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mercredi 7 décembre 2022

Le "feel bad novel" de la Belge néerlandophone Gaea Schoeters honoré par l'UEPL

La sculpture de papier réalisée pour la Belge Gaea Schoeters.

On aura vraiment beaucoup parlé de l'Ukraine ce mardi soir à Flagey où étaient remis officiellement les distinctions littéraires de l'Union européenne, les prix UEPL. Le prix et les cinq mentions spéciales avaient été annoncés en avril à Paris (lire ici). S'il est normal d'évoquer les Ukrainiens dévastés par la guerre, fallait-il un tel chœur? La Commissaire à l'innovation, la recherche, la culture, l'éducation et la jeunesse Mariya Gabriel, l'écrivain lituanien Tomas Vaiseta deux fois,, le chef de la mission de l'Ukraine auprès de l'Union européenne Serhii Tereshko, les écrivains sur scène en chœur, la lauréate ukrainienne Eugenia Kuznetsova naturellement, l'écrivain géorgien Iva Pezuashvili, le lauréat 2022. On aurait aimé un tout petit mot de compassion pour d'autres pays qui subissent aussi la guerre. Il n'y en a eu aucun. Une bombe russe vaut-elle plus qu'une attaque en Afghanistan ou en Syrie? Il a été dit la nécessité de conserver la culture au-delà des guerres, malgré les guerres. Un livre ukrainien vaut-il plus que la musique afghane aujourd'hui interdite? Pas un mot sur ce qui se passe loin de nos portes.

Lecture conversation avec Gaea Schoeters
et Tomas Vaiseta. (c) EUPL.
La littérature a aussi été fêtée en ce soir de Saint-Nicolas. Le fonctionnement du Prix de littérature de l'Union européenne ayant été modifié pour son cinquième cycle (2022 à 2024), la cérémonie a elle aussi connu quelques changements. En trois lieux de Flagey ont eu lieu avant la cérémonie proprement dite des lectures-conversations avec la plupart des écrivains proposés par leur pays. Ils ont répondu à des questions et lu un extrait de leur œuvre en langue originale. Bonne idée. Au moins sur le papier. Il m'a été impossible de lire la traduction anglaise en parallèle à la lecture en lituanien; aucun problème par contre lors de la lecture en néerlandais - pas besoin de traduction.


Pour ma part, j'avais donc choisi la séance avec le Lituanien Tomas Vaiseta ("Ch.") et la lauréate belge néerlandophone Gaea Schoeters, mention spéciale pour son roman "Trofee", disponible en français depuis septembre; il a été traduit en français par Benoît-Thaddée Standaert pour la collection "Actes noirs" d'Actes Sud sous le titre "Le trophée". Le "meilleur feel bad novel de l'année", selon la romancière qui incite ses lecteurs à changer leur focale habituelle. Une histoire de chasse en Afrique qui fait réfléchir entre autres aux paradoxes de notre bonne conscience.

Tandis que la Belge faisait remarquer qu'une des utilités du prix, vu les nombreuses traductions générées, était qu'un roman écrit en langue flamande allait peut-être aller chez les Anglo-Saxons alors qu'habituellement ce sont ces derniers qui envahissent les rayons des librairies flamandes, le Lituanien, de son côté invoquait "Please, support Ukraine!" avant d'expliquer qu'un jour, le prénom de Charles lui était venu et qu'il s'était lancé dans de nombreuses recherches à ce sujet, lui qui ne voulait plus en faire pour un roman.

Flagey. (c) EUPL.
La cérémonie ensuite s'est présentée comme une lasagne entre discours officiels et interventions de douze des quatorze lauréats célébrés ce soir. Extraits.

Après un mot pour l'Ukraine, Mariya Gabriel, Commissaire à l'innovation, la recherche, la culture, l'éducation et la jeunesse: "Le prix EUPL brise les barrières physiques, linguistiques et culturelles pour nous aider à mieux nous comprendre. Il souligne l'importance du secteur du livre pour notre société européenne. [Aux auteurs], je vous demande de continuer à servir de modèles et de source d'inspiration pour tous les esprits créatifs à travers l'Europe."

