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dimanche 13 avril 2025

Majorité féminine aux "Famous in Belgium" 2024

Derniers préparatifs avant la remise des prix.

Les comités belges de la Scam et de la SACD
ont proclamé leurs prix 2024 lors de la traditionnelle soirée festive "Famous in Belgium". Un palmarès ultra féminin (9 sur 10 prix) en ce qui concerne la Scam, très féminin pour la SACD (7 sur 9 prix), joyeusement présenté par le duo Isabelle Wéry - Emmanuel Texeraud. Un vendredi soir festif, avec une cérémonie longuette à force de remerciements et une fête bruyante dans un lieu trop petit pour les nombreux invités qui se pressaient à l'événement "Famous in Belgium" organisé cette fois à la Tricoterie (Saint-Gilles). La remise des prix fut toutefois l'occasion d'évoquer la pétition concernant la représentativité des deux organisations auprès des autorités belges (lire en fin de note).

Le Palmarès 2024


Prix Scam


Prix Parcours littéraire
- Lydia Flem, cette "bouche bavarde, oreille curieuse" comme elle se définit, pour l'ensemble de son œuvre. Elle dédie son prix à Maurice Olender (1946-2022), son éditeur et l'amour de sa vie.

Prix de l'œuvre littéraire - Victoire de Changy pour "Immensità" (Cambourakis), roman dont la sélection au Prix des lycéens belge, appellation curieuse comme elle le fait remarquer, lui a donné l'occasion de rencontrer et d'échanger avec plein de jeunes de 17-18 ans. "J'écris des histoires depuis que j'ai sept ans, j'en publie depuis dix ans, je trace pour mon petit chemin."
 
Prix Parcours Texte et image - Alix Garin pour "Impénétrable" (Le Lombard). Une bande dessinée explorant les troubles de la sexualité, récompensée par le prix du public à Angoulême.
NDLR: Il a été dit plusieurs fois que le prix texte et image irait en alternance à la bande dessinée et à la littérature jeunesse. Le dernier en date est Jean-Luc Englebert (2022). Dommage que les deux disciplines ne soient pas honorées chaque année car elles regorgent de talents.
Prix du documentaire audiovisuel - Nina Alexandraki et Eleftherios Panagiotou pour "Je suis dehors", l'histoire de Jamal, sans papiers obligé de se débrouiller seul.

Prix du documentaire sonore
- Chedia Le Roij pour "Après le Bruit", les rives de la Vesdre, un an après les inondations dévastatrices.

Âmes sœurs de la Scam
  • Sarah Pialeprat, directrice du Brussels Art Film Festival.
  • Laurence Rassel et l'équipe pédagogique de l'erg (Ecole de recherche graphique).
  • Anne-Lise Remacle, journaliste et modératrice de rencontres littéraires.


Prix commun SACD x Scam


Marion Sellenet
, animatrice, illustratrice et réalisatrice du documentaire "Marion ou la métamorphose", son parcours avec cette maladie évolutive qu'est la FSH.
 
 

Prix SACD


Prix spectacle vivant
- Sara Selma Dolorès, pour "Rire (pour en finir avec soi-même)", un spectacle de cabaret. Celle pour qui les paillettes étaient le dress code de la soirée mais son boulot à elle en a perdu son nez rouge de clown.
 
Prix spectacle vivant - Sophie Sénécaut, pour "L'arbre qui cachait la forêt", réflexion sur l'hospitalité inconditionnelle.
 
Prix chorégraphie - Fanny Brouyaux, pour "To be schieve or a romantic attempt", soit Paganini en version punk.
 
Prix audiovisuel - Rosine Mbakam, pour "Mambar Pierrette", fiction sur la vie quotidienne au Cameroun d'une mère de famille couturière. "Je dédie ce prix à ceux qui sont encore enfermés en centre fermé aujourd'hui", a déclaré celle qui a quitté le Cameroun à dix-sept ans.
 
Prix audiovisuel - Xavier Seron, pour "Chiennes de vies", chroniques canines réfléchissant les humains.
 
Prix radio - Daphné Huynh, chroniqueuse radio (La Première, RTBF).
 
Jumelles d'or
  • Louis Héliot, responsable depuis 1992 de la programmation cinéma au Centre Wallonie-Bruxelles de Paris.
  • Marie Baudet, journaliste (La Libre et La Pointe).
 
Isabelle Rey (Scam), Frédéric Young (délégué général), Céline Beigbeder (SACD)
et les deux animateurs de la soirée.

Une fête en or et paillettes malgré le couperet gouvernemental qui menace les deux associations.
Voici leur communiqué.
"Dans le cadre du Décret "gouvernance culturelle", le Gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles renouvelle actuellement les reconnaissances et désignations des fédérations professionnelles qui siègeront dans les chambres de concertation pour les cinq prochaines années.
Cette décision politique est très importante pour garantir une concertation juste et équilibrée dans l'élaboration et l'application de toutes les politiques culturelles en Fédération Wallonie-Bruxelles. Il est crucial en effet que les auteurs et autrices puissent être représenté·es dans les chambres de concertation et au Conseil Supérieur de la Culture.

Pour être reconnues comme telles, les fédérations doivent, selon ce décret, répondre à 9 critères; le premier est d'être une personne morale sans but lucratif et le 8ème d'être une organisation représentative du secteur ("faire partie des trois fédérations professionnelles les plus représentatives d'un secteur, ou être la fédération la plus représentative d'une discipline particulière ou d'une catégorie professionnelle").

