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mercredi 14 avril 2021

La stupéfaction d'un deuil familial

Une gravure datée de 1875.

"Disaster Falls", le lieu qui donne son titre au terrible récit de Stéphane Gerson (traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Thomas Grillot, Alma Editeur, octobre 2020, 240 pages) résonne comme une menace. C'est le nom que porte depuis belle lurette un passage de rapides sur la Green River, entre l'Utah et le Colorado. Un nom sur lequel on ne s'interroge pas, sauf quand survient un drame. Une tragédie dans le cas de la famille Gerson. Partie faire du rafting en voyage organisé à l'été 2008, elle y a perdu, le premier jour de l'excursion, Owen, 8 ans, le fils cadet, installé avec son père dans un kayak qui s'est retourné. Julian, 11 ans, était sur une autre embarcation avec la maman.
"Ce que nous avons appelé l'accident eut lieu sur la rivière Green, non loin de la frontière séparant l'Utah du Colorado. Jusqu'à ce moment, notre vie avait suivi son cours ordinaire, avec ses moments de bonheur et ses désirs insatisfaits. Mais Owen a disparu ce jour-là, et nous nous sommes retrouvés à trois, sans lui."
Ainsi débute le prologue qui introduit le livre bouleversant de Stéphane Gerson. Publié aux Etats-Unis en 2017, il nous est parvenu en traduction française en octobre 2020. "Disaster falls" scrute sous toutes les coutures la douleur inouïe d'un père, d'une mère, d'un frère, d'une famille, d'une communauté d'amis. La culpabilité, l'anéantissement, l'incompréhension, le manque, le refus de la réalité et les rêves les plus fous, les réactions tellement différentes de l'un à l'autre, le livre dit tout. L'accident, le retour à la maison, les jours après, la vie avant, le temps après, infiniment long, la voix d'Owen qui s'oublie, le vide laissé, qui semble ne jamais pouvoir être comblé, le mur invisible qui s'érige entre les Gerson et les autres, les conseils et les recommandations. Le lecteur entre dans l'intimité de la famille Gerson. Il participe à son désespoir car il est impossible de ne pas se projeter dans cet épouvantable accident. Mais il n'en est pas pour autant le voyeur de ce drame.

Stéphane Gerson est parvenu à rendre son texte universel, convoquant de nombreux écrivains confrontés au même drame que lui, invitant chacun à méditer sur cette mort, cette absence soudaine engendrant tant de réaménagements. En vingt-quatre chapitres merveilleusement titrés de questions d'enfants et un épilogue, "Disaster Falls" est certes le tombeau d'Owen, l'histoire d'une famille à ce moment-là mais est aussi un livre de deuil et le livre d'un historien. Celui qui fouille le passé du lieu maudit, celui qui, quand son propre père devient gravement malade et envisage sa fin, remonte le cours de sa propre histoire familiale. Un parcours compliqué qui démarre en Europe centrale mais que les persécutions contre les Juifs et la guerre poussent à l'exil en Belgique, en France ou aux Etats-Unis.

"Disaster Falls" est un livre qui émeut profondément. Par le chagrin et la douleur qu'il dépeint mais aussi par la sincérité du narrateur, son honnêteté face à sa façon de réagir, son empathie envers son épouse et son fils aîné dont les comportements sont si différents du sien, sa lucidité par rapport aux relations entre les humains, sa franchise d'un bout à l'autre. Si Stéphane Gerson dépose d'abord son cœur brisé dans son texte, il arrive à faire de son livre un objet littéraire dépassant la plainte, inscrivant Owen dans une histoire qui n'aurait pas dû être la sienne. Ce petit garçon qui aura toujours huit ans aura profondément marqué les siens par son décès, parfois silencieusement, ce que Stéphane Gerson analyse très bien dans la dernière partie de son ouvrage où il est confronté à la demande d'euthanasie de son père. "Disaster Falls" est un récit immensément riche, entrant en résonnance avec le lecteur, lui suggérant des questions et des réflexions. Je crois qu'il n'y a pas une seule page de mon exemplaire où je n'ai souligné ou coché plusieurs lignes.

