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jeudi 16 octobre 2025

Sept Belges en lice au prix Astrid Lindgren 2026

(c)ALMA.

 
Ils sont sept candidats belges à être sélectionnés pour le prix Astrid Lindgren 2026, l'Astrid Lindgren Memorial Award (ALMA), un de moins que l'an dernier (lire ici).  On retrouve avec joie le nom de l'auteure-illustratrice Anne Brouillard, candidate de la section belge francophone de l'IBBY, sélectionnée chaque année depuis 2020. On découvre avec plaisir les noms de l'auteure-illustratrice Anne Herbauts et de l'auteur et poète Carl Norac, déjà sélectionné l'an dernier. Voilà pour le côté francophone. Du côté néerlandophone apparaissent les noms de l'artiste Gerda Dendooven, une habituée, de l'écrivain Jef Aerts, de l'auteur-illustrateur Leo Timmers et de la merveilleuse association Iedereen leest (tout le monde lit).

Pas mal de changements par rapport à l'an dernier, les noms de Marie Wabbes, Thomas Lavachery, Carll Cneut, Ingrid Godon et Tom Schamp disparaissant de la liste. Pourquoi? On ne sait pas. Les candidats sont présentés par des organisations et des institutions du monde entier Leur liste apparaît sur le site (ici). En ce qui concerne la Belgique:
 
 
En tout, ce sont 263 candidats de 74 pays et régions, dont 78 nouveaux noms,  qui sont sélectionnés pour le prix Astrid Lindgren 2026. Une liste impressionnante qu'on peut consulter ici. On y dénombre 154 auteurs, 101 illustrateur, 56 organismes de promotion de la lecture et 12 conteurs. Patience maintenant, le prix sera annoncé le mardi 14 avril 2026.
 
Un bon tiers de nouveaux noms dans ces 263 candidatures, mais aussi des patronymes qu'il est plaisant de retrouver, tout en notant pas mal de changements par rapport à l'an dernier:
  • les Allemands Axel Scheffler et Nikolaus Heidelbach,
  • l'Australien Oliver Jeffers,
  • le Brésilien Roger Mello,
  • les Britanniques David Almond, Julia Donaldson, Michael Rosen et Quentin Blake,
  • les Canadiens Elise Gravel, Isabelle Arsenault, Jon Klassen et Sydney Smith (prix Andersen 2024, lire ici et ici),
  • la Coréenne Suzy Lee (prix Andersen 2022, lire ici),
  • l'Espagnole Carme Solé Vendrell,
  • l'Estonienne Piret Raud,
  • la Finlandaise Linda Bondestam,
  • les Françaises de Côte d'Ivoire Marguerite Abouet et Véronique Tadjo,
  • les autres Français Flore Vesco, Lucie Félix, Marie Desplechin et Timothée de Fombelle, ainsi que plusieurs organisations de promotion de la lecture, 
  • la Hollandaise Marit Törnqvist,
  • l'Irlandais Chris Haughton,
  • l'Italienne Beatrice Alemagna et l'organisation Silent books Lampedusa,
  • la Norvégienne Mari Kanstad Johnsen,
  • les Polonaises Iwona Chmielewska et Maria Dek,
  • les Suédois Pija Lindenbaum et Sara Lundberg,
  • la Suisse Catherine Louis, Franz Hohler, Vera Eggerman.
 
Le prix Astrid Lindgren a été créé en 2002, l'année du décès d’Astrid Lindgren, par le gouvernement suédois afin de promouvoir le droit de chaque enfant à de belles histoires. Ce prix international est décerné chaque année à une personne ou à une organisation pour sa contribution exceptionnelle à la littérature pour enfants et adolescents. Doté de cinq millions de couronnes suédoises, il s'agit de la récompense la plus importante du genre. 
 
