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lundi 20 mars 2023

L'extraordinaire Olivia du défunt Ian Falconer

Olivia. (c) Seuil Jeunesse.

On a appris le décès, le 7 mars dernier, à l'âge de 63 ans, de l'auteur-illustrateur américain Ian Falconer, créateur de la célébrissime "Olivia", cette expressive petite truie toujours habillée de rouge. L'artiste était né le 25 août 1959 dans le Connecticut. Alors qu'il a créé trente couvertures pour le "New Yorker", qu'il a réalisé des costumes et des décors de théâtre, on le connaissait principalement du côté francophone pour sa délicieuse héroïne, spontanée et craquante.





"Olivia" nous est apparue à l'automne 2000 dans un album titré de son prénom, traduit et adapté en français par le Seuil Jeunesse. On a découvert avec un immense plaisir et dans de grands éclats de rire cette cochonnette surdouée, imprévisible, un brin excentrique, débordant d'idées, fatigante comme une vraie enfant. Avec ce premier album en français, Ian Falconer avait emporté le premier prix "Baobab de l'album", alors attribué par le journal "Le Monde" et le Salon du livre de jeunesse de Seine-Saint-Denis. 

Tout essayer avant de s'habiller. (c) Seuil Jeunesse.

"Olivia", le premier album jeunesse de Ian Falconer se caractérise par d'éblouissants croquis en noir et blanc relevés d'une pointe de rouge, régulièrement ponctués de collages de photos ou de tableaux célèbres. On découvre de cette manière l'héroïne dans son quotidien familial, Papa, Maman, le petit frère Ian, William suivra au tome suivant, un chat, un chien. Ses attitudes finement campées et ses expressions, oreilles, groin, yeux, bouche, la rendent terriblement expressive. Habillage du matin, plage, sieste, musée, applications pratiques, tout cela campe un délicieux portrait de l'enfance, en finesse, tendresse et malice.


Six des albums parus en français.


Six albums d'Olivia allaient suivre à bon rythme au début, toujours au Seuil Jeunesse qui traduit et adapte les textes en français, sans oublier les deux cartonnés "Olivia sait compter" (ressorti l'an dernier sous un nouveau titre) et "Olivia, les contraires" (2002). Neuf des dix titres américains d'"Olivia" auront donc été traduits en français (pas l'abécédaire).

Ce qui frappe dans cette série, c'est l'immense liberté tant du créateur que de l'héroïne. Tant dans son expression graphique que dans ses scénarios. On le sait, il s'est inspiré de sa nièce Olivia et de ses deux petits frères, Ian et William.

En témoigne sur Facebook lors de son décès son ami Jeffrey Whitty:

"Il me manque tellement. Sa famille m'a demandé d'écrire sa nécrologie, que je viens de terminer en consultation avec eux. C'est la version longue:

Ian Falconer: Peintre, Designer, Illustrateur et Auteur

25 août 1959 – 7 mars 2023

Ian Falconer, mieux connu comme illustrateur et auteur de la série de livres "Olivia" primée par la médaille Caldecott, est décédé de causes naturelles le mardi 7 mars à l'âge de 63 ans. Il était avec sa famille à Rowayton, Connecticut.

Né le 25 août 1959 à Ridgefield, Connecticut, d'Alexandra et Bruce Falconer, Ian était l'aîné de trois enfants, avant ses sœurs Tonia et Tory. Il a fréquenté la Long Ridge School à Stamford et la Cambridge School of Weston dans le Massachusetts. Il en écrit: "Les deux écoles étaient libérales, expérimentales et progressistes et m'ont permis de passer beaucoup de temps à me concentrer sur mes intérêts artistiques. Pour cela, je ne remercierai jamais assez mes parents." Après avoir étudié deux ans l'histoire de l'art à l'Université de New York, Ian s'est inscrit comme peintre à la Parsons School of Design; il a ensuite été transféré à l'Otis Art Institute de Los Angeles.

A Los Angeles, Ian a commencé à travailler avec l'artiste David Hockney, l'aidant à concevoir des costumes et des décors pour l'opéra. Leur relation s'est transformée en une amitié pour la vie et une collaboration artistique de plusieurs années. Sur ses expériences dans les opéras de Covent Garden, San Francisco et Los Angeles, entre autres, Ian a écrit: "C'est ici que j'ai appris l'art ancien et délicat de transformer une grande soprano dramatique, difficile, agressive et d'âge moyen en une princesse vierge de dix-huit ans."

