Nombre total de pages vues

Affichage des articles dont le libellé est Rencontre. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Rencontre. Afficher tous les articles

jeudi 29 juin 2023

Un quatuor féminin autour de deux disparus

(c) Librairie Tropismes.

C'est une double rencontre de primo-écrivaines, animée à deux voix, que propose la librairie Tropismes ce jeudi 29 juin à 19 heures. Nadine Eghels et Fabienne Verstraeten s'entretiendront avec Béatrice Delvaux et Sigrid Bousset à l'occasion de la parution de leurs premiers livres, respectivement "Avec Paul" et "V ou la mélancolie" (187 et 123 pages, Editions Arléa tous les deux). Si les deux ouvrages traitent d'un absent, un mari pour la première, un père pour la seconde, leur manière est radicalement différente.



Trois ans après le décès soudain de l'architecte Paul Andreu, Nadine Eghels se lance dans l'écriture du livre qui nous parvient aujourd'hui. Débutant sur le choc de sa mort, elle raconte en brefs chapitres entrecoupés de lettres adressées à des proches, leur rencontre en 1996, fulgurante, leur amour, affiché peu après, ses passions successives, l'architecture, l'écriture, la peinture. Elle nous dit la vie à ses côtés, sa vie à elle, leur vie ensemble, leurs voyages, les sorties, les repas, les amis. Se dessine entre les mots un immense amour, né de la rencontre profonde entre un homme et une femme. Les souvenirs sont innombrables, et mémorables. Au fur et à mesure qu'on chemine dans "Avec Paul", on perçoit combien le déchirement et le désarroi des premiers temps du deuil ont fait place à la lumière d'un merveilleux amour et à une vie à poursuivre.




Au départ d'une photo prise lors de la cérémonie des obsèques de son grand-père, héros de la Résistance, où elle observe la silhouette triste d'un jeune homme de vingt ans, Fabienne Verstraeten construit en petites touches le portrait de son père. De la périphérie au sud de Bruxelles à la commune de Jette, elle élabore un récit biographique en séquences cinématographiques ponctuées de flash-back. Un roman familial plutôt, avec ce qu'il comporte de fiction, mélancolique mais apaisant. "V ou la mélancolie" est un livre ambitieux sur la forme, qui charme par ses références bruxelloises ou culturelles. Une deuxième partie consigne l'atelier d'écriture auquel a pris part l'écrivaine. Elle a choisi de fouiller les destins d'Aloïs et André, ses grand-père et père, "un arbre généalogique d'ombres de branches masculines cassées".


Pour réserver, c'est ici.






mardi 14 février 2023

Roméo et Juliette à Bizerte en 1921

L'armée blanche quittant la Crimée.

Le nouveau roman de Didier Decoin, bientôt 78 ans, nous emmène à Bizerte, au nord de la Tunisie, il y a un siècle. Un fameux saut dans l'espace et dans le temps que nous propose "Le nageur de Bizerte" (Stock, 450 pages), épais, lettré et très descriptif - on pourrait en faire un film rien qu'en le lisant. Il nous conte avec moult détails la rencontre dans la lagune de Bizerte d'une jeune Ukrainienne en robe blanche installée à bord d'un des bateaux de la flotte russe ayant fui la révolution et les bolcheviks et d'un jeune bouchkara (docker) tunisien, nageur à ses heures, qui travaille au port, sur fond d'une vérité historique oubliée ou méconnue.

Un roman né de quasi rien, d'un nom posé un jour, il y a plusieurs années, sur un bout de papier. "Le roman a commencé tout à fait par hasard", me confesse Didier Decoin, homme au plus de cinquante livres, romans, essais, littérature jeunesse, de passage à Bruxelles. "Un jour de réunion à l'Académie Goncourt (NDLR: il en est membre depuis le 6 juin 1995 et la préside depuis le 20 janvier 2020), j'ai écrit sur un bout de papier le nom de Tarik Aït Mokhtari. Tahar Ben Jelloun (NDLR: juré Goncourt) qui passait derrière moi me déclare: "C'est un nom tunisien, ça, mais le "Aït" indique que c'est le nom d'un Tunisien berbère!"

Rentré chez lui, l'écrivain fonce sur son ordinateur et entame des recherches sur internet à propos des Berbères de Tunisie. Il est ferré par les infos qu'il pêche. Il lit des livres en rapport avec le sujet qu'il croit tenir, dont celui d'Anastasia Manstein-Chirinsky (1912-2009), "La dernière escale: le siècle d'une exilée russe à Bizerte" (Tunis, Sud Éditions, 2000, 309 pages), autobiographie de référence contant l'incroyable destin de la dernière survivante de la communauté russe installée en Tunisie il y a juste un siècle, dans le sillage de l'évacuation, depuis la Crimée, des navires de l'escadre de la mer Noire pendant la guerre civile russe. "Cela sert à ça, la littérature, trouver des sujets inattendus", commente-t-il. "Il y a quand même 7.000 Russes blancs qui sont arrivés à Bizerte en 1920-21 et y ont séjourné plusieurs années souvent." L'occasion de lui glisser dans l'oreille l'expression tunisienne "se sentir comme un Russe blanc à Bizerte"

Didier Decoin tenait sa toile de fond, les Russes exilés dans le port de Bizerte sous la protection de la France. Il avait son théâtre. "Je suis obsédé par l'idée de l'arrachement, de l'exode de personnes qui n'ont rien demandé à personne. Tous mes livres en parlent d'une manière ou d'une autre, mais de façon souvent détournée. Moi qui suis casanier comme un vieux chat, cela m'interpelle. Je me suis dit qu'il fallait que, cette fois, je parle vraiment d'un exode. Mes deux personnages principaux parlent français, Yelena parce qu'elle est cultivée, Tarik parce qu'il est Tunisien et que la Tunisie est alors sous protectorat français. J'ai voulu qu'ils se rencontrent pour la première fois comme dans la scène du balcon de Roméo et Juliette. Lui est en bas, il nage dans la mer, elle est en haut, à bord d'un navire de guerre chargé de Russes blancs qui ont fui devant les Bolcheviques."