"Je veux écrire pour un lectorat
capable de créer des miracles.
Les enfants créent des miracles lorsqu’ils lisent."
                                                  Astrid Lindgren
                      
 
 
 
 
 

lundi 18 novembre 2024

Davantage d'artistes belges sélectionnés au prix Astrid Lindgren 2025



Ils étaient sept candidats belges à être sélectionnés en 2023 pour le prix Astrid Lindgren 2024 (lire ici). Ils sont huit pour le prix qui sera remis le 1er avril 2025. On retrouve les habitués: Anne Brouillard, candidate de la section francophone de l'IBBY Belgique, sélectionnée chaque année depuis 2020, Carll Cneut, Gerda Dendooven et Ingrid Godon du côté néerlandophone. Cette fois reviennent en piste notre illustratrice historique Marie Wabbes et l'auteur Thomas Lavachery côté francophone, l'illustrateur Tom Schamp côté néerlandophone. Un nouveau, l'écrivain et poète Carl Norac.

Candidats pour le prix 2025.

Candidats pour le prix 2024.



 

 

 

 

 
En tout, ce sont 265 candidats de 72 pays et régions qui ont été sélectionnés pour le prix 2025, dont 81 nouveaux. La liste comprend près de 200 auteurs et illustrateurs, ainsi que des conteurs (14) et des promoteurs de la lecture de plus en plus nombreux (62). Rappelons que la Belgique a déjà remporté deux fois la plus importante récompense actuelle en littérature de jeunesse: Kitty Crowther l'a obtenue en 2010 et Bart Moeyart en 2019.

La liste complète des candidats se trouve ici. 

Beaucoup de nouveaux noms dans ces 265 candidatures, preuve que le temps passe, mais aussi des patronymes qu'il est plaisant de retrouver:
  • le Brésilien Roger Mello,
  • le Camerounais Christian Epanya,
  • les Canadiens Isabelle Arsenault, Stéphane Poulin et Jon Klassen,
  • les Françaises de Côte d'Ivoire Marguerite et Véronique Tadjo,
  • les autres Français (bien moins nombreux que précédemment, que des auteurs sauf un) Flore Vesco, Grégoire Solotareff, Marie Desplechin, Marion Brunet et Timothée de Fombelle,
  • l'Estonienne Piret Raud,
  • les Allemands Jutta Bauer et Nikolaus Heidelbach,
  • les Britanniques Axel Scheffler, David Almond, Emily Gravett, Julia Donaldson, Michael Rosen et Quentin Blake,
  • l'Italienne Beatrice Alemagna et l'organisation Silent books Lampedusa,
  • les Hollandais Catharina Valckx, Thé Tjong-Khing et Marit Törnqvist,
  • les Norvégiens Mari Kanstad Johnsen et Øyvind Torseter,
  • les Polonais Józef Wilkon et Iwona Chmielewska,le Portugais Bernardo P. Carvalho,
  • les Suédois Anna-Clara & Thomas Tidholm, Anna Höglund, Jakob Wegelius, Sara Lundberg et Sven Nordqvist,
  • la Suisse Catherine Louis.
Pour se mettre dans l'ambiance, une vidéo sur le Astrid Lindgren Memorial Award (ici).

En bonus, le dessin que vient de réaliser Gerda Dendooven pour fêter sa sélection.









 

jeudi 4 août 2022

Trois cabinets de curiosités et d'autres bouts rimés, ou pas, illustrés, ou pas

"Les morts vivent plus longtemps qu'avant".
(c) Le Vistemboir.

Pour entamer cette douzième année de mon blog, cap sur la poésie.
Pour les grands et pour les petits. Trois cabinets de curiosités pour commencer, d'autres recueils ensuite.


Les morts vivent plus longtemps qu'avant
François David
Le Vistemboir, 80 pages

Sont-ils tous morts, les animaux photographiés par François David dans son nouveau recueil illustré de poésie? Le titre semblerait pencher pour, "Les morts vivent plus longtemps qu'avant". Mais les textes nés selon le principe déjà appliqué à "Et c'est moi que je vois" publié il y a deux ans (lire ici) le contredisent parfois.

