Nombre total de pages vues

Affichage des articles dont le libellé est Histoire. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Histoire. Afficher tous les articles

samedi 10 septembre 2022

L'héritage familial de David Sala

(c) Casterman.


Tout est dit dans le titre: "Le poids des héros". David Sala est l'auteur de cette magnifique bande dessinée (Casterman, 176 pages) consignant en regards croisés l'histoire de sa famille en France, des Espagnols ayant fui le franquisme et ayant souffert du nazisme dont le souvenir est perpétué de génération en génération. Quitte à peser sur l'épanouissement des plus jeunes. Le fameux devoir de mémoire. "Ma mère était très investie dans le devoir de mémoire", me dit-il lors d'un précédent passage à Bruxelles. "A sa disparition, quelque chose s'est déclenché en moi. L'idée n'était pas à ce point présente de son vivant car elle maintenait cette mémoire. A sa disparition, j'ai voulu transmettre cet héritage. Il n'y avait plus que moi pour le faire. Mes frères ne sont pas dans le domaine du livre."

Il y a un enchaînement entre l'album "Le joueur d'échecs" (lire ici) et "Le poids des héros". "L'album donne des solutions graphiques au thème historique. Quand je passe à un autre album, il y a un héritage du précédent mais aussi une transformation."

(c) Casterman.

Dans ce nouveau livre, tout est vrai dans les trajectoires des deux grands-pères de l'auteur, Espagnols résistants. "Quand j'étais petit, le devoir de mémoire était omniprésent, la guerre, l'injustice du monde. Tous ceux qui avaient une conscience politique revenaient toujours au même sujet". Dans les pages splendidement illustrées en cases non bordées, on voit le petit David évoluer, avec son débardeur tricoté typique des années 1970. Les années hippies sont encore très présentes, en tout cas dans sa famille. "Mon sujet est l'héritage mémoriel, pas le souvenir mondial. Je ne voulais pas faire un récit historique. Ce qui m'intéressait, c'était de trouver un autre angle, de me rapprocher de moi. Les choses se sont alors éclaircies."

(c) Casterman.

L'aspect particulièrement intéressant de cette bande dessinée, outre ses qualités graphiques bien entendu, est justement ce travail, ce regard que David Sala a posé sur lui-même. Sur la manière dont son histoire familiale l'avait affecté. Sur ce carcan, cet étau qui peut conduire à une violence. "Réaliser le livre, c'est finalement remplir une mission parce que c'est dur, les sentiments sont difficiles. J'ai dû négocier avec ma pudeur. Je suis allé jusqu'au bout malgré la difficulté et la douleur de me dire. J'ai aussi voulu protéger mes enfants. Non pas sur le sujet du livre, mais sur la manière dont cette mémoire familiale m'a été transmise à moi."

(c) Casterman.
Graphiquement, l'album est époustouflant, cadrages, couleurs, découpage... "Les choses se sont d'abord mises en place dans ma tête. Je voulais être à hauteur d'enfant, le faire grandir au quotidien. En même temps, un enfant transforme le réel. Je me suis accordé une grande liberté dans le dessin et les couleurs. Le travail a été laborieux mais quelle exaltation quand on part de rien! Je voulais que les couleurs traduisent la narration et l'émotion de la manière la plus juste de façon à ce que le lecteur ressente plus profondément la séquence. Je suis un dessinateur. Je raconte par les images. Je déforme, ou non, les personnages, les perspectives, les couleurs. Pour cet album, j'ai utilisé des encires de couleurs et de l'aquarelle, et de l'eau, beaucoup d'eau pour obtenir cette transparence et les couleurs qui fusent."

Pour lire en ligne le début de l'album "Le poids des héros", c'est ici.

Ici, une vidéo dans l'atelier de David Sala.











dimanche 8 novembre 2020

Les 45 Potus de Hervé Bourhis, + 1

Addendum du 07/11/2020 à "La Maison Blanche".
(c) Hervé Bourhis/Casterman.

#tousenlibrairie


Addendum du 07/11/2020 à "La Maison Blanche".
(c) Hervé Bourhis/Casterman.
Evidemment, publier le 21 octobre une bande dessinée intitulée "La Maison Blanche" (Casterman, 160 pages) proposant sous forme plaisante et ludique, l'histoire illustrée des 45 présidents des Etats-Unis, de George Washington à Donald Trump, présente un risque. Celui qu'y manque un éventuel quarante-sixième! Et pan dans les dents (pour rire, puisque le nouveau n'est pas encore investi et n'a donc encore rien fait). Hervé Bourhis se rattrape toutefois habilement A peine la victoire de Joe Biden annoncée complétait-il son magistral travail de deux vignettes consacrées à Joseph R., dit Joe, Biden.