Le cuirassé Georguii Pobedonossets où se trouve Yelena.

"Le nageur de Bizerte" oscille entre les scènes de janvier 1921 à Bizerte et celles de la fin 1920 en Ukraine. Ce roman, Didier Decoin l'avait entamé dès 2019. Sans imaginer ce qui se passerait le 24 février 2022. "La guerre en Ukraine a été un mauvais coup pour moi. Dans ma version initiale, Yelena était Russe et éprouvait ce sentiment de supériorité qu'éprouvent souvent les Russes vis-à-vis des Ukrainiens. Avec l'opération de Poutine, je ne pouvais pas maintenir une héroïne russe. Yelena Maksimovna est donc devenue ukrainienne. C'est le pouvoir du romancier mais un effet collatéral de l'"opération militaire spéciale" de Poutine du 24 février. L'Ukraine est au demeurant un très beau pays."

Donnant alternativement la parole à Yelena et à Tarik, le roman détaille l'exil précipité des premiers et l'accueil souvent intéressé des seconds. Sauf quand l'amour, ou au moins l'attirance, s'en mêle entre les deux personnages principaux qui auront un destin digne du film "Titanic". On découvre aussi la vie de la communauté amazigh de Bizerte alors, ce qui pourra paraître étonnant aux connaisseurs de la Tunisie. "Auparavant", explique Didier Decoin, "il y a eu un nid berbère au nord-est de la Tunisie. Aujourd'hui encore, les Amazighs sont très actifs dans leurs revendications. Leur drapeau est très beau, leur nourriture délicieuse, leurs fêtes de mariage somptueuses, sans oublier la manière dont ils célèbrent le premier jour de l'an. C'est une vraie fête, avec de la fierté, des revendications, ce n'est pas pour rien que les Amazighs s'appellent les "hommes"."

Didier Decoin.
Ce nouveau roman permet aussi à l'écrivain de contenter sa passion ancienne pour les bateaux. "La France s'est bien comportée dans cette affaire pour une fois, j'ai plaisir à le rappeler. La flotte russe arborait en effet le pavillon tricolore bleu-blanc-rouge comme protection. Mais les bateaux sur lesquels les exilés sont arrivés à Bizerte via Constantinople sont vieux et abîmés, ce sont des épaves flottantes. Je les ai vus dans un petit bout de film sur la flotte russe que m’a montrée la Marine française. Si on ne leur a pas tiré dessus, ils n'ont pas été épargnés par les terribles tempêtes tunisiennes. Ils devaient manœuvrer alors qu'ils étaient comme des châteaux gothiques avec des tourelles et des débords partout. Rien à voir avec les bateaux de guerre actuels, tout lisses."

Le sujet historique est adouci par l'arrivée d'un Américain nommé Agustin Ottomar, qui se déplace dans une élégante Torpedo de couleur jaune. "Il est l'élément perturbateur du récit. Américain, il veut épouser la sœur de Tarik, Chadia, parce que, photographe de cartes postales, ces cartes exposées dans tous les tourniquets d'Amérique, il a fait une photo de "l'orbe de son sein gauche". Mais Tarik défend l'honneur de sa sœur... Ils méritent toutefois une recherche, ces photographes d'hier, fabricants de cartes postales."

Bref, amateur de phrases longues, de descriptions précises, d'explications détaillées constantes, de mots rares, d'emportements verbaux louchant vers le lyrisme, "Le nageur de Bizerte" qui convoque nombre d'écrivains russes ou autres, est pour vous.









jeudi 21 avril 2022

Marie-Aude Murail bientôt en Belgique

Marie-Aude Murail.

Sait-on assez que Marie-Aude Murail n'est pas seulement une formidable auteure de livres pour enfants, tout juste couronnée par le prix Andersen (lire ici)? Des romans principalement, pour différentes tranches d'âge, que les lecteurs plébiscitent depuis trente-cinq ans. Des romans "isolés" variant les thèmes, les époques, les genres, et des sagas, historiques comme "Emilien", "Nils Hazard" ou "L'espionne", récentes comme "Sauveur & Fils'" et "Angie", cette dernière avec son frère Lorris. Une centaine de titres publiés à l'école des loisirs, chez Bayard, Pocket et Albin Michel Jeunesse. Tout cela entrecoupé d'essais parfaitement accessibles interrogeant la lecture des enfants ou sa pratique d'écrivain.

Sait-on assez que Marie-Aude Murail n'est pas seulement une formidable auteure de livres pour enfants? Elle écrit aussi pour les adultes, de temps en temps. On a oublié, et c'est normal, que ses deux premiers romans leur étaient destinés, "Passage" (1985) et "Voici Lou" (1986), parus chez l'éditeur suisse Pierre-Marcel Favre. Mais en 2018, Marie-Aude Murail est retournée vers le public adulte avec "En nous beaucoup d'hommes respirent" (L'Iconoclaste, 440 pages, Le Livre de poche, 2020). Un texte constitué à partir d'archives familiales exceptionnelles, que l'écrivaine a trouvées en vidant la maison de ses parents.