La SACD estime répondre pleinement à chacun de ces 9 critères.
De fait, ses statuts mentionnent en son article 1er son caractère "sans but lucratif", et elle compte plus de 2.000 créateurs et créatrices dans le secteur du cinéma et de l'audiovisuel et plus de 2.000 créateurs et créatrices dans le secteur des arts vivants.
La Scam estime répondre pleinement à chacun de ces 9 critères.
Ses statuts mentionnent en effet en son article 1er son caractère de société de gestion sans but lucratif (en application de la loi française), et elle rassemble plus de 2.000 membres actives et actifs dans le secteur du cinéma et de l'audiovisuel, ainsi que plus de 2.000 membres actives et actifs dans le secteur de la littérature, du livre jeunesse et de la BD.

Pourtant, un avis négatif a été rendu contre nos deux organisations pour des motifs qui n'ont toujours pas été communiqués relatifs à ce caractère sans but lucratif et d'autres interprétations tout aussi floues du décret, rendant incertaines leurs reconnaissances en tant que fédérations par la Ministre Degryse et son gouvernement.

La SACD pourrait donc ne pas être reconnue comme fédération de l'audiovisuel ni des arts vivants.
La Scam pourrait, elle non plus, ne pas être reconnue en tant que fédération du secteur Lettres et livres – peut-être pourrait-elle l'être pour le cinéma et la création télévisuelle documentaire… mais ce n'est pas acquis.
Cependant, leurs partenaires dans les différentes chambres, comme l'UPFF, l'ARPI, Pro Spere, la FEAS, l'ADEB, les Éditeurs singuliers, le SLFB, le PILEn, les fédérations de bibliothécaires, tous demandent que la SACD et la Scam, selon le secteur, voient leur reconnaissance renouvelée.

Dès lors, réuni·es ce 11 avril pour l'Assemblée Générale de la SACD et la fête de remise des prix de la SACD et de la Scam, nous auteurs et autrices (présent·es ou par voie électronique), nous alarmons des informations qui indiquent que les reconnaissances en tant que fédérations de la SACD et de la Scam ne seraient pas renouvelées, ce qui leur fermeraient la porte de différentes chambres de concertation.
Nous demandons au Gouvernement que le décret soit appliqué sans discrimination et selon des motivations justes et transparentes.
La SACD et la Scam sont pour nous les deux fédérations professionnelles qui,
répondant à l'évidence aux critères du décret comme par le passé, peuvent le plus efficacement assurer une représentation active et experte de nos professions et la défense de nos droits culturels, droits d'auteur et intérêts professionnels légitimes dans le cadre de la concertation en Fédération Wallonie-Bruxelles.
Faute de cela nous serions privé·es sans justification de toute représentation dans des chambres de concertation et au Conseil Supérieur de la Culture, ce que nous estimons inefficace, injustifié et scandaleux."
Pétition à signer si vous adhérez ici.
Ou via le QR code.

 

mardi 11 avril 2023

La fête de la librairie ce samedi 15 avril



On le sait, la date officielle de la fête de la librairie et du droit d'auteur, la Sant Jordi, est le 23 avril. Elle aura lieu un peu plus tôt cette année, le samedi 15 avril, en raison des dates des congés scolaires en France.

Plus de cinq cents librairies indépendantes francophones de France, de Belgique (depuis 2011), du Luxembourg et de Suisse participent à l'événement porté pour la 25e fois par Marie-Rose Guarniéri (association française Verbes et libraire parisienne des Abbesses). Une aubaine pour les Belges que cette date, le 15 avril tombant entre les congés des écoles flamandes et des écoles francophones.

Partout en Belgique francophone sera célébrée la fête de la librairie indépendante par les libraires indépendants. Les clients du jour se verront offrir une fleur et un livre, "Plumes", de grand format, magnifique, au titre en relief, énigmatique sous sa couverture rose. Rose comme la fleur qui était offerte au début de l'opération "Un livre, une rose".

Une fête intranquille cette année en Belgique


Si le prix unique du livre existe enfin en Belgique depuis 2021 (lire ici), de nouveaux nuages plombent le ciel des libraires belges. Ces derniers ont en effet appris le mois dernier, par la presse, que le gouvernement fédéral envisageait de faire passer la TVA sur le livre de 6 à 9 % ! Pour s'aligner sur le taux de TVA des Pays-Bas, alors que plus de 70 % des ventes sont des livres édités en France dont la TVA est à 5,5 %, créant déjà une perte pour les libraires qui appliquent le prix imprimé en quatrième de couverture.

Dire qu'il fut un temps pas si lointain où le livre était considéré comme un bien essentiel dans notre royaume. C'était pendant l'épidémie de Covid. On se rappellera que durant le confinement, les librairies belges avaient rouvert en même temps que les magasins de bricolage, car ils étaient "les bricos de la culture et du cerveau" selon le gouvernement de l'époque… Ce changement de taux de TVA serait désastreux pour les librairies indépendantes qui peinent déjà à garder la tête hors de l'eau. Si plusieurs officines se sont ouvertes récemment, d'autres ont fermé.

Fédérant une dizaine de groupes en lien avec le livre, l'association des éditeurs belges (ADEB) a lancé une pétition dénonçant cette hausse de la TVA et compte l'envoyer au Parlement fédéral et au ministre Van Peteghem. L'ADEB y explique que le livre est un produit culturel à protéger et qu'il est nécessaire de défendre nos librairies, lieu d'expression démocratique. Elle rappelle que le livre est un bien de première importance pour l'éducation des jeunes et l'émancipation de chacun. Qu'il peut donc prétendre, sans rougir, à une TVA réduite comme les médicaments, les fruits et les légumes. Voire un taux de 0% comme l'autorise la directive européenne sur la TVA.

