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jeudi 22 avril 2021

Même livre, même prix, même en Belgique!


Repoussée l'an dernier au samedi 13 juin pour cause de coronavirus, de confinement et de librairies fermées (lire ici), la Sant Jordi, la fête de la librairie indépendante aura bien lieu cette année à la date habituelle, soit le samedi le plus proche du 23 avril, date officielle de l'événement. Ce sera donc cette année le samedi 24 avril que 480 libraires indépendants se mobiliseront en France, en Belgique (une petite cinquantaine d'officines), au Luxembourg et en Suisse francophone pour la Fête de la librairie créée en 2011. L'occasion de fêter les auteurs, les livres et la librairie.

Et les lecteurs, précisent les libraires indépendants belges qui leur adressent ce message: "Il ne s'agit pas d'une autre fête de la consommation mais bien d'un moment de partage avec les lecteurs qui privilégient les librairies indépendantes parce qu'ils y retrouvent des valeurs, des choix, des échanges, des rencontres, de l'écoute, de la convivialité et ce on ne sait quoi que l'on ne cherchait pas!
Cette année, les librairies ont obtenu une place toute particulière dans le cœur des lecteurs… Alors, en ce 24 avril, les libraires vont vous dire MERCI car c'est bien vous qui les rendez essentielles!"

Le merci aux clients qui passeront par une des librairies participant à cette opération longtemps appelée "un livre, une rose" recevront cette année une fleur et un livre célébrant les 40 ans de la loi Lang sur le prix unique du livre en France. Elle fut promulguée le 10 août 1981, mettant en place l'obligation de
vendre les livres neufs partout en France au prix fixé par l'éditeur. Un anniversaire qui est une fameuse claque pour la Belgique qui ne peut véritablement parler de prix unique sur son territoire qu'en cette année 2021! Si le décret relatif à la protection culturelle du livre a vu le jour en Wallonie en 2018, à Bruxelles (Région Bruxelles-Capitale) en 2019 et en Flandre en 2017, le mille-feuilles institutionnel et les allers-retours entre Belgique et Europe ont nécessité ce temps pour le rendre effectif (lire iciici, ici et ici). Quarante ans après le pays dont sont originaires la plupart des livres vendus dans notre royaume. Alors que respecter le prix unique dans tous les points de vente permet de préserver la création, la diversité éditoriale et le maintien d'un large réseau de librairies en Belgique. Mais désormais, que l'on achète un livre édité en 2021 à Marseille ou à Bruxelles, en librairies indépendantes ou ailleurs, la seule chose qui ne changera pas, c'est son prix! Evidemment, pour le même prix, une librairie indépendante en donne beaucoup plus au lecteur-acheteur.

Intitulé "Que vive la loi unique du prix du livre! La loi Lang a 40 ans", ce livre édité à 25.000 exemplaires grâce à un partenariat avec les éditions Gallimard est pensé comme une librairie avec plusieurs entrées.
On y rencontre l'écrivain et journaliste Mohamed Aïssaoui, dont le travail d'entomologiste raconte les luttes et les rêves qui ont animé les acteurs de cette loi, l'auteur de BD Mathieu Sapin qui tire son portrait à Jack Lang,  Jean-Yves Mollier, enseignant et historien, encyclopédie vivante de l'histoire du livre, Alban Cerisier, homme phare des éditions Gallimard qui effeuille les grandes heures de l'histoire de la librairie et aussi l'écrivaine et traductrice Agnès Desarthe dans un texte lumineux "Une chambre à nous" et une prenante "lettre à un jeune lecteur" (détachable).


Coupures de presse de l'époque.

L'ouvrage est passionnant de bout en bout, même pour les Belges. Illustré de coupures de presse et de documents de l'époque - on avait presque oublié les feuilles tapées à la machine -, il rappelle tout ce qui s'est passé AVANT que la loi Lang ne soit adoptée, pile trois mois après l'élection de François Mitterrand à la présidence. Ce ne fut pas simple. En résumé, on peut dire qu'heureusement que Jérôme Lindon, patron des éditions de Minuit, et le ministre d'Etat Gaston Defferre et le sénateur académicien Maurice Schumann étaient là!

Plaisantes enluminures graphiques.

Exquisement enluminé par Michael Cailloux, agréablement rythmé, le livre s'achève avec un magnifique texte d'Agnès Desarthe qui avoue, comme elle l'avait fait dans son livre "Comment j'ai appris à lire" (Stock, 2013; Points, 2014), que jusqu'à 17 ans, elle détestait lire. Elle y pose aussi la vertigineuse question "Où je suis quand je lis?" et y répond superbement.

Mathieu Sapin au travail.

Le livre peut être feuilleté en ligne ici.

Un texte qui emporte.

Les librairies belges associées à l'événement
  • Les Météores Rue Blaes, 207 1000 Bruxelles
  • Tropismes Galerie des Princes, 11 1000 Bruxelles
  • Tulitu Rue de Flandre, 55 1000 Bruxelles
  • Candide Place Brugmann, 1-2 1050 Bruxelles 
  • Les yeux gourmands Avenue Jean Volders, 64A 1060 Bruxelles 
  • Librairie Jaune Rue Léopold 1er , 499 1090 Bruxelles
  • U.O.P.C.  Av. Gustave Demey, 14-16 1160 Bruxelles 
  • La Licorne Chaussée d'Alsemberg, 715 1180 Bruxelles 
  • A Livre Ouvert-Le Rat conteur Rue St Lambert, 116 1200 Bruxelles 
  • Librairie Claudine Courte rue des Fontaines, 74 1300 Wavre
  • Le Chat Botté Rue du Monastère, 4 1330 Rixensart 
  • Le Petit Bouquineur Rue des Fusillés, 2 1340 Ottignies
  • Au P'tit Prince Rue de Soignies, 12 1400 Nivelles 
  • Graffiti Chaussée de Bruxelles, 129 1410 Waterloo
  • Le Baobab Rue des Alliés, 3 1420 Braine-l'Alleud
  • La Grande Ourse Rue Maghin, 95 4000 Liège 
  • Livre aux Trésors Place Xavier Neujean, 27A 4000 Liège
  • La Parenthèse Rue des Carmes, 24 4000 Liège
  • Pax Place Cockerill, 4 4000 Liège
  • Siloë Rue des Prémontrés, 40 4000 Liège 
  • La Parenthèse Voie de l’Ardenne, 82 4070 Embourg
  • Le Long Courrier Avenue Laboulle, 55 4130 Tilff
  • La Dérive Grand Place, 10 4500 Huy
  • Marque Tapage Rue de José, 68 4651 Battice
  • Les Augustins Pont du Chêne, 1 4800 Verviers
  • Librairie Cunibert Chemin-rue, 49 4960 Malmedy
  • Papyrus Rue Bas de la Place, 16 5000 Namur
  • Point-Virgule Rue Lelièvre, 1 5000 Namur
  • Antigone Place de l'Orneau, 17 5030 Gembloux
  • DLivre Rue Grande,  67A 5500 Dinant
  • Molière Bld Tirou, 68 6000 Charleroi
  • Croisy Rue du Sablon, 131 6600 Bastogne
  • Du tiers et du quart Rue de Neufchâteau, 153  6700  Arlon
  • La Dédicace Place Nestor Outer, 11 6760 Virton
  • Le Temps de lire Rue du Serpont, 13 6800 Libramont
  • Oxygène Rue St Roch, 26 6840 Neufchâteau
  • Livre’S Avenue de France, 9 6900 Marche 
  • Florilège Rue du Grand Jour, 16 7000 Mons
  • Leto Rue d'Havré, 35 7000 Mons
  • Polar & Co Rue de la Coupe, 36 7000 Mons
  • Ecrivain Public Rue de Brouckère, 45 7100 La Louvière
  • Librairie de la Reine Grand Place, 9 7130 Binche
  • Quartier Latin Rue Grande, 13 7330  Saint-Ghislain
  • Chantelivre Quai Notre-Dame, 10 7500 Tournai
  • La Procure Rue des Maux, 22 7500 Tournai

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Et parce qu'il n'y a pas de raison de se faire doublement plaisir ce samedi 24 avril, signalons cette initiative de Brussels, city of stories (lire ici) de venir lire de courtes histoires ce jour-là dans les librairies bruxelloises Candide, TULITU, Am Stram Gram, A livre ouvert/Le Rat conteur, Poëtini.



