Nombre total de pages vues

Affichage des articles dont le libellé est Giovanna Zoboli. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Giovanna Zoboli. Afficher tous les articles

mercredi 25 janvier 2023

Rétro 2022 avec des sujets d'actualité

Parfois, on lit des albums pour enfants et on y trouve un écho discret de sujets d'actualité. Surpêche, surproduction, suractivité, monde contemporain... Quatre albums fort réussis qui peuvent aussi être lus simplement pour eux-mêmes.

Robin des mers


Olo, naissance d'un héros
Didier Lévy
Pierre Vaquez
Sarbacane, 40 pages
dès 4 ans

Format à l'italienne pour cette histoire se déroulant sous la mer. Lors d'une promenade, le requin Olo tombe sur l'épave d'un paquebot. Débordante d'outils, la salle des machines comble de joie le bricoleur. Dès le lendemain, il devient Doc Olo, réparateur en tous genres. Des pinces de crabes bloquées aux pieuvres emmêlées... Il travaille aussi à domicile en cas de besoin. Ce sont ces déplacements qui lui font découvrir les gigantesques filets dérivants des chalutiers. "Olo prend un malin plaisir à cisailler leurs mailles, libérant à chaque fois des milliers de poissons." On imagine la fureur des chats pêcheurs qui mettent sa tête à prix et finissent par le capturer. Comme si Olo allait se laisser faire!

La "manière noire", technique de gravure en taille-douce sied parfaitement à ces scènes dans les profondeurs marines où évoluent des dizaines de poissons splendidement représentés et des machines à la Jules Verne. Un album qui marie humour, surpêche et écologie dans un récit plein de péripéties prenantes. 

Doc Olo et les filets... (c) Sarbacane.


Victime de lui-même


La soupe Lepron
Giovanna Zoboli
Mariachiara Di Giorgio
traduit de l’italien
Les fourmis rouges, 48 pages
dès 5 ans

Quel bonheur de découvrir ces images à l'ancienne d'un lièvre célébrant une campagne merveilleuse en préparant chaque année en famille une soupe de légumes! Et quels légumes! Ils sont merveilleusement représentés, à la fois scientifiquement précis et charmants, tout comme les innombrables membres de la famille de Monsieur Lepron qui s'en occupent. Et quelle soupe! Peut-être bien la meilleure du monde. Une soupe qui résiste à toutes les imitations.

Quelle surprise alors quand l'album aux illustrations toujours douces et classiques nous montre l'usine de soupe Lepron. Finie la bucolique campagne. On est dans le commerce et le marketing maîtrisés. Au point que tout le monde dans le monde veut de la soupe Lepron, l'originale ou ses variantes. Monsieur Lepron assure. Jusqu'au jour où il n'assure plus. Trop de soucis, trop de réclamations. Surtout trop peu de satisfactions. Le maître des soupes prendra alors une grave décision, sourd aux pressions extérieures mais en accord avec lui-même. Enfin apaisé, il pourra refaire sa divine soupe, pour ses proches, une fois par an.

Il me semble que c'est le premier album de fiction pour enfants qui aborde de manière aussi franche, même si elle est imagée, les questions du capitalisme, de la mondialisation, de la simplicité et du bonheur. Une réussite tant dans le texte qui se déroule parfaitement dans une agréable mise en pages que dans les images aussi expressives que détaillées.

Chaque année, Monsieur Lepron prépare une soupe. (c) Les fourmis rouges.


Vite, vite, vite


Poulette
Clémence Sabbagh
Magali Le Huche
Les fourmis rouges, 32 pages
pour tous, dès 4 ans 

Attention, album hilarant! On suit Gervaise, poulette overbookée dans ses mille activités quotidiennes. Que ce soit au travail ou en vacances, la poulette court tout le temps. Un texte dynamique, plein d'allusions aux gallinacées en diverses postures, et des illustrations pétulantes en rendent divinement compte. On rigole vraiment devant ce poulailler affairé.

