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mardi 29 octobre 2024

Joepie! Le retour de Flirt Flamand

Joepie! Youpie!  Passa Porta annonce une nouvelle édition du "Flirt Flamand", cette opération lançant des ponts entre littératures belges en français et en flamand. Ce sera bref, cinq rendez-vous dans cinq  librairies phares de Bruxelles le temps d'un week-end, celui du 22 au 24 novembre. Ce sera bref mais ce sera en français, et gratuit (places limitées, réservation obligatoire ici). La nouveauté de l'année est que les dialogues entre auteur.e.s auront lieu dans une librairie. L'occasion de découvrir cinq auteur.e.s flamands récemment traduits en français. Et on nous dit que des exemplaires de livres seront offerts au public.
 
Programme

Flirt numéro 1: Eva Kamanda et Anna Safiatou Touré

 

Eva Kamanda et Anna Safiatou Touré.


L'actrice et autrice flamande Eva Kamanda ("Une vie sous silence", traduit du néerlandais par Marie Hooghe, Racine) s'entretient avec l'artiste franco-malienne installée à Bruxelles Anna Safiatou Touré ("Herbier du département congolais des Serres royales de Laeken", CFC éditions) pour explorer les conséquences du passé colonial belgo-congolais.

Librairie CFC, Pl. des Martyrs 14, 1000 Bruxelles
Vendredi 22 novembre à 18 heures
 
 

Flirt numéro 2: Angelo Tijssens et Lara Gasparotto


Angelo Tijssens et Lara Gasparotto.

Le dramaturge et scénariste flamand Angelo Tijssens (les films "Girl" et "Close" de Lukas Dhont) échange avec la photographe belge Lara Gasparotto autour de son premier roman beau et cru traduit en français, "Au bord" (traduit du néerlandais par Guillaume Deneufbourg, Julliard).
 
Les Yeux Gourmands, Av. Jean Volders 64, 1060 Saint-Gilles
Vendredi 22 novembre à 19h30


Flirt numéro 3: Mieke Versyp et Dominique Goblet

 

Mieke Versyp et Dominique Goblet.

La scénariste et autrice flamande Mieke Versyp vient parler de "Peau", son premier roman graphique (illustré par Sabien Clement, traduit du néerlandais par Françoise Antoine, Editions çà et là) en échange avec l'artiste Dominique Goblet ("Le Jardin des candidats", avec Kai Pfeiffer, FRMK) de ce que veut dire écrire sur les corps des femmes, leurs vieillissements et leurs désirs.

Brin d'acier, Rue Josaphat 269, 1030 Schaerbeek
Samedi 23 novembre à 19 heure
 

Flirt numéro 4: Miriam Van hee et Philippe Noble

 

Miriam Van hee et Philippe Noble.
 
La poétesse flamande Miriam Van hee (Gand) s'entretient avec son traducteur Philippe Noble, directeur de la collection "Lettres néerlandaises" aux éditions Actes Sud, à propos de la traduction française de son recueil "Entre bord et quai" (Cheyne).

Tropismes, 11 Galerie des Princes, 1000 Bruxelles
Dimanche 24 novembre à 11 heures




Flirt numéro 5: Rachida Lamrabet et Veronika Mabardi

 
Rachida Lamrabet et Veronika Mabardi.

L'autrice flamande Rachida Lamrabet vient présenter sa première traduction vers le français, "Raconte-le à quelqu'un" (nom du traducteur inconnu, La croisée des chemins). Elle échangera avec la dramaturge et autrice bilingue Veronika Mabardi, Grand prix du Roman de l'Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique 2022 pour le bouleversant "Sauvage est celui qui se sauve" (Esperluète, lire ici).

TULITU, Rue de Flandre 55 à 1000 Bruxelles
Dimanche 24 novembre à 12h30

vendredi 20 mai 2022

Une lauréate bilingue au concours de poésie transfrontalier "Je te Poème"

Neuf des dix lauréats étaient présents à Passa Porta. (c) Caroline Lessire.

Soirée poésie jeudi soir à Passa Porta où se clôturait l'idée 2022 de Flirt Flamand, en collaboration avec la Foire du livre et Bruxelles et la maison internationale des littératures Passa Porta, "Ik poëzie je graag / Je te poème", soit un concours de poésie transfrontalier dont le premier et le dernier vers imposés avaient été écrits par Lize Spit et Thomas Gunzig (lire ici), le couple de #THOMIZE. Les dix poèmes finalistes ont été lus dans leur langue originale, leur traduction dans l'autre langue étant projetée sur un écran, en présence de neuf des dix auteurs. Suspense pour eux et leurs accompagnants car seul/e, le/la lauréat/e était au courant de son prix.

Soirée bonne humeur car si Lize Spit, absente, est intervenue via une vidéo projetée, Thomas Gunzig était bien là et a expliqué que Lize et lui avaient tiré à pile ou face pour savoir qui écrirait quel vers. Le sort ayant désigné Lize pour le premier, "Une pieuvre a trois cœurs", fruit de recherches sur internet, Thomas a plongé dans son imagination pour dégainer le dernier, "Et quand l'un après l'autre ils se taisent, la nuit tombe dans les fonds marins."

Soirée poésie, les dix poèmes finalistes (cinq francophones, cinq néerlandophones) témoignant d'une réjouissante variété de ton et d'approche. En réalité, ce sont plus de 700 participants qui ont complété l'espace libre entre les deux vers pour créer leur poème: 481 néerlandophones et 234 francophones. Un chiffre qui enchante les organisateurs qui, en croisant très fort leurs doigts, en espéraient 500. Les 735 poèmes sont à lire ici.

Soirée bonne humeur car les finalistes devaient répondre à quelques questions sur un podium décoré de fanfreluches roses. Surprise de découvrir leurs origines géographiques à ce concours de poésie, certes sur internet mais belge au départ: deux venaient des Pays-Bas, un de Paris et un de Bretagne.

Soirée poésie quand a été dévoilé le nom de la lauréate, Céline Delattre, 41 ans, parfaitement bilingue, originaire de Tournai et installée actuellement à Courtrai par amour, pour son poème "Encre marine". Elle s'exprime dans les deux langues, sans doute davantage en néerlandais, mais a écrit son poème en français! "On ne pouvait pas rêver mieux", commente Els Aerts de Flirt Flamand.