Rappelons la genèse des textes de François David. Ce dernier prend des photos sur son téléphone. Beaucoup de photos. Beaucoup de très belles photos. Ensuite, il sélectionne, trie, jusqu'à souvent n'en conserver qu'une. Cette photo-là  déclenchera un texte qui n'aurait pu naître sans elle, mais qui vagabonde en toute liberté.

Dans un format identique au précédent volume auquel il fait écho, soit carré et moyen, "Les morts vivent plus longtemps qu'avant" tient davantage du cabinet de curiosités que du portrait mosaïque qu'était "Et c'est moi que je vois". Mais si François David dessine au fil de ses petits textes prenants un portrait de ses semblables, le couple, les terreurs, l'amour, les rêves, la pseudo-sagesse, en creux, c'est évidement lui qui se raconte à nouveau. Ses mots bien choisis composent des phrases vibrantes qui nous conduisent à la pharmacie, chez le coiffeur ou sur les sentiers, et en divers autres lieux qu'on ne considérera jamais plus comme avant après cette exaltante lecture.


Je suis un génie
Susie Morgenstern
illustrations de Serge Bloch
L'Iconoclaste, collection "L'iconopop", 80 pages

Chaque matin, Susie Morgenstern écrit un poème qu'elle envoie à ses amis. Une vieille habitude qui n'avait pas donné lieu à publication. Ici Susie Morgenstern écrit un livre de poèmes qui se range aisément dans la catégorie "cabinet de curiosités". Elle y convoque en effet tous les génies à ses yeux, Bach, Hannah Arendt, Einstein, Jeanne d'Arc et d'autres en une rythmée alternance masculin-féminin. Surgit immédiatement la question, partagée entre auteure et lecteur/trice: "Et moi?" Pas question de se faire du mal. Les mêmes génies sont rappelés pour nous aider. Voilà reparti sur les chapeaux de roue, en plusieurs chapitres thématiques, cet irrésistible texte poético-humoristique, élégamment soutenu par les dessins de Serge Bloch. On le déguste, on s'y sent bien, on s'y sent grand. Quel génie, cette Susie!


Aussi les gens
Jean-Louis Massot
Editions du Centre de créations pour l'enfance
collection "PetitVa!", 40 pages

Pas d'image en couverture de ce petit format à l'italienne à reliure spirale. On ne perd rien pour attendre. Dès la première page tournée, on tombe sur de curieux dessins en noir où l'on peut beaucoup imaginer, des silhouettes, des lieux... A moins que ce ne soit la poésie elle-même qui soit représentée, Jean-Louis Massot dédiant tout le recueil à la recherche de cette dernière. A lire ses textes pétillant d'amour pour la vie dans les instants quotidiens, célébrant les choses simples dans lesquelles se cache la beauté pour peu qu'on pense à la regarder, vibrant avec la nature qui nous nourrit et nous protège, on se dit qu'il a bien raison: c'est dans ce cabinet de curiosités que se trouve la poésie. Ouvrons les yeux, le nez, les oreilles, la bouche... Derrière les mots du poète, on retrouve si bien l'homme.


Piéton du monde
Carl Norac
choix anthologique et postface de Jean-Luc Outers et Gérald Purnelle
Espace Nord, 294 pages

Poète national en Belgique de mars 2020 à mars 2022, années de confinement et de mort qui lui ont fait créer les "fleurs de funérailles" auxquelles ont participé plus de 70 poètes belges (lire ici), Carl Norac écrit de la poésie depuis toujours, mettant ses pas dans ceux de son père, l'instituteur et poète Pierre Coran, et ceux de Norge, son "bon génie".
"(...)Un poème à la fois, ce n'est pas grand-chose
et c'est tout l'univers."
La phrase vaut pour son auteur et pour ses lecteurs.

