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vendredi 5 avril 2024

Le palmarès 2024 des prix de littérature de l'Union européenne (EUPL)

Le palmarès #EUPL2024.
 
Premier jour de Foire du livre de Bruxelles? Journée de récompenses littéraires. Le prix Prem1ère en début d'après-midi (lire ici), les prix de littérature de l'Union européenne EUPL en début de soirée.
 
Les treize romans finalistes en 2024.

Treize finalistes avaient été sélectionnés pour l'édition 2024 du prix EUPL, clôturant le cinquième cycle de trois ans de cette récompense initiée en 2009 - un tiers environ des pays participe chaque année du cycle. Douze d'entre eux étaient présents à l'espace Place de l'Europe de la FLB pour l'annonce du palmarès. Un lauréat et cinq mentions spéciales ont été désignés par le jury européen.

Theis Ørntoft, lauréat 2024, entre la maîtresse de cérémonie Isabelle Wéry
et le président du jury, Andreï Kurkov.

Lauréat

  • L'écrivain danois Theis Ørntoft (né en 1984) pour son roman "Jordisk" (Terrestre), paru chez Gyldendal. En cinq mini-romans percutants, une fresque transgénérationnelle sur 600 pages et trois générations, de 1967 à 2036.

 

 

Mentions spéciales

  • Le Bulgare Todor Todorov (né à Sofia en 1977) pour "Хагабула" (Hagabula), publié chez Janet 45. Une expédition qui se déroule au XVIe siècle donne une histoire alternative et utopique de l’Occident
  • L'Allemand Deniz Utlu (né à Hanovre en 1983) pour "Vaters Meer" (La mer de mon père), paru chez Suhrkamp. Une conversation imaginaire entre un fils et son père handicapé qui ne peut plus s'exprimer qu'en clignant les yeux.
  • L'Islandaise María Elísabet Bragadóttir (née en 1993) pour "Sápufuglinn" (L'oiseau en savon), publié chez Una útgáfuhús. Un recueil de trois histoires qui explorent avec nuance diverses émotions de l'expérience humaine.
  • La Hollandaise Sholeh Rezazadeh (née à Tabriz, Iran, en 1989) pour "Ik ken een berg die op me wacht" (Je connais une montagne qui m'attend), publié chez Ambo|Anthos. Aras, une rivière iranienne raconte poétiquement l'histoire d'un peuple nomade qui s'est installé sur ses rives.
  • La Slovène Tina Vrščaj (née en 1987) pour "Na klancu" (Sur Pente), publié par Cankarjeva založba. Vivre sur une colline ou descendre dans la plaine? Un mouvement qui suit celui d'un couple de parents.
 

 
Le jury 2024, convoqué sur scène par son président.

Le jury 2024 présidé par Andreï Kurkov était composé d'Aurélie Bontout-Roche, Raluca Selejan, Kostas Spatharakis, Elena Loewenthal, Tauno Vahter et Daniel Medin.
 
 





 

Avec Isabelle Wéry (lauréate EUPL 2013) en maîtresse de cérémonie, la séance s'est partagée entre prises de parole officielles plus ou moins amusantes et présentation des écrivains finalistes par séries de trois - la finaliste tunisienne, absente, avait réalisé une vidéo qui a été projetée.

Jean-Luc Treutenaere.

La palme des interventions revient au Français Jean-Luc Treutenaere (EIBF European and International Booksellers Federation et FEP Federation of European Publishers), qui dans un anglais parfait largement teinté d'accent français, a raconté sa vie de lecteur, l'accessit à Sven Gatz (Ministre du Gouvernement de la Région de Bruxelles-Capitale, chargé des Finances, du Budget, de la Fonction publique, de la Promotion du multilinguisme et de l'image de Bruxelles) qui s'est exprimé en français, en néerlandais et en anglais.

 

 

Andreï Kurkov.

La proclamation du palmarès par l'écrivain Andreï Kurkov, président du jury EUPL 2024 et invité d'honneur de la Foire du livre de Bruxelles, a été joyeuse et chaleureuse, suscitant beaucoup d'émotions chez les six auteurs invités sur le podium. A noter que le choix des jurés a privilégié la littérature d'immigration. L'Allemand Deniz Utlu, né à Hanovre en 1983, raconte la vie de son père, ouvrier venu d'Anatolie en Allemagne. Née en Iran en 1989, Sholeh Rezazadeh est, elle, arrivée aux Pays-Bas en 2015 et a signé son premier contrat d'édition trois ans après.