Neuf questions à Stéphane Gerson

Stéphane Gerson. (c) Nina Subin.
Historien de profession, historien culturel de la France contemporaine plus précisément, Stéphane Gerson dirige l'Institute of French Studies à la New York University. Il a dirigé l'édition américaine de l'"Histoire mondiale de la France" de Patrick Boucheron. Ayant les nationalités belge et américaine, parlant français et anglais, il était à Bruxelles l'autre jour. L'occasion de lui poser quelques questions.


Vous êtes Belge et Américain, vous parlez anglais et français.
Mon père est Américain, ma mère est Belge. J'ai passé mon enfance à Groenendael, près de Bruxelles. Mes grands-parents maternels habitaient à la Bascule, à Uccle. J'ai grandi hors de la ville mais j'ai toujours aimé la ville.
L'anglais est ma langue dominante mais le français est ma langue maternelle. Je suis allé à l’école Decroly, puis à Catteau, puis à l'Ecole internationale. A treize ans, j'ai fait mes études aux Etats-Unis mais je suis revenu ensuite un an en Belgique faire mon service militaire à Vilvorde.

Pourquoi avoir écrit le livre en anglais?
J'ai écrit le livre en anglais parce que j'ai vécu l'accident en anglais et que l'anglais est la langue du deuil. C'est cohérent avec ce que je voulais dire, ancré dans un moment historique particulier.
Après l'accident, nous avons passé vingt-quatre heures dans la tente, sans téléphone, à trois. Cela a créé un attachement très fort entre nous, une communication, un désir très fort de ne pas se couper les uns des autres.

Quand avez-vous décidé de l'écrire?
J'ai commencé à l'écrire en 2012, quatre ans après la mort d'Owen. J'ai beaucoup travaillé avec mon éditrice, elle m'a beaucoup aidé, j'ai beaucoup appris. Ecrire le livre s'imposait à moi. J'avais tenu en 2008 un journal intime obsessionnel, une chronique détaillée de ces jours. J'en ai fait la mise en récit quelques années plus tard. Je sentais que je devais le faire. J'ai eu beaucoup de réactions de lecteurs, avec de fortes émotions. J'ai ressenti en parent endeuillé combien on projette ses propres craintes. J'ai fait œuvre de sincérité en ne me censurant pas. J'ai voulu parler de choses qui me faisaient honte, que j'aurais préféré ne pas divulguer. J'ai usé d’une écriture simple sans pathos.

C'est le livre d'un historien mais aussi d'un père, d'un mari et d'un fils.
C'est une histoire vraie mais le lecteur s'y projette. Je voulais cette distance. Moi, je suis historien. Ce livre marque une rupture dans mon écriture. J'ai été intéressé par le "je". L'historien en moi a estimé, pour répondre à l'horreur de ce décès, devoir devenir l'historien de ce drame, du monde social. J'ai été parfaitement honnête. Je mets tout et tout ce que je mets est vrai, sans m'épancher. Au plus j'allais en moi, au plus je m'éloignais de moi. Je transformais ma propre vie en spécimen. Je devenais l’historien chroniquant cet homme confronté à la mort de son fils. L'ironie tragique est que ce désastre a libéré en moi une autre forme d'écriture, celle d'un historien ouvert à l'émotion, dont l'écriture a une forme, est le façonnement d'un savoir. La littérature et l'histoire peuvent se répondre.

Vous tenez une chronique familiale.
Le "je" est intime, non seulement personnel mais social et familial, comme le dit le titre en anglais, "A Family Story". Ce qui s'est passe sous la "tente" a scellé la famille. Je suis un père endeuillé, mais je suis aussi un mari et aussi le père de Julian. La mort d'Owen a tout transformé.
C'est une épreuve pour le couple. Il y a tant de différences entre Alison et moi. Je voulais rendre compte de ces différences et interroger mon statut de père par rapport à Julian. Ce dernier a été le protecteur de ses parents, peut-être pour se protéger lui-même.
Et c'est une injonction à tenir bon, à rester ensemble.
Je pose aussi un regard rétrospectif sur la responsabilité à notre égard, sur les responsabilités dans tous les sens. Le procès que nous avons intenté n'apparaissait pas dans la première version de mon manuscrit. Mais vu les fautes commises par la société qui organisait le voyage, j'ai jugé nécessaire de l'ajouter. C'était une colère nécessaire.