C'est dire si on n'aurait pas aimé être à la place de ceux qui ont composé cette anthologie, couvrant "l'ensemble de le production poétique de l'auteur à ce jour". On devine les choix cornéliens pour que l'ouvrage ait de la classe graphiquement parlant. Les pages accueillent les textes, laissent de la place au blanc, cette parure typographique, cette respiration pour le lecteur. "Piéton du monde" invite à suivre le poète dans ses voyages, extérieurs et intérieurs, sans oublier ses poèmes pour la jeunesse.

Extrait.
"Pierre Coran"
"(...) Marchant sur une drève,
il y a cet homme libre,
jamais sans la part des autres,
et cet homme est mon père." 
Extrait de "Une valse pour Billie" (2013)


Les animaux rêvent aussi
Un abécédaire en poèmes
Pierre Coran
Iris Fossier
Casterman, 64 pages
à partir de 5 ans

L'alphabet a déjà donné lieu à divers poèmes animaliers. Mais cet album grand format se distingue par la fantaisie de ses textes et la créativité de ses dessins gravés. La preuve que les enfants méritent mieux que des niaiseries. "Cet album est une commande que m'a faite Anne-Sophie Congar, éditrice chez Casterman", explique Pierre Coran. "Elle souhaitait que j'invente des rêves d'animaux. J'ai répondu oui pour deux raisons, parce qu'il s'agit d'animaux (j'ai 155 fables éditées) et parce que c'est mon retour chez Casterman." C'est l'ancien instituteur qui a souhaité en faire un abécédaire afin que les enfants puissent aussi apprendre les lettres.

"La particularité de cet album", poursuit le poète, "est que les textes sont venus après les dessins." Pierre Coran s'est donc trouvé face à une abeille et des fleurs pour le "A", à un bonobo et un robot pour le "B", à un chien et un chat pour le "C". Il s'en est divinement bien sorti, évidemment, comme en témoigne le "G" de la girafe (et les autres) reproduit ici.

Les plus attentifs auront remarqué la présence d'une abeille virevoltant sur les pages. "Celle-ci est arrivée en toute fin de mise en page", nous dit-il, "quand les pages étaient déjà montées."

Il y a du monde à la lettre "G". (c) Casterman.



Une seconde, papillon!
Pierre Coran & Carl Norac
Cécile Gambini
Rue du monde
collection "Une petite poignée de poèmes", 36 pages
pour tous à partir de 7 ans

Pierre Coran avait choisi d'écrire sous pseudonyme, son fils Carl a fait pareil, avec le même nom de famille mais en ordonnant ses lettres autrement: Norac. L'histoire est tellement ancienne qu'on s'en souvient à peine. Dans ce mini-livre, père et fils ont composé ensemble une quarantaine de brefs poèmes sur des thèmes qui leur sont chers, la poésie, l'enfance, le rêve. Les images de Cécile Gambini les accompagnent à la façon de doux papillons.



Poèmes cueillis dans la forêt de vos yeux
Françoise Lison-Leroy
Nathalie Novi
Rue du monde
collection "Une petite poignée de poèmes", 36 pages
pour tous à partir de 7 ans

De ses innombrables rencontres avec des enfants, Françoise Lison-Leroy a ramené quarante poèmes chaque fois introduits par le prénom d'un enfant. Des mini-portraits en quelques lignes, mais quelques lignes qui disent tant de ces garçons et de ces filles d'aujourd'hui: d'ici ou d'ailleurs, tristes ou joyeux, chanteurs ou observateurs, portant souvent de si lourds poids déjà. Défenseuse des enfants, notamment de Syrie (lire ici et ici), Nathalie Novi illumine de six merveilleux portraits ces enfants de notre monde.