Découvertes, ouvertes, les boîtes à archives ont réveillé les morts. Albums photos, menus de mariage, images de communion, dents de lait, documents administratifs, lettres et journaux intimes déroulaient l'histoire de la famille Murail sur trois générations, de 14-18 aux années 2.000. Une invitation à plonger dans un roman familial et à mener une enquête plus intime. "En nous beaucoup d'hommes respirent" dit à la fois une famille française comme tant d'autres et cette famille particulière qui a permis à Marie-Aude de comprendre d'où vient sa création. De son père poète bien sûr. De ses lectures, évidemment. Et des mots consignés dans les archives familiales.
"Je ne puis lire une ligne sans penser à tous les livres qui me demeurent inconnus et j'ai envie de fermer celui que j'ai entamé pour pleurer sur le néant de mon être présent. Les journées sont trop courtes et ma constitution trop faible. J'enrage de vivre si peu, d'aller si lentement sur le chemin de la connaissance."
Marie-Aude Murail
C'est à propos de ce livre que Marie-Aude Murail viendra début mai à La Louvière en Belgique, juste avant son anniversaire qui tombe le 6 mai. Les bibliothèques hennuyères, section adulte et section jeunesse, se sont mobilisées autour du thème du livre. Elles clôturent leur travail avec cette visite. Quelle chance de revoir Marie-Aude Murail en terres belges pour des rencontres avec le public. L'écouter parler est un bonheur toujours renouvelé. Une source d'inspiration et un tremplin pour la réflexion.

Marie-Aude Murail à La Louvière

  • Mercredi 4 mai, de 14 à 16 heures, à la Bibliothèque provinciale-Jeunesse.
La section Jeunesse est partie en exploration avec son jeune public, pour découvrir l'enfance des parents et des grands-parents. Cet après-midi permettra à Marie-Aude Murail et au public de découvrir ce travail et de poursuivre le partage d'histoires (par Camille Cougnet et Véronique Tambour). Dès 7 ans.
Réservation obligatoire au 064/312 409.

  • Mercredi 4 mai, à 18 heures, à la Maison des Associations à La Louvière. 
Rencontre avec Marie-Aude Murail autour de sa saga familiale "En nous beaucoup d'hommes respirent" et de ses livres pour la jeunesse (animée par Isabelle Auquier et Deborah Danblon).
Inscriptions au 064/312 508.

  • Jeudi 5 mai, à 19 heures, au Gazomètre.
Atelier d'écriture par Isabelle Auquier et Marie-Noëlle Mortelette: puiser dans une malle des objets, des photos, des odeurs ou une musique oubliée. Ecrire, fouiller un moment, faire revivre le passé. Public adultes.
Réservation obligatoire au 064/312 508.

  • Vendredi 17 juin, à 19 heures, au Gazomètre. 
Chaîne et club de lecture: lire ensemble "En nous beaucoup d'hommes respirent". Pour ce faire, il faut emprunter le roman de Marie-Aude Murail à la section Adultes, partager ses émotions sur le groupe Facebook, "En nous beaucoup d'hommes respirent", participer au club de lecture qui clôturera cette chaîne en une soirée d'échanges autour de cette passionnante saga familiale.

  • Trois dates en juin ou trois dates en juillet, au Gazomètre.
Stage MAMé [moire]: réalisation d'un jeu de cartes à transmettre à ses proches (par Christelle Claessens et Véronique Janzyk).  Public adulte. Infos complémentaires et réservation obligatoire au 064/312 508.

Informations complémentaires ici.


samedi 21 décembre 2019

Le banc au milieu du salon de Montreuil

Dessins réalisés par Ingrid Godon durant la rencontre scolaire à Montreuil.

Un banc au milieu du salon de Montreuil? C'est une image bien entendu. Un raccourci pour expliquer que le très beau roman "Le banc au milieu du monde" de Paul Verrept, illustré par Ingrid Godon (traduit du néerlandais par Emmanuèle Sandron, Alice Jeunesse, 2019, 88 pages, lire ici), a fait l'objet d'une rencontre scolaire au dernier Salon du livre et de la presse jeunesse de Montreuil. Lecture d'extraits par Mirabelle Wassef, dialogue en français avec l'auteur et avec l'illustratrice qui répondaient à mes questions et à celles des enfants présents.

Une rencontre qui a permis d'apprendre qu'une suite au "Banc" existait déjà en néerlandais. On en attend donc avec impatience la traduction française. Et que le très beau livre "Dantesken" d'Ingrid Godon (lire ici) sera diffusé du côté francophone par Esperluète.

Une rencontre scolaire à propos de laquelle Paul Verrept a ensuite écrit un mini-récit de voyage. Le voici, illustré par des dessins qu'Ingrid Godon a réalisés en live durant la séance à Montreuil. En langue originale mais une traduction française suit.


Dessins réalisés par Ingrid Godon durant la rencontre scolaire à Montreuil.

Sfeer opsnuiven 
"Ingrid Godon en ik vertrekken naar een regenachtig, wat druilerig Parijs, op weg naar de boekenbeurs van Montreuil. Nadat we zijn ingecheckt in het hotel gaat Ingrid al snel signeren bij Esperluete, de uitgeverij die haar boek ‘Dantesken’ vertegenwoordigt in de Franstalige wereld, en ik slenter van boekhandel naar boekhandel om al in de stemming te komen.
De boekenwereld in Frankrijk heeft een grote eigenheid. Het aanbod is breed, er is overal een ruim aanbod uit de canon aanwezig, én boeken hebben een specifieke vorm. Ik stoot er steevast op Edward van de Vendels ‘Vosje’, en het boekje zal ook een van de successen op de boekenbeurs blijken te zijn. Ik zet mijn tocht verder met in mijn rugzak een niet al te licht boek van de Amerikaanse straatfotograaf Louis Faurier.
Leestip
‘Le banc au milieu du monde’ is één van de leestips op de beurs. We zijn bovendien genomineerd voor de Prix Tatoulu 2020, een nominatie waardoor heel wat jonge mensen ons boek zullen lezen. Centraal in ons programma staat een ontmoeting met zo’n tweehonderd jonge lezers. Ter voorbereiding zoek ik wat Franse woorden op, zodat ik me min of meer begrijpelijk zal kunnen uitdrukken.
We ontmoeten ons publiek in een ruimte aan de zijkant van een hal. Die is min of meer afgescheiden van de beurs, maar toch dringt het lawaai van de propvolle ruimte rijkelijk door. Even zinkt mij de moed in de schoenen, maar zodra actrice Mirabelle Wassef een fragment begint voor te lezen wordt het publiek stil en aandachtig. Ik begrijp niet goed waar al die jonge mensen de concentratie vandaan halen in het lawaai en de drukte van de boekenbeurs.

