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lundi 23 janvier 2023

Rétro 2022 de pierres en cailloux

"Amours" de Michel Galvin. (c) Rouergue Jeunesse.

On a beau savoir et expérimenter régulièrement l'amour des enfants pour les cailloux de toutes tailles et de toutes formes, il est étonnant de voir combien d'albums sont consacrés à ces pierres et ces galets. Voici une demi-douzaine de titres, emmenés par le maître de l'art minéral (lire ici).

Vers galants


Amours
Michel Galvin
Rouergue jeunesse, 40 pages
dès 5 ans

Si le coq peut être amoureux d'une pendule, Roger le vieux pneu peut bien l'être d'Olga la raquette olympique trouée et Léon le bidon de Gertrude la brosse. Les faits se déroulent dans un lieu désolé ponctué d'objets hétéroclites mis au rebut et de pierres de tailles diverses. Un décor de cailloux, de falaises, de taches d'huile et de peinture bien dans la ligne de ceux que nous a déjà présentés Michel Galvin dans ses albums précédents. Seuls signes de vie et discrets indices géographiques du lieu, les deux manchots qui s'activent sur la décharge au fil des pages. Ils vont être ceux qui sortent le lieu de sa sinistre vocation. Ils vont remplacer la mort et l'oubli par l'amour et la poésie, indifférents aux injures que se lancent lors de leurs perpétuelles bagarres les habitants ennemis du lieu, les Comanches et les Sanmanches.

Il fait froid, il neige, tout a l'air bien désespéré et, tout d'un coup, un dénouement inespéré. Michel Galvin nous convie à sa façon elliptique à réfléchir aux grandes choses de la vie.

Gertrude a entendu Léon. (c) Rouergue Jeunesse.


Conversation


Tchao Caillou!
Giuseppe Caliceti
Noemi Vola
traduit de l'italien par Laetitia Cordonnier
CotCotCot éditions, 44 pages
dès 3 ans

Les innombrables illustrations aux feutres et aux crayons de couleurs conviennent merveilleusement à ce dialogue entre un enfant diablement éloquent, accompagné de son animal domestique tout aussi démonstratif, et un caillou. Les dessins sont d'une expressivité folle et accompagnent les délicieux échanges entre réalisme, poésie et nonsense. La pertinence de l'enfance qui interroge avec ses références, porte pour entrer, raison du premier silence, disposition intérieure et d'autres questions tout aussi justes et les réponses sages ou imaginatives, pratiques ou philosophiques du caillou. Origine du monde, peur de finir et autres sujets existentiels apparaissent en une merveilleuse alchimie dans cet album original et réussi, tant grâce à son sujet qu'à ses impeccables dessins.

Un enfant et un caillou dialoguent. (c) CotCotCot éditions.

 

Positiver


Le rocher bleu
Jimmy Liao
traduit du chinois par Chun-Liang Yeh
HongFei, 148 pages
dès 7 ans

Ce formidable album pour les enfants sachant déjà lire déploie en finesse et en détail un hymne à la résilience. Un rocher bleu vivait heureux dans une forêt du bout du monde. Après des milliers d'années, un terrible incendie le brûla mais les pluies lui redonnèrent vie. "Il se mit à luire, d'une lumière douce et délicate." Pas longtemps. Les hommes le coupèrent en deux et emportèrent une de ses moitiés. Un voyage inouï commençait pour le rocher bleu. Considéré comme un trésor, il fut transformé en sculpture par ses propriétaires  et porté aux nues. Jusqu'au jour où il lassa, fut oublié et où un élément bleu près de lui lui rappela sa moitié restée là-bas et où il vola partiellement en éclats.