Puissent ces six romans prometteurs primés, ainsi que ceux des sept autres finalistes, être traduits dans les différentes langues de l'Union européenne. En attendant, on peut prendre connaissance de ces livres ici. A noter aussi: les anthologies des cinq cycles de trois ans de l'EUPL peuvent être téléchargées ici.

 

Rappel

L'EUPL est soutenu par le programme "Europe créative" (41 pays actuellement) et récompense les meilleurs écrivains de fiction émergents en Europe. Son mérite est de mettre en valeur la littérature contemporaine européenne dans le domaine de la fiction, dont on entend peu parler faute de traductions. Son objectif est évidemment d'encourager le passage en d'autres langues européennes des œuvres choisies.

Le consortium sélectionné par la Commission européenne pour coordonner l'initiative est composé de la Fédération des Éditeurs Européens (FEE) et de la Fédération Européenne et Internationale des Libraires (EIBF).

Le cinquième cycle du projet, entamé en 2022 et achevé hier, s'est accompagné d’une restructuration complète du prix. Désormais, au lieu de désigner un lauréat dans chacun des pays participants (un tiers par édition), un jury européen composé de sept membres désigne un lauréat général pour chaque édition EUPL, tout en attribuant cinq mentions spéciales.

Cinquième cycle (2022-2024)
  • Pays sélectionnés en 2022: Autriche, Belgique (Flandre), Bosnie-Herzégovine, Géorgie, Grèce, Irlande, Italie, Lituanie, Macédoine du Nord, Norvège, Roumanie, Slovakie, Espagne et Ukraine. Palmarès ici
  • Pays sélectionnés en 2023: Arménie, Croatie, Tchéquie, Chypre, Estonie, Finlande, France, Kosovo, Liechtenstein, Luxembourg, Montenegro, Pologne et Suède.Palmarès ici.
  • Pays sélectionnés en 2024: Albanie, Bulgarie, Danemark, Allemagne, Hongrie, Islande, Lettonie, Malte, Pays-Bas, Portugal, Serbie, Slovénie, Tunisie.

 

En route donc pour un sixième cycle.






mercredi 27 avril 2022

Une volée de prix littéraires, européens et belges

Le lauréat du prix EUPL 2022.

Créé en 2009, le Prix de littérature de l'Union européenne connaît un nouveau fonctionnement pour la période 2022-2024 où il est reconduit. Pour ce cinquième cycle consécutif du prix EUPL, chaque pays participant (un tiers environ du nombre total, le prix s'étendant sur trois années), propose toujours un livre de haute qualité littéraire et à potentiel de traduction. Mais un deuxième tour de sélection est effectué par un jury européen de sept membres, qui choisit un lauréat et cinq mentions spéciales. Les six auteurs primés se voient attribuer un prix financier dont la moitié va à l'éditeur pour assurer la traduction de leur livre.

Les résultats de l'édition 2022 du prix EUPL, organisé par la Fédération des Éditeurs Européens (FEE) et la Fédération européenne et internationale des libraires (EIBF) et soutenu par la Commission européenne, ont été annoncés sans grande publicité le 22 avril au Festival du livre de Paris.

Lauréat (20.000 euros)
  • L'écrivain géorgien Iva Pezuashvili pour son roman "A garbage chute" ("Le bunker") paru chez Intelekti.

Mentions spéciales (10.000 euros)
  • La Belge néerlandophone Gaea Schoeters pour "Trofee" ("Trophée") paru chez Uitgeverij Querido (Belgique).
  • La Bosniaque Slađana Nina Perković pour "U Jarku" ("Dans le fossé") paru chez Imprimatur (Bosnie-Herzégovine).
  • L'Irlandais Tadhg Mac Dhonnagáin pour "Madame Lazare" paru chez Barzaz (Irlande).
  • L'Espagnol Jacobo Bergareche pour "Los días perfectos" ("Les jours parfaits") paru chez Libros del Asteroide (Espagne).
  • L'Ukrainienne Євгенія Кузнєцова (Eugenia Kuznetsova) pour "Спитайте Мієчку" ("Demande à Mietchka") paru chez Видавництво Старого Лева (Old Lion) (Ukraine).