Hartverwarmend
Maar ze luisteren aandachtig, ook als ik in wat omslachtig Frans antwoord op de vragen van Lucie Cauwe, de journaliste die als eerste het boek opmerkte. Ingrid Godon tekent portretten van fictieve personen terwijl ik uitleg hoe het boek ontstond, wat de rol van theater Stap in het werkproces was, hoe ik tekeningen en woorden in elkaar vlocht, en tenslotte ‘hoe het nu verder moet met onze held’.
Ingrid vertelt over haar manier van tekenen, de aarzeling, het zoeken, het experimenteren met technieken … Het publiek stelt vragen, en veel van de aanwezigen blijken het boek gelezen te hebben. De mensen zijn geïnteresseerd en het gesprek is daardoor hartverwarmend. Ook na de sessie worden we aangeklampt. We gaan langs bij onze uitgever, spreken met illustratoren en kijken rond.
De Franse uitgeverswereld staat zeker minder open voor experiment dan pakweg tien jaar geleden, maar wie door het bos de bomen ziet stuit nog altijd op vele pareltjes, op boeken met een eigen verfijnde toon en vorm. Het doet deugd te merken dat ons werk daar enigszins bij aansluit."


Essai de traduction


Humer l'atmosphère
"Ingrid Godon et moi partons pour un Paris pluvieux et un peu brumeux, en route vers la Foire du livre de Montreuil. Dès que nous nous sommes enregistrés à l'hôtel, Ingrid file vite signer chez Esperluète, l'éditeur qui représente son livre "Dantesken" dans le monde francophone, et moi, je me promène de librairie en librairie pour me mettre dans l'ambiance.

Le monde du livre en France a une grande particularité. L'offre y est large, il y a partout de nombreux livres et ils ont une forme spécifique. Je tombe sur "Petit renard" d'Edward van de Vendel,  un album qui sera un des succès du salon. Je poursuis ma promenade avec dans mon sac à dos un livre pas vraiment léger du photographe de rue américain Louis Faurier.

Conseil de lecture
"Le banc au milieu du monde" est un des conseils de lecture du salon. Nous sommes également nominés pour le Prix Tatoulu 2020, ce qui signifie que de nombreux jeunes liront notre livre. Au centre de notre programme il y a une rencontre avec environ deux cents jeunes lecteurs. Afin de m'y préparer, je cherche quelques mots français, pour pouvoir m'exprimer de manière plus ou moins compréhensible.

Nous rencontrons notre public dans un espace situé sur le côté d'une allée. Il est plus ou moins séparé du salon, mais le pénible bruit extérieur y pénètre à flots. Un instant, mon cœur se serre, mais dès que l'actrice Mirabelle Wassef commence à lire un extrait, le public devient calme et attentif. Je ne comprends pas très bien où tous ces gamins trouvent leur concentration dans le bruit et l'agitation du salon du livre.

Réconfortant
Mais ils écoutent attentivement, même lorsque je réponds dans un français parfois hésitant aux questions de Lucie Cauwe, la journaliste qui a, la première, remarqué le livre. Ingrid Godon dessine des portraits de personnages de fiction pendant que j'explique comment le livre est né, quel a été le rôle du théâtre Stap dans le processus de travail, comment j'ai entrelacé des dessins et des mots et, enfin, comment les choses vont se passer ensuite avec notre héros.

Ingrid parle de sa façon de dessiner, d'hésiter, de chercher, d'expérimenter différentes techniques... Le public pose des questions, et elles indiquent que les enfants ont lu le livre. Les gens sont intéressés et la discussion est donc réconfortante. Nous serons également questionnés après la rencontre. Nous nous rendons sur le stand de notre éditeur, parlons à des illustrateurs et regardons autour de nous.

Le monde de l'édition française est certes moins ouvert à l'expérimentation qu'il y a, disons, dix ans, mais ceux qui croient que les arbres cachent parfois la forêt découvrent encore toujours de nombreux joyaux, des livres avec leurs propres ton et forme. Il est agréable de constater que notre travail est quelque peu conforme à cela."





vendredi 13 septembre 2019

Les violences faites aux femmes, on en parle

A Bozar, samedi 14 septembre, 16h30. (c) Casterman.

#MeToo, #BalanceTonPorc, Affaires Weinstein, Ramadan, DSK... Enfin est dénoncé aujourd'hui le harcèlement que subissent les femmes, juste parce qu'elles sont femmes. Enfin sont dites les souffrances trop souvent contenues. Enfin émerge l'idée qu'on peut être femme sans être mère. Ces paroles de femmes commencent à être entendues, écoutées, écrites, dessinées.

Elles seront le sujet d'une rencontre qui s'annonce riche ce samedi 14 septembre à 16h30 à Bozar (studio). En effet, les auteurs de trois albums de BD récents (Casterman), livrant des mots de femmes s'entretiendront avec Béa Ercolini. J'ai nommé Aude Mermilliod, Juliette Boutant et Thomas Mathieu et Lili Sohn. Leurs trois excellents titres lèvent chacun à sa façon un peu le voile sur le rapport des femmes au monde.


Aude Mermilliod évoque dans "Il fallait que je vous le dise" (Casterman), composé avec le romancier Martin Winckler, l'IVG, et le chagrin qu'elle a éprouvé après avoir avorté, un choix assumé et consenti. Je l'avais rencontrée il y a quelques mois (lire ici).

