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mercredi 25 mars 2026

Les 10 finalistes du Prix Prem1ère 2026

(c) RTBF.

C'est à 14 heures ce jeudi 26 mars, premier jour de la 55e Foire du livre de Bruxelles, que sera dévoilé en direct, et remis, le prix Prem1ère 2026, le vingtième du nom. Rappelons que ce prix est un prix de lecteurs, les jurés étant choisis sur base des dossiers qu'ils envoient à la RTBF. Ils lisent les dix premiers romans écrits en langue française qui ont été retenus par un comité de professionnels du livre, libraires, journalistes et critiques littéraires.


Les finalistes

Nassera Tamer
"Allô la Place"
Verdier
 
(c) Miliana Salomé Rahouadj.
 
La narratrice tente de renouer avec une langue-chimère, le darija, l'arabe vernaculaire du Maroc, et en particulier le darija de ses parents, qui mélange l'arabe, le chleuh, l'espagnol, le français et bien d'autres choses encore. Une culture familière et pourtant étrangère.


David Ducreux Sincey
"La loi du moins fort"
Gallimard
 
(c) Francesca Mantovani.

Le narrateur a passé une grande partie de sa vie dans le sillage de Romain Poisson, son ami d’enfance dont il est devenu l'homme à tout faire et le complice. 
 

Jean Ciantar
"La Ballade des garçons-poussière"
Les Avrils

(c) Chloé Vlommer-Lo.

Yacob vit avec sa chienne dans une maison. Une vie solitaire et taciturne, hantée par le suicide de David, dix ans plus tôt, deux semaines après leur rencontre.


Maïa Thiriet
"Sans Eden"
Emmanuelle Collas

(c) DR.

Un huis clos aux airs de thriller, dans lequel l'amour et la folie ne sont jamais très éloignés. 


Jeanne Rivière
"Lorraine brûle"
Gallimard

(c) Francesca Mantovani.

Approche sociale et féminisme se conjuguent dans un roman tour à tour trash et poétique, intime et politique.


Catherine Denne
"La Loi Denton"
Asmodée Edern

(c) RTBF.

Un roman dystopique ou science, écologie, mémoire et révolte s'entrelacent autour de figures féminines puissantes, confrontées à un monde en perte d'équilibre.


Ramsès Kefi
"Quatre jours sans ma mère"
Philippe Rey

(c) Philippe Matsas.

Un chant d’amour aux mères qui portent le poids de leur famille, sans bruit et sans reconnaissance, aux hommes fragiles, impétueux mais débordant de tendresse, à ceux qui ont le courage d'aller chercher dans le passé les remèdes aux maux du présent.


Céline Bagault
"Ici commence mon père"
L'Olivier

(c) Patrice Normand.

Une exploration de la période anxiogène pour une fille dont le père atteint de la maladie d'Alzheimer a disparu de son EHPAD et que l'on ne retrouve pas.
 

Camille Bordenet
"Sous leurs pas, les années"
Robert Laffont

(c) Philippe Matsas.

Constance doit rentrer en Isère à la mort de sa grand-mère. Elle appréhende d'y croiser Jess, cette presque sœur de l'adolescence qu'elle a quitté à 18 ans. 
 

Julien Fyot
"Décrochages"
Viviane Hamy

(c) Quentin Houdas.

 
Le mal-être en milieu scolaire, la satire mordante d’un système à bout de souffle, une réflexion profonde sur la paternité et une enquête policière haletante.

 
Comité de sélection des titres
Bénédicte Plovier, chargée de communication, Laurent Dehossay, journaliste, Christine Pinchart, journaliste, Emmanuelle Jowa, journaliste, Deborah Danblon, chroniqueuse littéraire et Régis Delcourt, libraire.
 
Jury 2026
Le jury est composé de 10 auditeurs de La Première: Alice Duponcheel, Lisa Bouguerra, Valérie Grimmiaux, Romane Bouillon, Nadège Duvivier, Diane Lecart, Pierre Deutsch, Olivier Deviviers, Olivier Melis et Thomas Bodart. 
 
 

mardi 4 novembre 2025

Le Renaudot à Milady de Clermont-Tonnerre


La romancière Adélaïde de Clermont-Tonnerre reçoit le prix Renaudot 2025 pour "Je voulais vivre" (Grasset, 480 pages). Son roman revisite "Les trois mousquetaires" d'Alexandre Dumas d'un point de vue féminin, celui de Milady. Elle l'a emporté devant Feurat Alani pour "Le ciel est immense" (JC Lattès), Anne Berest pour "Finistère" (Albin Michel), Justine Lévy pour "Une drôle de peine" (Stock) et Louis-Henri de La Rochefoucauld pour "L'amour moderne" (Robert Laffont). 
 
"Je voulais vivre"
est l'histoire de cette fillette de six ans recueillie par le père Lamandre. Pieds en sang dans ses souliers à boucles d'argent, elle refuse de répondre aux questions sauf celle de son prénom, Anne. Vingt ans plus tard, elle est devenue Lady Clarick. Richissime, courtisée, elle a l'oreille des grands et le cardinal de Richelieu ne jure que par elle. Pourtant, dans l'ombre, quatre hommes connaissent son vrai visage et sont prêts à tout pour la punir de ses forfaits. Manipulatrice sans foi ni loi, intrigante, traîtresse, empoisonneuse, cette criminelle au visage angélique a traversé les siècles et la littérature: elle se nomme Milady. Quelle est la femme au-delà de la légende? Même un personnage de fiction peut réclamer justice. Le roman rend vie à Milady et nous offre son histoire. Celle d'une femme libre menant, pour sa survie, un jeu dangereux et se battant – jusqu'à la transgression ultime – pour son pays, son idéal et sa liberté.
 
Pour lire en ligne le début de "Je voulais vivre", c'est ici
 
 
Fidèle à ses habitudes, le jury a choisi de donner le prix Renaudot essai à Alfred de Montesquiou pour "Le crépuscule des hommes" (Robert Laffont), un livre qui ne figurait pas dans la sélection finale. Celle-ci comportait Fabrice Gaignault pour "Un livre" (Arléa), Agnès Michaux pour "Huysmans vivant" (Le Cherche Midi), Jean-Claude Perrier pour "La mystification indienne" (Cerf) et Marc Weitzmann pour "La Part sauvage" (Grasset) qui a reçu le prix Femina essai (lire ici). 