Chaque fois, le plus gros bloc restant est récupéré par des admirateurs qui le transforment en ceci et cela jusqu'à ce qu'un événement imprévu intervienne. Attitude rare, le rocher bleu apprécie ses transformations, une dizaine au total, qui le font rapetisser. "Sans cesse brisé, le rocher bleu est constamment remodelé. On le chérit comme un trésor, puis on finit par l'oublier." Si ces rétrécissements l'endurcissent, ils n'entament en rien sa détermination à se retrouver lui-même, ce qui lui sera permis en toute fin de cet album dont le texte suggestif est porté par des illustrations puissantes balayant tout le spectre des interventions humaines.

Le rocher bleu est coupé en deux. (c) HongFei Editions.


Aladin entendu


Pourvu que l'on danse comme un jour de chance
Natali Fortier
Rouergue Jeunesse, 40 pages
dès 5 ans

Comment faire voyager un caillou? En le gardant dans le soulier où il s'est glissé, pardi! Après cette suggestion, Natali Fortier convie un apprenti comédien pour introduire son histoire. "Toi, pour me remercier de m'avoir libéré, je t'offre ma gratitude éternelle et un vœu à exaucer", la phrase au génie de la lampe d'Aladin, Omar l'a répétée des centaines de fois, sans savoir que des tas de cailloux l'avaient entendue et s'étaient mis à rêver.

Les cailloux ont entendu la phrase. (c) Rouergue Jeunesse.

Dès lors, les cailloux dessinés en têtes vont se compléter de traits et de couleurs pour devenir, sur le papier, une foule de personnages complets, habillés et bien décidés à réaliser leurs aspirations. Etre coiffeur pour le chauve Paolo, être un délicieux Petit Poucet mangé par l'ogre pour Armand, danser toutes les danses pour Albertine, etc. Chaque souhait est agréablement écrit, jouant sur les mots, leurs sons et leurs sens, et prolongé par un splendide collage de cailloux complétés de dessins et mis en scène. On se glisse avec un infini plaisir dans ces différentes suggestions jusqu'à la finale qui ramène tout le monde sur terre, là où les cailloux sont au mieux. Surtout qu'ils peuvent contempler le ciel. Une très plaisante balade entre rêve et réalité.

Les rêves de Paolo. (c) Rouergue Jeunesse.


Caillou doudou


Au fond de ta poche
Hervé Eparvier
Fred Benaglia
Glénat Jeunesse, 40 pages
dès 4 ans

Un album sympathique où un jeune papa explique tout tout tout des cailloux à sa fille, leur histoire, leur beauté, leurs qualités, etc., tout simplement parce qu'il souhaite prendre cette forme pour l'accompagner discrètement en se glissant au fond de sa poche, la protéger si nécessaire. Une charmante déclaration d'amour paternel joyeusement illustrée.

Un papa discrètement protecteur. (c) Glénat Jeunesse.


Sisyphe


En route!
Isabelle Simon
Kilowatt, 40 pages
dès 2 ans

Dans ce petit format, les cailloux s'assemblent en personnages qui se préparent pour une journée d'aventure, chacun à sa mode, chacun selon son caractère. Mais voilà que la rivière sort de son lit et emporte la ribambelle. Laquelle réapparaît un peu plus loin, toute  chamboulée par l'eau mais prête à de nouveaux assemblages et à de nouvelles aventures. Un recommencement joueur et enjoué.


La ribambelle avant et après. (c) Kilowatt.

mardi 5 février 2019

La dictature et l'exil mais aussi la vie et l'avenir dans un conte pour enfants, musical et illustré

La douane, passage obligé pour le migrant. (c) Editions des Braques.


Le titre est un peu énigmatique, "Loin de Garbo", car le nom de Garbo fait plus penser à une actrice intemporelle qu'à un village quelque part dans le monde. Mais on se fait vite au changement tant est surprenant, captivant et réussi ce conte musical, écrit par Sigrid Baffert, composé par Alexis Ciesla et illustré par Natali Fortier. Un album grand format qu'accompagne un disque interprété par le Collectif de l'Autre Moitié et raconté par Jean-Pierre Darroussin (livre-disque, Editions des Braques, 56 pages et un CD). Une merveille d'album sur une saga familiale qui se complète d'une passionnante écoute durant quarante-cinq minutes et vient d'être récompensée par le Grand Prix Charles Cros.