"J'écris lentement", a commenté la gagnante. "C'était aussi le cas pour ce concours. Le premier vers de Lize, “Une pieuvre a trois cœurs”, m'a entraînée à mon insu dans le monde sous-marin. Ce n'est qu'au tout dernier moment que j'ai achevé le poème en le débarrassant de ses clichés."

Le poème gagnant.

Soirée bonne humeur
quand la lauréate a découvert ses cadeaux, les deux annoncés lors du concours, soit une publication dans la revue "Poëziekrant" et une nuitée dans le studio de la résidence de Passa Porta, et un troisième, surprise, une parure de lit Flirt Flamand où a été imprimé son poème.


Céline Delattre et Thomas Gunzig. (c) Caroline Lessire.


Le cadeau surprise. (c) Caroline Lessire.


Les  neuf autres finalistes sont:
  • Tako (Miranda Nijenhuis), "Drie liefjes geen"
  • Bauke Vermaas, "Frequentie"
  • Rita Horions, "Giftige inkt"
  • Antony Samson, "Octopussy"
  • Evelyne Dendoncker, "Strijdlied"
  • Dominique Theurz, "Atout"
  • Jean-François Joubert, "L'horloge sans heure"
  • Emma Massart, "La taciturnité des tambours"
  • Nicolas Collignon, "Pieuvre tonique"




mercredi 30 mars 2022

Créer un poème avec Thomas Gunzig et Lize Spit

Lize Spit et Thomas Gunzig nous invitent en poésie.

"Flirt Flamand", le concept est apparu lors de la Foire du Livre de Bruxelles 2019 dont la Flandre était l'invitée d'honneur (lire ici et ici). Une réussite qui a permis le rapprochement des auteurs, des éditeurs, des traducteurs et des publics francophones et néerlandophones. En 2020, l'aventure amoureuse a été "à la p(l)age" (lire ici). En 2021, année de confinement, elle a débouché sur plusieurs projets, des interviews d'auteurs, des rencontres entre lecteurs grâce au Matchmaker et même un mariage littéraire, celui de Thomas Gunzig et Lize Spit (#THOMIZE), dont les préparatifs ont donné lieu à de belles joutes oratoires sur internet (lire ici, ici et ici).

Cette année 20💓  où l'habituelle Foire du livre de Bruxelles a été annulée et remplacée par une Semaine du livre (lire ici), "Flirt Flamand" reprend encore du service, sous une autre forme, celle d'un concours de poésie transfrontalier ouvert au public, organisé avec la maison internationale des littératures Passa Porta. Une façon pour le projet de continuer à être le tiret entre nos littératures néerlandophone et francophone. 


"Ik poëzie je graag / Je te poème" invite à composer un poème avec Thomas Gunzig et Lize Spit. Les consignes sont simples:
  • le premier vers est écrit par Lize Spit
  • le dernier par Thomas Gunzig
  • on écrit dans l'espace entre les deux (maximum vingt-deux lignes en tout)
  • en français ou en néerlandais ou dans les deux langues
  • on ajoute un titre
  • on écrit en son nom ou sous pseudo
En résumé, chacun fait ce qui lui plaît mais avant le 29 avril, date ultime de réception des textes. 


Tout se passe en ligne (ici). Les consignes, l'écriture, la publication. Actuellement, 81 textes dont un quart en français figurent déjà déjà sur le site, le concours ayant été lancé le 21 mars. Ils peuvent être "likés", partagés sur les réseaux et téléchargés sous forme d'affiche.

Lize Spit et Thomas Gunzig sélectionneront un poème gagnant qui sera annoncé le 21 mai, deux mois après la journée mondiale de la poésie. Le poème vedette de "Flirt Flamand" sera traduit dans l'autre langue nationale et publié dans la revue "Poëziekrant". En outre, son auteur ou autrice recevra en cadeau une nuitée poétique dans le studio de la résidence de Passa Porta, au centre de Bruxelles. 
"Vous est-il déjà arrivé, dans votre enfance, de marcher le long d’un talus ou dans un pré et de cueillir des fleurs pour votre mère? C'est ce sentiment que la poésie éveille en moi, à ceci près que mon bouquet pour le lecteur, je le crée à travers l'écriture. Lire le poème d'un autre, c'est recevoir un bouquet fraîchement cueilli."
Lize Spit







mercredi 5 mai 2021

#THOMIZE: Lize et Thomas se sont mariés!

Les mariés Lize Spit et Thomas Gunzig. (c)  Bob Van Mol – Flirt Flamand.

Depuis le 24 avril, plus de 3.000 internautes suivaient #THOMIZE, la conversation amoureuse  WhatsApp entre les écrivains fiancés Lize Spit et Thomas Gunzig sur l'application Skagen (lire ici), et 1.000 en discutaient abondamment dans un foyer virtuel Facebook (ici). Un mariage arrangé qu'avait imaginé Flirt Flamand pour rapprocher nos deux langues nationales et nos auteurs, poètes, slameurs et illustrateurs.

Un long apéritif plein de péripéties à la Foire du livre de Bruxelles qui commence ce 6 mai (lire ici). L'un comme l'autre ont réservé des surprises, des angoisses, des émotions et des colères à ceux qui s'étaient vite pris au jeu de suivre leurs échanges. Etait-on dans une nouvelle variation des "Liaisons dangereuses"? La question hantant les commentaires étant: les fiancés allaient-ils se marier comme annoncé, la séparation ne semblant jamais loin. Hé bien, oui, Lize Spit et Thomas Gunzig se sont mariés finalement, masqués, leurs "ouis" ont été bénis par les poètes nationaux Carl Norac (sortant) et Mustafa Kör (entrant).

Deux fiancés et deux officiers. (c) Bob Van Mol – Flirt Flamand.


Extraits de la cérémonie

"Il arrive alors que deux êtres
qui tissaient, détissaient le réel
se rencontrent au bord d’un livre
et prennent langue à leur tour.
Leur pays, dont les chemins parfois
font tant de détours pour contourner
les miroirs, les murs, les bras levés,
s’accorde soudain en leur bouche
comme une chanson."
Extrait du poème "Un flirt", écrit à cette occasion par Carl Norac.

"Regarde ici, je suis auprès de toi comme transi devant des falaises
Tôt ou tard toute eau trouve son fleuve
Même si nous avons conflué, tu as toujours
été le nord de mes suds"

Extrait du poème "Comme l'eau", écrit à l'occasion par Mustafa Kör
(traduit par Noëlle Michel).


