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mardi 26 septembre 2017

"J'étais en congé. Elle avait pris le métro."

Voilà un petit livre, en format de poche, qui va enchanter tous ceux qui aiment flinguer les gauchos, les bobos, les droits de l'hommistes et autres belles âmes solidaires. Intitulé "Un jihad de l'amour", il appelle à la réconciliation. On les entend déjà ricaner, persifler, médire, tous ceux qui aiment culpabiliser ceux qui se bougent plutôt qu'agir eux-mêmes, qui critiquent à tout va mais ne font rien. Réconciliation? Mais entre qui, bon Dieu, vont-ils dire? Y aurait-il un problème? Moi, autruche à la tête bien enfoncée dans le sable, je ne vois rien.

Oui, il y a un problème. Celui qui a pour conséquence qu'on peut mourir pour rien, juste parce qu'on est à un endroit, et qu'un fou de Dieu se sent le droit de tout faire sauter. Comment vivre désormais avec les attentats, se demande-t-on. Oui, mais quand on en est soi-même victime? Comment réagir à cette injustice? Ne pas avoir la haine? Aller de l'avant quand tout semble perdu? C'est ce qu'explique l'auteur, Belge, dans ce livre, à la fois hommage poétique d'un veuf à son épouse et message humaniste d'un père appelant à l'amour et à la fraternité. Il a en effet perdu sa femme, mère de leurs trois enfants, dans l'attentat du métro de Bruxelles, à la station Maelbeek, le 22 mars 2016. Elle se trouvait au mauvais endroit au mauvais moment.

Il dit combien cela lui fait mal, atrocement mal, de vivre sans elle, d'envisager l'avenir sans elle. Il dit que seul l'amour pourra lui venir en aide. Et sa religion sans doute. Son texte prend aux tripes, rappelle qu'il y a un an et demi, plus de trente personnes ont été tuées dans les attentats de Bruxelles, endeuillant et traumatisant encore davantage de familles, tétanisant la population.

Le pire lui est arrivé et il veut transformer son immense chagrin en message de paix et de tolérance. Des milliers de personnes l'ont entendu témoigner dans les médias et ont visionné son message diffusé à la veille de Noël. Aujourd'hui, il le reprend en livre et le complète de l'évocation de son enfance, de son amour pour Loubna, de sa vision de l'Islam toute en modernité. Il s'appelle Mohamed El Bachiri et mérite respect et admiration pour avoir publié "Un jihad de l'amour" (propos recueillis par David Van Reybrouck, version française établie par Philippe Noble, JC Lattès, 116 pages). C'est un grand, c'est un juste. Chapeau.


Pour feuilleter en ligne le début de "Un jihad de l'amour", c'est ici.








mercredi 10 octobre 2012

LM les choix de nos libraires

Chaque année, Livres-Hebdo consulte les libraires de France à la rentrée et publie leurs choix préférés.

A notre échelle, nous avons consulté la librairie indépendante francophone de Belgique.
Les libraires se sont réunis, ont cogité et nous ont soumis la liste de leurs cinq livres préférés de la rentrée.

Les voici.
"Viviane Elisabeth Fauville", de Julia Deck (Minuit)
"Le sermon sur la chute de Rome",  de Jérôme Ferrari (Actes Sud)
"Home", de Toni Morisson (Christian Bourgois)
"La vérité sur l'affaire Harry Quebert", de Joël Dicker (de Fallois)
"Congo, une histoire", de David Van Reybrouck (Actes Sud)

Et nos commentaires.

"Viviane Elisabeth Fauville", de Julia Deck (Minuit)
Un premier roman qui se fait remarquer entre les autres premiers romans et les romans tout court. Une femme, mère depuis peu, tue son psychanalyste. Alors qu'elle craint la police, personne ne semble la soupçonner. Elle utilise cette pseudo-transparence pour aborder les proches du défunt.

 


 

"Le sermon sur la chute de Rome",  de Jérôme Ferrari (Actes Sud)
Deux amis d'enfance abandonnent leurs études de philosophie à Paris pour reprendre le bar du village de l'un. L'affaire qui semble promise à un bel avenir connaîtra une chute à la hauteur des espoirs que tous y avaient placés. Et saint Augustin se rappelle à notre souvenir avec son fameux sermon...





"Home", de Toni Morisson (traduit de l'anglais par Christine Laferrière, Christian Bourgois)

Dans les années 50, un soldat noir rentre de la guerre de Corée et traîne à revenir dans sa famille. Jusqu'à ce qu'il soit appelé parce que sa jeune sœur est mourante. Un magnifique roman sur l'amour fraternel et bien entendu la condition des Noirs dans l'Amérique d'hier.
 
 



"La vérité sur l'affaire Harry Quebert", de Joël Dicker (de Fallois)
Le deuxième roman d'un Suisse, né
à Genève en 1985. L'auteur ydépeint une Amérique qu’il connaît bien pour y avoir beaucoup voyagé et longuement séjourné. Un excellent exercice de révision avant les élections de novembre.


  


 

"Congo, une histoire", de David Van Reybrouck (traduit du néerlandais par Isabelle Rosselin, Actes Sud)
Le sous-titre est important car l'auteur ne prétend pas raconter L'histoire du Congo, mais celle que ses rencontres et ses recherches lui ont permis d'établir.
Un livre dont l'énorme succès en néerlandais semble faire des petits du côté de la traduction en français.





 

 
Et la liste de Livres-Hebdo.
 
Du côté français:  
1. "Les lisières", Olivier Adam (Flammarion)
2. "Le sermon sur la chute de Rome", Jérôme Ferrari (Actes Sud)
3. "Pour seul cortège", Laurent Gaudé (Actes Sud)
4. "La vie rêvée d’Ernesto G.", Jean-Michel Guenassia (Albin Michel)
5. "Oh…", Philippe Djian (Gallimard)
6. "Rue des voleurs", Mathias Enard (Actes Sud)
7. "Peste & choléra", Patrick Deville (Seuil)
8. "Prince d’orchestre", Metin Arditi (Actes Sud)
9. "Barbe bleue", Amélie Nothomb (Albin Michel)
10. "Les désorientés", Amin Maalouf (Grasset)


Du côté étranger:
1. "Home", Toni Morrison (Bourgois)
2. "L’embellie", Audur Ava Olafsdottir (Zulma)
3. "Arrive un vagabond", Robert Goolrick (Anne Carrière)
4. "Le monde à l’endroit", Ron Rash (Seuil)
5. "Certaines n’avaient jamais vu la mer", Julie Otsuka (Phébus)

6. "La vallée des masques", Tarun Tejpal (Albin Michel)
7. "Cinq ciels", Ron Carlson (Gallmeister)

8. "Qu’avons-nous fait de nos rêves?", Jennifer Egan (Stock)
9. "Moi et toi", Niccolò Ammaniti (Robert Laffont)
10 "Le jeu des ombres", Louise Erdrich (Albin Michel)