De la terre dans mes poches
Françoise Lison-Leroy
Matild Gros
CotCotCot éditions, 20 pages
collection "Matière vivante"
pour tous à partir de 4 ans

D'avant-garde quand il parut en 2005 sous le titre "Jean jardinier" dans le recueil "Dites trente-deux" (Editions Luce Wilquin), le poème de Françoise Lison-Leroy a acquis une actualité brûlante, une nécessité urgente. Avec des mots tout simples, il dit la terre, le petit garçon qui découvre le jardinage, sa maman qui l'encourage et lui révèle combien la terre peut être nourricière. Les splendides illustrations de Matild Gros, ici épurées, là plus baroques, se posent magnifiquement sur ce texte qui ouvre la collection "Matière première", terrain de recherche poétique permettant de relier les êtres vivants à la nature, à l'écologie. Dans une démarche logique, l'éditrice a choisi d'imprimer le livre en Belgique avec des encres à base végétale sur un papier recyclé écologique et a demandé à un atelier protégé bruxellois de procéder à la reliure.

Mère et fils les mains dans la terre. (c) CotCotCot éditions.

 

Ma Matriochka
Anne Herbauts
Casterman
11 pages tout carton avec des rabats
pour les plus jeunes

Tout le monde connaît les matriochkas, ces poupées de plus en plus petites qui s'emboîtent les unes dans les autres. Anne Herbauts en reprend à sa façon le principe pour cet album "méli-mélo" qui s'articule verticalement et est dédié aux mamans. Un rabat à tourner en haut, un rabat à tourner en bas, ensemble ou séparément pour faire surgir le texte, les images et leurs surprises: une matriochka bien entendu, sous diverses apparences, mais aussi un chat qui sourit, une souris, un noyau d'abricot, un biscuit, un nuage et bien d'autres trouvailles poétiques qui s'apparient comme on veut.


Idylle
Agnès Domergue
Valérie Linder
CotCotCot éditions, 58 pages
pour tous à partir de 6 ans

Un paysage idyllique saisi à l'aquarelle pour une idylle entre une oiselle et un poisson que réunit la lune. Un amour improbable qui se construit d'étape en étape devant le lecteur enchanté. Ciel et eau, soleil et pluie, elle et il, saisons, surgissent en des jeux constants sur les sons et les mots. La formule "IL a une île./ ELLE a deux ailes" introduit cet album virevoltant mais sobre où Agnès Domergue tricote les mots à l'endroit et à l'envers, multipliant les réjouissantes trouvailles, où Valérie Linder complète et détaille cet amour peu commun en de très plaisantes illustrations. Musical, espiègle, pastoral, cet album au si joli titre réjouit autant le cœur que les yeux et les oreilles.

"Idylle". (c) CotCotCot éditions.










lundi 28 mars 2022

Un dimanche au musée avec le Picture Festival

Elene Usdin et Aurélie Wilmet terminent leur performance.

Un effet Picture Festival? Sûrement. Il y avait plein de monde ce dimanche 27 mars ensoleillé au Musée d'art et d'histoire du Cinquantenaire. Un public de tous les âges venu assister à la performance dessinée d'Aurélie Wilmet et Elene Usdin et visiter en parallèle la magnifique exposition "Inuit. Voyage graphique au Grand Nord" concoctée par les deux mêmes et le poète Carl Norac.

Quand on pénètre dans l'immense salle à verrières et colonnes du musée, le Grand Narthex, on est accueilli par une musique planante, création, apprendrai-je plus tard, du fils d'Elene Usdin. Tout au bout, là où Léopold II pourrait les voir de l'étage où il est chevauche son cheval de métal, deux artistes sont à quatre pattes. Elene Usdin et Aurélie Wilmet peignent, à grand renfort de couleurs et de larges pinceaux - elles utiliseront les fins plus tard. Deux œuvres naissent sous nos yeux, prenant formes et consistance en deux heures trente chrono. 

"Nous nous sommes inspirées d'un conte inuit", m'explique Aurélie Wilmet. "Comme nous avions peu de temps, nous avons choisi de peindre en parallèle et non ensemble. C'est la première fois que nous faisions cela. A la fin de la performance, chacune a eu la surprise de découvrir ce que l'autre avait fait." Deux peintures dont on reconnaît bien l'inspiration commune, réalisées tête-bêche à voir l'emplacement des signatures des artistes.

Léopold II veille.

