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vendredi 15 juin 2018

Albums appréciés et romans fameux de retour

"Deux petits ours". (c) MeMo.

Rééditions bienvenues, nous revoilà encore une fois. Sans oublier celles déjà signalées, les albums "J'aime..." de Natali Fortier (Albin Michel Jeunesse, lire ici) et "Le lion heureux" de Roger Duvoisin et Louise Fatio (Gallimard Jeunesse, lire ici).

L'amie des animaux


"Deux petits ours"
Ylla
texte traduit depuis la première version américaine "Two little Bears" (1954) et retravaillé
postface de Laurence Le Guen
MeMo, 40 pages

Soixante ans après la première version française, revoici les "Deux petits ours" d'Ylla (1911-1955) dans une traduction nouvelle qui n'hésite pas à retravailler le texte original pour être plus en phase aujourd'hui. Les photographies sont celles de l'édition originale américaine, reproduites avec soin pour rencontrer la volonté et la préoccupation de l'auteur. Un livre rétro qui a toujours son charme.

Les deux petits ours jouent à qui mieux mieux. (c) MeMo.

"Deux petits ours" est l'histoire toute simple de deux oursons jumeaux qui profitent de l'absence de leur mère, partie leur chercher à manger, pour visiter les environs de leur tanière, jouer, explorer le vaste monde, rencontrer d'autres animaux, grimper tout en haut d'un arbre et s'apercevoir qu'ils se sont perdus. Evidemment, leur maman va vite les retrouver. "Two Little Bears" (Harper & Brothers, 1954) fut un succès mondial avec de nombreuses traductions simultanées en Allemagne, au Danemark, en Grande-Bretagne, Israël, Italie, Suède et Suisse, à la Guilde du livre.

Tout son attrait provient des photos extrêmement bien cadrées et mises en scène. Sait-on que pour cet album photographique, le seul qu'Ylla réalisa en solo, elle acheta un ourson, puis deux? Nourris au biberon par elle, ils la suivaient comme une mère dans la forêt du Connecticut.

Ylla.
Après cet album, Ylla partit saisir la vie des animaux sauvages dans leur habitat naturel en Afrique et en Inde. Elle trouva la mort dans ce dernier pays, en tombant d'une jeep lors d'un reportage, en 1955.

Quelle globe-trotter que cette femme née en Autriche, en 1911, d'une mère serbe et d'un père roumain! Après une enfance à Budapest, elle entame sa carrière artistique à Belgrade par la sculpture. Dans les années 30, elle s'initie à la photographie à Paris, auprès de la photographe Ergy Landau, qui l'introduit dans le cercle des artistes hongrois émigrés à Paris.

Les portraits de célébrités la lassent et Ylla se lance dans ceux d'animaux domestiques et ouvre son propre studio. Ses clichés d'animaux facétieux et expressifs lui apportent rapidement la notoriété. Elle rejoint alors le groupe des "Dix", aux côtés de Brassaï et Kertész. Elle rejoint les Etats-Unis en 1942, à bord du dernier bateau affrété par le gouvernement américain pour sauver des artistes européens du nazisme. Sous la protection du MoMa, elle poursuit sa carrière aux outre-Atlantique où ses photographies illustrent de nombreux articles. En 1954, Ylla est considérée comme la plus grande photographe animalière.


Un tout grand classique


"La belle lisse poire
du prince de Motordu"
Pef
Gallimard Jeunesse
44 pages

Se souvient-on que ce classique de la littérature de jeunesse - il est né en 1980 et a été vendu à 1,5 million d'exemplaires - mérite aussi le grand format de l'album? Toute notre reconnaissance aux Editions Gallimard qui sortent le Prince de Motordu de son habituel format de poche.

Motordu et son troupeau de boutons. (c) Gallimard Jeunesse.

"Que diriez-vous d'une balade dans ce petit pois?" (c) Gallimard Jeunesse.

Faut-il rappeler ce jeune prince qui invente une langue à lui, incapable de parler complètement la nôtre? Les enfants se sont sentis reconnus et ont adoré cet album plein de rires, de jeux de mots et de motordus, illustré avec un humour désopilant, flirtant allègrement avec la logique et la réalité. Le prince habite un chapeau  dont les crapauds flottent au vent. Il fait des poules de neige et du râteau à voiles quand il n'est pas occupé par son troupeau de boutons.

"Vous souffrez de mots de tête". (c) Gallimard Jeunesse.

Tout change le jour où ses parents l'invitent à se marier et où, monté sur sa toiture de course, il se met en quête d'une fiancée. Le voilà qui rencontre la princesse Dézécolle, institutrice de son état. Elle qui parle parfaitement la langue française emmène le prince qui souffre de "mots de tête" dans son école. C'est évidemment l'hilarité générale dans la classe devant les prestations du nouveau. La princesse ne lâche rien et le nouvel élève s'améliore. Il travaille tellement qu'il en oublie son projet de mariage. Mais la princesse Dézécolle veille...

Les détournements de mots sont toujours aussi appréciés aujourd'hui, tout comme la personnalité féministe de la princesse. Quel âge a le Prince? Presque quarante ans? Il ne les fait vraiment pas! Il est toujours aussi réjouissant A partir de 4/5 ans.

Bonus: la famille Motordu
Grand-père: duc S. Thomas de Motordu (père du prince)
Grand-mère: comtesse Carreau-Ligne de Motordu (mère du prince)
Père: le prince de Motordu
Mère: la princesse Dézécolle, traîtresse d'école
Enfants: un petit glaçon, Nid-de-Koala, et une petite bille, Marie-Parlotte
Signe particulier: mélangent les mots en parlant
Domicile: le chapeau de Motordu


Un héros pain d'épices


Les dix "Petites bêtes" en petitPOL.


"La chanson de la Petite Bête"
Antonin Louchard
Saltimbanque Editions
26 pages

Entre 2004 et 2006 ont paru dans la collection petitPOL des éditions P.O.L. dix albums de "La Petite Bête" d'Antonin Louchard, un héros pain d'épices - pas "La planète de la Petite Bête", ce titre était déjà chez Bayard et vient d'y être réédité aussi. En voici déjà une réédition, d'autres devraient suivre dans l'année. Elle est assortie d'un inédit, "Pin Pon la petite bête" (Saltimbanque Editions) où, installé dans son beau camion rouge avec sa sirène hurlante, le héros se transforme en pompier.