"Quelle place pour la culture dans un monde où les gens sont contraints de quitter leur foyer et de chercher refuge?" interroge Sabine Verheyen, Présidente de la commission de la culture et de l'éducation, député européenne. "Nous ne devons pas sous-estimer le pouvoir des livres. Les histoires que nous racontons aujourd'hui façonneront notre avenir."

Serhii Tereshko, chef de la mission de l'Ukraine auprès de l'Union européenne, plaide sur l'importance de la littérature comme base de l'identité européenne ukrainienne. Il demande qu'on publie les livres d'Ukraine, qu'on fasse la promotion de la littérature ukrainienne.

Changement de perspective avec la capsule vidéo de l'Italien Daniele Mencarelli: "J'écris depuis que j'ai 15 ou 16 ans. J'ai découvert la littérature grâce à un professeur à l'école. A ce moment, la littérature est devenue ma vie."

Quatre écrivains montent ensemble sur scène. L'Autrichien Peter Karoshi, enchanté d'avoir rencontré ses collègues avec qui il a "discuté littérature et politique". Le Norvégien Kjersti Anfinnsen, qui se réjouit de la multiplicité des langues. La Roumaine Raluca Nagy qui se rappelle de ses années d'études à Bruxelles. Le Lituanien Tomas Vaiseta, qui relance un appel pour l'Ukraine et juge peu important le pays d'origine: "On a les mêmes problèmes, les mêmes amours, les mêmes espérances."

Séquence vidéo avec le Macédonien du Nord Vladimir Jankovski: "Ecrire est pour moi dire la manière dont je perçois le monde. Un artiste ne devrait pas se limiter à une discipline mais multiplier les expériences comme je le fais, livres, cinéma, musique..."

Après les officiels Sonia Draga, Vice-présidente de la Fédération des éditeurs européens, et Jean-Luc Treutenaere, Co-Président de l'EIBF (European and International Booksellers Federation), montée sur scène de la Belge Gaea Schoeters et de l'espagnol Jacobo Bergareche, tous deux mentions spéciales. Ils ont parlé traduction et bien pointé que la qualité se mesure notamment à la musicalité de la langue de traduction.

En vidéo, l'Ukrainienne Eugenia Kuznetsova, mention spéciale: "J'ai toujours pensé que j'étais écrivain. J'ai grandi dans un tout petit village." Sur scène, deux nouveaux lauréats de mention spéciale, la Franco-Bosniaque Slađana Nina Perković: "Je voulais être un auteur français mais je n'y arrivais pas. Dans ma tête, mes personnages parlaient en serbo-croate." L'Irlandais au nom imprononçable Tadhg Mac Dhonnagáin: "J'ai essayé d'être loyal à mes personnages et à leurs situations en explorant le lien entre mémoire, identité et langage."

Dernier à parler de la soirée, on n'entendra ni le Grec Takis Kampyli, ni le Slovaque Richard Pupala, le lauréat du prix UEPL, le Géorgien Iva Pezuashvili se demande si la littérature peut changer le monde, se félicite des traductions permises par le prix et lance un dernier message de soutien à l'Ukraine.

Le recueil "European stories" des auteurs 2022 est maintenant disponible sous format papier. Il propose pour chacun des quatorze lauréats une biographie, un résumé du livre primé, l'avis du jury national l'ayant proposé, un extrait en langue originale et sa traduction en anglais. 

La Commissaire Mariya Gabriel a aussi annoncé que le 27 mars 2023 serait la Journée des auteurs européens.


vendredi 2 avril 2021

Le Flirt Flamand de la Foire du livre a débuté

(c) Flirt Flamand.


A la Foire du Livre de Bruxelles, transposée cette année en un festival littéraire qui se tiendra du 6 au 16 mai, on bosse. On fait, on défait, on refait, en fonction de l'évolution des mesures sanitaires. Les rencontres imaginées en février en présentiel (lire ici) sont en train de quasi toutes basculer en virtuel, a annoncé ce 1er avril, Marie Noble, sa commissaire générale. Et ce n'était pas un poisson. Elle assure qu'on aura tous les détails de la programmation le 20 avril.