Avec précision historique et tension romanesque, l'auteur ressuscite des hommes et des femmes de l'ombre, qui ont été les témoins du procès le plus retentissant du XXe siècle, celui de Nuremberg. Göring et vingt autres nazis y sont jugés à partir de novembre 1945. Hors de la salle d'audience, Joseph Kessel, Elsa Triolet, Martha Gellhorn, John Dos Passos, sont là. Ils sont venus assister à ces dix mois où doit œuvrer la justice. Alfred de Montesquiou les a retrouvés. 


Enfin, le jury a attribué le prix Renaudot Poche à Boualem Sansal pour son dernier roman, "Vivre, Le compte à rebours" (Gallimard, Folio). Rappelons que l'écrivain, âgé aujourd'hui de 80 ans, a été élu en octobre dernier à l'Académie Royale de langue et de littérature françaises de Belgique (ARLLFB)
 
Présentation de l'éditeur: Paolo fait partie des rares "Appelés". Il a été choisi par une puissance mystérieuse pour diffuser un message terrible: dans 780 jours, la Terre disparaîtra. Seule une minorité d'habitants sera sauvée et conduite en lieu sûr, sur une autre planète. Les Appelés ont peu de temps pour recruter ces êtres dignes de confiance, qui participeront à la fondation d'une humanité nouvelle. Mais comment faire pour écarter de la sélection ceux qui ont manifesté leur nocivité: les puissants, les politiciens, les mafieux, les religieux de toutes obédiences? Paolo et les Appelés parviendront-ils, le jour venu, à les empêcher d'embarquer à bord de l'immense vaisseau spatial venu sauver les Élus ? 
 
Communiqué des Editions Gallimard: 
"Nous sommes très heureux d'annoncer que les jurés du Prix Renaudot ont choisi de décerner le Prix Renaudot poche à Boualem Sansal pour son roman "Vivre" en Folio. L'écrivain franco-algérien Boualem Sansal, arrêté à Alger le 16 novembre 2024 par les autorités algériennes, est hélas toujours incarcéré. Ce qu'on lui reproche? Sa liberté d'expression, ses prises de position, ses écrits. La place d'un écrivain n’est pas en prison. 
Puisse l'annonce de ce Prix lui parvenir là où il est retenu.
Tous les bénéfices liés à la vente du livre sont reversés à la Société de soutien international 
 
Jury: Jean-Marie Gustave Le Clézio, Georges-Olivier Châteaureynaud, Jean-Noël Pancrazi, Franz-Olivier Giesbert, Dominique Bona, Patrick Besson, Frédéric Beigbeder, Cécile Guilbert, Stéphanie Janicot et Mohammed Aissaoui.
 
 

mardi 17 décembre 2024

Nadine Monfils arrête sans doute sa série de polars "Magritte et Georgette"

Ouvrir Facebook et tomber sur cette belle lettre signée Nadine Monfils:

Cher René Magritte
J'ai passé des années à vos côtés, à lire tout ce qui vous concerne, à écouter toutes vos interviews, à retrouver des gens qui vous ont connu, à visiter tous les endroits où vous avez vécu… Je me suis même rendue sur votre tombe, toute simple, où vous reposez avec Georgette. J'ai aussi passé des heures au musée devant vos peintures qui me bouleversent et m'intriguent depuis mon adolescence. Mon regretté ami Michel Blanc (passionné par vos tableaux) et moi sommes allés visiter ensemble le musée Magritte. Moment inoubliable 💙. J'ai eu la grande chance d'avoir connu Georgette et d'avoir pu me rendre dans votre maison de la rue des Mimosas. Je m'en souviens comme si c'était hier et pourtant c'était il y a plus de trente ans. Vous étiez déjà parti là-haut dans vos nuages que vous n'aimiez pas peindre. Je vous remercie pour le bonheur que j'ai pu partager avec mes lecteurs. Et si mon chemin est parsemé d'embûches, je pense que de l'autre côté du miroir, vous me protégez. 💙🙏

 

Nadine Monfils. (c) Melania Avanzato.

Ne pas vouloir comprendre ce qui est dit à demi-mots. Nadine Monfils arrêterait-elle sa merveilleuse série historico-culturello-policière "Les folles enquêtes de Magritte et Georgette" (Robert Laffont). Sept tomes sont parus depuis la sortie du premier, "Nom d'une pipe!", en mai 2021. La romancière belge y campe le couple Magritte, le peintre et son épouse, en différents lieux de Belgique (Bruxelles, Knokke-le-Zoute, Bruges, Liège, Leffe, Charleroi) pour les six premiers tomes, et d'ailleurs pour les deux suivants, à savoir Montmartre pour le dernier en date et Cadaquès pour celui qui sortira en mars 2025 ("Pataquès à Cadaquès"). Chaque fois que le couple arrive quelque part, un crime est commis sur lequel le duo va enquêter en parallèle aux polices officielles. Et bien sûr, faire éclater la vérité au grand jour. Les intrigues sont agréablement ficelées, même spectaculaires parfois. Mais ce qui donne tout son cachet à la série, c'est que Nadine Monfils utilise le vrai Magritte, le peintre surréaliste, et sa vraie épouse Georgette, pour en faire ses détectives. Ce qui crée des romans pleins d'éléments historiques exacts dans des contextes fictionnels. On est chez les Magritte, couple qui n'a pu avoir d'enfant mais a un petit chien chéri. On voit les tableaux se peindre, on entend leurs conversations ou avec d'autres personnes réelles ou non. On voyage avec eux quand ils tentent de prendre des vacances. On mange avec eux, beaucoup, on se promène avec eux dans des lieux qu'on peut identifier sur une carte et, bien sûr, on met nos pas d'enquêteurs dans les leurs. Des polars qui ont du corps et du cœur, qui se visualisent et se vivent. En filigrane se dessine l'univers peu conventionnel de la romancière. "J'ai toujours adoré Magritte", me dit Nadine Monfils. "J'ai écrit ces livres pour que les gens qui ne le connaissent pas le découvrent et pour que les gens qui le connaissent en apprennent encore plus sur lui, sur son quotidien. Comment il appelle Georgette par exemple. J'ai tout lu sur lui."