Quatorze écrivains de quatorze pays étaient en lice pour le prix EUPL 2022.
Les autres finalistes étaient:
  • Autriche: Peter Karoshi
  • Grèce: Τάκης Καμπύλης (Takis Kampylis)
  • Italie: Daniele Mencarelli
  • Lituanie: Tomas Vaiseta
  • Macédoine du Nord: Владимир Јанковски (Vladimir Jankovski)
  • Norvège: Kjersti Anfinnsen,
  • Roumanie: Raluca Nagy
  • Slovaquie: Richard Pupala

Les quatorze finalistes de l'édition 2022.


"Histoires européennes", un recueil de 582 pages propose de larges extraits de traduction en français et en anglais des quatorze livres finalistes de l'édition 2022 du prix EUPL (à télécharger ici).









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Côté juniors, le prix Première Victor du Livre Jeunesse 2022 a été attribué le lundi 25 avril à la québécoise Isabelle Roy pour son roman "Hackers" (Mijade). Une quatrième lauréate après Fabienne Blanchut, Marie Colot et Catherine Locandro (lire ici). Le prix est doté d’un montant de 1.500 euros offert par le Fonds Victor et d'une campagne de promotion diffusée par La Première sur toutes ses plateformes.

Deux mille sept-cent-quatre lecteurs de 12 à 15 ans étaient inscrits pour cette quatrième édition. Ils ont plébiscité le premier roman édité à l’international de la Québécoise Isabelle Roy. Dans "Hackers", on rencontre Alex, écolé par son père au monde de l'informatique et du piratage. Tout est facile pour lui. Il est capable de percer les secrets des sites Internet, de casser des codes informatiques. Il ne résiste pas à l'envie de relever un nouveau défi. Mais rien ne se passe comme prévu. Alex est allé trop loin et le prix à payer est élevé. Ses amis sont là pour l'aider.

Les cinq ouvrages en lice pour l'édition 2022
  • "La Cascadeuse des nuages" de Sandrine Beau (Alice Jeunesse)
  • "Hackers" d'Isabelle Roy (Mijade)
  • "Beethoven, La Symphonie du Destin" de Michel Honaker (Ker éditions)
  • "La Malédiction des serpents de mer" de Sigrid Renaud (Auzou Editions)
  • "En Apnée" de Meg Grehan, traduit par Aylin Manço (Talents Hauts) 

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Enfin, en Belgique toujours, l'auteur, blogueur et chroniqueur dont le nom ne peut pas être mentionné selon lui alors qu'on le trouve sans problème sur internet et qui passe énormément de temps à exiger son anonymat, M. P. donc, mieux connu sous le nom de Marcel Sel, s'est vu attribuer ce mercredi 27 novembre le prix littéraire 2021 du Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles pour son deuxième roman "Elise" (ONLIT éditions, 2019, 450 pages).






Les quatre autres finalistes, sur cent livres proposés:
  • "Le mangeur de livre" de Stéphane Malandrin (Seuil)
  • "Gens de Cogne" de Xavier Deutsch (La Renaissance du Livre)
  • "Cent jours sans Lily" d'Alienor Debrocq (ONLIT Editions)
  • "Il ne portait pas de chandail" d'Annick Walachniewicz (l'arbre à paroles)

jeudi 11 novembre 2021

Treize lauréats aux Prix 2021 de littérature de l'Union européenne

Les lauréats EUPL 2021 présents à Bruxelles.
(c) Gleamlight/Philippe Molitor.

Pourquoi aller passer quelques heures, mardi soir 9 novembre, à la proclamation des Prix de littérature de l'Union européenne 2021 (EUPL, lire ici), alors qu'aucun des treize lauréats n'écrit en français?

Pour passer un peu de temps dans le magnifique studio 4 de Flagey bien sûr.

Le studio 4 de Flagey. (c) Gleamlight/Philippe Molitor.

Surtout, pour entendre les lauréats lire un extrait de leur livre primé dans leur langue originale, même sans rien y comprendre, la traduction en anglais s'affichant sur un écran.

