Nombre total de pages vues

Affichage des articles dont le libellé est 64_page. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est 64_page. Afficher tous les articles

mardi 26 novembre 2024

Un palmarès très très féminin aux Espiègles 2024

"1, 2, 3... sommeil!" de Bernadette Gervais. (c) Les Grandes Personnes.
 
Ne dites plus Grand prix triennal de littérature de jeunesse, appellation datant de 2006, dites Espiègle du couronnement de carrière en littérature de jeunesse.
 
Depuis l'an dernier, les prix littéraires en Belgique francophone ont changé d'identité et ont été renommés les Espiègles. En référence à "La légende d'Ulenspiegel", le roman de Charles De Coster paru en 1867, considéré comme l'acte fondateur de la littérature belge francophone. Sait-on que certains de ces prix ont été créés il y a 100 ans, en 1924, récompensant des auteurs en catégories roman, poésie, théâtre et essai. On a parlé ensuite des prix littéraires de la Communauté française, puis de la Fédération Wallonie-Bruxelles. D'autres catégories se sont ajoutées, la littérature de jeunesse en 2006, la bande dessinée en 2017. En 2023, ils ont été renommés Les Espiègles.

La sérigraphie de Laura Simonati.
L'édition 2024 voit la proclamation de dix noms pour neuf prix, tous n'étant pas annuels. Nouveauté, un trophée est offert aux lauréat·e·s. Pour l'édition 2024, c'est l'autrice Laura Simonati, lauréate de l'Espiègle de la première œuvre en littérature de jeunesse en 2023, qui a été choisie  afin de réaliser une image imprimée inédite autour du mot "Espiègles".

Un palmarès quasiment entièrement féminin, huit lauréates et une association française très féminine, pour un lauréat!


L'Espiègle du couronnement de carrière en littérature de jeunesse (15.000 euros) donc est attribué cette année à l'excellente Bernadette Gervais. Joie immense de voir récompensé un si grand talent qui a mûri tout en restant accessible aux enfants. Créer des livres pour les enfants a toujours été son ambition. Elle en rêvait déjà à quinze ans comme elle nous le confiait dans une interview pour la revue 64_page (lire ici).
 
Depuis une dizaine d'années, la Bruxelloise publie en solo, une petite vingtaine de titres de tous les formats et pour tous les âges. Précédemment, durant un quart de siècle, elle avait imaginé et illustré une centaine d'albums en duo avec Francesco Pittau. Un solo où elle fait des flammes et remporte prix sur prix, à Paris, à Bologne, en Belgique. Pépite d'or 2020 du Salon de Montreuil pour "ABC de la nature" (Les Grandes Personnes, lire ici), mention spéciale Non-fiction 2022 de la Foire du livre jeunesse de Bologne pour son imagier très personnel "Des trucs comme-ci, des trucs comme ça" (Les Grandes Personnes, lire ici), prix IBBY Belgique francophone 2022 de l'album belge pour le magnifique "Petite et Grande Ourses" incitant à ne pas se résigner quand on est maltraité (La Partie, lire ici). Mais Bernadette Gervais peut aussi célébrer le quotidien, ouvrir à la beauté, faire rêver ou découvrir. Avec la particularité que rien n'est jamais gratuit chez elle, qu'elle s'adresse aux bébés ou aux enfants de maternelle ou de début d'école primaire. Avec l'autre particularité que chacun de ses albums est une prouesse technique si ce n'est un défi. On sait que le pochoir est sa manière favorite et qu'elle la maîtrise à la perfection mais elle est aussi une très bonne photographe et a l'art de composer ses pages en jouant admirablement du rapport texte-images.
"Mon public est celui des petits, un créneau que j'apprécie. Mon dessin s'adresse plutôt aux 1 à 6 ans. J'aime les bouquins qui ont du sens mais qui restent des livres pour enfants. Aujourd'hui, on trouve beaucoup de livres graphiques où les auteurs se sont surtout fait plaisir. Moi, en créant un livre, je pense toujours à l'enfant qui va le lire. Je veux que ce que je fais soit lisible par lui, qu'il y prenne du plaisir. Mais que le livre soit très graphique."
In 64_page #14
Beaucoup d'albums de Bernadette Gervais ont déjà été évoqués ici. Pour les retrouver, il suffit de cliquer ici et de les faire défiler.

Attardons-nous sur les deux titres qui ont paru cette année.