Du côté flamand, il avait été décidé de se contenter du virtuel cette année et le programme, alléchant, est prêt, a expliqué Els Aerts de Literatuur Vlaanderen, partenaire de la Foire du livre de Bruxelles depuis 2019. Flirt Flamand 2021 a donc démarré hier. En trois axes et avec l'idée de multiplier les échanges entre auteurs et lecteurs néerlandophones et francophones de Belgique. "Si Bruxelles est un trait d'union entre la Wallonie et la Flandre, alors Flirt Flamand se veut le tiret entre nos littératures néerlandophone et francophone." 

Un programme littéraire

Le poète Michaël Vandebril a orchestré onze rencontres littéraires filmées entre un auteur néerlandophone et un auteur francophone de différents domaines, fiction, essai, slam, poésie, bande dessinée, jeunesse. Les vidéos seront mises en ligne à midi chaque jour entre le 6 et le 16 mai (www.flb.be et www.flirtflamand.be et YouTube) et y resteront disponibles ensuite.

Chaque auteur s'exprimera dans sa langue mais les vidéos seront sous-titrées soit en français, soit en néerlandais. Si seulement trois des vingt-trois invités ne sont pas encore traduits dans l'autre langue nationale, Seckou, Thomas Gunzig et Barrack Rima, les vingt-et-un autres sont lisibles dans les deux langues.

  • jeudi 6 mai: David Van Reybrouck & Caroline Lamarche
  • vendredi 7 mai: Bart Moeyaert, Gerda Dendooven & Carl Norac
  • samedi 8 mai: Seckou & Lisette Lombé
  • dimanche 9 mai: Peter Terrin & Adeline Dieudonné
  • lundi 10 mai: Judith Vanistendael & Barrack Rima
  • mardi 11 mai: Delphine Lecompte & Serge Delaive
  • mercredi 12 mai: Lars Bové, Yannick Pelegrin & Mélanie Rutten
  • jeudi 13 mai: Paul Verrept & Laurence Vielle
  • vendredi 14 mai: Frederik Van den Stock & Monsieur Iou
  • samedi 15 mai: Lize Spit & Jérôme Colin
  • dimanche16 mai: Bart Van Loo & Thomas Gunzig

L'enregistrement d'une discussion littéraire. (c) Flirt Flamand.


 

Attirer le public

Comment créer des liens entre lecteurs et auteurs de part et d'autre de la frontière linguistique? Via le système Matchmaker (ici) dont le robot vous pose des questions avant de vous proposer des titres de livres et des noms d'auteurs susceptibles de vous enchanter. C'est très amusant et peut être répété à plusieurs reprises. Un Tinder pour lecteurs des deux côtés de la frontière linguistique,


Le robot vous interroge. (c) Flirt Flamand.


#thomize

On avait déjà évoqué le futur mariage des écrivains Lize Spit et Thomas Gunzig. Les préparatifs sont maintenant entamés via l'application de théâtre en ligne SKGN, à télécharger sur les plateformes habituelles. C'est gratuit mais il faut s'y inscrire. Le programme #THOMIZE est déjà accessible et donne accès dès le 24 avril à l'histoire que vont écrire ensemble les deux tourtereaux jusqu'à leur mariage qui sera célébré le 5 mai à la Bibliothèque royale de Bruxelles. Une union en prélude parfait au festival littéraire qui commencera le lendemain.

#THOMIZE. (c) Flirt Flamand.



 


samedi 21 décembre 2019

Le banc au milieu du salon de Montreuil

Dessins réalisés par Ingrid Godon durant la rencontre scolaire à Montreuil.

Un banc au milieu du salon de Montreuil? C'est une image bien entendu. Un raccourci pour expliquer que le très beau roman "Le banc au milieu du monde" de Paul Verrept, illustré par Ingrid Godon (traduit du néerlandais par Emmanuèle Sandron, Alice Jeunesse, 2019, 88 pages, lire ici), a fait l'objet d'une rencontre scolaire au dernier Salon du livre et de la presse jeunesse de Montreuil. Lecture d'extraits par Mirabelle Wassef, dialogue en français avec l'auteur et avec l'illustratrice qui répondaient à mes questions et à celles des enfants présents.

