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jeudi 4 décembre 2025

366 poèmes animaliers illustrés

Les premiers jours de janvier. (c) Gallimard Jeunesse.
 
Restons en poésie,
selon un calendrier aussi (lire ici) mais avec les animaux comme focale. Il s'agit de l'épais recueil en bon format "Une année en poésie avec les animaux". Les poèmes ont été choisis par Emmanuelle Leroyer et ils sont superbement illustrés par Britta Teckentrup (Gallimard Jeunesse, 320 pages). L'idée, mentionnée en couverture, est excellente: "Un poème à partager chaque jour". Des textes brefs pour la plupart, parfois des extraits, de quoi accompagner les enfants de poésie animalière toute l'année.
 
Une chose surprend, le nom de l'illustratrice. Car Britta Teckentrup ne travaille pas en français. Bien sûr, on trouve chez nous des albums illustrés par elle, mais ce sont des traductions: l'illustratrice allemande a passé dix-sept ans à Londres (1988-2005) avant de retourner en Allemagne, à Berlin, avec son mari écossais et leur fils. En plus, les poèmes choisis pour ce recueil sont majoritairement dus à des auteurs francophones. Alors, que s'est-il passé? Tout simplement, l'équipe de Gallimard a utilisé les illustrations réalisées pour le livre de poésie "Tiger, Tiger, Burning Bright!" publié par l'éditeur britannique Nosy Crow en 2020 (1). La sélection de textes opérée alors par Fiona Waters a été remplacée en français par celle d'Emmanuelle Loyer. Sont restés identiques à la version originale les dessins et la mise en page. Seules, les couvertures diffèrent. 
 
4 et 5 janvier. (c) Gallimard Jeunesse.
 
Ce qui ne veut évidemment pas dire que ce remplacement a été facile ou rapide. Il fallait trouver des textes qui collent aux animaux présents dans les images. Le résultat est excellent, proposant aussi bien des textes de classiques comme Victor Hugo, Louis Aragon, Apollinaire ou Anna de Noailles, que ceux des contemporains que sont Susie Morgenstern, Michel Besnier, Marie Pavlenko, Clémentine Beauvais ou Jacques Roubaud. Plusieurs poètes belges sont présents aussi, dont Maurice Carême (évidemment), Carl Norac, Henry Michaux, Pierre Coran. En tout, ce sont près de 200 poètes qui sont cités dans l'ouvrage.
 
6 janvier, Epiphanie. (c) Gallimard Jeunesse.

Sur les réseaux sociaux, Emmauelle Leroyer explique: "une année de recherche intense de poèmes pour les petits, une année à trouver des poèmes sur nos amis les animaux, une année à s'entourer des poètes, poétesses, auteurs et autrices jeunesse pour récolter des inédits, des pépites oubliées, à recueillir les traductions de Julie Nice, une année à rêver, à admirer les images de Britta Teckentrup et surtout une année à construire un bestiaire poétique, une année à observer et dire le vivant en poésie."
 
Une merveille que ce recueil illustré, qui donne une image vivante de la poésie. "Un pense-bête poétique", comme l'écrit Emmanuelle Leroyer en introduction où elle analyse tout ce que peut apporter la poésie animalière aux enfants, portrait, surprise et même écologie. On aime aussi dans ce gros bouquin illustré les index, celui des noms d'auteurs renvoyant aux pages et ceux des titres et des premiers vers répertoriés par date.
 
7, 8 et 9 janvier. (c) Gallimard Jeunesse.

 
A noter qu'un précédent recueil sur le même principe avait déjà été publié en 2020 et vendu à 16.000 exemplaires, "Une année en poésie", sélection d'Emmanuelle Leroyer, préface d'Isabelle Carré, illustrations de Frann Preston-Gannon. Il s'appuyait sur "I Am the Seed That Grew the Tree – A Nature Poem for Every Day of the Year", sélection de Fiona Waters, illustrations de Frann Preston-Gannon (Nosy Crow, 2018). 
 
 
  
(1) Le tigre en couverture de la version anglaise et le choix du titre, "Tiger, Tiger, Burning Bright!" (Nosy Crow) sont une allusion à un célèbre poème de William Blake (1757-1827).
 

mardi 4 mai 2021

Découvrir Taiwan par ses écrivains actuels

Taipei.