Dans "La chanson de la Petite Bête", on joue du tambour, on chante, on fredonne, on fait du bruit. Quelle excitation mais quel plaisir de découvrir les sons et les instruments de musique quand on est tout-petit. En voici un aperçu animé (ici). Dès 2 ans.


Un fermier et son chat farceur


"Le gâteau d'anniversaire"
Sven Nordqvist
traduit du suédois par Paul Paludis
Plume de carotte
32 pages

"Le jour où Picpus a disparu"
Sven Nordqvist
traduit du suédois par Paul Paludis
Plume de carotte
32 pages
à lire en ligne ici


Lors du prix Bernard Versele 2008, celui où Mario Ramos remporta deux prix en catégories 1 et 2 chouettes, le Suédois Sven Nordqvist remportait deux labels (deuxièmes prix). En catégorie 2 chouettes avec "Le gâteau d'anniversaire", en catégorie 3 chouettes avec "Le jour où Picpus a disparu", deux albums qui, publiés chez Autrement jeunesse, avaient disparu. Les revoici tous les deux en format légèrement réduit chez un autre éditeur, Plume de carotte, qui en annonce d'autres à l'automne. Toujours aussi joyeux et aventureux. Vivent le fermier Pettson et son chat farceur Picpus (Pettson et Findus en version originale) qui vivent dans leur fermette rouge au milieu des champs, sans se soucier de ce que les villageois pensent d'eux.

Roue crevée, un premier ennui. (c) Plume de carotte.

"Le gâteau d'anniversaire"
est une joyeuse farce. Pour fêter un des trois anniversaires annuels de son chat Picpus, le charmant fermier Pettson décide de lui préparer un magnifique gâteau. Il réunit les ingrédients tout en dialoguant de façon très amusante avec Picpus. Diantre! La farine lui manque. Qu'à cela ne tienne. Le fermier décide d'aller en chercher au village. Et c'est ici que les ennuis s'enchaînent, roue du vélo crevée, porte de l'atelier fermée, clés perdues au fond du puits… Cette chaîne de contrariétés n'est pas pour arrêter Pettson. Aventures à rebondissements et amitié éternelle sur fond d'animaux joyeux et de voisins commères. A partir de 4/5 ans.

L'arrivée de Picpus chez Pettson. (c) Plume de carotte.


"Le jour où Picpus a disparu" est plus dramatique puisqu'il met en scène le jour où le jeune chaton a disparu. Mais il est rassurant car c'est Picpus qui demande à Pettson de lui raconter le jour de sa disparition, quand il était encore tout petit. Comme une histoire de famille qu'on se répète inlassablement! Une histoire drôlement bien menée, faite d'angoisses, de débrouillardise et de solidarité entre animaux et qui explique aussi l'arrivée du chaton chez le fermier. A partir de 5/6 ans.


Qui est donc Vincent?


"Qui suis-je ?"
Thomas Gornet
Rouergue, 88 pages

Paru en 2006 à l'école des loisirs, ce roman nous revient dans une nouvelle version au Rouergue, là où Thomas Gornet avait publié l'excellent "Sept jours à l'envers" (2013).

Vincent ne sait pas trop qui il est. Comme tant d'autres ados, il a du mal à trouver sa place parmi les autres collégiens et à comprendre ses émotions. Notamment quand débarque un nouveau, Cédric, un sportif, lui. Il va lui falloir une année pour prendre conscience de son homosexualité. Un bref roman qui touche par sa profondeur, son humour, sa finesse, et évite tous les clichés.

Extrait: "Il faudrait que je dise à Aziz ce que j'ai sur le cœur. Lui, quand il était amoureux de Claire l'année dernière, il m'en parlait tous les jours. Je pourrais faire pareil. Mais là, c'est pas pareil. Enfin si, c'est pareil. Pas complètement. Malheureusement. Pour moi c'est pareil, mais pour les autres je sens bien que ça sera différent." A partir de 12 ans.


Des réfugiés d'hier


"Quand Hitler s'empara du lapin rose"
Judith Kerr
"When Hitler stole pink rabbit"
traduit de l'anglais par Boris Moissard
Albin Michel Jeunesse
320 pages

Ce classique incontournable de la littérature anglaise avait été traduit en français en 1987 à l'école des loisirs, publication originale en 1971 chez HarperCollins), mais était manquant depuis longtemps . Revoici chez Albin Michel Jeunesse qui s'intéresse à l'auteure (lire ici) ce roman autobiographique bouleversant, précieux témoignage de l'exil et de la montée du nazisme à travers les yeux d'une enfant.
 "Quand Hitler s'empara du lapin rose" raconte l'histoire d'Anna, Allemande, 9 ans, qui vit à Berlin avec ses parents et son grand frère Max. Brusquement tout change. Son père disparaît. Elle-même et le reste de sa famille s'exilent pour le rejoindre en Suisse. Commence une vie de réfugiés. A Zurich, Paris, et enfin Londres. Chaque fois de nouveaux usages, de nouveaux amis, une nouvelle langue.
A partir de 13 ans.

Pour lire un extrait de "Quand Hitler s'empara du lapin rose", c'est ici.




jeudi 14 juin 2018

Pauline Kalioujny est la lauréate 2018 du Grand prix de l'illustration de Moulins

Pauline Kalioujny.

Promenons-nous à Moulins. Nous y rencontrerons peut-être Pauline Kalioujny qui vient d'être proclamée à l'unanimité du jury Grand prix de l'illustration 2018 pour son album "Promenons-nous dans les bois" (Editions Thierry Magnier, 56 pages, 2017). La jeune femme s'y trouvait en septembre dernier lors de la quatrième édition de la Biennale des illustrateurs (lire ici) pour une exposition aux Imprimeries réunies des originaux de cet album. Elle y retournera le 5 juillet pour recevoir son prix au MIJ (Musée de l'illustration jeunesse) et en vernir la nouvelle exposition, "C'est pas du jeu!" Le jury de Moulins a été séduit par ces images issues d'un travail de gravure, par la force d'expressivité des visages et par le jeu sur trois couleurs d’éveil incroyables.