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Tout le monde lit 15 minutes




Journée mondiale du livre et du droit d'auteur, le 23 avril est aussi la date qu'ont choisie en 2018 l'ADEB (Association des éditeurs belges) et les éditeurs belges pour promouvoir la lecture des enfants (lire ici). Depuis 2019, l'opération porte le joli nom de "Tout le monde lit" (lire ici et ici) et a lieu à date fixe, peu importe le jour de la semaine.
C'est donc un vendredi cette année qu'a lieu "Tout le monde lit". A cette occasion, tout un chacun (des enfants aux grands-parents en passant par les écoles, les entreprises…) est invité à prendre 15 minutes de son temps pour lire. Peu importe l'heure. Le défi est de rendre la lecture virale et pérenne dans toutes les couches de la population. Car essayer le quart d'heure de lecture, c'est l'adopter! Les témoignages de tous, enseignants, élèves, parents, montrent en effet tous les bienfaits liés à la lecture.

Informations supplémentaires, conseils et témoignages ici.



jeudi 25 avril 2019

1947-2019, Eluard-Rezvani, le fac-similé d'un livre d'artiste offert lors de la Fête de la librairie

L'affiche de la vingt-et-unième édition.


Le 23 avril est célébrée, on le sait, la Sant Jordi, du nom du saint patron des libraires. C'est le jour choisi pour la Fête annuelle de la librairie indépendante, devenue aussi depuis 1995, sous l'égide de l'Unesco, la Journée mondiale du livre et du droit d'auteur. Celui où les libraires peuvent participer à l'opération "un livre, une rose", directement inspirée de la tradition catalane. En effet, ce jour-là, les clients se voient offrir une rose et un livre. La Sant Jordi tombant un mardi cette année, les librairies ont décidé d'en fêter la vingt-et-unième édition dans leurs officines le samedi 27 avril. Pour les éditions précédentes, lire ici. En tout, ils sont 480 à participer à cet événement devenu un rendez-vous annuel pour les lecteurs des librairies indépendants. Un événement devenu une référence en France, en Belgique, en Suisse francophone ainsi qu'au Luxembourg.

Cette année encore, le Syndicat des libraires francophones de Belgique sera au rendez-vous de l'association française Verbes qui, depuis 21 ans, se mobilise pour  la Fête de la Librairie Indépendante par les libraires indépendants.  Trente-huit libraires belges indépendants y participent en effet et offriront à leurs clients, le samedi 27 avril, une rose et un livre d'exception, "Elle se fit élever un palais", un livre grand format reprenant un poème de Paul Eluard illustré de onze gravures sur bois de Serge Rezvani. Tiré à 28.500 exemplaires, il permettra de largement célébrer les libraires, leurs clients et la littérature.

Ce livre d'artiste a une histoire particulièrement originale. Il fut tiré à seulement seize exemplaires en 1947, chez Maeght Editeur. C'est l'exemplaire n° 13, propriété de la Bibliothèque Jacques Doucet, qui a été utilisé pour ce fac-similé, reproduction en réduction de l'original. Il se compose de 40 pages non reliées sur papier épais, et est accompagné d'un livret de 24 pages de textes passionnants. Marie-Rose Guarnieri, présidente de l'association Verbes et responsable de la librairie des Abbesses, raconte sa rencontre avec Serge Rezvani et la naissance de ce projet de réédition. Antoine Gallimard évoque le livre et ses auteurs. Rezvani revient lui-même sur ce livre dont il créa les images à l'âge de 17 ans, il y a plus de soixante ans! Un entretien sur le livre d'artiste en général et celui-ci en particulier clôture le fascicule.

Voilà une occasion unique de plonger dans un texte merveilleux soutenu par des bois gravés d'une incomparable beauté qui traverse le temps et s'offre au monde par la grâce des rencontres et des amitiés.


A voir ici: https://issuu.com/lorna.bennour/docs/original_-_photo_f._mantovanieditio/2

Les librairies belges associées à l'événement

  • Tropismes  Galerie des Princes, 11 1000 Bruxelles
  • Tulitu Rue de Flandre, 55 1000 Bruxelles
  • Candide Place Brugmann, 1-2 1050 Bruxelles 
  • Les yeux gourmands Avenue Jean Volders, 64A 1060 Bruxelles 
  • Librairie Jaune Rue Léopold 1er , 499 1090 Bruxelles
  • U.O.P.C.  Av. Gustave Demey, 14-16 1160 Bruxelles 
  • La Licorne Chaussée d'Alsemberg, 715 1180 Bruxelles 
  • A Livre Ouvert-Le Rat conteur Rue St Lambert, 116 1200 Bruxelles 
  • Cook & Book Place du Temps Libre, 1 1200 Bruxelles 
  • L'Ivre de Papier Rue St Jean, 34 1370 Jodoigne 
  • Au P'tit Prince Rue de Soignies, 12 1400 Nivelles 
  • Graffiti Chaussée de Bruxelles, 129 1410 Waterloo
  • Le Baobab Rue des Alliés, 3 1420 Braine-l'Alleud
  • Livre aux Trésors Place Xavier Neujean, 27A 4000 Liège
  • La Parenthèse Rue des Carmes, 24 4000 Liège
  • Pax Place Cockerill, 4 4000 Liège
  • Siloë Rue des Prémontrés, 40 4000 Liège 
  • Le Long Courrier Avenue Laboulle, 55 4130 Tilff
  • La Dérive Grand Place, 10 4500 Huy
  • Marque Tapage Rue de José, 68 4651 Battice
  • Les Augustins Pont du Chêne, 1 4800 Verviers
  • Librairie Cunibert Chemin-rue, 49 4960 Malmedy
  • Papyrus Rue Bas de la Place, 16 5000 Namur
  • Point-Virgule Rue Lelièvre, 1 5000 Namur
  • Antigone Place de l'Orneau, 17 5030 Gembloux
  • DLivre Rue Grande,  67A 5500 Dinant
  • Molière Bld Tirou, 68 6000 Charleroi
  • Croisy Rue du Sablon, 131 6600 Bastogne
  • Du tiers et du quart Rue de Neufchâteau, 153  6700  Arlon
  • La Dédicace Place Nestor Outer, 11 6760 Virton
  • Le Temps de lire Rue du Serpont, 13 6800 Libramont
  • Oxygène Rue St Roch, 26 6840 Neufchâteau
  • Leto Rue d'Havré, 35 7000 Mons
  • Ligne Claire Grand-rue, 66 7000 Mons 
  • Polar & Co Rue de la Coupe, 36 7000 Mons
  • Ecrivain Public Rue de Brouckère, 45 7100 La Louvière
  • Librairie de la Reine Grand Place, 9 7130 Binche
  • Quartier Latin Rue Grande, 13 7330  Saint-Ghislain
  • Chantelivre Quai Notre-Dame, 10 7500 Tournai




Depuis l'an dernier, l'ADEB (Association des éditeurs belges) et les éditeurs belges ont choisi la date du 23 avril pour promouvoir la lecture des enfants.  Cette année avec l'opération "Tout le monde lit". Soit un appel à lire durant quinze minutes ce jour-là. Il a été lancé mais peut-être s'est-il un peu perdu dans le retour de vacances de Pâques.