Aujourd'hui, on part à l'île de Taiwan, qui portait précédemment le nom de Formose, à cause de marins portugais qui l'avaient repérée au XVIe siècle et dénommée "Ilha Formosa", soit "belle île" en portugais. Sans pour autant la coloniser.

Notre moyen de transport en ces temps où les voyages sont toujours incertains? Le fort bon recueil de nouvelles "Formosana" dues à neuf auteurs, trois femmes et six hommes, et quasiment autant de traducteurs (lire plus bas), le huitième à paraître dans la collection "Taiwan Fiction" de L'Asiathèque. Créée en 2015, cette collection présente des œuvres littéraires d'auteurs taïwanais contemporains qui abordent avec une écriture originale les questions cruciales de notre temps. Et "Formosana" répond parfaitement au contrat fixé.

L'Asiathèque, quant à elle, fut d'abord une librairie, fondée en 1973 par Alain et Christiane Thiollier. Quasi tout de suite s'y est développé un département d'édition, aujourd'hui assumé par Philippe Thiollier, le fils des fondateurs. Maison d'édition indépendante, L'Asiathèque est basée sur les deux piliers "Littérature et connaissance" et "Langues". Elle part de l'idée que l'apprentissage des langues du monde va de pair avec la connaissance des cultures et la découverte des littératures contemporaines du monde, pas seulement celles de l'Asie. 

"Formosana" est un tapis rouge idéal pour aborder de façon littéraire ce pays dont la voix se fait maintenant régulièrement entendre dans le brouhaha du monde. Pas de panique si on ne connaît rien à Taiwan. La préface de Stéphane Corcuff nous donne quelques clés: "La littérature comme outil d'analyse politique". Elle est suivie d'une "chronologie de Taiwan" par Gwennaël Gaffric, bien précieuse pour apprécier les différentes nouvelles. Si les neuf textes de l'anthologie ont tous été écrits après 1987, ils abordent tous des facettes de l'histoire et de la société taiwanaise, offrant au lecteur un éventail de genres littéraires en un seul recueil. D'autant que les nombreuses notes des traducteurs lui expliquent ce à côté de quoi il pourrait passer.

Les neuf nouvelles

"C'est la faute de la statue" de Walis Nokan (H), traduit par Coraline Jortay. Une entrée en matière fulgurante avec ces deux enfants autochtones Atayal qui n'ont pas salué la statue de Chiang Kai-shek à leur école primaire et sont dénoncés par un agent d'entretien déloyal et en mal de reconnaissance.

"Libellule rouge" de Lay Chih-ying (F), traduit par Damien Ligot. Autre secousse littéraire avec cet  étudiant en médecine qui dissèque le cadavre de son cousin et s'adresse à lui tout du long de la séance en lui expliquant ce qu'il fait avec son scalpel et tout ce que ces gestes lui rappellent.

"Fleurs dans la fumée" de Yang Chao (H), traduit par Stéphane Corcuff. La rencontre de deux chagrins dus à l'Histoire et de deux générations, celle d'un Continental qui a perdu son épouse dans les émeutes de 1947 et d'une jeune Taïwanaise dont le père a disparu lors de la Terreur blanche et qui ne peut faire autre chose que résister au pouvoir autoritaire.

"Mon frère le déserteur" de Wuhe (H), traduit par Emmanuelle Péchenart. Une très très très longue nouvelle, un peu trop longue, que ce jeune homme qui évoque les désertions répétées de son conscrit de frère.

"1987, une fiction" de Lai Hsiang-yin (H), traduit par Matthieu Kolatte. Très beau texte mêlant la mort d'une élève, la participation d'une étudiante à un camp littéraire, un enseignant hors pair et un libraire activiste.

"Les Titi" de Chen Yu-hsuan (F), traduit par Emmanuelle Péchenart. La réalité des ouvrières dans les usines textiles, que certaines acceptent et d'autres pas.

"La nuit du repli" de Chou Fen-ling (F), traduit par Lucie Modde. Les générations se suivent à Taiwan et ne se comprennent pas nécessairement.