"La Maison Blanche"
est une manière originale de s'intéresser à l'histoire des Etats-Unis depuis la déclaration d'indépendance le 4 juillet 1776. Bien sûr, le premier président des Etats-Unis n'entrera pas en fonction tout de suite. George Washington est élu, à l'unanimité, par le Congrès le 4 mars 1789. L'album permet, et c'est son gros atout, de découvrir tous les présidents, même ceux dont on se souvient pas. En rouge, bleu, noir et blanc, la bande dessinée dresse un parcours complet de ces 45 hommes, aucune femme, qui ont tenu les rênes de la plus grande puissance du monde et de leur entourage.

Hervé Bourhis avoue qu'il a toujours été passionné par tout ce qui concernait les présidents américains, que ce soit les livres, les films ou les séries. Un jour où il cherchait un livre retraçant le parcours de tous les présidents des Etats-Unis, il s'est rendu compte qu'il n'existait pas. Il a donc décidé de le faire. A sa manière, graphique et informative. Chaque Potus (President of the United States) est traité en général par deux doubles pages, parfois moins en cas de mandat express, parfois plus selon les événements. 

Le dispositif est toujours le même et permet de bien s'y retrouver:
  • le portrait en grand du président sur la page de gauche, avec numéro d'ordre, dates de mandat, nombre de mandats, dates de naissance et de mort, surnom et éventuellement événement marquant (prix Nobel de la paix, mort en fonction,..)
  • sur la page de droite, un bref CV (âge en début de mandat, parti, religion, parents, métiers, enfants), un portrait de la First Lady (FLOTUS) et du vice-président, avec une anecdote pour chacun, et cinq ou six vignettes illustrées donnant les grands points et les anecdotes du mandat
  • sur la double page suivante, le dispositif en vignettes illustrées se poursuit, fournissant une somme considérable d'informations, toutes vérifiées.


Les deux doubles pages...
sur le 1er Potus. (c) Casterman.


Avec "La Maison Blanche", Hervé Bourhis a réalisé un immense travail qui permet à chaque lecteur de s'orienter à sa guise dans ces 45 biographies condensées et de parcourir les deux siècles et demi d'histoire américaine. Si la couverture n'est pas très engageante, selon moi, le graphisme intérieur est lui très réussi et donne envie de tout regarder, de tout lire.

Pour feuilleter en ligne le début de "La Maison Blanche", c'est ici.




lundi 13 novembre 2017

Cent merveilleuses audacieuses

En pleine campagne de dénonciation par les femmes des violences et des excès masculins à leur enconrre surgit bien à propos le beau livre de Nathalie Kaufmann-Khelifa, intitulé "Elles ont osé! 100 femmes d'exception à travers l'histoire" (Glénat, 240 pages). Couverture rose fuchsia, bien illustré, mais surtout cette phrase bienfaisante, "Elle a osé", qui sera répétée de page en page. Parfois l'édition et l'actualité se rencontrent. Tant mieux.

Le texte d'introduction. (c) Glénat.

L'ouvrage répond à l'appellation "beau livre" mais il est plus que cela: une formidable galerie féminine, fort agréablement mise en avant par les images et les textes. On connaît bien entendu certaines de ces femmes, celles qui sont déjà entrées dans l'Histoire, des lauréates du Nobel par exemple (à noter que 48 femmes l'ont reçu sur 892 remises du prix) et il n'est pas question de les oublier. On en découvre toutefois plein d'autres, d'hier et d'aujourd'hui, regroupées en six chapitres, allant du "Temps de l'émergence" au "Temps de l'espérance".

Le sommaire. (c) Glénat.

"Il est largement temps", écrit Nathalie Kaufmann-Khelifa dans son texte d'introduction, "que ces femmes qui ont changé le monde par leur intelligence et leur génie, mais surtout par leur audace, apparaissent au grand jour. Aucun domaine ne leur a échappé, toutes ont osé pour la première fois s'imposer dans un monde masculin, transgressant l'ordre établi et posant les bases de nouveaux rapports entre les hommes et les femmes."