Les questions des enfants en titre des chapitres (*) sont une magnifique idée.
Les phrases d'enfants qui ouvrent les chapitres ont été récoltées en novembre 2008 à l'école d'Owen. Mon épouse Alison et moi y étions allés pour maintenir les liens sociaux. Personne ne pouvait comprendre ce qui était arrivé. Moi, à ce moment, je voulais me séparer du monde, vivre avec d'autres gens qui ont connu la même chose. Après un moment, je me suis ravisé.
Nous nous demandions comment des enfants de huit ans allaient réagir. Nous leur avons donné les livres qu'Owen avait aimé lire. Ils avaient écrit leurs questions et nous en ont remis les fiches. Ce livre porte sur des questions. Les enfants ont exprimé tout ce que les adultes n'osent pas toujours dire. Les questions ont aussi une autre fonction, inscrire le livre dans le temps, en novembre 2008.

Alison et vous-même avez eu des perceptions différentes d'Owen disparu.
Alison ressent la présence d'Owen. Un medium a communiqué avec lui. Cela lui a procuré du réconfort. Pas à moi. Si c'est faux, c'est une arnaque. Mais si c'est vrai, je me suis demandé pourquoi je n'entre pas moi en communication avec mon fils alors qu'une voyante le fait? Mais j'ai accepté son récit. Alison m'a autorisé à écrire ce livre, Julian aussi. Cela m'a sauvé.

Vous faites beaucoup référence à des livres et à leurs auteurs.
En lisant, on apprend des choses sur soi-même. J'étais moins seul. La littérature m'a beaucoup apporté, l'écriture des autres. Mon moi de père, mon moi de prof, mon moi d'historien s'étaient dissous. J'ai trouvé une nouvelle forme d'interaction avec les morts de l'histoire, pour inscrire aussi Owen dans l'histoire.

Avez-vous modifié votre maison?
Owen est toujours chez nous aujourd'hui en photos. Nous avons gardé sa chambre, non comme un mausolée mais comme un lieu de présence positive. On parle beaucoup d'Owen. On est entourés de gens qui parlent de lui. Julian qui est maintenant un jeune adulte, en parle peu, lui. Est-ce son deuil du frère? Après, comme je l'évoque dans le livre, nous avons eu un autre enfant. Elliott a maintenant sept ans. Il a deux frères, un vivant et un mort. Il pose des questions, plus sur l'accident que sur Owen lui-même. Mais il est encore petit. Il n'a pas de tabou.


(*) Quelques-unes des 25 questions des enfants.

  1. Drew: Une petite question: comment cela se passe à la maison?
  2. Michaël: J'aimerais savoir en quoi Owen était un gentil garçon.
  3. Amanda: Je suis teeeellement désolée. Owen et moi étions amis en CE1.
  4. June: Est-ce que vous vous sentez vraiment tristes ou mal à l'aise?
  5. Zack: Pour que vous sachiez, je suis vraiment triste pour vous et Owen était un garçon formidable.
  6. Natalie: Ça s'est passé le matin ou l'après-midi?
  7. Tessa: Je me souviens, à la ferme, un poulet a fait caca sur Owen!
  8. Matthew: Quelle était l'activité préférée d'Owen?
  9. Meghan: Je suis désolée qu'Owen soit mort et puis vous devez être si tristes de ce qui s'est passé.
  10. Blake: Owen était-il le meilleur à la Playstation?
  11. Fiona
  12. Delia
  13. Claire
  14. Ella
  15. Henry
  16. Iris
  17. Zara
  18. Julie
  19. Kara
  20. Sarah
  21. Cory
  22. Thomas
  23. Nicky
  24. Ryan
  25. Samantha






vendredi 14 avril 2017

Les pochettes surprises de Pierre Raufast

Pierre Raufast.