Une rencontre qui a permis d'apprendre qu'une suite au "Banc" existait déjà en néerlandais. On en attend donc avec impatience la traduction française. Et que le très beau livre "Dantesken" d'Ingrid Godon (lire ici) sera diffusé du côté francophone par Esperluète.

Une rencontre scolaire à propos de laquelle Paul Verrept a ensuite écrit un mini-récit de voyage. Le voici, illustré par des dessins qu'Ingrid Godon a réalisés en live durant la séance à Montreuil. En langue originale mais une traduction française suit.


Dessins réalisés par Ingrid Godon durant la rencontre scolaire à Montreuil.

Sfeer opsnuiven 
"Ingrid Godon en ik vertrekken naar een regenachtig, wat druilerig Parijs, op weg naar de boekenbeurs van Montreuil. Nadat we zijn ingecheckt in het hotel gaat Ingrid al snel signeren bij Esperluete, de uitgeverij die haar boek ‘Dantesken’ vertegenwoordigt in de Franstalige wereld, en ik slenter van boekhandel naar boekhandel om al in de stemming te komen.
De boekenwereld in Frankrijk heeft een grote eigenheid. Het aanbod is breed, er is overal een ruim aanbod uit de canon aanwezig, én boeken hebben een specifieke vorm. Ik stoot er steevast op Edward van de Vendels ‘Vosje’, en het boekje zal ook een van de successen op de boekenbeurs blijken te zijn. Ik zet mijn tocht verder met in mijn rugzak een niet al te licht boek van de Amerikaanse straatfotograaf Louis Faurier.
Leestip
‘Le banc au milieu du monde’ is één van de leestips op de beurs. We zijn bovendien genomineerd voor de Prix Tatoulu 2020, een nominatie waardoor heel wat jonge mensen ons boek zullen lezen. Centraal in ons programma staat een ontmoeting met zo’n tweehonderd jonge lezers. Ter voorbereiding zoek ik wat Franse woorden op, zodat ik me min of meer begrijpelijk zal kunnen uitdrukken.
We ontmoeten ons publiek in een ruimte aan de zijkant van een hal. Die is min of meer afgescheiden van de beurs, maar toch dringt het lawaai van de propvolle ruimte rijkelijk door. Even zinkt mij de moed in de schoenen, maar zodra actrice Mirabelle Wassef een fragment begint voor te lezen wordt het publiek stil en aandachtig. Ik begrijp niet goed waar al die jonge mensen de concentratie vandaan halen in het lawaai en de drukte van de boekenbeurs.

Hartverwarmend
Maar ze luisteren aandachtig, ook als ik in wat omslachtig Frans antwoord op de vragen van Lucie Cauwe, de journaliste die als eerste het boek opmerkte. Ingrid Godon tekent portretten van fictieve personen terwijl ik uitleg hoe het boek ontstond, wat de rol van theater Stap in het werkproces was, hoe ik tekeningen en woorden in elkaar vlocht, en tenslotte ‘hoe het nu verder moet met onze held’.
Ingrid vertelt over haar manier van tekenen, de aarzeling, het zoeken, het experimenteren met technieken … Het publiek stelt vragen, en veel van de aanwezigen blijken het boek gelezen te hebben. De mensen zijn geïnteresseerd en het gesprek is daardoor hartverwarmend. Ook na de sessie worden we aangeklampt. We gaan langs bij onze uitgever, spreken met illustratoren en kijken rond.
De Franse uitgeverswereld staat zeker minder open voor experiment dan pakweg tien jaar geleden, maar wie door het bos de bomen ziet stuit nog altijd op vele pareltjes, op boeken met een eigen verfijnde toon en vorm. Het doet deugd te merken dat ons werk daar enigszins bij aansluit."


