Nombre total de pages vues

Affichage des articles dont le libellé est Maison Autrique. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Maison Autrique. Afficher tous les articles

vendredi 6 décembre 2024

Des mots et des rires pour un anniversaire



On avait fêté dans la joie les vingt ans des soirées "Portées-Portraits" de la Compagnie Albertine il y a cinq ans (lire ici). Cinq ans déjà! Le "speed-dating littéraire" avait dépassé tous les espoirs (lire ici). Lundi prochain, soit le 9 décembre, dès 19 heures, c'est la Compagnie Albertine fondée par Geneviève Damas qui fêtera ses 25 ans. Des noces d'argent, annonce-t-elle. Qui sont les époux? Elle bien sûr avec tout ce qu'elle a imaginé, créé, organisé durant ce quart de siècle, et le public qui l'a suivie, a reçu, s'est repu. De mots, de musiques, de rencontres...
 
Que se passera-t-il dans le superbe décor de la Maison Autrique? Serpentins et cotillons sont annoncés, pour une soirée pleine d'émotions. La littérature y sera abordée de façon originale. bien entendu partagée avec le public. Au programme, des surprises, dont on peut dévoiler l'organisation d'un grand jeu concours littéraire. Il aura comme maître de cérémonie et juge impitoyable Sébastien Ministru - une soirée "Portées-Portraits" lui fut consacrée (lire ici). Le journaliste, chroniqueur et auteur ne sera pas seul. Dans son équipe d'artistes plus incroyables les uns que les autres, on trouve les noms du comédien Itsik Elbaz et du percussionniste Laurent Delchambre. Ils inviteront le public à devenir les acteurs et les actrices d'une soirée festive et cultivée: quiz littéraire, tableau vivant, rires en pagaille et surprises en tous genres. Plus que tentant.


Infos pratiques et réservations 
  • Quand? Le lundi 9 décembre, dès 19 heures.
  • Où? Maison Autrique, chaussée de Haecht, 266 à 1030 Bruxelles.
  • Combien? 9 euros prix plein (6 euros étudiant, 1,25 euros article 27)
  • Réservations? Envoyez un mail à reservations.compagniealbertine@gmail.com. Précisez dans votre mail votre nom et prénom ainsi que le nombre de places que vous souhaitez réserver. Versez l.es entrée.s sur le compte BE94 2100 9673 4314 en indiquant votre nom et le nombre de places.
Une soirée similaire aura lieu le 16 décembre à 20 heures au Théâtre Wolubilis.


lundi 2 octobre 2023

Rentrée slam à la Maison Autrique ce lundi

Marie Darah. (c) Kris Kuzel.

Avec le mois d'octobre revient l'épatant cycle Portées-Portraits de la compagnie Albertine, pilotée par Geneviève Damas. Pour inaugurer la saison 2023-2024, une soirée qui va marquer ce lundi 2 octobre à la Maison Autrique. En effet, c'est Marie Darah qui a reçu carte blanche. Elle présentera "Sous le noir du tarmac" (MAelstrÖm rEEvolution). Cela va slammer, cela va danser, cela va réciter, cela va chanter, cela va danser, cela va musiquer, cela va…


Les soirées Portées-Portraits sont, rappelons-le, des lectures accompagnées de musiques.

 

 

Née à Charleroi en 1989, Marie Darah s'est établie à Bruxelles pour y suivre des études au Conservatoire en Arts de la parole. Son diplôme obtenu, elle développe ses autres passions, écriture, chant, slam, musique et danse, entre autres. Tout cela en questionnant les notions d'équité et d'ouverture d'esprit. Elle qui a inventé son chemin a remporté en 2021 le Championnat d'Europe de Slam. Marie Darah sera accompagnée par la musique de Cloé du Trèfle. La mise en voix est assurée par Isabelle Wéry.

La soirée commencera à 19 heures par une rencontre avec Marie Darah. À l'issue de la lecture d'une heure qui débutera à 20h15, un verre sera offert, l'occasion pour le public de se rencontrer de manière conviviale en présence des artistes de la soirée.

Mon cœur est pavé
Mon cœur est trottoir
Mon cœur est intersection
Rond-point en perpétuel mouvement
Mon cœur est piétiné sous les talons bien-pensants
Le mot liberté est une expression
Mon cœur est un clavier AZERTY sur l'absurdité d'un bitume


Pratique
Où? Maison Autrique, chaussée de Haecht, 266 à 1030 Bruxelles.
Quand? Le lundi 2 octobre.
A quelle heure? La lecture-spectacle commence à 20h15. Elle est précédée d'une rencontre avec l'auteure à 19 heures.
Durée? 1 heure.
Combien? 9 euros (possibilité de visiter toute la maison et un verre offert), 6 euros pour les étudiants et les artistes, gratuit pour le "jeune" de moins de 26 ans qui accompagne un adulte. Abonnement pour les 7 spectacles à la Maison Autrique et Au Centre culturel de Schaerbeek : 55 euros.
Renseignements ici.

Réservation indispensable par mail à reservations.compagniealbertine@gmail.com





vendredi 2 juin 2023

En Chine avec Wéry, avec ou sans téléphone


"Wéry"
, comme elle s'autointerpelle dans son dernier livre, l'ébouriffant et séduisant "Selfie de Chine" (Midis de la poésie éditions, 86 pages, 2022) assurément l'écrivaine belge la plus décoiffante de l'époque. Décoiffée aussi, mais ça, c'est autre chose. Bref, Isabelle Wéry est l'invitée de la dernière lecture-spectacle de l'année de la compagnie Albertine, ce lundi 5 juin en soirée au lieu habituel, la magnifique Maison Autrique à Schaerbeek. Le cycle Portées-Portraits présentera une mise en voix et en musique de son récit inspiré par les voyages qu'elle y a faits en 2017 et 2019. Six mois sur place en tout, ouverts au hasard et à l'improvisation, où chaque événement a servi de tremplin à son imagination ou a permis une expérimentation littéraire. Un livre écrit en Belgique pendant la covid et le confinement, en pyjama, tenue tout à fait autorisée le soir à Shanghai.

Que trouve-t-on dans ce "Selfie de Chine"? Un portrait formidablement enchevêtré de l'auteure et du pays. Côté pile, "Wéry" qui est partie là retrouver une amie d'enfance, écrire ce "Selfie de Chine" et "Rouge Western", son quatrième roman (sortie le 31 août aux éditions du Diable Vauvert), rencontrer des écrivains du crû, animer des ateliers littéraires avec des étudiants locaux. Côté face, "Wéry" selon les cinq sens, expériences visuelles, culinaires, musicales, sensuelles..., rencontres au night-club, au salon de massage ou au marché, apprentissage du mandarin, cette langue qui s'écrit en images.

