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lundi 8 décembre 2014

Trois Edward Gorey d'un coup au Tripode

Edward Gorey.
Les amateurs de littérature décalée connaissent bien l'immense auteur-illustrateur américain Edward Gorey (1925-2000) dont les livres arrivent au compte-goutte sur le marché français. Les anciennes éditions Attila avaient commencé le travail en 2009 avec la traduction de la trilogie de Treehorn et quelques autres albums. A l'été 2013, cette maison d'édition s'est scindée en deux nouvelles entités indépendantes, le Nouvel Attila pour Benoît Virot, Le Tripode pour Frédéric Martin, chacune reprenant une partie de l'ancien catalogue.

C'est Le Tripode qui poursuit la publication d'Edward Gorey. Avec cet automne, une réédition et deux nouveautés.

"Les enfants fichus" est un des titres les plus célèbres d'Edward Gorey (traduit de l'américain par Ludovic Flamant, Attila, 2012, Le Tripode, 2014, 64 pages). Sorti en 1963 et revu par l'auteur en 1991, "The Gashlycrumb Tinies" est sans doute son livre le plus connu. Le premier des "Vinegar works" inspira notamment Tim Burton pour son livre célèbre "La Triste fin du petit enfant huître et autres histoires".

C'est aussi un de ses livres les plus frappants puisqu'il s'agit tout simplement d'un abécédaire de morts d'enfants. Un peu lugubre mais pas macabre, plutôt un catalogue fou et grinçant des malheurs d'enfants. Approcher la mort pour se sentir plus vivant.

Cette nouvelle version reprend la traduction en alexandrins de Ludovic Flamant mais n'est plus bilingue. En voici les trois premières pages.
"A pour Amy tombée au bas des escaliers"
 "B pour Basil surpris par des ours affamés"
"C pour Clara lassée, décharnée et malade"
Et la dernière. "Z pour Zillak petite ayant bu trop de Gin"
Vingt-six destins pour lesquels résonne le sous-titre "Quand la cloche a sonné" ("After the outing").

(c) Le Tripode.

(c) Le Tripode.

(c) Le Tripode.



"L'invité douteux" ("The Doubtful Guest") est le troisième livre d' Edward Gorey. Il a été publié en 1957 chez Doubleday et avait fait l'objet d'une traduction chez Gallimard en 1994. Le revoici dans une traduction libre d'Oscar (Le Tripode, 48 pages).

Il retrace l'aventure surréaliste d'un animal sombre, à écharpe rayée et baskets blanches, qui s'installe une nuit d'hiver dans un manoir chic et résiste aux admonestations des occupants. La cohabitation apparaît plus compliquée pour les aristocrates que pour leur invité qui fait exploser leurs habitudes et leurs certitudes. Entre non-sense et observation de la société, Edward Gorey ne choisit heureusement pas.

 

... "L'invité douteux". (c) Le Tripode.
Quatre images de ...
















Et le troisième album d'Edward Gorey qui nous parvient cet automne est "L'aile ouest" (Le Tripode, 64 pages). "The West Wing" est le troisième et dernier volume de "The Vinegar Works" qu'il a publié en 1963. Cet ouvrage surréaliste, rendant hommage à Max Ernst, réunit trente planches numérotées et muettes qui nous baladent à l'intérieur d'une vaste maison bourgeoise.

Chaque scène est un joli tremplin pour l'imagination. Où va cette femme, habillée de sombre, qui sort d'une porte? Que sont ces trois chaussures blanches sur le sol, devant une fenêtre? Et cette enfilade de portes, où mène-t-elle? Qui est ce vieil homme en pelisse qui nous regarde? Et cet homme nu, qui apparaît de dos, sur le balcon? Et celui qui est couché sur le sol?  Petit à petit, les questions se teintent d'angoisse. Tant de bizarreries dans ces scènes dont on ne voit pas tout - heureusement. Humains, animaux, objets, fantômes se sont donnés rendez-vous dans cette "Aile ouest" à se raconter chacun à sa façon.


Les mystères de "L'Aile Ouest". (c) Le Tripode.




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