La pétition qui frise actuellement les 4.000 signatures se trouve ici.

Il faut sauver la librairie belge francophone indépendante.


Déjà la 25e édition


"Plumes"
(56 pages non reliées), le livre offert en cette année de 25e édition de la fête de la librairie indépendante, est tiré à 25.000 exemplaires seulement. L'équipe a invité 25 écrivains à prendre la plume pour dépeindre un oiseau dans l'espace d'une double page avec, en miroir de leur texte, une planche en couleurs de l'artiste contemporain Michaël Cailloux représentant le volatile dans son habitat. On appréciera la discrète harmonie entre les couleurs du dessin et les lettres présentant l'auteur et le titre des textes. Le résultat est aussi spectaculaire que réussi! L'ouvrage est complété d'une petite anthologie poétique thématique composée par Mireille Macé, "Des oiseaux et des poètes", sans le texte célébrissime de Jacques Prévert, "Pour faire le portrait d'un oiseau".

Il est très amusant de découvrir quel portrait d'oiseau ont fait les 25 plumes choisies pour "Plumes". De tous les âges, elles apparaissent selon l'ordre alphabétique - l'incipit de la dernière parution en librairie de chacune termine l'ouvrage.

  • Stéphane Audeguy
  • Joël Baqué
  • Bertrand Belin
  • Éric Chevillard
  • Patrick Deville
  • Diaty Diallo
  • Yannick Haenel
  • Claudie Huntziger
  • Régis Jauffret
  • Simon Johannin
  • Alexandre Labruffe
  • Marie-Hélène Lafon
  • David Lopez
  • Marielle Macé
  • Clémentine Mélois
  • Laurence Nobécourt
  • Lucie Rico
  • Jean Rolin
  • Jacques Roubaud
  • Tiphaine Samoyaud
  • Pierre Senges
  • Anne Serre
  • Fanny Taillandier
  • Laura Vazquez
  • Emmanuel Venet

Je vous donne aussi les noms des 25 oiseaux portraitisés, par ordre alphabétique également. A vous de tenter les correspondances plumes-plumes. Certaines vont de soi.
Réponses le 15 avril en allant visiter une librairie indépendante.

  • Amazone poudrée
  • Canard
  • Canari
  • Chouette
  • Coq
  • "Plumes". (c) Association Verbes.
    Corbeau
  • Cormoran
  • Corneille
  • Engoulevent
  • Fou de Bassan
  • Hoatzin huppé
  • Inséparables
  • Merle
  • Mésange charbonnière
  • Oie
  • Oiseau de paradis
  • Oiseau imaginaire
  • Perroquet (2)
  • Pic épeiche
  • Pigeon
  • Poule d'eau
  • Rouge-gorge
  • Tarier des prés
  • Tourterelle

"Plumes". (c) Association Verbes.
Que de belles surprises dans cette volière littéraire qu'est "Plumes"! Ces portraits d'oiseaux, des plus petits aux plus grands, sont aussi des autoportraits en creux d'écrivains, des vagabondages linguistiques, poétiques ou factuels, des réflexions sur le fauchage des prairies ou la disparition des espèces, des confessions, des réhabilitations, des expériences, quand ils ne ravivent pas des souvenirs de vacances ou de confinement - en France, il fut franchement plus sévère qu'en Belgique.