La course effrénée de Gervaise s'arrête quand un ouragan fait s'envoler son camp de vacances de poulettes. Sur la plage, elle rencontre trois minuscules bestioles locales. Alfred, Bernard et Anémone vont lui faire découvrir le plaisir de la lenteur, la beauté de la nature, diverses façons d'oublier le temps, de savourer l'instant. Gervaise rentrera chez elle, différente, changée, ralentie, à l'écoute d'elle-même. Un album contemporain qui épingle joyeusement les adultes mais pourrait certainement se doter d'un second tome similaire, pointant les agendas des enfants d'aujourd'hui.

Même en vacances, Gervaise s'agite. (c) Les fourmis rouges.


Retourner le temps


L'univers à l'envers
Henning Wagenbreth
traduit de l'allemand par Clément Benech
Les Grandes Personnes, 40 pages
pour tous, dès 8 ans

L'approche de ce livre aux illustrations éclatantes n'est pas facile. Comme il présente un univers à l'envers, les titres sont à l'envers aussi. Il faut s'y habituer pour parvenir à les déchiffrer. Mais cela fait partie du jeu. Les textes par contre sont écrits à l'endroit et en rimes de surcroît! Au début, on rigole à l'idée de déclencher son réveil pour s'endormir, de se lever épuisé le soir, de déposer les viennoiseries à la boulangerie... Dans cette logique, les bûcherons façonnent les arbres, les archéologues enterrent des vestiges et les animaux reprennent vie après être passés à la boucherie!

Mais d'autres chapitres qui reflètent l'état actuel de notre monde font moins rire, tant on a alors envie de remonter le temps. Les illustrations puissantes d'Henning Wagenbreth sont accompagnées de textes plutôt tragi-comiques que comiques. Elles nous imposent de nous réveiller, avec ou sans réveil, et de considérer ce que nous faisons de notre planète et de ses habitants. Un album qui pique.

La "vie quotidienne" à l'envers. (c) Les Grandes Personnes.


samedi 27 février 2021

Pleine Lune de Neige ce 27 février

"Jours de lune". (c) Les Grandes Personnes.

Aujourd'hui, 27 février, c'est pleine Lune, la deuxième de l'année, pleine Lune de Neige, dit-on. Il y aura douze pleines lunes en 2021, contrairement à l'année 2020 où on en a décompté treize. L'occasion de présenter cinq albums pour enfants de différentes tranches d'âge évoquant l'unique satellite naturel de la Terre. D'autres albums sur le même sujet ici, ici et ici.

Il y a déjà trente ans que Katsumi Kogamata, immense artiste japonais né en 1953, crée des livres pour enfants. Une trentaine à ce jour. Reconnaissables de loin par leurs jeux sur les formes et les couleurs, leur apparente simplicité fruit de longues recherches, leur élégance graphique, l'usage de papiers découpés. Ils ne peuvent cacher que leur créateur est designer de formation. Dans la ligne de Bruno Munari, Leo Lionni, Tana Hoban, Iela Mari... 

Publiés et diffusés longtemps par les Trois Ourses, association aujourd'hui éteinte, les livres de Katsumi Kogamata, multiprimé aux Bologna Ragazzi Awards, paraissent aujourd'hui aux éditions des Grandes Personnes qui fêtent leurs dix ans - mais on sait que Brigitte Morel qui les dirige illumine la littérature de jeunesse avec ses publications depuis bien plus longtemps. "Reverso" en 2013, une série de quatre puzzles réversibles pour jouer  avec les formes et les couleurs.