Il s'agit de la deuxième récompense pour ce livre-objet, un leporello qui se déploie sur cinq mètres. Il avait reçu en janvier le prix Pitchou 2018, à la Fête du Livre Jeunesse de Saint-Paul-Trois-Châteaux.

"Promenons-nous dans les bois" se déplie. (c) Pauline Kalioujny.

Avec ses teintes chaudes de rouge et d'orange faisant bien ressortir la large place du noir, l'album "Promenons-nous dans les bois" revisite évidemment la célèbre comptine enfantine. Il lui ajoute toutefois des surprises et aborde avec espièglerie le sujet préoccupant de la déforestation. On retrouve certes dans ce leporello (frise) de plus de cinq mètres le chaperon, les animaux et le loup, mais pas toujours dans les formules qu'on leur connaît.


(c) Ed. Thierry Magnier.

Le texte est celui de la version originelle, parfois légèrement complétée ("Je mets mes poils", "Je mets mes dents", "Je mets mes griffes").  Pauline Kalioujny lui joint des illustrations, réalisées à la plume et à l'encre, qui envoient le lecteur dans une forêt vivante et fourmillante. Jusqu'à la chute où une enfant à califourchon sur un loup chasse les bûcherons venus couper les arbres de la forêt!

(c) Ed. Thierry Magnier.

La jeune artiste dit avoir eu besoin de "plusieurs mètres de papier aquarelle pour illustrer les pérégrinations d'un chaperon dans une forêt de petits traits à l'encre noire, grouillante d'animaux, de lutins, et de surprises parfois plus inquiétantes que ce bon vieux Loup…."


En cours de travail.


Les lauréats précédents du Grand prix
  • 2017 Beatrice Alemagna pour "Un grand jour de rien" (lire ici)
  • 2016 Emmanuelle Houdart pour "Ma mère" (lire ici)
  • 2015 Michel Galvin (lire ici)
  • 2014 Delphine Jacquot (lire ici)
  • 2013 May Angeli (lire ici)
  • 2012 Jean-François Martin
  • 2011 Zaü
  • 2010 Régis Lejonc
  • 2009 Anne Herbauts
  • 2008 Juliette Binet



lundi 11 juin 2018

Se souvenir de l'écrivain Alain Nadaud et le découvrir encore et encore

Alain Nadaud et deux de ses amours, Sadika et la mer.

Demain 12 juin, il y aura trois ans que l'écrivain Alain Nadaud décédait sur son bateau, au large d'une île grecque (lire ici). L'immense homme de mots qu'il a été nous manque toujours autant, d'autant que son œuvre littéraire tarde à être rééditée et que le riche site personnel qu'il s'était créé est inaccessible pour le moment. Restent ses livres qui sont encore dans le circuit des librairies, les plus récents principalement, certains titres anciens en format de poche. Et ceux qui sont à l'abri des bibliothèques.

Les Nadaldiens et les Nadaldiennes de tous pays découvriront avec joie et intérêt la publication, au format de la revue "Triages", des Actes du Colloque "Autour de Alain Nadaud" (Editions Tarabuste, 210 pages) qui s'est tenu à l'Université de Paris Nanterre les 19 et 20 octobre derniers sous la direction de Djamel Meskache et Dominique Viart (lire ici).
Deux jours de réflexion et de témoignages dont les textes sont enrichis d'autres contributions pour cette publication bienvenue.

Illustrés par Daniel Nadaud, un homonyme, les Actes sont organisés selon plusieurs thématiques: introduction, instantanés/mémoire, vacillements... l'écrire, confrontations et rapports: l'exigence d'une écriture, ici-bas comédie et un jour un ami.

Ils réunissent les interventions des participants au colloque mais aussi de grandes parts du journal inédit que tenait Alain Nadaud, une cinquantaine de pages en grand format allant de 2000 à 2012, ainsi que le texte "L'Iconolâtre" qu'il avait écrit,  récit datant des années 1990 et dont la diffusion fut confidentielle.

On trouve successivement dans ces pages brillantes et variées dont l'alpha et l'oméga sont le couple Colette Fellous et Jean-Baptiste Malartre, des amis proches d'Alain Nadaud et Sadika Keskes, son épouse,

  • l'extrait du roman de Colette Fellous "Pièces détachées" (Gallimard, 2017) consacré à Alain Nadaud,
  • des extraits du journal d'Alain Nadaud,
  • l'intégrale de la conversation-interview que j'avais eue à Bruxelles avec Alain Nadaud à l'occasion de la sortie du "Passage du col" (Albin Michel)
  • la France des années 50, années d'enfance d'Alain, par Pierre Bergounioux,
  • les souvenirs de François Bon,
  • la rencontre entre Djamel Meskache et Alain Nadaud, 
  • les extraits du journal de Serge Safran concernant Alain Nadaud,
  • les silences d'Alain Nadaud par Jean-Claude Villain,
  • la passerelle entre "La fonte des glaces" et "D'écrire j'arrête" jetée par Hédia Abdelkéfi
  • la quête de l'écriture selon Alain Nadaud par Laurent Demanze,
  • Nadaud lecteur de Flaubert par Silvia Disegni
  • les enjeux de la littérature selon Alain Nadaud par Paolo Tamassia
  • le choix du non-écrire pour écrire par François Berquin
  • les cinq livres fondateurs d'Alain Nadaud par Jean-Claude Lebrun
  • jouer du vrai et du faux par Dominique Rabaté
  • les romans d'aventures métaphysiques d'Alain Nadaud par Dominique Viart,
  • la postérité d'Alain Nadaud par Belinda Cannone
  • la revue "Quai Voltaire" par Jean-Philippe Domecq,
  • Alain Nadaud, auteur "mal positionné" par Alain Nicolas,
  • la cessation de l'écriture comme sujet et projet littéraires par Samir Marzouki
  • témoignage du compagnon d'université Jacques Gysin,
  • les derniers jours d'Alain Nadaud par Jean-Baptiste Malartre.

