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mardi 8 janvier 2019

Je préférerais que John Burningham soit vivant

John Burningham.

Quelle tristesse d'apprendre le décès de John Burningham, survenu le vendredi 4 janvier des suites d'une pneumonie. L'auteur-illustrateur jeunesse britannique n'avait que 82 ans. Il était né le 27 avril 1936 à Farnham dans le Surrey. Tout comme son épouse Helen Oxenbury, il a créé des dizaines d'albums qui sont devenus de véritables classiques de la littérature de jeunesse. "Préfèrerais-tu..." et "La promenade de M. Gumpy" bien entendu mais aussi "Le cadeau de Noël de Gaston Grippemine", "Train de nuit" et d'autres titres enchanteurs, pleins d'imagination, souvent malicieux, parfois indisponibles.

C'est Isabel Finkenstaedt, alors éditrice chez Flammarion Jeunesse, qui l'avait découvert et fait traduire en français dans les années 70. Ensuite, elle l'emporta avec elle quand elle fonda sa propre maison en 1988, Kaléidoscope.
John Burningham n'avait pas l'intention de s'arrêter. Il avait confié au "Guardian" l'an dernier: "Je n'ai jamais voulu arrêter de travailler. J'ai la chance d'avoir une bonne vue et de ne pas avoir la main qui tremble, aussi vais-je continuer". Il avait aussi une notion très juste de l'enfance: "Les enfants savent que je suis de leur côté. Ils ne sont pas moins intelligents, ils sont juste moins expérimentés. Et il y a cette attitude plutôt idiote qu'on adopte vis à vis d'eux, qui consiste à dire:  "Oh, c'est pour les enfants, il faut que ce soient des gâteaux roses et qu'il y ait beaucoup de motifs partout, c'est ce qu'ils vont aimer". Or cela les ennuie. Et s'ils n'aiment pas, ils ne regarderont tout simplement pas".
"John était un véritable original, un pionnier du livre d'images et le créateur inventif d'innombrables histoires qui pouvaient être tour à tour hilarantes et réconfortantes, choquantes et ludiques. Il n'a jamais rabaissé les enfants, les traitant toujours avec le plus grand respect", a déclaré Francesca Dow, directrice générale des éditions Penguin Random House Children's.

John Burningham avait reçu il y a moins d'un an, avec son épouse, l'illustratrice Helen Oxenbury, le BookTrust Lifetime  Achievement Award, un prix britannique qui récompense l'ensemble de la carrière d'un artiste (lire ici).

"Personne ne crée de livre d'images plus parfait que John Burningham. Son écriture est touchante, drôle et profonde, ses illustrations sont des œuvres d'art", avait commenté à cette occasion Lauren Child, membre du jury. À l'époque, l'auteure-illustratrice Polly Dunbar avait également salué ses peintures, "resplendissant comme une enfance heureuse et floue. Elles me donnent envie de courir pieds nus, dehors, après la tombée de la nuit", avait-elle-ajouté.

Judith Kerr, à qui on doit "The Tiger Who Came To Tea", "Le tigre qui s'invita pour le thé", lire ici), explique de son côté que c'est l'album "Humbert" de John Burningham, (1969, non traduit), sur un cheval de trait, qui avait inspiré sa propre carrière. "Plus de 50 ans plus tard, il reste l'un des meilleurs livres d'images jamais produits pour les enfants", estime-t-elle.







John Burningham venait de sortir à l'été dernier un nouvel album "Ou alors préférerais-tu..." (traduit de l'anglais par Camille Guénot, Kaléidoscope, 40 pages), suite exquise à son mythique "Préférerais-tu...", avec le même héros rouquin en salopette verte.

Même inspiration mariant humour et imagination que le premier volume, mêmes questions étonnantes, mêmes dessins ravissants et expressifs, mêmes questionnements sur les petits riens et les grands touts.

Toutefois, ici, les "Préférerais-tu..." alternent avec des "Qu'est-ce qui serait pire?" tout aussi désopilants et questionnants. Un délice à découvrir dès 3 ou 4 ans.