Et deux albums en janvier, annoncés en fin d'année dernière mais qui n'ont pas pu sortir comme prévu en raison du confinement, "Pacu Pacu" (Les Grandes Personnes, 32 pages avec découpes), la réédition d'un album publié par les Trois Ourses en 2000, magnifique avec ses découpes, qui raconte les apprentissages d'un petit poisson, une perche (dès 2 ans),

et "Jours de lune" (Les Grandes Personnes, 32 pages découpées), un format tout en hauteur, un livre d'artiste pour les petits. Pile dans notre sujet du jour puisqu'on y passe de la lune au soleil, de la nuit au jour, mais pas seulement car Katsumi Komagata a voulu utiliser ici des combinaisons de couleurs que les personnes qui ont un problème de perception visuelle peuvent avoir du mal à distinguer; un exercice de reconnaissance des couleurs achève d'ailleurs l'album.

"Jours de lune" est toutefois pleinement un album de Komagata dans le sens où les expressions universelles qu'il crée sont à partager avec tous. Sans texte, l'album s'ouvre sur la phrase "Tout comme la lune croît et décroît, de petits changements s'opèrent au cours de la vie. Un processus qui se répète au fil du temps..."

Apparemment énigmatique, l'album se laisse approcher sans peine par qui ouvre l'œil et est curieux car tout y est à deviner. La découpe de la page suit les phases de la lune, décroissante, absente puis croissante. L'auteur joue en deux temps avec cette découpe à géométrie variable car elle figure dans une page le soleil ou la lune dans le ciel et devient à la double page suivante un fruit accroché à une branche, qui diminue de taille car il nourrit différents animaux jusqu'à se transformer en finale en une cosse de petits pois. Oiseaux, girafe, castor, rhinocéros, bœuf, lion, éléphant et d'autres gourmands apparaissent en silhouettes colorées. Ces agapes sont précédées de scènes paysagères stylisées qui parcourent le monde, la ville, la montagne, la forêt, le désert, le pôle. Un détour par l'espace et on se retrouve à la lumière du monde, puis celle du monde marin avant de revenir à la sécurité d'un pré et à la douceur d'un poulailler.

Découpes, rayures et images. (c) Les Grandes Personnes.


Katsumi Kogamata invite les enfants à une promenade dans ces images très colorées aux fonds rayés, ces rayures pouvant devenir des quadrillages, des ondulations ou même des gammes chromatiques de losanges qui toutes séduisent et enchantent. Voilà une célébration haute en couleurs des cycles de la Lune. A noter encore la très belle impression du livre, réalisée au Japon. Pour tous, dès 2 ans.



Les lapins de la pleine lune
Camilla Pintonato
Seuil Jeunesse
48 pages, 2019
dès 3 ans

De très belles images sur les doubles pages en papier mat pour représenter la grande aventure à laquelle nous convient ces petits lapins. Les séduisantes scènes d'activités alternent avec des paysages proches de l'abstraction. Que font les personnages? On ne le sait pas tout de suite. Ils préparent quelque chose. Une surprise. Ils apparaissent vraiment très affairés. Ils impriment, ils coupent, ils plient. Ils transportent et distribuent leur invitation à fêter la pleine lune à tous les animaux de la forêt. Ces derniers viendront tous au rendez-vous et assisteront à une fête inoubliable, lumineuse et rudement bien orchestrée. Un album tendre, intelligent, prenant et remarquablement mené, tant dans le texte que dans les illustrations.


Deux styles graphiques au service d'une délicieuse histoire. (c) Seuil.



Soleils noirs
Antoine Guilloppé
L'élan vert
12 pages, 2020
dès 2 ans

Des découpes et du noir et blanc, deux options auxquelles a souvent recours Antoine Guilloppé qui les utilise ici ensemble dans un livre tout-carton, destiné aux plus jeunes; la découpe figurant seulement en couverture. "Soleils noirs" est un livre en boucle qui se promène aussi bien dans l'espace infini piqué d'étoiles que dans les galeries aux minuscules fourmis. S'il a accompagné l'exposition "Soleils noirs" qui s'est tenue au musée du Louvre-Lens durant l'été 2020, il peut très bien s'en lire indépendamment.


"Soleils noirs". (c) L'élan vert.