Tout n'est pas perdu car onze livres de genres divers, albums jeunesse, bandes dessinées, romans, sont en accès libre sur le site durant toute la semaine du 23 avril (ici). Au programme:

  1. "Le Loup est tombé du Livre", Thierry Robberecht et Grégoire Mabire (Mijade)
  2. "Max et Bouzouki", Falzar et David Evrard (Averbode)
  3. "Les Enfants de la Résistance 1 - premières actions", Ers et Dugomier (Le Lombard)
  4. "Un sale livre", Frank Andriat (Mijade)
  5. "Le garçon qui parlait avec les mains" Sandrine Beau et Gwenaëlle Doumont (Alice Jeunesse)
  6. "L'échappée belle", Virginie Piatti (Averbode)
  7. "La robe de nuit", Véronique Janzyk (Onlit)
  8. "Drôle de baby-sitter", Laurence Fey et Phicil (Bayard)
  9. "Wa-wa sauvage", Laura Wall (Alice Jeunesse)
  10. "Opération chaton", Marie Nollet et Peter Elliott (Averbode)
  11. "Tous doivent être sauvés ou aucun", Véronique Bergen (Onlit), lire ici)


Par ailleurs, la Sant Jordi est l'occasion de rappeler que la Belgique est enfin passée ce 5 avril 2019  au prix unique du livre (lire ici). La suppression de la tabelle donc. A la grande joie des libraires.
Voici leur communiqué.
"Les libraires francophones de Belgique (SLFB) se réjouissent bien évidemment de la publication de l'accord de coopération généralisant à tout le pays l'application, dès ce 5 avril, du décret sur la protection culturelle du livre, dit "décret sur le prix unique du livre". Ils y voient enfin une issue à leur long combat.
Ils rappellent l'importance d'une mesure comme le prix fixe dans la structuration d'un secteur aussi particulier que celui du livre. C'est la diversité culturelle, la liberté de création, la sauvegarde de la chaîne du livre et l'accès de tous à tous les livres qui sont en jeu.
Et le futur, c'est notamment le développement d'un site de communication par et pour les libraires indépendants qui sera le reflet de la diversité des activités et de l'offre en librairie."




vendredi 21 avril 2017

Les libraires tirent la couverture à eux samedi


Euh, rappelez-moi, SVP. Que se passe-t-il le dimanche 23 avril?
Mais oui, voilà, ça me revient. C'est la Sant Jordi en Catalogne, devenue la Fête de la Librairie par les libraires indépendants ici (lire ici).

Mais comme elle tombe cette fois un dimanche, la dix-neuvième édition de cette fête annuelle se tiendra le samedi 22 avril. Le Syndicat des libraires francophones de Belgique (SLFB) s'associe à nouveau à l'action de l'association Verbes fondée par Marie-Rose Guarniéri (librairie des Abbesses, Paris 18e) qui l'a créée et la porte.

Parfois, on la résume dans l'expression, "Un livre, une rose". Si ce sont deux cadeaux faits ce jour-là aux clients, c'est aussi l'occasion de saluer le travail des libraires. Des êtres humains qui lisent les livres et les conseillent en fonction de ce qu'ils savent de leurs clients. Sans commune mesure avec des algorithmes.


Concrètement, ce sont près de 500 librairies en France, en Belgique (voir la liste des 40 en fin de note), au Luxembourg et en Suisse francophones qui y participent ce samedi. L'occasion de tirer pour une fois la couverture à elles.

En effet; "Le Corps du livre" (en partenariat avec Actes Sud, 144 pages), le livre offert traditionnellement aux participants à la journée, en plus de la rose, tiré à 23.000 exemplaires, examine sous toutes ses coutures la genèse de la couverture des livres.
Largement illustré d'images et de témoignages, il mène l'enquête sur ce que raconte une couverture. Il rend hommage aux pionniers des métiers de l'illustration, du graphisme et de la typographie, comme Massin ou Pierre Faucheux, et sort de l'ombre ceux qui y travaillent aujourd'hui.

Cet ouvrage hyper intéressant car abordant pour le grand public un sujet de spécialistes réunit enfin des contributions d'éditeurs contemporains sur la genèse de leurs couvertures les plus mémorables, dont certaines sont devenues cultes:  Bertrand Py pour Actes Sud, Gérard Berréby pour Allia, Jean-Luc Barré pour la collection Bouquins de Robert Laffont, Christian Bourgois, Jean-Claude Zylberstein pour 10/18, Anne Simonin pour les Editions de Minuit, Olivier Cohen en interview pour les Editions de l'Olivier, Paul Otchakovsky-Laurens pour les éditions P.O.L, Dominique Bordes pour Monsieur Toussaint Louverture, Frédéric Martin pour Le Tripode.

Un formidable parcours historico-graphique dans l'édition française, complété de trois textes inédits des écrivains Laurent Gaudé, Linda Lê et Annie Le Brun.

Les Editions de Minuit. (c) Le Corps du livre.
P.O.L. (c) Le Corps du livre.

Voilà pour la Sant Jordi 2017, que chaque librairie célébrera également à sa façon, invitant ici un ou des écrivains durant la journée de samedi, organisant là une "opération dictionnaire suspendu" locale... A chacun de consulter le site de son libraire indépendant préféré.

Pour le reste, où en est-on?

La librairie indépendante est toujours fragile. "Le début d'année est difficile pour de nombreux libraires", analyse Régis Delcourt, de la librairie Point-Virgule à Namur et Président du Syndicat des libraires francophones de Belgique (SLFB) , "les éditeurs français retiennent les bons titres pour septembre en raison des élections. Mais il y a, et c'est très important, un réel militantisme chez de nombreux clients qui, plus que jamais, souhaitent défendre la librairie indépendante. Je pense que beaucoup veulent du conseil, un accueil, des rencontres avec des auteurs. Nous en réalisons beaucoup chez nous et il y a toujours pas mal de monde. De mon côté, je suis plutôt confiant et suis certain que la communication autour de la loi et la disparition de la tabelle seront bénéfiques à notre secteur."
A Bruxelles, la librairie Candide constate avec surprise et joie un net accroissement d'année en année de la vente des poches.

Quant à la tabelle, elle suit sa route (lire ici) et le calendrier prévu. Et pourrait donc être prête en janvier 2018, juste avant la Foire du livre de Bruxelles.


Les libraires indépendants belges participants

  • Tropismes, Galerie des Princes, 11, 1000 Bruxelles
  • Tulitu, Rue de Flandre, 55, 1000 Bruxelles
  • Candide, Place Brugmann, 1-2, 1050 Bruxelles
  • Les yeux gourmands, Avenue Jean Volders, 64A 1060 Bruxelles
  • Librairie Jaune, Rue Léopold 1er , 499, 1090 Bruxelles
  • U.O.P.C.,  Avenue Gustave Demey, 14-16, 1160  Bruxelles
  • La Licorne, Chaussée d'Alsemberg, 715, 1180 Bruxelles
  • A Livre Ouvert-Le Rat conteur, Rue St Lambert, 116, 1200 Bruxelles
  • L'Ivre de Papier, Rue St Jean, 34, 1370 Jodoigne
  • Au P'tit Prince, Rue de Soignies, 12, 1400 Nivelles
  • Graffiti, Chaussée de Bruxelles, 129, 1410 Waterloo
  • Le Baobab, Rue des Alliés, 3, 1420 Braine-l'Alleud
  • Livre aux Trésors, Place Xavier Neujean, 27A, 4000 Liège
  • La Parenthèse, Rue des Carmes, 24,  4000 Liège
  • Pax, Place Cockerill, 4, 4000 Liège
  • Librairie Siloë, Rue des Prémontrés, 40, 4000 Liège
  • Le Long Courrier, Avenue Laboulle, 55, 4130 Tilff
  • Autre chose, Rue Albert 1er, 40, 4280 Hannut
  • La Dérive, Grand Place, 10, 4500 Huy
  • Au fil d'Ariane, Rue Henri Hurard, 5, 4800 Verviers
  • Les Augustins, Pont du Chêne, 1, 4800  Verviers
  • Au fil d'Ariane 3, Avenue de Spa, 59, 4802 Heusy
  • Pages après pages, Rue Dr Henri Schaltin, 7,  4900 Spa
  • Au fil d'Ariane 2, Rue Catherine André, 2, 4960 Malmedy
  • Papyrus, Rue Bas de la Place, 16, 5000 Namur
  • Point-Virgule, Rue Lelièvre, 1, 5000 Namur
  • Antigone, Place de l'Orneau, 17, 5030 Gembloux
  • DLivre, Rue Grande,  67A, 500 Dinant
  • Molière, Bld Tirou, 68, 6000 Charleroi
  • Librairie Croisy, Rue du Sablon, 131, 6600 Bastogne
  • Du tiers et du quart, Rue de Neufchâteau, 153, 6700 Arlon
  • Le point virgule, Grand Place, 21, 6700 Arlon
  • Le Temps de lire, Rue du Serpont, 13, 6800 Libramont
  • Oxygène, Rue St Roch, 26, 6840 Neufchâteau
  • Leto, Rue d'Havré, 35, 7000 Mons
  • Polar & Co, Rue de la Coupe, 36, 7000 Mons
  • Ecrivain Public, Rue de Brouckère, 45, 7100  La Louvière
  • Librairie de la Reine, Grand Place, 9, 7130 Binche
  • Chantelivre, Quai Notre-Dame, 10, 7500 Tournai
  • Decallonne, Grand Place, 18, 7500 Tournai





mardi 31 janvier 2017

Où en est la suppression de la tabelle belge ?