Les scénographies de Ian se sont rapidement orientées vers le théâtre et le ballet, notamment "Scène de Ballet" de Stravinsky pour le New York City Ballet, "Firebird" pour le Boston Ballet et la production Off-Broadway de "The Santaland Diaries" de David Sedaris pour l'Atlantic Theatre Company.

Peu de temps après son retour à New York, Ian a illustré la couverture du 8 juillet 1996 du "New Yorker", lançant une longue et productive relation avec le magazine. L'humour subversif de Ian et son style d'illustration caractéristique ont illuminé trente couvertures du "New Yorker" au fil des ans.

En 1996, comme cadeau de Noël pour sa nièce de trois ans Olivia, Ian a créé un porcelet précoce et imaginatif nommé Olivia. L'accueil de sa famille et de ses amis l'encourage à travailler. "Quoi qu'il en soit, les dessins et le personnage se sont améliorés", écrivit plus tard Ian, "j'ai commencé alors à le développer vraiment sérieusement." Il a refusé les éditeurs qui voulaient que le texte soit écrit par quelqu'un d'autre. "Je crains que ma vanité ne me permette pas de me reléguer à "illustré par"."

Deux ans plus tard, Anne Schwartz de Simon and Schuster (une fan des couvertures du "New Yorker" de Ian l'a contacté pour créer un livre pour enfants; "Olivia" a rapidement été publiée en 2000. Elle est restée sur la liste des best-sellers du "New York Times" pendant plus d'un an, a reçu le Caldecott Honor et s'est finalement vendue à plus de dix millions d'exemplaires. Au cours des années suivantes, Ian a écrit et illustré sept suites appréciées et primées, dont la dernière était "Olivia l'espionne" en 2017. (...)"


"Olivia fait son cirque" (Seuil Jeunesse, 2001) est un titre à prendre au propre comme au figuré. La jeune héroïne, dont le caractère n'a rien perdu de sa force, est invitée à raconter ses vacances à sa classe. Elle se lance dans une incroyable causerie: le jour où elle est allée au cirque en famille, les artistes étaient malades. Devinez qui les a remplacés. Olivia bien entendu! Avec un aplomb aussi immense que son talent, elle explique comment elle a été successivement dompteuse de lions, femme tatouée, funambule, clown... Les images, joyeuses, pétillantes, charmantes, disent le reste! Pour un peu, on s'y croirait. Et c'est bien le but, non? 

 

Un drame apparaît dans "Olivia et le jouet perdu" (Seuil Jeunesse, 2004). Pendant que sa maman lui coud un nouveau maillot pour le foot, son jouet préféré, une sorte de peluche toute usée, toute aimée, disparaît. Qui a pu faire ça? Dans des décors toujours riches de détails, Olivia mène l'enquête. Mais ce ne sont pas ses petits frères qui ont dérobé le doudou. L'explication, terrible, viendra pendant la nuit. Ce qui permettra à la cochonnette de se faire consoler par son papa tout en n'abandonnant pas son jouet chéri. Tout se passe dans les impeccables images.


Aller voir un feu d'artifice en famille, c'est bien, aller voir un feu d'artifice sans musique, c'est nul, décrète Olivia. "Olivia et sa fanfare" 2007 (traduit de l'anglais (américain) par Philippe Paringaux, Seuil Jeunesse, 2007) raconte en moult épisodes comment Olivia va organiser une fanfare, former finalement le groupe à elle toute seule faute de candidats et encore changer d'avis en cours de route. On note sa manière diplomate pour récupérer les instruments de musique des mains de son petit frère. Quelle imagination a cette petite dont le lit est d'album en album surmonté d'une photo différente. 

 

Il faut toujours regarder les pages de garde dans les albums de Ian Falconer. Il s'y déroule déjà, la plupart du temps, une mini-aventure. En l'occurrence, la carbonisation de cookies. Cookies car "Olivia prépare Noël" (traduit de l'anglais (américain) par Marjorie Bourhis, Seuil Jeunesse, 2008). Olivia en rouge, Ian en vert et William en bleu attendent impatiemment le Père Noël. Alors, l'aînée s'occupe. Elle installe le sapin et ses guirlandes électriques, elle dresse la table avec un mini-sapin à guirlande électrique, elle interdit à son père de faire un feu dans la cheminée, elle prépare les confiseries pour l'homme en rouge... Peinant à s'endormir, elle finit par s'écrouler. Au réveil, elle file chercher ses frères et c'est ensemble qu'ils découvrent les cadeaux apportés. A noter aussi dans la série les jouissifs dialogues entre Olivia et ses parents.