Se demander si cette quasi-décision est en lien avec l'affaire qui vient d'éclater en Belgique. Le site Actualitté l'a très bien expliquée le 28 novembre (ici). En résumé, la branche flamande de RTL Belgium tourne la série "This Is Not a Murder Mystery" dans laquelle un certain René Magritte mène l'enquête. Nadine Monfils en a été très remuée et ne décolère pas: "Si Magritte est à tout le monde, le personnage de Magritte détective est à moi. Il est né de mon esprit. Il est devenu un personnage qui me parle. Je le connais tellement bien, j'ai lu tous ses livres, j'ai interviewé des gens qui l'ont connu, j'ai rencontré Georgette, j'ai été dans sa maison. Ma crainte est que cette soudaine série n'abîme mon personnage." L'autre problème pour Nadine Monfils est que le projet de série télé à partir de ses romans à elle, qui était en cours depuis plusieurs années, est sans doute enterré.

Personne ne croit bien entendu à une ressemblance fortuite entre le Magritte de Nadine Monfils et celui de RTL Belgium. Pour la romancière, il s'agit de la reprise de son personnage et de ses caractéristiques. Ce qui la pousserait à ne plus poursuivre les aventures littéraires de ses détectives hauts en couleur au-delà du volume terminé qui paraîtra l'an prochain. René et Georgette s'arrêteront-ils à Cadaquès?








jeudi 15 avril 2021

Le Louis de la maison, le Louis de la ville

David Fortems. (c) Astrid di Crollalanza.


On a appris cette semaine que le sixième prix Régine Deforges (lire plus bas) avait été attribué à David Fortems pour son premier roman "Louis veut partir" (Robert Laffont, 186 pages, septembre 2020). Un lauréat qui a aujourd'hui vingt-quatre ans, ce qui laisse deviner l'âge qu'il avait quand il a composé ce texte dont on perçoit qu'il est né dans une urgence, dans une rage d'écrire. Un roman rude et prenant où un père part à la recherche de son fils. A la différence que Louis, tout juste dix-huit ans, n'est plus là. Il s'est suicidé à la confluence de la Semoy et de la Meuse, un lieu aimé, un lieu signifiant. On l'y a retrouvé une plaquette de médicaments dans la main.

Tout de suite, on perçoit bien entendu la tristesse du père endeuillé, mais surtout son désarroi. Qui était Louis, ce garçon un peu rond, calme et aimable, qui brillait à l'école et adorait la lecture plus que tout? Qui était promis à un bel avenir? Science Po à Lille et puis... Pascal, ouvrier dans la quarantaine, nous emmène dans son coin, à Bogny-sur-Meuse, une petite ville des Ardennes françaises, au nord de Charleville-Mézières. Il nous fait partager sa détresse. Il pensait, lui, le taiseux, peu porté à exprimer ses sentiments, qu'il avait tout son temps pour parler d'autres choses que du quotidien avec Louis. Il l'observait du coin de l'œil. Il en était fier, de son garçon, qu'il élevait seul depuis le départ de Nathalie quand Louis était encore tout petit.

Ce n'est pas que ces deux-là ne s'entendaient pas. Au contraire. Mais ils ne communiquaient pas. Ils avaient une vie sans histoire. Avec le geste définitif de Louis, qui n'a laissé aucune explication, Pascal va tenter de comprendre pourquoi. Il va mener une véritable enquête, commençant par scruter les appels sur le portable de Louis, chaque témoin le renvoyant vers un autre. On suit, halluciné, les découvertes du père. On mesure avec lui le fossé qui existait entre lui et son fils. Chaque nouveau témoignage est une claque, pour Pascal comme pour le lecteur. David Fortems n'élude rien et son schéma narratif tient remarquablement la route jusqu'à la finale qui permet de comprendre pourquoi il nous paraissait parfois charger un peu la barque. Car le jeune écrivain, originaire des Ardennes et issu d'un quartier populaire de la banlieue parisienne sait ce qu'est le déterminisme de classe, sait ce que pèse le milieu social et sait combien les blessés pansent là seuls leurs blessures.


Le prix Régine Deforges
Porté conjointement par la Ville de Limoges et les enfants de l'auteure aussi co-présidents du jury, le prix Régine Deforges (1935-2014) récompense un premier roman écrit par un auteur francophone qui a publié à la rentrée littéraire de septembre. Une soixantaine de romans avaient été proposés, huit ont été retenus par le comité de lecture.

Les huit romans en lice pour l'édition 2021
  • "Un jour ce sera vide" d’Hugo Lindenberg (Christian Bourgois Editeur)
  • "Louis veut partir" de David Fortems (Robert-Laffont)
  • "Le lièvre d’Amérique" de Mireille Gagné (La Peuplade)
  • "Bénie soit Sixtine" de Maylis Adhémar (Julliard)
  • "Les orageuses" de Marcia Burnier (Cambourakis)
  • "Sale bourge" de Nicolas Rodier (Flammarion)
  • "On ne touche pas" de Ketty Rouf (Albin-Michel)
  • "Que sur toi se lamente le Tigre" d’Emilienne Malfatto (Elyzad)

Jury
Les trois enfants de l'auteure (co-présidents), Camille Deforges-Pauvert, Léa Wiazemsky, Franck Spengler, ainsi que de Marina Carrère d'Encausse, Julien Cendres, Noëlle Châtelet, David Foenkinos, Serge Joncour, Gilles Marchand, Daniel Picouly et Éric Portais.

Palmarès
  • 2020 Salomé Berlemont-Gilles pour "Le premier qui tombera" (Grasset, 2020)
  • 2019 Joseph Ponthus pour "À la ligne" (La Table Ronde, 2019)
  • 2018 Mahir Guven pour "Grand frère" (Philippe Rey, 2017, lire ici)
  • 2017 Élisa Shua Dusapin pour "Hiver à Sokcho" (Zoé, 2016)
  • 2016 Astrid Manfredi pour "La Petite Barbare" (Belfond, 2015)




mardi 2 mars 2021

Les dix finalistes du Prix Prem1ère 2021


Qui sera le lauréat du prix Prem1ère 2021 (RTBF), prix récompensant chaque année un premier roman écrit en langue française (lire ici)? Verdict le 4 mars.
Les titres finalistes ont été choisis par un comité de professionnels du livre, libraires, journalistes et critiques littéraires (Deborah Danblon, Régis Delcourt, Kerenn Elkaïm, Emmanuelle Jowa, Christine Pinchart et Laurent Dehossay) avant d'être soumis à un jury de dix auditeurs de la Première, présidé par Laurent Dehossay.