Le selfie qui a le champ large nous présente les lieux parcourus par l'attentive voyageuse, décors d'une expérience poussée à fond. Tout du long des pages, on est en Chine, avec ses habitants, ses écrivains, ses odeurs, ses lumières, ses matins, ses soirs, ses nuits. Le tout dans une écriture dynamique, qui sonne bien à l'oreille, pleine de surprises littéraires. Ici des allitérations et des interpellations, là une lettre ou un poème, ici des nouveaux mots, là, la fameuse écriture inclusive. Isabelle Wéry secoue la langue française et cela lui fait fameusement du bien. On en redemande tant on s'y amuse. Une pagination modeste, moins de quatre-vingts pages, mais un récit tellement dense et riche qu'il en paraît au moins le double. Lecteur gagnant!

La soirée "Portées-Portraits" débutera par une rencontre avec Isabelle Wéry à 19 heures, l'occasion d'un partage avec le public sur son travail.
La lecture-spectacle musicale débutera à 20h15. Le texte sera mis en voix par Lénaïc Brulé, lu par Stéphanie Mangez et accompagné musicalement par Julien Lemonnier.
Un verre est offert par la Compagnie Albertine à la fin de la lecture, donnant l'occasion de trinquer ensemble et de se faire dédicacer un livre par l'écrivain.

Pratique
Où? Maison Autrique, chaussée de Haecht, 266 à 1030 Bruxelles.
Quand? Le lundi 5 juin.
A quelle heure? La lecture-spectacle commence à 20h15. Elle est précédée d'une rencontre avec l'auteure à 19 heures.
Durée? 1 heure.
Combien? 8 euros (possibilité de visiter toute la maison et un verre offert), 5 euros pour les étudiants, gratuit pour le "jeune" de moins de 26 ans qui accompagne un adulte.
Renseignements ici.
Réservation indispensable par mail à reservations.compagniealbertine@gmail.com



Albertine à la Poissonnerie

Le temps d'une soirée, le jeudi 8 juin, la Compagnie Albertine propose un moment solidaire et littéraire autour d'un repas à la Poissonnerie, lieu associatif alternatif schaerbeekois qui ouvre ses portes tous les jeudis soir pour une table d'hôtes. Au programme, un repas et la lecture de deux nouvelles inédites, accompagnée par l'accordéon de Didier Laloy.

Pratique
Quand? Le jeudi 8 juin.
Où? La Poissonnerie, Rue du Progrès 214, 1030 Schaerbeek.
A quelle heure? Dès 20 heures.
Combien? Repas à prix libre (3 euros conseillés) et bar.
Pas de réservation.
Lecture gratuite.



lundi 24 avril 2023

"Portées-portraits" ce lundi avec Antoine Wauters

Antoine Wauters (c) Loraine Wauters.


Il a une gueule d'ange, mais un regard doux et un sourire craquant qui le ramènent à l'état humain. Antoine Wauters est sans doute le romancier belge le plus original, le plus intranquille, le plus exaltant de la nouvelle génération littéraire. Le plus vivifiant pour le lecteur qui recueille dans ses phrases puissance, émerveillement et satisfaction. On s'en rendra compte encore une fois lors de la lecture-spectacle musicale qui lui sera consacrée, ce lundi soir à la Maison Autrique. Le cycle Portées-Portraits de la compagnie Albertine proposera la mise en voix et en musique d'extraits de son magnifique roman, "Mahmoud ou la montée des eaux" (Verdier, août 2021, 144 pages; Folio, février 2023, 176 pages). Un récit poétique qui a figuré dans nombre de sélections des prix littéraires 2021, a empoché plusieurs prix en France, dont le Marguerite Duras et le Wepler (lire ici) et, plus récemment, le prix du Livre Inter (lire ici).

Vous n'avez rien de prévu ce soir? Foncez!

"Il s'efforçait de rire.
Et eux aussi riaient, ne se doutant pas un seul instant du gouffre que cache parfois le rire d'un père."

"Mahmoud ou la montée des eaux", inspiré par le réalisateur Omar Amiralay et le poète Faraj Bayrakdar, est un hommage aux Syriens, pour qu'à jamais vivent leur culture et leur lumière.
Nous sommes en Syrie. Un vieil homme rame à bord d'une barque, seul au milieu d'une immense étendue d'eau. En dessous de lui, sa maison d'enfance, engloutie par le lac artificiel el-Assad en 1973.
Fermant les yeux sur la guerre qui gronde, muni d'un masque et d'un tuba, il plonge. C'est sa vie entière qu'il revoit, ses enfants au temps où ils n'étaient pas encore partis se battre, Sarah, sa femme folle amoureuse de poésie, la prison, son premier amour, sa soif de liberté.


Né à Liège en 1981, Antoine Wauters se partage entre plusieurs registres, la poésie, le roman, le scénario de cinéma, l'édition avec notamment la collection "If" de l'Arbre à paroles. Agréable nouvelle, il aura un nouveau livre à la prochaine rentrée littéraire, "Le plus court chemin" (Verdier).

Après quelques livres de poésie, son premier roman, "Nos mères" (Verdier), prix Prem1ère de la RTBF 2014 quelques semaines seulement après sa publication (lire ici), le fait découvrir avant de devenir le lauréat du prix Révélation de la SGDL. En 2015, Antoine Wauters cosigne le film "Préjudice", long métrage d'Antoine Cuypers. Trois ans plus tard, il marque la rentrée littéraire en publiant deux livres d'un coup, "Pense aux pierres sous tes pas" et "Moi, Marthe et les autres", toujours chez Verdier. Son quatrième roman, "Mahmoud ou la montée des eaux", paraît en 2021 et renforce son statut d'écrivain attendu et louangé. Il est sorti en février en format de poche. 

Pour mieux connaître Antoine Wauters, voici le texte sur ses débuts en littérature qu'il a écrit le mois dernier à la demande de Passa Porta à l'occasion du Passa Porta Festival: "Nos débuts".


La soirée "Portées-Portraits" débutera par une rencontre avec Antoine Wauters à 19 heures, l'occasion d'un partage avec le public sur son travail.
La lecture-spectacle musicale débutera à 20h15. Le texte sera mis en voix par Daphnée D'heur, lu par Itsik Elbaz et accompagné à la batterie par Antoine Pierre.
Un verre est offert par la Compagnie Albertine à la fin de la lecture, donnant l'occasion de trinquer ensemble et de se faire dédicacer un livre parl'écrivain.

