ed Perry est un tocard. C'est l'avis de sa sœur, de sa mère, de Cliff, de Chloé, du lycée. Mais Ed Perry a un secret. Tous les vendredis soirs, il loue un cheval, déterre son épée et chevauche dans les bruyères. Puis il attend le prochain vendredi soir. Et puis un jour, il décide d'abandonner une fois pour toutes le désastreux réel. Et c'est donc ce qu'il s'emploie à faire: monter son propre gang de rêveurs venus des quatre coins d'Europe, dans un envol de chapeaux à plumes, de masques et de rapières!




Cette année, 56 titres avaient été soumis par 36 maisons d'édition au jury (lire ici).














lundi 16 avril 2018

Grandir en confiance dans ce vaste monde

Deux grands yeux pour bien voir. (c) Rouergue.


Une sélection de sept albums pour enfants qui concernent les tout-petits. Quand, au début de leur vie, ils bénéficient d'un accompagnement bienveillant.


Ah tu verras, tu verras!


Tu vas voir
Frédérique Bertrand
Rouergue, 40 pages

De double page en double page de ce moyen format, deux grands yeux apparaissent, tournés vers la droite du lecteur, comme pour lui dire "tourne la page". En dessous, les trois mots "tu vas voir". Le mécanisme se met vite en place, ici deux yeux avec un indice, là une situation spécifique, gracieusement dessinée à l'habitude de l'auteure-illustratrice. On reconnaît vite et avec plaisir ses enfants aux bouilles sympathiques, ses collages de papier quadrillé, ses points de couleur... (lire ici).

Un univers graphique personnel, doux et joyeux, qui présente chaque fois une situation et plusieurs possibilités, assorties du rappel "c'est à toi de voir..." Les questions sont celles des enfants, marcher, s'amuser, s'affirmer, se différencier, choisir sa musique. Le livre avance comme la vie, avec d'autres choix, d'autres réalités, mais toujours cette liberté de choisir. Les propos philosophiques mènent à des cup-cakes gourmands et à une double ration de chance.

Ces "tu vas voir" répétés accompagnent idéalement le tout-petit confronté à ses premiers choix en lui ouvrant bien grand le champ des possibles. Un splendide album illustré tout en délicatesse. A partir de 2 ans.

Deux doubles pages successives. (c) Rouergue.


Girafon fonfon


Si petit
Florian Pigé
HongFei, 36 pages

Ce petit format presque carré réalisé à l'encre et aux tampons met en scène un tout jeune girafon rose-rouge, qui paraît bien petit dans son vaste univers alors que lui-même ne s'y sent pas mal. Il est le premier album en solo, fort réussi, de Florian Pigé qui avait déjà illustré trois albums chez le même éditeur (lire ici) et deux ailleurs. Il est aussi le premier d'un triptyque rendant hommage aux tout-petits: "Si gourmand" paraîtra en mai et "Si curieux" en août.

"Si petit" conte en d'originales illustrations la découverte du monde par le petit girafon. La bienveillance de l'adulte qui prend soin de lui s'accorde bien avec l'humour des situations, que le bébé girafe se cache avec les fourmis, qu'il se lance en bateau sur la mer, qu'il se juche sur la tête d'un hippopotame, qu'il rentre chez lui transporté par un oiseau au cou aussi long que lui, qu'il fasse des bêtises, qu'il ait besoin d'aide pour se nourrir, qu'il ait peur le soir ou qu'il puisse à son tour venir en aide au "grand" qui le protège. Un petit qui va loin parce qu'il se sent en confiance. A partir d'un an.

Explorer et se retrouver parfois en situation compliquée. (c) HongFei.


Une place pour toi 


Tout petit
Marie Sellier et Ilya Green
Casterman, 32 pages

Un doux chant d'amour à la vie et au bébé qui grandit de page en page dans cet album qui fait poétiquement l'inventaire de l'univers du nouveau-né, Papa et Maman bien entendu mais aussi Poc le chien et l'arbre du jardin, plus grands que lui, le papillon bleu, l'écureuil gris, le bébé chien et le chat du voisin qui sont, eux, plus petits. Une jolie façon d'amener la notion de la diversité sur terre et de la complémentarité de tous.

Le texte de Marie Sellier est d'une belle musicalité, les scènes enfantines croquées par Ilya Green (lire ici) d'une beauté lumineuse et paisible. Un très bel album sur la beauté du début de la vie et la juste place de chacun. Pour tous dès la naissance et après.

Un tout petit qui grandit de page en page. (c) Casterman.