Dans "Où est passé le vent?" (La Partie, 56 pages), Bernadette Gervais invite les enfants de classes maternelles à regarder la nature. Que se passe-t-il quand le vent disparaît? Texte ritournelle en page de gauche et image en page de droite posent les questions à propos d'éléments du quotidien: "Petit Nuage,/ Sais-tu où est passé le vent?/ "Il a disparu./ Je ne peux plus atteindre/ la montagne!"" Le jeu de question-réponse se poursuivra onze fois. Sont interrogés Petit Bateau, Petit Oiseau, Petite Carillon, Petite Eolienne, etc. Leur inertie témoigne avec force de la raison d'être du vent. La réponse viendra finalement d'un petit garçon qui va décoincer ce sacré vent... et les onze immobilisés de se mouvoir à nouveau en autant de doubles pages, "Merci le vent!", que clôture une large illustration finale les rassemblant tous en un imagier coloré et muet.
 
"Sais-tu où est passé le vent?" (c) La Partie.

"Merci le vent!" (c) La Partie.
 
 
 
Dans "1, 2, 3... sommeil!" (Les Grandes personnes, 48 pages), Bernadette Gervais aborde le rituel du coucher. A sa façon, douce, poétique et inventive. Texte en page de gauche, image en page de droite encore une fois, on entre tout de suite dans le vif du sujet . "1, 2, 3.../ le soleil/ se couche/ couche/ couche" avec la particularité que les mots pâlissent de ligne en ligne, comme s'ils sombraient dans le sommeil, en face d'un flamboyant coucher de soleil. La nature est très présente dans cet album du soir, le soleil bien entendu, dont on sait qu'il se couche, mais aussi les nuages, les oiseaux, la lune, les papillons qui se cognent à la fenêtre quand la lumière est allumée. Vient ensuite le quotidien, les jouets à ranger, le pyjama à enfiler, les dents à brosser, le doudou à attraper, l'histoire à écouter, les baisers à compter tout comme les étoiles... "1, 2, 3.../ je m'endors/ dors/ dors". Un sommeil paisible, veillé par la lune, célébré par les somptueuses gammes chromatiques des images en pochoir, posées sur des fonds unis qui jouent avec elles.


"1, 2, 3... sommeil!" (c) Les Grandes Personnes.



L'an dernier sortait "Mes saisons" (Les Grandes personnes, 56 pages), où Bernadette Gervais nous emmène en balade au fil des saisons, à la découverte d'une faune et d'une flore changeante et foisonnante. Des pages superbement composées avec de si belles illustrations au pochoir colorées et de superbes photographies en noir et blanc. Des pages dont les assemblages incitent à regarder ce qui est à côté de nous.

"Mes saisons" (c) Les Grandes Personnes.

Quelques titres.



Suite du palmarès

L'Espiègle de la première œuvre de littérature en langue française
(ex Prix de la première œuvre en langue française)
depuis 1997, 5.000 euros
Éléonore de Duve pour "Donato" (José Corti, 2023) 
 
Un premier roman qui fait le portrait d'un grand-père venu des Pouilles travailler dans les mines belges, un aïeul peu bavard qui voit ici son histoire magnifiquement portée par la littérature.
Ce texte a fait l'objet d'une très belle performance de l'autrice, accompagnée de Zen My Nguyen (Radio Hito), à la Maison Poème.

L'Espiègle de la première œuvre en littérature de jeunesse
(ex  Prix de la première œuvre en littérature de jeunesse)
depuis 2019, 5.000 euros
Charlotte Pollet pour "Tout le monde a un teckel sauf moi" (Biscoto, 2023).
 
Des images toutes en rondeur et très épurées qui font sourire et rire, incitant l'enfant lecteur à les examiner de près pour découvrir le teckel présent à chaque page. Assa, l'héroïne, les voit, ces chiens saucisses, alors lui aussi! Un album qui fut un des dix finalistes du prix IBBY Belgique francophone 2023 de l'album drôle (lire ici et ici)

 
 
 
L'Espiègle de la bande dessinée ou prix Atomium – Fédération Wallonie-Bruxelles
remis dans le cadre du BD Comic Strip Festival (anciennement Fête de la BD), 10.000 euros
Léonie Bischoff, qui, depuis, a aussi reçu le Grand Prix de l'Académie Victor Rossel de bande dessinée (lire ici et ici).
 

L'Espiègle de la première œuvre en bande dessinée
(ex  Prix de la première œuvre en bande dessinée)
depuis 2019, 5.000 euros
Adlynn Fischer pour "L'été du vertige" (La ville brûle, 2023).