Informaticien de son état - il est chargé de la cybersécurité chez Michelin à Clermont-Ferrand -, Pierre Raufast n'aime pas perdre son temps. C'est même sa phobie. Alors, il lit, comme un fou, toutes les œuvres d'un auteur, Brigitte Giraud, Serge Joncour, Bernard Quiriny…, ou un type de littérature. Il a ainsi eu une période sud-américaine, une période japonaise, une période américaine, une période prix Nobel... Et quand il ne travaille pas, ou qu'il ne lit pas, il écrit. "Je fais de la fiction comme je racontais des histoires à mes filles petites", me dit-il. "J'aime la créativité, l'imagination. Il m'est facile d'écrire. C'est devenu un challenge personnel."

Un challenge brillamment gagné. On est emporté par ses romans surprenants, bien ficelés, joliment écrits, mêlant le vrai et le faux, avec des mots réclamant le dictionnaire. Convoquant tous au moins un cimetière et une piscine. Pierre Raufast a publié en début d'année le bourlinguant "La baleine thébaïde" (Alma, 218 pages), son troisième roman après "La variante chilienne" (Alma, 2015) et "La fractale des raviolis" (Alma, 2014). Un quatrième est en cours d'élaboration. Précédemment, il avait signé deux livres de management sur les Fables de La Fontaine. "J'ai reçu mes premiers conseils d'écriture de Jean-Maurice de Montrémy (Alma éditeur). Je lui avais envoyé mon premier livre par la poste, ainsi qu'à sept autres maisons d'édition", indique-t-il.

"La baleine thébaïde" est le dernier d'une série de trois, pas d'une trilogie. "Il y a des personnages qu'on retrouve de l'un à l'autre et des allusions entre eux mais on peut les lire dans l'ordre qu'on veut. On apprend ici pourquoi il a plu pendant douze ans dans le livre précédent." En ultra-résumé, mais c'est gommer toutes les incises et histoires parallèles dont Pierre Raufast régale son lecteur, le roman raconte la drôle d'expédition que vit l'équipage hétéroclite embarqué à bord de l'Hirundo afin de retrouver la fameuse "baleine 52" dont la fréquence de chant est unique au monde.

Des marins d'hier et d'aujourd'hui, avec des bons, des méchants et des très méchants. A moins que ce ne soit une illusion. A trois d'entre eux, l'auteur va tour à tour donner la parole, permettant au lecteur d'affiner sa perception des faits avant qu'une quatrième partie ne clôture ce livre prenant de bout en bout, écrit avec autant de soin que d'élégance.


Sept questions à Pierre Raufast,
clin d'œil à un passage du livre.

Pourquoi ce livre?
Je voulais écrire sur la solitude. J'avais lu dans un "Sciences & vie" l'histoire vraie de la baleine 52. J'ai pensé que c'était un bon support pour évoquer la solitude dans ses formes multiples, physique, morale. J'avais des anecdotes en stock et l'idée des baleines en plastique.
Pourquoi la solitude ?
Le sujet me plaît. Il est romantique. Peut-être suis-je quelqu'un de solitaire à la base. Il y a sans doute une part autobiographique dans mes personnages. J'avais trois idées pour le livre. Celle de la solitude. Celle du parcours initiatique de Richeville qui est une sorte de Candide plus naïf que moi. Celle de l'époque folle des années 70 où on a fait d'énormes progrès en sciences, notamment en armes météorologiques. Je voulais partir de faits réels et les pousser jusqu'à l'absurde.
Pourquoi ces idées-là?
Les vérités ne sont pas uniques. Il n'y a pas des bons ou des méchants. Les sciences parce que le sujet me plaît et que je le connais. J'avais la structure du livre avant de commencer à rédiger.
Pourquoi la salve de "7 pourquoi"?
C'est une technique de management qui s'applique à propos des décisions difficiles.
Pourquoi ces personnages?
Le principal a un lien avec Alvarez.
Marc est un clin d'œil à la "Fractale des raviolis".
Dimitri pour annoncer la troisième partie.

