Nombre total de pages vues

Affichage des articles dont le libellé est Wittockiana. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Wittockiana. Afficher tous les articles

samedi 3 décembre 2016

Les bestioles de Marie Wabbes exposées

Œuvres de Marie Wabbes à découvrir au Wolf.

Celles et ceux qui n'ont pas eu l'occasion de visiter la grande exposition rétrospective de Marie Wabbes à la Wittockiana cet été (lire ici) peuvent se rattraper en se rendant au Wolf  (18/20 rue de la Violette 1000 Bruxelles), juste à côté de la Grand-Place de Bruxelles, où se tient jusqu'au 10 janvier une petite exposition thématique des œuvres animalières de cette grande dame de la littérature jeunesse. Celles et ceux qui l'ont vue peuvent bien entendu y aller aussi.

Dessin de Marie Wabbes.
Quand on sait l'amour que l'auteure-illustratrice porte à la nature, comment elle s'occupe magnifiquement des animaux, chiens, chats, poules, pintades, perroquets, chevaux, poneys en plus de sa grande attention aux humains, on se doute qu'on va être gâtés. Surtout qu'au cours de ses innombrables voyages, Marie Wabbes a toujours rempli des carnets de croquis des animaux qu'elle découvrait. En plus de ceux qui nous sont familiers, domestiques ou sauvages, on découvrira la faune d'Afrique du Nord et d'Afrique centrale. Entre autres.

Dessin de Marie Wabbes.
Aux cimaises du Wolf, des bestioles de toutes tailles, des plus petites (têtards, souris, …) aux plus grosses (éléphants, juments,..). Une trentaine d'œuvres en tout dont "Le cheval Tempête", un album pour enfants non publié (l'histoire en quatorze dessins d'une jument égarée), des carnets de croquis, des esquisses préparatoires et des trésors du passé. Comme le livre présenté par Marie alors étudiante à un jury de la Cambre en 1954, ou ce dessin de lignes électriques qui deviendra un foulard carré.

Deux dates à retenir

Le dimanche 18 décembre à 11 heures, Marie Wabbes vous propose de faire le portrait de  votre ours préféré
Le mercredi 21 décembre à 15 heures, visite de l'exposition en sa compagnie, goûter et chocolat chaud (gratuit mais sur inscription).


Dessin de Marie Wabbes.






vendredi 2 septembre 2016

Une très belle expo rétrospective célèbre les cinquante ans d'illustration de Marie Wabbes

Marie Wabbes.

Marie Wabbes, on la croise depuis toujours dans tout ce qui concerne la littérature de jeunesse (lire ici). On peut aussi la rencontrer lors d'expositions du designer Jules Wabbes, son premier mari, de concours de chevaux, d'événements sur les ours en peluche ou de rencontres à propos de camélias. Entre autres.


Un tout petit aperçu.

Marie Wabbes, on découvre ses albums pour enfants (plus de 200 aujourd'hui) aux quatre coins du monde (lire ici). En Belgique et en France bien entendu où elle rencontre toujours aussi volontiers les enfants des écoles qui lui font fête - plusieurs titres mériteraient d'être réimprimés. En Angleterre et aux Etats-Unis puisqu'elle a également publié des livres là-bas. En Afrique où elle a animé de nombreux ateliers pour jeunes auteurs-illustrateurs.

Ceci n'étant, si on peut dire, que la partie émergée de l'iceberg. Car Marie Wabbes a bien d'autres cordes à son arc artistique. On ne le sait pas toujours. On les découvre avec un immense plaisir à l'exposition "Images d'enfance" que lui consacre la Bibliothèque Wittockiana jusqu'au dimanche 25 septembre (infos pratiques ici).

Une exposition rétrospective qui couvre cinquante années de son travail et en présente les différentes facettes dans une mise en scène fort agréable. Il y a des livres bien entendu, mais aussi des dessins originaux, des cartes de vœux, des maquettes, des affiches, des objets, des vidéos.


Ours en peluche et autres objets.

Les "mariés" et leur portrait.

Affiches.
On (re)découvre avec un infini plaisir les différentes branches du travail de Marie Wabbes, dans l'esprit de l'arbre stylisé qui occupe le centre de l'expo Par exemple, le temps de ses débuts, sous le pseudonyme de Florence: des centaines de dessins pour le journal "Le Soir" auquel elle collabora de 1953 à 1968 et ses premiers albums à l'école des loisirs. En 1965, elle illustre "Olivier le Page" et "La mère Framboise", sur des textes de Marcel Vermeulen. Suivront plusieurs titres de la "Vache Caroline", sur un texte de Jean le Paillot, aussi à l'école des loisirs.

Après ce seront, chez divers éditeurs et sous son vrai nom, en vrac, les "Petit Lapin", les "Petits européens", les "Charlie", les "Rose", et tous ces excellents albums aux thèmes essentiels de l'enfance, tendresse, amour, doudou, séparation, agression, protection, migration, nature ("Petit Doux n'a pas peur", "Je voudrais que tu m'aimes", "L'enfant qui venait de la mer", "Petit cœur d'ours"...),  sans oublier les documentaires gourmands sur les pommes, les tomates, les fraises, le chocolat, la soupe, l’œuf, le miel...