Etre soi-même


Lia
Daniela Tieni
Rouergue, 32 pages

Superbe premier livre en solo de l'Italienne qui avait déjà magnifiquement illustré l'album "A quoi rêve Marco?" de Luca Tortoloni (même éditeur, 2017). Elle y met en scène, sur un joli papier crème, Lia, une petite fraise qui aimerait bien être quelqu'un d'autre. Un autre fruit donc. Lia s'interroge à la première personne en se projetant dans la peau d'une pomme, d'une poire, d'une banane, d'une pastèque, d'une prune, d'une cerise, d'une myrtille... Chaque fois, elle y voit plein d'avantages mais aussi plein d'inconvénients. A tel point qu'elle se sent totalement perdue. Mais sa maman est là qui veille et rassure l'égarée: "Tu es libre de devenir qui tu veux (...) mais n'oublie pas qui tu es, il faut croire en toi."

L'album a un propos fort intéressant, assurer chacun de l'importance d'être unique, qui est véritablement porté par un graphisme épatant, tout en douceur dans les différentes scènes imaginées au départ des formes des fruits, tout en vitalité avec ces deux oiseaux bleus, un grand et un petit, qui semblent participer à la conversation entre Lia et elle-même. Lia, une petite fraise à la mère humaine en qui peuvent s'identifier tous les enfants. A partir de 3 ans.


Si j'étais... mais... (c) Rouergue.



Tendre bienveillance


Quand tu seras grand
Emily Winfield Martin
traduit de l'anglais par Ilona Meyer
Les éditions des éléphants, 40 pages

"Quand je te regarde et que tu me regardes, je me demande quelle personne merveilleuse tu seras." En face de ces mots, une maman et sa petite fille. "Quand tu étais petit, trop petit pour me dire bonjour, je savais déjà que tu étais quelqu'un que je souhaitais connaître." Cette fois, un père s'adresse à son fils bébé. Ensuite, on aura toujours la voix du parent, chaque fois différent, qui s'adresse à son enfant mais l'adulte n'apparaîtra plus dans l'image.

Un discours qui rappelle l'amour de l'adulte pour l'enfant et place sa confiance en lui pour l'avenir. Autant de questions qui abordent tous les aspects de la vie, la générosité, la justice, la musique, l'imagination, le partage, l'éducation, le souci de l'autre, le courage, la curiosité... Toutes ces interrogations se posent sur de très jolies illustrations à l'ancienne où évoluent des tas d'enfants de tous les âges, de toutes les couleurs et de toutes les humeurs. Elles aboutissent à cette superbe conclusion: "Je t'aimerai toi, qui que tu sois." A partir de 3 ans.


Interrogations et bienveillance. (c) Les éditions des éléphants.


L'aventure en grand


Pas de géant
Anaïs Lambert
Les éditions des éléphants, 48 pages

Un album vu au ras du sol, comme un jeune enfant voit la nature. Des scènes bucoliques exquisement dessinées racontent l'expédition du héros dans son jardin. Un vaste monde qu'il découvre, chaussé de ses bottes vertes. Un vaste monde qu'il réinvente avec son imagination.

Entre pâquerettes, liserons, trèfles, radis, rhubarbes, fougères et autres espèces botaniques aisément reconnaissables, le tout petit narrateur conte ses observations: un combat féroce, une course folle et gluante, des monstres piquants, une caravane en route, des hélicoptères, des  rivières et des forêts. Sa façon de voir les insectes et les éléments naturels. Il va jusqu'à penser croiser un ours, un éléphant, un crocodile, une girafe, un kangourou... Un jeu joyeux avec ce qu'il voit, sent et entend jusqu'à ce que résonnent des pas lourds... Un géant? Parfois le salut est dans la fuite...

Un album vibrant, remarquablement illustré, qui célèbre jusqu'à sa chute rassurante l'imaginaire enfantin qui voit tout bien plus fort que la réalité. A partir de 3 ans.




Des bottes vertes et une imagination d'enfant. (c) Editions des éléphants.

A noter que les illustrations originales de "Pas de géant" sont exposées jusqu'au 20 juin au Wolf (Maison de la littérature de jeunesse, 18/20 rue de la Violette, 1000 Bruxelles, accès libre du mercredi au dimanche de 10 à 18 heures).


Dodo, l'enfant do


Allez, au nid!
Jo Witek et Christine Roussey
De La Martinière Jeunesse, 28 pages


Un cartonné de bon format pour préparer le coucher de façon douce et paisible, par un tandem bien rôdé (lire ici). Le soleil couché, un petit garçon se prépare à faire la même chose que l'astre. Le texte mélodieux de Jo Witek détaille les différentes étapes avant la mise au lit, la mise au nid plutôt. Toilette, déshabillage, pyjama ou chemise de nuit, souhaits de bonne nuit, bisous, rangements des jouets et des doudous. Pas tous les doudous. Le petit héros en garde un avec lui , qu'il tranquillise, qu'il rassure, à qui il raconte l'endormissement avant de plonger dans ses rêves et de se réveiller plein d'entrain pour un nouveau jour.