Essai de traduction


Humer l'atmosphère
"Ingrid Godon et moi partons pour un Paris pluvieux et un peu brumeux, en route vers la Foire du livre de Montreuil. Dès que nous nous sommes enregistrés à l'hôtel, Ingrid file vite signer chez Esperluète, l'éditeur qui représente son livre "Dantesken" dans le monde francophone, et moi, je me promène de librairie en librairie pour me mettre dans l'ambiance.

Le monde du livre en France a une grande particularité. L'offre y est large, il y a partout de nombreux livres et ils ont une forme spécifique. Je tombe sur "Petit renard" d'Edward van de Vendel,  un album qui sera un des succès du salon. Je poursuis ma promenade avec dans mon sac à dos un livre pas vraiment léger du photographe de rue américain Louis Faurier.

Conseil de lecture
"Le banc au milieu du monde" est un des conseils de lecture du salon. Nous sommes également nominés pour le Prix Tatoulu 2020, ce qui signifie que de nombreux jeunes liront notre livre. Au centre de notre programme il y a une rencontre avec environ deux cents jeunes lecteurs. Afin de m'y préparer, je cherche quelques mots français, pour pouvoir m'exprimer de manière plus ou moins compréhensible.

Nous rencontrons notre public dans un espace situé sur le côté d'une allée. Il est plus ou moins séparé du salon, mais le pénible bruit extérieur y pénètre à flots. Un instant, mon cœur se serre, mais dès que l'actrice Mirabelle Wassef commence à lire un extrait, le public devient calme et attentif. Je ne comprends pas très bien où tous ces gamins trouvent leur concentration dans le bruit et l'agitation du salon du livre.

Réconfortant
Mais ils écoutent attentivement, même lorsque je réponds dans un français parfois hésitant aux questions de Lucie Cauwe, la journaliste qui a, la première, remarqué le livre. Ingrid Godon dessine des portraits de personnages de fiction pendant que j'explique comment le livre est né, quel a été le rôle du théâtre Stap dans le processus de travail, comment j'ai entrelacé des dessins et des mots et, enfin, comment les choses vont se passer ensuite avec notre héros.

Ingrid parle de sa façon de dessiner, d'hésiter, de chercher, d'expérimenter différentes techniques... Le public pose des questions, et elles indiquent que les enfants ont lu le livre. Les gens sont intéressés et la discussion est donc réconfortante. Nous serons également questionnés après la rencontre. Nous nous rendons sur le stand de notre éditeur, parlons à des illustrateurs et regardons autour de nous.

Le monde de l'édition française est certes moins ouvert à l'expérimentation qu'il y a, disons, dix ans, mais ceux qui croient que les arbres cachent parfois la forêt découvrent encore toujours de nombreux joyaux, des livres avec leurs propres ton et forme. Il est agréable de constater que notre travail est quelque peu conforme à cela."





jeudi 17 janvier 2019

FLB 2019: "Il faut être deux pour flirter"


Qui se rappelle de la première édition de la Foire du livre de Bruxelles? C'était à la salle Arlequin avenue Louise, en 1969, il y a tout juste cinquante ans. Qui s'en rappelle? En tout cas, Hervé Gérard, président du conseil d'administration de la FLB, et Jimmy Jamar, chef de la la Représentation de la Commission européenne en Belgique, deux des orateurs qui ont présenté la Foire du livre de Bruxelles qui fête ses cinquante ans en cette 49e édition. Sven Gatz, notamment ministre de la Culture au sein du Gouvernement flamand, également présent, ne peut en dire autant: il a à peine 51 ans.
Pour rappel, la FLB 2019, se tiendra dans quatre magasins de Tour & Taxis du jeudi 14 février, jour de la Saint-Valentin, au dimanche 17 février (infos pratiques ici).

On le sait, c'est la Flandre qui en est l'invitée d'honneur, par le biais d'une appellation en deux mots, Flirt flamand, l'un anglais, l'autre français (lire ici). Un programme complet et très prometteur (lire ici). Un teasing ici.

Sven Gatz l'a rappelé: "Les francophones connaissent mal la littérature flamande, et l'inverse est vrai également. Il n'y a pas de reproche là-dedans. Notre objectif durant cette Foire est de charmer les lecteurs francophones. Il y a plus de cinquante ans que les auteurs flamands voient leurs œuvres traduites en français." 

