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samedi 9 mai 2020

Hep, Taxi Pouet-Pouet!

#confinothèque32
Aujourd'hui, un de ces albums jeunesse qui ont croisé la covid19 et sont arrivés en librairies juste avant ou en même temps que la fermeture de ces dernières à cause des mesures de confinement.


Jaune, rose, orange, bleu canard, autant de couleurs flashy claquant bien sur le papier mat, des illustrations en style un rien rétro, des doubles pages de bon format, un trait vigoureux et pétillant et un texte rythmé et enlevé servent parfaitement cette histoire très drôle d'improbable virée en taxi. "Taxi Pouet-Pouet!" de l'auteur Stéphane Servant et de l'illustratrice Elisa Gehin (Gallimard Jeunesse, 32 pages) est irrésistible tant son propos est impossible et à hauteur d'enfant. Tant les enfants que ceux qui leur lisent vont bien s'y amuser.

L'histoire est simple. Une petite femme vêtue et chapeautée de jaune veut aller au bal du Petit Bois. Elle hèle un taxi mais n'est pas pressée. Heureusement. Car la route du Taxi Pouet-Pouet, hybride de taxi anglais pour la forme et new-yorkais pour la couleur, va croiser plein de gens très pressés et il va tous les embarquer. "Vite", lui crie le policier. "Vite", lui dit le Président-directeur général. "Vite", lui dit un grand monsieur qui va être papa. "Vite", lui dit un voleur... Et ainsi de suite, les passagers ne cessent de monter à bord, non sans avoir donné le motif de leur précipitation.



Les deux premières doubles pages. (c) Gallimard Jeunesse.

On s'amuse beaucoup, et grâce au scénario bien ficelé qui organise aussi quelques croisements entre les voyageurs, et dans les images qui montrent le taxi se remplir au point de quasi éclater! Les épisodes se succèdent, de plus en plus fous, de plus en plus rigolos. Ils sont déjà cinquante à bord du véhicule jaune. Que va-t-il se passer quand une dame prête d'accoucher lui demande de s'arrêter? Une finale triomphale et le vœu de la petite femme du début exaucé. De quoi bien s'amuser avec cet album rondement mené et admirablement conduit.


Pour feuilleter en ligne le début de "Taxi Pouet-Pouet!", c'est ici.





dimanche 17 novembre 2013

L7E tablie en cuisine en ce dimanche

Une écriture aisément reconnaissable. (c) Plon.

Il y a toujours au moins mille choses à faire, à lire, à écrire. Mais quand résonne l'appel des fourneaux, surtout si on est dimanche, surtout si on a en face des yeux l'écriture de Michel Oliver, le fils du grand cuisinier Raymond Oliver, surtout si on retrouve les livres qu'on a eus petite, difficile de résister. Impossible même.

Donc, on se lave les mains - et les ongles -, on met son tablier et on s'installe en cuisine. A moins qu'on se contente de lire les recettes. Pour le sociologue Jean-Claude Kaufmann, lire des recettes, c'est déjà cuisiner.


Pour fêter les cinquante ans de la sortie du livre "La cuisine est un jeu d'enfants" de Michel Oliver (plus de deux millions d'exemplaires vendus, dont le mien), révolutionnaire à son époque, suivie l'année d'après, en 1964 donc, de "La pâtisserie est un jeu d'enfants", du même, les éditions Plon ont décidé de réunir ces deux ouvrages cultes en un épais volume, intitulé "La cuisine et la pâtisserie  sont un jeu d'enfants" (216 p.).

Cette belle édition est en format identique à l'originale mais sans la reliure spirale. Préfacée par Jean-Claude Simoën, le patron notamment des "Dictionnaires amoureux", elle reprend toutes les recettes des deux livres initiaux, sans oublier la célèbre tasse "étalon" de 20 centilitres, et leur  ajoute cinq nouvelles préparations, un rien plus modernes.

Il y a près de cent recettes, d'inspiration traditionnelle, dans cet ouvrage de grand format et plaisamment illustré, classées selon l'ordre de progression d'un repas: "Soupe et hors-d’œuvre", "Œufs et poissons", "Viandes et poulets", "Sauce et légumes", "Desserts", le chapitre logiquement le plus volumineux avec ses "Enormes brioches", ses "Rochers noix de coco" inscrits au Grand concours d'alpinisme et son "Soufflé au chocolat".

Les recettes sont expliquées simplement, accessibles à tout âge, et mises en scène par de jubilatoires dessins en couleurs, mêlant informations et humour simple. En les regardant, on se souvient avec amusement que les batteurs à blancs d’œufs étaient alors manuels, que le chat est capable de manger la crème des choux et qu'il est mieux de couper la base d'un citron pour pouvoir le poser sur sa base.

Voilà un recueil de recettes qui compte déjà trois générations d'utilisateurs! Super et bravo.


















Le choc de retrouver l'image du "Poulet au sel", cinquante ans après, qui m'avait tant frappée petite! Ou celle des "Bananes fondues". Tous ces dessins volontairement naïfs, assortis à l'écriture cursive des noms de recettes, destinées aux enfants mais que bien des grandes personnes ont réalisées avec succès.

Car en bonne petite fille modèle des sixties, j'avais reçu "La cuisine est un jeu d'enfants" (Plon, 1963) et "La pâtisserie est un jeu d'enfants" (Plon, 1964), et même un peu après "Les hors-d’œuvre sont un jeu d'enfants" (Plon, 1969).















Hasard ou nécessité? Sort aussi en cette période, "Le grand livre de cuisine des enfants" de Seymourina Cruse et Elisa Géhin (Ed. Thierry Magnier, 96 p.). Même format, même fond blanc en couverture, même mise en pages pour les recettes, même graphisme, même ton que l'ouvrage de Michel Oliver... Difficile de ne pas voir toutes les ressemblances dans ce livre réunissant à l'intention des enfants recettes classiques ou plus modernes.





Y a-t-il des alternatives au sucre blanc, finalement peu utile à la santé? Le livre de Marie Chioca et Delphine Paslin, "Mes bons desserts aux sucres naturels" (Terre vivante, 120 p.), en proposent huit. Le miel et le sirop d'érable bien connus, mais aussi le sirop d'agave et le sucre de  bouleau,  la stévia, les sucres de cannes complets et d'autres encore. Les auteurs font un point bien utile sur tous ces noms pas toujours clairement identifiés. Elles proposent dans leur ouvrage largement illustré de photos 56 recettes goûteuses,appétissantes et équilibrées, avec des ingrédients pas trop difficiles à trouver. De quoi ne plus se priver de dessert.

En voici une, le célébrissime "Gâteau au yaourt", revu à la sauce sirop d'agave.

(c) Terre vivante