Autant d'éléments qui permettent de mieux connaître l'écrivain et l'homme, deux états intimement liés chez Alain Nadaud.


Dans la galerie qui porte désormais son nom.







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vendredi 8 juin 2018

A lire, un gros kilo d'"Histoires européennes"


Le bébé vient d'arriver, tout beau, tout gros, tout lumineux, tout bien fait, avec une reliure toilée et un signet. Il pèse 1,311 kg en version papier, beaucoup moins en version électronique (PDF ou EPUB). Il est aussi accessible aux mal voyants (lire ici). Il se nomme "European stories" et consacre les dix ans du Prix européen de littérature. Le recueil réunit les contributions de 36 lauréats du prix, en provenance de 26 pays, sur le thème de l'Europe. Dans la langue de chacun et en traduction anglaise.

Voilà une occasion unique de découvrir les plumes européennes émergentes. De pénétrer dans d'autres imaginaires européens. Voilà une occasion rare d'apprécier d'autres langues, d'admirer d'autres alphabets. Pour fêter les dix ans du Prix de littérature de l'Union européenne, il avait été proposé à l'ensemble des lauréats, soit 108 écrivains honorés depuis 2009, d'écrire une nouvelle sur le thème "Histoire européenne". Trente-six ont répondu à l'appel. Il s'agit de

  1. Myrto Azina Chronides – Chypre (2010)
  2. Gabriela Babnik – Slovénie (2013)
  3. Jean Back – Luxembourg (2010)
  4. Aleksandar Bečanović – Monténégro (2017)
  5. Lidija Dimkovska – FYROM (2013)
  6. Rudi Erebara – Albanie (2017)
  7. Claudiu Florian – Roumanie (2016)
  8. Adam Foulds – Grande-Bretagne (2011)
  9. Jasmin B. Frelih – Slovénie (2016)
  10. Meelis Friedenthal – Estonie (2013)
  11. Antonis Georgiou – Chypre (2016)
  12. Gast Groeber – Luxembourg (2016)
  13. Çiler İlhan – Turquie (2011)
  14. Jānis Joņevs – Lettonie (2014)
  15. Jelena Lengold – Serbie (2011)
  16. Sara Mannheimer – Suède (2012)
  17. Raquel Martínez Gómez – Espagne (2010)
  18. Immanuel Mifsud – Malte (2011)
  19. Walid Nabhan – Malte (2017)
  20. Andrej Nikolaidis – Monténégro (2011)
  21. Armin Öhri – Liechtenstein (2014)
  22. Emmanuelle Pagano – France (2009)
  23. Kallia Papadaki – Grèce (2017)
  24. Ioana Pârvulescu – Roumanie (2013)
  25. Magdalena Parys  – Pologne (2015)
  26. Giedra Radvilavičiūtė – Lituanie (2012)
  27. Carolina Schutti – Autriche (2015)
  28. Faruk Šehić – Bosnie Herzégovine (2013)
  29. Ófeigur Sigurðsson– Islande (2011)
  30. Emilios Solomou – Chypre (2013)
  31. Tanja Stupar Trifunović – Bosnie Herzégovine (2016)
  32. Noémi Szécsi – Hongrie (2009)
  33. Kalin Terziyski – Bulgarie (2011)
  34. Darko Tuševljaković – Serbie (2017)
  35. Isabelle Wéry – Belgique (2013)
  36. Osvalds Zebris – Lettonie (2017)

Tous ces textes nous offrent un kaléidoscope de ce que les auteurs peuvent concocter quand on leur demande d'écrire une nouvelle de fiction sur une thème "Une histoire européenne: les auteurs EUPL écrivent leur Europe". Leurs réponses apparaissent variées, complémentaires, surprenantes parfois, célébrant toujours la littérature. Leurs textes se présentent dans l'ordre alphabétique de leurs noms, précédés d'une notice bio-bibliographique illustrée en anglais, dans la langue originale de l'auteur puis en traduction anglaise.

Voici ce que cela donne pour Isabelle Wéry.

La présentation de l'auteur.

Le début du texte d'Isabelle Wéry.


Evidemment, chacun réagira plus ou moins fort à ces "European stories". En aimera une beaucoup plus que toutes les autres. Pour discerner laquelle est la préférée des lecteurs, les organisateurs du prix européen de littérature ont créé un scrutin en ligne, invitant chacun à voter en ligne (ici) pour son œuvre préférée avant le 21 octobre 2018, au terme de ses lectures.

Dix lecteurs seront invités à assister à Vienne en novembre 2018 à la cérémonie qui récompensera l'auteur préféré par le public, l'auteur préféré par un jury professionnel composé de Maria-João Costa (Portugal), Nina George (Allemagne), Juancho Pons (Espagne), Cathy Rentzenbrink (Royaume-Uni), Liana Sakelliou (Grèce) et Marnix Verplancke (Belgique). D'autres récompenses littéraires seront également remises à cette occasion. Lisons donc européen!

Souvenirs

Rappelez-vous. En 2009 naissait un nouveau prix littéraire, le Prix de littérature de l'Union européenne (European Union Prize for Literature, UEPL), destiné à récompenser les nouveaux talents de la littérature contemporaine dans le domaine de la fiction. Choisi par un jury national, chaque lauréat reçoit 5.000 euros et bénéficie de l'aide de l'Union européenne pour traduire ses œuvres. L'ensemble est organisé par la Commission européenne, la Fédération européenne et internationale des libraires (EIBF), la Fédération des associations européennes des écrivains (FAEE) et la FEE (Fédération des éditeurs européens). Comme il est évidemment difficile de faire concourir tous les états membres de l'Union européenne en même temps, il a été décidé de procéder par trois tranches successives d'une douzaine de pays par édition. Le premier cycle est allé de 2009 à 2011, le deuxième de 2012 à 2014, le troisième de 2015 à 2017.