Pratique
Où? Maison Autrique, chaussée de Haecht, 266 à 1030 Bruxelles.
Quand? Le lundi 24 avril.
A quelle heure? La lecture-spectacle commence à 20h15. Elle est précédée d'une rencontre avec l'auteur à 19 heures.
Durée? 1 heure.
Combien? 8 euros (possibilité de visiter toute la maison et un verre offert), 5 euros pour les étudiants, gratuit pour le "jeune" de moins de 26 ans qui accompagne un adulte.
Renseignements ici.
Réservation indispensable par mail à reservations.compagniealbertine@gmail.com












lundi 27 mars 2023

Une soirée "Portées-Portraits" en deux langues


Attention! La prochaine soirée "Portées-Portraits" a lieu déjà ce lundi soir à la Maison Autrique à Schaerbeek. Une lecture-spectacle d'un nouveau genre puisqu'elle sera bilingue (surtitrée). C'est en effet le dernier roman en date de l'écrivain belge Stefan Hertmans, "Une ascension" (traduit du néerlandais (Belgique) par Isabelle Rosselin, Gallimard, collection "Du monde entier", 480 pages, janvier 2022). La version originale, "De opgang", était parue chez De Bezige Bij en 2020.

Dans ce livre, illustré de documents d'époque, Stefan Hertmans raconte comment il a acheté sur un coup de cœur, en 1979, dans sa ville natale de Gand, une maison visiblement à l'abandon, derrière une grille ornée de glycines. Une demeure qui l'appelle et où il va vivre près de vingt ans. S'il avait dès le début des informations sur les précédents propriétaires, il n'en avait pas tenu compte, son cerveau les rangeant à l'écart. C'est au moment de vendre la demeure et de la quitter que la vérité le rattrape. Un de ses anciens professeurs d'université publie un livre où il révèle qu'enfant, il a vécu dans cette maison, et que son père était un mauvais Flamand, un collaborateur nazi. Stefan Hertmans est alors obligé de réaliser que ce toit fut précédemment celui d'un SS flamand, profondément impliqué dans la collaboration avec le Troisième Reich.

Cette fois, il ne peut plus y couper. Il doit savoir, comprendre. Qui était cet homme incarnant le mal? Qui étaient son épouse pacifiste et leurs enfants? Plutôt que de tracer le énième portrait d'un SS, il décide de raconter l'histoire de cette maison et de ses habitants, foyer habité par l'abomination, l'adultère et le mensonge. L'écrivain né à Gand en 1951 va enquêter pendant des années, rassembler documents et témoignages. Mais le livre est là, bien épais, qui nous entraîne dans une enquête passionnante entrelaçant rigueur des faits et imagination propre à l'écrivain. "Une ascension" est aussi une saisissante plongée dans l'âme humaine.

Pour lire en ligne le début de "Une ascension" (une cinquantaine de pages), c'est ici.

La soirée "Portées-Portraits" débutera par une rencontre avec l'auteur à 19 heures, l'occasion d'un partage avec le public sur le roman et le travail d'écrivain multiple (romans, nouvelles, poésie, théâtre, essais) qu'est Stefan Hertmans. Il est bilingue, pas d'inquiétude à ce sujet.
La lecture-spectacle bilingue débutera à 20h15 et sera surtitrée. L'occasion d'entendre la musicalité de l'écriture de l'auteur. Le texte est mis en voix par Geneviève Damas, lu par Youri Dirkx et accompagné au violon par la compositrice Catherine Graindorge.
Un verre est offert par la Compagnie Albertine à la fin de la lecture, histoire de trinquer ensemble et de se faire dédicacer le livre par son auteur.

Pratique
Où? Maison Autrique, chaussée de Haecht, 266 à 1030 Bruxelles.
Quand? Le lundi 27 mars.
A quelle heure? La lecture-spectacle commence à 20h15. Elle est précédée d'une rencontre avec l'auteur à 19 heures.
Durée? 1 heure.
Combien? 8 euros (possibilité de visiter toute la maison et un verre offert)
Renseignements ici.
Réservation indispensable par mail à reservations.compagniealbertine@gmail.com


La même soirée aura lieu le jeudi 30 mars à la Ferme de Martinrou (Chaussée de Charleroi, 615, 6220 Fleurus). La lecture à 20h30 sera suivie d'une rencontre avec l'auteur.


vendredi 2 décembre 2022

Amour, deuil et portrait d'un frère absent


Veronika Mabardi. (c) Novella Di Giorgi.

Disons-le tout de suite. Les soirées "Portées-Portraits" de la Compagnie Albertine de Geneviève Damas reprennent leur horaire historique à la Maison Autrique, soit une rencontre avec l'auteur(e) à 19 heures, la lecture-spectacle musicale à 20h15 et le verre de l'amitié en finale. La prochaine soirée aura lieu ce lundi 5 décembre. Comme elle sera la dernière de l'année 2022, mais pas la dernière du cycle 22-23 (lire ici), ce dernier verre aura un goût de fêtes de fin d'année.

Le livre choisi est "Sauvage est celui qui se sauve" de Veronika Mabardi (Esperluète éditions, collection "En toutes lettres", 200 pages, janvier 2022). Un magnifique récit à propos du frère adoptif de Corée de l'auteure, Shin Do, et de sa difficile existence. Vingt-cinq ans après le décès dans un accident de voiture à l'âge de 31 ans de son frère venu de Corée quand il avait trois ans, Veronika Mabardi retrace le parcours de cet artiste qui préférait dessiner à parler. Des dessins de Shin Do Mabardi ponctuent son texte. Qui était cet enfant? Comment a-t-il été accueilli dans cette famille métisse, mélange de Belgique, d'Egypte, de Brabant wallon et de Flandres, qui fait des enfants et en adopte d'autres? Pourquoi était-il insaisissable? Qu'est-ce qui s'est bien passé? Qu'est-ce qui a foiré? Pourquoi ce frère dansait-il sur les limites? Veronika Mabardi suit les traces, petites et grandes, que son frères a laissées, comme une piste. Elle reconstitue son passé, sa famille, leur famille, sa courte vie et le deuil qu'elle éprouve.
"C'est loin, vu d'ici, la Corée.
Il ne portait sur lui qu'un petit pantalon de toile.
Des chaussons de caoutchouc vert et blanc.
Un bracelet de plastique scellé où quelqu'un avait écrit son nom et l'adresse d’une famille dont il ne savait rien.
Il n'avait dans ses poches ni miettes ni cailloux,
Rien qui lui permette de retrouver son chemin.
Il disait: je porte un masque de Chinois sur un visage d'enfant blanc,
Vous ne voyez que le masque.
Il a pris son visage entre ses mains,
L'a déposé sur le papier, la toile et la terre
Et il est reparti."