"Mon cher Thomas, lama au corps musclé, beau caniche aux cheveux en macaroni, toi qui finis toutes tes phrases par des points d’exclamation.

Il n'y avait pas meilleure porte d'accès que la tienne pour découvrir la littérature belge francophone!

Quelle chance que le Matchmaker nous ait réunis; sans lui, je n'aurais jamais su à quel point tu as l'air sérieux quand tu réfléchis, que tu ne bois que du café noir quand tu écris, avec quelle agilité et quelle espièglerie tu utilises le langage, à quel point ton frigo est en désordre, et aussi combien ton humour s’avère intraduisible pour les Flamands, qui sont un brin plus rigides. Je n'aurais jamais su à quel point nous – et nos écritures – sommes complémentaires, toi le fan de slalom, moi qui préfère foncer droit au but. Parfois, assise à la table de la cuisine, je me rends compte que tu me manques, comme on peut regretter un personnage après avoir refermé un livre. Mais heureusement, tu existes aussi en vrai, et cette pensée me réconforte à tous les coups!"

Lize Spit
(traduit par Noëlle Michel)

 

"Chère Lize

Je n'ai pas aimé travailler avec toi,

j'ai adoré travailler avec toi!

J'ai aimé ton gros chat noir, tes soupes aux tomates, ton thé bizarre, tes tartines aux fromages et ton étrange fauteuil dans lequel on s’assied en étant à genoux.

Ces quelques jours passés en ta compagnie ont été: passionnant, inspirant, épuisant, exigeant, électrisant, instructif et drôle.

On ne se connaissait pas… Du tout.

On a appris à se connaître… Un peu.

Et à chaque instant passé avec toi je t'assure que je me disais: "quelle chance j'ai de pouvoir travailler avec des gens aussi formidables que Lize Spit".

Normalement, quand j'ai fini un travail je suis toujours heureux de l'avoir fini.

Je me dis: "voilà, ça c'est fait".

Avec toi, ça ne s’est pas passé comme ça: je me suis dit: "zut, ça va me manquer".


Thomas Gunzig

Baiser avec plexiglas. (c) Bob Van Mol - Flirt Flamand.


Carl Norac

"Monsieur Thomas Gunzig, consentez-vous à prendre pour épouse Mademoiselle Lize Spit ici présente?"

Thomas Gunzig

"Oui."

Mustafa Kör

"Juffrouw Lize Spit, neemt u tot echtgenoot de heer Thomas Gunzig, hier aanwezig?"

Lize Spit.

"Ja."

Mustafa Kör

"Je vous déclare unis par les liens du mariage."

Carl Norac

"Ik verklaar u in de echt verbonden."


Le mariage en vidéo ici.


Demain 6 mai commence la Foire du livre de Bruxelles, virtuelle cette année (ici).



lundi 26 avril 2021

#THOMIZE, c'est parti et c'est super!


#THOMIZE,
combinaison des noms des écrivains belges Thomas Gunzig et Lize Spit, un francophone et une néerlandophone, est cette conversation entre eux dont l'idée a surgi dans le cerveau de Flirt Flamand en guise d'amuse-bouche à la Foire du livre de Bruxelles (lire ici , ici et ici). Elle a commencé le 24 avril comme prévu. Elle se présente comme un échange de messages entre les deux écrivains, dialogue parfois illustré de photos, que l'on peut suivre dans la langue de son choix.

Le moins qu'on puisse dire, c'est que cela commence fort! 
Après les messages pratiques aux utilisateurs, voici le début des échanges entre les fiancés - ils doivent se marier le 5 mai, rappelons-le. Il est donc grand temps que les tourtereaux apprennent à se connaître. Mais de manière littéraire.

Plusieurs fois par jour, Thomas Gunzig et Lize Spit s'envoient des messages plus ou moins surprenants, que l'effet de surprise vienne de l'un ou de l'autre, toujours très amusants et surtout très addictifs. Va-t-on parler de sport de combat, de mordillage d'orteils, de contenu de frigo, de façons d'écrire ou de littérature? De tout et du reste. C'est du théâtre, de l'improvisation littéraire et c'est très réussi.

On imagine aussi l'ambiance en coulisses de l'événement. Et même, on aimerait y être.

Premier échange. (c) Flirt Flamand.

On se dit "tu". (c) Flirt Flamand.

On se jauge. (c) Flirt Flamand.



Pour suivre #THOMIZE, il faut télécharger l'application SKAGEN sur un portable (App Store ou Google Play). Pas de panique si l'application vous dit qu'il n'y a plus de billet disponible. Il suffit de s'inscrire en envoyant un courriel à hallobonjour@flirtflamand.be en précisant quelle langue (néerlandais, français ou bilingue) est préférée pour suivre le flirt littéraire au-dessus la frontière (linguistique) de Thomas Gunzig et Lize Spit.


mardi 20 avril 2021

Plantureuses agapes littéraires en mai


On le sait, la Foire du livre de Bruxelles aura lieu cette année sous la forme d'un festival littéraire en ligne (lire ici). Comme annoncé lors de la présentation du programme flamand, le désormais célèbre Flirt Flamand (lire ici), les organisateurs ont dévoilé ce 20 avril le programme complet des onze jours d'agapes littéraires. Un programme qui ne changera plus, même si sont annoncées de nouvelles mesures gouvernementales. "La Bibliothèque royale sera notre quartier général du 6 au 16 mai", a expliqué Marie Noble, commissaire générale. C'est là en effet que se dérouleront principalement les rencontres, entretiens, perles poétiques, ateliers, etc... Filmées, les séances seront ensuite diffusées gratuitement en ligne sur le site de la Foire du livre (ici) et sur les réseaux sociaux. Le festivalier pourra suivre le festival de chez lui, sur son écran. En direct et en différé. Histoire de choisir entre un marathon frénétique et une promenade tranquille.