Lili Sohn, qui avait publié l'an dernier le réjouissant "Vagin tonic" (lire ici) , s'attaque avec son humour féroce, sa logique imparable, ses dessins enlevés, son franc parler et ses multiples recherches à un autre grand sujet féminin, celui de l'instinct maternel. Avec sa couverture rose bien flashy, "Mamas, petit précis de déconstruction de l'instinct maternel" (Casterman, 312 pages) dépote. Car il scrute le rapport entre féminisme et maternité. Avoir un enfant ou pas? Désir ou piège? Codes de société éternels ou à revoir? Autant de sujets que l'auteure-illustratrice aborde sans fausse pudeur ni faux-semblants.

(c) Casterman.
On ressort de cette lecture en ayant ri, compris et réfléchi.

Bien entendu, Lili Sohn applique sa technique: partir de son cas pour l'ouvrir aux autres. Elle s'en explique dans une "lettre aux journalistes".




Album terriblement fort, à lire jusqu'au bout malgré la difficulté que représente par moments l'accumulation d'horreurs, petites ou grandes, faites aux femmes, "Les Crocodiles sont toujours là", de Juliette Boutant et Thomas Mathieu (Casterman, 184 pages, en librairie le 18 septembre) révèle de magnifique façon le sexisme dans notre société. Qu'il soit ordinaire ou carrément agressif. Bien entendu, les Crocodiles sont les hommes, représentés en vert dans des illustrations entièrement en noir et blanc. On les avait déjà rencontrés dans l'album "Les crocodiles" du même Thomas Mathieu (Le Lombard, novembre 2014). Ici Juliette Boutant s'est jointe au projet.

Graphiquement, c'est très réussi et l'idée permet de mettre subtilement en images tous les témoignages recueillis par les auteurs depuis la parution du premier tome. Finalement, malgré la dureté des histoires et leur caractère parfois déprimant, lire cet album fait du bien. Rend plus fort. Montre que les femmes ne sont pas, ne sont plus seules à vivre cela. Le partager est un geste fort, éditorialement aussi.

Mais franchement, en 2019, on est en droit d'attendre autre chose dans les relations entre les hommes et les femmes.

(c) Casterman.


"Les pages de ce recueil sont organisées de façon thématique", expliquent les auteurs. L'espace public d'abord, la rue, les transports en commun, l'école, l'université; les rapports avec la police, qui devrait venir en aide aux victimes mais en rajoute souvent une couche; dans la vie professionnelle; dans la sphère intime, dans le milieu médical (ces fameuses violences obstétricales dont on parle enfin).




vendredi 11 janvier 2019

Bastien Contraire et Loïc Gaume chez Candide



Regardez le gif ci-dessus ou le carton ci-dessous. C'est vrai que le travail des auteurs-illustrateurs jeunesse Loïc Gaume et Bastien Contraire a un petit air de famille. Les deux artistes français, l'un installé à Bruxelles, l'autre pas, seront en tout cas présents ce vendredi 11 janvier à 18h30 à la librairie Candide (place Brugmann, 1-2 à 1050 Bruxelles) pour une rencontre qui vernira en quelque sorte l'exposition de leurs originaux (jusqu'au 1er février).




Bastien Contraire s'est fait remarquer avec son premier album jeunesse "Les intrus" (Albin Michel Jeunesse, 2016, lire ici), destinés aux plus jeunes. Un album aussi beau que rigolo, réalisé en pochoirs, technique que l'artiste autodidacte a découverte quand il a fondé en 2008, avec Romina Pelagatti, la maison d'édition et le fanzine Papier Gâché. Depuis, il la travaille et la décline, jouant avec les formes et les couleurs. Il crée des ensembles où se cache chaque fois un intrus. Un travail à la fois plastique et plein d'humour.


Les intrus. (c) Albin Michel Jeunesse.

Bastien Contraire accompagne ce premier livre de trois déclinaisons tout-carton, "Les intrus Animaux" (Albin Michel Jeunesse, 2016), "Les intrus Véhicules" (Albin Michel Jeunesse, 2017) et "Les intrus Aliments" (Albin Michel Jeunesse, 2018). Très réussis, tous les trois. Les animaux en jaune et mauve, les véhicules en bleu moyen et fuchsia, les aliments en vert et rouge. Ce choix de couleurs posées sur le blanc crème des pages crée de jolies gammes que soutiennent les choix par formes faits pour chaque page.



Dans chaque livre, ce sont douze devinettes qui sont proposées aux jeunes lecteurs (réponses en pages de garde arrière). C'est simple, joyeux et esthétique. Plein d'humour et parfois plus compliqué à trouver qu'on ne l'imagine. Car tout est dessiné, rien n'est écrit. L'idée de ces "intrus" multiples est excellente, aiguise le sens critique et réjouit l'œil. Il serait juste préférable que l'éditeur adapte la phrase d'ouverture, "Parmi ces choses se cache un intrus...", au sujet de l'album comme il l'a fait pour le troisième paru: "Parmi ces aliments se cache un intrus..." Pourquoi ne pas parler d'"animaux" et de "véhicules" dans les deux premiers?

Quel intrus parmi ces animaux? (c) Albin Michel Jeunesse.

Quel intrus parmi ces véhicules? (c) Albin Michel Jeunesse.

Quel intrus parmi ces aliments? (c) Albin Michel Jeunesse.




L'autre artiste exposé est Loïc Gaume qui a déboulé en littérature de jeunesse en 2016 avec un formidable petit format toilé de bleu et à la couverture imprimée en couleur or, "Contes au carré" (Editions Thierry Magnier, 88 pages), mention spéciale de la première œuvre aux BolognaRagazzi Awards la Foire de Bologne 2017 (lire ici). Soit trente-sept contes classiques transposés en séries de quatre cases illustrées. Une façon originale, audacieuse et percutante de résumer par le texte et l'image ces histoires bien connues.