Aurélie Wilmet et Elene Usdin au travail.

Aurélie Wilmet.

Elene Usdin.


La baleine, une des plus belles œuvres inuit.
L'exposition présente une vingtaine d'estampes de toute beauté et quelques sculptures issues de la collection du poète belge. Ces œuvres ont été réalisées par dix-neuf artistes (principalement des femmes) utilisant diverses techniques de gravure. Elles illustrent aussi bien le monde marin arctique que le chamanisme ou la mythologie. Elles se complètent de trois œuvres sur le Grand Nord des deux artistes en performance dimanche.


Le Grand Nord par Elene Usdin et Aurélie Wilmet.





lundi 7 mars 2022

Picture Festival, clap trois, cap nature

Œuvre de Valfret pour le Picture Festival 2022.


On en connaissait les dates, on avait un avant-goût de son programme, on en avait déjà admiré l'affiche s'inspirant des jacinthes bleuissant le bois de Halle (lire ici), mais voici le programme complet du Picture Festival. Sa troisième édition (lire ici et ici), aussi concoctée par Carole Saturno et son équipe, s'annonce des plus réjouissantes. Il va falloir se multiplier pour tout voir, tout expérimenter tant tout est tentant! Des valeurs sûres et des découvertes à faire, toujours dans l'optique d'une illustration de très grande qualité.

Fil rouge, bien nécessaire en ces temps troublés, le vers de William Blake, "The bird a nest, the spider a web, man friendship" (L'oiseau a un nid, l'araignée une toile, l'homme, l'amitié, en traduction approximative).

Ce Picture Festival 2022 célébrera l'illustration quand elle se nourrit ou s'inspire de la nature. Une vingtaine d'expos, une vingtaine!, trois master classes, des rencontres d'auteurs, quatre performances dessinées, une douzaine d'ateliers. De quoi reconsidérer le Grand Nord, la friche Josaphat, l'univers, la flaque, l'arbre, les récoltes d'enfants, la ville tout simplement, le site de l'Expo 58, le monde organique, le sauvage en ville, les têtes coupées en céramique, les mots fléchés sexistes, les paysages en vrai ou vus dans un miroir, le carnaval, la partie de cache-cache dans le jardin, un échange épistolaire, l'onirisme en noir et blanc, le pied, les travaux d'étudiants...

Le Picture Festival se déroulera aux quatre coins de Bruxelles du 18 au 30 mars, pile au moment du printemps, et en trois langues, comme en témoignent son affiche et son site. A noter que les expositions sont gratuites, la plupart des ateliers aussi, quelques rencontres seulement sont payantes, toutes les infos pratiques figurant sur le site.

Un parterre d'artistes
Anne Brugni, aNNe herbauts, Aurélie Wilmet, Béatrice Vincent, Benoît Guillaume, Bernadette Gervais, Carl Norac, Chloé Horta, Cuistax, Delphine Panique, Diane Philipovitch, Dieter Durinck, Elene Usdin, Émilie Seron, Eric Colonel, Fotokino, Gabri Molist, Jan Srámek, Jana Vasiljevic, Jean-Michel Leclercq, Josse Goffin, Léa Viana Ferreira, Les Ateliers du Toner, Loren Capelli, Marie Mahler, Mariia Timofeeva, McCloud Zicmuse, Nina Cosco, Olivier Spinewine, Ophélie Lhuire, Papier Carbone, Pom Koolen, Sarah Cheveau, Teresa Sdralevich, Thomas Spit, Valfret, Waii Waii.

Une allée d'une vingtaine d'expos
La plupart du temps en binômes belge-français.
Le programme complet est sur le site du Festival (ici), illustré, alléchant et précis, qui se décline selon les propositions, les lieux ou l'agenda.
Allez-y voir, vous serez épatés.

En avant-goût, j'en reprends les illustrations et vous invite à deviner qui est qui. 
Car s'il y a des noms connus, il y a aussi de nouvelles pousses prometteuses.