"Loin de Garbo"
est dédicacé par ses deux auteurs "à tous les exilés de l'Ouest, de l'Est, du Sud ou du Nord et à nos aïeux de Pologne et de Sicile venus à pied, en train ou en bateau reconstruire un possible..."

Garbo, sa place ses maisons, ses habitants. (c) Editions des Braques.

Garbo n'est donc pas une actrice mais un village. Un village qui ne dispose que d'une seule place où tout se passe. Ce jour-là, ce sont les noces de Darius et Greta. Une cérémonie joyeuse et sérieuse qui tient compte de la profession des fiancés. Ils sont couturiers. Ils s'engagent à "coudre ensemble" leurs deux vies, à "tricoter leur amour à quatre mains". Et sont déclarés "épouse et mari au nom de l'Amour et du Fol Esprit".

L'arrivée des hommes-corbeaux. (c) Editions des Braques.

De l'amour et du fol esprit, il en faudra aux tourtereaux qui s'installent d'abord chez l'étonnant Oncle Raskine aux longs doigts-racines, toujours vêtu du même grand manteau de laine et qui ne parle que grâce à sa contrebasse. Un manteau lourd de la mémoire qu'il porte et transporte. Au début, tout va bien. Ils travaillent, chantent, font de la musique. Un petit Milo agrandit la famille. Mais les temps changent. Et des hommes-corbeaux placardent sur la place de Garbo des panneaux rétrécissant de plus en plus les libertés. Pour Darius, Greta, Milo et Oncle Raskine, il est temps de partir. De quitter Garbo. De prendre la route vers un mythique Eldorado. De se diriger vers la mer. De monter à bord d'un bateau bondé d'autres réfugiés parlant d'autres langues, venant d'autres pays. De braver les tempêtes, la peur, la soif et la faim au ventre.

Retrouver la terre n'est pas synonyme pour eux de victoire. Les démarches sont nombreuses, les douaniers intransigeants. Nos héros ne sont finalement pas refoulés et poursuivent leur chemin de misère. L'amour et le fol esprit leur permettront de tenir, de résister, de s'adapter, de construire une nouvelle vie. "Il vaut mieux se perdre dans ses rêves que de perdre ses rêves" est la devise familiale. En tuteurs de ce chemin inconnu, Oncle Raskine et Milo, le passé et l'avenir entourant le présent de Darius et Greta. Et surtout, ils savent que l'Eldorado tant recherché, c'est celui que l'on se fait soi-même, comme le déclarera Milo devenu adulte et père à son tour.

L'Eldorado de Milo. (c) Editions des Braques.

Magnifique, subtile, proche du conte, universelle finalement, "Loin de Garbo" n'est pas une énième histoire de migrants fuyant une dictature mais une saga familiale précise, avec ses joies et ses chagrins, ses difficultés et ses réussites. Avec l'idée de reconstruire un possible. Une faculté que donnent aussi l'exil et la migration. Un peu comme l'a fait Négar Djavadi dans "Désorientale", son premier roman (pour adultes, lire ici).

L'histoire de Darius et Greta et de leur proches se déploie dans un texte simple et dynamique que soutiennent une superbe série de chansons. Plein d'anecdotes émaillent le récit aux mots très joliment choisis et assemblés. On découvre avec grand plaisir ce couple qui s'aime et se respecte, qui tient et se tient malgré les difficultés et elles ne manquent pas, les longs et symboliques doigts-racines d'Oncle Raskine, Milo qui grandit et va vers son avenir, la jeune Ava, tout en étant relié à son passé. Il y a mille histoires dans ce voyage en musique plein d'allant et de rythme.