Si le livre est nourrissant, on se réjouit qu'il ne soit pas une nourriture terrestre car, vu le copieux programme des 250 auteurs invités à une centaine de rencontres durant ces onze jours, on prendrait vite du poids! Du 6 au 16 mai, chaque journée est organisée de 10 heures à 21 heures selon les grands rendez-vous gourmands suivants - d'autres rendez-vous littéraires sont évidemment prévus en dehors de ce planning quotidien.
  • à 10:00, café ou thé: prendre soin de soi et des autres, mais comment?
  • à 10:30, collation "trois minutes pour une voix": un auteur lit quelques pages de son dernier ouvrage ou le présente.
  • à 12:00, tartines avec le couple d'auteurs, un néerlandophone, un francophone, du Flirt Flamand (programme ici)
  • à 16:00, goûter en famille avec plein de propositions à l'attention de la jeunesse (programme ci-dessous)
  • à 19:30, apéro des auteurs européens avec Isabelle Wéry, lauréate belge de l'EUPL 2013, qui nous fera découvrir "l'Europe d'une plume à l'autre"
  • à 20:00, à table pour les grandes rencontres, parfois en direct mais en majorité enregistrées, Erri De Luca et Alain Damasio, Florence Aubenas et Dimitri Rouchon-Borie, lauréat du prix 1ère (lire ici), Hervé Le Tellier et Clémentine Mélois, Lisette Lombé, Joy Sorman et Gringe, Adeline Dieudonné et Victoire Tuailllon, Lola Lafon et Christine Aventin, Néhémy Pierre-Dahomey et Jean d'Amérique et d'autres encore.
Sans oublier les rencontres avec les auteurs belges, grands habitués de la Foire du livre comme Amélie Nothomb ou Eric-Emmanuel Scmitt, ou Adeline Dieudonné comme nouveau talent. Et celles avec d'autres invités qui viendront par exemple de France, ceux habitant plus loin restant chez eux mais rejoignant Bruxelles par la grâce de l'internet.

Le festival révélera aussi des parts insolites de Bruxelles: un Gueuloir poétique dans les Galeries Royales Saint-Hubert, un atelier d'écriture féminin intitulé "Le chant des supportrices", une Murder Party à la Bibliothèque royale, la lecture d'histoires par deux drag-queens dans l'Église protestante de Bruxelles et ce n'est pas tout. Programme complet du jeudi 13 mai par Brussels, City of Stories ici.

Tisseuse de lien, la Foire du livre invite aussi à son festival de mai
  • le Flirt Flamand, à suivre sur l'application Skagen, avec notamment le mariage de Lize Spit et Thomas Gunzig qui sera célébré par Carl Norac (#THOMIZE)
  • la Suisse qui délègue sept auteurs, dont Léonie Bischoff déjà sur place (lire ici), Élisa Shua Dusapin, Alain Freudiger et Bruno Pellegrino
  • l'Europe avec la réalisation live d'une fresque graphique au Vauxhall (parc de Bruxelles) sur les valeurs européennes par une vingtaine de dessinateurs de BD
  • les libraires qui permettront au public d'acheter les livres des auteurs présents au festival et d'éventuellement se les faire dédicacer

A noter encore que le recueil "Des murs et des mots, Écritures  contraintes" présentant l'enfermement sous toutes ses formes via 19 plumes (Naziha Atar, Isabelle Bary, Véronique Bergen, Valérie Cohen, François Coune, Víctor del Árbol, Carine Devos, Julien Dufresne-Lamy, Fatima Farahy, François Filleul, Marcel Leroy, Philippe, Rachida, Philippe Raxhon, Pedro Romero, Fatiha Saïdi, Nicolas Swysen, Denis Uvier, Isabelle Wéry, Jacques André Wilmart), un thème choisi en décembre 2019, in tempo non suspecto, sera la première publication de la nouvelle maison Foire du Livre de Bruxelles Editions (en librairie le 1er mai).

A noter enfin que c'est le "média de la Foire du livre de Bruxelles" qui assurera l'édition en ligne des contenus durant le festival, leur apportant de la valeur ajoutée sous diverses formes. Un média sans nom actuellement car il deviendra une plateforme en septembre, laquelle est encore actuellement à la recherche de son appellation. Toutes idées bienvenues.

Programme complet ici.


Goûter littéraire en famille
06 mai: Wauter Mannaert
07 mai: Noémie Favart
08 mai: Marie Colot et Françoise Rogier
09 mai: Gabrielle Vincent
10 mai: Jérôme Poncin et Ian De Haes
11 mai: Vincent Wagner
12 mai: Marion Arbona
13 mai: Manon Fargetton
14 mai: Carl Norac
15 mai: Jeanne Ashbé
16 mai: Edna et Cléo




vendredi 2 avril 2021

Le Flirt Flamand de la Foire du livre a débuté

(c) Flirt Flamand.


A la Foire du Livre de Bruxelles, transposée cette année en un festival littéraire qui se tiendra du 6 au 16 mai, on bosse. On fait, on défait, on refait, en fonction de l'évolution des mesures sanitaires. Les rencontres imaginées en février en présentiel (lire ici) sont en train de quasi toutes basculer en virtuel, a annoncé ce 1er avril, Marie Noble, sa commissaire générale. Et ce n'était pas un poisson. Elle assure qu'on aura tous les détails de la programmation le 20 avril.

Du côté flamand, il avait été décidé de se contenter du virtuel cette année et le programme, alléchant, est prêt, a expliqué Els Aerts de Literatuur Vlaanderen, partenaire de la Foire du livre de Bruxelles depuis 2019. Flirt Flamand 2021 a donc démarré hier. En trois axes et avec l'idée de multiplier les échanges entre auteurs et lecteurs néerlandophones et francophones de Belgique. "Si Bruxelles est un trait d'union entre la Wallonie et la Flandre, alors Flirt Flamand se veut le tiret entre nos littératures néerlandophone et francophone." 

Un programme littéraire

Le poète Michaël Vandebril a orchestré onze rencontres littéraires filmées entre un auteur néerlandophone et un auteur francophone de différents domaines, fiction, essai, slam, poésie, bande dessinée, jeunesse. Les vidéos seront mises en ligne à midi chaque jour entre le 6 et le 16 mai (www.flb.be et www.flirtflamand.be et YouTube) et y resteront disponibles ensuite.

Chaque auteur s'exprimera dans sa langue mais les vidéos seront sous-titrées soit en français, soit en néerlandais. Si seulement trois des vingt-trois invités ne sont pas encore traduits dans l'autre langue nationale, Seckou, Thomas Gunzig et Barrack Rima, les vingt-et-un autres sont lisibles dans les deux langues.