La Française Emmanuelle Pagano figurait parmi les lauréats 2009 pour son roman "Les adolescents troglodytes" (P.O.L., 2007). Une cérémonie présidée par Henning Mankell et qui s'est déroulée à Bruxelles. Le Belge néerlandophone Peter Terrin apparaît au palmarès 2010, la Française Laurence Plazenet à celui de 2012, pour "L'amour seul" (Albin Michel), la Belge francophone Isabelle Wéry à celui de 2013 pour "Marilyn désossée" (Maelström), la Française Gaëlle Josse  à celui de 2015 pour "Le dernier gardien d'Ellis Island" (Noir sur Blanc/Notabilia), le Belge néerlandophone Christophe Van Gerrewey à celui de 2016.
Tous les textes des auteurs lauréats, dans leur langue originale et en traduction anglaise, figurent dans neuf recueils annuels et trois recueils par langue, disponibles en ligne ici.





lundi 4 juin 2018

Il était une fois... un concours Vendredi

Vendredi: un roman illustré et un concours. (c) MeMo.

On le sait, les éditions MeMo se sont lancées en début d'année dans le roman jeunesse illustré sous la houlette de Chloé Mary. Les romans sont déclinés selon trois tranches d'âge, indicatives, "Petite Polynie" pour les 6 à 9 ans, "Polynie" pour les 9 à 13 ans, "Grande Polynie" pour les plus de 13 ans, jusqu'aux jeunes adultes (lire ici).

Les deux titres pour les plus jeunes, "Truffe et Machin" d'Emile Cucherousset et Camille Jourdy et "La petite épopée des pions" d'Audren et Cédric Philippe, deux "Petites Polynies", exigeants et de qualité, sont sortis fin janvier (lire ici).

Un premier "Polynie" pour les lecteurs à partir de 9 ans est arrivé avec le printemps. C'était le très beau "La marche du baoyé" de Sigrid Baffert, illustré par Adrienne et Léonore Sabrier (MeMo, Polynie, 60 pages), avec sa tranche de la couleur des sables rouges traversés. Un récit proche de la fable sur le déracinement et l'exil pour raison économique. Direction l'ouest inconnu pour cette famille chassée de chez elle mais bien décidée à revivre ailleurs.

Quand les Déracineurs se sont emparés de leur ferme, que pouvaient faire les fermiers Manké hormis prendre la route? "A part quelques graines de millot séchées, trois pommerines et un peu d’eau de jubier, on n'avait plus rien à se mettre au fond du gosier. Les semaines de siège à résister aux assauts des Déracineurs avaient épuisé nos réserves."

C'est ce voyage vers on ne sait où, difficile, inquiétant, éreintant, que raconte Tiago, le benjamin. P'pa, M'ma, le grand frère Ouji et lui ont pris la route à pied, pour tenter de revivre ailleurs. Ils ont juste eu le temps de jeter quelques objets, 26 comme les lettres de l'alphabet, dans une carriole qu'ils poussent et tirent. Est aussi, est surtout du voyage, leur dernier baoyé, dit Monsieur B. L'arbre porte onze kourés, fruits juteux qu'ils vont devoir protéger des voleurs et partager avec minutie pour tenir tout au long de leur marche forcée. Le soleil, le sable rouge, l'inconnu, le chemin à trouver, la faim, la soif, autant d'éléments terriblement inquiétants que Sigrid Baffert rend accessibles aux jeunes dans ce roman âpre et percutant.


L'île de Robinson et Vendredi. (c) MeMo.


Une deuxième "Polynie" est en librairie, "Vendredi ou les autres jours" de Gilles Barraqué, illustré par Hélène Rajcak (MeMo, Polynie, 132 pages). Une robinsonnade jubilatoire où on rigole plus souvent qu'à son tour et qui envoie joyeusement paître la réputation de publications "difficiles" de l'éditeur. L'essayer, c'est l'adopter! Bien sûr, c'est aussi une œuvre littéraire, bigrement travaillée, mais c'est surtout une pinte de bon temps passé en compagnie de Robinson et de Vendredi et de ceux qui passent sur leur île déserte.

Ce roman à la jolie tranche turquoise de mer paradisiaque nous conte en douze brèves nouvelles largement dialoguées le quotidien de deux naufragés, Robinson et Vendredi. On découvre comment ils se débrouillent pour manger ("Arrête un peu avec les termites [confits], s'il te plaît. J'aimerais qu'il m'en reste quelques-uns"), manger beaucoup même, boire, dormir, se vêtir et se chausser exécuter les corvées ("Dis, je t'échange ma corvée de couture contre une corvée de ton choix, sauf celle de la vaisselle à la rivière"), se distraire (concours de ricochets ou course de cafards et autres), et ce sont autant de trouvailles. Entre leur approvisionnement quotidien et leurs innombrables projets, ils n'ont pas une minute à eux! Bien sûr, ils peuvent se venir en aide ou se mentir ou s'injurier pour rire ou s'enquiquiner par moment et là, on n'a pas fini de rigoler. On voit aussi comment ils accueillent ceux qui tentent de débarquer sur leur plage, que ce soient des marins anglais de Sa Majesté, Don Miguel et sa croix de bois ou une troupe de pirates (et leur trésor). Et cela vaut grandement le détour! Surtout que le texte pétillant de Gilles Barraqué est agréablement soutenu par les illustrations en noir et blanc de Hélène Rajcak. Par ses dessins en grand ou en vignettes, elle capte l'attention du lecteur et prolonge sa lecture.

Dessin d'Hélène Rajcak. (c) MeMo.
Ce sont des aventures qui nous sont contées mais avec un humour tel qu'on peut éclater de rire en lisant. Et quelle imagination pour organiser avec les ressources locales une vie proche de la nôtre! Amateurs de termites et d'oreilles de cochon grillées, de crucru, de bière de banane en calebase, aficionados de jeux de plage comme le "crabe-caillou", de jeux de mots et d'injures à la capitaine Haddock, ce livre est pour vous. Pour vous amuser mais aussi pour appréhender la vie de
naufragé volontaire, avec ses hauts et ses bas. Car il est aussi question d'amitié entre ses deux bougres qui s'invectivent sans cesse mais s'apprécient plus qu'ils ne sont capables de le dire et se soutiennent l'un l'autre avec des moyens originaux.

