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jeudi 24 novembre 2022

Découvrir 21 plantes de nos régions

(c) CFC-Editions.


On connaît l'expression "Manger les pissenlits par la racine". Sait-on pour autant ce qu'elle signifie exactement? C'est un des enseignements du livre "Sur la piste des herbes sauvages" (CFC-Editions, 175 pages). Un guide botanique qui est à la fois un documentaire illustré de dessins et de photos, un livre de recettes et un recueil d'anecdotes liées au folklore. Découpé en quatre saisons, collaboration de cinq personnes passionnées d'herboristerie, il présente de façon originale et intéressante 21 plantes de chez nous, à identifier avant de les cueillir et de découvrir leurs bienfaits.

Le pissenlit.
(c) CFC-Editions.
Pour en revenir à nos pissenlits qui prolifèrent dans une terre fraîchement retournée, comme les cimetières, la croyance populaire a longtemps véhiculé l'idée que leurs racines nourrissaient les défunts. Pourquoi? Parce que leurs racines ont plein de vertus que nous avons souvent oubliées, préférant aujourd'hui consommer les feuilles de la plante.








Rappeler les vertus de 21 plantes de chez nous, que l'on trouve aisément, par différents biais, est l'objectif de ce livre aussi intéressant sur le plan documentaire que sur le plan esthétique. Résultat de deux années de travail en collaboration avec le magazine Dot to dot, il représente bien la convergence des intérêts des cinq personnes qui l'ont réalisé. Elsa Lévy et Charlotte Staber aux textes et aux recettes, Valentine Laffitte aux illustrations en collages, Agustina Peluffo aux photos des herbes en pleine floraison et Corentine Jaunard à l'orchestration graphique de l'ensemble des contributions.

Plusieurs utilisations du guide sont possibles. Le lire du début à la fin, y découvrir de nombreuses informations éclairées de considérations littéraires ou autres. Le feuilleter et s'arrêter sur une des splendides illustrations ou être happé par le nom d'une des 21 recettes, le "Kuku sabzi aux orties" n'a rien de sorcier en réalité, ou d'un titre comme "Boutons de chemise". Y chercher le nom d'une plante (un index en rabat de couverture) l'aspérule odorante par exemple à la si jolie sonorité ou le dessin d'une autre qu'on connaît sans pour l'identifier pour autant. A qui sont ces longues feuilles pointues? A la consoude. On y retrouve de nombreuses connaissances populaires souvent oubliées.

Des codes couleurs dans les textes permettent une navigation aisée: du  vert pour l'identification, du rouge pour les précautions d'emploi. En moins de 200 pages illustrées, "Sur la piste des herbes sauvages" offre une incroyable quantité d'informations selon les critères de notre temps, écologie, mode de vie respectueux de la nature mais citadin, méditation, conservation, utilisation...

Cher à Emily Dickinson, le trèfle. (c) CFC-Editions.





dimanche 17 novembre 2013

L7E tablie en cuisine en ce dimanche

Une écriture aisément reconnaissable. (c) Plon.

Il y a toujours au moins mille choses à faire, à lire, à écrire. Mais quand résonne l'appel des fourneaux, surtout si on est dimanche, surtout si on a en face des yeux l'écriture de Michel Oliver, le fils du grand cuisinier Raymond Oliver, surtout si on retrouve les livres qu'on a eus petite, difficile de résister. Impossible même.

Donc, on se lave les mains - et les ongles -, on met son tablier et on s'installe en cuisine. A moins qu'on se contente de lire les recettes. Pour le sociologue Jean-Claude Kaufmann, lire des recettes, c'est déjà cuisiner.


Pour fêter les cinquante ans de la sortie du livre "La cuisine est un jeu d'enfants" de Michel Oliver (plus de deux millions d'exemplaires vendus, dont le mien), révolutionnaire à son époque, suivie l'année d'après, en 1964 donc, de "La pâtisserie est un jeu d'enfants", du même, les éditions Plon ont décidé de réunir ces deux ouvrages cultes en un épais volume, intitulé "La cuisine et la pâtisserie  sont un jeu d'enfants" (216 p.).

Cette belle édition est en format identique à l'originale mais sans la reliure spirale. Préfacée par Jean-Claude Simoën, le patron notamment des "Dictionnaires amoureux", elle reprend toutes les recettes des deux livres initiaux, sans oublier la célèbre tasse "étalon" de 20 centilitres, et leur  ajoute cinq nouvelles préparations, un rien plus modernes.

Il y a près de cent recettes, d'inspiration traditionnelle, dans cet ouvrage de grand format et plaisamment illustré, classées selon l'ordre de progression d'un repas: "Soupe et hors-d’œuvre", "Œufs et poissons", "Viandes et poulets", "Sauce et légumes", "Desserts", le chapitre logiquement le plus volumineux avec ses "Enormes brioches", ses "Rochers noix de coco" inscrits au Grand concours d'alpinisme et son "Soufflé au chocolat".

Les recettes sont expliquées simplement, accessibles à tout âge, et mises en scène par de jubilatoires dessins en couleurs, mêlant informations et humour simple. En les regardant, on se souvient avec amusement que les batteurs à blancs d’œufs étaient alors manuels, que le chat est capable de manger la crème des choux et qu'il est mieux de couper la base d'un citron pour pouvoir le poser sur sa base.

Voilà un recueil de recettes qui compte déjà trois générations d'utilisateurs! Super et bravo.


















Le choc de retrouver l'image du "Poulet au sel", cinquante ans après, qui m'avait tant frappée petite! Ou celle des "Bananes fondues". Tous ces dessins volontairement naïfs, assortis à l'écriture cursive des noms de recettes, destinées aux enfants mais que bien des grandes personnes ont réalisées avec succès.

Car en bonne petite fille modèle des sixties, j'avais reçu "La cuisine est un jeu d'enfants" (Plon, 1963) et "La pâtisserie est un jeu d'enfants" (Plon, 1964), et même un peu après "Les hors-d’œuvre sont un jeu d'enfants" (Plon, 1969).















Hasard ou nécessité? Sort aussi en cette période, "Le grand livre de cuisine des enfants" de Seymourina Cruse et Elisa Géhin (Ed. Thierry Magnier, 96 p.). Même format, même fond blanc en couverture, même mise en pages pour les recettes, même graphisme, même ton que l'ouvrage de Michel Oliver... Difficile de ne pas voir toutes les ressemblances dans ce livre réunissant à l'intention des enfants recettes classiques ou plus modernes.





Y a-t-il des alternatives au sucre blanc, finalement peu utile à la santé? Le livre de Marie Chioca et Delphine Paslin, "Mes bons desserts aux sucres naturels" (Terre vivante, 120 p.), en proposent huit. Le miel et le sirop d'érable bien connus, mais aussi le sirop d'agave et le sucre de  bouleau,  la stévia, les sucres de cannes complets et d'autres encore. Les auteurs font un point bien utile sur tous ces noms pas toujours clairement identifiés. Elles proposent dans leur ouvrage largement illustré de photos 56 recettes goûteuses,appétissantes et équilibrées, avec des ingrédients pas trop difficiles à trouver. De quoi ne plus se priver de dessert.

En voici une, le célébrissime "Gâteau au yaourt", revu à la sauce sirop d'agave.

(c) Terre vivante