L'Espiègle (triennal) de théâtre en langue française
(ex Prix triennal de théâtre)
depuis 1926, tous les trois ans, 8.000 euros
Marie Darah pour "Depuis que tu n'as pas tiré" (MaelstrÖm reEvolution)
et
Céline Delbecq pour "À cheval sur le dos des oiseaux" (Éditions Lansman) 
 

L'Espiègle du rayonnement des littératures francophones à l’étranger
(Prix Léo Beeckman)
(ex Prix du rayonnement des lettres belges à l'étranger)
depuis 1998, désormais triennal, 4.000 euros
L'asbl "Les mal coiffés", créée à l'initiative de Nicole Maymat et Dominique Beaufils, organisatrice de la Biennale des illustrateurs de Moulins (France). La septième édition de ce magnifique festival biannuel aura lieu du 13 au 23 novembre 2025 (lire ici). Des rencontres auxquelles nous avons souvent participé (lire ici).


L'Espiègle de la première œuvre de littérature en langue régionale (œuvre non publiée)
(ex Prix de la première œuvre en langue régionale endogène)
depuis 2017, 1.000 euros
Jean Colot pour "Vîve li progrès!"

L'Espiègle (triennal) de théâtre en langue régionale
(ex Prix triennal de théâtre en langue régionale) 
depuis 2000, tous les trois ans, 8.000 euros
Nicole Goffart pour "Li vwès dès sondjes" 

 
Palmarès de l'ex Grand prix triennal en littérature de jeunesse

2021 Anne Herbauts (lire ici)
2018 Thomas Lavachery (lire ici)
2015 Anne Brouillard (lire ici)
2012 Benoît Jacques (lire ici)
2009 Rascal
2006 Kitty Crowther





vendredi 6 septembre 2024

La revue 64_page célèbre ses dix ans

Le dessin de couverture du catalogue des 10 ans,
dû à Inès Sanchez Royant.

Gâteau! Bougies! Champagne! La
revue de récits graphiques 64_page fête ses dix ans ce week-end à la fête de la BD de Bruxelles, rebaptisée BD Comic Strip de Bruxelles, qui se tient à la Gare maritime (Tour & Taxis) du 6 au 8 septembre (infos ici). 64_page, dont le slogan est "Les grand.e.s auteur.e.s de demain sont déjà aujourd'hui dans 64_page" (lire ici). 64_page, revue papier devenue semestrielle après le covid, mais avec une pagination double, conjuguant image, bande dessinée, dessin de presse, récit graphique et littérature de jeunesse. Je reconnais être celle par qui l'album pour enfants s'est ajouté. En recension patrimoniale, le plus souvent en accord avec le thème du numéro, et en sollicitation des auteurs depuis le partenariat avec la Section belge francophone de l'IBBY (International Board on Book for Young People, ici). 64_page qui, en dix ans et 27 numéros, a publié 81 autrices et 85 auteurs, dont plusieurs dizaines ont trouvé éditeur. 64_page, idée un peu folle née au 64 de la rue du Page à Ixelles, matérialisée en revue à la fête de la BD de Bruxelles 2014 et qui boucle la boucle des dix ans au BD Comic Strip.
 
Au programme du week-end:
 
- une exposition hommage à Cécile Bertrand, notre géniale dessinatrice de presse décédée bien trop tôt le 1er mars de cette année, avec des originaux de Cécile et des dessins qui lui rendent hommage.
 
 
- une expo-vente d'une cinquantaine de dessins des auteurs de 64_page, original ou tirage unique, dont les bénéfices aideront la revue à poursuivre sa route.
 
 
- le numéro 27 de la revue, sur le thème "Soleil rouge", tout juste sorti de l'imprimerie (132 pages, 12,50 euros, habituellement en vente sur abonnement); interviews des auteurs ici.
 
 
- des dédicaces des auteurs 64_page tout au long du week-end.

Vendredi 6: Trefilis, Thé au Vinaigre, Enrique Cropper, Marc Descornet, Gilles Proust, Valentine Langer, Aurélie Wilmet, Wanwine
Samedi 7: Christophe Playfoot, Benedetta Frezzotti, Xan Harotin, Mathilde Brosset, Marc Descornet, Olivier Lambert, Guillaume Balance, Alice Wion, Roman RG, Johanna Gousset, Émilie Reineke, Michel Di Nunzio, Pavé
Dimanche 8: Émilie Reineke, Élodie Adelle, Alexandre Kostantatos, Masha Vander Kelen, Julie Mandarine, Amé, Johanna Gousset, Delcasy, Lucas Bouvard et Enrique Cropper.