Les superbes images de Natali Fortier, follement créatives, renforcent les propos toujours justes  de Sigrid Baffert ainsi que les géniales compositions musicales d'Alexis Ciesla et les poussent aussi plus loin, qu'on lise le texte et les chansons ou qu'on les écoute, le premier remarquablement interprété par Darroussin, les secondes par le Collectif de l'Autre Moitié. Garbo est bien plus qu'une place de village. Il faut voir les mimiques des personnages, les regards qu'ils échangent, les décors qui s'amusent avec la réalité. "Loin de Garbo", c'est un monde, un état d'esprit, des cœurs qui battent. Un album à ne pas rater.


Pour feuilleter et écouter un extrait de "Loin de Garbo", c'est ici.



mardi 8 mai 2018

J'aime que "J'aime..." soit réédité

"J'aime poser mes pieds sur les chaussures immenses de papa
et qu'on marche ensemble autour du salon." (c) Albin Michel Jeun.

La chance de suivre la littérature de jeunesse depuis longtemps est celle d'avoir découvert à leur sortie initiale des pépites qui sont aujourd'hui rééditées. Merci aux éditeurs qui pratiquent la réédition, rendant ainsi accessibles aux enfants d'aujourd'hui, et aussi aux adultes qui s'intéressent au genre, des titres qui s'étaient endormis. Ou qui n'avaient pas été vus, faute d'avoir le bon âge au moment de leur parution. Contrairement à la littérature générale, la littérature de jeunesse s'adresse à des publics qui évoluent par tranches d'environ trois ans seulement.

2018.
2003.
Couverture bleu turquoise désormais uni, dos rouge et reliure cartonnée, mentions "J'aime" du texte en noir plutôt qu'en gris, revoici l'exquis album "J'aime..." de Véronique Le Normand et Natali Fortier (Albin Michel Jeunesse, 128 pages), quinze ans après sa première parution, quand l'auteure, Mme Daniel Pennac à la ville, signait du pseudonyme de Minne. De son côté, il y a très longtemps que la Franco-Canadienne a effacé le "h" et le "e" de son prénom, des "lettres qui ne servaient pas".

Ah, la douceur sucrée des bons moments qui se succèdent dans cet album tout en délicatesse et en joie. "J'aime l'école quand c'est l'heure des mamans", "J'aime mettre ma jupe à volants et la faire tourner",  "J'aime regarder papa se raser quand il a plein de mousse blanche sur la figure et que j'ai envie de tremper mon doigt dedans", pour les trois premières pages. J'aime ceci, j'aime cela tout au long de ce très joli album. A tel point que "J'aime..." est le meilleur titre qu'on pouvait lui trouver.

Voilà un petit format bien épais tout en grâce enjouée où grappiller de multiples évocations d'une enfance heureuse dans les textes joliment tournés, virevoltants même, saisissant l'essence de cet âge, de Véronique Le Normand et les illustrations très réussies de Natali Fortier. Ses personnages ont une présence folle, de même que ses scènes avec des animaux ou ses simples dessins d'objets. Plaisirs et surprises du quotidien, mais aussi anecdotes exquises à l'instar de la rencontre d'une amie adulte un peu folle qui interroge la jeune narratrice sur le petit mari qu'elle pourrait avoir et délices de la vie d'enfant comme un pull qui sent bon la maman ou les histoires qu'on se raconte à propos de l'épicière qui pourrait être une sorcière. Autant d'instantanés qui font un bien infini au cœur et à l'âme. Une mosaïque drôle et tendre à partager entre enfants et adultes, célébrant la sécurité, la légèreté et la liberté de l'enfance.

Conversation avec une amie un peu folle de maman. (c) Albin Michel Jeun.

Traduit partout dans le monde, l'album "J'aime..." a obtenu une mention en catégorie Fiction à la Foire de Bologne 2004. C'est cette succession de petits bonheurs qui a véritablement révélé au monde et à la littérature de jeunesse Natali Fortier qui avait commencé comme peintre et  et continué comme dessinatrice de presse pour gagner sa vie. Qui est aussi sculptrice comme en attestent ses dessins qui louchent vers les trois dimensions. Elle qui dit avoir tellement envie que le personnage bouge et fait toujours des croquis dans plusieurs positions.