Trois étaient absents et présentés en capsule vidéo, les dix autres entourés de leurs ambassadeurs respectifs et de lecteurs enthousiastes ont été appelés en trois groupes successifs.

En vidéo, Aram Pachyan (c) Gleamlight/Philippe Molitor.

En vidéo, Lucie Faulerová. (c) Gleamlight/Philippe Molitor.

En vidéo, Laura Vinogradova. (c) Gleamlight/Philippe Molitor.

Le premier groupe. (c) Gleamlight/Philippe Molitor.

Le deuxième groupe.  (c) Gleamlight/Philippe Molitor.

Le troisième groupe.  (c) Gleamlight/Philippe Molitor.

Pour découvrir enfin les nouvelles voix de la littérature européenne, l'Europe étant à prendre au sens large. La preuve: ont été célébrés en 2021 les auteurs de treize pays, Albanie, Arménie Bulgarie, République tchèque, Islande, Lettonie, Malte, Pays-Bas, Portugal, Serbie, Slovénie, Suède, Tunisie et Moldavie.
Il faut se rappeler que les Prix de littérature de l'Union européenne se déroulent selon des cycles sur trois ans - le quatrième vient d'être bouclé. Les pays participants pour la période 2014-2000 sont les suivants: les pays  membres de l'Union européenne, Autriche, Belgique, Bulgarie, Chypre, Croatie, République tchèque, Danemark, Estonie, Finlande, France, Allemagne, Grèce, Hongrie, Irlande, Italie, Lettonie, Lituanie, Luxembourg, Malte, Pays-Bas, Pologne, Portugal, Roumanie, Slovaquie, Slovénie, Espagne, Suède, et d'autres, non-membres, Islande, Norvège, Albanie, Bosnie Herzégovine, Macédoine du Nord, Monténégro, Serbie, Géorgie, Moldavie, Ukraine, Tunisie, Arménie, Kosovo et Grande-Bretagne.


Palmarès 2021

Tom Kuka, journaliste et écrivain
Albanie
"Flama" (Calamity), un premier roman dont les métaphores se posent autant sur l'Albanie contemporaine que sur l'évolution de la société (Botime Pegi).
"Dans ma vie, je me suis souvent battu seul mais ce soir, je ne suis pas seul."

Aram Pachyan (absent)
Arménie
"P/F ", un livre expérimental qu'on peut lire dans tous les sens (Edge publishing house).

Georgi Bardarov
Bulgarie
"Absolvo te", un roman basé sur les histoires vraies de la Seconde Guerre mondiale et du conflit israélo-palestinien (Musagena).

Lucie Faulerová (absente car en train d'accoucher)
République tchèque
"Smrtholka" (Deathmaiden), un voyage un train qui aborde la mort tout en maniant les souvenirs et l'humour (Nakladatelství TORST).

Sigrún Pálsdóttir
Islande
"Delluferðin" (Runaround), un livre basé sur les histoires vraies des migrants d'Islande à New York à la fin du XIXe siècle "mais le titre en anglais a changé, c'est "Embroidery" maintenant" (Forlagið útgáfa, JPV).

Laura Vinogradova (absente)
Lettonie
"Upe" (The River), la découverte de soi et de sa famille à l'occasion d'un séjour dans une maison de campagne à côté d'une rivière (Zvaizgne ABC).

Lara Calleja
Malte
"Kissirtu kullimkien" (You've Destroyed Everything), des nouvelles aux narrateurs différents qui explorent divers aspects de la vie à Malte, des pires aux meilleurs (Merlin Publishers).

Gerda Blees
Pays-Bas
"Wij zijn licht" (We are light), arrêter de se nourrir afin de commencer une nouvelle vie, composée uniquement d’air et de lumière (Uitgeverij Podium).

Frederico Pedreira
Portugal
"A Lição do Sonâmbulo" (The Sleepwalker's Lesson), la fiction comme outil de l'écriture autobiographique (Companhia das Ilhas).

Dejan Tiago Stanković
Serbie
"Zamalek", patchwork des expériences vécues et des histoires entendues lors de ses longs séjours au Caire, en Egypte (Laguna).
"Je suis Yougoslave plutôt que Serbe."