Lors de cette lecture-spectacle musicale, le texte sera mis en voix par Anne-Pascale Clairembourg, lu par Valérie Lemaître et accompagné aux claviers par Martin Daniel.


Le même programme, lecture et rencontre avec l'auteure, est également proposé le mercredi 7 décembre à 19 heures à la Bibliothèque de La Louvière (infos ici) et le lundi 12 décembre à 20 heures au Théâtre Wolubilis (infos ici).


Pratique
Où? Maison Autrique, chaussée de Haecht, 266 à 1030 Bruxelles.
Quand? Le lundi 5 décembre.
A quelle heure? La lecture-spectacle commence à 20h15. Elle est précédée d'une rencontre avec l'auteure à 19 heures.
Durée? 1 heure.
Combien? 8 euros (possibilité de visiter toute la maison) à verser sur le compte BE94 2100 9673 4314 en indiquant nom et nombre de places.
Renseignements ici,  réservation indispensable. Par mail à reservations.compagniealbertine@gmail.com






dimanche 13 novembre 2022

Définir le bonheur avec Catherine Cusset

(c) Francesca Mantovani/Gallimard.

Le 14 novembre, c'est-à-dire demain, l'autrice française Catherine Cusset fera le déplacement de Paris à Bruxelles pour assister à la soirée Portées-Portraits dédiée à son roman, le quinzième en trente-deux ans, "La définition du bonheur" (Gallimard, 352 pages). Il s'agit de la deuxième lecture-spectacle musicale du cycle 2022-2023 de la compagnie Albertine qui se déroulera dans le cadre magnifique de la maison Autrique. 

Ce nouveau roman est bien dans la ligne des précédents. Il traite d'amour, de plaisir, de désir, de parcours de vie, des thèmes qui sont chers à Catherine Cusset et qu'elle explore inlassablement en les renouvelant chaque fois.

Dans "La définition du bonheur", elle met en scène deux personnages féminins unies par un lien mystérieux que l'on suit au cours d'une quarantaine d’années. Des années quatre-vingt à nos jours. Il y a Clarisse, ogre de vie, grande amoureuse et passionnée de l'Asie, qui  porte en elle depuis l'origine une faille qui annonce le désastre. Il y a Ève qui balance entre raison et déraison, tout en développant avec son mari une relation profonde et stable. L'une habite Paris, l'autre New York - la romancière a vécu trente ans à New York avec son mari et leur fille. À travers leurs voyages, leurs histoires d'amours, leurs doutes, leurs évolutions, le roman interroge le rapport des femmes à leur corps et aux effets du désir sur celui-ci, aux effets de la maternité et de la  vieillesse aussi. Catherine Cusset nous plonge dans l'intimité de ces deux  femmes qui, finalement, recherchent le bonheur, leur bonheur de manière différente, comme toutes les femmes. Au deux tiers du livre, la trame narrative change, multiplie les points de vue et permet au lecteur une extrême proximité avec les personnages.
"Pour Clarisse, le bonheur n'existait pas dans la durée et la continuité (cela, c'était le mien), mais dans le fragment, sous forme de pépite qui brillait d'un éclat singulier, même si cet éclat précédait la chute."
Contrairement à l'habitude des soirées Portées-Portraits où la lecture est précédée d'une rencontre avec l'auteur(e), ce lundi 14 novembre, Catherine Cusset rencontrera le public après la lecture musicale. L'occasion d'évoquer son œuvre, quasiment intégralement publiée chez Gallimard, puis en poche chez Folio: "Un brillant avenir", prix Goncourt des lycéens 2008, "L'autre qu'on adorait", "Vie de David Hockney", prix Anaïs Nin 2018, etc.  Romancière précoce, elle n'avait que vingt-cinq ans quand Philippe Sollers publie son premier roman, "La blouse roumaine", dans sa collection "L'infini". Depuis, les titres se sont suivis à bon rythme, principalement des romans.
 
­Lors de cette lecture-spectacle musicale, le texte sera mis en voix par Nina Blanc, lu par Sarah Grin et accompagné à la contrebasse par Anaïs Moffart. A l'issue de la rencontre, un verre sera offert par la Compagnie Albertine.

Le même programme est également proposé le mardi 15 novembre à 20 heures au Théâtre Wolubilis (infos ici). 

Programme des prochaines soirées Portées-Portraits: ici.


Pratique
Où? Maison Autrique, chaussée de Haecht, 266 à 1030 Bruxelles.
Quand? Le lundi 14 novembre.
A quelle heure? La lecture-spectacle commence à 20h15. Elle est suivie d'une rencontre avec l'auteure à 21h15 heures.
Durée? 1 heure.
Combien? 8 euros (possibilité de visiter toute la maison)
Renseignements ici,  réservation indispensable. Par mail à reservations.compagniealbertine@gmail.com



vendredi 25 mars 2022

Féminisme et sexe SM en taxi avec Hyam Yared

Hyam Yared. (c) Astrid di Crollalanza-Flammarion.

L'écrivaine libanaise Hyam Yared était début février à Bruxelles, invitée par la librairie Tropismes à propos de son dernier roman en date, "Implosions" (Editions des Equateurs, 2021, 272 pages). Revoilà la  signataire du Manifeste du Parlement des écrivaines francophones (lire ici) dans la capitale belge, à la maison Autrique cette fois, à l'occasion de la soirée Portées-Portraits qui est consacrée à son roman précédent, "Nos longues années en tant que filles" (Flammarion, 2020). 

Un roman qui commence justement à Bruxelles, rue Antoine Dansaert, et dont les premières lignes surprendront sûrement le lecteur. Piquante, Hyam Yared nous montre son héroïne entrer dans un taxi. Auteure de romans érotiques sous le pseudo de Victoria Akabal a rendez-vous avec Evan, prénom que son maître en sado-masochisme rencontré sur Tinder lui interdit de prononcer. Y penser dans sa tête, elle se l'y autorise, surtout quand elle est déjà apprêtée comme il le lui a ordonné.