Et de nous camper les portraits de cent audacieuses. Chaque fois sont présentés le nom, l'époque et la raison de l'audace. Celle-ci est ensuite détaillée dans un portrait agréablement écrit, tout en élégance et vivacité. Quelques exemples, pris au hasard des pages. Pour Lucy, "ELLE A OSÉ être le premier homme connu à ce jour", pour Jeanne Mance, "ELLE A OSÉ fonder Montréal", pour Victoria Woodhull, "ELLE A OSÉ se présenter à la Maison-Blanche", pour Sarah Bernhardt, "ELLE A OSÉ être un monstre sacré", pour Annette Kellerman, "ELLE A OSÉ le maillot de bain une pièce", pour Suzanne Valadon, "ELLE A OSÉ peindre un homme nu", pour Valentina Terechkova, "ELLE A OSÉ aller dans l'espace", pour Waris Dirie, "ELLE A OSÉ parler de l'excision", pour Elena Ferrante, "ELLE A OSÉ l'anonymat".

Pour chacune des femmes est contée son histoire, agrémentée de quelques anecdotes. Ainsi Lucy est aussi appelée Dinknesh ce qui signifie en langue éthiopienne "Tu es merveilleuse". Toutes, elles ont lutté contre les injustices et les discriminations envers elles, chacune dans son milieu, à sa façon. Le livre montre qu'il n'y a pas de petit ou de grand sujet. Toutes ont participé à l'évolution de la société mais qui s'en souvient? Les passionnants portraits, sur une, deux ou trois pages, de Nathalie Kauffmann-Khelif leur rendent justice.

Et l'auteure rappelle cette phrase de Simone de Beauvoir, toujours d'actualité: "N'oubliez jamais qu'il suffira d'une crise politique, économique ou religieuse pour que les droits des femmes soient remis en question. Ces droits ne sont jamais acquis. Vous devez rester vigilantes votre vie durant."


Quelques vues du livre, trop grand pour entrer dans mon mini-scanner.

Peseshet, première femme médecin. (c) Glénat.
Cixi, dernière impératrice de Chine. (c) Glénat.
Ella Fitzgerald. (c) Glénat.
Agatha Christie. (c) Glénat.



Personnellement, j'aurais bien aimé voir y figurer aussi les noms de

Beatrix Potter (1866-1943), la créatrice de "Pierre Lapin" qui bouscula un univers masculin par son désir d'être une naturaliste reconnue et une écrivaine.

Jella Lepman, journaliste allemande d'origine juive (1891-1970) qui créa l'IBBY (International Board on Books for Young people) en 1953 parce qu'elle pensait que les livres devaient créer des ponts entre les nations.

Toni Morrison (1931), romancière, professeure de littérature et éditrice américaine qui a été lauréate du Prix Pulitzer en 1988, et, surtout, en 1993, la huitième femme et le seul auteur afro-améicain à avoir reçu le prix Nobel de littérature.



"Femmes d'exception" est aussi le nom d'un programme de la BBC qui, chaque année, nomme 100 femmes influentes et inspirantes dans le monde et les fait découvrir à travers différentes productions journalistiques (ici).





mercredi 18 novembre 2015

Nous, Eve de Castro, romancière

Eve de Castro. (c) Philippe Matsas/Opale/Leemage.
Elle est menue et toute habillée de noir, la romancière française Eve de Castro quand je la rencontre lundi matin. Elle a passé le dernier week-end à Bruxelles pour participer au premier Salon du livre d'histoire de Bruxelles, en compagnie d'une partie de la soixantaine d'auteurs annoncés - certains ont annulé leur venue à cause des attentats de Paris. La manifestation se déroulait le dimanche 15 novembre, jour de la fête du Roi, au Palais Charles Quint au Coudenberg.

Elle assure, Eve de Castro. Elle assume. Elle avait quitté Paris ce vendredi 13 novembre, déjà de sinistre mémoire, par le Thalys de 18 heures. Mais a décidé de rester à Bruxelles, de faire le boulot. "Travailler, c'est aussi une façon de résister", avance-t-elle. On parlera donc de l'actu, de ce qui l'a causée et aussi de son nouveau livre, "Nous, Louis, Roi" (L'iconoclaste, 220 pages). Un livre historique comme la majorité de ceux qu'elle écrit, mais profondément humain.

Elle y raconte superbement, à la première personne, les dix-sept jours et les dix-sept nuits qui ont précédé la mort de Louis XIV. En 1715, il y a tout juste trois siècles. Grâce à elle, on découvre l'homme derrière le roi en fin de vie. Dans son magnifique palais de Versailles, le despote éclairé fait son examen de conscience, se réjouit et se repent, cherche l'apaisement avant son départ. Immanquablement, on pense aux tyrans d'aujourd'hui. L'un ou l'autre se remettra-t-il en question au moment de quitter cette terre?