De gauche à droite et de haut en bas:
Bernadette Gervais/Waii Waii, Léa Viana Ferreira, Diane Philipovitch
Aurélie Wilmet/Elene Usdin, aNNe herbauts/Loren Capelli, Josse Goffin
Eric Colonel/Thomas Spit, Émilie Seron, Manuel Marsol pour Cuistax & co
Loren Capelli/Sarah Cheveau, Marie Mahler, Mariia Timofeeva




De gauche à droite et de haut en bas:
Benoît Guillaume/Valfret, estampe inuit, Jan Srámek/Mariia Timofeeva
Chloé Horta, Ophélie Lhuire, ESA Saint-Luc
Jana Vasiljevic/Nina Cosco


Encore au programme

Trois master classes
  • Elene Usdin
  • Anne Herbauts
  • Béatrice Vincent (Editions La Partie)
Plus d'infos ici.




Quatre performances
  • Conférence dessinée d'Aurélie Wilmet et Carl Norac sur le Grand Nord
  • Performance dessinée d'Aurélie Wilmet et Elene Usdin au cœur d'un conte inuit
  • Saisons avec Anne Brugni et McCloud Zicmuse
  • Live Magazine en clôture du festival
Plus d'infos ici.




De très nombreux ateliers (voir ici)

Et encore des suggestions à découvrir sur le site du Picture Festival.




Les localisations










mercredi 7 avril 2021

Blanc comme...

Blanc comme neige, évidemment. Quelques albums jeunesse qui abordent le thème. Début avril 2021, il est encore de saison.


Là où tout est blanc
Giulia Vetri
Les Grandes Personnes
44 pages dont 20 en papier calque
novembre 2020
à partir de 3 ans

Auteure-illustratrice italienne installée à Bruxelles depuis 2016 après des études artistiques à Urbino avec l'artiste américain Steven Guarnaccia et un passage à l'école Saint-Luc (Bruxelles), collaboratrice du collectif bruxellois "Cuistax", Giulia Vetri revient ici à un sujet qu'elle a déjà exploré, pour les adultes dans son livre "90° Sud" et de façon plus documentaire pour les enfants dans "Antarctique, Expéditions en terre inconnue" (La Martinière Jeunesse, 2018).

"J'habite là-bas, vers le blanc..." (c) Les Grandes Personnes.

Dans "Là où tout est blanc", une merveille d'album tant plastiquement que sur le plan de la conception, l'artiste crée un véritable jeu de cache-cache à la découverte des animaux du Pôle sud grâce aux pages en papier calque et aux découpes des pages - d'où la reliure spirale. Le jeu est d'autant plus subtil qu'il ne se repère pas tout de suite. Au départ, on voit surtout des formes de couleurs, blanc, bleu pâle, bleu foncé. Et comme le titre est en lettres blanches, en relief sur fond blanc... Tout cela crée une ambiance particulière, un rien mystérieuse, hautement addictive, propice à raconter la beauté de l'Antarctique. 

Jeux de forme et jeux de papier. (c) Les Grandes Personnes.

L'album nous emmène à la découverte du pétrel des neiges, des manchots ou encore de l'impressionnante orque et évoque la première expédition à avoir atteint le Pôle sud en 1911. Mais il le fait dans des pages d'une esthétique impressionnante, sobre et de toute beauté. Un voyage poétique pour rêver et se rappeler la nécessité de préserver cette terre immaculée, menacée par les activités humaines. 

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Vent d'hiver
Carl Norac
Gerda Dendooven
La joie de lire
96 pages, janvier 2020
à partir de 7 ans


L'épais livre illustré porte le sous-titre "Petites histoires pour réchauffer les jours froids". On ne peut mieux caractériser cet excellent album né du mariage des dessins de Gerda Dendooven et des textes poétiques en prose de Carl Norac, chacun ayant pu interagir sur le travail de l'autre afin que le livre soit en finale une création commune (comme l'expliquait le Salon de Montreuil 2020, voir ici). Les petites histoires annoncées se trouvent autant dans les images, parfois sur double page, que dans les textes illustrés. Particularité des illustrations: elle n'utilisent que le bleu du froid et le rouge de la chaleur du feu et bien sûr le blanc pour tout le reste. Un fameux défi, relevé haut la main, qui se prolonge dans les textes imprimés en bleu après une entame en rouge. 