Si le texte commence tambour battant, il n'en est pas de même du taxi dans lequel a prix place la Libanaise en instance de divorce, mère de deux enfants, qui parcourt le monde pour obéir aux rendez-vous que lui fixe son maître Evan. Ou son soumis, car il exige du SM switch. Pilotée par une femme transgenre, la voiture n'avance pas, coincée dans un embouteillage monstrueux comme en a connu le Paris post-attentat. Cette course contre la montre vers Melun est l'occasion de magnifiques échanges entre ces deux femmes qui ne se connaissaient pas.

Ecrivaine engagée, poétesse et romancière, Hyam Yared donne la parole à l'une et puis à l'autre, entremêle leur présent et leur passé, questionne les notions de genre, de sexe, de plaisir, de consentement, de féminisme, d'éducation, de déterminisme. L'histoire du Liban est aussi abordée dans ce magnifique roman en très courts chapitres posant toutes les questions qui concernent les femmes, leur désirs, leur soumission, voulue ou héritée. Les mots de l'écrivaine ne se voilent pas de fausse pudeur quand ils traitent de séances de sado-masochisme ou qu'ils retracent les enfances des deux voyageuses. On les suit intensément jusqu'à l'arrivée de ce taxi dont on sort, certaines certitudes ébranlées.

Pour lire en ligne le début de "Nos longues années en tant que filles", c'est ici.

Hyam Yared sera présente à la Maison Autrique dès 19 heures pour une rencontre avec le public. A 20h 15 débutera la lecture-spectacle de "Nos longues années en tant que filles". Le texte sera lu
par Sandrine Bonjean accompagnée par la DJ Laura Di Sciascio, dans une mise en voix de Geneviève Damas.

Pratique
Où? Maison Autrique, chaussée de Haecht, 266 à 1030 Bruxelles.
Quand? Le lundi 28 mars.
A quelle heure? La lecture-spectacle commence à 20h15. Elle est précédée d'une rencontre avec l'auteure à 19 heures.
Durée? 1 heure.
Combien? 8 euros (possibilité de visiter toute la maison)
Renseignements ici,  réservation indispensable. Par mail à reservations.compagniealbertine@gmail.com

Terminons avec un mot sur le superbe "Implosions" au titre piquant où Hyam Yared traite à sa manière l'explosion qui a eu lieu dans le port de Beyrouth le 4 août 2020 à 18h07. Le livre s'ouvre sur la narratrice qui explique où elle était au moment de la déflagration. Chez une thérapeute où elle consulte avec son mari pour leurs problèmes de couple. Immédiatement reviennent à l'esprit les images du port et de ses alentours revues et revues. Mais surtout à lire ce récit, tragique et drôle, on réalise combien les Libanais sont marqués dans leur chair et dans leur esprit par les guerres qui s'y sont succédées depuis plusieurs générations.


Deux autres visions littéraires de l'explosion à Beyrouth ici.


Bibliographie
  • "Reflets de lune", poésie (Editions Dar An-Nahar, 2001-
  • "Blessures de l'eau", poésie (Éditions Dar An-Nahar, 2004)
  • "L'Armoire des ombres", roman (Sabine Wespieser Éditeur, 2006)
  • "Naître si mourir", poésie (L'Idée Bleue, 2008)
  • "Sous la tonnelle", roman (Sabine Wespieser Éditeur, 2009)
  • "Beyrouth, comme si l'oubli", témoignage (avec Nayla Hachem, Éditions Zellige, 2012)
  • "La Malédiction, Sainte-Marguerite sur Mer", roman (Editions des Équateurs, 2012)
  • "Esthétique de la prédation", poésie (Mémoire d'Encrier, 2013)
  • "Tout est halluciné", roman (Fayard, 2016)
  • "Nos longues années en tant que filles", roman (Flammarion, 2020)
  • "Implosions", roman (Editions des Équateurs, 2021)


samedi 19 février 2022

Plonger dans le radicalisme avec Kenan Görgün

Kenan Görgün.

Attention, c'est ce lundi 21 février, soit dans deux jours, que l'écrivain belge Kenan Görgün sera l'invité des formidables soirées Portées-Portraits de Geneviève Damas et sa Compagnie Albertine. Des lectures-spectacles, où des comédiens donnent vie à des extraits de livres "coups de cœur", accompagnés par des musiciens.

Kenan Görgün est ce gamin né le 18 avril 1977 à Gand dans une famille d'origine turque, qui se fâche très vite avec l'école qu'il suit en français à Bruxelles et l'envoie dinguer. S'il n'a pas de diplôme d'études secondaires, il affiche crânement un "double doctorat en buissonnariat à Ecole Supérieure de la Rue". Pas mal!

Kenan Görgün est aussi ce jeune adulte qui n'a jamais lu aucun livre mais décide de devenir écrivain. Il y réussit magnifiquement, se faisant tout de suite remarquer par la critique et par le public. Il commence par des nouvelles dont les recueils sont repérés et salués notamment par la très sérieuse Académie Royale de Langue et de Littérature Françaises de Belgique (ARLLFB). Son premier recueil "L'Enfer est à nous" (Quadrature, 2005) est lauréat du prix Franz De Wever 2006. Dix ans plus tard, il reçoit la même récompense pour un autre recueil, "Détecteur de mes songes" (Quadrature, 2015, lire ici). Entretemps, il ne chôme pas. Un premier roman, "L'ogre, c'est mon enfant" (Editions Luce Wilquin, 2006), d'autres romans chez des éditeurs belges ou français, du théâtre, de la poésie, des chansons, des scénarios de cinéma. Il est aussi réalisateur de films. Avec toujours cette observation fine et documentée des phénomènes sociaux permettant de mieux comprendre ce qui est souvent caricaturé. Cette aptitude à monter que personne n'est tout blanc ou tout noir. Sans oublier l'originalité de son écriture qui l'identifie et le fait reconnaître.

La soirée de lundi sera consacrée au dernier roman en date de Kenan Görgün, l'explosif et percutant "Le second disciple" (Les Arènes, collection "EquinoX", 2019). L'histoire d'hommes qui en arrivent à vouloir semer la mort. L'action se passe à Bruxelles. Xavier Brulein, belge d'origine, enfance dans un quartier défavorisé, tôt livré à lui-même, est victime de racisme, celui de ses origines sociales et de la pauvreté. Peu après son retour du Moyen-Orient où il s'est engagé dans le conflit irakien, il agresse violemment un homme. Il passera les cinq années suivantes en prison.

Là, il rencontre Brahim Ben Lakdar, responsable d'un attentat sanglant à Bruxelles. A son contact il se convertira à l'Islam et deviendra Abu Kassem, le "second disciple".