"Contes au carré". (c) Editions Thierry Magnier.

Né en 1983 en France, Loïc Gaume vit à Bruxelles depuis ses études d'art à l'abbaye de La Cambre. Auteur-illustrateur jeunesse et graphiste, il a également créé  une micro-structure d’édition de bande dessinée contemporaine, Les Détails.


Loïc Gaume vient de publier l'album "Catastrophes!" (Editions Thierry Magnier, 48 pages), une histoire aussi dingue que jubilatoire de catastrophes qui s'enchaînent au départ d'un simple petit accident de voiture. A côté de cela, la marquise de la chanson de Ray Ventura peut aller se rhabiller.

De page en page et d'interjection en interjection, on suit les multiples tribulations que va vivre Monsieur, le conducteur de la voiture qui a fait une sortie de route et s'est retrouvée dans un sapin. Mais l'atout de cet album est que le beau papier mat de ses pages, illustré de dessins en noir, est découpé de multiples fenêtres rythmant encore davantage cette histoire endiablée, jusqu'à la chute apaisante. Ces fenêtres créent des aplats de très intéressants aplats de couleur.

Accident, incendie, carambolage, gel, patinoire, jambe cassée, ours, loups, éclipse lunaire, marche nocturne, avion abandonné, tempête, brouillard, accident, tigre, baleine, raz-de-marée, montagne, avalanche, volcan, sirène, épidémie, tremblement de terre, voilà quelques-uns des éléments disparates que l'auteur-illustrateur assemble dans une histoire haletante dont l'engrenage semble irrémédiable. Un remarquable traitement graphique, épuré mais drôlement efficace, sert admirablement les épisodes qui semblent voués à empirer. Encore un très beau travail plastique doublé d'une grande complicité avec le lecteur.



"Catastrophes!" (c) Editions Thierry Magnier.




vendredi 24 mars 2017

Le Passa Porta Festival est en vue

- Tu viens à Livre Paris? (nouvelle appellation du Salon du livre de Paris)?
- Ben non, moi, j'ai Passa Porta Festival! (sans compter que j'épargne le prix prohibitif des entrées à la porte de Versailles).

Et quel festival! En trois langues principalement et partout dans Bruxelles (lire ici).
Cent auteurs et cent rencontres en deux jours, les samedi 25 et dimanche 26 mars, et une soirée d'ouverture, le vendredi 24 mars...
Surtout que la météo semble vouloir être une alliée de dernière minute.


Vendredi
Changement de programme à propos de la soirée du vendredi: Paul Auster a remis un certificat médical et ne viendra pas à Bruxelles. Septuagénaire - on ne dirait vraiment pas -, il souffre d'un problème aux cordes vocales et doit, sur avis de ses médecins, respecter une période de repos. Mais une nouvelle date pour sa venue à Flagey autour de son œuvre et de son nouveau livre "4321" est à l'étude.

Négar Djavadi. (c) Matsas-Opale-Levi.
Ece Temelkuran.
Pas de panique pour autant.
La soirée d'ouverture change de braquet et se concentrera plutôt sur la relation entre littérature et politique. Comment lire le monde? Un thème qui sera débattu avec trois auteurs du Festival, la Turque Ece Temelkuran, la Franco-Iranienne Négar Djavadi et le Colombien Juan Gabriel Vásquez. Ils ont tous les trois signé des livres retentissants. "A quoi bon la révolution si je ne peux danser" (JC Lattès, 2016) un road-story pour la première, "Désorientale" (Liana Levi, 2016, Prix Première 2017, lire ici) son premier roman pour la deuxième, "Les dénonciateurs" (Seuil, 2015) pour l'auteur de "Le bruit des choses qui tombent" (Seuil, 2012). Ils répondront aux questions d'Annelies Beck et Nathalie Skowronek.
en anglais et en français, Flagey, vendredi 24 mars, 20h15.

Juan Gabriel Vásquez


Ensuite place au Parcours littéraire.
Voici le mien, essentiellement en français, mais l'ensemble des activités possibles est à consulter ici.

Samedi

En mise en jambes, une session de The Quiet Volume.
Suivre à deux participants, amis ou inconnus, les instructions écrites ou murmurées pour venir au bout d'une montagne de livres de manière absolument surprenante. .
Bibliothèque Muntpunt, 1 heure, réservation conseillée via festival@passaporta.be, de 10 heures à 17h40.

Caroline Lamarche. (c) E. Michiels.
📅 Caroline Lamarche,
guide d'exposition
La romancière  propose une visite guidée personnelle de l'exposition "BXL UNIVERSEL", qui présente un portrait subjectif de la capitale bruxelloise et européenne par des artistes contemporains.
Centrale for contemporary art, 14.30-15.30.

📅 La Rimbaudmobile
Sur le toit d'une vieille Citroën, ma voiture préférée, Peter Holvoet-Hanssen a aménagé une installation sonore. Il y présente sa "Cartographie du monde de la poésie", un jeu de piste à travers l'histoire de la poésie. Accompagné du poète Antoine Boute, il déverse un flot de poèmes sur le centre-ville de Bruxelles. Le duo s’arrête un moment au Vieux Marché aux Grains.
devant De Martkten, 15.00-15.30 (ailleurs à d'autres moments).

📅📅📅 Première rencontre, panoplie littéraire et voyage cosmique
J'irai à l'un, mes hologrammes aux autres. Ou, plus classiquement, mes clones.