Quelques exemples de questions:
"Préférerais-tu...
aider les abeilles à faire du miel
ou creuser un terrier avec un lapin?"
"Qu'est-ce qui serait pire?
Que tout le monde raconte des histoires de toi bébé
ou que ta maman sorte son mouchoir?"

Les questions alternent et interrogent, l'air de rien, l'enfant lecteur sur lui-même, son rapport à la nature, aux animaux, aux autres. Du bonheur.




(c) Kaléidoscope.


A propos des titres précédents de John Burningham

"Logis de souris", ici

"Veux-tu sortir du bain, Marcelle", ici

"Bébé", le seul qu'il ait fait en duo avec son épouse, et d'autres titres, ici

"Préférerais-tu...", ici


Pour mieux connaître l'œuvre de John Burningham, il y a aussi l'album "Behind the scenes" (2009, téléchargeable en anglais). Il commence par une préface de Maurice Sendak, suivie d'une analyse de son travail par le critique Brian Alderson. Ensuite c'est John Burningham lui-même qui explore son enfance, ses études à Summerhill, ses débuts en tant qu'illustrateur puis son immense carrière en tant qu'auteur-illustrateur jeunesse. Il partage les notes pour son premier album, "Borka", des esquisses et de somptueuses illustrations de son œuvre, forte de plus de 40 livres.









mardi 13 février 2018

John Burningham et Helen Oxenbury honorés

Helen Oxenbury et John Burningham.

Joie que cette double bonne nouvelle. Helen  Oxenbury et John Burningham viennent de remporter chacun le BookTrust Lifetime  Achievement Award, un prix britannique qui récompense l'ensemble de la carrière d'un artiste! C'est la première fois que la récompense est attribuée en double, mais avec de telles figures de la littérature de jeunesse, britannique et mondiale, ce n'est pas étonnant. Ces deux géants s'inscrivent naturellement dans un palmarès où figurent les noms de Shirley Hughes pour 2015, Judith Kerr (lire ici) pour 2016 et Raymond Briggs (lire ici et ici) pour 2017. Encore du beau monde!
Le jury de ce prix est composé de Nicolette Jones, auteure et critique, Anthony Browne, auteur-illustrateur, Lauren Child, auteure-illustratrice, Floella Benjamin, actrice et auteure, Joseph Coelho, acteur et poète, et Diana Gerald (Booktrust).

John Burningham comme Helen Oxenbury sont extrêmement connus, appréciés et récompensés pour les multiples livres qu'ils ont créés chacun de leur côté. Citons en vrac, de l'un et de l'autre, "La chasse à l'ours" (texte de Michael Rosen, Kaléidoscope), "Préférerais-tu?" (Kaléidoscope), "Très, très fort!" (texte de Trish Cooke, Père Castor Flammarion), "Le cadeau de Noël de Gaston Grippemine" (Flammarion), "Dodo, l'enfant do" (texte de Timothy Knapman, Kaléidoscope, lire ici), "C'est un secret" (Kaléidoscope), "Le canard fermier" (texte de Martin Waddell, l'école des loisirs, Pastel), "Le panier de Stéphane" (Kaléidoscope). D'autres albums de John Burningham ici, dont le seul livre réalisé en duo par ce couple qui s'est marié en 1964, "Bébé" (Père Castor/Flammarion, 2011).


John Burningham à propos de la récompense:
"Je suis incroyablement reconnaissant d'avoir reçu un prix pour toute une vie de travail. Je suis tellement flatté quand j'entends des gens dire qu'ils aiment mes livres et qu'un album que j'ai fait il y a cinquante ans fonctionne toujours aujourd'hui et est apprécié par leur famille."

Helen Oxenbury: 
"Il est particulièrement agréable que nous ayons reçu cet honneur conjointement - et recevoir un prix de BookTrust qui sait que tout ce qu'il y a à savoir sur les livres pour enfants est tout simplement merveilleux."