Koen Van Bockstal, directeur de Flanders Literature/Vlaams Fonds voor de letteren (FVL), complète: "Flanders Literature contribue en moyenne à la traduction d'environ 125 titres par an, dans plus de trente langues différentes." Il précise: "Au cours des dernières années, plus de soixante livres ont été traduits en français." Et il regrette que "les auteurs flamands rencontrent souvent pour la première fois leurs collègues francophones sur des festivals littéraires en France." Raison pour laquelle il lance un pont entre les deux communautés belges. Il poursuit: "Puisque la Saint-Valentin, cette fête si spéciale, a lieu pendant cette édition,  nous avons décidé de faire plus ample connaissance de la manière la plus séduisante possible. Un rendez-vous galant réussi commence souvent par des préliminaires remarquables, or la littérature flamande regorge de telles entrées en matière. En outre, pour pouvoir flirter, il faut être deux."

Savamment construit en un mélange entre théâtre grec, salle de séjour et bibliothèque, le pavillon flamand fera donc la part belle aux auteurs flamands et à leurs traducteurs. Il sera accessible aussi bien aux lecteurs francophones que néerlandophones, au rythme d'une rencontre toutes les heures pendant les quatre jours de la Foire, sans oublier les sept événements programmés sur les grandes scènes de la Foire. Au menu, fiction, non-fiction, slam, théâtre, poésie, BD, jeunesse, roman graphique... En fil rouge, l'idée de jeter un pont entre littérature flamande et lecteurs francophones et aussi entre secteurs éditoriaux de part et d'autre de la frontière linguistique.

La nouveauté 2019 est que la FLB s'ouvre à un public bilingue ou même néerlandophone via un accord de trois ans avec la BoekenBeurs d'Anvers. La librairie proposera des ouvrages en néerlandais et dans leur traduction française. De nombreux auteurs seront présents pour en parler et les dédicacer. Sont attendus Wauter Mannaert, Aline Sax, Ann De Bode, Tom Schamp, Ingrid Godon, Jolien Janzing, Pieter Gaudesaboos, Sabien Clement, Leo Timmers, Jeroen Olyslaegers, Els Beerten, Annelies Verbeke, Chris De Stoop, Pascal Verbeken, Bart Vonck, Daniel Cunin, Isabel Rosselin, Rokus Hofstede, Marijke Arijs, Carll Cneut, Charlotte Van den Broeck, Kim Andringa, Bram Dehouck, David Van Reybrouck, Jan Baetens, Karel Vanhaesebrouck, Tom Lanoye, Harold Polis, Willem Elsschot, Alain Van Crugten, Brecht Vandenbroucke, Herr Seele, Brecht Evens, Lize Spit, Stefan Hertmans, Bart Moeyaert, Gerda Dendooven, Stefan Brijs…

Autre pavillon remarquable par sa taille et ses dispositifs techniques, la Place de l'Europe. Outre des rencontres, multilangues grâce aux cabines de traduction, il proposera une librairie mettant en avant les littératures européennes et mettra en contact auteurs et éditeurs étrangers. "Plus de quarante rencontres seront organisées sur notre espace", précise Jimmy Lamar, qui se présente comme "le lien entre la Commission européenne et la Belgique".  "L'Europe est dans une phase difficile. Pour en sortir, il faut créer le débat."




Pour le reste, on a appris de la bouche de Grégory Laurent, commissaire général, que le thème de la foire qui s'ouvre dans quatre semaines est "Nos futurS". Et que ses deux invités d'honneur sont l'écrivain algérien Boualem Sansal ("Le train d'Erlingen ou La métamorphose de Dieu", Gallimard, 2018) et l'Américain à multiples facettes Michael Chabon ("Moonglow ", traduit de l'anglais par Isabelle-D Philippe, Robert Laffont, 2018). Un habitué des travées bruxelloises et un nouveau. Le premier à la Foire les vendredi 15 à 19 heures, samedi 16 à 14 heures et dimanche 17 à 14 heures. Le second à Bozar le jeudi 14 à 20 heures, le vendredi 15 à la Foire à 20 heures et le samedi 16 à 16 heures.