L'auteur décrit avec brio, sans manichéisme, dans une écriture magistrale, les différentes étapes qui poussent au changement. Fragilités, doutes, méprise pour en arriver à la haine et à un projet inhumain. Il met également en évidence l'absence de mots, de culture, le manque de discernement comme causes du radicalisme.
"Je me suis évertué à décrire l'état d'esprit de jeunes gens qui vont si loin que le retour en arrière n'est plus possible."
Kenan Görgün.
Kenan Görgün sera présent à la Maison Autrique dès 19 heures pour échanger avec le public. A 20h15 débutera la lecture-spectacle du "Second disciple". Le texte sera lu par Marvin Mariano, accompagné à la basse par Frédéric Dailly, dans une mise en voix de Sandrine Bonjean.
 

Pratique
Où? Maison Autrique, chaussée de Haecht, 266 à 1030 Bruxelles.
Quand? Le lundi 21 février.
A quelle heure? La lecture-spectacle commence à 20h15. Elle est précédée d'une rencontre avec l'auteur à 19 heures.
Durée? 1 heure.
Combien? 8 euros (possibilité de visiter toute la maison)
Renseignements ici,  réservation indispensable. Par mail à reservations.compagniealbertine@gmail.com





jeudi 20 janvier 2022

Brûler en compagnie de Lisette Lombé

Lisette Lombé.


Depuis 22 ans,  une bonne dizaine de fois par an, la compagnie Albertine de Geneviève Damas fait découvrir la littérature contemporaine, souvent belge, lors des soirées Portées-Portraits. Des lectures-spectacles, où des comédiens donnent vie à des extraits de livres "coups de cœur", accompagnés par des musiciens.

Lundi prochain 24 janvier, ce sera le tour de l'artiste plurielle Lisette Lombé, grande figure du slam et de la poésie en Belgique. Si elle écrit  depuis plus de dix ans, elle est montée pour la première fois sur scène pour partager sa poésie en janvier 2015 à Bozar. Une première qui scellera sa rencontre avec le slam dans lequel elle excelle. La preuve dans le livre choisi pour la soirée. Lisette sera présente dès 19 heures pour une rencontre avec le public. À 20h15 débutera la lecture-spectacle composée d'extraits de "Brûler  Brûler Brûler" (L'Iconoclaste, collection "L'Iconopop", 88 pages, 2020).

Le texte sera lu par Marie Darah, championne d'Europe de slam poésie. Elle sera accompagnée par la musique et les sons de Dance Divine dans une mise en voix d'Isabelle Wéry.

Une fois entendus, les mots de Lisette Lombé ne s'oublient plus. Aigus, rythmés, ils lèvent le poing contre ce qui ne va pas, injustices, racisme, politique, etc., soutiennent les causes de l'antiracisme oui du  féminisme. Et disent aussi le corps et l'amour.

La poésie et le slam font la vie de Lisette Lombé, née à Namur en 1978, et s'associent à ses 'autres démarches, arts plastiques, luttes militantes, pédagogie qui, en retour, lui servent d'appui à sa création. Femme, mère, enseignante, elle a les mots qui portent autant que la voix. Livres, ateliers, performances reflètent son énergie à être passeuse de rage et d'éros.
"Te faire douter.
Te faire avoir peur.
Te faire avoir honte
De ta couleur.
Qui oubliera?
Qu'à un noir,
On disait tu…"
Extrait de "Brûler Brûler Brûler" (L'Iconoclaste).
Pratique
Où? Maison Autrique, chaussée de Haecht, 266 à 1030 Bruxelles.
Quand? Le lundi 13 décembre.
A quelle heure? La lecture-spectacle commence à 20h15. Elle est précédée d'une rencontre avec l'auteure à 19 heures.
Durée? 1 heure.
Combien? 8 euros (possibilité de visiter toute la maison)
Renseignements et réservation indispensable. Par mail à reservations.compagniealbertine@gmail.com

mercredi 8 décembre 2021

Sortons à la station-service d'Adeline Dieudonné

Adeline Dieudonné. (c) Céline Nieszawer.

Le gouvernement belge voudrait nous faire tourner en bourrique avec ses virevoltantes mesures sanitaires concernant le secteur culturel qu'il ne ferait pas autrement. Résultat, on ne sort plus de chez soi. Et on a grandement tort! Lundi prochain par exemple, 13 décembre, jour de la Sainte Lucie accessoirement, on peut se rendre à la Maison Autrique à une soirée Portées-Portraits, l'enthousiasmant cycle de lectures-spectacles porté depuis vingt-deux ans par Geneviève Damas et sa compagnie Albertine.

Inaugurée par Hubert Antoine le 4 octobre (lire ici), la saison 2021-2022 a déjà permis d'entendre la lecture accompagnée de musique des livres d'Elena Ferrante (le 25 octobre), Mathilde Alet (le 8 novembre) et Sébastien Ministru (le 25 novembre), en présence des auteurs la plupart du temps.

Lundi prochain, 13 décembre, jour de la Sainte Lucie accessoirement, ce sera le tour d'Adeline Dieudonné, la romancière belge qui a été LA révélation de la rentrée littéraire 2018 avec son premier roman "La vraie vie" (L'Iconoclaste, 266 pages, lire ici, 300.000 exemplaires vendus), pour son nouveau roman toutefois, "Kérozène" (L'Iconoclaste, 312 pages), sorti au printemps de cette année. Gageons que la trentenaire aux longs cheveux blonds et aux idées claires parlera des deux volumes lors de la rencontre avec le public, à 19 heures, qui précède la lecture-spectacle (à 20h15).

Le texte de "Kérosène" sera lu par Pauline Desmet et mis en voix par Nina Blanc, accompagnée à la guitare, à la contrebasse et au chant par Anaïs Moffarts.

"Kérozène" est-il un second roman ou un roman composé de nouvelles? Les avis divergent et ce sera à chacun de voir. Le livre se déroule dans une station-service des Ardennes, une nuit d'été. Douze personnes s'y trouvent, en compagnie aussi d'un cheval et d'un macchabée. Juliette, la caissière, et son collègue Sébastien, marié à Mauricio. Alika, la nounou philippine, Chelly, prof de pole dance, Joseph, représentant en acariens… Il est 23h12. Dans une minute, tout va basculer. Chacun va devenir le héros d'une histoire, entre lesquelles vont se tisser parfois des liens. Une vision mordante de nos vies contemporaines.