Le dernier album traduit en date de John Burningham est "Logis de souris" (lire ici).










Le dernier album traduit en date d'Helen Oxenbury est "Le Bondivore Géant" ("The Giant Jumperee", texte de Julia Donaldson, traduit de l'anglais par Rosalind Elland-Goldsmith, Kaléidoscope, 40 pages, 2017). En bon format, une exquise histoire de rumeur, de peur et de rire comme on les apprécie tant, rondement menée et remarquablement illustrée à l'aquarelle. Qui mêle dans un paysage bucolique les animaux aimés des enfants.

Tout commence quand Lapin veut rentrer dans son terrier et qu'il entend une voix qui s'y est cachée lui dire: "C'est moi, le Bondivore Géant, aussi horrible que méchant!" Mince alors, il s'arrête et appelle à l'aide. La chatte Minette lui propose de déloger l'importun. Mais... "C'est moi le Bondivore Géant, et je t'écraserai comme un taon!" Ours et Eléphant vont aussi tenter d'aider Lapin. En vain. Chaque fois le Bondivore les menace d'une phrase aussi comique que rimée en vers de mirliton. Le salut viendra de Maman Grenouille en une finale délicieusement drôle et célébrant l'amitié entre tous.

Quelle beauté dans les illustrations tellement expressives des émotions des personnages. Voilà une bande de copains qu'on aimerait avoir pour soi. Ainsi qu'une Maman Grenouille aussi résolue, maligne et joyeuse. A partir de 3/4 ans.




Les trois premières doubles pages. (c) Kaléidoscope.




dimanche 1 octobre 2017

Au logis, souris et humains sont-ils amis?

C'est fou comme le trait de John Burningham (lire ici et ici) passe bien au travers des années! Légèrement tremblotant parfois, diablement expressif, joyeux, illuminé de quelques traits de pastel écrasés au doigt. Un plaisir toujours renouvelé. Il n'en est pas différemment dans le nouvel album de l'auteur-illustrateur britannique, le très amusant "Logis de souris" ("Mouse House", traduit de l'anglais par Rosalind Elland-Goldsmith, Kaléidoscope, 40 pages).

Le dîner des uns. (c) Kaléidoscope.

Dans cette maison entourée d'un jardin vivent un papa, une maman, une fille et un garçon. Ils ignorent qu'une autre famille vit là aussi, attendant qu'ils soient couchés pour apparaître et chercher de la nourriture. Les souris, car c'est d'elles qu'il s'agit, dînent alors à leur tour. Les enfants souris savent qu'ils ne doivent jamais être vus des humains.


Le dîner des autres. (c) Kaléidoscope.


Jeux de nuit. (c) Kaléidoscope.
Un soir, le petit garçon aperçoit une souris dans la pièce et le signale. Panique de la mère, appel du père au dératiseur. Impossible à accepter pour les enfants qui écrivent une lettre à la famille souris pour l'informer du danger qu'elle court. Missive efficace qui permet aux enfants de voir leurs protégés jouer la nuit dans le jardin avec les jouets qu'ils leur fabriquent. A ce stade du récit, John Burningham recourt à de très beaux tableaux pleine page, usant de fonds sombres comme il y réussit si bien. Les mois passent, l'hiver arrive, les souris disparaissent du jardin sans laisser de trace. Ont-elles vraiment disparu? C'est à voir.

"Logis de souris" est un très bel album, rigolo et touchant, au scénario classique mais proche des jeunes lecteurs et aux illustrations extrêmement réussies. Dès 3 ou 4 ans.


vendredi 24 février 2017

Splitch, splatch, pour contenter un monstre

Il y a des avantages à être, comme Colin Boyd, le beau-fils du célèbre auteur-illustrateur britannique Tony Ross. Celui, par exemple, de publier un premier album inspiré par l'heure du bain de son jeune fils et illustré par Beau-Papa: "Le Monstre du Bain" (pas de mention de traducteur, Seuil Jeunesse, 32 pages). Un ouvrage sympathique, qui ne révolutionne pas le genre, mais permet de se régaler des images de l'ami Tony.