Les librairies belges associées à l'événement
classées selon le code postal

Pas mal de changements par rapport à l'an dernier (lire ici): six librairies n'apparaissent plus dans la liste, ce qui ne veut pas dire qu'elles n'existent plus - à part La Parenthèse à Liège -, et neuf y font leur apparition. Joie! Au total, on frise la cinquantaine de librairies participantes.
  • Tropismes Galerie des Princes, 11 1000 Bruxelles
  • Les Météores Rue Blaes, 207 1000 Bruxelles
  • Tulitu Rue de Flandre, 55 1000 Bruxelles
  • Candide Place Brugmann, 1-2 1050 Bruxelles 
  • Les yeux gourmands Avenue Jean Volders, 64A 1060 Bruxelles 
  • Poëtini librairie Rue de Roumanie, 28 1060 Bruxelles
  • Librairie Herbes folles Rue St Guidon, 30 1070 Anderlecht
  • Librairie Jaune Rue Léopold 1er, 499 1090 Bruxelles
  • U.O.P.C.  Av. Gustave Demey, 14-16 1160 Bruxelles 
  • La Licorne Chaussée d'Alsemberg, 715 1180 Bruxelles 
  • A Livre Ouvert-Le Rat conteur Rue St Lambert, 116 1200 Bruxelles 
  • Librairie Claudine Courte rue des Fontaines, 74 1300 Wavre
  • La Mazerine Square Marie Pouli, 1A 1310 La Hulpe
  • Twist Rue des Fusillés, 2 1340 Ottignies
  • La DUC Ciaco Grand-Rue 2-14 1348 Louvain-la-Neuve
  • Au P'tit Prince Rue de Soignies, 12 1400 Nivelles 
  • Graffiti Chaussée de Bruxelles, 129 1410 Waterloo
  • Le Baobab Rue des Alliés, 3 1420 Braine-l'Alleud
  • Livre aux Trésors Place Xavier Neujean, 27A 4000 Liège
  • Pax Place Cockerill, 4 4000 Liège
  • L'Escale librairie Rue du Laveu, 30 4000 Liège
  • Siloë Rue des Prémontrés, 40 4000 Liège 
  • Le Long Courrier Avenue Laboulle, 55 4130 Tilff
  • L'Ours à lunettes Grand Place, 9 4500 Huy
  • Marque Tapage Rue de José, 68 4651 Battice
  • Les Augustins Pont du Chêne, 1 4800 Verviers
  • La Traversée Rue de l'Harmonie, 9 4800 Verviers
  • Cunibert-Daumen Chemin-rue, 49 4960 Malmedy
  • Papyrus Rue Bas de la Place, 16 5000 Namur
  • Point-Virgule Rue Lelièvre, 1 5000 Namur
  • Antigone Place de l'Orneau, 17 5030 Gembloux
  • Graines de vie Rue de Charleroi, 17 5140 Sombreffe
  • DLivre Rue Grande, 67A 5500 Dinant
  • Libre à toi Avenue de Forest, 30 5580 Rochefort
  • La Petite librairie Rue du Naimeux, 39 4802 Heusy
  • Molière Bld Tirou, 68 6000 Charleroi
  • Croisy Rue du Sablon, 131 6600 Bastogne
  • La Dédicace Place Nestor Outer, 11 6760 Virton
  • Le Temps de lire Rue du Serpont, 13 6800 Libramont
  • Oxygène Rue St Roch, 26 6840 Neufchâteau
  • Livre'S Avenue de France, 9 6900 Marche 
  • Florilège Rue du Grand Jour, 16 7000 Mons
  • Leto Rue d'Havré, 35 7000 Mons
  • Ecrivain Public Rue de Brouckère, 45 7100 La Louvière
  • Librairie de la Reine Grand Place, 9 7130 Binche
  • Quartier Latin Rue Grande, 13 7330  Saint-Ghislain
  • Chantelivre Quai Notre-Dame, 10 7500 Tournai
  • La Procure Rue des Maux, 22 7500 Tournai






mercredi 14 novembre 2018

Quand l'auteur-illustrateur Claude Ponti s'oppose au McDo au salon de Montreuil

(c) Blaise Anonyme.


Hier, je relayais la pétition lancée contre la présence de McDonald's au Salon du livre et de la presse jeunesse en Seine-Saint-Denis, la réponse du SLPJ et je donnais mon avis sur cette polémique (lire ici).

En un jour, 948 signatures ont été récoltées! Que se passe-t-il?

Voici un soutien de poids aux auteurs de la pétition, en la personne de l'auteur-illustrateur Claude Ponti qui a écrit une lettre à ce salon qu'on appelle encore et toujours Salon du livre de Montreuil. Et clairement, il dit non au Malbouffeur.

Cher Salon du Livre de Montreuil,
Nous autres auteur-es étions présent-es à ta manifestation, pour certain-es d’entre nous depuis ta fondation (sous une tente au début, tu te souviens ? Parfois dans le froid, et les planchers qui tremblent).
Nous étions là. Parce que tu défendais l’idée que tous les enfants avaient droit à la littérature, quel que soit leur milieu ou leur niveau de social. Ton Crédo était:
Respect des enfants. Entrée dans une littérature jeunesse, enrichissante, valorisante, non ségrégationniste, non sexiste. Non soumise aux groupes de pressions, ni aux puissances de l’argent. Tu t’es battu pour les enfants de Seine-Saint-Denis et pour tous ceux d’ailleurs. Tu as participé à la bataille pour la présence de livres jeunesse dans les classes (pas dans les écoles, dans les classes.) Rude bataille. Gagnée.
Tu dis, cher salon, que la facilité n’est pas toujours le chemin le plus efficace. Tu as raison. La facilité, aujourd’hui c’est MacDo. Le 28 novembre ce symbole de malbouffe, employeur attaqué pour son manque d’efforts pour défendre ses employées contre le harcèlement sexuel, tiendra un espace de lecture. Ne jouons pas au jeu d’y ajouter Hachette, son partenaire qui lui édite des livres offerts avec les menus Happy Meal. L’essentiel est MacDo. La facilité consiste à accepter MacDo chez toi. En échange de quoi ? L’année dernière tu répondais « de l’argent ».
Quoi que tu en dises, nous pensons sérieusement qu’en faisant cela, tu développes et soutiens le rayonnement de la marque. Tu dis qu’il te paraît important « que les enfants qui fréquentent familièrement le livre au MacDo de leur quartier se voient invités chez toi à cheminer vers d’autres univers, d’autres livres. » Tu abuses mon cher. Les enfants qui mangent dans un MacDo ne viennent pas nécessairement te visiter. Ils MacDonnent tout simplement. Quelle inversion des choses. Ou tu crois sincèrement que la caution MacDo valorise les livres ? Ce que tu fais, au contraire, c’est inciter des enfants en visite chez toi à aller dans un MacDo.
D’autant que tu fais tranquillement l’amalgame entre livre et lecture. Tu sais pourtant que ce n’est pas la même chose. Tu l’expérimentes régulièrement dans tes ateliers. Ce n’est pas parce qu’on donne un livre qu’on donne la lecture.
Nous autres, auteur-es sommes consterné-es. La culture des enfants ne passe pas par le Malbouffeur. Elle passe par toi et… par nous. Car tu oublies que tu existes parce qu’il y a des auteur-es, des éditeurs et éditrices, des libraires, des médiathèques, des « acteurs du livre », qui œuvrent pour les enfants et leurs familles. Par notre présence, ou la présence de nos livres, nous ne pouvons pas cautionner ton comportement. Et nous ne le voulons pas.
Claude Ponti
Pour nous apporter votre soutien, signez la pétition ici.

mardi 13 novembre 2018

Une pétition contre McDo au salon de Montreuil

McDo à Montreuil en 2017. (c) Actualitté.