Quand le soleil se lève
Quand se lève la lune
Philip Giordano
Giovanna Zoboli
Seuil Jeunesse
24 pages, 2020
dès 1 an


Un charmant imagier très joliment illustré sur l'alternance jour/nuit. Philip Giordano a été sélectionné pour l'exposition des illustrateurs de la Foire de Bologne en 2016 et en 2020. Giovanna Zoboli est une auteur italienne appréciée et aussi la fondatrice des exigeantes éditions Toppitori. Dans la première moitié de l'album, on découvre ce qui se passe quand le Soleil se lève. La Lune disparaît, la fleur éclot, la mouche bourdonne, le coq chante, etc., jusqu'au petit garçon qui sourit. La seconde moitié du cartonné imagine se qui se passe quand la Lune se lève en reprenant judicieusement les mêmes personnages. Le Soleil se couche, la fleur se ferme, la mouche s'arrête, le coq se tait, etc., jusqu'au petit garçon qui rêve qu'astronaute il explore l'espace. C'est doux, c'est tendre, c'est juste, c'est très bien.


"Quand le Soleil se lève...", on retrouvera plus loin les mêmes personnages
"quand se lève la Lune". (c) Seuil Jeunesse.


Dans la même série:
  • "Sur le sol, sous le sol" (avril 2020)
  • "Dans le ciel, sous la mer" (juin 2020)
  • "En été, en hiver" (juin 2020)



Colombine, la violoniste spatiale
Carlos Videla
Ange Potier
traduit de l'espagnol par Anne-Sophie Vignolles
L'étagère du bas
48 pages, 2020
dès 6 ans


Pleine d'ardeur, la jeune violoniste Colombine passe ses journées à s'exercer. Ce qui lui vaut quelques remontrances de ses voisins. "Trop tôt", "trop fort", "trop répétitif"... Le plus énervé est M. Bombo, l'astronome: "Colombine! Si ça continue, je vais vous envoyer sur la Lune, ton violon et toi!" Mais si c'était ça la solution, se dit la jeune musicienne. Devenir la première violoniste spatiale! C'est-à-dire partir dans l'espace et jouer sur la Lune.

D'accord, déclare M. Bombo qui plonge immédiatement dans de savants calculs. Tout en dégustant quelques citronnades (sans sucre), la boisson préférée de Colombine. Le temps passe et le projet ne se concrétise pas jusqu'à ce que le savant ait une idée étrange mais efficace: attacher la jeune fille à la comète qui passe dans le ciel. Ce mode de déplacement inattendu porte ses fruits. Colombine joue du violon sur la Lune. Par contre, M. Bombo regrette sa présence musicale quand il sirote un jus de citron dans son hamac en pensant à elle.

Agréablement illustré de gouaches mates et inventives, l'album se termine par un happy end dans la ligne de ce qui a précédé. Plus que de réalité scientifique, il traite d'amitié, d'invention et de souci de l'autre.


Réflexions. (c) L'étagère du bas.

Action. (c) L'étagère du bas.

Méditation. (c) L'étagère du bas.








jeudi 16 août 2018

DTPE 20 Lisez jeunesse, correspondez jeunesse

De tout pour l'été, DTPE.
L'été, le temps de lire, du lourd et du léger, du français et de l'étranger, des romans, des récits, des essais et des BD. L'été, le temps de relire ou de se rattraper aussi.

Les correspondances sont-elles réservées aux lecteurs adultes? Mais non, bien sûr. La preuve par ces quatre albums.

Ode à la nature


Je t'ai écrit un message
Lizi Boyd
adapté de l'américain par Françoise de Guibert
Albin Michel Jeunesse, 32 pages

"Je t'ai écrit un message. L'as-tu trouvé?" Des couleurs douces dans les tons verts, gris et bleus et un graphisme délicat tout en aplats illuminent cette histoire de message. Il passe d'une petite fille expéditrice à toute une succession d'animaux, une tortue, une cane, une araignée, un oiseau, six autres avant que le vent ne l'emporte et ne le fasse tomber, qui utilisent chacun à leur mode la feuille de papier, avant de parvenir en finale à son destinataire.

