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vendredi 27 novembre 2020

Ce cher Colum McCann, un lauréat heureux

Colum McCann. (c) Patrice Normand/Opale/Leemage/Belfond.

Dans la riche rentrée littéraire qui nous a été proposée en cette fin d'été, il y a un roman qui s'est distingué entre tous les autres. Il s'agit de "Apeirogon", le nouveau roman de l'Irlandais installé à New York Colum McCann (traduit de l'anglais (Irlande) par Clément Baude, Belfond, 512 pages). Son titre est le nom d'une figure géométrique au nombre infini de côtés. Un bouquin extraordinaire qui mérite amplement le Prix du meilleur livre étranger qu'il a reçu hier en France. Sur la vidéo ci-dessous, l'auteur remercie le jury et ses lecteurs francophones. Un éclair de lumière dans un quotidien que les actualités successives assombrissent terriblement.

 



"Apeirogon" plonge dans le conflit israélo-palestinien, en s'attachant à deux pères de famille réels, Rami Elhanan, l'Israélien, fils d'un rescapé de la Shoah, ancien soldat de la guerre du Kippour, et Bassam Aramin, le Palestinien qui n'a connu que la dépossession, la prison, les humiliations. Ennemis selon la politique, ils ont en commun d'avoir chacun perdu une fille dans le conflit. Smadar Elhanan avait treize ans, Abir Aramin en avait dix. Colum McCann les a longuement rencontrés. Son roman raconte comment après le choc, la douleur, les souvenirs, le deuil, ces deux pères ont eu envie de sauver des vies. Ils ont rejoint le Cercle des Parents, association qui réunit des parents endeuillés, Juifs et Arabes de Cisjordanie.

Ce roman extraordinaire n'est toutefois pas un roman de plus sur le conflit israélo-palestinien. C'est un texte à la forme complètement inédite, deux séries de 500 textes de longueur très variables, numérotés de 1 à 500 et de 500 à 1, qui aboutissent à la notice 1001, centrale. 1001 chapitres comme les 1001 facettes de cet inextricable conflit. 1001 chapitres comme les 1001 nuits de Shéhérazade. Irlandais, le romancier sait ce que sont les conflits fratricides. Il nous fait percevoir le drame de ces deux pères désenfantés d'une façon tellement particulière que l'on en est ébloui et terriblement reconnaissant. Ses fragments sont à la fois personnels, historiques, politiques, philosophiques, religieux, poétiques, cinématographiques. Une liberté d'écrire et de raconter qui restitue de façon stupéfiante cette tragédie qui endeuille le Moyen-Orient et célèbre cette amitié née de deuils. Un livre musical qui interroge la justice et donne malgré tout espoir.

"Apeirogon" est un chef d'œuvre autant sur le fond que sur le forme. Eblouissant, ce livre de mémoire nous permet de rêver à la paix dans cette partie du monde. L'émotion selon Colum McCann est celle qui ne se dit pas mais se perçoit entre les lignes. Son écriture une exigence qui nous porte.


Pour lire en ligne un extrait de "Apeirogon", c'est ici.




mardi 17 novembre 2015

Encore une petite fournée de prix littéraires

Cela sent la fin mais ce n'est pas fini. Presque toutefois.
Session de rattrapage.

Mardi 10 novembre, le prix du Premier roman français a été décerné à Didier Castino pour "Après le silence" (Liana Levi). Dans la catégorie "premier roman étranger", le jury a distingué deux ouvrages: "Les nuits de laitue" de la Brésilienne Vanessa Barbara (Zulma) et "L'ange de l'oubli" de l'Autrichienne Maja Haderlap (Métailié).

Jeudi 12 novembre, le prix Interallié est allé à Laurent Binet pour son roman "La Septième fonction du langage" (Grasset), déjà lauréat du prix du roman Fnac le 1er septembre dernier. De justesse donc, l'écrivain multisélectionné reçoit le dernier grand prix littéraire pour son roman sur Roland Barthes, au second tour par six voix.


Lundi 16 novembre, Alice Zeniter a appris qu'elle était la lauréate du prix Renaudot des lycéens pour son quatrième roman, "Juste avant l'oubli" (Flammarion). Le prix lui sera remis début décembre.






Le même jour, le romancier britannique Martin Amis a reçu le prix du Meilleur livre étranger pour "La zone d'intérêt" (traduit de l'anglais par Bernard Turle, Calmann-Lévy), son quatorzième roman. Le jury l'a choisi par six voix contre trois à Erikur Örn Norddahl pour "Illska" (Métailié), une à Stefan Brijs pour "Courrier des tranchées" (Heloïse d’Ormesson) et une à Diane Setterfield pour "L’homme au manteau noir" (Plon).

Le Prix du Meilleur livre étranger en catégorie essai va, lui, à l'Autrichien Christoph Ransmayr pour "Atlas d'un homme inquiet" (traduit de l'allemand par Bernard Kreiss, Albin Michel),  par neuf voix contre deux à "Fairyland", d'Alysia Abbott (Globe). A noter qu'il est déjà le lauréat du Prix Jean Monnet de littérature européenne.

Créé en 1948 par un groupe de directeurs littéraires de maisons d'édition, le Prix du Meilleur livre étranger a été l'un des premiers à distinguer des ouvrages de littérature étrangère. Son jury actuel se compose d'Ariane Fasquelle, Christine Jordis, Anne Freyer, Nathalie Crom, Joëlle Losfeld, Catherine Enjolet, Daniel Arsand, Manuel Carcassonne, Gérard de Cortanze, Jean-Claude Lebrun, Alexis Liebaert et Joël Schmidt.

Par contre, la remise du prix Goncourt des lycéens, prévue ce mardi 17 novembre, est reportée sine die en raison des attentats à Paris.



Les sélections et prix
Jean Giono (remis), ici, ici et ici 
Grand Prix du roman de l'Académie française (remis), ici,  ici et ici
Décembre (remis), iciici  et ici
Goncourt (remis) et Goncourt des lycéens, ici, iciici et ici
Renaudot (remis), ici,  ici, ici et ici
Femina (remis), iciiciici et ici
Médicis (remis), ici,  ici, ici et ici
Wepler (remis), ici et ici
Grand Prix de littérature américaine (remis), iciici et ici
Flore, ici, ici et ici
Interallié, ici et ici