L'autre samedi, j'achète un poche du Livre de poche à Bruxelles: 3,90 euros, pas la peine de demander un service de presse. Evidemment, j'avais complètement oublié que ce ne serait pas le prix facturé en Belgique: 4,40 euros! Non pour les 50 centimes mais pour le principe, j'enrage sur Facebook.


Au-delà du coup de gueule, forcément réconfortant, pointe une question: où en est la suppression de la tabelle belge (lire ici), particularité dont on se passerait bien.

On se rappelle qu'Alda Greoli, ministre de la Culture (notamment), avait promis le 8 juin 2016 lors de la rencontre professionnelle "Le livre, où en est-on?" organisée par la Scam, qu'elle déposerait un projet de décret au Gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles afin de la supprimer et de réguler le prix du livre avant la fête nationale belge. Redoutable timing que la ministre a tenu. Elle a déposé son avant-projet le 20 juillet (lire ici).

Bien, bien, l'affaire est donc sur ses rails, mais c'est un train qui roule lentement et a beaucoup de haltes sur son trajet. Ce serait bien l'omnibus du prix unique du livre en Belgique. Le processus est estimé à dix-huit mois.

Alors, que s'est-il passé depuis le 20 juillet 2016?

Contacté par mes soins, Jérôme Hardy, le porte-parole de la ministre explique:
"Rappelons-nous déjà que le texte devra passer quatre à cinq fois au gouvernement. Pourquoi? Il doit passer devant les instances d'avis (c'est fait), deux fois à l'Europe (la Commission - le premier  passage est en cours) et au Conseil d'Etat. À chaque étape, il repasse par la case gouvernement. En fin de parcours, il ira bien entendu au Parlement.Nous visons toujours une mise en œuvre progressive à partir de 2018."

Voilà donc l'avant-décret à mi-chemin et respectant l'horaire annoncé.




mercredi 29 avril 2015

Expo écossaise de Floc'h chez Candide

Du bleu, du vert et du rouge.
C'est-à-dire?
C'est-à-dire un ciel, un paysage et un kilt.

Ce sont les premières doubles pages d'"Edimbourg" de Floc'h, ouverture du très beau livre que l'artiste français consacre à la ville écossaise (Louis Vuitton, "Travel book", 160 pages). Un format à l'italienne aux coins arrondis flambant de couleurs posées en aplats. Floc'h quoi.

Ce nouveau titre dans la remarquable collection de livres de voyage du bagagiste sera en vente début mai mais sera disponible dès ce mercredi soir (29 avril) à la librairie Candide (1 place Brugmann à 1050 Bruxelles). Il ne sera pas tout seul. Floc'h sera également présent pour le dédicacer, de 18 à 21 heures. Enfin, une série de reproductions issues de son travail pour ce livre seront exposées et en vente jusqu'au 18 mai.

Cours d'histoire. (c) Louis Vuitton.
Invitation au voyage, "Edimbourg" débute par un bref  cours d'histoire. Un peu à l'ancienne puisqu'un homme fort élégant transmet son savoir à sa fille tout aussi bien habillée. On remarquera au fil des chapitres que leurs tenues s'accorderont à leurs sujets de conversation.


Le tweed. (c) Louis Vuitton.
Les sujets justement.
En toute bonne logique écossaise, le premier à s'avancer est le "kilt". Il sera suivi du "golf", né à Edimbourg, du "tweed". Ensuite, on ira baguenauder dans la vieille ville puis dans la ville nouvelle. Non sans avoir entraperçu quelques sujets de "glorification" locale, peintres, philosophes, écrivains, Walter Scott et Arthur Conan Doyle évidemment sans oublier Robert Louis Stevenson. A noter que chaque sujet est introduit par une page graphique symbolique.

C'est une jolie balade que l'on effectue en compagnie des deux causeurs. Leurs conversations nous mènent en de multiples lieux de la ville qu'illuminent les splendides illustrations de Floc'h.

Edimbourg dans les couleurs de Floc'h. (c) Louis Vuitton.

Lecture faite, il me reste une question: comment donc appelle-t-on les habitants d'Edimbourg?

* *
*

Et puisqu'il est beaucoup question de tabelle en Belgique ces derniers jours, prenons encore un exemple: le livre "Edimbourg" est vendu 45 euros en France et 49,80 euros en Belgique.
Incroyable? Oui!
Et donc une bonne raison de signer la pétition créée par le Syndicat des libraires francophones de Belgique pour réclamer "le même livre au même prix en France et en Belgique". A signer ici.








vendredi 24 avril 2015

Une rose et un livre offerts ce samedi en librairie


Hier, jeudi 23 avril, c'était la date officielle de la San Jordi. Mais c'est demain, samedi 25 avril, qu'elle sera fêtée officiellement. En deux mots, ce sera le jour idéal pour se rendre en librairie  - et y retourner après bien entendu. On y achètera un ou des livres, on y recevra une rose et le très beau livre illustré "Une année dessinée". Pourquoi?

Parce que la tradition catalane veut que le 23 avril, jour de la San Jordi,  l'on offre un livre et une rose. Parce que depuis dix-sept ans,  l'association française Verbes (Marie-Rose Guarniéri de la librairie des Abbesses, dans le 18e à Paris) se mobilise pour la Fête de la librairie par les libraires indépendants, version française de la San Jordi catalane. Parce que cette année encore, le Syndicat des libraires francophones de Belgique s'associe avec dynamisme à cette action.

Samedi 25 avril donc, les libraires indépendants de France (plus de 450) et de Belgique (trente-cinq, liste ci-dessous) fêteront la San Jordi en offrant une rose et un livre à leurs lecteurs.

La petite histoire
Sant Jordi - Saint Georges en catalan - est connu notamment à travers "La Légende dorée" de Jacques de Voragine, pour avoir terrassé un dragon. Une légende raconte que du sang du dragon jaillit un rosier, une autre que la princesse sauvée des griffes du dragon offrit en remerciement à Saint Georges… un livre.
Célébré aujourd'hui dans près de quatre-vingts pays, Sant Jordi faisait au Moyen-Âge l'objet de joutes chevaleresques en Catalogne lors desquelles les dames se voyaient offrir des roses.
En 1926, la Chambre des Libraires de Barcelone désignait le 23 avril comme Jour du Livre. Cette date est également la date anniversaire de la mort de Cervantès, de Shakespeare et de l'Inca Garcilaso de la Vega, tous les trois disparus le même jour de la même année, en 1616. Sous le régime de Franco, c'était la seule manifestation où écrivains et intellectuels pouvaient défendre leur liberté d'expression avec un livre et une rose.
Le 15 novembre 1995, l'Unesco proclamait le 23 avril, Jour du livre et du droit d'auteur, contribuant ainsi à la promotion de la lecture, de l'industrie éditoriale et de la protection de la propriété intellectuelle.

Le livre offert

Chaque année, le livre offert est différent. Cette fois-ci, c'est "Une année dessinée", œuvre collective (Les cahiers dessinés/Editions Association verbes, 380 pages). Un collector bien épais car il s'agit d'un éphéméride, tiré à 23.000 exemplaires et distribué gracieusement à l'occasion de cette journée. On y trouve un dessin par jour/page, ainsi que le saint du jour et presque autant de petites phrases, "faits et gestes de la librairie" indépendante, comme l'annonce le sous-titre de l'ouvrage.

