Nombre total de pages vues

Affichage des articles dont le libellé est Billebaude. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Billebaude. Afficher tous les articles

mercredi 26 octobre 2016

Les ours sortent groupés, dirait-on

Une expo d'ours

Autant solder immédiatement un sujet qui fâche. Oui, l'affiche qui annonce la sympathique exposition "Grrr! L'ours dans tous ses états..." au Centre d'Art du Rouge-Cloître, exposition montée en collaboration avec le CLJBxl (Centre de Littérature de Jeunesse de Bruxelles), est tout simplement hideuse - et son titre ridicule. Qui a eu l'idée de juxtaposer ainsi ces différents ours dessinés? Cela ne ressemble à rien. C'est d'autant plus navrant que l'idée de l'expo est excellente, réunir les ours nés des pinceaux de neuf illustrateurs jeunesse belges au cours des vingt-cinq années écoulées et pas des moindres: Claude K. Dubois, Jean-Luc Englebert, Gaëtan Evrard, Émile Jadoul, Louis Joos, Rascal, Stibane, Gabrielle Vincent et Marie Wabbes. La plupart d'entre eux sont édités chez Pastel ou à la maison-mère française, l'école les loisirs. Leurs styles graphiques différents disent bien combien l'ours est multiple. Beaucoup de dessins originaux, plus d'une centaine, sont exposés sur les deux niveaux habituels du lieu. Un ensemble plutôt plaisant.

Ci-dessous, les couvertures de la plupart des albums dont sont tirées les illustrations exposées (ceux qui sont disponibles sont en vente à l'entrée).



Plus précisément, et par ordre d'apparition au visiteur:
  • "Le voyage d'Oregon", Louis Joos et Rascal
  • "Le rêve de l'ours", Louis Joos et Carl Norac
  • "C'est un papa", Louis Joos et Rascal
  • "Un ours à l'école", Jean-Luc Englebert (lire ici)
  • "Ourson blanc", Claude K. Dubois
  • "Papa-île", Emile Jadoul
  • "Où est la lumière", Stibane
  • "Boucle d'or & les trois ours", Rascal
  • "Je voudrais que tu m'aimes", Marie Wabbes (lire ici)
  • "Portraits d'ours en peluche", Marie Wabbes
  • "Ours, es-tu là?", Gaétan Evrard
  • "Wang le pêcheur", Gaétan Evrard
  • "Ernest et Célestine au musée", Gabrielle Vincent
  • "Ernest et Célestine chez le photographe", Gabrielle Vincent
  • "Ernest et Célestine Le sapin de Noël", Gabrielle Vincent

On ne croise pas que des originaux dans cette expo. Des ours en peluche aussi, dont une sélection par la collectionneuse experte qu'est Marie Wabbes. Des vitrines proposent plein d'albums pour enfants sur le thème de l'ours, des titres qui sont encore dans toutes les mémoires. Choix plus discutables, les photos d'ours blancs et d'ours bruns, et les reproductions géantes des illustrations de cet excellent album qu'est "Un ours, des ours" (Sarbacane, lire ci-dessous), sans rapport avec le thème initial des ours par des créateurs belges.

L'exposition se tient au Centre d'art de Rouge-cloître, 4, rue du Rouge-Cloître, 1160 Bruxelles. Elle est ouverte jusqu'au 29 janvier 2017, du mercredi au dimanche de 14 à 17 heures (entrée: 3 ou 2 euros pour les plus de 12 ans. Fermé du 23/12/2016 au 3/01/2017 inclus. Plus d'infos (animations, ateliers avec les artistes) sur www.rouge-cloitre.be - 02.660.55.97.


Un album d'ours

"Un ours, des ours" (32 illustrateurs, Sarbacane, 72 pages) est un superbe album pour enfants dès 5 ans, épais et de grand format, d'une audace pleinement réussie. Il présente les dessins de trente-deux illustrateurs qui ont répondu à l'invitation "Dessine-moi un ours". Mais ces trente-deux graphismes différents, du classique à l'ultra-moderne, de l'aquarelle à l'ordinateur, du débutant au confirmé, ont un formidable liant, les textes que François David a posés sur chacun d'eux.

