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dimanche 26 février 2023

Au-delà de l'assassinat d'Agnès, par Remedium

Fait divers atroce en France: Agnès, enseignante motivée, sacrifiant tout son temps à son métier, a été assassinée le 22 février dernier, en pleine classe, par un de ses élèves. Ce dernier a 16 ans, elle en avait 53. Indéfectible dénonciateur des violences dans le système scolaire - ou à la police - de son pays, l'enseignant et dessinateur français Remedium (lire ici), de son vrai nom Christophe Tardieux, ne pouvait se contenter des communications officielles. Des émotions de façade des politiciens. Alors il a écrit et dessiné un nouveau "Cas d'école" (d'autres ici), "L'histoire d'Agnès", qui n'élude pas les questions cruciales.

Il s'explique: "A la mort d'Agnès, beaucoup se sont empressés de la résumer à sa fonction d'enseignante. Une prof qui ne vivait quasiment que pour son métier, disparue dans un atroce fait divers. C'est oublier qu'elle était une femme comme les autres, avec une vie personnelle, des passions et un caractère apprécié de tous. Et qu'elle ne mérite nullement que son nom et son histoire sombrent dans l’oubli. Pour elle, voici "L'histoire d'Agnès", nouvel épisode de "Cas d'école"."





jeudi 12 novembre 2020

Emira, 10 ans, victime de la violence policière


Enseignant et artiste engagé, le Français Christophe Tardieux publie sous forme de bande dessinée sous le pseudonyme de Remedium, de nombreuses histoires vraies. Des histoires de violence. Violences à l'école pour les "Cas d'école" (lire ici, et devenues un livre, lire ici), violences policières pour les "Cas de force majeure" (lire ici). C'est à cette dernière catégorie qu'appartient l'histoire d'Emira que je publie avec son autorisation. Une histoire hallucinante qui concerne quatre gamins, 40 ans à eux quatre.

Emira a 10 ans. DIX ANS! Elle vit dans une cité HLM à Albertville.
Il y a une semaine, elle a été réveillée à 7 heures du matin par des policiers lourdement armés.
Emira a 10 ans. Emmenée au poste, elle a dû répondre pendant onze heures durant du crime d'apologie du terrorisme parce qu'elle avait osé dire en classe qu'elle était triste pour Samuel Paty, mais qu'il serait toujours vivant s'il n'avait pas montré de caricatures.
Emira a 10 ans.

Remedium explique sa démarche: "A 10 ans, Emira s'est trouvée au centre d'un emballement délirant et traumatisant qui la marquera sans doute à vie en étant emmenée au poste pour des propos qui ne correspondaient pas aux attentes de la société. Certains, oubliant toute empathie et toute notion de droits humains, cautionnent et applaudissent, osant même mettre dans la balance la mort horrible de Samuel Paty. Comme si, du haut de ses 10 ans, Emira pouvait avoir la compréhension totale de cet événement horrible et pouvait en être tenue responsable en partie. Comme si l'effroyable expérience qu'elle a vécue pouvait être autre chose que contre-productive.
Son histoire symbolise les dérives sécuritaires qui nous conduisent lentement, à force d'acceptations successives de situations inacceptables, vers une société liberticide. A nous tous de rester vigilants."






lundi 19 octobre 2020

"L'histoire de Samuel", les mots justes et les dessins de Remedium face à la barbarie humaine

Qui connaît Remedium, inlassable témoin de son temps et de ses violences, que ce soit à l'école ou par la police, pouvait se douter qu'il allait réagir à l'assassinat horrible de Samuel Paty vendredi dernier. Il le fait, avec la force et la droiture qui caractérise cet enseignant et artiste qui vient de voir ses "Cas d'école" publiés en recueil aux Editions des Equateurs (lire ici). Il le fait aussi en réaction aux lamentos malhonnêtes qui polluent ce drame atroce.
Il explique sa démarche: "Samuel, professeur d'histoire-géographie à Conflans-Sainte-Honorine, menait sa mission d'enseignant avec passion. Le vendredi 16 octobre 2020, il  a été assassiné et décapité pour avoir montré des dessins en classe. L'écriture est parfois bien dérisoire face à la barbarie humaine. Mais le courage de Samuel nous interdit à tous de sombrer ou de baisser les bras. Sa mort ne doit pas non plus masquer certaines réalités: non, Samuel n'était pas un soldat de la laïcité tombé pour la patrie. Il était un enseignant, et cette tâche était déjà énorme. En sa mémoire, découvrez "L'histoire de Samuel"."