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| Un dessin d'audience de Palix. |
"Je lui explique que j'écris un journal de bord des coulisses du procès où se dessinera en lame de fond la question du pardon."
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| Sophie Pirson. |
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| Un dessin d'audience de Palix. |
"Je lui explique que j'écris un journal de bord des coulisses du procès où se dessinera en lame de fond la question du pardon."
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| Sophie Pirson. |
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| Marie Darah. (c) Kris Kuzel. |
Les soirées
Portées-Portraits sont,
rappelons-le, des lectures accompagnées de musiques.
Née à Charleroi en 1989,
Marie Darah s'est
établie à Bruxelles pour y suivre des études au Conservatoire en Arts de la
parole. Son diplôme obtenu, elle développe ses autres passions, écriture,
chant, slam, musique et danse, entre autres. Tout cela en questionnant les
notions d'équité et d'ouverture d'esprit. Elle qui a inventé son chemin a
remporté en 2021 le Championnat d'Europe de Slam.
Marie Darah sera
accompagnée par la musique de Cloé du Trèfle. La mise en voix est
assurée par Isabelle Wéry.
La soirée commencera à 19 heures par une rencontre avec
Marie Darah. À l'issue
de la lecture d'une heure qui débutera à 20h15, un verre sera offert,
l'occasion pour le public de se rencontrer de manière conviviale en présence
des artistes de la soirée.
Mon cœur est pavé
Mon cœur est trottoir
Mon cœur est intersection
Rond-point en perpétuel mouvement
Mon cœur est piétiné sous les talons bien-pensants
Le mot liberté est une expression
Mon cœur est un clavier AZERTY sur l'absurdité d'un bitume
Pratique
Où? Maison Autrique, chaussée de Haecht, 266 à 1030 Bruxelles.
Quand? Le lundi 2 octobre.
A quelle heure? La lecture-spectacle commence à 20h15. Elle est précédée
d'une rencontre avec l'auteure à 19 heures.
Durée? 1 heure.
Combien? 9 euros (possibilité de visiter toute la maison et un verre
offert), 6 euros pour les étudiants et les artistes, gratuit pour le "jeune" de
moins de 26 ans qui accompagne un adulte. Abonnement pour les 7 spectacles à la
Maison Autrique et Au Centre culturel de Schaerbeek : 55 euros.
Renseignements
ici.
Réservation indispensable par mail à
reservations.compagniealbertine@gmail.com
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| Marcel Moreau. |
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| Marcel Moreau. |
"Marcel Moreau est décédé cette nuit, à l'âge de 86 ans. Un immense écrivain s'en est allé, il nous reste ses mots. Il nous reste son écriture, personnage intense et central de son œuvre gigantesque, composée de plus de soixante livres.
Transféré à l’hôpital en septembre 2018, puis placé dans un Ehpad parisien, il y a attrapé le Covid-19 à quelques jours de son anniversaire. Il aura fallu un terrible virus pour venir à bout de ce colosse.
L'écrivain Marcel Moreau est né à Boussu en 1933. C'est de son Borinage natal qu'il tire son envie d'écrire, sa rage d'écrire. Car le vide culturel de sa région l'a toujours révolté. Cet écrivain à la colère saine ne se sera servi que de ses mots pour s'arracher à son milieu. Il a souvent répété que le mineur battant le charbon était pour lui une parfaite allégorie de l'écrivain au travail.
Il quitte l'école à 15 ans et devient correcteur au journal "Le Soir" en 1955. Il commence alors l'écriture de son premier roman, "Quintes", qui paraîtra en 1963. D'emblée salué par Jean Paulhan, Simone de Beauvoir et Alain Jouffroy, il sera même en lice pour le Goncourt et le Renaudot. En 1968, Marcel Moreau s'installe à Paris, où il restera toute sa vie, écrivant chaque matin aux aurores. "Ce sont les mots qui me réveillent", dit-il.
Lire un livre de Marcel Moreau, c'est vivre en soi des aventures innommables. C'est se lever de sa chaise en hurlant des cris de joie, de révolte, des "eurêka", c'est éprouver au plus profond de son être cette gratitude, d'avoir compris, d'être compris. S'il y a trop peu d’articles à son sujet, s'il est resté beaucoup trop méconnu dans sa Belgique natale, peut-être est-ce parce qu'il n’y a pas de mots existants pour retranscrire ce qui sourdre de son œuvre.
En observant ce petit homme sombre, qu'il n'a bien sûr pas toujours été, on ne peut s'empêcher d'imaginer les mots qui tournoient en lui, si puissants qu'ils l'entourent presque physiquement.
Un jour que je lui rendais visite à son Ehpad pour l'emmener manger un bon steak saignant, il m'a dit: "J'ai encore perdu des mots dans cette histoire…"
Et son quotidien semblait voué à chercher les mots disparus. Je crois que les mots le maintenaient littéralement en vie. Et si Marcel nous a quittés parce que les mots sont partis, il nous reste ceux qu'il a laissés pour nous. Plus que jamais en ces temps étranges et difficiles, lisons Marcel Moreau."
"Écorché du verbe, écorché de la vie, Marcel Moreau mène depuis le début des années 1960 l'écriture dans la contrée des spasmes. Les nerfs de son écriture au sens d'un principe actif qui la féconde ont pour noms le rythme — le rythme en tant que grondement de vie, de lave, de bave —, la rupture avec les instances de l'ordre et de la raison, leur subversion par les humeurs de la langue et du corps, l'invention d’une langue matérielle qui ne mime pas les intensités pulsionnelles mais s'y coule.
Depuis son entrée fracassante en littérature avec "Quintes" (1962), Marcel Moreau fait de l'espace de la littérature l'arme d'une contestation de la domination du pôle apollinien sur la pensée, le langage et les corps. Le jaillissement de chants dionysiaques orchestre le reflux de la mesure sous la houle de la démesure.
Des scansions marquent l'évolution de son œuvre composée d'une soixantaine d’ouvrages. Défendu par Raymond Queneau, salué par Simone de Beauvoir, Jean Paulhan, Dominique Aury, Alain Jouffroy, "Quintes" ouvre une aventure créatrice inouïe placée sous le signe de la possession par le verbe. Récit d'un employé d'imprimerie nommé Quinte, "Quintes" construit une fiction-opéra qui ne laisse aucune structure sociale ou langagière en place. Pris dans l'enfer d'une bureaucratie déshumanisante, Quinte se retrouve impuissant à mettre à bas un système qui brise l'homme. Hideur de l'espace urbain, de la domestication sociale, assassinat d'existences engluées dans un conformisme stérile… la révolte de Quinte avorte dans un attentisme passif, entre Kafka et Beckett. "Quintes", lui, est né de ma naissance à l'écriture, laquelle elle-même a un ventre, dont l'utérus serait la Langue", écrit Moreau dans sa préface."
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| Une silhouette reconnaissable entre mille. |
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| Une image du premier écrit en marchant, fin des années 70. (c) Maelström. |
Dans "Ecrire en marchant" (Maelström reEvolution, 130 pages), recueil en agréable format à l'italienne, Chantal Deltenre nous partage, toujours sous forme de miscellanées numérotées de 1 à 63 (textes et photos), ses recherches sur sa naissance à l'écriture. Elle, la Belge installée à Paris depuis la fin des années 1980, se souvient de ce jour où elle avait vingt ans et où elle décida d'arpenter son Pays des collines natal avec son nécessaire d'écriture. Non que ce jour ait signé son entrée en littérature - elle s'est faite vingt ans plus tard - mais elle le considère comme son rite de passage.| Isabelle Wéry. (c) Alice Piemme. |