Aventures, humour, chaleur humaine, imagination, extravagance s'entrelacent dans un roman à l'entrain contagieux. Vraiment, il ne faut pas manquer "Vendredi ou les autres jours"!

Extrait
- Alors je voudrais préparer mon célèbre gâteau de patates douces au miel.
- Miam-miam! fit Vendredi qui en raffolait.
- J'ai tous les ingrédients; les patates, le miel, les œufs de pigeonneau des bois, les baies de micocoulier… Tous sauf un: le lait. Bon, tu sais comment on s'en procure, hein… Je me disais donc, pour une fois, si je préparais mon célèbre gâteau sans lait?

Grand concours Vendredi!

L'auteur, "bougre de romancier, fieffé contrebandier aux allures de Don Quichotte" selon son éditrice, Gilles Barraqué de son vrai nom, a aussi concocté un jeu-concours pour ses lecteurs. Il s'en explique.

"Il y ["Vendredi ou les autres jours"] est beaucoup question de jeu. Echo du monde de l'enfance, bien sûr, mais aussi véritable modus vivendi dans le partage de l'espace et du temps, pour deux êtres vivant dans le vase clos de leur île – censément clos, plutôt, car on verra que ce monde est poreux. Le jeu est ainsi la clef du recueil.

"Vendredi ou les autres jours" obéit à une contrainte oulipienne: initialement, tous les titres des nouvelles reflétaient une variation sémantique et/ou homophonique de la formule "Il était une fois". La métrique en est scrupuleusement respectée; l'homophonie un peu moins, mais il était aussi amusant de la tordre.

Exemples: le titre de la première nouvelle, qui donnait celui du recueil, c'était  "Île était une fois". On aurait pu trouver par la suite – ce n'est donc pas le cas – "Il était un froid", "Il ôtait une fois", "Illettré une fois"…

Ce jeu de contrainte peut sembler gratuit, et il l'est, d'une certaine façon (le jeu!). Il y a bien eu, pourtant, une interaction du fond et de la forme. Avant l'écriture, j'ai planché sur un tableau de variations. J'en ai établi une grosse cinquantaine. Dès lors, à l'écriture, c'est souvent une variation
particulière qui a décidé du thème de la nouvelle; a contrario, parfois, j'avais l’idée de la nouvelle, et j'ai dû imaginer une variation spécifique en titre.

La contrainte "Il était une fois" n'apparaît plus à la publication. J'ai choisi d'autres titres aux nouvelles, plus classiques… Il n'était sans doute pas nécessaire d'ajouter un plan de lecture en superposition. Mais elle est bien là, en présence fantomatique, appuyée sur les arguments des histoires, sur des indices placés à dessein dans le texte.

Je prétends qu'à l'issue de la lecture on peut recomposer ce jeu de variations.

C'est l'objet de ce Grand concours Vendredi. Je vous invite au jeu. Retrouvez les titres initiaux, pliés à la contrainte! Certains sont évidents, qui jouent seulement sur un vocable (voire sur une lettre!), en dérivation claire du thème; d’autres sont plus tordus, et il faut alors se recentrer sur un élément précis de l'intrigue, relever un indice au détour d'une phrase."

Pratique
  • Pour participer, il faut proposer sa liste par mail à chloe.mary@editionsmemo.fr en indiquant en message Grand concours Vendredi.
  • Date-limite: 1er septembre 2018 (en cas d'égalité, la date de l'envoi prévaudra. Si aucun des participants n'a pu établir la liste complète, seront couronnés ceux dont la liste est la plus fournie).
  • A gagner: Premier prix: une bouteille de rhum (blanc), convertible en trois romans dédicacés publiés en Polynies; Second prix : deux romans dédicacés publiés en Polynies.

Le crucru, sorte de dindon des bois, par Hélène Rajcak. (c) MeMo.



vendredi 1 juin 2018

Littérature ado: 2e édition du prix Vendredi

Michel Tournier et un de ses "Vendredi".

Nous sommes vendredi, et c'est ce vendredi 1er juin qu'est annoncé le lancement de la deuxième édition du Prix Vendredi, prix national de littérature ado initié en France par les éditeurs jeunesse du Syndicat national de l'édition, en partenariat avec la Fondation La Poste (lire ici). Son objectif est de mettre en valeur la richesse et la créativité de la littérature jeunesse française

Rappelons qu'il a été nommé "Prix Vendredi", en référence à Michel Tournier. Lui qui déclarait: "Fini le charabia. Voici mon vrai style destiné aux enfants de 12 ans. Et tant mieux si ça plaît aux adultes. Le premier Vendredi était un brouillon. Le second est propre; j'ai simplifié un petit peu parce que j'ai trouvé que Vendredi ou les limbes du Pacifique, c'était trop compliqué et même un peu vicieux, subtil, abstrait."

Ce prix récompense un ouvrage francophone, destiné aux plus de 13 ans, désigné par un jury composé de professionnels. En 2017, il a été attribué à "L'Aube sera grandiose", d'Anne-Laure Bondoux (Gallimard Jeunesse, lire ici).

Les éditeurs souhaitant participer à cette seconde édition sont invités à adresser aux membres du jury, avant le 29 juin, un à deux livres maximum par maison, publié(s) entre le 1er octobre 2017 et le 30 septembre 2018. Le jury est composé des mêmes que l'an dernier: Philippe-Jean Catinchi ("Le Monde"), Françoise Dargent ("Le Figaro"), Catherine Fruchon-Toussaint ("RFI"), Michel Abescat ("Télérama"), Raphaële Botte ("Mon Quotidien", "Lire"), Marie Desplechin, journaliste et auteure, Sophie Van der Linden, auteure et critique littéraire.


Rendez-vous le mardi 11 septembre pour la sélection des dix romans retenus et le mardi 16 octobre pour l'annonce du lauréat de l'édition 2018 du Prix Vendredi.

mercredi 30 mai 2018

Palmarès "chouette" du plus grand jury littéraire du monde, celui du prix Bernard Versele

Dessins de jurés du prix Bernard Versele 2018.