Au passage de cet album plein de grâce, tout en doubles pages, on découvre des tas de vues différentes d'un paysage bucolique près de la rivière, entre herbes, fleurs et rochers. Les yeux attentifs remarqueront que chaque animal est annoncé dans l'illustration précédent son arrivée. Bien entendu, le contenu du message baladeur arrivera en dernière page, charmant. A partir de 3 ans.

"Je t'ai écrit un message. L'as-tu trouvé?" (c) Albin Michel Jeunesse.


Hymne à la tolérance


Olive et Léandre
Alex Cousseau et Janik Coat
Les fourmis rouges, 32 pages

Un superbe très grand format en papier mat aux couleurs du bleu profond de l'océan, là où ondulent des algues de toutes les formes, là où évoluent des crevettes et des petits poissons de toutes les couleurs, là où surtout on va rencontrer l'ours du nord, Léandre, et le poulpe du sud, Olive.

Que font dans la mer ces deux créatures si différentes? Chacune avait envie de compagnie et s'était mis en route vers la destination de l'autre, mais sans rien savoir du voyage de ce dernier. Ne se connaissant pas, Léandre et Olive se sont donc croisés au milieu de leurs périples respectifs. Par hasard aussi, ils aboutissent chacun pile à l'endroit où habite l'autre. Et une lettre les y attend: "Cher(e) inconnu(e),/ Je m'appelle Léandre, je m'appelle Olive,/ et je pars aujourd'hui vers le sud, vers le nord,/ en espérant rencontrer quelqu'un./ Si tu trouves cette lettre, rejoins-moi..."

Aussitôt le message lu, chacun repart dans l'autre sens, entre sardines et crabes... Les allers-retours et les courriers vont se multiplier, au grand amusement des lecteurs qui, eux, voient très bien quand l'ours et le poulpe se croisent. Alex Cousseau a eu l'excellente idée d'organiser les actions du duo en parallèle, qu'ils bougent ou qu'ils restent sur place, rendant ainsi toute rencontre impossible. C'est à la fois loufoque mais aussi terriblement poétique et même romantique. Les voyages se font de plus en plus aventureux dans les fonds marins dont les habitants nous sont présentés de plus en plus en détail. Et l'océan paraît si grand en face de ces deux qui se cherchent. Janik Coat rythme superbement l'album, faisant alterner les séquences sur une page chacune, bordée de blanc, quand Olive et Léandre sont séparés, et sur une double page à bords perdus quand ils se croisent. Elle rend admirablement les épisodes de cette quête têtue qui trouvera une issue positive. Ses couleurs denses, imprimées en tons directs, rendent le poulpe et l'ours terriblement attachants. Son océan est de toute beauté sur le plan graphique, en surface ou dans les profondeurs.

"Olive et Léandre" est une merveilleuse histoire d'amour comme on en voit peu en jeunesse, pleine de poésie et de fantaisie tout en usant des codes du genre, amoureux que tout oppose, échanges épistolaires... Un hymne à la tolérance car ici l'amour n'a ni âge, ni couleur, ni sexe, ni espèce animale. A partir de 4 ans.

La première double page. (c) Les fourmis rouges. 

La deuxième double page. (c) Les fourmis rouges.


Farandole de bisous


Bon voyage, petit bisou!
Manuela Monari et Evelyn Daviddi
adapté de l'italien par Corinne Giardi et Alain Serres
Rue du Monde, 32 pages

L'histoire commence en page de titre quand une petite fille ouvre une enveloppe contenant un bisou. Tout de suite, elle se rend sur le balcon et l'envoie d'un souffle. De page en page, on va suivre le parcours de ce bisou. Reçu par Mamie qui le passe à Papy qui le donne à son frère qui le transmet à une cousine qui l'attribue à son fils qui l'envoie à un oiseau qui l'expédie dans les étoiles d'où il revient chez un marin qui en vise son amoureuse qui le partage avec son chien où se trouvait une puce qui se l'approprie avant de le lancer dans le vent...