Anja Mugerli
 Slovénie
"Čebelja družina" (Bee Family), un recueil de sept nouvelles liées par des coutumes anciennes et des traditions slovènes (Cankarjeva založba).
"Ce folklore m'était inconnu avant de commencer le recueil."

Maxim Grigoriev
Suède
"Europa" (Europe), roman sur l'exil et rappel de l'historique émigration russe (Albert Bonniers Förlag).

Amine Al Ghozzi
Tunisie
"Zindali, the night of 14 january 2011", les histoires de seize personnages qui se rencontrent à Sousse le jour du départ du président Ben Ali, les espoirs et les déceptions des printemps arabes (Editions Zayneb).

 
Amine Al Ghozzi, premier lauréat tunisien.
(c) Gleamlight/Philippe Molitor.


Autant de livres qui témoignent de la richesse, de la créativité et de la diversité de la littérature contemporaine européenne de fiction et dont on espère les traductions.
EUPL est un consortium composé de la Fédération européenne et internationale des libraires (EIBF), de la Fédération des associations européennes des écrivains (FAEE/EWC) et de la Fédération des éditeurs européens (FEE). Le prix de littérature de l'Union européenne existe depuis 2009 et est organisé conjointement par les trois membres du consortium.

Pour repartir avec le recueil "European stories", un memento à l'élégante tranche noire, aussi complet que plaisant, des treize gagnants 2021. On y trouve les noms des différents jurys nationaux, une courte bio de l'auteur(e), un résumé du livre chois, l'avis du jury, et surtout un large extrait de l'œuvre en langue originale et en traduction, anglaise pour douze des lauréats, française pour le gagnant serbe.

Pour le télécharger, c'est ici.




Et pour découvrir le kit de jardinage "Blossoming European literature" reçu à la sortie de la soirée.







mardi 19 mai 2020

La Belge Nathalie Skowronek à l'honneur du prix de Littérature de l'Union européenne 2020

Temps de lire, de relire, de découvrir, de se souvenir, de faire fondre sa PAL,
pour les petits et pour les grands #confinothèque38

(BE) Nathalie Skowronek (C) Gallimard - C. Hélie
Nathalie Skowronek

Le coronavirus n'a pas empêché les différents jurys nationaux du Prix de littérature de l'Union européenne de travailler. Aujourd'hui ont été révélés les noms des treize romanciers choisis en 2020. En effet, depuis 2009, année de sa création, le prix opère une tournante entre les différents pays membres de l'Union (lire ici).

Un peu de réconfort en ces temps terribles pour les auteurs, les éditeurs et les libraires. En tout, le EUPL a mis 135 écrivains à l'honneur, en douze sessions. Il faut en effet trois ans pour faire le tour  des 41 pays qui y participent.

Nina Obuljen Koržinek, ministre de la Culture de la Croatie, exerçant actuellement la présidence de l'UE, a déclaré: "En lisant les traductions par les éditeurs locaux de ces œuvres primées, la Croatie a eu l'occasion de constater le pouvoir de la fiction littéraire européenne contemporaine, ainsi que l'importance de partager des idées et des perspectives nouvelles, différentes et inconnues.
Avec la présidence européenne de cette année, marquée de manière inattendue par la pandémie de la Covid-19 qui affecte toutes les activités précédemment prévues, la Croatie soutient ce prix qui  contributie à faire reconnaître nos voix littéraires."