Chaque fois que l'écrivain, éditeur (Motus, c'est lui) et poète recevait une contribution illustrée à cette carte blanche ambitieuse, il lui composait un poème. Original, particulier, en écho et en prolongement de l'image. Rien de gratuit, mais du fond, de la forme et du piquant. De l'humour aussi et une fantaisie débridée. Le fait d'avoir un auteur unique, le "liant", permet au livre de ne pas être une succession de dessins et de textes mais un véritable album, incarné et brillant, avec un rapport textes-images extrêmement intéressant.

Les illustrations se succèdent de manière très agréable dans "Un ours, des ours". Sur fond blanc ou à bords perdus, sobres ou bourrées de détails, en tons pastel ou en teintes vives, elles occupent toujours la page de droite, celle de gauche étant réservée aux poèmes de longueur variable - et au  nom de l'illustrateur. Quelles merveilles que ces textes, tous différents, tous enchanteurs, drôles ou plus sérieux. François David a su capter l'essence des ours et des ourses qui lui étaient présentés. Un "ours rouge" pour Séverin Millet, une "ourse bleue" pour Daniela Olejnikova, un "Ours Dort" pour Marie Dorléans, un "ours presque rhinocéroc" pour Alfred, un "ourceberg" pour Audrey Spiry, des "ours en kit ou double" pour Elisa Géhin, sans oublier les blancs et les noirs pour ne citer que quelques-uns d'entre eux.


L'ourse bleue de Daniela Olejníková. (c) Sarbacane.

Trente-deux illustrateurs ont pris part à cette aventure éditoriale, dont trois Belges. Par ordre alphabétique, qui n'est pas celui d'apparition dans les pages, je nomme Alfred, Matthias Aregui, Betty Bone, Jean-Baptiste Bourgois, Jonathan Burton, Nathalie Choux, Marie Dorléans, Fanny Ducassé, Jérémie Fischer, Henri Galeron, Élisa Géhin, Bernadette Gervais, Bruno Gibert, Vincent Godeau, Ilya Green, Gilbert Legrand, Marie Mignot, Séverin Millet, Sébastien Mourrain, Marie Novion, Daniela Olejníková, Becky Palmer, Olivier Philipponneau et Raphaële Enjary, Francesco Pittau, Guillaume Plantevin, Stéphane Poulin, Terkel Risjberg, Mélanie Rutten, Audrey Spiry, Amélie Videlo, Henning Wagenbreth et Julia Wauters.

L'ours blanc d'Henri Galeron. (c) Sarbacane.


Une revue sur les ours (pour les grands)

Les ours sont partout en cet automne, dirait-on. A Paris, le Muséum d'histoire naturelle propose jusqu'au 19 juin 2007 l'exposition "Espèces d'ours!" Elle se prolonge fort bien dans le numéro 9 de la revue Billebaude, sobrement titré "L'ours" (Glénat/Fondation François Sommer/Muséum, 96 pages), une revue à propos de nature mariant terrain, art et réflexion. Un titre qui ne dit pas assez l'extrême richesse de la centaine de pages superbement illustrées.

Que sait-on de l'ours au fond? Que sa variété blanche est menacée depuis qu'une photo l'a montré dérivant tout maigre sur un bout d'iceberg? Que sa variété sombre est la chérie des enfants, même devenus adultes, sous l'appellation de teddy bear? Qu'il a donné lieu à un immense marché de jouets? Des fragments d'informations qui ne sont pas faux mais que la revue Billebaude, coordonnée par Anne de Malleray, remet en place et complète de façon exemplaire.

"Wilder Mann", Charles Fréger.
"Wilder Mann", Charles Fréger.