Pratique
Où? Maison Autrique, chaussée de Haecht, 266 à 1030 Bruxelles.
Quand? Le lundi 13 décembre.
A quelle heure? La lecture-spectacle commence à 20h15. Elle est précédée d'une rencontre avec l'auteure à 19 heures.
Durée? 1 heure.
Combien? 8 euros (possibilité de visiter toute la maison)
Renseignements et réservation indispensable. Par mail à reservations.compagniealbertine@gmail.com

Supplément
Etonnant comme la station-service inspire les écrivains!
  • Alexandre Labruffe dans "Chroniques d'une station-service" (Verticales, 2019, 141 pages, lire ici).
  • Olivier Demangel dans "Station service" (Tohubohu éditions, 2018)
  • Fannie Flagg dans "La dernière réunion des filles de la station-service" (Le cherche-midi, 2015)
  • Anne Bourrel dans "Station service" (Myriapode, 2011)
  • Robert Piccamiglio dans "La station service" (Albin Michel, 1997)


vendredi 1 octobre 2021

Hubert Antoine de retour à Portées-Portraits

Hubert Antoine.

Oublions le confinement, les reports, les annulations, les jauges et autres mesures sanitaires qui ont fait glisser les derniers dix-huit mois dans un curieux espace temporel, complètement rapetissé. Oublions tout ça car les formidables soirées Portées-Portraits sont de retour en leur lieu habituel, la Maison Autrique. Le thème de cette nouvelle saison est "Ce que je suis, Ce que nous sommes", occasion de mettre en avant ce qui se trouve caché derrière les masques: la singularité, la complexité et l'irréductibilité de l'humain.

Pour inaugurer la saison 2021-2022, ce lundi 4 octobre, la Compagnie Albertine, menée par Geneviève Damas et ses acolytes, ne pouvait dès lors faire un meilleur choix que celui du deuxième roman d'Hubert Antoine, le merveilleux "Les formes d'un soupir" (Verticales, 261 pages) dont seront lus, en musique, plusieurs extraits marquants. L'écrivain belge résidant au Mexique sera présent, tout comme il l'avait été lors de la lecture-spectacle, en mars 2018, de son premier roman, "Danse de la vie brève", prix Rossel 2016 (lire ici). Son texte sera lu par Anaïs Moray et mis en voix par Anne-Pascale Clairembourg, accompagné à la viole de gambe par Anne Bernard.

Dans ce deuxième roman, on retrouve les héros du premier, "Danse de la vie brève", Melitza et ses trois carnets où elle a consigné la dernière année de sa vie, son père veuf qui l'a élevée avec ses frères, Evo, le géant chaman huichol dont la jeune femme de vingt-trois ans est follement amoureuse. On retrouve aussi la manière originale d'Hubert Antoine de faire intervenir les personnages dans les dires ou les réflexions des autres. Toutefois "Les formes d'un soupir" s'ouvre sur un drame. Melitza a été assassinée le 27 octobre 2006 durant l'insurrection d'Oaxaca et Evo transporte son corps vers un lieu de sépulture connu de lui seul. L'écrivain a encore poussé plus loin sa mécanique littéraire et c'est une réussite. Cette fois, les dernières heures de Melitza et les trois mois qui ont suivi nous sont rapportés par elle-même, via son père qui, en 2008, deux ans après sa mort, le jour de son anniversaire, s'est lancé dans une expérience hallucinogène qui lui permet de retrouver sa voix.

Le procédé est magnifique et entraîne le lecteur dans l'âme de la jeune femme, dans les péripéties de son voyage et dans les secrets de son cœur tout en nous permettant de découvrir par cette voie détournée cet homme mystérieux et attirant en compagnie de qui elle aura passé ses neuf derniers mois. Les six premiers en vie et les trois autres, défunte mais tellement présente grâce à son souffle qui a été préservé de la plus curieuse des manières au-delà de son décès et même de l'abandon de son corps dans un lieu paradisiaque.

Histoire d'amour fou et absolu, ce deuxième roman est aussi un road-movie à travers le Mexique et sa violence, Hubert Antoine élargissant son propos à la question des migrants qui tentent d'entrer discrètement aux Etats-Unis avec de percutants personnages secondaires. Roman de deuil ponctué de nombreuses touches d'humour inattendues qui pourraient paraître saugrenues mais sont parfaitement appropriées, "Les formes d'un soupir" réjouit tout du long par la force de la vie, de l'amitié et de la transmission qu'il célèbre. La grâce d'une écriture très personnelle, réaliste ici, romantique là, déroutante dans le bon sens du terme, porte merveilleusement les échanges entre père vivant et fille morte, les réflexions de la jeune Melitza sur ce qui se passe après elle, les adresses aux lecteurs. Elle célèbre l'amour et le sexe, décline en épithètes homériques le bel Evo et glisse de bienvenues références littéraires. Un roman à danser comme y invite l'écrivain: 
"Ma femme voulait qu'on se souvienne d'elle en train de danser. Elle croyait, comme l'héroïne de ce livre, que le mouvement maintient le monde en équilibre:
- Quand tu danses, tes pas font tourner la Terre.
Toi qui lis ces lignes, je te serais infiniment reconnaissant si tu pouvais honorer sa mémoire d'un bref geste de danse, d'une virevolte ou d'un pas de grâce.
Avec ce simple hommage, tu deviendras un instant le cavalier d'une ombre et les limbes s'illumineront du plus beau sourire.
Elle s'appelait Lise et c'était mon amour."

Pour lire en ligne le début des "Formes d'un soupir", c'est ici.


Pratique
Où? A la Maison Autrique, chaussée de Haecht, 266 à 1030 Bruxelles.
Quand? Le lundi 4 octobre.
A quelle heure? La lecture-spectacle commence à 20h15. Elle est  précédée à 19 heures d'une rencontre avec l'auteur.
Durée? Une heure.
Combien? 8 euros (possibilité de visiter tout la maison).
Renseignements et réservation conseillée: 02/245.51.87 ou albertineasbl@gmail.com



jeudi 8 octobre 2020

Reprise des Portées-Portraits avec Myriam Leroy

Myriam Leroy. (c) Romain Garcin.


Quelle joie d'apprendre que le cycle des soirées littéraires Portées-Portraits, lecture et musique, reprend lundi prochain, le 12 octobre, à la Maison Autrique après tant de mois de confinement. Et pas avec n'importe qui. Avec Myriam Leroy, pour son percutant roman, le second, "Les yeux rouges" (Seuil, 2019). Vu l'affluence du public et les mesures sanitaires, la lecture-spectacle sera dédoublée. La séance de 20h15 étant complète, une séance à 18 heures est ajoutée. Entre les deux, comme d'habitude, une rencontre avec l'auteure à 19h15 qui permettra d'échanger avec elle sur son travail et sur ce qui a donné naissance à ce texte fort.