Palmarès 2020

par ordre alphabétique de pays
  • Allemagne Matthias Nawrat, "Der traurige Gast" (The Sad Guest, Rowohlt)
  • Belgique (francophone) Nathalie Skowronek, "La carte des regrets" (Grasset)
  • Bosnie-Herzégovine  Lana Bastašić, "Uhvati zeca" (Catch the Rabbit, Buybook)
  • Chypre  Σταύρος Χριστοδούλου (Stavros Christodoulou), "Τη μέρα που πάγωσε ο ποταμός" (The Day the River Froze, Kastaniotis Publications)
  • Croatie  Maša Kolanović, "Poštovani kukci i druge jezive priče" (Dear Insects and Other Scary Stories, Profil)
  • Danemark Asta Olivia Nordenhof, "Penge på lommen" (Money in Your Pocket, Basilisk)
  • Espagne Irene Solà, "Canto jo i la muntanya balla" (I Sing and the Mountain Dances, Anagrama)
  • Estonie Mudlum (Made Luiga), "Poola poisid" (Polish Boys, Strata)
  • Kosovo Shpëtim Selmani, "Libërthi i dashurisë" (The Booklet of Love, Armagedoni)
  • Luxembourg Francis Kirps, "Die Mutationen" (The Mutations, Hydre Editions)
  • Macédoine du nord Петар Андоновски (Petar Andonovski), "Страв од варвари" (Fear of Barbarians, Или-или (ili-ili)
  • Montenegro Stefan Bošković, "Ministar" (Minister, Nova)
  • Norvège Maria Navarro Skaranger, "Bok om sorg" (Book of Grief, Oktober)

Les lauréats EUPL 2020.

Et bien entendu, l'anthologie "European stories 2020" est en cours de réalisation. Sa coordonnatrice indique: "On travaille maintenant sur les traductions de 50 pages des livres de chacun de nos lauréats. Et à l'anthologie qui regroupera des extraits des 13 livres primés dans la langue originale et en traduction. On espère que les éditeurs s'intéresseront à ces auteurs."


Espérons que les éditeurs s'intéressent à ces auteurs.
Cela peut donner de très belles rencontres pour le public (lire ici).








vendredi 7 février 2020

Quatre auteur/autrices sur un canapé

Console, lutrin, canapé attendent les artistes. (c) Laurent de Sutter.


Pas besoin de glisser une pièce dans la fente du juke-box au théâtre 140 pour s'en mettre plein les yeux et les oreilles. Pour célébrer la littérature d'une autre manière. C'est sur la scène du théâtre que se déroule la soirée concoctée par Isabelle Wéry, toujours prête à se lancer dans une aventure inédite. "Stories & juke-box" était la deuxième séance imaginée par elle dans le cadre de la carte blanche que le 140 lui a donnée pour trois ans (lire ici). Une réussite. Tous les sièges étaient en plus occupés, autre réussite.

Quelle est la relation des auteurs à la musique?, s'est demandé Isabelle Wéry. Elle a donc rassemblé quatre auteur/autrices lauréat(es) du Prix de littérature de l'Union européenne, Gabriela Babnik, Carolina Schutti, David Machado et elle-même. Elle les a passé(es) à une double question de Laurent de Sutter. Il/elles étaient ensuite invité(es) à lire dans leur langue (traduction projetée) un extrait de leur livre primé, le fond musical étant l'interprétation live par le DJ et éditeur Pierre De Mûelenaere des musiques qu'il/elles lui avaient confiées un peu plus tôt.

Nonante minutes de bonheur, le temps d'un trajet Thalys sans sanglier sur la voie.
Nonante minutes qui donnent envie de plonger ou de replonger dans les livres entraperçus au cours de ces brillantes lectures.

Début en fanfare avec la Slovène Gabriela Babnik qui a besoin de silence pour écrire(!), mais de musique pour lire. Néanmoins Salif Keita accompagne la lecture de "La saison sèche" (traduit du slovène par Florence Gacoin-Marks (Litterae slovenicae, 2016, 12016, 373 pages), qui se déroule en Afrique et étudie la relation entre  une designer de soixante-deux ans, venue d'Europe centrale,  et un Africain de vingt-sept ans, qui a grandi dans la rue et a été victime de toutes sortes d'abus.



Carolina Schutti entretient, elle, une relation profonde avec la musique. L'Aurichienne a été musicienne avant d'écrire, étudiant la guitare classique et le chant. Elle utilise son savoir musical pour écrire. "Ce qui compte le plus", dit cette amoureuse de la musique baroque et de la musique contemporaine, "c'est l'espace entre les notes et non les notes."
Vivaldi, du jazz et une pièce composée par son mari musicien résonnent pendant la lecture de "Un jour j'ai dû marcher dans l'herbe tendre" (traduit de l'allemand (Autriche) par Jacques Duvernet, Le Ver à soie, 2018, 120 pages), un superbe livre court et dense sur la perte de la mère, la perte de la langue, la perte des souvenirs et les réminiscences fortuites.