Les dix finalistes

Ludovic Manchette
Christian Niemiec
"Alabama 1963"
Le Cherche-Midi

Cap sur les États-Unis, en Alabama, en 1963, au cœur d'une tragédie: la disparition de plusieurs fillettes noires à Birmingham. Sur une toile de fond extrêmement sombre, ségrégation raciale, Ku Klux Klan, assassinat de Kennedy, les auteurs nous racontent comment deux êtres que tout oppose vont apprendre à se connaître et à se respecter avec leurs différences.



David Fortems
"Louis veut partir" 
Robert Laffont

En route vers Bogny-sur-Meuse, petite ville des Ardennes françaises, près de Charleville-Mézières, pour suivre l'enquête menée par Pascal, ouvrier dans la quarantaine, sur le suicide de son fils, Louis, 18 ans. Un garçon passionné par la lecture, bon élève. D'où l'incompréhension totale du père. Passée la stupéfaction, il part à la recherche de la vérité. Louis se révèlera avoir été un parfait inconnu pour lui.
 


Dima Abdallah
"Mauvaises herbes"
Sabine Wespieser

L'histoire d'une petite fille née à Beyrouth pendant la guerre civile. Elle n'a pas peur et ne pleure pas car son papa l'attend et la protège. Mais celui qui est un géant aux yeux de sa fille, sait toute son impuissance. Ce sera ensuite l'exil à Paris. Pour elle, pas pour lui. C''est en devenant mère qu'elle tentera de se délivrer de ce passé meurtrier.



Christophe Perruchas
"Sept gingembres"
Rouergue/La Brune

Antoine, quadragénaire, est cadre dirigeant dans une agence de publicité parisienne plutôt prospère. Père attentionné, mari aimant, manager efficace. Mais si Antoine est un winner, il y a une faille … #balancetonporc… Antoine va faire l'objet d’une plainte pour harcèlement sexuel. La jolie photo se déchire alors de toute part.



Maylis Adhémar
"Bénie soit Sixtine" 
Julliard

Sixtine, jeune fille très pieuse, nous ouvre la porte du milieu fondamentaliste catholique français. Sa rencontre avec Pierre-Louis, qui a mis la barre très haut dans la pratique des valeurs chrétiennes. Son mariage foireux dès la nuit de noces. Sa réduction au statut de mère. Ses désillusions devant les affirmations de son mari et de ses semblables. Son effroi lors de leurs expéditions punitives. Mais Sixtine est aussi une combattante, celle de sa liberté de vivre.



Emmanuelle Dourson
"Si les dieux incendiaient le monde"
Grasset

Les histoires de familles finissent-elles mal? Pas sûr, même si elles sont traversées par la douleur et les ruptures. Celle-ci va du départ brutal de la fille cadette qui restera silencieuse pendant une quinzaine d’années et deviendra une pianiste renommée basée à New York. L'annonce d'un concert d'elle à Barcelone, met sa famille est en émoi. Serait-ce l'occasion de se réunir?



Dimitri Rouchon-Borie
"Le Démon de la Colline aux Loups" 
Le Tripode

Descente dans l'âme humaine dans ce qu'elle a de plus noir, avec ce journal d'un homme en prison et perdu à jamais. Il raconte l'impensable, ce qui lui est arrivé. Une enfance dévastée par des adultes monstrueux. Un sauvetage par les services sociaux. Un âge adulte empli de douleur, de rage et de violence et d'amour. Sauf que les démons, trop souvent, triomphent de l'amour.



Emmanuel Chaussade
"Elle, la mère"
Minuit

Lors de sa mise en terre, une mère va se révéler à travers les souvenirs du fils, narrateur de l'histoire. Amour, colère, incompréhension, admiration, déception devant cette femme à la puissante personnalité. Une femme qui s'est voulue libre à une époque sans #metoo. Au final, une femme seule, qui a refusé d'être une victime, n'épargnant personne et certainement pas son fils.



Anthony van den Bossche
"Grand Platinum"
Seuil

Une sorte de fable sur les temps présents, aux côtés de Louise, jeune et dynamique entrepreneuse qui tente de récupérer les magnifiques carpes japonaises, des koïs, que son père décédé, a dispersées dans plusieurs plans d'eau de la capitale, en toute illégalité.



Abdelhafid Metalsi
"La colline à l'arbre seul"
JC Lattès/La Grenade

Des gamins, issus de milieux modestes, redoublent de débrouillardise pour se payer des séances de cinéma et des canettes de boissons gazeuses sirotées au coin d'un feu sur lequel ils font cuire des patates. Pour trouver l'argent, ils récupèrent cartons et bouteilles consignées qu'ils revendent à un ferrailleur. Mais la petite bande n'est pas la seule à exploiter le filon. 



(c) Les illustrations proviennent du site de la RTBF.


jeudi 19 novembre 2020

Le prix Vendredi sera décerné le 1er décembre


A l'instar de nombreux prix littéraires, en soutien aux librairies, les jurés du prix Vendredi (littérature ado) avaient décidé de ne pas reporter la remise de leur prix (lire ici). La date de proclamation est maintenant connue, ce sera le mardi 1er décembre, la veille de l'ouverture du Salon de Montreuil.

Rappelons que c'est le 2 décembre que seront décernées les Pépites du Salon de Montreuil (lire ici).


Prix Vendredi

  • "Âge Tendre", de Clémentine Beauvais (Sarbacane)
  • "Alma, le vent se lève", de Timothée de Fombelle (Gallimard Jeunesse)
  • "Et le désert disparaîtra", de Marie Pavlenko (Flammarion)
  • "L'Attrape-Malheur - Entre la meule et les couteaux", de Fabrice Hadjadj (La Joie de lire)
  • "L'âge des possibles", de Marie Chartres (l'école des loisirs)
  • "Les derniers des branleurs", de Vincent Mondiot (Actes Sud Junior)
  • "Sans armure", de Cathy Ytak (Talents Hauts)
  • "Soleil glacé", de Séverine Vidal (Robert Laffont)
  • "Tenir debout dans la nuit", d'Eric Pessan (l'école des loisirs)
  • "Touche-moi", de Susie Morgenstern (Thierry Magnier)
Jury
Michel Abescat, Raphaële Botte, Philippe-Jean Catinchi, Françoise Dargent, Marie Desplechin , Sophie Van der Linden, Nathalie Riché.