Rendez-vous incontournable de cette période de l'année, le prix Bernard Versele de la Ligue des Familles et son palmarès qui permettent de construire une impeccable bibliothèque jeunesse. Rappelons-en brièvement le principe: 25 albums et romans sont proposés à la lecture des enfants de 3 à 14 ans durant toute l'année scolaire. Pour leur confort, les titres choisis par un comité d'adultes sont répartis en catégories d'âge, de 1 à 5 chouettes, sans obligation de les respecter (un plus jeune peut aussi lire chez les grands, un plus âgé chez les petits). Les enfants votent ensuite pour le livre qu'ils considèrent comme le plus chouette. L'ensemble des votes, par bulletin (où il est possible aussi de commenter par dessin ou texte) ou par voie électronique, constitue le palmarès.

Petite baisse du nombre de votes cette année, 49.057, soit 6.000 de moins que l'an dernier (lire ici), 2.000 de moins qu'en 2016 (lire ici) mais 2.000 de plus qu'en 2015 (lire ici). Ce n'est pas inquiétant dans la mesure où tous les enfants qui ont lu ne votent pas nécessairement.

Pour cette 39e édition du prix, créé en hommage au psychologue Bernard Versele, trop tôt disparu, on décompte 522 bulletins venus de l'étranger et 2.518 votes par internet. Pour le reste, la répartition des votes entre les catégories reste stable: près de 15.000 en catégorie 1 chouette, 14.000 en 2 chouettes, près de 10.000 en 3 chouettes, 6.500 en 4 chouettes et 3.500 en 5 chouettes.

A noter que l''album lauréat en catégorie 1 chouette a remporté la moitié des suffrages! Les albums lauréat et label se sont eux aussi nettement distingués des autres en 2 et 3 chouettes. Un tiers des votes ont été pour les titres lauréats en 4 et 5 chouettes. Voilà un jury qui sait apprécier les choses!

Place au palmarès, cinq lauréats et cinq labels (deuxièmes prix) où l'école des loisirs règne avec quatre titres présents, La joie de lire en affichant deux.  Pas de remise officielle des prix cette année non plus. Sans doute l'an prochain, pour les quarante ans.


Dessins de jurés du prix Bernard Versele 2018.


Palmarès du prix Bernard Versele 2018

1 chouette


Lauréat 
"Train fantôme"
Adrien Albert
l'école des loisirs, 32 pages

Etre frôlé par des araignées géantes. Chatouillé par des cheveux de sorcière. Poursuivi par un tyrannosaure puis englouti par la gueule béante d'un monstre, avant de ressortir de l'autre côté, indemne, pour foncer au travers d'un nid de serpents, qui n'en a pas rêvé? Un tour en train fantôme: c'est ce qu'a demandé Lulu à sa grande sœur, en guise de cadeau d'anniversaire.


Label
"Pourquoi ça n'avance pas?"
Tomoko Ohmura
traduit du japonais par Jean-Christian Bouvier
l'école des loisirs, 44 pages

Il y a un immense embouteillage sur cette route. Que se passe-t-il pour qu'autant de véhicules, du tricycle à la grue restent bloqués? La file d'attente est si longue qu'on n'y voit rien. Les uns s'impatientent, les autres râlent. Les plus malins profitent de l'arrêt forcé pour prendre un bon livre au bibliobus, ou une belle crêpe au camion. Mais enfin, ça va durer longtemps, ce cirque? L'armée et la police sont mobilisées, les chaînes de télévision sont à l'affût… Nous ne sommes pas au bout de nos surprises…


2 chouettes 


Lauréat
"Course épique"
Marie Dorléans
Sarbacane, 32 pages

Un grand album chic et savoureux mené tambour battant, avec chute au sens propre... Elégantes à chapeau et mordus de paris se pressent à la barrière: c'est aujourd'hui la grande course. Sur le terrain, les jockeys se toisent, les chevaux piaffent et... PAN! c'est parti! Dans un grondement sourd, le peloton s'élance. La fantaisie prend vite le dessus: déjà, certains n'ont même pas pu prendre le départ. L'un sur un âne, l'autre sur une statue équestre, le troisième sur un jouet à bascule. Sans parler des concurrents aux positions peu réglementaires – disqualifiés eux aussi! Et quand la dernière ligne droite se profile enfin, un intrus fait piler tout le peloton dans un gigantesque carambolage... Aïe, ouille, badaboum! Mais comment cette course "épique" va-t-elle donc finir?

Label
"Qui a croqué le babouin?"
Julien Perrin et Fred. L
Alice Jeunesse, 32 pages

On se souvient tous de la fin malheureuse de l'enquête du sympathique babouin pour essayer d'identifier le propriétaire d'une dent acérée qu'il avait trouvée. Mais personne n'a transmis la mauvaise nouvelle au gorille. Qui arrive dans la savane, très inquiet de la disparition de son cousin et déterminé à le retrouver. Même décors, mêmes garde-robes complètement décalées pour les animaux et mêmes dialogues rythmés autour de la recherche. "Vous n'avez pas vu le babouin, par hasard?" Mais, dans sa quête, le gorille fait preuve d'un peu plus de perspicacité (et de prudence) que son cousin. Des retrouvailles très émouvantes concluent cet album original.


3 chouettes


Lauréat
"Bruno. Quelques jours de ma vie très intéressante"
Catharina Valckx et Nicolas Hubesch
l'école des loisirs, 96 pages

Bruno, le chat à casquette à carreaux, prend la vie comme elle vient. Il pleut trop pour sortir? Il improvise un pique-nique intérieur avec ses amis Michou le poney et Georgette la tourterelle. Il croise un poisson qui nage en l'air? Il le suit. Titi le canari mélange tous les mots au lieu de chanter? Bruno entame le dialogue. A bien y regarder, des jours comme ça, des jours pas comme les autres, Bruno en compte quand même un bon nombre, et ils suffisent à ce que la vie, soudain, prenne une saveur incomparable.