"Un cabiaï" de Huang Chong-kai (H), traduit par Lucie Modde. Voler un cabiaï, le plus grand rongeur au monde, aussi appelé cochon d'eau, au zoo n'est pas de tout repos. Sauf quand la Chine et Taiwan sont en guerre, occasionnant une panique dont le narrateur a profité pour commettre son larcin. Un animal qu'il élève en s'interrogeant sur la manière dont Taiwan risque de disparaître.

"L'homme aux yeux à facettes" de Wu Ming-yi (H), traduit par Gwennaël Gaffric. Nouvelle portant le même titre qu'un roman de l'auteur paru chez Stock, elle a certes des liens avec l'autre texte mais se lit indépendamment aussi. Passionné par les papillons au point d'y consacrer une thèse de doctorat, le narrateur fait la rencontre, dans un parc naturel, d'un jeune homme qui lui parle de voir le monde comme le fait un papillon!

Postface: "Démocratie made in Formose" par Gwennaël Gaffric.



vendredi 16 octobre 2020

Naissance de "Ła petite feuille de ¢hou"

Logo dessiné par Anne Leloup.


Chou est masculin, mais feuille de chou est féminin et "Ła petite feuille de ¢hou" est une revue numérique mise en ligne hier, concoctée par un tout nouveau collectif entièrement féminin, associant cinq maisons d'édition jeunesse indépendantes en Belgique francophone. On y trouve Catherine de Duve & Claire Oberst (Kate'Art), Odile Flament (CotCotCot éditions), Elisabeth Jongen & Fanny Deschamps (Versant Sud Jeunesse), Anne Leloup & Charlotte Guisset  (Esperluète) et Laurence Nobécourt (À pas de loups). Particularité, toute numérique qu'elle est, "La petite feuille de ¢hou" se présente comme une revue papier avec des articles mis en pages et non comme un site où cliquer. Prête pour l'impression.




Le premier numéro de cette revue numérique gratuite de dix-huit pages est consacré au collage via un article de Brigitte Van den Bossche des Ateliers du texte et de l'image. Ensuite chacune des cinq maisons d'édition se présente sur une double page selon la thématique choisie. Infos pratiques et un jeu terminent le numéro.

Bien sûr, "Ła petite feuille de ¢hou"  n'est pas une revue critique, elle n'en a d'ailleurs pas l'ambition. Mais c'est une conséquente source d'informations sur différents artistes travaillant dans ces cinq maisons et parfois ailleurs aussi. Et le choix du numéro thématique est une ligne qui rapporte de beaux poissons.


Sommaire du numéro 1
  • Édito: naissance d'un ¢hou 
  • Dossier: "De l'art du collage… et de quelques modèles de génie", par Brigitte Van den Bossche (Les ATI de Liège)
  • page 6: "Variations en papiers découpés de Géraldine Alibeu", par Laurence Nobécourt (A pas de loups)
  • page 8: "Collages patatoïdes et poétiques d'Anne Crahay", par Odile Flament (CotCotCot éditions)
  • page 10: "Anne Herbauts, "j'écris avec du texte et de l'image…"", entretien avec Frédérique Dolphijn pour les éditions Esperluète 
  • page 12: "Les papiers découpés de Matisse", par Catherine De Duve (Kate'Art)
  • page 14: "3 illustrateur·rices, 3 techniques de collage, entretiens de Mathilde Brosset, Valentine Laffitte et Alain Verster" avec Fanny Deschamps pour Versant Sud Jeunesse
  • page 16:  Rencontres et salons
  • page 17: Titres apparaissant dans la sélection 2020-2021 du concours la Petite Fureur
  • page 18: Jeu-concours

Exemple de double page.



Pour découvrir "Ła petite feuille de ¢hou" et s'y inscrire, c'est ici.




On trouve aussi sur le site, en cliquant sur le logo de chacune, toutes les infos relatives aux cinq maisons d'édition, coordonnées, philosophie, date de création, nombre de titres au catalogue, derniers titres parus... Une mine de renseignements, et super pratique.