Rappelons que le Prix Vendredi se présente comme le premier prix national de littérature adolescente français créé en 2016 pour valoriser le dynamisme et la qualité de création de la littérature jeunesse contemporaine. Il récompense chaque année un ouvrage francophone, destiné aux plus de 13 ans. Il est doté d’un montant de 2.000 euros grâce au soutien de la Fondation d’Entreprise La Poste. Pour cette édition, 38 maisons d’édition avaient proposé un titre de leur choix à son jury.

lundi 2 novembre 2020

La proclamation du prix Vendredi reportée


A l'instar de l'Académie Goncourt, en soutien aux librairies, les jurés du prix Vendredi (littérature ado) ont décidé de ne pas remettre leur prix aujourd'hui comme prévu mais ultérieurement.

Prix Vendredi

  • "Âge Tendre", de Clémentine Beauvais (Sarbacane)
  • "Alma, le vent se lève", de Timothée de Fombelle (Gallimard Jeunesse)
  • "Et le désert disparaîtra", de Marie Pavlenko (Flammarion)
  • "L'Attrape-Malheur - Entre la meule et les couteaux", de Fabrice Hadjadj (La Joie de lire)
  • "L'âge des possibles", de Marie Chartres (l'école des loisirs)
  • "Les derniers des branleurs", de Vincent Mondiot (Actes Sud Junior)
  • "Sans armure", de Cathy Ytak (Talents Hauts)
  • "Soleil glacé", de Séverine Vidal (Robert Laffont)
  • "Tenir debout dans la nuit", d'Eric Pessan (l'école des loisirs)
  • "Touche-moi", de Susie Morgenstern (Thierry Magnier)
Jury
Michel Abescat, Raphaële Botte, Philippe-Jean Catinchi, Françoise Dargent, Marie Desplechin , Sophie Van der Linden, Nathalie Riché.

Rappelons que le Prix Vendredi se présente comme le premier prix national de littérature adolescente français créé en 2016 pour valoriser le dynamisme et la qualité de création de la littérature jeunesse contemporaine. Il récompense chaque année un ouvrage francophone, destiné aux plus de 13 ans. Il est doté d’un montant de 2.000 euros grâce au soutien de la Fondation d’Entreprise La Poste. Pour cette édition, 38 maisons d’édition avaient proposé un titre de leur choix à son jury.

mercredi 20 mai 2020

Le décès de l'homme de lettres et diplomate libanais Salah Stétié

Temps de lire, de relire, de découvrir, de se souvenir, de faire fondre sa PAL,
pour les petits et pour les grands #confinothèque39

Salah Stétié.

La famille de Salah Stétié, poète, essayiste, critique d'art et ancien diplomate libanais, a annoncé, ce mercredi 20 mai, son décès au cours de la nuit à Paris.

Né à Beyrouth, le 28 décembre 1929, il avait fait  l'Ecole Supérieure des Lettres de Beyrouth puis des études universitaires à la Sorbonne à Paris. Grande figure de la poésie contemporaine, le nonagénaire  a écrit son œuvre en français, mais elle est traduite dans la plupart des grandes langues d’Europe ainsi qu'en arabe.

Fondateur et responsable pendant des années de l'hebdomadaire culturel "L'Orient littéraire", diplomate longtemps en poste à Paris, ancien délégué permanent du Liban à l'UNESCO, puis ambassadeur au Maroc, secrétaire général du Ministère des Affaires Etrangères à Beyrouth puis ambassadeur à La Haye, Salah Stétié aura été toute sa vie "un grand itinérant du songe et de l'action".

J'avais eu le plaisir de rencontrer Salah Stétié en décembre 2014, à l'occasion de la sortie de ses mémoires,  "L'extravagance" (Robert Laffont, 644 pages), bouquin passionnant s'il en est. Et rencontre totalement extravagante. Elle est à lire ici.





vendredi 23 août 2019

Déjà la septième édition de l'Intime Festival!


Quand Benoît Poelvoorde a lancé en 2013 son projet de festival littéraire à Namur, le temps d'un week-end à la toute fin de l'été, il a été accueilli par des mines en apparence réjouies mais au fond largement dubitatives. Il avait pourtant rudement bien vu car l'Intime Festival s'est tout de suite imposé dans le calendrier de la rentrée littéraire, prenant sa place dans des agendas souvent bien chargés. Venant de Namur et d'ailleurs, le public est friand de ses lectures, par des acteurs, par les auteurs eux-mêmes, des rencontres avec les écrivains ou entre lecteurs tout simplement, le tout dans le cadre champêtre du Théâtre de Namur. Il faut dire que la programmation de Chloé Colpé est excellente et que les déclinaisons de la littérature vers le cinéma, la photographie, l'illustration ou la musique passionnantes.

Mathieu Amalric lira "Le lambeau" de Philippe Lançon.

Ces 23, 24 et 25 août, ce soir donc, va se tenir la septième édition de l'Intime Festival. Enfin, surtout samedi et dimanche, ce vendredi soir étant consacré à la lecture  de "Un membre permanent de la famille" de  Russell Banks (douze nouvelles traduites par Pierre Furlan, Actes Sud, 2015, Babel 2016), par Jackie Berroyer.

Au programme du week-end


Cinq autres grandes lectures
  • "Trouble" du Belge Jeroen Olyslaeghers (traduit du néerlandais par Françoise Antoine, Stock, 2019), lu par Johan Leysen,
  • "Fuki-No-Tô" d'Aki Shimazaki, Japonaise installée au Québec et écrivant en français (Actes Sud, 2018), lu par Valérie Bonneton,
  • "De pierre et d'os", second roman de Bérengère Cournut (Le Tripode, à paraître le 29 août 2019), lu par Marianne Denicourt
  • "Tout ce que nous allons savoir" de Donal Ryan (traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Marie Hermet,  Albin Michel, "Terres d'Amérique", 2019), lu par Jeanne Dandoy 
  • "Le lambeau" de Philippe Lançon (Gallimard, 2018), lu par Mathieu Amalric en soirée finale.
On le voit, le choix est éclectique: grands auteurs, comme Banks ou Shimazaki, découvertes comme Olyslaeghers, apparu à la Foire du livre de Bruxelles 2019 ou Bérangère Cournut, incontournable comme Lançon, justement récompensé par le prix Femina 2018. Des écrivains francophones ou des traductions. De grandes maisons d'édition et des petites.