Combien de livres le soir? (c) Seuil Jeunesse.
    

"Olivia à Venise" (traduit de l'anglais par Sandra Lumbroso, Seuil Jeunesse, 2010) est l'album où l'auteur-illustrateur recourt le plus aux collages de photos et de tableaux afin de les intégrer dans ses illustrations. Ville d'eau, Venise emballe l'héroïne qui va la parcourir en famille de place en place, de canal en canal, tout en ponctuant chacune des étapes d'une glace! Un rythme infernal qui nous montre la famille dans divers lieux célèbres de la ville italienne jusqu'à la finale, totalement inattendue et réellement impressionnante.

 

Crise d'identité peut-être chez Olivia dans "Olivia reine des princesses" (traduit de l'anglais (américain) par Yves Henriet, Seuil Jeunesse, 2012), mais déjà, il y a plus de dix ans, quelques lances contre les nunucheries des filles de l'école qui ne se voient qu'en rose et en princesses. Que ce soit au bal costumé ou à Halloween! C'en est trop pour la porcelette qui réserve quelques surprises à sa façon à ses condisciples. Mais si Olivia refuse avec la plus grande énergie d'être une princesse, il y a un statut couronné qui est loin de lui déplaire...


Il y a six ans qu'est sorti le dernier titre de la série, "Olivia joue les espionnes" (traduit de l'anglais (américain) par Yves Henriet, Seuil Jeunesse, 2017), que je n'ai hélas pas vu. En voici la présentation par l'éditeur: "Olivia change de vie: elle qui a toujours été sur le devant de la scène, elle va désormais se fondre dans le paysage, en devenant une espionne. Mais à quel prix!"




Olivia faisant le portrait de son créateur.


mercredi 2 novembre 2022

Sempé en majesté à la Fondation Folon

EDIT 10-01-23
L'exposition "Sempé. Infiniment vôtre" est prolongée jusqu'au dimanche 5 mars. Deux mois de bonus 😃

Dans ce cadre, la Fondation Folon organise
  • une lecture du "Petit Nicolas" par Laurence Bibot le samedi 18 février de 15 à 16 heures
  • un atelier intergénérationnel sur "Le Petit Nicolas à l'école", le mercredi 22 février de 15 heures à 16h30

 
La photo de Sempé qui accueille les visiteurs.

(c) Fondation Folon.
Pour l'un, Sempé, c'est le Petit Nicolas. Pour l'autre, ses dessins de presse. Pour un autre encore, ses couvertures du "New Yorker", 114 si on compte celle qui est posthume (112 entre 1978 et 2018, une en 2019, une en 2022). Artiste extrêmement fécond durant sa longue vie jusqu'à son décès le 11 août dernier à quasi 90 ans (lire ici), Sempé a de quoi réjouir autant les amateurs d'humour que de tendresse, ceux qui s'intéressent au monde, petit ou grand et, bien entendu, les passionnés de dessin. L'immense qualité de l'exposition "Sempé Infiniment vôtre" qui lui est actuellement consacrée à la Fondation Folon à la Hulpe est qu'elle embrasse largement tous les aspects de son art. Quel bonheur d'admirer de près tant d'originaux fort bien choisis, de s'émerveiller devant leurs couleurs intactes, de découvrir les éventuels repentirs au Tipp-Ex ou les annotations du dessinateur! Et quelle surprise devant la taille de certains! Très grands dans les vues exquisément croquées de New York ou de Paris dont les rues jouent avec le soleil et les ombres, ou tout petits quand il s'agit du Petit Nicolas, tellement expressif dans la simplicité de son trait.

"L'exposition que nous proposons est une longue balade dans l'œuvre de Sempé", m'explique Pauline Loumaye, chargée des expositions temporaires à la Fondation. "Nous avons rassemblé 120 de ses œuvres. A titre de comparaison, l'expo Tomi Ungerer (lire ici) en proposait 80. Le décès de l'artiste en août n'a rien changé à l'exposition. Nous y travaillions avec Martine Gossieaux, son épouse et sa galeriste, depuis un an et demi. Notre défi, vu le nombre d'hommages qu'il a reçus en août, a été qu'on ne pouvait pas se planter."