Pourquoi passer de "je" au "il"?
Le livre est comme les marionnettes et leur fil, avec, en plus, un narrateur omniscient. Le temps oscille du passé simple, temps de la narration, au présent, par exemple quand on tue la baleine.
Pourquoi des poèmes en ouverture des différentes parties?
Les poèmes sont là pour donner une pause au lecteur et offrir des références littéraires en lien avec le titre des parties. Les poèmes sont sur la solitude, la mère, l'intellectuel.

La structure d'un livre en cours.
Pierre Raufast ne fait pas partie des écrivains tourmentés par leur personne. C'est un narrateur qui aime fignoler ses histoires. "L’écriture est pour moi un plaisir", dit-il. "Mais je ne la pratique que deux heures par semaine à cause de ma profession principale. Mon premier jet est rapide. Impossible de ne pas savoir où je vais. Puis je modifie petit à petit. Je me corrige. J'enlève. Je rajoute. Mais c'est un vrai plaisir, une vraie détente. Quand j’écris, je ne pense à plus rien d'autre. Je suis dans ma bulle. Ecrire me fait plaisir, me fait rire. J’écris pour raconter des histoires, comme un scénariste américain."  Et les lecteurs y trouvent grandement leur compte.

D'autant que l'informaticien, passionné par l'IOT (l'internet des objets connectés), sème quelques gaines en ce sens. "L'idée à propos de la baleine dans la piscine est plausible", affirme celui qui connaît les "dangers liés à leur absence de sécurité, le manque de respect de la vie privée, contrairement aux citoyens qui en ignorent tout."

Pour lire le début de "La baleine thébaïde", c'est ici.


Le livre précédent de Pierre Raufast, "La variante chilienne" (Alma, 264 pages, 2015, Folio en septembre 2017), est la rencontre de deux vacanciers, Margaux et Pascal, le prof de l'ado, et de Florin qui habite là et range ses souvenirs dans des bocaux. Chaque pierre déposée correspond à un événement de sa vie. Il va puiser dans ses cailloux pour raconter à ses visiteurs de passage quelques histoires incroyables tandis qu'eux-mêmes en auront aussi à dire sur eux-mêmes.

"C'est un livre sur la mémoire", explique l'écrivain, "le traumatisme pour Margaux, le poids des souvenirs heureux ou non. Florin n'a pas de souvenirs, il a la chance de choisir. Je traite du rôle des souvenirs, de leur importance par rapport à ce qui nous construit. Les souvenirs sont le disque dur interne d'une personne. Les cailloux sont le disque dur externe de Florin. Pascal, lui, ne vit que par les livres qu'il place entre lui et la réalité. Margaux est confrontée à un drame qu'elle a vécu".

Répertoire d'anecdotes.
Pendant deux années, Pierre Raufast a noté des idées dans des carnets. Ensuite, il lui a fallu trouver une histoire qui les relie toutes avec fluidité. Puis est venue la rédaction, parallèle à la structure d'un logiciel. Ne cherchez pas l'informaticien plus loin. L'auteur choisit de faire la structure du livre à l'avance. Il colle des post-it aux murs pour avoir tout à portée de main. "Les anecdotes sont là pour surprendre le lecteur", analyse-t-il. "Il y a des choses vraies, comme l'archéo acoustique, des choses inventées comme la pluie longue de douze ans et des choses vraisemblables. Elles servent à donner du relief aux personnages, de l'ambiance. Comme le faisait Gabriel Garcia Marquez."

Des petits cailloux qui concourent à faire de "La variante chilienne" une lecture captivante, entre histoires drôles, histoires sombres et histoires tristes.


Bon, ben, il me reste à lire fissa "La Fractale des raviolis" (Alma, 2014, Folio, 2015) et à découvrir cette première pochette surprise concoctée par Pierre Raufast.