L’œuvre d'une trentaine de dessinateurs, et pas des moindres, a été associée par séquences de quelques pages chaque fois au projet coordonné par Frédéric Pajak, directeur des Cahiers dessinés: Bosc, Chaval, El Roto, Pierre Fournier, Gébé, Anne Gorouben, Jean-Michel Jaquet, Kamagurka, Marcel Katuchevski, Martial Leiter, Nicolas Mahler, Micaël, Mix & Remix, Muzo, Noyau, Olivier O Olivier, Frédéric Pajak, Pascal, Posada, Anna Sommer,  William Steig, Saul Steinberg, Pierre Thomé, Tetsu, Topor, Corinne Véret-Collin. Du beau monde, que je vous disais.

Les textes ont été fournis par les libraires indépendants, miroirs de la vie en leurs lieux. Des faits, des gestes, des citations, des pensées, qui donnent une bonne idée de la profession, volontaire avant tout. Ainsi ces mots de la librairie Le goût des mots (Mortagne-au-Perche-: "En faisant les cartons de retour, ne pas pouvoir s'empêcher de mette de côté certains livres, romans, essais, albums jeunesse, qui sont passés entre les mailles du filet et qui nous interpellent in extremis, arrêter son travail pour les lire et peut-être les sauver... Nous ne sommes pas des machines."
Ou cette expérience venue de la librairie Livre aux trésors (Liège, Belgique comme il est précisé): "Deux jeunes clients assistant à une de nos animations ne se connaissent pas, on les présente l'un à l’autre car ils ont le même goût du voyage, ils discutent vivement de lectures, et partent ensuite faire la fête ensemble toute la nuit. On est heureux."

Une année en  librairie défile, en images et en mots, sous nos yeux éblouis.

A titre d'exemple, la Saint-Georges évidemment! (c) Cahiers dessinés/Verbes.


L'an dernier
Je m'inquiétais de l'avenir de la librairie indépendante en Belgique (lire ici).

Cette année
Je me réjouis de la création de Librel,  le Portail numérique des libraires francophones de Belgique, fort aujourd'hui de 31 libraires indépendants. Car la vente des livres, c'est l'affaire des libraires.

Je constate aussi la réapparition de ce fantôme récurrent qu'est la tabelle, vieille histoire qui empoisonne la Belgique depuis le passage à l'euro, c'est-à-dire depuis le 1er janvier 2002, à l'occasion du rachat par le groupe Editis de Volumen, les activités de diffusion-distribution du groupe La Martinière.

Première précision: la tabelle n'est pas une taxe comme cela s'écrit un peu partout, cet argent irait alors à l'Etat, mais une augmentation artificielle du prix des livres imposée par certains distributeurs.

Deuxième précision: Volumen (La Martinière, Seuil, L'Olivier, Métaillié, Don Quichotte, Points, Anne-Marie Metailié, Arléa, Bourgois, José Corti, Eres, Le Tripode, Minuit, Sabine Wespieser, Tallandier, Viviane Hamy, Zulma) ne pratiquait pas la tabelle, Interforum Benelux (Robert Laffont, Plon, Pocket, etc.), structure de diffusion d'Editis le fait.

On voit donc se profiler en Belgique l'explosion des prix, 15 % en moyenne, des ouvrages de plusieurs maisons françaises prestigieuses.

Rappel
La tabelle grève à hauteur de 10 ou 30 % l'exportation des livres français vers le marché belge. Or, la part de marché belge du livre français s'élève à 13 % et 70 % des livres achetés en Belgique proviennent de France… L'enjeu est donc considérable pour les consommateurs et les maisons d’édition.
La tabelle est un héritage des anciens taux de change appliqués dans la distribution des livres, du temps de la monnaies non unique. A l'époque, on comptait 6,8 francs belges pour un franc français. Cette équivalence incluait les taux de change et les frais de transport.
A l'arrivée de l'euro, on a cru que les livres français seraient vendus partout au prix indiqué en quatrième de couverture. C'était oublier, en Belgique, les distributeurs, placés dans la chaîne du livre entre l'éditeur et le libraire. Quoi? Délaisser cette aubaine? Il n'en était pas question. Et ceci explique la présence sur certains ouvrages d'étiquettes mentionnant un prix en euros belges plus important que l'original en euros français. Entre 10 et 30 % d'augmentation selon les maisons d'édition. Ce qui est lourd pour le portefeuille du candidat acheteur. Certains préfèrent filer de l'autre côté de la frontière acheter leurs livres, là où existe, depuis plus de trente ans, la loi sur le prix unique du livre.
Il y a eu dans notre Royaume une tentative de contourner cette manœuvre: en permettant aux libraires belges de s'approvisionner directement chez les éditeurs français. Dans ce cas, le prix imprimé est celui qui est pratiqué en librairie. Mais cela ne concerne de loin pas toutes les publications, certaines maisons françaises imposant de passer par leur distributeur belge, celui qui facture la tabelle. C'est le cas pour Hachette et ses filiales, Grasset, Fayard, etc., via Dilibel. C'est le cas de Robert Laffont et les siennes, via Interforum. Là, c'est cher mais c'est simple.
Où les choses se compliquent encore, c'est quand un libraire de petite taille ne veut pas commander en France alors que l'éditeur le lui permet. Il s'adresse alors à un distributeur belge et vendra le livre plus cher que certains de ses collègues. Exemple : Actes Sud permet la vente directe depuis la France mais est aussi distribué par la Caravelle qui facture les livres plus cher.
Et comme rien n'est simple dans notre pays, à cause notamment d'absence de loi sur le prix unique du livre, on peut aussi vendre de nouveaux livres à prix très diminués. Ce que font chaînes de librairie ou les grandes surfaces, qu'elles soient culturelles ou pas, avec les best-sellers.
Les diverses tentatives de légiférer chez nous n'ont jamais abouti. Mais le grand perdant de l’affaire est le lecteur.

2015 semble toutefois une plus grande année de résistance à la tabelle. Les auteurs ne sont pas les derniers à se bouger. Ils sont aujourd'hui plus de cent cinquante à avoir signé une "Lettre" faisant le point de la situation à l'occasion de la vente de Volumen à Editis. La page Facebook Pour en finir avec la tabelle a été créée. On ne saurait être plus clair.

Mais revenons à la journée festive de demain. Voici la liste des librairies belges indépendantes qui participent à  la San Jordi.
  • Tropismes libraires, Galerie des Princes, 11, 1000 Bruxelles
  • Tulitu, Rue de Flandre, 55, 1000 Bruxelles
  • Candide, Place Brugmann, 1-2, 1050 Bruxelles
  • Les yeux gourmands, Avenue Jean Volders, 64A, 1060 Bruxelles
  • Librairie Jaune, Rue Léopold 1er , 499, 1090 Bruxelles
  • U.O.P.C., Avenue Gustave Demey, 14-16, 1160 Bruxelles
  • La Licorne, Chaussée d'Alsemberg, 656, 1180 Bruxelles
  • A Livre Ouvert-Le Rat conteur, Rue St Lambert, 116, 1200 Bruxelles
  • Agora, Place Agora, 11, 1348 Louvain-la-Neuve
  • L'Ivre de Papier, Rue St Jean, 34, 1370 Jodoigne
  • Au P'tit Prince, Rue de Soignies, 9, 1400 Nivelles
  • Graffiti, Chaussée de Bruxelles, 129, 1410 Waterloo
  • Le Baobab, Rue des Alliés, 3, 1420 Braine-l'Alleud
  • Livre aux Trésors, Place Xavier Neujean, 27A, 4000 Liège
  • La Parenthèse, Rue des Carmes, 24, 4000 Liège
  • Pax, Place Cockerill, 4, 4000 Liège
  • Librairie Siloë, Rue des Prémontrés, 40, 4000 Liège
  • Le Long Courrier, Avenue Laboulle, 55, 4130 Tilff
  • La Dérive, Grand Place, 10, 4500 Huy
  • Les Augustins, Pont du Chêne, 1, 4800 Verviers
  • Pages après pages, Rue Dr Henri Schaltin, 7, 4900 Spa
  • Au fil d'Ariane, Rue Catherine André, 2, 4960 Malmedy
  • Papyrus, Rue Bas de la Place, 16, 5000 Namur
  • Point-Virgule, Rue Lelièvre, 1, 5000 Namur
  • Antigone, Place de l'Orneau, 17, 5030 Gembloux
  • DLivre, Rue Grande, 67A, 5500 Dinant
  • Libre à toi, Avenue de Forest, 30, 5580 Rochefort
  • Librairie Croisy, Rue du Sablon, 131, 6600 Bastogne
  • Du tiers et du quart, Rue de Neufchâteau, 153 A, 6700 Arlon
  • Le Temps de lire, Rue du Serpont, 13, 6800 Libramont
  • Oxygène, Rue St Roch, 26, 6840 Neufchâteau
  • Leto, Rue d'Havré, 35, 7000 Mons
  • Polar & Co, Rue de la Coupe, 36, 7000 Mons
  • Ecrivain Public, Rue de Brouckère, 45, 100 La Louvière
  • Chantelivre, Quai Notre-Dame, 10, 7500 Tournai 