Pas d'inquiétude, l'exposition est une merveille du genre, permettant d'admirer une formidable série d'originaux remarquablement scénographiés. Ce trait parfait, cet humour, ce sens de l'observation, cette délicatesse, cette empathie, cette joie de vivre, tout Sempé est en majesté aux cimaises ou dans les vitrines horizontales. "La Fondation voulait montrer que Sempé n'est pas que le Petit Nicolas", poursuit notre guide. "D'où le choix d'un parcours thématique plutôt que chronologique." Exception faite de la toute première salle qui montre dix des premiers dessins de Sempé dans les années 1950 pour "Moustique" et "Sud-Ouest". En vis-à-vis chaque fois, les dix couvertures d'époque, dénichées ici et là par Ariane Coquelet, une des commissaires de l'exposition. 

Les dessins pour "Moustique".
(c) Xavier Janssens-Fondation Folon.

"Il faut savoir", précise Pauline Loumaye, "que Sempé a réalisé soixante couvertures pour "Moustique" entre 1952 et 1958, établissant là un lien fort avec la Belgique." C'est même dans le magazine des éditions Dupuis que naîtra le Petit Nicolas, en 1954, gamin au début anonyme, réalisé en solo. "Je proposais régulièrement des dessins mettant en scène un petit garçon", dira Sempé. "Le directeur, Charles Dupuis, m'a proposé de lui trouver un prénom. Une publicité pour les vins Nicolas que j'ai croisée m'en a donné l'idée." Le Petit Nicolas était né. Une note interne du directeur des éditions Dupuis, datée de janvier 1954, atteste de son intérêt: "Ce dessinateur est très doué et je suis persuadé qu'il arrivera un jour à la hauteur de Franquin." Scénarisé par René Goscinny, le petit garçon sera l'occasion d'une grande amitié entre ses deux créateurs qui quitteront avec lui le magazine belge. Les histoires du gamin et de ses proches, composées des souvenirs d'enfance des deux amis, atterriront en 1957 dans "Sud-Ouest Dimanche" puis chez Denoël.

Première couverture.
Sempé
dessinera ensuite pour "Match", pour "L'Express", pour la revue britannique "Punch" et bien sûr les couvertures du "New Yorker" à partir de 1978. Dix dessins originaux figurent dans l'expo dont celui de la toute première, dans le numéro daté du 14 août.

114e couverture.














En réalité, si l'expo "Sempé Infiniment vôtre" s'annonce comme thématique, toutes ses thématiques s'imbriquent les unes dans les autres dans les différentes salles. Que ce soient les "affaires humaines" tellement sensibles, "Sempé et les autres" où sont abordées ses collaborations avec les Français Patrick Modiano et Patrick Süskind et avec le Finlandais Eero Tolvanen, le "Petit Nicolas et l'enfance" et les vacances, en colonie ou chez les grands-parents, ou le "New Yorker". On savoure toutes les facettes de l'œuvre du créateur, le rire qui naît d'un gag, la poésie, la mélancolie, l'empathie, le soin porté à chaque détail. "Sempé n'est jamais dans le jugement mais dans la bienveillance", fait remarquer Pauline Loumaye. "Il arrive aussi à rigoler de sa condition humaine et de la nôtre."

(c) Xavier Janssens-Fondation Folon.

"Mes personnages sont des petits personnages comme vous et moi, qui cherchent seulement à se débrouiller dans la vie", disait Sempé. Qu'il dessine un pianiste de jazz, on entend la musique. Qu'il critique le milieu littéraire, il s'y inclut. Quand il campe une longue séquence où une vieille dame est observée par ses voisins d'en face, on fond devant tant de finesse, de délicatesse, de tendresse devant le temps qui passe. Chaque fois, c'est la vie qui triomphe. Même dans les natures mortes de son atelier. Quel bazar! Un "bazar" magnifiquement représenté. Quant au Petit Nicolas, ses gags visuels sont absolument intemporels et le jeune héros fait toujours autant rire chaque nouvelle génération.

(c) Fondation Folon.

Au fil du temps, Sempé affine sa technique, ajoutant à ses encres de Chine ici de l'aquarelle, là de la gouache. Il joue avec le rythme et les proportions, plaçant régulièrement un tout petit personnage dans un immense décor. Son côté mystique est également abordé par de très belles scènes d'église. Tout comme son goût pour les routes de France qui ont le bon goût des vacances. Partout, on sent le plaisir qu'a Sempé à dessiner le plaisir de vivre, dans une séance de bain de soleil ou dans un parc parisien sous la pluie. Ou encore, quand il montre l'envers du décor des ballerines.