"Nos FuturS" se déclinera en différents thèmes, société, dystopie et romans d'anticipation, lecteurs de demain, carnets de route, futurs du livre...

Côté jeunesse, sont annoncés Marie-Aude Murail, Marie Desplechin, Pef, Carl Norac,  François Roca, Kitty Crowther, Bertrand Puard, Thierry Robberecht, Christos... Du beau monde, habitué de la FLB (programme ici).


La Foire du livre de Bruxelles, c'est ce qui se passe au sein de Tour & Taxis et ce qui se passe en dehors, grâce à de multiples partenariats menés avec Passa Porta, Muntpunt, Bozar, Art Basics for Children, le Kaaitheater, le Théâtre Royal Flamand (KVS), les Midis de la Poésie, le Musée de la BD, le Pianofabriek et d'autres.

Au fil du programme du pavillon Flirt flamand

(et sur d'autres scènes si indiqué)

jeudi 14 février
14 heures Paul Verrept et Ingrid Godon (littérature jeunesse)
15 heures slam avec Philip Meersman
15 heures Tom Lanoye (Théâtre des mots)
16 heures poésie en mode Girrrlpower

vendredi 15 février
14 heures poésie
16 heures Chris de Stoop pour "Ceci est ma ferme" (Christian Bourgois), une magnifique évocation de sa jeunesse dans les Polders.
18 heures Jeroen Olyslaegers
19 heures, 20 heures et 21 heures, la traduction littéraire

samedi 16 février
10 heures Alain Verster (dont une exposition d'originaux se tient au Wolf jusqu'au 15 février)
13 heures le classique Willem Elsschot
14 heures Congo avec David Van Reybrouck, Alain Mabanckou et Stefan Brijs (Place de l'Europe)
15 heures BD Flandres (Palais des imaginaires)
17 heures Tom Lanoye

dimanche 17 février
13 heures la ligne claire en BD
14 heures rencontre entre Lieve Spit et Adeline Dieudonné
15 heures Kitty Crowther et Gerda Dendooven dessinent sur un texte de Bart Moeyaert (Théâtre des mots)
16 heures flirter dans les deux langues
16 heures Stefan Hertmans (Théâtre des mots)

Le programme de la FLB 2019 est consultable ici.

Dans le registre littéraire, notons la présence à Tour & Taxis de Sophie Divry, Jean Hagland, Alain Mabanckou, Andreï Kourov, Flore Vasseur, sans oublier les très nombreux écrivains belges qui y participeront aussi.

Ma Foire du livre à moi, ça pourrait être

jeudi 14 février
dès 12 heures Quatrième journée de la traduction (Place de l'Europe, lire ici)
10h30 François Roca (Palais des imaginaires)
17h30 Bruno Coppens, "Loverbooké" (Théâtre des mots)

vendredi 15 février 
17h30 Le roman graphique, avec Jean-Luc Cornette, Sébastien Goethaels, Sébastien Gnaedig et Thomas Gunzig
18 heures  Souvenirs de la fin du monde, avec Antoine Wauters, Sophie Divry et Jean Hegland (Grand-Place du livre)
18 heures Grand entretien avec Andreï Kourkov (Place de l'Europe)
18 heures Marie-Christine Barrault lit Yourcenar (Théâtre des mots)

samedi 16 février
10h15 Jean-Luc Fromental et Joëlle Jolivet (jeunesse, Scène verte)
11 heures présentation du recueil "Des traversées et des mots" (Place de l'Europe)
12 heures Histoires de familles, avec Adeline Dieudonné et Isabelle Spaak (scène Fintro)
13 heures Rencontre croisée entre Amélie Nothomb et Keiichiro Hirano (Théâtre des mots)
14 heures Congo, avec David Van Reybrouck, Alain Mabanckou et Stefan Brijs (Place de l'Europe)
15 heures La bande dessinée néerlandophone, avec Brecht Evens, Herr Seele et Brecht Vandenbroucke
18 heures L'accueil citoyen peut-il changer notre regard sur les migrants, avec Pierre Verbeeren, Adriana Costa Santos, Anouck Van Gestel  et Laure Naïmski (Studio Première)