Geneviève Damas
, à la barre des réjouissantes et nourrissantes soirées Portées-Portraits, ne cache pas sa joie: "Nous sommes si heureux de vous retrouver enfin!", écrit-elle, avant de détailler la nouvelle saison: "Cette saison Portées-Portraits "Partager l'avenir" est, après nos longs mois de confinement, une invitation à résister et à rêver ensemble. L'occasion de découvrir des auteurs contemporains qui interrogent le monde le temps d'une lecture-spectacle: des comédiens donnent à entendre des extraits de livres "coups de cœur", accompagnés par des musiciens."

Avancer le nom de Myriam Leroy, journaliste, chroniqueuse RTBF, écrivain et dramaturge, c'est penser tout de suite harcèlement. A raison. Mais il est utile de rappeler que "Les yeux rouges" traite certes de la spirale infernale dans laquelle est prise une jeune femme harcelée par un inconnu sur les réseaux sociaux, les échanges anodins et flatteurs avec ce Denis virant au dénigrement et à la violence pure, mais qu'il s'agit d'une œuvre littéraire, avec un ton et un style, où il est question de la prédation et de la difficulté d’y mettre fin.

La mise en voix du texte sera assurée par Emmanuel Dekoninck, la lecture par Naïma Ostrowski qui sera accompagnée au piano par Céline Lory. 
"Il s'appelait Denis. Il était enchanté.
Nous ne nous connaissions pas. Enfin, de toute évidence, je ne le connaissais pas, mais lui savait fort bien qui j'étais. Il m’écoutait à la radio, il appréciait beaucoup mon travail qu'il suivait de près et sur lequel il pouvait même se poser en exégète, LOL, raison pour laquelle il se permettait cette intrusion sur Facebook (en espérant qu'elle ne me gêne pas).
Il me trouvait très charmante, vraiment. Et pas seulement jolie, d'ailleurs. Il y avait dans mon regard comme une fêlure, une brisure, il ne savait comment dire, mais il y avait au fond de mes prunelles quelque chose, quelque chose de triste qui avait piqué sa curiosité."

Ainsi commence le roman. Le message reçu sur Facebook est en réalité un piège suffocant. De son ton volontairement distancié, Myriam Leroy va écrire le harcèlement que subit sa narratrice, son double de papier. Agressions, messages insistants, une atmosphère étouffante qui s'accentue jusqu'à ce que la dépossession se transforme en accusation. Le sexisme et le racisme sur les réseaux sociaux par un odieux effet de meute. 

Pour lire quelques pages supplémentaires du roman "Les yeux rouges", c'est ici.


📣Pratique📣

Ce lundi 12 février, à 18 heures et 20h15
A la Maison Autrique, chaussée de Haecht, 266 à 1030 Bruxelles
Durée de la lecture-spectacle: 1 heure
Prix des places: 8 € (qui comprend l'occasion de visiter la maison)
En raison de la pandémie de Covid-19, il n’y aura pas de verre offert.
Masque obligatoire.
N'hésitez pas à nous communiquer le nom des personnes qui vous accompagnent. Nous organiserons la salle en conséquence. Dans la salle, la distance d'un siège, entre chaque spectateur·rice ou bulle de spectateur·rice·s est respectée.
Avant et après chaque représentation, la salle est ventilée.
Lors de chaque réservation, les coordonnées individuelles des spectateur·rice·s sont récoltées et conservées, dans le respect du RGPD. Les coordonnées relatives aux spectateur·rice·s sont donc disponibles et pourront être communiquées en cas de demande des autorités compétentes en vue d’un éventuel tracing.
Renseignements et réservations: albertineasbl@gmail.com






vendredi 31 janvier 2020

Les Roms de Jean Marc Turine lundi soir à la Maison Autrique

Jean Marc Turine.

En mars sortira un recueil de quatre récits de Jean Marc Turine, énigmatiquement intitulé "Vivre (si vous sauriez comme j'avions)" (Esperluète, 136 pages), quatre enfances ou jeunesses fracassées indépendantes dont on suivra la reconstruction et le cheminement à travers le temps.

Pour patienter et retrouver la voix, le ton de l'écrivain, pourquoi ne pas participer à la soirée Portées-Portraits du lundi 3 février dont il est l'invité pour son roman "La Théo des fleuves" (Esperluète, collection "En toutes lettres", 224 pages, 2017) qui a remporté le prestigieux Prix des Cinq continents de la Francophone 2018 (lire ici).

Ce sera à la Maison Autrique, dès 19 heures. Le thème du roman étant l'odyssée à travers le XXe siècle de Théodora, enfant du fleuve, née Rom, la soirée est réalisée en partenariat avec Amnesty International. La mise en voix sera assurée par Geneviève Damas, la lecture et le chant par Laetitia Reva, accompagnée à l'accordéon par Didier Laloy.

Dans "La Théo des fleuves", Jean Marc Turine raconte les souvenirs de la vieille Théodora, enfant du fleuve, née Rom. Un roman qu'il a mis vingt ans à l'écrire. "C'est un hommage aux Tziganes et aux Roms", en dit-il, "un hommage et un cri d'amour à ces personnes que j'adore. Mon roman traverse tout le XXe siècle et notamment le génocide durant la Deuxième Guerre mondiale. Un génocide qui n'est toujours pas reconnu aujourd'hui, alors que ses proportions sont identiques à celle du massacre des Juifs. En 1987, alors que je faisais un film sur les rescapés des camps nazis, ce sont eux qui m'ont parlé de la situation des Tziganes dans ces camps. Ils sont un peuple sans littérature mais non sans oralité, un peuple sans frontière et pas nomade comme on aime le dire. Je dénonce aussi dans mon livre les conditions de vie des Roms qu'on voit dans nos rues."

La lecture est prévue à à 20h15 mais une rencontre avec Jean Marc Turine est prévue de 19 à 20 heures. Après la lecture, un verre est offert, l'occasion de passer un moment convivial avec l’auteur et les artistes de la soirée.

Pratique
Ce lundi 3 février
A la Maison Autrique, chaussée de Haecht, 266 à 1030 Bruxelles
Durée de la lecture-spectacle: 1 heure
Prix des places: 8 €
Renseignements et réservation conseillée: albertineasbl@gmail.com