Dessin original pour la couverture du "New Yorker" en mars 2014.
(c) J.J. Sempé.


Virtuose, ses encres de Chine sont parfois proches de la gravure. "Sempé, Infiniment vôtre", est la première exposition d'envergure du dessinateur français en Belgique. Si elle rend parfaitement honneur à l'artiste, elle réjouit aussi le visiteur, peu importe son âge.

Un sublime grand format à l'encore de Chine qui fait penser à de la gravure.
(c) Xavier Janssens-Fondation Folon.



Pratique
L'exposition "Sempé Infiniment vôtre" se tient jusqu'au 15 janvier 2023 à la Fondation Folon (drève de la Ramée, 6A -1310 La Hulpe, info et réservations +32 (0)2 653 34 56  info@fondationfolon.be), du mardi au vendredi  de 9 à 17 heures, le weekend de 10 à 18 heures. Plus d'infos ici.





mardi 28 février 2017

Décès de l'auteur-illustrateur James Stevenson

James Stevenson était-il gaucher?

En cherchant le titre exact d'un album pour enfants de l'Américain James Stevenson, internet m'apprend son décès récent, le 17 février dernier, à l'âge de 87 ans. Il était né le 11 juillet 1929.

Il était l'auteur d'une bonne centaine de livres pour enfants au style aisément reconnaissable dont une trentaine a été traduite en français dans les années 1980 et 1990. Principalement à l'école des loisirs. Curieusement, ces livres proches de la bande dessinée, bourrés d'humour et finement observés se vendaient mal en français. Quel talent pourtant pour dédramatiser les situations du quotidien des enfants.

James Stevenson a tout raconté: une pluie continuelle (lire ici), l'entrée à l'école, les terreurs nocturnes, les longs voyages en voiture, un déménagement, l'ennui... Ses jeunes personnages, Marie-Anne et Louis, confrontés à une situation qui leur est désagréable, s'en vont confier leurs soucis à leur grand-père qui leur raconte comment, quand il était lui-même petit, a été mis en présence du même problème, mais dix fois ou cent fois plus fort qu'eux, et comment il s'en est sorti en compagnie de son frère Eddy. L'album se terminant par l'arrivée impromptue d'Oncle Eddy et la dégustation à quatre d'une glace à la fraise. Humour et empathie chez ce grand-père rigolo que James Stevenson a toujours représenté petit avec sa moustache! Ce n'était vraiment pas mieux avant, mais bien pire!

Stevenson s'est aussi lancé dans de délicieuses histoires de sorcières ou de famille ou de mer. Il savait tout faire, ferrant son lecteur dès les premières pages et le menant avec drôlerie ou tendresse jusqu'au dernier mot.

Susan Hirschman, aujourd'hui à la retraite mais qui fut son éditrice chez Greenwillow Books, dit à son propos:
"Chacun de ses livres est différent. Il n'y a pas de mièvrerie, pas de bavardage mais une telle tendresse et une telle vérité. Je pense qu'il avait compris que l'honnêteté est la clé de l'album pour enfants."


James Stevenson a aussi été un des illustrateurs les plus prolifiques du "New Yorker" pendant près de cinquante ans, de 1956 à 2003. Il lui a confié 1988 dessins, rapporte le "New York Times"!


Seul un titre jeunesse de James Stevenson existe encore en français.

"Un jour affreux"
James Stevenson
traduit de l'américain par Michèle Poslaniec
l'école des loisirs, 1985

La rentrée des classes.




Mais on a eu, par date de parution décroissante, les albums suivants. Les anciens s'en souviendront avec émotion et joie.

"Ne me fais pas rire"
James Stevenson
traduit de l'américain par Anne-Sylvie Homassel
Autrement Jeunesse, 2000

Pas le droit de rire en lisant ce livre.


"Brrr!"
James Stevenson
traduit de l'américain par Isabelle Reinharez
l'école des loisirs, 1991

Un hiver terriblement froid.



"Le Lendemain de Noël"
James Stevenson
traduit de l'américain par Michèle Poslaniec
l'école des loisirs, 1991

Deux jouets abandonnés près des poubelles sont sauvés par le chien Charlie.


"Percy et les cinq maisons"
Else Holmelund Minarik
James Stevenson
traduit de l'américain par Isabelle Reinharez
l'école des loisirs, Renardeau, 1990

Quelle est la meilleure maison pour un castor?
"Vite! Tourne la page!"
James Stevenson
traduit de l'américain par Isabelle Reinharez
l'école des loisirs, 1990

Pour se faire ses propres aventures.