Sur fond blanc et en format à l’italienne pour la plupart, les images expressives et dépouillées de Christine Roussey apportent à la fois de la tendresse et de la vitalité à ce tendre album qui revisite très agréablement les rites du coucher. A partir d'1 an.


C'est l'heure de se coucher comme le soleil. (c) Ed. De La Martinière Jeun.








mardi 11 août 2015

Moi? Quand lieux, choses, états me disent

Qui suis-je? L'identité et la quête de soi sont au cœur de l'enfance et donc de la littérature de jeunesse.
Les six albums qui suivent abordent ces thèmes, chacun à leur mode.


Annie Agopian et Audrey Calleja
"Moi à travers les murs"
Rouergue, 40 pages

Une chambre d'enfant. La chambre d'un enfant. Lieu d'exclusion quand les parents l'y cantonnent. Lieu d'imagination quand la colère s'apaise - qui l'a mieux montré que Maurice Sendak dans "Max et les maximonstres"? Lieu de révélation de soi entre les quatre murs de la pièce. Lieu d''évasion quand l'enfant se fait passe-muraille. Lieu de paix où l'action comme l'inaction ont droit de cité.

Voilà un album qui raconte de façon fort originale les différents états de la chambre d'un enfant. Le texte explore aussi les différentes acceptions du mot "chambre" telles que les présente le dictionnaire. En fait, ce sont les images, complètement dans l'univers de l'enfance, entre jouets et animaux familiers, qui permettent à chaque lecteur de se créer sa propre version de ce bel album destiné aux enfants en âge d'école primaire.


Une chambre d'enfant ordinaire? A voir... (c) Rouergue.

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Anne Cortey et Anaïs Massini
"Les petits jours de Kimi et Shiro"
Grasset Jeunesse, 48 pages

Un petit format aquarellé tout doux, au format de la main, qui raconte quatre histoires autour de deux mignons personnages, Kimi la fille, Shiro le garçon. Quatre histoires de joie, de découverte, d'amitié et de poésie qui déclinent les quatre saisons de l'année.

"Jour de chat" (c) Grasset Jeunesse.

"Jour de chat" pose sans façon un jour "sans": Kimi n'a pas envie de se lever, se sent chat et n'a donc pas envie de jouer avec Shiro déguisé en chien.

"Jour rond" (c) Grasset Jeunesse.
Dans "Jour rond", elle se rattrape en faisant de son ami un chercheur de trésors comblé: sans qu'il le sache, elle a préparé pour lui des tas de cailloux plus jolis les uns que les autres, des joyaux!

"Jour de neige" (c) Grasset Jeunesse.
"Jour de feuilles" voit les deux personnages ratisser les feuilles tombées, s'y cacher jusqu'à transformer la fragile montagne en un éphémère Everest. "Jour de neige", enfin, célèbre très joliment le blanc à travers une promenade pleine d'imagination qui se termine chaleureusement avec un chocolat fumant.

Ce sont des petites choses de la vie que pointent les deux auteures, réunies pour la troisième fois ("Les ailes d'Anna" et "Nuit d'hiver", Autrement jeunesse, 2009 et 2012). Elle le font avec une délicatesse qui enchante et rend le monde beau.

A propos de cet album, Anaïs Massini écrit ceci sur son blog:
"Anne m'avait montré les textes en novembre et l’'quipe de Grasset Jeunesse avait donné son feu vert en décembre. Au lendemain de l'assassinat des dessinateurs de Charlie Hebdo, je me suis sentie autant sonnée que soudain réveillée. Dessiner, peindre, tracer, mes gestes. Je me suis enfermée dans mon bureau, tous les matins, tôt, souvent même très tôt. Et j'ai peint dans le souffle de la détonation. En un mois et demi, des premières idées au rendu. Certains albums m'ont occupée des années. Celui-là moins de deux mois. Ne vous fiez pas à son apparence "vite fait". Pour chaque illustration il y en a une dizaine, une quinzaine que je n'ai pas choisies. Travailler en légèreté, recommencer et recommencer, garder un trait rapide et aérien, est un travail de patience exigeant.