"J'aime la musique de la pluie
qui goutte sur mon parapluie rouge". (c) Albin Michel Jeun.

En 2009, Natali Fortier me disait ceci: "C'est l'album "J'aime..." qui m'a permis de rentrer chez quelqu'un. Je m'y sens moins libre mais là, j'étais bien invitée. Je n'aurais jamais écrit cette tendresse. Minne m'a permis de la sentir. Moi, je me sens assez agressive, même dans mon matériel. C'est bien d'avoir eu la tendresse au départ."

Ont suivi dans la foulée:

  • "Violette" (texte de Paule Du Bouchet, Gallimard Jeunesse, 2003), une petite fille taciturne amie des oiseaux.
  • "Lili plume" (Albin Michel Jeunesse, 2004, Prix Goncourt Jeunesse) ou "Natali écrit", premier album en solo
  • "J'aime l'été" (textes de Minne, Albin Michel Jeunesse, 2006)
  • "Mathurin" (Albin Michel Jeunesse, 2006), en solo à nouveau, complété de photos de personnages en volume
  • "Graines de petits monstres" (Albin Michel Jeunesse, 2007), théâtre jouant sur les onomatopées
  • "Zoo" (L'art à la page, 2008), magnifique prolongation d'une expo en Mayenne, vingt-cinq cubes de 50 × 50 cm, en bois dont les six faces sont peintes d'animaux aux formes symboliques (tortue, serpent, chameau), ou en Plexiglas transparent accueillant des personnages en volume. "Les boîtes finies, on m'a proposé d'écrire le texte du livre. Je connaissais très bien mes animaux, tous leurs côtés, même leurs ventres. Je n'avais plus de retenue. Mais l'écriture m'a toujours agacée par son immobilité. Je me suis mise à marcher tous les matins, avec mon crayon et mon papier. Souvent, je n'écrivais qu'un mot, pour me souvenir. Puis j'ai pris un calepin. Mes promenades se sont faites au rythme des animaux, en les écrivant. En fait, j'écris avec mes pieds."
  • "Sur la pointe des pieds" (L'atelier du poisson soluble, 2008), un drame d'enfance.
  • "Mon beau soleil" (photos de Guy Kaizer, Albin Michel Jeunesse, 2009), la journée d'un petit enfant.
  • "Conte à bascule" (L'art à la page, 2011), catalogue d'exposition.
  • "Démasquez" (L'art à la page, 2011), des masques et des mots.
  • "Plupk" (Olivier Douzou, Rouergue, 2012), variation très réussie sur le thème du Petit Poucet.
  • "Reviens!" (Olivier Douzou, Rouergue, 2013), réédition légèrement modifiée de l'album paru en 2000 sous le titre "Va t'en!" consacré aux petits monstres de la nuit.
  • "La folle journée de colibri" (Albin Michel Jeunesse, 2013), les incroyables rencontres d'un colibri.
  • "Marcel et Giselle" (Rouergue, 2015, lire ici), qui revisite de façon gourmande le conte de Hansel et Gretel
  • "L'amour, ça vaut la peine" (Albin Michel Jeunesse, 2016, lire ici), deux amis que tout sépare.

L'avaient notamment précédé:

  • "Moi et ma cheminée" (Herman Melville, L'Ampoule, 2003), qui revisite par ses illustrations le texte de Melville ayant pour héros une cheminée et interrogeant les relations entre les hommes et les femmes.
  • "Les doigts niais" (Olivier Douzou, Rouergue, 2001), un petit ver de terre reconduit à la frontière.
  • "Merci" (Olivier Douzou, Rouergue, 2000), devoir toujours dire merci?
  • "Six cailloux blancs sur un fil" (Cécile Gagnon, Albin Michel, 1998), un petit conte de sagesse indien.





samedi 26 janvier 2013

LE toc toc d'un certain camion rouge

Un camion, c'est rouge pour être normal et cela transporte un chargement.