La couverture du numéro 27, celui des 10 ans,
due à Julie Mandarine et Jean-Christophe T..




mercredi 17 janvier 2024

La revue belge 64_page en sélection à Angoulême


Il n'y a pas que la neige qui tombe dans l'actualité belge de ce mercredi 17 janvier. Il y a aussi le fait que la revue belge de récits graphiques 64_page est sélectionnée pour le Fauve de la Bande Dessinée Alternative du Festival d'Angoulême 2024. Et ce, pour la deuxième année consécutive (lire ici). Pile l'année des dix ans de la revue bruxelloise.


Ce Fauve est décerné depuis 1982 parmi un choix de petits magazines, fanzines, revues de bandes dessinées ou collectifs édités par et pour des passionnés de bande dessinée. En cette année de 43e édition, on dénombre quarante-six candidats au titre, provenant d'une dizaine de pays (France, Suisse, Brésil, Philippines, Suède, Espagne, Belgique, Chine, Chili et Croatie) et de quatre continents différents. Le lauréat recevra une bourse d'une valeur de 1.000 euros attribuée par le Syndicat des Éditeurs Alternatifs (SEA), ainsi qu'une invitation à la prochaine édition du Festival.

A examiner le palmarès, on remarque qu'entre 1982 et 2023, le Fauve de la Bande Dessinée Alternative est allé 26 fois à un titre français, 3 fois à un titre suisse, 2 fois à un titre belge (Rêve-En-Bulles en 1995 et Mycose en 2006), 2 fois à un titre finlandais, 1 fois à l’Espagne (l'an dernier).


Jury

Marie Bourgoin (La Fanzinothèque de Poitiers), Marc Charles (représentant du fanzine lauréat 2023, "Forn de calç"), Jean-Christophe Menu (auteur, éditeur), Philippe Morin (éditeur), Philippe Richard (9e Art +), Johanna Schipper (autrice, enseignante), Julie Staebler (éditions Biscotto, ancienne lauréate).

 

Les quarante-six candidats

64_page (Belgique), Aline (Hollande), Atelier BD 54 (France), Banzai (France), Brigida (Chili), Cabot comics (France), Cafe Espacial (Brésil), Child Labour Comix (Allemagne), Coin-Op (USA), Coupe-coupe Lapin (Canada), Doppelgang (France), Egosscopic (France), Faubourg Vrai Dédale (France), Feuk Magazine  (France), Froutch  (France), Gorgonzola  (France), Grosse Victime Magazine (France), J'ai le fanzine (France), La Gazette du rock (Belgique), La strada  (France), La tourbe (France), L' année du tigre (France), L'engraine fanzine  (France), Le voltigeur  (France), Makiling Komik Kolektib (Philippines), Maria Magazine  (Brésil), Mini machine  (France), Murmure (Chine), Nachi (Chili), Nao tema isso e coisa de mulher (Brésil), Nekomix vinyl (France), Obstruction  (France), Ohoho Zin  (Croatie), Opart - Out of place artifacts  (Irlande), Orixas (Brésil), Pan!! (France), Poijuku tessy  (Belgique), Titan Terrible  (France), TLCSC!  (France), Tonnerre de bulles  (France), Tribute to Joe Matt  (France), Wassup Rocker  (France), Xafec  (Espagne),  Zine Panique  (France),  Zinozorrus  (France), Zitrance (France).



 

vendredi 6 janvier 2023

La revue belge 64_page en sélection à Angoulême


Depuis 1982, le Festival d'Angoulême décerne le Fauve de la Bande Dessinée Alternative. Cette appellation va aussi bien à l'édition de petits magazines, ou fanzines, que de revues de bandes dessinées ou de collectifs édités par et pour des passionnés de bande dessinée. Belle nouvelle en ce jour de galette et de fête des Rois, la revue belge de récits graphiques 64_page (ici) figure parmi les quarante titres sélectionnés en 2023. Lancée par une bande d'amis réunis au 64 de la rue du Page à Bruxelles (lire ici), trimestrielle jusqu'à ce que les soucis liés au covid et aux inondations de 2021 en Wallonie l'incitent à devenir semestrielle mais avec des numéros deux fois plus gros, elle s'avance fièrement vers la célébration de ses dix ans!
A examiner le palmarès, on remarque qu'entre 1982 et 2022, le Fauve de la Bande Dessinée Alternative est allé 26 fois à un titre français, 3 fois à un titre suisse, 2 fois à un titre belge (Rêve-En-Bulles en 1995 et Mycose en 2006), 2 fois à un titre finlandais.
En cette année de 42e édition, quarante candidats d'une dizaine de pays (France, Suisse, Brésil, Philippines, Suède, Espagne, Belgique, Chine, Chili et Croatie) et de quatre continents différents, participent à la 42e édition de ce prix. Le lauréat recevra une bourse d'une valeur de 1.000 euros attribuée par le Syndicat des Éditeurs Alternatifs (SEA), ainsi qu'une invitation à la prochaine édition du Festival. 