Illustrés de quelques reproductions de dessins anciens et surtout de nombreuses photos étonnantes, dont ces "Wilder Mann" de Charles Fréger (2010-2011) ou d'installations contemporaines, toujours en pleine page, les chapitres successifs procurent autant d'informations que de surprises. Saviez-vous que longtemps en Europe le roi des animaux ne fut pas le lion mais l'ours, admiré, vénéré, pensé comme un parent ou un ancêtre de l'homme? Que c'est un ours, dénommé Smokey Bear, qui est la mascotte de la prévention des incendies aux Etats-Unis?

Billebaude invite à redécouvrir les ours sauvages et imaginaires qui peuplent toujours les forêts et les mythes. De la rencontre des âmes sauvages en Alaska aux questions que pose la réintroduction des ours en France, en passant par des approches historique, philosophique, biologique, anthropologique, géopolitique, mythologique, artistique et littéraire, l'ours nous est révélé comme jamais.

Pour feuilleter la revue en ligne, c'est ici.





lundi 25 juillet 2016

DTPE 5: le lapin mis à toutes les sauces

De tout pour l'été, DTPE.
L'été, le temps de lire, du lourd et du léger, du français et de l'étranger, des romans et des récits. L'été, le temps de relire aussi.

Les Aventures d'Alice au pays des merveilles - Lewis Carroll - Folio classiqueSi l'ours et le loup sont des figures-phares de la littérature de jeunesse, le lapin en est également un élément-clé - comme la souris mais c'est une autre histoire. On pense tout de suite au Lapin blanc d'"Alice au pays des merveilles" que Lewis Carroll faisait toujours courir parce qu'il était en retard - on sait aussi l'image qu'en a donné récemment Gilles Bachelet dans "Madame le lapin blanc" (lire ici).

On pense évidemment aussi à "Pierre Lapin" ("Peter Rabbit") de la délicieuse Beatrix Potter (1866-1943), inventé en 1893 et publié en 1902 - la Royal Mint (Monnaie royale) britannique le met à 'honneur avec une pièce de 50 pence qui lui est dédiée, créée cette année par la graphiste Emma Noble pour les 150 ans de la naissance de sa créatrice.

Sans faire de recherches, plein de longues oreilles me reviennent encore en mémoire: les "Petit Lapin" de Marie Wabbes, "Max" de Rosemary Wells, les lapins d'Olga Lecaye et de son fils Grégoire Solotareff, le "Petit Lapin" de Harry Horse, "Miffy" de Dick Bruna, ceux de Richard Scarry, de Claude Boujon, "Lulu" d'Alex Sanders, sans oublier ceux de Malika Doray (lire ici), Audrey Poussier, Komako Sakai (lire ici) et bien sûr le "Simon" de Stephanie Blake.

Sans oublier évidemment les albums "L'île aux lapins" de Jorg Steiner (illustré par Jorg Müller, Duculot, 1978) et "Devine combien je t'aime" de Sam McBratney (illustré par Anita Jeram, traduit par Claude Lager, L'école des loisirs/Pastel,1994).

A noter que ressortira le 15 septembre le célébrissime roman de Richard Adams, "Les garennes de Watership Down" ("Watership Down", traduction de Pierre Clinquart, Monsieur Toussaint Louverture, 544 pages), qui a régalé des millions de lecteurs depuis sa sortie en 1972 et sa première traduction française en 1976.




Une belle série de nouveautés
A tous ces titres s'en ajoutent d'autres, sortis en 2016.

Le plus étonnant, le plus flashy aussi, est le numéro 8 de la revue grand format Billebaude, intitulé "Le lapin" (travail collectif coordonné par Anne de Malleray, Glénat, 96 pages, diffusion en librairies et sur abonnement). En couverture, une tête de lapin noir à œil marron vous regarde depuis son fond rose vif. A savoir, Billebaude sort deux fois par an; la revue transdisciplinaire éditée par la Maison de la Chasse et de la Nature et Glénat interroge le rapport de l'homme à la nature et à l'animalité.