Des lectures d'un quart d'heure par un comédien suivies d'entretiens par un modérateur avec les auteurs
  • Florence et Jacqueline Aubenas, "En France" (L'Olivier, 2014, lire ici)
  • Yamina Benahmed Daho, "De mémoire" (Gallimard, "L'arbalète, 2019)
  • Patrick Corillon, "Le voyage en Belgique" (Robert Laffont, "Bouquins", lire ici)
  • Bérengère Cournut, "De pierre et d'os" (Le Tripode, à paraître le 29 août 2019)
  • Charly Delwart, "Databiographies" (Flammarion, à paraître le 28 août)
  • Simon et Capucine Johannin, "Nino dans la nuit" (Allia, 2019)
  • Lisa Harding, "Abattage" (traduit de l'anglais par Christel Gaillard, Joëlle Losfeld, 2019)
  • Lieve Joris, "Fonny" (traduit du néerlandais par Marie Hooghe, Actes Sud, 2019)
  • Samy Langeraert, "Mon temps libre" (Verdier, 2019)
  • Jeroen Olyslaeghers, "Trouble" (traduit du néerlandais par Françoise Antoine, Stock, 2019)
  • Donal Ryan, "Tout ce que nous allons savoir" (traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Marie Hermet,  Albin Michel, "Terres d'Amérique", 2019)

Deux discussions présentant un livre par un autre biais que son auteur:
  • "Mais leurs yeux dardaient sur Dieu", de Zora Neale Hurston (traduit de l'anglais par Sika Fakambi, Zulma, 2018), avec la traductrice Sika Fakambi 
  • "Hontes. Contes, confessions impudiques mises en scène par les auteurs", de Robin Robertson (traduit de l'anglais par Catherine Richard, Joëlle Losfeld, 2006), avec Denis Saint-Amand, Robert McLiam Wilson et Joëlle Losfeld.

Sans oublier, en l'absence de Ahmet Altan, écrivain et journaliste turc emprisonné à perpétuité depuis 2016 dans son pays, lecture de son livre à paraître le 4 septembre, (traduit du turc par Julien Lapeyre de Cabanes, Actes Sud)

D'autres choses encore:
  • Peut-on apprendre à écrire?
  • Rencontre avec Juan Branco
  • Du théâtre
  • De la musique
  • De la photo
  • Du cinéma
  • De l'architecture

Autres renseignements ici.

mercredi 12 juin 2019

La collection "Bouquins" a quarante ans!

Christian Lacroix a relooké 10 "Bouquins" pour les 40 ans de la collection.

En 1976, l'éminent éditeur Guy Schoeller (1915-2001) se promenait à Londres et tombait dans une librairie sur "Le Capital" de Karl Marx, en deux volumes (Penguin Books). Papier bible et couverture souple en format poche, un défi technique pour l'époque! Let's go, maestro, il fonçait chez l'imprimeur Hazell, Watson & Viney et lui achetait le brevet en exclusivité. La collection "Bouquins" de Robert Laffont était lancée. L'idée de départ en est de proposer des œuvres complètes au format et au prix des livres de poche - elle s'élargira à d'autres champs littéraires ensuite. Le format sera de 19,8 cm sur 13,2, le caractère sera le Times, le nombre de pages aux environs de 1.000. Les premiers titres de ce qui visait à être "la bibliothèque idéale de notre temps", selon les mots de son créateur, sortiront en 1979 - Jean d'Ormesson, un de ses auteurs phares, raffinera la définition en "la bibliothèque idéale de l'homme cultivé de notre temps" . Guy Schoeller dirigera jusqu'à sa mort sa "Pléiade du pauvre", forte et singulière. Elle aura été sa dernière et sa plus longue aventure éditoriale. La collection sera ensuite dirigée par Daniel Rondeau, élu la semaine dernière à l'Académie française, et depuis 2008, par Jean-Luc Barré.
Guy Schoeller avait déjà créé le Livre de Poche pour Hachette en 1953, puis, en 1973, amené le "Quid" de Dominique Frémy chez Robert Laffont. Sa collection "Bouquins" sera également copiée. Par "Omnibus" aux Presses de la Cité, par "Quarto" chez Gallimard et par "La Pochothèque" au Livre de Poche.
Passé célébrer l'anniversaire de la collection "Bouquins" à Bruxelles, Jean-Luc Barré a expliqué qu'il voulait, à l'image du fondateur, que la collection "ait de l'audace, de l'impertinence et présente de la diversité". En quarante ans, plus de 600 titres ont été imprimés dont la moitié sont des inédits. Des achats de droits, du domaine public, des traductions de dictionnaire étrangers, des anthologies, des classiques et des rééditions... Les trois sections des débuts sont rapidement passées à six: "Dictionnaires et ouvrages de référence", "Histoire et essais", "Littérature et poésie", "Littérature populaire, aventure et policiers", "Musique" et "Voyages".

Les quarante ans de "Bouquins" sont marqués par l'édition collector en tirage limité de dix volumes notoires illustrés par Christian Lacroix: "Dictionnaire des symboles", de Jean Chevalier et Alain Gheerbrant (750.000 exemplaires vendus, le record de la collection), "Journal intégral", de Matthieu Galey, "Le Livre des superstitions", d'Éloïse Mozzani, "Œuvre érotique", de Pierre Louys, "Œuvres", de Françoise Sagan, "Œuvres complètes - correspondances", d'Arthur Rimbaud, "Œuvres complètes", de Khalil Gibran, "Pour tout l'or des mots", de Claude Gagnière, "Tout l'opéra", de Gustave Kobbé (200.000 exemplaire vendus) et "Œuvres complètes, de Paul-Jean Toulet.