Dernière minute

Une pétition pour demander que les livres soient au même prix en Belgique et en France vient d'être créée. Vous pouvez la signer ici.



mercredi 23 avril 2014

L5 quiète pour la librairie indépendante belge


La San Jordi, du nom du saint patron des libraires en Catalogne, se fête le 23 avril selon le calendrier. Aujourd'hui. Elle est l'occasion de rappeler l'importance de toutes les mailles de la chaîne du livre, auteurs, éditeurs, libraires, lecteurs. L'évènement est même devenu, sous l'égide de l'Unesco, la "Journée mondiale du livre et du droit d'auteur".

En Belgique, comme en France d'ailleurs, la librairie indépendante sera également à la fête pour cette bonne cause et pour la seizième fois, avec le joli slogan "Un livre, une rose". Ce sera le samedi 26 avril.

Ce jour-là, trente libraires belges indépendants remettront gratuitement aux amateurs et acheteurs de littérature une rose et... un livre illustré édité spécialement pour l'occasion. "Un livre peut en cacher un autre" est un  abécédaire collectif, illustré par 26 lettrines originales de Christian Lacroix, à l'initiative de l'asbl Verbes.

Particularité de cet élégant ouvrage: vingt-trois auteurs contemporains y écrivent sur vingt-six auteurs issus du fonds. Cela donne des associations intéressantes, comme le Dr Louis-Ferdinand Destouches, dit "Céline", par Patrick Declerck, Jack Kerouac par Maylis de Kerangal, Yoko Ogawa par Véronique Ovaldé ou Stefan Zweig par Valérie Zenatti. Mais Victor Hugo se suffit à lui-même... Chaque fois, Christian Lacroix apporte son sens du dessin et du trait à ces lettres qui réunissent des paires d'auteurs selon l'initiale de leurs noms de famille. Un livre peut donc bien en cacher un autre, ou un auteur en cacher un autre.

La lettrine de Christian Lacroix pour le W réunissant Virginia Woolf et Cécile Wasjbrot.

"Par ce geste [de fête]", signale une libraire, "nous affirmons aussi notre envie furieuse de rester là, dans nos librairies, auprès de nos lecteurs, à continuer ce que nous faisons le mieux: les aider à trouver l’ouvrage qui leur convient."

Si "Fête de la Librairie par les libraires indépendants" il y a cette année - et heureusement -, la rose porte cependant des épines. "Pour nous libraires", poursuit notre interlocutrice, "chaque jour qui passe dans la place est un véritable miracle. Comme tous les autres petits commerçants, nous devons lutter contre l’adversité économique. À cela s’ajoute la concurrence effrénée des sites en ligne et de la tabelle (majoration des prix par certains diffuseurs en Belgique). Et pourtant, sans librairies indépendantes pour les défendre, ce sont certains éditeurs et des auteurs moins en vue qui sont aussi directement menacés de disparition. Eh oui, cela fait partie de notre nature de vous dégoter des pépites dans l’abondante production littéraire."

Quel est l'état des librairies indépendantes dans notre joli royaume? A Bruxelles, Libris Louise a fermé ses portes pour les rouvrir actuellement. La Licorne se défend comme une diablesse pour ne pas couler. Elle n'est pas la seule. Sur le site du Syndicat des libraires francophones de Belgique, deux enseignes notoires sont signalées "A REMETTRE".

On sait ce qui fait du mal aux librairies indépendantes. La tabelle en premier lieu, problème non réglé depuis le passage du franc belge à l'euro. Oui, le 1er janvier 2002. Soit il y a plus de douze ans. C'est d'autant plus important que 70 % des livres achetés en Belgique proviennent de France.
Pire que le mythe de Sisyphe, cette fameuse tabelle qui ne connaît pas l’euro franco-belge. Elle paraît impossible à liquider malgré l’apparente facilité de l’opération.
La tabelle est un héritage des anciens taux de change appliqués dans la distribution des livres. Avant l’euro. A l’époque, on comptait 6,8 francs belges pour un franc français. Cette équivalence incluait les taux de change et les frais de transport – même si la Belgique a toujours été plus proche de Paris que certains coins du sud de l’Hexagone. Mais bon.
A l’arrivée de l’euro, on a cru que les livres français seraient vendus partout au prix indiqué en quatrième de couverture. C’était oublier, en Belgique, les distributeurs qui se situent dans la chaîne du livre entre l’éditeur et le libraire. Quoi? Délaisser cette aubaine? Il n’en était pas question. Et ceci explique la présence sur certains ouvrages d’étiquettes mentionnant un prix en euros belges plus important que l’original en euros français. Entre 10 et 30 % d’augmentation selon les maisons d’édition. Ce qui est lourd pour le portefeuille du candidat acheteur. Certains préfèrent filer de l’autre côté de la frontière acheter leurs livres, là où existe, depuis plus de trente ans, la loi sur le prix unique du livre. D'autres n'hésitent pas à s'approvisionner chez Amazon. De plus en plus souvent même, après être venus se renseigner dans une vraie librairie.
Il y a eu bien eu une tentative de contourner cette manœuvre: en permettant aux libraires belges de s’approvisionner directement chez les éditeurs français. Dans ce cas, le prix imprimé est celui qui est pratiqué en librairie. Mais cela ne concerne pas toutes les publications, certaines maisons françaises imposant de passer par leur distributeur belge, celui qui facture la tabelle. C’est le cas pour Hachette et ses filiales, Grasset, Fayard, etc., via Dilibel. C’est le cas de Robert Laffont et les siennes, via Interforum. Là, c’est cher mais c’est simple.
Où les choses se compliquent encore, c’est quand un libraire de petite taille ne veut pas commander en France alors que l’éditeur le lui permet. Il s’adresse alors à un distributeur belge et vendra le livre plus cher que certains de ses collègues. Exemple : Actes Sud permet la vente directe depuis la France mais est aussi distribué par la Caravelle qui facture les livres plus cher.
Et comme rien n’est simple dans notre pays, à cause notamment d’absence de loi sur le prix unique du livre, on peut aussi vendre de nouveaux livres à prix très diminués. Ce que font chaînes de librairie ou grandes surfaces, qu’elles soient culturelles ou pas, lors de l’apparition sur le marché de best-sellers.
Les diverses petites tentatives de légiférer chez nous n’ont jamais abouti. Les grands perdants de l’affaire sont les lecteurs et les libraires indépendants. Plus loin, les auteurs et les petits éditeurs.
Deuxième épine: le label de "libraire de qualité". Oui. Car celui qui est actif aujourd'hui n'est plus tout à fait celui qui a été mis en place en octobre 2007 en Belgique (avant que la France n'embraie avec ses labels LiR). La ministre de la Culture Fadila Laanan en était tellement fière. A juste titre. Enfin, un réseau de libraires professionnels était reconnu, soutenu, honoré. Et derrière lui, le livre de qualité célébré.

Douze critères étaient alors établis. C'est un peu fastidieux à lire mais il faut le faire pour comprendre ce qui existe aujourd'hui.

Critères opérationnels en 2007 de prise en considération des libraires de qualité

1. Critère du début d'activité
Les librairies candidates au label de qualité doivent être en activité depuis au moins un exercice comptable accompli.

2. Critère de l'accessibilité
Les librairies doivent se situer dans un local aisément accessible au grand public et doivent être ouvertes au moins cinq jours sur sept à raison de minimum 35 heures par semaine.