"Des quatre saisons, l'hiver est celle qui raconte le plus d'histoires", lit-on. Et de fait! On sourit, on rêve, on imagine, on savoure, on s'amuse, en découvrant les amours contrariées de Madame Hiver et Monsieur Printemps, les histoires de bonshommes de neige et de vrais hommes tout seuls dans le froid, de bonnets et de sports d'hiver, de bords de mer et de nez gelé... La plume de Carl Norac virevolte comme une chute de flocons de neige aériens, les collages peints de Gerda Dendooven marient l'absurde et l'exagération, la douceur et les tremblés, les superpositions, les bizarreries et les envolées. Merveille de lecture que ce "Vent d'hiver" dont on espère qu'il sera suivi par les trois autres saisons.



Autrefois, Madame Hiver et Monsieur Printemps étaient mariés. (c) La joie de lire.

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L'imagier de l'hiver
Anne Bertier
MeMo
32 pages, novembre 2020
pour les tout-petits

Après "L'imagier de l'été" (MeMo, 2018), Anne Bertier explore l'hiver. Le froid à l'extérieur bien entendu avec les jeux dédiés, la chaleur de l'intérieur et ses activités spécifiques. En noir et blanc ou en bleu clair, blanc et rouge coquelicot, les papiers découpés dessinent des scènes complètes ou multiplient des vignettes, composant un original imagier où les enfants retrouveront avec plaisir leurs propres expériences de l'hiver, dehors ou dedans.


Les deux premières doubles pages. (c) MeMo.

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L'attente
Stéphanie Demasse-Pottier
Eunjin Oh
Editions des Eléphants
48 pages, octobre 2020
pour tous

Karl et Léa sont un couple d'ours. Ils sont pêcheurs. L'hiver, ils font des provisions. Mais cette année, Karl part seul car Léa attend leur premier enfant et doit se montrer prudente. Dans des images en aplats d'une grande douceur, on voit l'ourse attendre, penser au bébé, préparer son arrivée, la maison, les conserves. Léa se sent un peu seule dans ces préparatifs. De son côté, Karl est aussi en manque, de Léa, de l'attente commune du bébé à venir, des poèmes qu'il pourrait lui lire. Ils s'écrivent de belles lettres, partageant leurs solitudes. Les mois passent, Karl revient, son camion bien chargé. L'hiver touche à sa fin. "Cet hiver qui ne ressemblerait à aucun autre, celui où ils feraient connaissance de leur premier enfant."  Un album d'attente plein d'amour, de confiance et de douceur au texte plein de justesse et aux illustrations expressives.

Léa prépare l'arrivée de son bébé. (c) Editions des Eléphants.

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Vite, vite, vite, Ours nous invite!
Brian Lies
traduit et adapté de l'américain par Gaël Renan
Le Genévrier
40 pages, octobre 2020
dès 3/4 ans

"Chère Izzy, viens chez moi dès que possible!" La missive d'Ours inquiète la petite souris car Ours ne demande jamais rien. Malgré la neige qui tombe en abondance, elle décide de se mettre en route. Le chemin s'avère vite impraticable pour la toute petite voyageuse. Heureusement, elle croise en chemin différents amis animaux, de plus en plus grands qui, tous, lui viendront en aide. Tous les moyens de transport sont bons pour amener Izzy à sa destination. Sous forme de conte-randonnée, une plaisante histoire d'entraide et de célébration de l'amitié, pas toujours très bien dessinée mais fort bien pensée, éloquente et efficace jusqu'à la surprise finale.

Izzy la décidée. (c) Le Genévrier.