  • jeudi 6 mai: David Van Reybrouck & Caroline Lamarche
  • vendredi 7 mai: Bart Moeyaert, Gerda Dendooven & Carl Norac
  • samedi 8 mai: Seckou & Lisette Lombé
  • dimanche 9 mai: Peter Terrin & Adeline Dieudonné
  • lundi 10 mai: Judith Vanistendael & Barrack Rima
  • mardi 11 mai: Delphine Lecompte & Serge Delaive
  • mercredi 12 mai: Lars Bové, Yannick Pelegrin & Mélanie Rutten
  • jeudi 13 mai: Paul Verrept & Laurence Vielle
  • vendredi 14 mai: Frederik Van den Stock & Monsieur Iou
  • samedi 15 mai: Lize Spit & Jérôme Colin
  • dimanche16 mai: Bart Van Loo & Thomas Gunzig

L'enregistrement d'une discussion littéraire. (c) Flirt Flamand.


 

Attirer le public

Comment créer des liens entre lecteurs et auteurs de part et d'autre de la frontière linguistique? Via le système Matchmaker (ici) dont le robot vous pose des questions avant de vous proposer des titres de livres et des noms d'auteurs susceptibles de vous enchanter. C'est très amusant et peut être répété à plusieurs reprises. Un Tinder pour lecteurs des deux côtés de la frontière linguistique,


Le robot vous interroge. (c) Flirt Flamand.


#thomize

On avait déjà évoqué le futur mariage des écrivains Lize Spit et Thomas Gunzig. Les préparatifs sont maintenant entamés via l'application de théâtre en ligne SKGN, à télécharger sur les plateformes habituelles. C'est gratuit mais il faut s'y inscrire. Le programme #THOMIZE est déjà accessible et donne accès dès le 24 avril à l'histoire que vont écrire ensemble les deux tourtereaux jusqu'à leur mariage qui sera célébré le 5 mai à la Bibliothèque royale de Bruxelles. Une union en prélude parfait au festival littéraire qui commencera le lendemain.

#THOMIZE. (c) Flirt Flamand.



 


mardi 9 février 2021

Une Foire du livre de Bruxelles new look



On le savait, la Foire du livre de Bruxelles 2021 n'aurait pas lieu à Tour & Taxis en février comme d'habitude - le retour dans ce beau cadre est prévu pour 2022. Ce mardi matin, Marie Noble, la nouvelle commissaire générale intronisée l'an dernier (lire ici), et Tanguy Roosen, le nouveau président de l'asbl, ont détaillé leurs plans pour cette édition repensée en raisons des mesures sanitaires actuelles. Une foire new look, selon le concept affirmé par Dior en 1947, plus sexy, plus littéraire, plus en prise sur son temps.

L'édition 2021 se déroulera en deux temps:
  • une semaine professionnelle du 22 au 27 février
  • un festival littéraire du 6 au 16 mai à Bruxelles et ailleurs, grâce au Syndicat des libraires francophones de Belgique, ouvert à tout le monde, jeune, vieux, lecteur ou non
Nouvelles personnes, nouvelles idées, nouveau logo, cela bouge du côté de la Foire du livre de Bruxelles.

Le festival littéraire accessible à tous, du 6 au 16 mai


La Foire du livre de Bruxelles 2021 change de forme, on l'a dit, et envahira la ville afin de proposer de plus petites jauges. La programmation est pensée pour se dérouler en vrai ou en ligne selon les scénarios sanitaires qui seront de mise en mai. De nombreux lieux accueilleront gratuitement ce festival inédit, résultat de la solidarité de tous les partenaires de la Foire du livre de Bruxelles. Parmi eux, Bozar, le Cabaret Mademoiselle, le Centre de la Bande Dessinée de Bruxelles, le cimetière de Laeken, le Cinéma des Galeries, l'Espace de la Ligue Braille, l'Espace Wallonie-Bruxelles, l'Hectolitre, l'Hôtel de Mérode, Kanal - Centre Pompidou, KBR, les Galeries Royales Saint-Hubert, la Maison Amnesty International, la Maison d'Erasme, la Maison de la Francité, la Maison du Livre de Saint-Gilles, le Musée de l'Armée, le Théâtre du Vaudeville, le Théâtre des Galeries, l'Université Libre de Bruxelles, le Centre de littérature de jeunesse de Bruxelles, la Bibliothèque Saint-Henri, le Vaux-Hall du Parc de Bruxelles, mais aussi tout le réseau des bibliothèques francophones, les librairies ou encore des cafés, des restaurants et...des coiffeurs!

Au programme, rencontres transdisciplinaires, insolites, autour de l'actualité, de la littérature de jeunesse ou encore de la bande dessinée. La programmation sera dévoilée début avril. En voici un avant-goût

L'invité d'honneur sera  le formidable écrivain italien Erri De Luca, dont le dernier roman en date, "Impossible" (traduit de l'italien par Danièle Valin, Gallimard, 2020, extrait en ligne ici) est une merveille. A noter que le romancier, journaliste, poète et traducteur entre cette année dans la collection Poésie/Gallimard avec le recueil "Aller simple" suivi de "L'hôte impertinent" (traduit de l'italien par Danièle Valin, édition bilingue, en librairie le 27 février), dans lequel il évoque l'épopée tragique des migrants. Car Erri De Luca est aussi très engagé dans la défense des droits humains, des droits de tous les humains  dont les migrants.


 












Le pays invité sera la Suisse, autre pays multiculturel! Une occasion unique de découvrir cette littérature extrêmement riche et foisonnante, aujourd'hui comme hier. La bande dessinée indépendante, particulièrement inventive selon Olivier Babel, secrétaire général de LivreSuisse. Mais aussi des auteurs dont on ignore souvent la nationalité, Frédéric Pajak, Joseph Incardona, Laurence Boissier, Thomas Flahaut, Raluca Antonescu, etc. sans oublier le secteur jeunesse, très créatif. A découvrir en mai lors d'une quinzaine suisse et aussi jusqu'en 2022.


Le Flirt Flamand entamé en 2019 se transforme cette année en… mariage!

En effet, Flanders Literature propose cette fois le Matchmaker, une sorte de Tinder pour lecteurs. L'idée est d'inviter les lecteurs flamands à mettre le nez dans la littérature francophone, et vice versa. A partir de vos goûts littéraires, le Matchmaker cherche votre âme sœur dans l'autre moitié du pays.
Un premier couple y a été créé, parfait, celui de Lize Spit, la femme fatale de la littérature flamande, et Thomas Gunzig, l'enfant terrible de Bruxelles (#THOMIZE). Pour se créer un profil et partir à l'aventure littéraire, c'est ici. Une vidéo pour en sourire ici.