Jury: Marie Bourgoin (La Fanzinothèque de Poitiers), Pierre Maurel (lauréat 2022 avec le fanzine Bento), Jean-Christophe Menu (auteur, éditeur), Philippe Morin (éditeur), Philippe Richard (9e Art +), Johanna Schipper (autrice, enseignante), Julie Staebler (éditions Biscotto, ancienne lauréate).

Les quarante candidats

64_page (Belgique), Banzaï (France), La Bûche (Suisse), Cabot comics (France), Cafe espacial (Brésil), Darkness (Philippines), 3 Det gryma svardet (Suède), Doppelgang (France), Egoscopic (France), Forn de calc (Espagne), La Gazette du rock (Belgique), Go! Go! Hugo! (France), Gorgonzola (France), Grosse victime magazine (France), Insectoïdes (France), J'ai le fanzine (France), Kilig (Philippines), Kommunity 2022 (Philippines), Maria magazine (Brésil), Mémoire d'images (France), Mini machine (France), Murmure (Chine), Nachi (Chili), Novland (France), Ohoho zin (Croatie), Le Pli (France), Poijuku tessy (Belgique), Point bar bd (France), Racines (France), Ragu 9 (Brésil), Ribozine (France), Rocha navegavel (Brésil), Rurok exotic comics &art anthology (Philippines), Sem olhos de guilherme & silveira (Brésil), Thirsty boys love anthology (Philippines), Tiretdusix (France), Titan terrible (France), Tonnerre de bulles (France), Une cueillette de rutabagas (France), Zine panique (France).

lundi 30 septembre 2019

Pour que le suicide de Christine, directrice d'école usée par le système, ne s'efface pas

En mars de cette année, le Français Remedium, enseignant et artiste, engagé dans chacun des deux domaines, publiait sur les réseaux sociaux "L'histoire de Jean", professeur poussé au suicide. C'était son premier "Cas d'école" (lire ici, et repris dans le numéro 16 de la revue bruxelloise "64_page"). En juillet, Remedium publiait "L'histoire de Laurent". Deuxième "Cas d'école" (lire ici). Nous sommes à peine en septembre et déboule déjà un troisième "Cas d'école", terrible car définitif, "L'histoire de Christine".

Remedium la présente ainsi: "Directrice exemplaire d'une école maternelle, Christine [Renon, NDLR] s'est suicidée le 21 septembre 2019. Lucide face à la mort, elle savait que beaucoup tenteraient d'étouffer son sacrifice et minimiseraient son geste en salissant sa mémoire. Alors elle a écrit. A ses collègues, à sa hiérarchie, à ses proches, à nous tous. Pour que nous continuions un combat qui l'avait usée jusqu'à la corde. Pour ne pas qu'il sombre dans l'oubli. A nous tous, désormais, d'agir.
Nous lui devons bien ça."

Remedium a fait de "L'histoire de Christine" son troisième "Cas d'école", terrible inventaire des drames humains causés par l'école de la République française. Et qui pourraient très bien se passer en Belgique aussi. Avec son accord, je la reproduis ici.

























jeudi 17 mai 2018

Master class avec Mezzo et Mathilde Brosset


"64_page" est cette "revue de récits graphiques", comprenez bande dessinée et illustration, qui avait notamment publié il y a un an un numéro comportant en supplément un nouveau "Trombone illustré" (lire ici).

"64_page" est cette revue qui donne leur chance aux jeunes auteurs en publiant certains des projets (une BD originale de 4 à 8 pages, un autoportrait graphique et un bref texte de présentation) qui lui sont proposés.
Les élus du #12 qui vient de paraître sont Cécile Chainiaux, Marion Sonet, Arcady Picardi, Zoé Bayenet, BastiDRK).
"64_page" est cette revue qui n'oublie pas les talents du passé, Morris, Monique Martin cette fois.
"64_page" est cette revue qui interroge les acteurs du présent, les dessinateurs Mezzo, Julie M, Jorge Gonzalez, Eric Huivel, l'éditeur François Le Bescond dans ce numéro.
"64_page" est cette revue qui suit les grands auteurs de demain, Remedium, Mathilde Brosset (lire plus bas) et d'autres.
"64_page" est cette revue sans faute d'orthographe à son titre, rappel de son lieu de conception, un bistrot sis 64 rue du Page à Bruxelles.