L'an dernier, les usagers du Salon du livre et de la presse jeunesse en Seine-Saint-Denis (SLPJ), toujours appelé Salon de Montreuil, s'étaient étonnés, offusqués même, de l'apparition, en annexe du stand Hachette d'un espace McDonald's, le roi du hamburger la justifiant par la présence de livres jeunesse dans ses "Happy meals".

Mon avis sur cette question tout en bas de la note.

(c) Actualitté.

Cette année, les opposants, graphistes, libraires, gens des métiers de l'édition et de l'image, lecteurs, lectrices et militants, sont passés à la vitesse supérieure. A quinze jours de l'ouverture du Salon, le 28 novembre, ils mettent en ligne, via l'ONG ~Le mouvement, une pétition clairement intitulée "McDonald's hors du Salon du livre et de la presse jeunesse" dont les signataires demandent "au Salon du livre et de la presse jeunesse d'annuler la participation de McDonald's" (lien ici).

Ils dénoncent le fait que, sous couvert de promouvoir la lecture des enfants, McDonald's utilise surtout la présence des 175.000 visiteurs, dont 30.000 scolaires, pour faire sa pub et les attirer dans ses temples de malbouffe. Du commerce et rien que du commerce donc, sous un très très très mince vernis culturel. On ne peut que louer cette clairvoyance.

Pour se faire une opinion, voici le texte complet de la pétition, mise en ligne dans la soirée du lundi 12 novembre (la liste des signataires est visible ce mardi 13).

Le Salon du livre et de la presse jeunesse ouvrira ses portes à Montreuil le 28 novembre et la multinationale emblématique de la malbouffe, de l'évasion fiscale et de l'exploitation de ses salarié·e·s, McDonald's, prévoit d'y tenir un stand! Ne les laissons pas faire! Ne nous y trompons pas: ce n'est pas un acteur culturel, mais une chaîne internationale de consommation alimentaire des plus standardisées. Son but est de vendre des hamburgers, sa présence au Salon n'a qu'un objectif publicitaire.
C'est pourquoi nous, signataires de cette pétition, considérons que McDonald's n'a pas sa place au Salon du livre et de la presse jeunesse et demandons l'annulation de sa participation.
Sous prétexte de présenter son action de promotion de la lecture chez les jeunes (principalement le choix d'un livre à la place d'un jouet pour l'achat d'un menu Happy Meal), McDonald's va tenir, comme pour la première fois en 2017, un “espace de lecture” au Salon du livre et de la presse jeunesse (SLPJ). À partir du 28 novembre, ce Salon recevra à Montreuil plus de 175.000 visites, des milliers d'enfants, dont 30.000 inscrits en groupes, notamment des élèves qui viendront avec leurs professeur·e·s. C"est "le plus grand événement européen ouvert au public consacré à l'édition jeunesse": 450 exposant·e·s, des centaines de rencontres avec des auteur·e·s, des illustrateurs et illustratrices, des performances, ateliers, débats, expositions… qui se présente comme "un temps et un lieu de convergence unique des cultures de l'enfance, d'actions et de réflexions autour de la littérature de jeunesse". Que vient faire McDonald's dans ce contexte?
Il est évident que, loin des préoccupations culturelles, le salon offre à McDonald's un public de choix: des dizaines de milliers d'enfants à attirer dans leurs restaurants et une stratégie de communication en or pour tenter de faire oublier les scandales successifs de malbouffe, d'évasion fiscale, d'exploitation de ses salarié·e·s,… McDonald's est la seule entreprise extérieure au monde de l'édition ou de la culture à tenir un stand au SLPJ: tout un symbole, mais aussi, peut‐être, la porte ouverte à d'autres multinationales cherchant à se racheter une conduite ou à toucher un jeune public dans un espace qui jusque-là en était très heureusement protégé.
Nous sommes des fidèles du Salon, fièr·e·s de cet espace magnifique en faveur de l'édition et de la presse jeunesse, conscient·e·s de tout le travail mené par son équipe et ses partenaires en faveur d'une programmation de qualité. Mais nous estimons que McDonald's n'a rien à faire au SLPJ! Ne laissons pas la multinationale emblématique de la malbouffe, de l'évasion fiscale et de l'exploitation de ses salarié·e·s utiliser le salon pour redorer son image et attirer nos enfants dans ses établissements.



Bien informé, le SLPJ n'a pas tardé à répondre via un long communiqué diffusé dès hier, lundi 12 novembre, au matin. Le voici in extenso, afin que chacun puisse se faire son opinion, juger des arguments des uns et des autres et réfléchir à l’éventuel mariage d'une carpe et d'un lapin.