"Les petits jours de Kimi et Shiro" est accessible à tous les lecteurs. Les plus jeunes, comme les plus vieux. "Les petits jours de Kimi et Shiro", c'est l'urgence de se rappeler que la vie est une petite poussière dans l'infini, mais aussi l'essence même de la poésie."
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Jo Witek et Christine Roussey
"Mes petites peurs"
De La Martinière Jeunesse, 30 pages

L'an dernier, elles avaient fait ensemble "Ma boîte à petits bonheurs" (même éditeur, 24 pages), un inventaire des raisons de sourire. Auparavant, elles avaient déjà créé "Toi dedans, moi devant. Le ventre de maman" et  "Les bras de papa. Rien que pour moi!" Des albums à la première personne dont les couvertures sur fond blanc se font délicatement écho. Cette fois, Jo Witek au texte et Christine Roussey aux illustrations dressent une liste de situations inquiétantes pour l'héroïne de cette jolie série et de ses manières de se rassurer. Le découpage habile de certaines parties de pages rend la lecture attractive.

Des peurs, la narratrice en a beaucoup et au quotidien! Qui constituent une grande montagne verte, à moins qu'on y voie une grosse bête. A noter que toutes les représentations inquiétantes sont dotées de visages expressifs.

Au supermarché... (c) De La Martinière Jeunesse.

Si l'héroïne apparaît minuscule face à ses frayeurs, elle témoigne néanmoins d'une belle énergie et de beaucoup d'imagination pour les contrer. Douceur et tendresse s'épaulent dans cet album qui incite à avoir confiance en soi. Le texte a une belle musique, les illustrations sont sobres et pleines d'imagination, aux crayons de couleurs rehaussées de mini touches fluo. "Mes petites peurs" sont aussi des formes de petits bonheurs.

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Piret Raud
"Emily et tout un tas de choses"
traduit de l'estonien par Olek Sekki
Rouergue, 40 pages

Emily est un poisson mais qu'est-ce que les humains lui ressemblent, à toujours amasser plus d'objets! Dès le matin tôt, la voici partie faire un tour au fond de la mer pour voir ce qu'elle va trouver. Des choses de toutes sortes, dont elle nous dresse la liste avec enthousiasme. Des choses perdues qu'elle s'approprie et qui ne sont donc plus perdues...

Emily est ravie d'autant posséder, jusqu'au jour où elle découvre lors de ses recherches une bouteille contenant un message. Et quel message! "Chère Emily, Je suis LA CHOSE LA PLUS IMPORTANTE QUI SOIT et si je vous écris, c'est pour que vous m'aidiez à me retrouver car je suis perdue."

Voilà le poisson investi d'une fameuse mission, dont les épisodes vont lui permettre de reconsidérer complètement son existence. Quand l'absurde dénonce les excès de la consommation et permet de repenser l'avoir et l'être. Un graphisme original pour un album très réussi à lire à plusieurs niveaux.

Emily est réjouie par toutes ses trouvailles. (c) Rouergue.

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Miguel Tanco
"Les farfelus"
Les fourmis rouges, 36 pages

Tendre portrait de quelques représentants de l'espèce humaine, dénommés "farfelus" dans lesquels on se reconnaîtra forcément. Dans lesquels on aimerait se reconnaître. Parce qu'ils vivent plus fort, ont le cœur plus grand, les yeux mieux ouverts, le sens du quendiraton faible. Parce qu'ils ont simplement l'air plus heureux.

Bref, les farfelus, on les aime et on se plaît à les débusquer dans ce premier album en France de Miguel Tanco. Tant leur apparence que leurs gestes sont délicieux. Coiffés à leur façon, la barbe tressée, attentifs aux plus petits, aux isolés, aux adversaires, sensibles à la musique, à l'humour, à la nature, à la danse... Si le mot n'était tellement galvaudé, on dirait d'eux qu'ils sont de "belles personnes". Un album à consommer sans modération tant texte finement observé et images savamment composées sont excellents. "Le monde aura toujours besoin de farfelus au cœur tendre..." termine l'auteur-illustrateur. Ne dirait-on pas plutôt "nous avons tous besoin d'être des farfelus au cœur tendre"?

Le farfelu prend soin des tout petits. (c) Les fourmis rouges.

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Brian Won
"Génial ce chapeau!"
traduit de l'anglais, sans mention de traducteur
Gautier-Languereau, 40 pages

Difficile de rester grognon quand le facteur vous apporte en cadeau un extraordinaire chapeau! Monsieur Elephant nous conte cette expérience avec beaucoup d'humour dans un album farandole où on rencontre une inouïe série de personnages plus grognons les uns les autres jusqu'à ce qu'ils reçoivent un morceau du chapeau cadeau initial. Et se mettent en route ensemble pour redonner du peps à Madame Girafe. Simple, efficace et bien pensé.


L'arrivée du cadeau surprise. (c) Gautier-Languereau.

Madame Tortue est aussi grognon. (c) Gautier-Languereau.