Ce collectif d'éditrices est notamment né pour désinvisibiliser le métier d'éditrice. "Toutes passionnées de livres, d'art et de mots, nous nous sommes découvert des valeurs communes", expliquent-elles en chœur. Il était écrit qu'elles allaient un jour s'unir parce que, comme on le sait en Belgique, "l'union fait la force".






dimanche 22 mars 2015

Dessiner, encore et toujours dessiner

Après le remarquable livre d'incitation au dessin de Geneviève Casterman (lire ici), en voici un autre, fort sympathique aussi, "Quand je dessine, je peux dépasser...". Il est l’œuvre de cinquante illustrateurs jeunesse et est édité conjointement par les quatre maisons d'éditions jeunesse du groupe Actes Sud, à savoir Actes Sud Junior, Hélium, Rouergue et Editions Thierry Magnier (104 pages).

L'ouvrage a été mis en chantier en janvier dernier, suite au massacre perpétré à "Charlie Hebdo", pour tenter d'expliquer aux enfants en quoi le dessin est un geste de liberté. Tous les bénéfices seront versés à l'hebdomadaire. Pas de persiflage sur les nouvelles bagarres entre héritiers que cela pourrait occasionner, merci.

Si je vous dis "dessin", quels mots vous viennent à l'esprit? Exprimer, copier, expliquer, illustrer, crayonner.... et plein d'autres bien entendu. Les concepteurs de "Quand je dessine, je peux dépasser" ont établi une liste de cinquante mots en rapport avec le dessin. Un de ces mots a été attribué à chacun des cinquante illustrateurs jeunesse, et pas des moindres, qui ont accepté de participer au projet et de relever ce défi. Il leur a été demandé de réaliser un  dessin en noir et blanc à partir du mot reçu.

Outre les exemples en images, voici quelques "paires" du livre - à chacun d'imaginer le dessin réalisé: "expliquer" par Beatrice Alemagna, "cerner" par Gilles Bachelet, "tracer" par Frédérique Bertrand, "refaire" par Benjamin Chaud (en couverture), "figurer" par Olivier Douzou, "esquisser" par Natali Fortier, "afficher" par Bruno Heitz, "démontrer" par Dorothée de Monfreid, etc.

Cinquante mots, cinquante dessins reflétant la personnalité de leur auteur(e) et autant de pistes de réflexion car ces images extrêmement variées amènent de vraies questions par leur rapport texte-image. Autant de pistes de création aussi, car les enfants peuvent bien entendu s'emparer des dessins, les colorier, les compléter.

Les illustrateurs participant sont: Beatrice Alemagna, Séverine Assous, Gilles Bachelet, Ronan Badel, Frédérique Bertrand, Serge Bloch, Anouck Boisrobert & Louis Rigaud, Carole Chaix, Olivier Charpentier, Benjamin Chaud, Nathalie Choux, Didier Cornille, Paul Cox, Ronald Curchod, Marc Daniau, Jeanne Detallante, Olivier Douzou, Gérard Dubois, Philippe Dupuy, Delphine Durand, Amélie Fontaine, Natali Fortier, Claire Franek, Michel Galvin, Élisa Géhin, Bruno Gibert, Tom Haugomat, Bruno Heitz, Emmanuelle Houdart, Joëlle Jolivet, Stéphane Kiehl, Gwen Le Gac, Magali Le Huche, Jean Lecointre, Régis Lejonc, Antonin Louchard, Jean-François Martin, Mathis, Séverin Millet, Dorothée de Monfreid, Laurent Moreau, Muzo, José Parrondo, Renaud Perrin, Aurore Petit, Alain Pilon, Guillaume Reynard, Raphael Urwiller et Éric Veillé.

Bravo et merci à eux d'avoir si bien montré l'importance de pouvoir s'exprimer librement et le danger de ne pas pouvoir le faire.

Cinq doubles pages de "Quand je dessine, je peux dépasser".




vendredi 6 février 2015

Le recueil "Nous sommes Charlie" est là

Le 7 janvier dernier, la rédaction de "Charlie Hebdo" a été décimée par deux terroristes qui voulaient venger leur prophète.

Morts pour avoir ri, Cabu, Elsa Cayat, Charb, Honoré, Bernard Maris, Mustapha Ourrad, Tignous, Wolinski. Morts pour avoir été là, professionnellement ou par hasard, Frédéric Boisseau, Franck Brinsolaro, Ahmed Merabet, Michel Renaud.

Immédiatement, des voix se sont élevées contre la barbarie qui veut tuer la liberté d'expression. On les a lues et entendues dans la presse, sur les réseaux sociaux. Tout de suite est née l'idée de rassembler des paroles d'auteurs contemporains et des classiques fondamentaux en un recueil.