Le dernier titre actuellement paru dans la collection quadragénaire est "Le voyage en Belgique", de Patrick Corillon (Robert Laffont, "Bouquins", 1088 pages). L'auteur est un artiste plasticien francophone né en 1956 à Knokke et vivant depuis quarante ans entre Liège et Paris. Il a défini sept axes pour son anthologie afin d'évoquer la Belgique, sa Belgique, "mosaïque de cultures" et "moteur de l'Europe". "Pour moi", précise-t-il, "l'âme de la Belgique est sa frontière intérieure, linguistique". A lire en intégralité ou à picorer de ci, de là, selon l'inspiration. L'ouvrage est riche et sa conception ménage de nombreuses et bonnes surprises.

Si l'éditeur a préféré résumer la Belgique en couverture par une maison typique de la ville de Bruges, l'anthologie réunit des textes sur la Belgique entre 1830, date de sa création, et 1970, début de l'Etat fédéral. Points de repère subjectifs pour un voyage dans l'imaginaire de ce pays à deux, voire trois langues. Particularité qui suppose et impose une certaine souplesse, analyse l'auteur. "Le voyage en Belgique" propose sept axes successifs: "Terre promise", la naissance d'un pays longtemps couvé par d'autres, "Voyages extatiques" ou les écrits mystiques des béguines,  "Voyages romantiques", terre d'asile de nombreux réfugiés, "Terre de brumes" permettant la naissance du symbolisme, "Terre de charbon", une nouvelle main-d'œuvre pour les mines d'hier devenues des terrils aujourd'hui, "Terre de mots" ou les chemins de traverse de nombreux artistes, et "Champs de bataille" avec "s" à "champ" vu le cours de l'histoire et comment les artistes se les sont appropriés.

Patrick Corillon.
"J'ai fait ce livre grâce à François Rivière qui est un amoureux de la Belgique", explique Patrick Corillon. "J'ai porté un regard périphérique sur la Belgique. Moi-même, de par mon métier, j'y ai un pied dedans, un pied dehors. Je suis issu d'une famille qui aime l'histoire et la littérature. Mon moteur a été l'introspection: qu'est-ce qu'une communauté d'hommes sans nationalisme? Le livre n'est pas mon terrain mais je voulais faire le point sur cet imaginaire commun, faire un voyage au centre du moi. J'ai parcouru la Belgique de long en large et de haut en bas. J'ai découvert des mondes clos mais ouverts. J'ai préféré rassembler plutôt que séparer, tenter de rendre compte de la complexité." But largement atteint.
On se souviendra que Patrick Corillon est aussi l'auteur de la trilogie jeunesse "Le diable abandonné" publiée chez MeMo (2007, 2008, 2010).

Mes 40 "Bouquins" préférés (en vrac)

Tom Wolfe, "Le bûcher des vanités, Un homme, un vrai"
Jacqueline de Romilly, "Emerveillements"
Jean Loup Chiflet, "Le bouquin de l'humour involontaire"
Claudine Grammont, "Tout Matisse"
Françoise Michaud-Fréjaville, Philippe Picone, Adeline Rucquoi, "Le voyage à Compostelle"

Brigitte Leal, "Dictionnaire du cubisme"
Machiavel, "Le Prince"
Colette, "Romans, récits, souvenirs", coffret de 3 tomes
Jeanyves Guérin, "Dictionnaire Albert Camus"
François Rivière, "Les chefs-d'œuvre de la littérature de jeunesse"

Jacques Lacarrière, "Méditerranée"
Giacomo Casanova, "Histoire de ma vie", tomes 1, 2 et 3
Gustave Flaubert, "Madame Bovary, L'éducation sentimentale, Bouvard et Pécuchet, Dictionnaire des idées reçues, Trois contes"
Simon Leys, "La mer dans la littérature française"

Rudyard Kipling, "Voyages"
Hubert Reeves," La Terre et les Hommes"
Charles Dantzig, "Les écrivains et leurs mondes"
Bret Easton Ellis, "Œuvres complètes", coffret de 2 volumes
Edgar Allan Poe, "Contes, Essais, Poèmes"

Mark Twain, "Les aventures de Tom Sawyer"
François Xavier Testu, "Le bouquin des méchancetés"
Jean-Baptiste Baronian, "Dictionnaire Rimbaud"
Michka Assayas, "Le nouveau dictionnaire du rock"
Edmond et Jules de Goncourt, "Journal", tomes 1 à 3

Jack London, "Romans maritimes et exotiques"
Jean Tulard, "Le nouveau guide des films", tomes 1 à 5
Salah Stétié, "En un lieu de brûlure"
Pauline Peretz, "New York"
Comtesse de Ségur, tomes 1 à 3

Mohammad Ali Amir-Moezzi, "Dictionnaire du Coran"
Pierre Grimal, "Rome et l'amour"
Dino Buzzati, "Œuvres" tomes 1 et 2
Primo Levi, "Œuvres"
Anne et Charlotte Brontë, "Romans", tomes 1 et 2

Lewis Carroll, "Œuvres complètes", tomes 1 et 2
William Shakespeare, "Œuvres complètes", coffret de 2 tomes (édition bilingue)
Michel Baridon, "Les jardins"
Simon Leys, "Essais sur la Chine"
Homère, "L'Iliade, L'Odyssée"


L'ensemble de la collection "Bouquins" se trouve ici.









jeudi 1 novembre 2018

Les joyeux moustachus du Prix Virilo & co


Le monde de l'édition vous énerve par son ronronnement? Prenez un peu de distance avec les moustachus du prix Virilo qui se décline aussi en prix Trop Virilo et bientôt en prix Virilo des Crèches (& des Maternelles). Il y a dix ans que la joyeuse bande se poile sur le dos des autres et apporte un piment bienvenu dans les cercles littéraires compassés où on s'autocongratule.