Bien entendu, on retrouvera aussi Flirt Flamand lors des rencontres entre auteurs qui auront lieu en divers lieux bruxellois du 6 au 16 mai. S'ajoutera encore un programme numérique quotidien.


Enfin, on note la création de "Brussels, City of Stories" qui se déroulera durant cinq journées, les 21 mars, 25 avril, 13 mai, 5 juin et 11 juillet. A ces dates, les Bruxellois seront invités à raconter une histoire à haute voix, en public. Ils seront aidés bien entendu par un large réseau associatif, constitué de bibliothèques, de CPAS, de maisons de jeunes, de centres de cohésion sociale, ceci afin de toucher un public large et mixte. "Brussels, City of stories" est né de l'envie commune de sept acteurs culturels (Passa Porta, Muntpunt, BOZAR, la Foire du Livre de Bruxelles, le 140, la Ville des mots en N-O et Picture Festival) de s'engager ensemble de manière poétique et sociale sur le territoire de Bruxelles. 


La semaine professionnelle du 22 au 27 février


jeudi 6 février 2020

Le Maroc à la Foire du livre de Bruxelles 2020


La cinquantième édition de la Foire du livre de Bruxelles commencera pile dans quatre semaines, le jeudi 5 mars. Et elle durera jusqu'au dimanche 8 mars. Quatre jours dans le magnifique lieu que sont les magasins alloués à la Foire à Tour & Taxis (17.500 m²). Au programme, des rencontres et des débats (300), des auteurs (1.000) et des dédicaces (235 exposants) et des livres, bien entendu.

Des découvertes aussi comme cette foisonnante littérature marocaine qui sera présentée sur un large pavillon dédié. Paul Dahan, le fondateur et conservateur du Musée d'art juif marocain de Bruxelles, en est le commissaire et nous fait visite en mots ce lieu vaste de 260 m², à la scénographie logiquement marocaine. Un pavillon ouvert, où il est facile de rentrer, de regarder, et qui accueillera cent invités (57 femmes et 43 hommes) de nationalité marocaine (40), belge (40), française (10), espagnole (4), hollandaise (2) dans une librairie multilingue. A l'image des langues parlées dans ce pays. Le Maroc est en effet multilingue, comme la Belgique. S'y côtoient arabe, amazigh (berbère), français, espagnol, néerlandais, encore aujourd'hui. Une quarantaine d'activités sont prévues, dans la Foire et hors les murs.

Logiquement, une des trois invité(e)s d'honneur de l'année est la Franco-Marocaine Leïla Slimani, Goncourt 2016 pour "Chanson douce" (Gallimard); elle sera présente le week-end. Les autres invités sont l'Italien Alessandro Baricco, auteur de "Soie", découverte 1997 (Gallimard) et aujourd'hui de "The game" (Gallimard), présent le samedi à la Foire et le vendredi soir à Bozar, et Liao Yiwu, auteur, poète, musicien chinois exilé en Allemagne depuis 2011; il sera présent le week-end.

Thème 2020? Livre-ensemble afin de mieux vivre ensemble, explique Grégory Laurent, Commissaire général sortant (il a dirigé les éditions 2016 à 2020). #livreensemble

Pour le reste, on retrouvera la Place de l'Europe avec ses 40 rencontres, le Flirt flamand qui sera "à la p(l)age" tout au long du samedi 7 mars et un peu à d'autres moments, les animations jeunesse (scolaires et familiales), la BD et le Palais des Imaginaires, le polar et la nocturne du vendredi, les remises de prix et les expos. Ainsi que des activités plus professionnelles (Assises européennes du Livre, Marché de droits, Journée de la traduction, Colloque sur la lecture des 0-6 ans).

Marie Noble.
A Commissaire sortant, Commissaire entrant, entrante dans ce cas puisque Marie Noble reprend le poste, en binôme depuis le 1er février, en solo, à partir du 1er mai. Celle qui fut Commissaire culturel de Mons 2015, qui a mis en place le Picture Festival fin de l'an dernier (lire ici), a œuvré à Bozar en tant que coordinatrice littérature, théâtre, danse et projets transversaux, fourmille d'énergie et de projets: "J'ai envie de créer des liens par le livre, par la lecture, par les lecteurs, de tisser des liens avec les bibliothèques et ceux qui les fréquentent, avec nos voisins de Tour & Taxis dont Kanal et par un programme hors-les-murs..." Elle est la première à me dire que 2030 sera l'année du bicentenaire de la Belgique et que Bruxelles pourrait alors être capitale culturelle européenne. Elle a du talent, des idées et vise le long terme, idéal quand on est à la manœuvre d'un navire amiral de la culture comme celui de la lecture.

Infos et réservations (entrée gratuite): www.flb.be

Un peu plus proche de l'événement, mon parcours à la FLB 2020.




vendredi 22 février 2019

E1P2FDL 3 Raser des paysages ancestraux et les remplacer par des sites écologiquement corrects

Chris de Stoop au Flirt Flamand de la FLB.
(c) Michiel Devijver.

Encore un peu de Foire du Livre de Bruxelles, E1P2FDL 

Au hasard de mes pérégrinations, entre rendez-vous fixés et rencontres de hasard.
L'édition 2019, la quarante-neuvième, la quatrième où l'entrée est gratuite, a été illuminée par le déploiement du Flirt Flamand et de l'espace européen qui n'ont pas désempli. Elle marquait les 50 ans de la Foire, créée en 1969. On a dénombré 72.000 visiteurs dans les allées de Tour & Taxis, dont 5.000 scolaires, au cours des quatre jours (du jeudi 14 au dimanche 17 février), soit 5 % de plus que l'an dernier.



Aujourd'hui, interrogations littéraires, paysagères, paysannes même, avec le journaliste flamand Chris de Stoop à propos de l'évolution du monde agricole dans les polders belges. On y détruit les fermes qui existent, nous explique-t-il. On comble les fossés. On rase les haies. Dans quel but? Autoriser le développement industriel du port d'Anvers en saupoudrant ces interventions mortifères d'une dose d'écologie mal pensée. Bien sûr, je caricature un peu, mais pas tant que ça finalement à lire ce texte magnifique où il consigne la vie de ses parents, surtout de sa mère, veuve depuis longtemps et mémoire du lieu, et de son frère fermiers. Déclaration d'amour filial à l'une, hommage posthume à l'autre. Pour nous, lecteurs, plongée dans un monde contemporain quasiment disparu. "Maman, mon frère, la ferme, c'était un trio", note l'auteur.

