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samedi 29 octobre 2011

LA une pensée pour Florence Parry Heide

Florence Parry Heide avait 92 ans.

La romancière américaine est décédée dans son sommeil le 23 octobre, a annoncé sa famille. Elle était originaire de Pittsburgh en Pennsylvanie.
Florence Parry Heide a débuté en littérature quand ses cinq enfants ont commencé à aller à l'école.


Son premier titre fut "Maximilian" en 1967, non traduit en français.
Une centaine d'autres ont suivi: albums et romans, sans oublier la poésie et la chanson.
Si elle a finalement été peu traduite en français, ce qui nous est parvenu a un charme fou.
Ses œuvres sont pleines d'humour et de tendresse. Elles débordent d’imagination.
Ses textes ont été illustrés par les plus grands artistes américains, Edward Gorey, Jules Feiffer, Lane Smith.

Florence Parry Heide est surtout connue pour sa trilogie consacrée à Treehorn, précisément illustrée par Edward Gorey. De savoureux romans illustrés montrant le fossé entre l'enfance et l'âge adulte que les jeunes éditions parisiennes Attila viennent juste de republier dans une nouvelle traduction.




"Le rapetissement de Treehorn", "Le trésor de Treehorn" et "Le souhait de Treehorn" sont trois indispensables d'une bibliothèque jeunesse qui se respecte. Datant des années 70 dans leur version originale, ils n'ont pas pris une ride. Au contraire, ils apportent un sérieux vent de fraîcheur dans la mollitude ambiante.

Certains se rappelleront que le premier volume de la trilogie avait paru en français à L'école des loisirs en 1979, sous le titre "Théophile a rétréci". Le deuxième, "Le trésor de Théophile" avait vu le jour en 1982 chez le même éditeur français.


 
Si ces premières traductions indiquaient déjà la qualité des ouvrages, elles collaient moins au texte original que les nouvelles.



Le rapetissement de Treehorn
Florence Parry Heide
Edward Gorey
traduit de l'américain par Oskar
Attila, 2009, 72 pages
aujourd'hui Le Tripode

Devenu introuvable dans sa traduction en français parue à l'école des loisirs en 1979, l'excellent roman illustré "Théophile a rétréci", des Américains Florence Parry Heide et Edward Gorey (1925-2000), reparaît dans une nouvelle traduction et sous un nouveau titre, plus conforme à l'original, "Le rapetissement de Treehorn".

On retrouve avec plaisir ce chef-d'œuvre de la littérature de jeunesse, né aux Etats-Unis en 1971 – comme l'indique le calendrier de la cuisine –, mêlant l'étrange et la réalité. Les dessins en noir et blanc d'Edward Gorey, d'une finesse somptueuse, se posent magnifiquement sur l'atmosphère froide créée par l'écrivain. Quelle manière de dire le fossé entre Treehorn et les adultes. Le gamin s'inquiète de son rapetissement dans l'indifférence générale: sa mère se préoccupe de son ménage, son père du savoir-vivre, et le proviseur de son règlement.

Treehorn énumère sans se plaindre ses transformations: vêtements trop grands, portes trop hautes, boîte à lettres inaccessible, sans compter les scènes du bus et de l’école. Mais une finale qui annonce la magie de l'album "Jumanji" de Chris Van Allsburg (1982 aux Etats-Unis) permet au héros de surmonter son aventure et d'en vivre d’autres. Pour tous, dès 5 ans.



Le trésor de Treehorn
Florence Parry Heide
Edward Gorey
traduit de l'américain par Chantal Philippe
Attila, 2009, 80 pages
aujourd'hui Le Tripode

Nouvelle réédition de l'introuvable "Le trésor de Théophile" par les éditions Attila (aujourd'hui Le Tripode) qui font découvrir l'œuvre d’Edward Gorey, incroyable dessinateur américain (1925-2000). Ici, Treehorn lit des bandes dessinées, "assis à terre dans son placard". Sa mère se soucie de la déco, son père du budget: "l'argent ne pousse pas sur les arbres". Sauf que le placide gamin voit les feuilles des arbres du jardin devenir des billets de un dollar! Pour tous dès 5 ans. 



Le souhait de Treehorn
Florence Parry Heide
Edward Gorey
traduit de l'américain par Oskar
Attila, 2010, 80 pages
aujourd'hui Le Tripode

Fin avec ce titre de la trilogie entamée avec "Le rapetissement de Treehorn" et "Le trésor de Treehorn". Un travail entamé en 1971 et qui séduit toujours autant par sa fraîcheur et sa quête de liberté. Dans ce troisième volume, toujours finement illustré en noir et blanc, Treehorn s'apprête à fêter son anniversaire dans l'indifférence parentale, lorsqu'un génie surgit d'une jarre. Qui dit génie dit vœux à émettre. Trois évidemment. Une histoire joyeusement loufoque entre chapeau maternel vert, factures paternelles, employé du gaz et rêves d'enfant. Pour tous dès 5 ans.



Florence Parry Heide avait également eu quelques romans traduits en français, dont "Banane" et "Bananes à gogo" (L'école des loisirs).


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