                                                 Montreuil, le 12 novembre 2018
Il semble qu'une pétition circule concernant la présence des espaces de lecture McDonald's / Hachette jeunesse au Salon du livre et de la presse jeunesse. Nous n'en connaissons pas vraiment la teneur, mais il nous a semblé utile d'être transparents sur la réalité de cette présence.
Pour que les choses soient claires, le mieux est de partir des faits. Il n'y a pas de stand McDo au Salon, mais, pour la deuxième année, un espace lecture McDonald's / Hachette jeunesse, associé au stand Hachette, maison d'édition, qui depuis plusieurs années déjà publie la collection d'albums offerts aux enfants qui fréquentent les restaurants. Cet espace occupe 1/1000ème de la surface du Salon. Donc vraiment rien à voir avec la charge symbolique mais fantasmée d'un accueil complaisant et contre-nature de la multinationale de la malbouffe.
La discussion avec les services de McDonald's a été franche, nette et précise. Sur les choix et les rapports que le Salon entretient avec la création et l'idée que nous nous faisons de l'excellence en littérature jeunesse. Nous étions en position pour le faire. Nous avons aussi indiqué qu'il y a des lignes jaunes à ne pas franchir. Rien d'autre que leurs ateliers lecture et la collection réalisée avec Hachette jeunesse, sans vente ni don de livres de leur part.
Pour autant, nous ne sommes ni angéliques, ni naïfs. Nous savons bien que  McDonald's cherche à donner de la visibilité à son opération "un livre ou un jouet" avec son menu Happy-Meal. Nous avons beaucoup réfléchi et discuté à ce sujet. Comme chacun le sait, nous sommes engagés, depuis de nombreuses années, dans un énorme et méticuleux travail dans les quartiers et villes populaires de la Seine-Saint-Denis, pour permettre aux enfants et familles éloignés du livre et de la lecture de découvrir la littérature jeunesse, avec ce qu'elle offre de meilleur, pour leur faciliter et leur offrir l'accès au livre. A moins d'être aveugles, comment ne pas constater que ces publics sont aussi assez massivement ceux des restaurants McDonald's. Et ces derniers leur distribuent 10 millions d'ouvrages par an.
Certes il serait plus facile de ne pas le voir, de ne pas se sentir concernés, d'ignorer ou de regarder de haut ce rapport-là au livre. Tout le monde serait satisfait et tranquille si les espaces de lecture McDonald's /Hachette n'étaient pas au Salon? En tout cas pour nous, ce serait apparemment plus confortable cette année! Mais ce n'est pas le choix que nous avons fait. La facilité n'est pas toujours le chemin le plus efficace. Nous avons accepté cette présence, sans rien retrancher des exigences du salon en termes de contenus et d'offre éditoriale de qualité, au contraire. 
Au vu du nombre d'albums distribués, de la notoriété des auteurs qui les ont écrits, quel que soit l'avis de chacun sur McDonald's, personne ne peut sérieusement penser que le SLPJ va développer le rayonnement de la marque. En revanche, que de très nombreux enfants qui fréquentent familièrement le livre au Mc Do de leur quartier, se voient, en venant au Salon, invités à cheminer aussi vers d'autres univers littéraires, d'autres livres, d'autres médiations nous paraît important.
Proposer cette ouverture, cet enrichissement, c'est ce que nous faisons tous ensemble grâce à la diversité des créations et démarches éditoriales, grâce à l'implication des auteurs dans les rencontres et sur le Salon, grâce au programme d'une grande richesse qui est proposé. Faisons confiance aux enfants pour qu'ils construisent leurs propres chemins littéraires, faits de multiplicités. Invitons plus particulièrement à cette découverte ceux qui n'ont pas facilement la possibilité de  fréquenter la littérature. C'est ce combat qui nous mobilise. 
A tous ceux qui s'alarment, nous disons, que le plus simple serait de nous en parler et surtout de prendre le temps d'échanger. Nous y sommes toujours prêts. 
Le Salon ouvrira cette année ses portes autour du thème Nos Futurs. La grande exposition du Salon et de nombreux événements, aborderont de grands enjeux de société avec la rigueur et l'exigence artistique que l'équipe du Salon défend depuis toujours: problématique des migrations et de l'accueil des réfugiés (avec des auteurs, illustrateurs, La CIMADE, le collectif Encrages), égalité femmes-hommes, questions de genres, avenir de la planète… Un programme de qualité dont nous ne doutons pas qu'il retienne l'attention de toutes et tous. 


Mon avis

Plusieurs personnes m'ont demandé mon opinion à propos de cette polémique. Je la donne donc, et elle n'engage que moi.

Pour moi, l'entreprise McDonald's n'a pas sa place au Salon du livre et de la presse jeunesse en Seine-Saint-Denis (SLPJ) qui va se tenir à Montreuil du 28 novembre au 1er décembre. Ni seule, ni sur le stand des éditions Hachette.

D'abord, parce que les stands du salon doivent être réservés aux métiers du livre, éditeurs, auteurs, libraires, bibliothécaires et associations œuvrant dans le milieu de la littérature. Que McDo glisse des livres dans ses "Happy meals" n'en fait pas un élément de la chaîne du livre.

Ensuite, parce que McDonald's est avant tout une multinationale, spécialiste de la malbouffe de surcroît, et que logiquement, elle fait du marketing, éventuellement culturel en passant par les livres. Elle cherche simplement des clients pour sa chaîne de restaurants. Que son enseigne, même discrète, soit présente sur un stand, dans un salon réputé comme celui de Montreuil, est un aval muet donné aux passants.