"Nous sommes Charlie" (60 écrivains, Le Livre de poche, 168 pages, 5 euros) est ce recueil. Un travail de dingue qui arrive en librairie moins d'un mois après ce mercredi noir.
Les contributions sont bien entendu gracieuses et l'intégralité des bénéfices sera reversée à "Charlie Hebdo".

Qui sont les soixante écrivains qui se sont unis ici pour la liberté d'expression?

Par ordre alphabétique, comme dans le recueil, on rencontre Jacques ATTALI - Gwenaëlle AUBRY – BEAUMARCHAIS - Frédéric BEIGBEDER - Laurent BINET - Julien BLANC-GRAS - Évelyne BLOCH DANO - Vincent BROCVIELLE - Noëlle CHATELET - Maxime CHATTAM - Philippe CLAUDEL - André COMTE-SPONVILLE - Gérard de CORTANZE - Delphine COULIN - Charles DANTZIG - Frédérique DEGHELT - Nicolas DELESALLE – DIDEROT - Catherine DUFOUR - Clara DUPONT-MONOD - Jean-Paul ENTHOVEN - Nicolas d'ESTIENNE D'ORVES - Dominique FERNANDEZ - Caroline FOUREST - Jean-Louis FOURNIER - Philippe GRIMBERT - Olivier GUEZ - René GUITTON - Claude HALMOS - Victor HUGO - Fabrice HUMBERT - Guillaume JAN - Jean-Paul JOUARY - Marc LAMBRON - Frédéric LENOIR - Bernard-Henri LÉVY - François-Guillaume LORRAIN - Ian MANOOK - Fabrice MIDAL - Gérard MORDILLAT - Anne NIVAT - Christel NOIR - Véronique OLMI - Christophe ONO-DIT-BIOT - Katherine PANCOL - Bernard PIVOT - Patrick POIVRE D'ARVOR - Romain PUÉRTOLAS - Serge RAFFY - François REYNAERT - Tatiana de ROSNAY - Élisabeth ROUDINESCO - Eric-Emmanuel SCHMITT - Colombe SCHNECK - Antoine SFEIR - Isabelle STIBBE - Émilie de TURCKHEIM - Michaël URAS - Didier VAN CAUWELAERT – VOLTAIRE.

Certains écrivent sur les exécutions à la rédaction de "Charlie Hebdo", d'autres sur la marche du dimanche 11 janvier qui a réuni des millions de personnes, d'autres encore sur le "vivre après". La plupart des contributions sont originales, certains ont repris des textes déjà publiés. Bien sûr, on peut ne pas apprécier le nom de l'un ou l'autre, selon ses affinités personnelles. Mais dans l'ensemble, ces textes sont autant de petites fenêtres à ouvrir. On y trouve résistance, histoire, colère, laïcité, tolérance, lâcheté, humanité, souvenirs, rire, école, universalité, effroi, rage, dérision...

L'ordre alphabétique offre aussi des surprises. Un acrostiche, un roman à paraître qui va être modifié, un jour de fête qui vire au cauchemar, l'annonce d'un nouveau livre de Bernard Maris, un village du Yémen nommé Al Qaïda, la perte d'une mère âgée, la lettre d'une mère, une farce de fakir, quatre minutes hors du temps...

Extraits
"Je touche le dessin [offert par Tignous] du bout du doigt, toute petite  caresse pour un grand adieu." Clara Dupont-Monod.

"Il semble inimaginable qu'en 2015 on puisse tirer à bout portant sur un octogénaire armé d'un carton à dessin. Pour peu, ça fleurait le canular. La bande à Charlie en aurait bien été capable. Si seulement." Nicolas d'Estienne d'Orves.

"Ne reprochons pas aux provocateurs de provoquer." Jean-Louis Fournier.

L'attentat à "Charlie Hebdo" a pris chacun de plein fouet dans sa vie quotidienne. Ceux qui les connaissaient et le grand public qui avait fait ses potes de cette bande sans lui avoir été officiellement présenté. C'est pourquoi le recueil "Nous sommes Charlie" est à lire. On s'y sent moins seul, car oui, nous sommes tous Charlie.