"T'es-tu déjà demandé où allait l'eau sale de ton bain?", commence le texte, posé au-dessus du dessin d'une mère à longs cheveux blonds essuyant son gamin tête en bas. Le rouquin se prénomme Jackson et partage son goût pour "le désordre et la saleté" avec son meilleur ami, le nommé Dexter. On voit le duo à l'action et ce n'est vraiment pas triste, surtout leurs séances de foot dans la boue...

"Non mais regarde-toi! Va te laver immédiatement ou le Monstre du Bain va venir te chercher" est la phrase que Maman répète chaque soir à Jackson. Un monstre bien connu qui a comme second plat préféré l'eau sale de la baignoire... D'ailleurs les glouglous qu'on entend quand l'eau s'en va ne sont que les bruits d'aspiration du Monstre équipé d'une paille spéciale!

Le Monstre du Bain a une paille spéciale, très sonore. (c) Seuil Jeunesse.

En grandissant, le gamin finit par se demander si le Monstre du Bain existe vraiment. Si cela ne l'empêche pas de rentrer encore plus crotté que d'habitude après ses jeux avec son pote, il refuse de se laver. Ce qui, évidemment, ne convient pas du tout au Monstre tapi sous le plancher de la salle de bain qui, faute d'eau sale, va devoir se rabattre sur son plat préféré pour se nourrir...

Le Monstre du Bain existe-t-il ou pas? (c) Seuil Jeunesse.

Un suspense final bien amusant pour cette histoire complètement à hauteur de jeune enfant et superbement illustrée par le grand Tony Ross qui sait soigner les détails. Dès 3 ou 4 ans.


Et aussi

Sur des sujets analogues, mystères de la baignoire ou jeux de boue, on avait déjà eu l'excellent l'album "Veux-tu sortir du bain, Marcelle!" du génial John Burningham (traduit de l'anglais par Catherine Deloraine, Père Castor/Flammarion, 1978, épuisé), où le sérieux monologue maternel s'oppose aux rêves de la jeune héroïne, qui file par la bonde à la conquête d'autres mondes - à propos de John Burningham, lire ici.

Près de quarante ans plus tard, "Le bain d'Abel" d'Audrey Poussier (l'école des loisirs, 2014) emprunte la même idée d'évasion par la bonde pour savoir où va l'eau sale.

Plus près de nous, "La flaque" de May Angeli (Editions des Eléphants, lire ici) célèbre les joies des jeux dans la boue avant le bain final.


lundi 20 octobre 2014

Un chouette nouvel album de John Burningham pour les 25 ans des éditions Kaléidoscope

John Burningham.

John Burningham a imaginé quasiment autant de fantastiques albums pour enfants qu'il n'a d'années. Un indice: l'auteur-illustrateur britannique est né en 1936.

Mais l'Histoire retiendra qu'il n'en a fait qu'un seul avec son épouse, Helen Oxenbury, également talentueuse auteure-illustratrice - ils se sont mariés en 1964. C'était "Bébé" tout simplement (traduit de l'anglais par Alice Delabre, Père Castor Flammarion, 2011), la confrontation des points de vue d'une maman et de son petit garçon à l'annonce de l'arrivée d'un nouveau bébé.

Mais revenons à la dernière création en date de John Burningham, l'impeccable album "Le zoo derrière la porte" (traduit de l'anglais par Elisabeth Duval, Kaléidoscope, 48 pages), qui synthétise magnifiquement tout le talent de l'auteur: humour, fantaisie et sens de la narration au service d'un départ réaliste, ici l'endormissement de Sylvie, suivi d'un envol dans un monde imaginaire, dans ce cas, la découverte d'une porte secrète dans le mur de la chambre. Le lendemain soir, la petite fille s'en va voir où mènent les escaliers derrière la porte. Vers une autre porte? Non, elle ne peut en rester là.