Encore, parce que si le SLPJ dit "oui" à McDo, et même "oui mais" à lire son communiqué, à qui pourra-t-il dire "oui" ou "oui mais" lors d’une autre édition? A un marchand d’armes qui entend promouvoir la lecture des plus jeunes, par le geste simple et finalement bon marché du don de livres alors qu'on sait combien la lecture est triangulaire au début (enfant, livre, médiateur) et qu'elle nécessite une présence humaine?

Enfin, parce que dans ce genre de polémique, je ne supporte pas le "mais" qui accompagne un "oui". Dans un autre domaine, on entend "Je ne suis pas raciste mais ces étrangers sont dangereux" ou "Je n'aime pas l'extrême-droite mais elle fait de bonnes choses". Pour moi, la position doit être "oui" ou "non". Donc "non" dans le cas présent. Et pas l'hypocrisie q'un "oui mais".

On me dit que McDo amène des livres aux enfants qui n'en ont jamais. OK, mais si l'initiative est culturelle et sociale, faut-il utiliser le sigle McDo? Le mécénat anonyme en est la plus belle forme.

On me dit que les livres Hachette/McDo ne sont pas terribles mais que c'est mieux que rien pour des enfants qui n'en ont jamais eus. Est-ce vraiment la bonne voie pour les mettre sur le chemin de la lecture quand on sait que ce sont les "bons", notion sans définition fixe mais dont on voit le profil général, qui font les lecteurs. Pour info, les douze nouveautés 2018 sont écrites par Marc Levy, illustrées Carine Hinder par et portent sur l'histoire, "Les peintures de Michel-Ange", "Les jeux d'Olympie", "Le mystère des dinosaures à plume", "La perruque du Roi Soleil", "Les pouvoirs fabuleux de la roue", etc., etc. Tout est dit.

Idéaliste et bisounours, je suis. Idéaliste et bisounours, je resterai. Ce qui ne m'empêche pas de déplorer que la lecture des enfants ne soit pas une cause nationale et qu'elle dépende trop souvent de la bonne volonté d'associations, de militants et de bénévoles.



jeudi 8 décembre 2016

Lectures quotidiennes pour Aslı Erdoğan

Aslı Erdoğan.

On le sait, l'écrivaine turque de 49 ans Aslı Erdoğan a été arrêtée à son domicile d'Istanbul durant la nuit du 16 au 17 août 2016, tout comme vingt autres membres de la rédaction du journal d'opposition "Özgün Güden" auquel elle collabore depuis plus de dix ans. Il y a déjà presque quatre mois de cela. Depuis, elle est toujours incarcérée à la prison pour femmes d'Istanbul et risque la prison à vie pour trois chefs d'accusation: "propagande en faveur d'une organisation terroriste", "appartenance à une organisation terroriste ", "incitation au désordre". Son procès devrait débuter le 29 décembre.

Que faire? La lire, la soutenir, lui écrire, parler d'elle...

Récemment, Aslı Erdoğan a diffusé une courte lettre pour remercier ceux qui, en Turquie, la soutiennent et manifestent devant la prison où elle est détenue.

"Cher(e)s ami(e)s,
 
Sous la pluie, vous êtes venu(e)s devant les portes de la prison, je suis très touchée. Je pense que je n'aurais pas pu le faire.Chaque jour qui passe à l'intérieur, est plus court, plus noir, mais je vais vous saluer avec une phrase que je viens d'apprendre: "On ne peut pas grimper sur les branches hautes de la réalité, avec désespoir."
Salutations, amitiés à toutes et à tous. Merci !"
Aslı Erdoğan
Prison de Bakırköy
28.11.2016


Née le 8 mars 1967 à Istanbul,  Aslı Erdoğan y vit toujours. Elle partage sa vie entre la défense des droits de l'homme, le journalisme et l'écriture de romans et de nouvelles. Physicienne de formation, elle a travaillé en 1991-1993 au Centre européen de recherches nucléaires (CERN) de Genève, puis deux ans à Rio de Janeiro. Mais elle est rentrée en Turquie en 1996 pour se consacrer au journalisme et à l'écriture. Ses livres sont traduits en Europe comme aux États-Unis, et, fait rare, en arabe.


Son premier roman, "Kabuk Adam" ("L'Homme écorce"), écrit en deux mois en 1993 à Istanbul, a été publié en Turquie en 1994, alors que l'écrivaine était encore au Brésil. Il n'a pas été traduit en français.








En France, c'est Actes Sud qui la publie.


"La Ville dont la cape est rouge"
("Kırmızı Pelerinli Kent", 1998)
traduit du turc par Esin Soysal-Dauvergne
Actes Sud, 2003

Il s'agit du deuxième roman d'Aslı Erdoğan mais c'est le premier à avoir été traduit en français.
Il est inspiré des deux années qu'elle a passées à Rio de Janeiro.

"Le Mandarin miraculeux"
("Mucizevi Mandarin", 1997)
traduit du turc par Jean Descat
Actes Sud, 2006

Le recueil de nouvelles se déroulant à Genève a été écrit quand Aslı Erdoğan s'y trouvait. Mais il a été publié cinq ans plus tard, en 1997, à son retour du Brésil.



"Les oiseaux de bois"
("Tahta Kuşla", 2009)
traduit du turc par Jean Descat
Actes Sud, 2009

Un nouveau recueil de nouvelles, aux limites du réalisme en écho avec l'état de la Turquie contemporaine.
Pour lire le début de ce recueil, c'est ici.