Quand j'ai vu l'an dernier dans le programme éditorial des Editions Christian Bourgois l'annonce de la traduction du livre de Chris de Stoop "Dit is mijn hof" (De Bezige Bij, 2015), j'ai bondi de joie. Enfin, la société agricole belge traitée de l'intérieur dans une optique littéraire et pas par n'importe qui. Quand le livre est arrivé, je me suis précipitée sur "Ceci est ma ferme" (traduit du néerlandais (Belgique) par Micheline Goche, Editions Christian Bourgois, 2018, 318 pages). Et j'ai été enchantée par ces pages qui racontent un monde que j'ai connu de loin, qui est notre monde et qui est en train de s'éteindre. Qu'"on" est en train d'éteindre plutôt. D'un ton naturel, sans indignation, ses mots suffisent, le journaliste nous conte la disparition de la ferme familiale. L'air de rien, il nous interroge sur la place accordée à la nature dans nos vies, sur le rapport qu'on a aujourd'hui au vivant, animal ou végétal. Il dénonce sans fard les politiques agricoles européennes et remet sans cesse l'humain au centre des préoccupations.

Quand j'ai appris que Chris de Stoop venait à la Foire du livre de Bruxelles dans le cadre du Flirt Flamand, j'ai coché le jour et l'heure dans mon agenda. Et j'y suis allée. J'ai entendu un homme de bon sens consigner l'effacement des fermiers de l'espace agricole, pointer les horreurs dont sont capables les industriels pour augmenter encore leur puissance et leurs profits, jauger le fossé qu'on creuse entre la nature et les enfants qui ne savent plus ce qu'est le pis d'une vache, la saillie d'une jument, pointer l'hypocrisie qu'implique l'établissement de zones artificiellement vertes pour remplacer des champs, des prés, des arbres et des lieux centenaires. J'ai entendu un homme connecté à la vie paysanne traquer toutes les erreurs qui se commettent au nom de l'écologie. J'ai senti un homme amoureux de ses polders meurtri par des décisions imbéciles, un fils de paysan révolté par l'injustice des décisions administratives. J'ai vu un homme rappeler inlassablement son amour à cette terre qui nous rend humains.

En fin de note, on trouvera un extrait du texte "Ceci est ma ferme" que Chris de Stoop a lu à la Foire du livre, assis à sa table fleurie d'un bouquet, devant le public attentif réuni sur les gradins de la bibliothèque ronde du Flirt Flamand. En l'écoutant, je pensais à ces nouveaux arrivants dans un village en France qui ont demandé à l'agriculteur local de tuer ses coqs qui les réveillaient. On a beaucoup ri de cette histoire, non belge, mais française en l’occurrence. Mais fait-on mieux ici en décidant dans des bureaux ce qui s'avérera parfaitement contre-productif sur le terrain? En journaliste aguerri - il a passé trente ans chez "Knack", Chris de Stoop va sur le terrain. Il regarde, il écoute, il fait parler, il constate, il questionne, il enquête, il confronte. Pas de pathos, des faits. Pas de harangue, de la réflexion. Pas d'aigreur, mais une énergie contenue. Son regard d'airain nous permet de réfléchir, de voir plus loin. Ses mots nous ouvrent des horizons larges et nous emportent dans ce coin de Belgique près d'Anvers. La terre de ses parents qui y avaient déménagé, quittant leur village natal à 70 kilomètres de là. Sa terre.

Chris de Stoop.
(c) Lenny Oosterwijk.
Chris de Stoop est né en 1958 dans le polder de Waas, près d'Anvers, où ses parents exploitaient une ferme. Attiré très jeune par la littérature, condisciple de l'écrivain belge flamand Tom Lanoye, il quitte la ferme familiale pour se consacrer à l'écriture. Après des études de philologie germanique et de communication à la KUL, il est engagé en 1982 comme grand reporter par le magazine flamand "Knack" où, pendant plus de trente ans, il signe de nombreux reportages à l'étranger et des articles sur la société belge. Il est également depuis 1992 l'auteur d'une dizaine d'ouvrages relatant ses enquêtes de terrain, traite des êtres humains, prostituées de l'Est, SDF... Il a mis un terme à sa carrière de journaliste en 2016 pour ne plus se consacrer qu'à l'écriture et, à temps partiel, à la ferme familiale où il est retourné en 2010, après le suicide de son frère aîné, qui s'en occupait.

"Ceci est ma ferme", mots que son frère crache à un voisin importun et qui sont repris en titre, consigne la lente destruction d'un paysage, vécue de l'intérieur. Les aberrations des règlements. Le recul d'une nature ancestrale au profit d'une nature reconstituée, évidemment fausse et bancale. La déshumanisation d'un métier. La peur des contrôleurs. L'inquiétude permanente. La disparition des polders nourriciers au profit d'extensions d'un port. Les déséquilibres de la faune et de la flore qui en découlent. Les nouveaux voisins, qui construisent des villas. Les ombres d'une administration inquisitrice qui planent. Cet atroce sentiment d'être perdu. Chris de Stoop le fait à travers les souvenirs de sa mère, désormais en maison de soins à la suite d'une chute, à l'esprit alerte et à la mémoire intacte, et à de multiples rencontres. Des hommes et des femmes du coin qu'il rencontre inlassablement, qu'il fait raconter.

Mais son livre n'est pas une enquête journalistique. C'est un livre, au sens littéraire du terme, grâce auquel on s'offusque. Grâce auquel on s'émeut aussi. On suit l'auteur dans ses enthousiasmes pour le bâti d'une ferme, un labour tout frais, une vache croisée, un paysage qui se dessine, le bleu des fleurs de lin. Ses mots consignent en douceur ces déclins avant que leur sens ne vous claque à la figure. Chris de Stoop, ce sont aussi des phrases qui touchent. "Un polder qui vous interpelle comme un poème", écrit-il. Plus loin, "Emmener la dernière vache, engranger la dernière moisson, arrêter le métier de paysan, cela fait trop mal." Il sait d'où il vient: "La ferme a contribué à faire de moi ce que j'ai été, ou suis, ou ne suis pas."

Son livre, écrit en hommage à son frère qui, un jour, n'a plus pu résister et s'est suicidé, interpelle. Inquiète et rassure en même temps. Ses mots disent la poésie de la nature aux sens ancien et humain du terme.

Là où Chris de Stoop écrit.