Un album rafraîchissant, fort agréablement illustré, qui fait voyager dans les paysages de ses pages en suivant ce plaisant petit bisou qui reviendra en finale à sa première destinataire après avoir décliné toutes les formes d'amour et d'amitié et emprunté divers moyens de locomotion. A partir de 4 ans.

Un petit bisou prêt à voyager. (c) Rue du monde.


Eloge de l'été


Les vacances de la souris qui n'existait pas
Giovanna Zoboli et Lisa D'Andrea
traduit de l'italien par Béatrice Didiot
Albin Michel Jeunesse, 40 pages

C'est un échange de lettres initial qui permet au chat tigré et à la mystérieuse souris qui n'existait pas de décider de partir en vacances ensemble. On va alors suivre leurs préparatifs respectifs, valise et destination, divergents bien entendu. Puis leurs vacances ensemble. A la montagne d'abord, mais la montagne l'été, est-ce bien la montagne? A la mer ensuite, mais sans nuage dans le ciel car c'est un jour de beau temps.

Chaque fois, de très nombreux cousins font la fête aux nouveaux arrivants et leur font découvrir mille choses à travers des pages en rébus. Un joli album entre imaginaire et réalité, au dessin proche de la ligne claire, qui se clôture comme il a commencé, par un échange de lettres, et un amour commun pour la lune, présente en tous lieux. A partir de 5 ans.


Les arrivées chez les cousins respectifs. (c) Albin Michel Jeunesse.


Et bien sûr aussi, "Cher Bill" d'Alexandra Pichard (Gallimard Jeunesse, lire ici).

Sans oublier
DTPE 1: "Moria" de Marie Doutrepont (récit, 180° éditions)
DTPE 2: "The t'Serstevens collection" (photos, Husson éditeur/IRPA)
DTPE 3: "La maison à droite de celle de ma grand-mère" de Michaël Uras (roman, Préludes)
DTPE 4: "Le passé définitif" de Jean-Daniel Verhaeghe (roman, Serge Safran éditeur)
DTPE 5: "Ecrire en marchant" de Chantal Deltenre (récit, maelström reEvolution)
DTPE 6: "Encyclopædia Inutilis" de Hervé Le Tellier (nouvelles, Le Castor Astral)
DTPE 7: "Poisson dans l'eau" d'Albane Gellé et Séverine Bérard (jeunesse) et "Trente cette mère - maintenant" de Marcella et Pépée (poésie, Editions Les Carnets du Dessert de Lune)
DTPE 8: "Christian Bérard clochard magnifique" de Jean Pierre Pastori (biographie, Séguier)
DTPE 9: "N'essuie jamais de larmes sans gants" de Jonas Gardell (roman, Gaïa)
DTPE 10: "Terres promises" de Milena Agus (roman, Liana Levi)
DTPE 11: "Peut-être pas immortelle" de Frédéric Boyer et "Deuil" de Dominique Fourcade (poésie et récit, P.O.L.)
DTPE 12: "Maria" d'Angélique Villeneuve (roman, Grasset)
DTPE 13: "Les étrangers" d'Eric Pessan et Olivier de Solminihac (roman, l'école des loisirs)
DTPE 14: "Le chagrin d'aimer" de Geneviève Brisac (roman, Grasset)
DTPE 15: "Je vous embrasse" de Pascale Pujol (roman, Lunatique)
DTPE 16: Partir en vacances avec le Muz
DTPE 17: "La poule Germaine" pour les sept ans de mon blog (texte, Lucien Noullez)
DTPE 18: "Ta vie ou la mienne" de Guillaume Para (premier roman, Anne Carrière)