Eve de Castro connaît bien le Roi Soleil. Elle lui a consacré plusieurs romans historiques, a participé au scénario du film "Le Roi danse", à celui de la série télévisée "Versailles" qui passe en ce moment. "Louis XIV et moi, c'est une longue histoire de fascination", dit-elle en sirotant un thé. "Mon premier livre, en 1987, il y a plus de vingt-cinq ans, portait sur ses bâtards."

Ce qui est devenu une familiarité réelle a donné ici un livre différent des biographies habituelles: "Je me suis dit qu'il fallait que je prenne le sujet du roi lui-même pour faire de lui un portrait en creux. A l'occasion du tricentenaire de sa mort, plein de biographies classiques vont paraître. Mais qui allait parler de l'homme? On connaît le roi guerrier, on connaît le roi mécène, mais n'était-il pas temps d'aller vers l'homme?" Une question étayée par son livre précédent qui portait sur les dessous de la scène à Versailles. "J'ai été frappée par l'abime entre le corps glorieux du roi et la réalité. Son corps malade montre qu'il a été une personne."

Eve de Castro raconte donc les dix-sept jours et les dix-sept nuits qui précèdent la mort de Louis XIV "Le chiffre 17 est important en numérologie," ajoute-t-elle. "C'est le nombre d'étapes qui conduisent du matériel au spirituel. C'est aussi le nombre de fenêtres du château de Versailles. C'est encore le pressentiment que Louis XIV a du nombre de jours qui lui restent avant sa mort." Le roman s'ouvre sur une scène dans les jardins du château où le roi nourrit ses carpes et où sa préférée, Soleil d'Or, dessine dix-sept cercles devant lui.

Roman confession, "Nous, Louis, Roi" se glisse dans l'intimité du roi, à la fois dans son corps rongé par la gangrène, dans son cœur ému par de nombreuses femmes et dans son esprit qui revisite les décisions qu'il a prises durant son long règne, les bonnes et celles qu'il reconnaît mauvaises. Petits ou grands, différents éléments historiques surgissent au hasard des méditations du malade. En parallèle, ce dernier fait son bilan, en tant que roi et en tant qu'homme. "Il a aimé la guerre, il a aimé la gloire. A la fin, il passe ses journées en public, mais la nuit il est seul avec lui-même." Le roi ne danse plus.

Au fur et à mesure que la maladie progresse, pourrir vivant, quelle claque pour un roi déifié, on se rend compte de l'absolu contrôle de lui-même qu'il a. Dans la souffrance physique notamment. Cela n'excuse bien sûr pas le million de personnes mortes sous son règne mais cela révèle un aspect de Louis XIV. Forte d'une riche documentation, Eve de Castro s'est coulée dans la peau de ce vieux monsieur d'hier. Elle montre comment le roi s'est donné ces dix-sept étapes pour passer du statut de dieu vivant à celui de l'homme Louis allant vers la lumière. "Il est mort les yeux grands ouverts, en paix avec lui-même après ce cheminement", note-t-elle. 

"Ecrire ce livre m'a bouleversée", ajoute-t-elle. "Quelle humilité le dernier jour! Il s'est alors complètement dépouillé des vêtements de la majesté et il a été d'une extrême politesse avec son entourage jusqu'au bout." On l'a compris, pas besoin de se trouver dix-sept bonnes raisons pour lire ce livre remarquablement composé et écrit et profondément humain.







jeudi 18 juin 2015

Le 18 juin, c'est aussi le jour de Bruno Heitz

Les pages 34 et 35 du tome 9 de "L’Histoire de France" (c) Casterman.

Juste un dessin sur la bataille de Waterloo, en passant, mais pas de n'importe qui, un dessin de Bruno Heitz lui-même!

Il est le redoutablement efficace dessinateur de la série "L'Histoire de France en BD" (textes de Dominique Joly, Casterman Jeunesse) dont le tome 9 vient de sortir: "Napoléon et l'Empire".








Et, en cadeau,  quelques croquis préparatoires totalement inédits.
Appréciez, savourez, dégustez.

Joséphine. (c) Bruno Heitz.

La maman. (c) Bruno Heitz.

Nelson. (c) Bruno Heitz.

Ney. (c) Bruno Heitz.

Murat. (c) Bruno Heitz.










































Et parce que Bruno Heitz est aussi l'empereur des figurines en bois.