"Et Lionel, c'est lequel ?"
James Stevenson
traduit de l'américain par Isabelle Reinharez
l'école des loisirs, 1990

Trois petites histoires marines.



"Une horrible pluie"
James Stevenson
traduit de l'américain par Alain Broutin
l'école des loisirs, 1988

Quand il n'arrête pas de pleuvoir...

"Voudriez-vous bien nourrir notre chat ?"
James Stevenson
traduit de l'américain par Michèle Poslaniec
l'école des loisirs, 1987

Nourrir le chat du voisin absent.


"On ne sait pas quoi faire"
James Stevenson
traduit de l'américain par Michèle Poslaniec 
l'école des loisirs, 1986

Quand on s'ennuie à la ferme.
"Pas d'amis"
James Stevenson
traduit de l'américain par Michèle Poslaniec
l'école des loisirs, 1986

S'ennuyer dans un nouveau quartier.
"Un été avec mon grand-père"
Helen V. Griffith
James Stevenson
traduit de l'américain par Sophie de Vogelas
Gallimard Jeunesse, 1986

La magie de la campagne.


"On est bientôt arrivé?"
James Stevenson
traduit de l'américain par Isabel Finkenstaedt
Père Castor/Flammarion, 1986

Un interminable voyage en voiture.





"Emma"
James Stevenson
traduit de l'américain par Michèle Poslaniec
l'école des loisirs, 1985

Une histoire de sorcières.
"Des amis terribles"
James Stevenson
traduit de l'américain par Michèle Poslaniec
l'école des loisirs, 1985





"Beurk!"
James Stevenson
traduit de l'américain par Michèle Poslaniec
l'école des loisirs, 1985

Concours de potions magiques chez les sorcières.


"Un jour affreux"
James Stevenson
traduit de l'américain par Michèle Poslaniec
l'école des loisirs, 1985

La rentrée des classes.


"La chasse à l'ours"
Wilson Gage
James Stevenson
Gallimard Jeunesse, 1985

Est-ce l'ours qui court après le chasseur, ou  le chasseur qui poursuit l'ours?
"Pire que Pierre"
James Stevenson
traduit de l'américain par Michèle Poslaniec
l'école des loisirs, 1984

Un nouveau bébé est arrivé.
"L'œuf de Pâques"
James Stevenson
traduit de l'américain par Michèle Poslaniec
l'école des loisirs, 1984



"Mon amie la vieille dame"
Charlotte Zolotow
James Stevenson
traduit de l'américain par Marie Farré
Gallimard Jeunesse, 1984

Une vieille dame comme on les adore.

"Qu'y a-t-il sous le lit?"
James Stevenson
traduit de l'américain par A.Colin-Bourrelier
l'école des loisirs, 1983

Peurs après l'histoire du soir.

"On n'a pas sommeil"
James Stevenson
traduit de l'américain par Michèle Poslaniec

l'école des loisirs, 1982


"Le vagabond et l'OVNI"
Janet Schulman
James Stevenson
traduit de l'américain par Catherine Deloraine
Père Castor Flammarion, 1982

Conte écologique et fantaisiste.


"Olivier, Laurent et Violette"
James Stevenson
traduit de l'américain par Michèle Poslaniec
l'école des loisirs, 1982

Un raton laveur, une tortue et un dindon construisent un barrage et un radeau.

"La Machine à souhaits"
James Stevenson
traduit de l'américain par Michèle Poslaniec
l'école des loisirs, 1982

Tenter de renoncer à son dernier souhait émis.

"Monsieur Grincheux"
James Stevenson
traduit de l'américin par Catherine Chaine
l'école des loisirs, 1981

Un monsieur qui n'aime personne.

"Gaspard"
James Stevenson
traduit de l'américain par Catherine Chaine
l'école des loisirs, 1981

Un jeune canard se lie d'amitié avec une grenouille et trois petites souris, à New York.

"Hôtel Beaurivage"
James Stevenson
traduit de l'anglais par Catherine Chaine
l'école des loisirs, 1979

Vacances à l'hôtel.



"Monty"
James Stevenson
traduit de l'américain par Michèle Poslaniec
l'école des loisirs, 1982

Aller à l'école en traversant la rivière sur le dos d'un crocodile.


"Nestor, Hector, Victor et Fred"
James Stevenson
traduit de l'américain par Catherine Chaine
l'école des loisirs, Joie de lire, 1979

Fratrie et solidarité.