"Le bâtiment de pierre"
("Taş Bina ve Diğerleri", 2009)
traduit du turc par Jean Descat
Actes Sud, 2013

Un récit sur le monde carcéral, la torture et les conditions de détention en Turquie,
publié en 2009.
Pour lire le début de ce récit, c'est ici.




Que faire contre cette arrestation et cet enfermement?
Plusieurs pétitions circulent sur la plate-forme Change.org.
Le monde de l'édition et de la littérature se mobilise aussi pour elle. Partout en France, en Suisse et dans le monde se multiplient les actions de solidarité, soirées de lecture principalement (lire ici).

Ainsi la Maison de la Poésie à Paris met en place une soirée de solidarité le 12 décembre à 20 heures, en présence, notamment, de Mine Aydoslu, la mère d'Aslı Erdoğan, Françoise Nyssen, présidente d'Actes Sud, Timour Muhidine, son éditeur, Yiğit Bener, écrivain, traducteur et interprète turc, Pierre Astier, son agent littéraire, Emmanuelle Collas, directrice des Editions Galaade et Selin Altiparmak, comédienne (entrée libre dans la limite des places disponibles).

En Suisse, la Maison éclose, parrainée par Amnesty International, propose un calendrier de l'Avent pas comme les autres. Du 1er au 24 décembre,  son action "Lire pour qu'elle soit libre!" invite toutes librairies solidaires à lire simultanément chaque jour à 18 heures durant quinze minutes un extrait du "Bâtiment de pierre", en solidarité avec l'écrivaine turque Aslı Erdoğan et toutes les victimes de l'injustice du régime (voir ici).

Un agenda en ligne permet aux personnes intéressées de s'inscrire afin d'assurer une présence quotidienne dans les librairies. Il est possible de prendre le train en marche: voir sur le site de la Maison éclose.

Un nouveau livre en janvier

Que faire? Tout cela et le reste, sans oublier que sort le 4 janvier "Le Silence même n'est plus à toi" (traduit du turc par Julien Lapeyre de Cabanes, Actes Sud), un recueil de vingt-neuf textes d'Aslı Erdoğan parus au cours des dix dernières années dans le journal "Özgür Gündem" auquel elle collabore, quotidien soutenant les revendications kurdes et dont la 8e cour criminelle d'Istanbul a ordonné le 16 août, la fermeture et l'arrestation des collaborateurs.

Ces chroniques politiques, réflexions sur l'écriture et l'exil, essais sur les actions gouvernementales, les pesanteurs archaïques et les clichés à l'œuvre dans la vie quotidienne en Turquie, éclaireront le profil d'essayiste engagée d'Aslı Erdoğan et permettront de comprendre pourquoi l'auteur, victime de la chasse aux sorcières déclenchée en juillet 2016, est actuellement en prison.
Son écriture toujours soignée et traversée de fulgurances poétiques trouve ici un autre terrain d'expression que le roman, non moins convaincant.









mercredi 29 avril 2015

Expo écossaise de Floc'h chez Candide

Du bleu, du vert et du rouge.
C'est-à-dire?
C'est-à-dire un ciel, un paysage et un kilt.

Ce sont les premières doubles pages d'"Edimbourg" de Floc'h, ouverture du très beau livre que l'artiste français consacre à la ville écossaise (Louis Vuitton, "Travel book", 160 pages). Un format à l'italienne aux coins arrondis flambant de couleurs posées en aplats. Floc'h quoi.

Ce nouveau titre dans la remarquable collection de livres de voyage du bagagiste sera en vente début mai mais sera disponible dès ce mercredi soir (29 avril) à la librairie Candide (1 place Brugmann à 1050 Bruxelles). Il ne sera pas tout seul. Floc'h sera également présent pour le dédicacer, de 18 à 21 heures. Enfin, une série de reproductions issues de son travail pour ce livre seront exposées et en vente jusqu'au 18 mai.

Cours d'histoire. (c) Louis Vuitton.
Invitation au voyage, "Edimbourg" débute par un bref  cours d'histoire. Un peu à l'ancienne puisqu'un homme fort élégant transmet son savoir à sa fille tout aussi bien habillée. On remarquera au fil des chapitres que leurs tenues s'accorderont à leurs sujets de conversation.


Le tweed. (c) Louis Vuitton.
Les sujets justement.
En toute bonne logique écossaise, le premier à s'avancer est le "kilt". Il sera suivi du "golf", né à Edimbourg, du "tweed". Ensuite, on ira baguenauder dans la vieille ville puis dans la ville nouvelle. Non sans avoir entraperçu quelques sujets de "glorification" locale, peintres, philosophes, écrivains, Walter Scott et Arthur Conan Doyle évidemment sans oublier Robert Louis Stevenson. A noter que chaque sujet est introduit par une page graphique symbolique.

C'est une jolie balade que l'on effectue en compagnie des deux causeurs. Leurs conversations nous mènent en de multiples lieux de la ville qu'illuminent les splendides illustrations de Floc'h.

Edimbourg dans les couleurs de Floc'h. (c) Louis Vuitton.

Lecture faite, il me reste une question: comment donc appelle-t-on les habitants d'Edimbourg?

* *
*

Et puisqu'il est beaucoup question de tabelle en Belgique ces derniers jours, prenons encore un exemple: le livre "Edimbourg" est vendu 45 euros en France et 49,80 euros en Belgique.
Incroyable? Oui!
Et donc une bonne raison de signer la pétition créée par le Syndicat des libraires francophones de Belgique pour réclamer "le même livre au même prix en France et en Belgique". A signer ici.