Marcus Malte. (c) R. Gaillarde.
Jean-Baptiste Del Amo.
📅 Jean-Baptiste Del Amo a écrit "Règne animal" (Gallimard), Marcus Malte "Le garçon" (Zulma). Deux romans unis par la même force vitale, quasi animale. Ils se rencontrent pour la première fois pour un entretien croisé animé par Ysaline Parisis.
La Bellone, 15.30-16.30.


Maylis de Kerangal. (c) Hélie-Gallim.
📅 S'inspirant de la rubrique qu'il a imaginée dans la revue de littérature contemporaine "Décapage", Jean-Baptiste Gendarme demande à Maylis de Kerangal de présenter sa panoplie littéraire au moyen de textes, de photos et de documents.
Beursschouwburg, 15.30-16.30.


Erika Fatland. (c) Reineord.
📅 Si on envoyait une sonde dans les régions les plus éloignées du cosmos avec le meilleur de l'humanité peut à bord, quels seraient les livres, les films, les albums qui mériteraient de faire partie du voyage selon Erika Fatland? Questions posées par Lies Steppe.
Muntpunt, en anglais, 15.30-15.45.





📅 Repos graphique
Les téméraires dessinatrices Flore Balthazar et Judith Vanistendael vont dévoiler les vérités ultimes. Il suffit d'aller à leur rencontre et de leur poser la question qui vous préoccupe le plus. Quelques minutes plus tard, la réponse tant attendue est à portée de main, sur papier.
Beursschouwburg, 16.30-17.30.


Ivan Jablonka.
📅 Littérature et journalisme d'investigation
Dans "Laëtitia, ou la fin des hommes" (Seuil), prix Médicis 2016, Ivan Jablonka dissèque un fait divers survenu en 2011, en même temps qu'il offre une sépulture littéraire d'une femme broyée par les hommes. La littérature peut-elle s'aventurer sur le terrain du journalisme d'investigation? L'écrivain s'entretiendra avec Myriam Leroy.
Beursschouwburg, 17.00-18.00.

📅📅📅 Appel de Dimitri Verhulst, Voyage en Soviétistan et Prix des Cinq continents
Avec appel à mes clones de nouveau.

📅 Les écrivains Fikry El Azzouzi, Thomas Gunzig, Nathalie Skowronek, Christophe Vekeman et Isabelle Wéry sont invités à écrire un nouveau texte, en réponse à l'appel de Dimitri Verhulst: "Répondre à la terreur par la beauté et la littérature". La dessinatrice Judith Vanistendael donnera vie à ces textes en live. La présentation sera faite par Béatrice Delvaux.
Beursschouwburg, 18.30-19.30.

📅 Retrouver l'écrivaine et anthropologue norvégienne Erika Fatland qui avait brillamment ouvert l'édition 2017 du Passa Porta Festival et son livre "Sovietistan" (Gaïa). Elle y emmène le lecteur en voyage à travers le Turkménistan, le Kazakhstan, le Tadjikistan, le Kirghizistan et l'Ouzbékistan. Fine observatrice, collectionneuse d'histoires absurdes, elle dévoile un visage jusqu'ici inconnu de cet univers particulier.
De Markten, en anglais, 18.30-19.30

Fawzia Zouari.
📅 Qui est Fawzia Zouari, écrivaine et journaliste tunisienne dont le roman "Le corps de ma mère" (Editions Joëlle Losfeld) a remporté l'édition 2016 du Prix des cinq continents de la Francophonie? Entretien avec Vanessa Herzet.
Tuliti, 18.30-19.30.



② Soirée sous le signe du chiffre 2
Duality: dans tout le Beursschouwburg, écrivains, poètes, slammeurs et illustrateurs forment des duos avec d'autres artistes. Exemples.
Bertrand Belin & Max de Radiguès (en français),  un auteur et chanteur français & un dessinateur belge.
Martje Wortel & Randall Casaer (en néerlandais), un écrivain néerlandais & un artiste belge.
Aura Xilonen & Halfdan Pisket (en anglais), une auteur et réalisatrice mexicaine & un dessinateur danois.
Peter Verhelst & Wide Vercnocke (en néerlandais), un auteur belge lit un extrait de son prochain roman en avant-première & un dessinateur belge.
Dimitri Verhulst &  Peter Vandenberghe (en néerlandais), un écrivain belge & un pianiste belge.
Jeroen Olyslaegers & Scale (en néerlandais), un romancier belge & le roi du hip-hop anversois.
Gerard Herman & Milan Warmoeskerken (en néerlandais), un artiste néo-dadaïste belge & un compositeur belge.
Sukina Abdul Noor & Timothy Nouzak (en anglais), une poétesse et slammeuse britannique & un danseur.
(Joy) Gioia Kayaga &  Milady Renoir, (en français),  deux poétesses belges contemporaines.
Négar Djavadi & Eve Bonfanti (en français),  une cinéaste et romancière franco-iranienne & une actrice et metteuse en scène belge sur les lieux de leur jeunesse.
Jean-Baptiste Del Amo &  Olivier Cornil (en français),  un écrivain français & un photographe belge.
In bed with Andy Fierens & Milady Renoir (dans les trois langues), les deux poètes se font et vous font la lecture.

💃💃💃 Et à 22h30, ce sera piste de danse, version littéraire. 
Beursschouwburg, 20.00-00.00.


Dimanche (heure d'été)

Livres de seconde main
Stands de bouquinistes et troc de livres.
Derrière la Bourse, 10.30-18.00.

📅📅📅📅 Read Write Repeat, Littérature jazzy, Retour au pays natal et Lecture intergénérationnelle
Les clones sont priés de se présenter à midi.

José Eduardo Agualusa.
📅 Importante voix littéraire du monde lusophone, José Eduardo Agualusa ("Le Marchand de passés", Métailié) sélectionne un extrait littéraire qui lui donne une envie irrésistible de saisir sa plume. Sven Speybrouck (Radio 1) part à la recherche de ce qui le surprend et l’inspire.
Muntpunt, en anglais, 12.00-12.15.
De 13.30 à 13.45, même programme avec Rosa Montero (Métailié).
De 15.00 à 15.15, même programme avec Juan Gabriel Vásquez (Seuil).