Petit Chaperon.
Petit Lapin. 












Une lectrice devant un tissu créé pour Dujardin.
L'exposition met aussi à l'honneur les célèbres tissus que Marie Wabbes a créés pour la maison Dujardin, les portraits d'ours en peluche qui l'ont rendue célèbre et ont été exposés à plusieurs reprises, diverses vitrines présentant plein de formidables surprises à découvrir. Aux murs, on peut encore lire différents livres non publiés dont on ne comprend pas pourquoi ils n'ont pas intéressé les éditeurs. Partout un hommage constant à  la nature, aux animaux et à la vie.


Portraits d'ours.

Portrait d'ours.



mardi 17 mai 2016

Henri Michaux, cinquante nuances de non

A lire les lettres de Henri Michaux (1899-1984), réunies, présentées et annotées par Jean-Luc Outers dans "Donc c'est non" (Gallimard, 192 pages), on découvre avec plaisir et curiosité combien l'écrivain, poète et peintre belge fut un Monsieur Non. Pas à la façon d'une femme politique belge, en retrait depuis peu de la scène, qui se contentait de répéter "non", "non", "non". Rien de cela chez Michaux qui décline ses refus de mille façons et crée une littéraire philosophie du non.

S'il se montre aussi peu collaboratif, ce n'est pas parce qu'il a mauvais caractère, quoique, c'est surtout parce qu'il ne tient pas à figurer dans la lumière. Cela, du début à la fin de sa vie, essentiellement par peur de l'enfermement. Evidemment, lui-même écrit souvent contre ceci ou cela. Mais cela n'explique pas tout. Henri Michaux déteste surtout la "vedettomanie". Prendre une photo de lui tient la croisade, enregistrer sa voix du rêve absolu. Le rééditer ou l'inscrire dans une anthologie? Il l'interdit. Lui attribuer un prix littéraire? Systématiquement hors de question - on verra si Joseph Andras qui vient de refuser le Goncourt du premier roman poursuivra et en littérature et dans son refus des récompenses. Autant d'interdictions que l'écrivain édicte jusqu'à sa mort.

Il avait fait pareil pour ses lettres: "Laissez-moi mourir d'abord" avait-il indiqué. Trente ans après son décès, en voici une centaine, choisies par Jean-Luc Outers qui, s'il n'a jamais rencontré Henri Michaux, connaît très bien son œuvre et sa vie. Il nous les présente in extenso dans l'ordre chronologique de leur envoi, de 1931 à 1984. Il les a choisies parce que toutes disaient non d'une manière ou l'autre. Et ces refus successifs campent un portrait en creux extrêmement intéressant de leur auteur - quelques correspondances figurent aussi dans les pages. En plus de constituer une fort agréable lecture.

Si Jean-Luc Outers a pris soin de replacer les différents courriers dans leur contexte, on peut aussi se référer à la page que Gallimard, le "gros" éditeur de Michaux, consacre à l'écrivain et peintre (ici). Mais on n'oubliera pas que l'homme de lettres adorait être publié en tout petit tirage chez de tout petits éditeurs.

De tout cela, il sera question ce mercredi 18 mai à 20 heures à Passa Porta au cours de la soirée littéraire "Donc c'est non: Henri Michaux par Jean-Luc Outers". Plusieurs lettres seront lues par le comédien Bruno Marin tandis que Jean-Luc Outers répondra aux questions de Nadine Eghels sur le recueil qu'il vient de publier et le long travail de recherche que ce dernier a nécessité. Infos ici.

Pour feuilleter le début du livre, c'est-à-dire lire le texte de Jean-Luc Outers sur son sujet à l'exception de la dernière page (pas de lettre donc), c'est ici.

Un exemple.
"Cher ami,
Si un inconnu m'avait envoyé une lettre à propos de cette anthologie de poètes belges j'aurais été fort à l'aise pour répondre. J'aurais refusé catégoriquement.
Mais c'est toi. Donc je suis un peu embarrassé. Mais il s'agit de moi. Donc je ne le suis pas. JE N'AI AUCUNEMENT L'INTENTION D'ACCEPTER. (...)"

Un autre.
"Monsieur,
Je me souviens parfaitement de vous et de notre entretien.
Mais vous prononcez maintenant le mot qui me fait tout oublier et que j'ai en horreur: Conférences.
N'en parlons plus. Croyez-moi - cela mis à part - cordialement vôtre."


Rappelons aussi qu'une exposition "Henri Michaux Face à face" se tient en ce moment à la bibliothèque Wittockiana, et ce jusqu'au 12 juin. Renseignements ici.
Avec le plaisir de voir que l'affiche montre le portrait gravé sur bois de Henri Michaux suggéré par Gaston Gallimard pour son premier livre publié à la NRF, "Qui je fus" (1927). Une proposition qui, sur un exemplaire dédicacé, fut rayée d'une croix et complétée d'un "non" rageur.