"64_page", enfin, est cette revue qui organise deux Master Class le mercredi 23 mai à 16 heures au Palace (85, Boulevard Anspach, 1000 Bruxelles), l'une avec Mezzo, l'autre avec Mathilde Brosset. Entrée gratuite mais réservation à faire par mail à 64page.masterclass@gmail.com. Les Master Class seront suivies à 18 heures au même endroit de séances de dédicaces de Mezzo, Mathilde Brosset et les jeunes auteurs du #12.


"64_page" est cette revue que vous pouvez trouver dans votre boîte aux lettres (abonnement ou commande), dans les librairies bruxelloises Brüsel, Filigranes, Slumberland,Tropismes, Wolf, chez Jaune, au Centre belge de la BD,.. à la librairie du Centre Wallonie-Bruxelles à Paris.


Les grands de demain


Le bout de la ligne
Mathilde Brosset
L'Atelier du poisson soluble
32 pages cartonnées

Pêcher un turbot? Mais quelle bête idée! La preuve dans ce petit album à compter de 1 à 10 qui propose toute une série de sujets bien plus intéressants à ramener au bout de la ligne: 1 baleine, 2 dragons, 3 pieuvres, 4 sirènes... Chaque fois, la scène est joliment mise en scène dans une composition plutôt humoristique qui mélange collages et dessin.

Un joli parcours imaginaire dont le retour sur terre, un bout de caoutchouc fixé à l'hameçon, est l'occasion d'une nouvelle série de propositions fantaisistes. Un album joyeux, joliment réalisé et bien pensé. A partir de 3 ans.

Au bout de la ligne? (c) Atelier du poisson soluble.

On peut feuilleter "Le bout de la ligne" en ligne ici.


Les contes noirs du chien de la casse
Remedium
Des ronds des l'O
72 pages, 2017

Remedium, Christophe Tardieux de son vrai nom, dit avoir choisi son titre en référence ironique aux "Contes rouges du chat perché" de Marcel Aymé. Ses "Contes noirs" ne mettent toutefois pas en scène deux petites filles mais une cité de banlieue française et ses habitants, à travers sept histoires indépendantes. Une cité qui apparaît dans toute sa noirceur et sa violence, surtout pour la jeunesse, mais dont on sent aussi combien elle est néanmoins aimée par ceux qui y vivent.

Chacun des sept contes est basé sur des faits réels, ayant pour cadre la cité des Tilleuls, au Blanc-Mesnil (93) où Remedium vit et enseigne, et permet d'aborder un thème différent: la rédemption, la politique, la place des femmes, la spirale de la violence, le poids de la religion...

Remedium nous partage un quotidien noir, fait de peurs mais pas que, qu'on connaît souvent mal car perçu par le filtre des actualités. Des destins brisés, des filles et des garçons souvent désœuvrés, qui souffrent mais espèrent peut-être. Son trait noir, avec juste ce qu'il faut de détails, souvent sur fond blanc, l'usage des mots de la cité, le style narratif du récit, rappellent avec force que ces jeunes sont des êtres humains et suscitent empathie et questions. Un roman graphique dur, réussi et nécessaire. Pour les ados et les adultes.



Le début du premier conte. (c) Des ronds dans l'O.

Avant-goût du "64_page" #13 

A paraître en septembre à la fête de la BD de Bruxelles
Outre les auteurs en première publication, des articles sur Cécile Bertrand, Thibaut Lambert, les Red Ketchup, Jean-Claude Forest, Antonio Altrarriba, Peter Snejbjerg, la Fondation "Les Maîtres de l'Imaginaire" et pourquoi pas, sauf amnésie, XIII…

Ce numéro comportera aussi un supplément de 8 pages "Nos murs, leurs vies", textes et dessins consacrés à la problématique de l'accueil et des droits des migrants. Édition spéciale de 15.000 exemplaires et réalisée en avec la coordination Semira Adamu. Coordination citoyenne qui regroupe plus de 40 associations qui ne veulent pas oublier la jeune femme étouffée avec un cousin par deux policiers qui étaient en charge de l’expulser le 22 septembre 1998.