Metteuse en scène, actrice, autrice de trois romans, la Belge Isabelle Wéry a la musique dans la peau. "J'écris beaucoup en musique, avec un casque sur mes oreilles. Mais de la musique différente pour chaque roman." Elle lit un extrait de la fin de "Marilyn désossée" (Maelström Editions, 2013, 178 pages) aux sons d'une musique référencée dans le livre et d'artistes berlinois qu'elle a entendus à Shanghai où elle a été en résidence deux mois. Un texte brillant, surprenant, réjouissant, qui passe formidablement bien à l'oral.



Pour le Portugais David Machado, la musique est importante quand il écrit."Il faut que je trouve la bande-son et qu'elle corresponde aux personnages". C'est Bruce Sprinsteen, le boss, qui est revu par le DJ pour ce dernier set, "Indice de bonheur moyen" (traduit du portugais par Vincent Gorse, L'Aube, 2019, 455 pages), un journal intime inversé, qui anticipe le futur et se heurte à la crise qui frappe le pays. Quelques ratés dans la projection de la traduction font hélas un peu perdre le fil de ce texte tentant.




A vos bibliothèques, à vos librairies. L'apéro de nonante minutes ouvre fortement l'appétit de lire.



mercredi 5 février 2020

Isabelle Wéry propose son juke-box au 140

Gabriela Babnik, Carolina Schutti, David Machado, Isabelle Wéry.

Quand il n'y en a plus, il y en a encore, et tant mieux. Au début du mois d'octobre 2019, les prix de littérature de l'Union européenne étaient remis pour la onzième fois à Bruxelles (lire ici). L'année précédente, un recueil célébrait les dix ans de la récompense européenne (lire ici).

Ce jeudi, le 6 février, Isabelle Wéry, la lauréate belge de l'EUPL 2013 aura "carte blanche" au théâtre 140. A cette occasion, celle qui a participé au recueil "European Stories" a invité trois autres lauréats de l'EUPL, David Machado (Portugal 2015), Gabriela Babnik (Slovénie 2013) et Carolina Schutti (Autriche 2015) - les deux derniers ayant également participé au livre des dix ans - pour une soirée littéraire et musicale intitulée "Stories & juke-box".

Les quatre auteurs seront conviés par le philosophe et écrivain belge Laurent de Sutter à discuter des histoires que nous écrivons en Europe. Diffèrent-elles ou non d'un endroit à l'autre, du nord au sud, d'est en ouest? Nous rassemblent-elles, nous opposent-elles? Ils liront des extraits de leurs livres et ils seront accompagnés de musique et de DJ set de l'artiste belge et éditeur Pierre de Mûelenaere (ONLIT, c'est lui).

Rockeuse notoire, Isabelle Wéry s'explique sur son projet:
"La musique joue un rôle important dans les processus de création des artistes en général. La musique, c'est celle qui électrise l'ensemble de notre corps quand nous l'écoutons. C'est celle aussi qui a le pouvoir de provoquer des images dans nos cerveaux. Elle décuple notre pouvoir d'imagination. Qu'en est-il du rôle de la musique durant le travail d'écriture de nos auteur.rice.s invité.e.s? Quelles musiques les accompagnent? Ils et elles ont sélectionné des morceaux de musique pour accompagner leurs lectures que le musicien Pierre de Mûelenaere distille en live, tel un "juke-box de chair et d'os".  Quand les mots s'engorgent de sons et de rythmes, les récits s'illuminent sous nos yeux."

Pratique
Lieu: Le 140, le jeudi 6 février à 20h30
Conception: Isabelle Wéry
Modérateur: Laurent de Sutter
Musique, DJ set live: Pierre de Mûelenaere
Avec : David Machado (Portugal), Carolina Schutti (Autriche), Gabriela Babnik et Isabelle Wéry (Belgique)
Infos et tickets: ici



jeudi 3 octobre 2019

Quatorze lauréats, dont onze femmes!

Treize des quatorze livres primés en 2019. (c) EUPL.

Quel est le palmarès où se côtoient onze femmes et trois hommes? Pas celui de la meilleure pose de vernis à ongles semi-permanent. Pas celui de la meilleure sage-femme. Pas celui de la meilleure secrétaire. Non. Celui de la cuvée 2019 des prix de littérature de l'Union européenne qui ont repris leur vitesse de croisière après avoir célébré leurs dix ans l'an dernier (lire ici).

