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samedi 21 décembre 2019

Le banc au milieu du salon de Montreuil

Dessins réalisés par Ingrid Godon durant la rencontre scolaire à Montreuil.

Un banc au milieu du salon de Montreuil? C'est une image bien entendu. Un raccourci pour expliquer que le très beau roman "Le banc au milieu du monde" de Paul Verrept, illustré par Ingrid Godon (traduit du néerlandais par Emmanuèle Sandron, Alice Jeunesse, 2019, 88 pages, lire ici), a fait l'objet d'une rencontre scolaire au dernier Salon du livre et de la presse jeunesse de Montreuil. Lecture d'extraits par Mirabelle Wassef, dialogue en français avec l'auteur et avec l'illustratrice qui répondaient à mes questions et à celles des enfants présents.

Une rencontre qui a permis d'apprendre qu'une suite au "Banc" existait déjà en néerlandais. On en attend donc avec impatience la traduction française. Et que le très beau livre "Dantesken" d'Ingrid Godon (lire ici) sera diffusé du côté francophone par Esperluète.

Une rencontre scolaire à propos de laquelle Paul Verrept a ensuite écrit un mini-récit de voyage. Le voici, illustré par des dessins qu'Ingrid Godon a réalisés en live durant la séance à Montreuil. En langue originale mais une traduction française suit.


Dessins réalisés par Ingrid Godon durant la rencontre scolaire à Montreuil.

Sfeer opsnuiven 
"Ingrid Godon en ik vertrekken naar een regenachtig, wat druilerig Parijs, op weg naar de boekenbeurs van Montreuil. Nadat we zijn ingecheckt in het hotel gaat Ingrid al snel signeren bij Esperluete, de uitgeverij die haar boek ‘Dantesken’ vertegenwoordigt in de Franstalige wereld, en ik slenter van boekhandel naar boekhandel om al in de stemming te komen.
De boekenwereld in Frankrijk heeft een grote eigenheid. Het aanbod is breed, er is overal een ruim aanbod uit de canon aanwezig, én boeken hebben een specifieke vorm. Ik stoot er steevast op Edward van de Vendels ‘Vosje’, en het boekje zal ook een van de successen op de boekenbeurs blijken te zijn. Ik zet mijn tocht verder met in mijn rugzak een niet al te licht boek van de Amerikaanse straatfotograaf Louis Faurier.
Leestip
‘Le banc au milieu du monde’ is één van de leestips op de beurs. We zijn bovendien genomineerd voor de Prix Tatoulu 2020, een nominatie waardoor heel wat jonge mensen ons boek zullen lezen. Centraal in ons programma staat een ontmoeting met zo’n tweehonderd jonge lezers. Ter voorbereiding zoek ik wat Franse woorden op, zodat ik me min of meer begrijpelijk zal kunnen uitdrukken.
We ontmoeten ons publiek in een ruimte aan de zijkant van een hal. Die is min of meer afgescheiden van de beurs, maar toch dringt het lawaai van de propvolle ruimte rijkelijk door. Even zinkt mij de moed in de schoenen, maar zodra actrice Mirabelle Wassef een fragment begint voor te lezen wordt het publiek stil en aandachtig. Ik begrijp niet goed waar al die jonge mensen de concentratie vandaan halen in het lawaai en de drukte van de boekenbeurs.

Hartverwarmend
Maar ze luisteren aandachtig, ook als ik in wat omslachtig Frans antwoord op de vragen van Lucie Cauwe, de journaliste die als eerste het boek opmerkte. Ingrid Godon tekent portretten van fictieve personen terwijl ik uitleg hoe het boek ontstond, wat de rol van theater Stap in het werkproces was, hoe ik tekeningen en woorden in elkaar vlocht, en tenslotte ‘hoe het nu verder moet met onze held’.
Ingrid vertelt over haar manier van tekenen, de aarzeling, het zoeken, het experimenteren met technieken … Het publiek stelt vragen, en veel van de aanwezigen blijken het boek gelezen te hebben. De mensen zijn geïnteresseerd en het gesprek is daardoor hartverwarmend. Ook na de sessie worden we aangeklampt. We gaan langs bij onze uitgever, spreken met illustratoren en kijken rond.
De Franse uitgeverswereld staat zeker minder open voor experiment dan pakweg tien jaar geleden, maar wie door het bos de bomen ziet stuit nog altijd op vele pareltjes, op boeken met een eigen verfijnde toon en vorm. Het doet deugd te merken dat ons werk daar enigszins bij aansluit."


Essai de traduction


Humer l'atmosphère
"Ingrid Godon et moi partons pour un Paris pluvieux et un peu brumeux, en route vers la Foire du livre de Montreuil. Dès que nous nous sommes enregistrés à l'hôtel, Ingrid file vite signer chez Esperluète, l'éditeur qui représente son livre "Dantesken" dans le monde francophone, et moi, je me promène de librairie en librairie pour me mettre dans l'ambiance.

Le monde du livre en France a une grande particularité. L'offre y est large, il y a partout de nombreux livres et ils ont une forme spécifique. Je tombe sur "Petit renard" d'Edward van de Vendel,  un album qui sera un des succès du salon. Je poursuis ma promenade avec dans mon sac à dos un livre pas vraiment léger du photographe de rue américain Louis Faurier.

Conseil de lecture
"Le banc au milieu du monde" est un des conseils de lecture du salon. Nous sommes également nominés pour le Prix Tatoulu 2020, ce qui signifie que de nombreux jeunes liront notre livre. Au centre de notre programme il y a une rencontre avec environ deux cents jeunes lecteurs. Afin de m'y préparer, je cherche quelques mots français, pour pouvoir m'exprimer de manière plus ou moins compréhensible.

Nous rencontrons notre public dans un espace situé sur le côté d'une allée. Il est plus ou moins séparé du salon, mais le pénible bruit extérieur y pénètre à flots. Un instant, mon cœur se serre, mais dès que l'actrice Mirabelle Wassef commence à lire un extrait, le public devient calme et attentif. Je ne comprends pas très bien où tous ces gamins trouvent leur concentration dans le bruit et l'agitation du salon du livre.

Réconfortant
Mais ils écoutent attentivement, même lorsque je réponds dans un français parfois hésitant aux questions de Lucie Cauwe, la journaliste qui a, la première, remarqué le livre. Ingrid Godon dessine des portraits de personnages de fiction pendant que j'explique comment le livre est né, quel a été le rôle du théâtre Stap dans le processus de travail, comment j'ai entrelacé des dessins et des mots et, enfin, comment les choses vont se passer ensuite avec notre héros.

Ingrid parle de sa façon de dessiner, d'hésiter, de chercher, d'expérimenter différentes techniques... Le public pose des questions, et elles indiquent que les enfants ont lu le livre. Les gens sont intéressés et la discussion est donc réconfortante. Nous serons également questionnés après la rencontre. Nous nous rendons sur le stand de notre éditeur, parlons à des illustrateurs et regardons autour de nous.

Le monde de l'édition française est certes moins ouvert à l'expérimentation qu'il y a, disons, dix ans, mais ceux qui croient que les arbres cachent parfois la forêt découvrent encore toujours de nombreux joyaux, des livres avec leurs propres ton et forme. Il est agréable de constater que notre travail est quelque peu conforme à cela."





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