De plus, les livres lauréats du prix Virilo constituent une bibliothèque très honorable, ceux du prix Trop Virilo sans doute moins mais le plaisir est dans la découverte des formules justificatives. Quant aux énoncés des accessits, ils se savourent comme les fameux bonbons Napoléon au cœur acidulé.
Parce que "le monde des lettres manque cruellement d'esprit critique et d'un brin d’humour", disent ces chahuteurs, "le Prix Virilo entend y remédier, en toute modestie, et en restant fidèle à sa devise «Un poil dans la main, un livre dans l'autre»."
Ce prix récompense chaque année "un roman francophone publié dans l'année ayant touché le jury par son audace littéraire, sa justesse, ou toute autre qualité faisant sens". Mixte, le jury est composé de membres "de tout poil, pourvu qu'ils aient du goût, qu'ils portent une moustache et qu'ils «votent en homme» le jour venu." Mais personne ne sait exactement ce que cela veut dire. Il est remis quelques heures avant le prix Femina, au même endroit, dont il raille le côté grotesque à ses yeux, et les autres jurys, "dont la légitimité se nourrit à la fois de collusions avec le monde des lettres et d'une retraite relativement dépourvue d'humour".

Les membres du jury du prix Virilo se présentent comment "assez pauvres" mais ils disent acheter leurs livres, comme tout un chacun. "Et fatalement, quand on dilapide son salaire de rentrée dans des feuilles surcotées, ça énerve."
Enfin, les jurés cherchent à remettre un peu de LOL dans la rentrée littéraire. Plus qu’ailleurs, selon eux, le monde des lettres semble peuplé de deux types d'individus: des égos ennuyeux se glorifiant de leurs lectures, ou de frêles lecteurs.trices très sensibles, qui lisent avec leur cœur et tiennent des blogs avec des photos de chatons. "Nous avons souhaité ajouter un peu de poil dans tout ça. C'est pour cette raison que chaque année sont rendus une flopée d'accessits dont le seul but est de vanner un peu."
Le prix Virilo vient de communiquer ses finalistes pour l'édition 2018, en une prose savoureuse: "Cela  fait dix ans que le Prix Virilo est remis chaque année, un poil dans la main, un livre dans l'autre, un savant mélange d'autodérision et de «nous quand même on lit les livres». Le Prix Virilo est bien implanté dans le milieu des prix qui achètent leurs livres: il est le seul. Il est désormais acquis que faire partie de la liste des finalistes est d'ores et déjà un gage de ventes certaines et d'à-valoir qui se multiplient.
Les jurés ont sacrifié temps, argent, et dioptries, pour lire à votre place des livres qui n'en valaient pas la peine. Parmi ces nombreux livres, quelques-uns surnagent avec talent."

Voici donc les finalistes du prix Virilo (meilleur roman francophone de l’année)
  • "Arcadie", d'Emmanuelle Bayamack-Tam (P.O.L.)
  • "La Grande idée", d'Anton Beraber (Gallimard)
  • "Camarade Papa", de Gauz (Le Nouvel Attila)
  • "Le syndrome du varan", de Justine Niogret (Seuil)

Lauréats précédents
  • 2017 Patrick K. Dewdney pour "Écume" de  (La Manufacture de Livres – Territori)
  • 2016 Fanny Taillandier pour "Les États et empires du lotissement Grand Siècle – Archéologie d'une utopie" (P.U.F.)
  • 2015 Douna Loup pour "L'Oragé" (Mercure de France)
  • 2014 Grève du jury devant la piètre qualité de la rentrée littéraire
  • 2013 Céline Minard pour "Faillir être flingué" (Rivages)
  • 2012 Pierre Jourde pour "Le Maréchal absolu" (Gallimard)
  • 2011 Éric Chevillard pour "Dino Egger" (Minuit)
  • 2010 Emmanuel Dongala pour "Photo de groupe au bord du fleuve" (Actes Sud)
  • 2009 Laurent Mauvignier pour "Des hommes" (Minuit) 
  • 2008 Robert Alexis pour "Les Figures" (José Corti)


Le même communiqué annonce également les finalistes du prix Trop Virilo 2018 (giclure excessive de testostérone littéraire)

  • "Au grand lavoir", de Sophie Daull (Philippe Rey), pour la scène de la panne d'essence entraînant la fellation d'un routier
  • "Il faut du temps pour rester jeune", de Michel Drucker (Robert Laffont), pour sa vision charmante des femmes
  • "Helena", de Jeremy Fel (Rivages), pour la scène de la masturbation dans un chien mort
  • "Le bleu du lac", de Jean Mattern (Sabine Wespieser), pour la présence répétée d"une bite "magnifique" et de non pas une mais deux éjaculations pendant un concert de Brahms

Le prix Trop Virilo dit récompenser "la plus belle poussée de testostérone (littéraire) parue dans l'année. Elle est souvent gratuite, et s'impose sous forme de livre parce que l'auteur l'a voulu, à la différence parfois du lecteur.
C'est un livre ou un essai qui doit sentir l'homme, l'aigre vestiaire de fin de match. Le livre Trop Virilo nous prend d'autorité, à la hussarde, quand notre "non" bredouillé voulait peut-être dire "oui, bon, je vais lire quelques pages", mais pas comme ça, sans prévenir, sans douceur."

Et d'ajouter: "Contrairement à cette définition vague, le Prix Trop Virilo est certainement le prix que les jurés ont le plus de facilité à rendre, car il y a toujours un livre qui pisse évidemment le plus loin. Et c'est facile, il suffit de mesurer."

Lauréats précédents
  • 2017 Alexandre Jardin, pour "Ma mère avait raison" (Grasset) et l'ensemble de son fil twitter
  • 2016 Olivier Py, pour "Les Parisiens" (Actes Sud)
  • 2015 Sophie Divry, pour "Quand le diable sortit de la salle de bain" (Noir sur Blanc/Notabilia) et Jean Teulé, pour "Héloïse, Ouille!" (Julliard)
  • 2014 grève du jury
  • 2013 Marie Nimier, pour "Je suis un homme" (Gallimard)
  • 2012 Eric Neuhoff pour "Mufle" (Albin Michel)
  • 2011 Eric Reinhardt, pour "Le Système Victoria" (Stock)
  • 2010 Virginie Despentes, pour "Apocalypse Bébé" (Grasset)
  • 2009 Valéry Giscard d'Estaing, pour "La Princesse et le Président" (XO et Fallois)
  • 2008 Pierre Bisiou, pour "Enculée" (Stock)

Rendez-vous donc pour le prix Virilo le lundi 5 novembre, peu avant le verdict des dames du Femina, à 13 heures, elles.
Plus d'infos sur le prix Virilo & co ici