Ceci est ma ferme

La crise agricole est partout, et quand même, il y a peu ou pas de solidarité envers les paysans en détresse, si nombreux aujourd'hui. Moi, j'ai parcouru le monde comme reporter et écrivain, mais après 30 ans, je suis retourné à notre ferme familiale où j'ai grandi. C'était après le suicide de mon frère aîné qui avait repris la ferme et à qui ce livre est dédié. Et oui, maintenant je suis officiellement écrivain-paysan, je suis fermier à temps partiel. C'est une ancienne ferme en Flandres, située dans une région agricole, qui a toujours été une véritable terre de fermiers, depuis le Moyen Age, et qui disparaît maintenant à cause de l’expansion du port d'Anvers et des compensations écologiques; donc beaucoup de fermiers doivent céder la place, d'abord pour l’industrie et puis pour les nouvelles réserves naturelles. Pendant ma jeunesse, il y avait encore douze fermiers et un berger dans ma rue; aujourd'hui, il reste un seul fermier (sans successeur). Et tout cela est représentatif pour la crise et l’évolution dans toute l’Europe, mais nulle part, le phénomène n’a été aussi brutal que chez nous.

Mon livre "Ceci est ma ferme" est ce que j'appellerais une œuvre littéraire narrative de non-fiction, avec beaucoup de récits, beaucoup de descriptions, beaucoup d’émotions aussi. Donc c'est une enquête, bien sûr, je visite la terre agricole brisée de ma famille et je parle avec toutes les parties concernées – surtout les paysans - mais c'est aussi un récit littéraire, écrit comme un roman. Et, à mon grand étonnement, ce livre est devenu mon plus grand best-seller, aux Pays-Bas et en Belgique, traduit en plusieurs langues, et il paraîtra aussi en Chine. Donc c'est une histoire personnelle mais aussi universelle. Le livre éveille apparemment un sentiment de perte, un sentiment de manque, je pense, la sensation d'être déraciné. Nous perdons le lien qui nous rattache à notre terre, à notre nourriture, à nos racines.

Non, je pense que non. Chez nous, après que le mouvement écologique a lutté, avec les paysans, contre l'extension mégalomane du port, il a conclu un accord avec ce dernier. Et la population en a été blessée dans l’âme, parce que les vieux polders doivent devenir des marécages, et tout cela se passe contre la volonté des personnes concernées.

Des dizaines de fermes historiques et même des hameaux entiers doivent à présent disparaître devant cette nouvelle nature. Et l'homme est exclu de cette nouvelle nature artificielle. J'ai suivi ça de près.

Je ne suis pas opposé aux réserves naturelles elles-mêmes; au contraire, pour moi, la nature est l'une des valeurs les plus importantes. Mais je m'oppose à ces nouvelles réserves lorsqu'elles s'accompagnent de souffrances humaines, et lorsqu'elles causent la destruction de paysages séculaires, qui sont, à nos yeux, le patrimoine de notre région, la mémoire de notre région.

En plus de sa valeur écologique, notre paysage a aussi des valeurs historique, agricole, culturelle, sociale, familiale et morale. Le paysage détermine aussi notre identité. Je l'écris quelque part dans mon livre: "Cette ferme, c'est nous".

Mon livre, "Ceci est ma ferme", est un hommage au traditionnel monde du paysan, tel qu'il était encore représenté par notre propre ferme. Mais évidemment, c'est aussi un cri d'alarme. J'ai parlé avec beaucoup de fermiers, et ils me posent la question fondamentale de savoir s'ils ont encore le droit d'exister – et cela concerne presque tous les paysans maintenant, en Belgique, en France, partout. Beaucoup d'entre eux ont l'impression d'être la dernière génération. Ils se sentent attaqués de toutes parts, ils veulent simplement une perspective.

Malheureusement, beaucoup de citadins veulent des produits de rebut, à des prix très bas, et ces prix, l'agroindustrie et les supermarchés les pratiquent, en exploitant les fermiers, qui finissent par travailler à perte. Il y a cinquante ans, les prix de certains produits agricoles étaient plus élevés qu'aujourd’hui; il y a cinquante ans, le citadin consacrait la moitié de son budget à son alimentation; maintenant, à peu près douze pour cents, maintenant, il consacre le double à ses loisirs…

Chaque année, des milliers de paysans cessent leurs activités; une longue chaîne familiale, parfois depuis des siècles, est coupée, et cela fait mal. Une étude montre que, dans plusieurs pays occidentaux, près de deux fois plus de paysans que de citadins mettent fin à leurs jours. Et pourtant, pourtant tout cela n'est pas ressenti comme un drame social par notre société, c'est incroyable.

J'écris en dernière page: "Nous sommes peut-être tombés du temps, mais le temps nous a aussi laissés tomber".

Mois, je pense que l'agriculture, malgré toutes les critiques, justifiées parfois, n'est pas un secteur économique comme les autres, mais un service de base, comme l'enseignement ou les soins de santé, et caetera.

Moi, personnellement, en général, je suis optimiste, je pense que l'homme va trouver des solutions pour les problèmes de la planète. Et pour ce qui concerne mon sujet, j'espère, et je crois, que l'esprit de l'époque est en train de basculer, qu'une revalorisation de la campagne et de notre alimentation arrive, et qu'on va redécouvrir qu'il y a là encore une vie, qui n'est peut-être pas à la mode maintenant, qui n'est peut-être pas chic pour notre époque, mais qui est vraie, et qui est authentique. Et ça, c'est aussi important.

Oui, mon livre raconte comment l'agriculture est en train de disparaître sous nos yeux, et que c'est un drame sociale et culturel qui concerne tout le monde. J'espère pouvoir percer une petite brèche dans la pensée économique des dernières années. Pour que tout ne soit pas soumis à la croissance et à l'argent. Pour qu'on puisse garder certaines valeurs fondamentales, comme la personne humaine, l'environnement, le patrimoine, le paysage, et – et, aussi – l'agriculture. Si nous voulons une campagne durable et rentable, nous devons la réaliser avec les derniers paysans, en dialogue avec le mouvement écologique, et pour cela, aucun paysan n'est de trop, au contraire.

Chris de Stoop



Rappel

E1P2FDL 1 "La jeune fille et le soldat", Aline Sax et Ann de Bode (roman enfant, La joie de lire, ici)
E1P2FDL 2 "Le banc au milieu du monde", Paul Verrept et Ingrid Godon (roman ado, Alice Jeunesse, ici)