📅 Des extraits du roman "Les harmoniques" (Gallimard, Série noire) de Marcus Malte sont mis en bouche par l'auteur et accompagnés par les musiciens Gérard Maurin et Virginie Teychené. 
Théâtre des Martyrs, 12.00-13.00.

📅 Après des années d'exil forcé, Juan Gabriel Vásquez retrouve son pays natal, la Colombie. Entretien à propos de ce retour et de son nouveau livre, "La forma de las ruinas", avec Catherine Vuylsteke.
Beursschouwburg, en anglais, 12.00-13.00.

Toon Tellegen.
📅 L'épatant écrivain néerlandais Toon Tellegen lit ses histoires d'animaux pleines de rebondissements, accompagné par ses alliés musicaux du Wisselend Toonkwintet. Un programme pour toutes les générations.
La Monnaie, en néerlandais, 12.00-13.00.







📅📅📅📅 Opération à crâne ouvert, Correspondance, Nouvelles voix belges et Lecture musicale
Les clones sont attendus après un rapide déjeuner.

Patrick Declerck. (c) Hélie-Gallimard.
📅 Patrick Declerck raconte dans "Crâne" (Gallimard) l'opération chirurgicale du cerveau qu'il a subie par son auteur. Lucidité et humour abrasif à prévoir pour cet entretien animé par Laurent Moosen.
Théâtre des Martyrs, 13.30-14.30.

📅 L'écrivaine et journaliste politique turque Ece Temelkuran s'est liée d'amitié avec sa consœur belge Annelies Beck lors d'une résidence à Passa Porta. Elles liront des extraits de la correspondance qu'elles entretiennent depuis les attentats de Paris.
Théâtre du Vaudeville, en anglais, 13.30-14.30.


Aiko Solovkine.
Jean-Marc Ceci.
📅 "Rodéo" d'Aiko Solovkine (Filipson, 2014) et "Monsieur Origami" de Jean-Marc Ceci (Gallimard, 2016) ont révélé deux nouvelles voix littéraires en Belgique. Comment ces auteurs sont-ils arrivés en littérature? Réponses croisées aux questions de Lorent Corbeel.
Tropismes Librairie, 13.30-14.30.

📅 On connaissait Bertrand Belin chanteur, le voici écrivain. Après "Requin" (P.O.L.), il signe "Littoral" (même éditeur), dans lequel on retrouve son épatant rapport à l'oralité et la musicalité. Logiquement, il a fait de ce texte un concert littéraire, qu'il présente avec le musicien Thibaut Frisoni.
Librairie Quartiers Latins, 13.30-14.30.

Céline Minard. (c) Lea Crespi.
📅 Solitude
Ecrivaine singulière, Céline Minard surprend sans cesse. "Le grand jeu" (Rivages), dans lequel la narratrice affronte sa solitude, en est la dernière illustration. Rencontre avec cette auteur inclassable, passionnée de montagne et de philosophie, animée par Laurent de Sutter.
Beursschouwburg, 15.00-16.00.



📅📅📅📅 Iran, France, Belgique, Une vie intense, Sofi Oksanen, Lionel Shriver
Pas de goûter pour les clones.

📅 Négar Djavadi, auteure du premier roman "Désorientale" (Liana Levi), a fait une entrée remarquée en littérature. Elle qui adore Bruxelles et y a vécu durant ses études à l'INSAS parlera de son itinéraire atypique, entre l'Iran et la France. 
Théâtre du Vaudeville, 16.30-17.30.

📅 Tristan Garcia et Véronique Bergen débattent de la peur du banal qui gouverne nos vies, de la quête d'intensité sans répit. Cette soif du "fort", de l'intense, assez récente, ne signale-t-elle pas aussi une difficulté à accepter la vie comme elle est? Modération : Laurent de Sutter. 
Beursschouwburg, 16.30-17.30.

Sofi Oksanen (c) Harkonen.
📅 Dans ses romans, la star de la littérature finno-estonienne Sofi Oksanen rend intelligibles des événements historiques. Elle évoque son œuvre et dialogue avec Saskia De Coster sur des thèmes actuels qui sont chers aux deux auteurs tels que la crise des réfugiés et le féminisme contemporain.
Bozar, en anglais, 16.30-17.30.

📅 Le dollar s'effondre, le président plaide l'isolationnisme, un mur est construit… par le Mexique. Dans son roman futuriste "Les Mandibules" (en français en mai 2017 chez Belfond), écrit avant l'élection de Donald Trump, Lionel Shriver dresse un portrait à la fois sombre et comique de l'Amérique. Entretien avec Ruth Joos.
La Monnaie, en anglais, 16.30-17.30.

Annie Ernaux. (c) Catherine Hélie-Gallimard.

📅 Finale magistrale
Figure majeure de la littérature française contemporaine, Annie Ernaux ("Mémoire de fille", Gallimard) a bâti une œuvre essentiellement autobiographique, dans laquelle elle part à la recherche d'elle-même comme d'une étrangère dont elle a la mémoire. Dans une démarche qui n'est pas sans lien avec la sociologie, et avec une écriture dont elle revendique la neutralité, elle évoque ainsi ses parents et leur trajectoire sociale, sa sexualité ou son avortement.
La rencontre animée par Ysaline Parisis sera précédée d'une lecture de "Mémoire de fille" par la comédienne Virginie Efira.
Bozar,  18.00-19.30.


Sans oublier
Le parcours enfant
Les joutes de traduction
Les balades littéraires
Le compte-rendu artistique en images par Halfdan Pisket, Mélanie Ruttern et Wide Vercnocke.