3. Critère de la primauté de l'activité livre
Le chiffre d'affaires net livre de l'exercice comptable de l'exploitation précédant le moment de la demande d'admission doit représenter au moins 60% du chiffre total net du point de vente.

4. Critère de la quantité minimale de livres en magasin
Les librairies doivent disposer en magasin (exposés ou en stock) d'au moins 5.000 titres en langue française ou de 1.500 titres s'il s'agit d'une librairie spécialisée.

5. Critère de l'assortiment multiéditorial et non captif
Les librairies générales doivent se fournir, sur le marché francophone, auprès de distributeurs et d'éditeurs diversifiés. Dans tous les cas, les librairies doivent avoir l'autonomie du choix de leur approvisionnement. Celui-ci ne peut être captif, c'est-à-dire déterminé par un distributeur, un grossiste, une centrale d'achat ou toute entité autre que le libraire lui-même

6. Critère du ratio fonds/nouveauté
Au moins 25% des titres en magasin, hors collections de réédition au format de poche, doivent être des ouvrages de fonds, c'est-à-dire parus chez l'éditeur depuis un an et plus.

7. Critère éthique
La librairie ne peut proposer en rayons des livres qui ne respectent pas les principes de la démocratie tels qu'énoncés par la Convention européenne de la sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, par la Constitution, par la loi du 30 juillet 1981 tendant à réprimer certains actes inspirés par le racisme et la xénophobie ou par la loi du 23 mars 1995 tendant à réprimer la négation, la minimisation, la justification ou l'approbation du génocide commis par le régime national-socialiste allemand pendant la seconde guerre mondiale.

8. Critère du quota d'auteurs belges
Au moins 200 titres d'auteurs et/ou d'illustrateurs de nationalité belge ou résidant en Belgique doivent être présents en magasin, toutes catégories de livres et toutes collections confondues.

9. Critère de la réponse à la commande à l'unité
Les librairies doivent accepter la commande à l'unité pour tout livre en langue française correspondant à leur type de magasin (librairie générale ou spécialisée) et en assurer le suivi dans le meilleur délai.

10. Critère des outils de recherche bibliographique
Les librairies doivent posséder et utiliser des outils de recherche bibliographique pour les ouvrages en langue française tels que revues professionnelles, banques de données Electre et Banque du livre.

11. Critère de la formation continuée
Les libraires doivent manifester leur intérêt pour la formation continuée de leurs dirigeants et de leur personnel, dans les domaines de la commercialisation, de la communication et de la gestion.

12. Critère de convergence
Certaines librairies établies dans de petites villes ou localités où elles constituent le seul point de vente de livres pourront être admises au label des librairies de qualité, même si elles ne satisfont pas à certains des critères énoncés, pour autant qu'elles s'engagent à se rapprocher de ceux-ci, selon des modalités à fixer au cas par cas.

L'idée fut alors jugée excellente et les librairies labellisées se sont multipliées après 2007. A toutefois suivi en juillet 2013 la mise en application du décret du 30 avril 2009, qui en fixe les modalités.

Critères 2013 pour obtenir et conserver la reconnaissance autorisant l’utilisation du label de qualité "le libraire"


1. Critère du début d’activité
Les librairies candidates au label de qualité doivent être en activité depuis au moins deux exercices comptables accomplis.

2. Critère de l’accessibilité
Les librairies doivent se situer dans un local aisément accessible au grand public et doivent être ouvertes au moins cinq jours sur sept à raison de minimum 35 heures par semaine.
3. Critère de la primauté de l’activité liée au livre
Le chiffre d’affaires net réalisé avec la vente de livres neufs au détail doit représenter au moins 60% du chiffre total net du point de vente. Les chiffres des deux exercices comptables de l’exploitation précédant le moment de la demande d’attribution du label sont pris en compte.

4. Critère de l’offre minimale en magasin
Les librairies doivent disposer en magasin et proposer à la vente une offre diversifiées de titres (exposés ou en stock):
a) au moins 3.000 titres pour les librairies d'assortiment spécialisé, sauf dans les domaines éditoriaux "jeunesse" et "bande dessinée";
b) au moins 6.000 titres pour les librairies d'assortiment général ou pour les librairies d'assortiment spécialisé dans les domaines éditoriaux "jeunesse" et "bande dessinée" réalisant 600.000 € ou moins de chiffre d'affaires annuel hors taxe en vente de livres au détail ;
c) au moins 10.000 titres pour les librairies d'assortiment général ou pour les librairies d'assortiment spécialisé dans les domaines éditoriaux "jeunesse" et "bande dessinée" réalisant plus de 600.000 € de chiffre d'affaires annuel hors taxe en vente livres au détail.

5. Critère de l’assortiment multiéditorial et non captif
Les librairies doivent se fournir, sur le marché francophone, auprès de distributeurs et d’éditeurs diversifiés et dans tous les cas, avoir l’autonomie du choix de son approvisionnement. Celui-ci ne peut être captif, c’est-à-dire déterminé par un distributeur, un grossiste, une centrale d’achat ou toute entité autre que la librairie elle-même.

6. Critère du ratio fonds/nouveauté
Au moins 40% des titres en magasin doivent être des ouvrages de fonds, c’est-à-dire parus chez l’éditeur depuis un an et plus.

7. Critère du pourcentage du chiffre d’affaires dédié à la rétribution du personnel affecté à l’activité de librairie
Les librairies doivent affecter aux frais du personnel dédié à l’activité de vente de livres :
a) au moins 10% du chiffre d'affaires annuel réalisé avec la vente de livres si celui-ci est inferieur à 600 000 € ;
b) au moins 12,5% de leur chiffre d'affaires réalisé avec la vente de livres si celui-ci est supérieur 600 000 € ;
Ces frais comprennent les salaires et les charges sociales afférentes, ainsi que, le cas échéant, les autres éléments de rémunération du personnel.

8. Critère du quota d’auteurs belges
Au moins 200 titres (toutes catégories de livres et toutes collections confondues) d’auteurs et/ou d’illustrateurs de nationalité belge ou résidant en Belgique doivent être présents en magasin.

9. Critère de la réponse à la commande à l’unité
Les librairies doivent accepter la commande à l’unité pour tout livre en langue française correspondant à leur type de magasin (librairie générale ou spécialisée) et en assurer le suivi dans le meilleur délai.

10. Critère des outils de recherche bibliographique
Les librairies doivent posséder et utiliser des outils de recherche bibliographique pour les ouvrages en langue française tels que revues professionnelles, banques de données commerciales bibliographiques permettant les commandes.

11. Critère de la formation continuée du personnel de librairie
Les librairies doivent établir et mettre en place un programme de formation destiné à son personnel. Ce programme, au minimum annuel, prévoit des objectifs et un calendrier de réalisation. Une participation minimale de deux demi-journées par an est obligatoire.
Ces formations peuvent, entre autres, être suivies auprès de la Communauté française, du Syndicat des Libraires Francophones de Belgique (SLFB), du Partenariat interprofessionnel du Livre et de l’Edition numérique (PILEn), de l’Institut de Formation en Alternance des Petites et Moyennes Entreprises (IFAPME).

Exception de convergence
Les librairies établies dans des communes de moins de 20.000 habitants, où elles constituent le seul point de vente de livres, peuvent obtenir le label de librairie de qualité, même si elles ne peuvent satisfaire à maximum deux des critères énoncés ci-dessus et ce pour autant qu'elles s'engagent à respecter ceux-ci dans un délai raisonnable, selon un plan déposé au moment de la demande d'octroi du label.

Que remarque-t-on?

Qu'il faut maintenant exister depuis deux ans pour pouvoir demander le label.
Que le nombre de titres minimum en langue française disponibles en magasin a tout simplement doublé: 10.000 pour les librairies généralistes, 3.000 pour les librairies spécialisées. Bonjour les stocks et leurs loyers.
Qu'en ce qui concerne les librairies jeunesse ou BD, le nombre de titres imposés en magasin ou en stock varie maintenant entre un minimum de 6.000 ou de 10.000 titres selon le chiffre d'affaires. Bingo!
Que le ratio fonds/nouveautés a changé: il est passé de 25 à 40 %. Pour des titres parus donc depuis un an et plus.
Que l'obligation d'avoir en stock au minimum 200 titres d’auteurs et/ou d’illustrateurs de nationalité belge ou résidant en Belgique demeure.