Napoléon Bonaparte. (c) Bruno Heitz.





mardi 7 avril 2015

Champagne pour l'école des loisirs!

Les sorties du 1er avril à l'école des loisirs.

Parmi les sorties du 1er avril, un ouvrage différent de ceux que publie l'école des loisirs, titré mystérieusement "On ne s'en fait pas à Paris", par Boris Moissard et Philippe Dumas (l'école des loisirs, 160 pages). Ni album, ni roman, ni pièce de théâtre. Mais presque les trois à la fois que ce récit roulé comme un roman et très largement illustré qui conte les cinquante premières années de la maison d'édition fondée en septembre 1965 par Jean Fabre, Jean Delas et Arthur Hubschmid.

Ce n'est pas tous les jours qu'une maison d'édition jeunesse française, familiale et indépendante, fête ses cinquante ans, son demi-siècle d'édition. Elle a été portée sur les fonts baptismaux par une autre maison au nom ressemblant - le livre commence d'ailleurs en 1922 avec la fondation des éditions de l'Ecole.
On s'y embrouillerait même vite entre les Jean et les générations et certains se sont pris les pieds dans le tapis.
Lisez bien la notice ci-dessous présentant Louis Delas, un des actuels co-directeurs de l'école des loisirs.


Arrière-petit-fils de Jean?  Meuh non, et la notice a été rectifiée depuis. Louis est le fils de Jean Delas, l'un des fondateurs des l'école des loisirs.
Mais cette embrouille a permis à Claude Ponti de nous faire une petite leçon de généalogie amusée.

 



Très vite, les 3 mousquetaires deviennent 4. (c) edl.
Bon, assez ri de nos semblables. Il s'agit maintenant de rire, et de sourire, en compagnie des compères Boris Moissard et Philippe Dumas. Car "On ne s'en fait pas à Paris", dont le titre s'éclairera au cours de la lecture est un bijou de prose aussi pétillante que la bouteille représentée en couverture.

Une des "photos de classe". (c) edl.
Le livre réussit le difficile pari de raconter la naissance et la vie d'une maison d'édition jeunesse en y intéressant les lecteurs, qu'ils la connaissent ou non.  La ligne du temps est agréablement bousculée au profit de quelques flash-backs ou de sauts dans l'avenir.

Le texte perle de bulles d'air rendant hommage aux éditeurs, au personnel des différents étages de la rue de Sèvres, et bien entendu aux auteurs sans qui une maison d'édition n'existerait pas.

Faits historiques et anecdotes s'enchaînent à bon rythme sous la plume alerte de Boris Moissard, ancien libraire. Tout son texte est porté par les superbes illustrations de Philippe Dumas qui a su croquer les personnes dans leur forme vraie ou dans leur forme imaginée par l'autre des duettistes.

Le plaisir de lecture est au rendez-vous et on apprend plein de choses au fil des pages. Moi-même j'ai découvert comment était né le nom de l'abonnement "Kilimax". On entre dans les coulisses de la vénérable maison: le papillon d'André François qui lui sert de sigle, le vouvoiement entre les ans, les séances de piscine de l'autre, la caverne de documentation d'un troisième. On retrouve peut-être aussi ceux qu'on a le plaisir de croiser à l'une ou l'autre occasion, comme l'ineffable dame du standard téléphonique. Bien sûr, le livre est fait par et pour la maison. Mais il n'a rien d'une hagiographie, plutôt un catalogue de bons souvenirs qu'on feuillette en souriant, avec peut-être un brin de nostalgie mais sans regret. En se réjouissant que tout cela existe.

L'avenir. (c) l'école des loisirs.
Le "demi-siècle" se complète d'une vue sur l'avenir par Jean Delas, de témoignages de libraires, de bibliothécaires, de journalistes, de médiateurs du livre.
Bon, je l'avoue, j'y raconte ma première rencontre avec Claude Ponti. Ces "témoignages" sont suivis de repères chronologiques bien utiles, avec les arrivées d'éditeurs et d'auteurs et les dates de livres-clés.



Pour en savoir davantage sur le programme des 50 ans, c'est ici.

La grande expositions d'originaux "L'incroyabilicieux anniversaire!" débute demain 8 avril à Lyon-La Part Dieu.


Pour lire les choix de Louis Delas, l'arrière-petit-fils de... , non je blague, c'est ici.

Pour écouter Louis Delas, c'est ici.


Pour écouter et voir Jean Delas, le père de..., c'est ici.