Fort bien mis en pages, illustré avec recherche de documents anciens, de citations et d'œuvres d'art contemporain, ce numéro aborde le lapin, et un peu le lièvre son cousin, sous toutes ses coutures. Il évoque plusieurs situations où hommes et lapins vivent au même endroit, avec leurs conséquences, positives ou négatives, domestication, élevage, gestion des écosystèmes. Le lapin qu'on moque souvent pour ses capacités de reproduction nous montre surtout la limite humaine à la maîtrise du vivant. De la peluche au gibier à cuisiner, de l'animal de laboratoire à celui de compagnie, le lapin a plus d'une histoire à nous raconter, la sienne d'abord, la nôtre ensuite, et plein d'anecdotes qu'il est passionnant de découvrir dans cet ouvrage passionnant bien fait, réalisé par des intellectuels, des philosophes et des artistes. Pour les ados et les adultes.


Combien de lapins Grégoire Solotareff a-t-il déjà mis en scène? On se rappelle bien sûr des anciens albums "Loulou", "Ne m'appelez plus jamais mon petit lapin", "Mon petit lapin est amoureux", "Toute seule", "Le lapin à roulettes" (l'école des loisirs) et de ceux dont il a écrit le texte et que sa mère, Olga Lecaye, a illustrés (dont "Mimi l'oreille", "Pas de souci, Jérémie", l'école des loisirs). Le voici de retour avec "Jeanne et Jean" (l'école des loisirs, 44 pages), un beau grand format aux couleurs franches.

Le style de l'auteur-illustrateur s'identifie tout de suite, et dans l'image, privilégiant le noir comme une couleur à part entière, et dans le ton. C'est l'histoire d'un frère et d'une sœur qui aiment jouer et qui aiment encore plus jouer à se faire peur. Un soir, la tombée du jour les surprend et ils sont obligés de passer la nuit dehors, dans le creux d'un rocher qu'ils connaissent. Quand ils se réveillent dans le noir, ils entendent des loups. C'est aussi le moment que choisit Jean pour raconter à Jeanne l'histoire du terrible sorcier Abraham!

Pas facile de se rendormir le ventre creux... Jeanne décide de rendre visite au potager du voisin. La voilà partie sous la lune, "sur la pointe des pieds". Elle récolte des carottes et se fait surprendre par... OUIIIIII. Vous avez deviné, Abraham. Jean lui vient en aide et rencontre aussi un incongru. Frère et sœur s'en sortiront toutefois brillamment et resteront persuadés qu'ils ont croisé le magicien cette nuit-là. Un album hautement graphique qui joue sur le plaisir d'avoir peur et de tourner la page pour se rassurer. Dès 4 ans.


Pourquoi les lapins ont-ils une toute petite queue? Réponse dans ce joli conte chinois, illustré de peintures sur papier de riz et à tenir reliure vers le haut de manière à avoir des pages presque carrées. "Les lapins et la tortue" de Guillaume Olive, illustré par  He Zhihong (Editions des Elephants, 32 pages) commence par une compétition entre deux mères à propos de leur progéniture. A noter qu'en ce temps-là, les lapins avaient des queues qui ressemblaient à celles des écureuils! Bien pratique pour servir d'éventail en été et de couverture en hiver.

Papa et Maman Lapin rusent avec Dame Tortue pour traverser facilement la rivière. Ils l'invitent à faire le compte de leurs enfants respectifs. Ils profitent surtout du pont flottant que leur offrent tous les bébés tortues alignés. Mais leurs moqueries leur coûteront cher: alors qu'ils font leurs derniers bonds sur les carapaces, les tortues mordent leurs longues queues et les leur arrachent. "C'est depuis ce jour que les lapins n'ont plus, en guise de queue, qu'une petite boule touffue, pour avoir voulu duper madame Tortue", conclut l'album dont les douces illustrations tempèrent l'efficacité du texte. Dès 3 ans.