Bien sûr, avoir quatorze lauréats signifie que tous les pays de l'Union ne participent pas chaque fois à la compétition. Une tournante est organisée depuis 2009, année où les prix ont été créés. Ainsi ont déjà été honorés pour la Belgique Peter Terrin (2010), Isabelle Wéry (2013) et Christophe Van Gerrewey (2016). L'an prochain, on devrait donc avoir de nouveau un lauréat belge francophone. Chez nos voisins français, on trouve au palmarès les noms d'Emmanuelle Pagano (2009), Laurence Plazenet (2012) et Gaëlle Josse (2015).

Palmarès EUPL 2019

Par ordre alphabétique de pays

  • Autriche Laura Freudenthaler
  • Finlande Piia Leino
  • France Sophie Daull
  • Géorgie Beqa Adamashvili 
  • Grèce Nikos Chryssos (Nίκος Χρυσός) 
  • Hongrie Réka Mán-Várhegyi 
  • Irlande Jan Carson 
  • Italie Giovanni Dozzini 
  • Lituanie Daina Opolskaitė Kovalčikienė 
  • Pologne Marta Dzido
  • Roumanie Tatiana Țîbuleac
  • Slovaquie Ivana Dobrakovová 
  • Ukraine Halyna Shyyan
  • Royaume-Uni Melissa Harrison 

La liste complète des lauréats, année par année, se trouve ici.


L'anthologie 2019. (c) UEPL.
Comme chaque fois, les auteurs récompensés  apparaissent dans une anthologie "European stories" millésimée (248 pages).
Pour chacun, une courte bio et un résumé en anglais du livre primé, un extrait d'une demi-douzaine de pages du livre dans sa langue originale et la traduction de l'extrait en anglais ou en français.



Les lauréats 2019, bien entourés. (c) EUPL.

Entièrement en anglais, la cérémonie de remise des prix s'est déroulée en soirée le mardi 2 octobre à Bozar dont le directeur, Jean Dujardin, a eu ces mots: "Nous avons la responsabilité d'écouter nos artistes et nos écrivains parce qu'ils sont comme les canaris dans les mines de charbon. S'il vous plaît, faites en sorte qu'ils puissent chanter." La ministre finlandaise de la culture et de la science, Hanna Kosonen, a dit l'importance des traductions pour la circulation des livres primés témoignant de la diversité de l'Europe et a insisté sur l'importance de la promotion de la lecture avant tout cela.

Sofi Oksanen. (c) UEPL.
Avant la remise officielle - ils avaient été dévoilés en mai - des prix par différentes autorités culturelles , la romancière finlandaise Sofi Oksanen a lu une longue, très longue intervention en anglais. Pas une de ses fabuleuses dreadlocks ne bougeait mais pas sûr que le public l'ait suivie jusqu'au bout de ses mots.

La proclamation où les écrivains étaient appelés trois par trois, seulement deux pour Laura Freudenthaler et Sophie Daull, a été marquée par l'intervention du lauréat géorgien. Beqa Adamashvili s'est écrié: "Je dédie mon prix aux opérations de sauvetage en Méditerranée. Ils sont mes héros. Ils sont nos héros." Enfin, la réalité bousculait les belles paroles sur l'entente et la solidarité européennes.


Une assemblée nombreuse. (c) EUPL.


Avant la proclamation, le public était invité à participer à une lecture dans la langue qu'il choisissait. Pour le français étaient réunies les lauréates autrichienne et française.
Laura Freudenthaler a lu des extraits de son deuxième roman, "Geistergeschichte" ("Histoire de fantôme", Droschl, 2019) et Sophie Daull de son troisième, "Au grand lavoir" (Editions Philippe Rey, 2018). Sophie Daull est l'auteur du magnifique premier roman "Camille, mon envolée" (même éditeur, 2015, lire ici) et de "La suture" (même éditeur, 2016), deux histoires de fantômes à leur façon puisque les livres parlent de la disparition de la fille et de la mère de la romancière.


La lecture de Laura Fraudenthaler et Sophie Daull. (c) EUPL.