Des cartons dans le cas de "Camion toc toc", dernière création d'une abondante et formidable production 2012 d'Olivier Douzou (Rouergue), comme on le lira ci-dessous.
Ce fameux camion rouge est donc chargé de 49 cartons, qui font penser aux blocs de construction des enfants. Chacun d'eux est estampillé d'une lettre. Mais pas n'importe laquelle car ce sont ces 49 lettres qui composent petit à petit l'histoire d'Olivier Douzou. Bizarre? Mieux! Oulipien et on ne devine rien.
"Camion toc toc" est en effet  la folle course sur la chaussée du camion rouge et de son chargement, le tout uniquement en couleurs primaires. Divers incidents, feu rouge, bosse, montée, etc., vont  freiner son élan et, naturellement,  faire choir une part des cartons sur le bitume.
Les choses se raffinent car des mots s’écrivent sur le sol, addition des lettres tombées, toujours en rapport avec le code de la route. Quelle excellente idée!
Les plus jeunes vont rire du trajet fou.
Les plus grands vont jouer avec les 49 lettres des colis dégringolés.
Et les encore plus grands (y compris les adultes lecteurs) saluer ce très réussi tour de passe-passe littéraire et graphique.

Deux exemples de double page.

(c) Olivier Douzou.

(c) Olivier Douzou.


Une animation très sympathique (par Corinne Garcia).





"Camion toc toc" était donc le dernier-né 2012.
Mais quelle famille nombreuse est arrivée durant l'année écoulée.

Quatre d'une série de douze "Comptines en continu".
Une collection tout carton, cosignée Olivier Douzou (textes) et Frédérique Bertrand (images), toujours au Rouergue, qui joue avec la langue et les images pour créer des histoires pleines d’humour et d’inattendu, centrées chaque fois autour d’un animal.
Douze titres sont prévus, dont les dos accolés composeront la formule « Les comptines ».
Quatre sont déjà sortis: "Poney" (un petit cheval est le seul à voir son futur en grand), "Teckel" (un chien en pyjama n’en fait qu’à sa tête pour ne pas s’allonger), "Ours" (un ours court pour échapper à de longues lignes, barreaux ou pluie?) et "Minou" (un chat parcourt une journée en mots liés à sa nature).
Olivier Douzou s’amuse avec les mots et les sons pour monter chaque fois un vrai scénario de quelques pages. Frédérique Bertrand lui donne la réplique dans des images qui vibrent de détails sous leur apparente simplicité. Et les différents personnages se retrouvent dans chacun de ces titres qui éveillent aux plaisirs des langages écrit et visuel.















Et avant cela, il y avait encore eu "Les aventures d'Alexandre le gland" (Rouergue), inspirée de qui on sait.











"Le bon Docteur Poutingue", avec José Parrondo, sur le fameux sujet des poux.


"Poèmes de terre", avec Anouk Ricard, plein de tubercules et de vers.

La belle histoire de "Plupk", avec Natali Fortier










Sans oublier "Fourmi", en solo, pour les tout-petits et qui a donné lieu à une belle application iPad, honorée au dernier Salon de Montreuil mais non encore commercialisée.









Mais nous sommes en 2013 et d'autres projets sont annoncés,
dont celui du département jeunesse des Editions du Rouergue qui veut planter des arbres pour ses vingt ans!
Des vrais et des imaginaires.


Les premiers arbres arriveront le 6 mars avec la sortie du livre de José Parrondo et Olivier Douzou, "Forêt-wood",  catalogue d'arbres fantasques et poétiques.
 
 
 
 
 
 
 
 
Tous ces arbres feront grandir une forêt virtuelle de zéro hectare mais cet espace sera infini comme l'imagination. Ce sera à visiter tout au long de l'année sur le blog  www.foretwood.tumblr.com
non encore actif.