Les animaux regardaient Sylvie. (c) Kaléidoscope.

Elle pousse le lourd battant de toutes ses forces et découvre un "zoo rempli d'animaux qui la regardaient". Pas inquiète pour un sou, elle remonte dans sa chambre et se glisse dans son lit, accompagnée d'un ourson qu'elle reconduira chez lui le lendemain matin.

La nuit avec les pingouins. (c) Kaléidoscope.

Bien entendu, tous les animaux veulent passer la nuit avec Sylvie. C'est facile avec les plus petits de taille, ce sont les premiers élus, ce n'est impossible ni avec les pingouins, ni avec le tigre et son petit, ni avec les oiseaux, ni.... Mais c'est parfois très compliqué, question de taille principalement.

Un matin, Sylvie a manqué de temps. (c) Kaléidoscope.

Les nuits de Sylvie se suivent et ne se ressemblent pas. Et le lecteur y assiste avec plaisir jusqu'au matin où l'écolière n'eut pas le temps de reconduire ses invités secrets. Quelle surprise dans le salon à son retour de classe! Quel désordre! Et sa mère qui va bientôt rentrer. Elle va en effet arriver très vite, la mère, avec une formule dont sa fille et les lecteurs pourront savourer tout le sel.

"Le zoo derrière la porte" est encore un de ces délicieux albums à déguster pour le plaisir des mots, des images et du rapport texte-images.

Il est dommage que si peu d'albums de John Burningham soient disponibles en français, mais il convient bien entendu de saluer l'éditrice Isabel Finkenstaedt qui le publiait déjà chez Père Castor Flammarion dans les années 70 et 80, avant qu'elle ne fonde les éditions Kaléidoscope il y a tout juste 25 ans et l'y emmène souvent avec elle. Bravo à elle de suivre ce Britannique indispensable et de le rééditer régulièrement.

Sont donc disponibles les titres suivants (outre "Bébé", déjà cité)

Tir à la corde
John Burningham
traduit de l'anglais par Elisabeth Duval
Kaléidoscope, 2013

Lièvre face aux deux colosses bornés que sont Éléphant et Hippopotame.
Le panier de Stéphane
John Burningham
traduit de l'anglais par Elisabeth Duval
Réédition
Kaléidoscope, 2012
Flammarion, 1984

Un trajet vers les courses peu commun.



Préférerais-tu...
John Burningham
traduit de l'anglais par Elisabeth Duval
Réédition
Kaléidoscope, 2011
Flammarion, 1978

Questions pour réfléchir, et surtout rire, à lire ici.



C'est un secret!
John Burningham
traduit de l'anglais par Elisabeth Duval
Kaléidoscope, 2010

A la fête secrète des chats en compagnie de Marie-Hélène et Malcolm.
Le cadeau de Noël de Gaston Grippemine
John Burningham
traduit de l'anglais par Rose-Marie Vassallo
Flammarion, 1998

Bigre, à son retour de tournée, le Père Noël s'aperçoit qu'il a oublié de déposer le cadeau de Gaston Grippemine!






Et puis, il y a tous les titres épuisés dont la lecture rappelle tant de bons souvenirs. En voici quelques-uns.





 














Comment fêter le quart de siècle d'une maison d'édition?

En publiant par exemple un recueil grand format de 25 histoires emblématiques, au prix de 25 euros. C'est ce qu'a fait Kaléidoscope dans  "Kaléidoscope d'histoires" (240 pages).
On imagine la difficulté du choix à puiser dans les près de 850 titres publiés depuis 1989 par Isabel Finkenstaedt, avec toujours la volonté d'accompagner la petite enfance, en la faisant "lire, rire et grandir". Mais les voilà, les 25 élus pour les 25 ans, apparaissant déjà en couverture. Selon l'âge qu'on a, on en reconnaîtra immédiatement l'un ou l'autre, tellement ils ont marqué les esprits.