Tout cela à un moment où personne n'ignore les difficultés des libraires
Faut-il "délabelliser" ceux qui vendent désormais de la papeterie ou des jouets pour tenter de tenir le coup financièrement et, surtout, pour continuer à proposer des livres de qualité, à conseiller,  démarches dans la ligne du label?
Fait-il imposer aujourd'hui de telles obligations?

Une librairie jeunesse comme Am Stram Gram, 35 ans d'âge et du meilleur cru, ne mériterait dès lors plus le label de "libraire de qualité"! "Comment est-ce possible?", vont s'écrier tous ceux qui achètent crûment leurs livres en ligne. Mais un stock pareil, autant de titres belges, quand on refuse de proposer les "Martine" autrement que sur commande, ce n'est tout simplement pas possible. Et donc non labellisable désormais. On croit rêver? Pas du tout, c'est la réalité.

Il faut aussi entendre le cri d'alarme de Deborah Damblon, de la librairie La Licorne, à Uccle.
"Chers amis,

Vous connaissez les licornes, ce sont des animaux fantastiques, beaux, fiers et résistants. Devant l'adversité, elles se battent et tentent de ne pas courber la tête.
Hélas, parfois, les difficultés sont telles qu'elles ont besoin d'aide pour rester debout.
La situation économique générale, la crise du livre et le poids de nos frais fixes nous mettent vraiment en danger.
Comme nous disons en Belgique, l'union fait la force. Peut-être connaissez vous quelqu'un qui souhaite sous-louer une partie du magasin pour y installer un salon de thé, un espace de loisirs créatifs ou n'importe quel joli projet en accord avec la philosophie chaleureuse et familiale de notre librairie...
Quoi qu'il en soit, notre survie passe par chacun des livres que nous vendons, n'hésitez pas à encourager vos proches à le faire.
Acheter un livre dans une librairie indépendante est un choix de consommateur et un acte citoyen.
Merci de tout faire avec nous pour que la Licorne reste là.
Bien à vous.

Deborah"

Sa lettre n'est pas passée inaperçue et a obtenu de nombreux soutiens sur la toile. Il suffit d'aller visiter sa page Facebook.

Dont ce cri du cœur de Daniel Prinet, qui a travaillé chez Gallimard.
"Il ne faut pas que les Libraires indépendants disparaissent vous ne pourriez plus connaître ce plaisir d'aller flâner souvent et longtemps, entre les rayonnages et les tables des librairies, poser la main, humer tel ou tel livre, en faire courir les pages, imaginer l’intrigue, les protagonistes, parfois l’héroïne, avec qui, vous pourriez passer des heures sans vous lasser.
Venir dans une librairie n’est pas seulement pour cet échange de propos qui souvent se tisse avec le libraire, mais pour cet entretien muet que l’on a avec les livres. Le conciliabule invisible entre soi et tous les personnages que recèlent les histoires et qui continue bien au-delà du temps passé dans la librairie, en silence…"
La question de la survie de la librairie indépendante se pose avec d'autant plus d'acuité que débute aujourd'hui l'opération "Je lis dans ma commune".
La treizième édition se déroule du 23 avril au 4 mai et a pour thème "Lectures en mouvement". Le vaste programme en Belgique francophone est détaillé province par province ici.

Nouveauté 2014, ce n'est plus la firme Sodexo qui imprime les célèbres chèques-livres associés à l'opération mais la SPRL La Librairie du Web.

(c) Nicolas Simon.
Il s'agit du confortable chiffre de 8.500 chèques de dix euros chacun qui ont été remis, lors d'une cérémonie à Bruxelles et d'une autre en Wallonie, aux promoteurs des projets sélectionnés par un jury indépendant au cours des précédentes semaines. A charge pour les récipiendaires de les redistribuer autour d'eux.

Mais où les échanger? C'est là que le cœur du Syndicat des libraires francophones de Belgique a failli s'arrêter de battre. Car dans un premier temps, il n'était possible d'échanger lesdits chèques qu'auprès de l'organisme émetteur, La Librairie du Web!

Heureusement, quelques réunions plus tard, la raison semble être revenue. Il sera donc bien possible d'échanger les chèques-livres 2014  de "Je lis dans ma commune" auprès de l'ensemble des librairies labellisées par la Fédération Wallonie Bruxelles ainsi qu'à la Librairie du Web dont le site s'ouvre ce 23 avril.

Dernière minute du mercredi 23 avril!
Les librairies labellisées refusent de participer à "Je lis dans ma commune" 2014.
Voici le communiqué du Syndicat des Libraires francophones de Belgique.

"Le conseil d’administration du SLFB s’est réuni ce 22 avril 2014 à 19h30.

Il a décidé de rejeter la note de pré-accord proposé par l’asbl Texto et de ne pas s’engager dans un accord-cadre avec celle-ci. En conséquence, il ne proposera pas aux librairies labellisées d’accepter les chèques-livres émis par la SPRL "La librairie du web".

Ce rejet est dû au manque de confiance entre les parties.

Le fait que les chèques aient été émis par une SPRL ne garantit en rien leur remboursement aux libraires. Nous n’avons aucune garantie sur la fiabilité des chèques ni d’ailleurs sur leur nombre exact. Le système de remboursement proposé par Texto est compliqué et incertain. Les délais de remboursement sont trop longs et celui-ci est conditionné par l’obtention de subsides dont le SLFB ignore les conditions d’octroi.

Le SLFB déplore la mauvaise organisation de l’asbl Texto quant à la distribution des chèques-livres. Une société émettrice tierce et non liée commercialement aurait dû être choisie.

La seule solution acceptable pour le SLFB serait le retrait des chèques émis par La librairie du web et le remplacement de ceux-ci par des chèques émis par Sodexo ou à une société offrant le même type de service.

Le SLFB regrette cet état de fait pour les participants à "Je lis dans ma commune 2014" et est prêt à rechercher une solution pour l’opération 2015 qui aura été convenue à priori dans l’intérêt des lecteurs et la nécessaire sécurité des libraires.

Le SLFB remercie le cabinet de la Ministre Laanan pour son engagement dans la recherche d’une solution."



Coquetterie amusante, La Librairie du Web ne répond évidemment pas aux critères du label de "libraire de qualité". Elle est née, nous y dit-on, quelques heures avant l'ouverture officielle, "parce que le monde évolue et que le marché évolue aussi. Que les libraires ne couvrent pas l'ensemble du territoire. Que tout le monde ne va pas chez les libraires. Pour faire concurrence à Amazon. Pour privilégier les auteurs et les éditeurs belges francophones. Parce que cette librairie veut se faire une place sur la Toile".

Ah bon? Mais comment expliquer alors qu'on ne peut choisir les livres que dans le catalogue restreint mis en ligne? Des romans, des essais, des livres pratiques ou de développement personnel, des BD et de la jeunesse, mais provenant seulement du distributeur Interforum!

Quant aux prix, "ils sont ceux du marché", nous assure-t-on. Pratiquant donc la tabelle? Mais durant l'opération "Je lis dans ma commune", les frais de port sont offerts lors des achats à effectuer en ligne. Oui, sauf que sur la page d'ouverture de ladite Librairie du Web, différents titres sont annoncés en promotion avec 5% de ristourne sur le prix de base... français.

Une étrange façon de soutenir la librairie belge indépendante...

Dernière minute du jeudi 24 avril!

Interforum suspend ses livraisons à la Librairie du Web.
Le distributeur vient d'envoyer le communiqué ci-après à l’Agence Belga.
"Désireuse de ne pas porter préjudice à la librairie indépendante, Interforum a décidé de suspendre les livraisons à la Librairie du web, jusqu’au moment où un accord aura été trouvé avec les libraires indépendants dans le cadre de l’opération "Je lis dans ma commune".

Interforum tient à rappeler qu’elle ne se prévaut d’aucune exclusivité dans cette opération.

La Librairie du web étant un client, Interforum agit uniquement en tant que fournisseur et logisticien."