Des mêmes auteurs, un autre album très réussi, "Le Plouf" (Editions des Eléphants, 32 pages), un petit conte de randonnée jouant sur la peur, la bêtise et la rumeur et qui illustre savoureusement l'adage "réfléchir avant d'agir".


Kazuo Iwamura n'est pas que l'auteur des excellentes histoires de la Famille Souris. Il s'intéresse aussi aux lapins, la preuve dans l'album "Fû, Hana et les pissenlits" (traduit du japonais par Corinne Atlan, l'école des loisirs, 40 pages), en format à l'italienne. Les deux jeunes lapins vont jouer dans le pré, munis des instructions de leur maman, se cacher et ne plus bouger si quelqu'un vient.

Ils adorent le pré et ses fleurs jaune d'or. Il faut toutefois voir leur tête quand une voix leur explique que ce sont des pissenlits (= tampopo). La coccinelle parlante sera vite rejointe par d'autres insectes qui vont expliquer à Fû (= le vent) et Hana (= la fleur) le cycle de la vie en se basant sur leurs prénoms. Une initiation teintée de poésie, illustrée de dessins aux crayons de couleur particulièrement expressifs. Dès 4 ans.


« Au bonheur des lapins » de Marie Nimier et Béatrice Rodriguez (Albin Michel).Parce que Marie Nimier vit en Normandie et voit régulièrement le persil de son potager ratiboisé par un lapin gourmand, elle a fait de cette histoire un album, "Au bonheur des lapins", illustré par Béatrice Rodriguez (Albin Michel Jeunesse, 64 pages). La particularité de ce livre est qu'il se lit par les deux côtés. D'un côté, on a l'histoire de Lapin Toucour, de l'autre celle de Pablo, un peintre qui n'entend pas se laisser voler son persil.

Tous les moyens lui seront bons même les plus grands, les plus démesurés. Les deux récits donnent les visions différentes des protagonistes. Au centre, le lecteur appréciera les quiproquos, les mauvaises compréhensions, les allers et les retours, jusqu'à la pirouette finale qui réconciliera les anciens ennemis. C'est parfois un peu compliqué mais riche et attachant. Dès 6 ans.


Voilà un album très graphique aussi plaisant qu'original, imaginatif et poétique de surcroît. "Lapin cherche Lapin", de Maranke Rinck, illustré par Martijn van der Linden ("Memorykonijn", traduit du néerlandais par Camille Fort, De La Martinière Jeunesse, 58 pages). Il se base sur le principe du Memory: il faut chercher son double dans des cartes dont on ne voit que le dos.

Les erreurs de cartes deviennent le fil d'une histoire drôle et poétique. Quand Lapin cherche l'autre lapin, il découvre un avion rouge. Parti à son bord, il interroge les oiseaux, "Où est l'autre lapin?", mais il rencontre un autre groupe d'oiseaux qui tous vont ailleurs. Lapin atterrit en urgence sur une île où il découvre un autre avion rouge en panne. Là il fait la connaissance d'un roi qui voit arriver non l'autre lapin mais l'autre roi. L'histoire se poursuit de loufoqueries en étrangetés avec toujours le  fil rouge du Memory, jusqu'à ce que chaque paire soit reconstituée. En fin d'ouvrage, un vrai jeu de Memory. C'est aussi charmant que déconcertant, innovant dans le bon sens du terme en tout cas. Dès 4 ans.



Rappel
DTPE 1: "Le Roi René", René Urtreger par Agnès Desarthe (Odile Jacob).
DTPE 2: "Cœur Croisé", Pilar Pujadas (Mercure de France).
DTPE 3: "Sens dessus dessous", Milena Agus (Liana Levi).
DTPE 4: "La reine du tango", Akli Tadjer (JC Lattès).