Label
"Crumble"
Michael Rosen et Tony Ross
traduit de l'anglais par Anne Leonard
Albin Michel Jeunesse, collection "Mes premiers Witty", 78 pages

Laurie-Anne pensait naturellement pouvoir choisir le chien qui lui plairait: elle ne s'attendait pas du tout à être choisie par celui-ci! Mais Crumble n'est pas un chien ordinaire et il a quelques questions à poser à sa future maîtresse. Les réponses de Laurie-Anne et, ses pas de danse suffiront-ils à convaincre Crumble d'être adopté?


4 chouettes


Lauréat
"Maarron"
Håkon Øvreås et Øyvind Torseter
traduit du norvégien par Aude Pasquier
La joie de lire, collection "hibouk", 160 pages

Aaron a deux amis, Norbert et Claire. Alors qu'il vient de perdre son grand-père, il construit avec ses copains une cabane qu'il compte peindre en marron. Pour cela, il a mis de côté des pots de peinture. Mais un jour, trois garçons plus âgés détruisent la cabane et se moquent méchamment d'Aaron. Ce dernier décide alors de se venger en peignant en marron les vélos de ses ennemis. Et pour agir, de nuit, il se transforme en un drôle de super-héros...

Label
"Yasuke"
Frédéric Marais 
Les fourmis rouges, 32 pages

L'histoire du premier samouraï à peau noire (lire ici).




5 chouettes


Lauréat
"Alcibiade"
Rémi Farnos
La joie de lire, collection "Somnanbule", 38 pages

Une fable mythologique et philosophique à la portée des petits! En des temps reculés, un beau matin, le petit Alcibiade quitte son village d'un pas décidé et part vers l'Est à la recherche du Grand Prophète. Il veut connaître son destin… Au cours de son périple, il fera la connaissance d'Assatour, le condor, qui deviendra son fidèle ami, et d'Akim le forgeron, qui lui vendra une armure qui grandit avec son propriétaire. Il traversera la terrible chaîne de montagnes des Lapages, sera pris dans une tempête de neige, se perdra dans un labyrinthe, combattra le minotaure… et finalement deviendra un homme. Une formidable fable peuplée de créatures mythologiques, un voyage initiatique et homérique et une mise en page ludique et peu conventionnelle. Tout ceci ponctué de dialogues extrêmement drôles...

Label
"Avant l'ouragan"
Jewell Parker Rhodes
traduit de l'anglais par Elodie Marias
l'école des loisirs, collection "Neuf", 228 pages

En Louisiane, tout le monde croit aux esprits. Lanesha, elle, a le don de les voir. "Tu es comme moi, ma chérie, tu as un don de double-vue", lui a expliqué Mama Ya-Ya, la sage-femme qui l'a recueillie à sa naissance. Mama Ya-Ya, savait qu'un ouragan approchait, bien avant que la radio et la télévision n'en parlent. Les dégâts seront incommensurables, répète le présentateur. Tous les habitants de la Nouvelle-Orléans doivent quitter la ville. Mama Ya-Ya est très âgée, et ne possède pas de voiture, alors Lanesha a fait des provisions d'eau et de nourriture, et a cloué des planches sur les fenêtres. Elle ne sait pas ce qui l'attend, mais elle se prépare de toutes ses forces à survivre. Avec TaShlon, le fils des voisins, avec le chien Spot qu'ils viennent d'adopter ensemble. Avec le fantôme silencieux de sa mère, qui est venu pour l'aider. Avec l'amour de Mama Ya-Ya, qui est incommensurable.



La sélection 2019

1 chouette

  • "Poto le chien", Andrée Prigent (Didier Jeunesse)
  • "Falgu le fermier va au marché", Chitra Soundar et Kanika Nair (traduit de l'anglais par Elisabeth Duval, Kaléidoscope)
  • "Oh, hé, ma tête!", Shinsuke Yoshitake  (traduit du japonais par Corinne Altan, Kaléidoscope) 
  • "Ma cabane de feuilles", Akiko Hayashi et Kiyoshi Soya (traduit du japonais par Corinne Atlan, l'école des loisirs)
  • "On a trouvé un chapeau", Jon Klassen (traduit de l'anglais par Jacqueline Odin, Milan)

 2 chouettes
  • "Le ruban", Adrien Parlange (Albin Michel Jeunesse, lire ici)
  • "Suis-moi!", Maja Kastelic (Alice éditions, collection "Histoires comme ça")
  • "Broutille", Anne Herbauts (Casterman)
  • "Capitaine Maman", Magali Arnal (l'école des loisirs)
  • "Le jardin de Madame Li", Marie Sellier et Catherine Louis (Picquier Jeunesse)

3 chouettes
  • "Un grand jour de rien", Béatrice Alemagna (Albin Michel Jeunesse, collection "Trapèze")
  • "La révolte des lavandières", John Yeoman et Quentin Blake (traduit de l'anglais par Catherine Denis, Gallimard Jeunesse)
  • "La fée sorcière", Brigitte Minne et Carll Cneut (traduit du néerlandais par Maurice Lomré, l'école des loisirs/Pastel)
  • "Profession crocodile", Giovanna Zoboli/Mariachiara Di Giorgio (Les fourmis rouges)
  • "Minute, papillon !",  Aurélie Valognes (Rouergue)

 4 chouettes
  • "Bruits", Marion Bataille (Thierry Magnier)
  • "Tout sur les tremblements de Terre", Matthieu Sylvander/Perceval Barrier (l'école des loisirs)
  • "Ma grand-mère est une terreur", Guillaume Guéraud (Rouergue)
  • "D'entre les ogres", Gilles Baum etThierry Dedieu (Seuil Jeunesse)
  • "De la terre à la pluie", Christian Lagrange (Seuil Jeunesse)

5 chouettes
  • "Y a pas de héros dans ma famille!", Jo Witek (Actes Sud Junior)
  • "Sally Jones. La grande aventure", Jakob Wegelius (Thierry Magnier)
  • "Naya ou la messagère de la nuit", Philippe Lechermeier et Claire de Gastold (Thierry Magnier)
  • "Mister Orange", Truus Matti (La joie de lire)
  • "La plus grande peur de ma vie", Éric Pessan (l'école des loisirs)