dimanche 17 février
10h45 Julien Beziat, auteur jeunesse (Palais des imaginaires)
14 heures Trois femmes puissantes,  avec Kim Thuy, Juliana Léveillé-Trudel et Victoire de Changy (Grand Place du livre)
16 heures Le grec, c'est génial, avec Andrea Marcolongo (Place de l'Europe, lire ici)
16 heures Grégoire Delacourt à propos de son nouveau roman (Grand Place du livre)
18 heures Alex Vizorek lit Baudelaire (Théâtre des mots)

et bien sûr tous ces livres et tous ces auteurs qui se découvrent au hasard des pérégrinations dans les allées.







mardi 30 octobre 2018

"Flirt Flamand" à la Foire du livre de Bruxelles



On le savait, mais c'est désormais officiellement lancé. La littérature flamande sera le pays invité, l'hôte d'honneur, à la prochaine Foire du livre de Bruxelles, qui se tiendra du 14 au 17 février 2019, sur le site de Tour & Taxis. Alda Greoli, Ministre de la Culture de la Fédération Wallonie-Bruxelles, a officiellement proposé le 28 octobre, lors de l'ouverture du Salon du livre d'Anvers (Boekenbeurs),  à son homologue flamand Sven Gatz de faire de la Flandre l'invitée d'honneur de la Foire du Livre de Bruxelles 2019. Elle l'a fait sous la forme d'un bouquet, symbole de la campagne "Flirt Flamand".


On se rappellera que le thème de la littérature flamande a déjà été à l'honneur du Salon du livre de Paris en 2003 et au Salon du livre de jeunesse de Namur en 2006. On se rappellera aussi que "C'est le bouquet!" est le titre d'un merveilleux album pour enfants de Claude Roy, illustré par Alain Le Foll (Gallimard, 1964)

Il s'agit maintenant pour Sven Gatz de transmettre à un auteur d'expression française le bouquet, un origami composé de pages de traductions françaises d'œuvres flamandes. Le but est de faire voyager les fleurs à travers la Belgique jusqu'à leur arrivée le jeudi 14 février 2019, jour de la Saint-Valentin,  à la Foire du Livre de Bruxelles.
"La littérature flamande n'a jamais été aussi séduisante", peut-on lire sur la page Facebook de la campagne.""Flirt flamand" entend jeter une passerelle entre Belges néerlandophones et Belges francophones qui aiment les livres. Rendez-vous à la Foire du Livre de Bruxelles lors de la prochaine Saint-Valentin."
En ce moment à la Boekenbeurs (jusqu'au 11 novembre sauf les 5, 6 et 7), la Foire du Livre présente un stand de livres en français en vue de promouvoir les auteurs belges francophones mais aussi d'inviter les visiteurs à se rendre, à la mi-février, à Bruxelles. A la FLB, Boek.be disposera d'un stand proposant des ouvrages en néerlandais et des traductions françaises récentes d'œuvres flamandes.

C'est le dynamique organisme Flanders Literature qui a été chargé de mener à bien le projet "La Flandre, invitée d'honneur de la Foire du Livre". L'occasion de collaborer avec, entre autres, Iedereen Leest, deAuteurs et Septentrion ainsi qu'avec de nombreuses organisations littéraires et culturelles bruxelloises, par exemple Passa Porta, Muntpunt, Bozar, Art Basics for Children, le Kaaitheater, le Théâtre Royal Flamand (KVS), les Midis de la Poésie, le Musée de la BD et le Pianofabriek.

"Flirt Flamand" souhaite aussi rapprocher les professionnels du livre des deux parties du pays. En organisant notamment le vendredi 15 février 2019, un après-midi entre professionnels sous l’intitulé B♥B dans le bâtiment Herman Teirlinck du gouvernement flamand (Tour & Taxis).