Dans le recueil-anthologie, les histoires sont présentées par âge croissant. Des créations et des traductions, toujours en version intégrale, dont la nouvelle maquette surprendra peut-être les habitués des titres mais qui célèbrent joliment l'esprit de la maison. On trouve par exemple les "Bébés chouettes", de Martin Waddell et Patrick Besson, pour les tout-petits, "Elmer", de David McKee, pour les 3-4 ans, ainsi que "A-A-A-A-Atchoum", de Philip C. Stead et Erin E. Stead, sans oublier "Princesse" d'Anne Wilsdorf et "Une histoire à quatre voix" d'Anthony Browne pour les 5-6 ans (et plus). Et vingt autres titres que je vous laisse découvrir.

Toutefois, en marge du recueil, voici encore les 25 titres qui ont marqué les 25 ans de Kaléidoscope.

1989 : "Elmer" de David McKee
1990 : "La Course" de Béatrice Tanaka et Michel Gay
1991 : "L’Os prodigieux" de William Steig
1992 : "Chloé et la dent de lait" de Caroline Pistinier
1993 : "Bébés chouettes" de Martin Waddell et Patrick Benson
1994 : "Le loup est revenu!" de Geoffroy de Pennart
1995 : "Blanc sur noir / Noir sur blanc" de Tana Hoban
1996 : "Va-t’en Grand Monstre Vert" d'Ed Emberley
1997 : "La Chasse à l’ours" de Helen Oxenbury (réédition)
1998 : "Jujube" d'Anne Wilsdorf
1999 : "Les tableaux de Marcel" d'Anthony Browne
2000 : "Madame Letourneau" de Christine Davenier
2001 : "La Semaine de Souris Chérie" de Magdalena Guirao Jullien et Maïté Laboudigue
2002 : "La Princesse coquette" de Christine Naumann-Villemin et Marianne Barcilon
2003 : "Bidou" d'Alexis Deacon
2004 : "Le Parcours de Paulo" de Nicholas Allen
2005 : "L’Heure du pipi" de Mo Willems
2006 : "Chers Maman et Papa" d'Emily Gravett
2007 : "Petite histoire" d'Élisabeth Duval et François Soutif
2008 : "L’Alphabet des monstres" de Jean-François Dumont
2009 : "La Vague" de Suzy Lee
2010 : "La Princesse Rosebonbon" de Magdalena Guirao Jullien et Éléonore Thuillier
2011 : "Que vois-tu"  de Stéphane Sénégas
2012 : "Sans le A" de Michaël Escoffier et Kris Di Giacomo
2013 : "La Contrebasse" de Stéphane Henrich



jeudi 11 août 2011

LC qu'un bonheur ne vient jamais seul

Car sous "Crictor" se trouvait "Préférerais-tu..." de John Burningham (traduit de l'anglais par Elisabeth Duval, Kaléidoscope). Encore une réédition? Ben oui, mais a-t-on fait mieux que ce titre génial? Datant de 1978 dans son édition originale anglaise, ce titre a été immédiatement traduit en français chez Père Castor-Flammarion, où officiait alors Isabel Finkenstaedt avant qu'elle ne fonde sa propre maison, Kaléidoscope, en 1988.


Trente ans après sa création, cet album est toujours aussi frais et décoiffant.
Il s'agit tout simplement de répondre à quelques questions, mais quelles questions!

Presque neutres au début,
"Préférerais-tu que ta maison soit
sur l'eau,
sous la neige
ou dans la jungle?"
Elles virent vite à plus impressionnant
"Préférerais-tu
qu'un éléphant boive l'eau de ton bain,
qu'un aigle vole ton dîner,
qu'un cochon enfile tes vêtements
ou qu'un hippopotame dorme dans ton lit?"
Et ainsi de suite, sans que les enfants se lassent d'y répondre lecture après lecture, jusqu'à la finale apaisante.
Evidemment, les illustrations sont en plus splendides, délicates, expressives, pleines de vie et de fantaisie.
Quel trésor que cet album, comme tous les autres de l'immense Burningham.