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jeudi 27 août 2015

Les petits ours vont aussi à l'école

La rentrée scolaire amène les éditeurs jeunesse à publier régulièrement des albums ayant l'école pour thème. Pourquoi pas s'ils sont bons?

Hasard des sorties, deux moyens formats envoient des jeunes ours en classe pour la première fois. Chacun à sa manière bien entendu.

J'ai nommé "Un ours à l'école" de Jean-
Luc Englebert (l'école des loisirs/
Pastel, 40 pages) et "Premier matin" qui est aussi le premier livre de Fleur Oury (Les fourmis rouges, 40 pages).

"Un ours à l'école" se déroule un peu plus tard dans la saison que la rentrée des classes, le dernier jour de l'automne précisément. Un petit ours se promène une ultime fois dans la forêt avant de plonger dans son sommeil d'hiver. Les délicates illustrations à l'aquarelle nous montrent cette balade heureuse, pimentée par la découverte d'une chose blanche et rouge, laineuse et douce, jolie et rigolote, accrochée  à une branche d'arbre...

La découverte de l'ourson. (c) Pastel.

Le héros pose sa découverte sur sa tête et poursuit sa promenade. Ses pas le mènent à une école. Une école avec des enfants qui ont le même bonnet que lui et l'accueillent immédiatement: "Oh, bonjour! Tu dois être le nouveau. Rentre vite, tu es en retard!" Une scène qui me fait penser à ce dialogue qui circule en ce moment sur les réseaux sociaux: un adulte demande à un enfant de maternelle: "Y a-t-il des étrangers dans ta classe?" "Non, répond l'enfant, il n'y a que des enfants!" 

L'arrivée à l'école. (c) Pastel.

Ensuite, c'est la classe, où l'ourson est conduit par une fillette à cheveux blonds bouclés qu'on jurerait avoir déjà vue dans la vraie vie. Juliette est une voisine de table charmante et la porte-voix du nouveau, dont la maîtresse va finir par découvrir qu'il est un ours - comme le titre du livre de Frank Tashlin. Et que sa maman doit sûrement le chercher partout.

Reconduit, l'ourson va attendre sa maman. (c) Pastel.

Voilà toute la classe, dûment chapeautée, en route vers la forêt pour rendre l'ourson à sa maman. L'ourse le retrouve vite, mais est pressée parce que la neige commence à tomber. Elle n'écoute guère ce que son petit lui raconte de sa journée d'école mais le ramène au chaud. Lui, épuisé par toutes ces aventures, s'endort sur le dos de sa mère et ne se rend pas compte de l'incident qui permet à l'album de repartir en boucle.

Voilà un album qu'on a plaisir à lire et relire. Jean-Luc Englebert a imaginé une très jolie histoire d'école, différente de ce qu'on lit d'ordinaire, suffisamment ouverte pour y accueillir de nombreux jeunes lecteurs. Et comme toujours, ses aquarelles de toutes les tailles sont des merveilles de douceur et d'expressivité.

* *
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Petit Ours n'a pas trop envie de se lever pour la rentrée. (c) Les fourmis rouges.

Dans "Premier matin", Fleur Oury choisit un thème classique, la première rentrée des classes, mais le transpose chez les ours, croit-on en lisant les premières pages, chez l'ensemble des animaux, comprend-on ensuite. C'est le matin et Petit Ours a bien de la peine à se lever. Il se cache sous les fougères, un des nombreux éléments de nature que l'auteure, biologiste de formation, glisse dans ses magnifiques pages sur fond blanc. L'ours adulte, papa ou maman on ne sait pas mais qu'importe, l'interroge: "Mais que se passe-t-il, Petit Ours?" Quelques câlins amènent la réponse: "Je ne veux pas aller à la rentrée des classes."

L'album se poursuit à la fois dans les images qui montrent la tendresse et l'attention d'un(e) adulte pour son petit, il (elle) le cajole, joue avec lui, autant d'encouragements silencieux, et dans le monologue de Petit Ours qui énonce toutes ses craintes par rapport à l'école. Entre-temps, on avance sur le chemin de l'école, non sans déguster quelques fruits et croiser d'autres paires enfant-adulte.

On joue et on se parle sur le chemin de l'école. (c) Les fourmis rouges.

Vient ensuite la réponse apaisante de Grand(e) Ours(e), "C'est normal d'avoir peur, Petit Ours", en parallèle à d’autres jeux sur le chemin (la boue, il n'y a que ça). Une réponse détaillée aussi qui évoque tout ce que l'école va apporter de bon au jeune ours, petit à petit, à son rythme. Avec en fil rouge l'idée que "Mais surtout, tu vas t'amuser et grandir."

Petit Ours n'est pas le seul nouveau de l'école. (c) Les fourmis rouges.

Les nouveaux sont désormais nombreux en face de l'école qu'on ne voit jamais, de toutes espèces animales, dans un décor toujours aussi luxuriant. Il est alors temps de dire "à ce soir"... Fleur Oury signe un très joli album sur la première rentrée, doux et apaisant, extrêmement bien construit et à l'excellent rapport texte-images. Il n'élude pas les craintes habituelles et offre d'excellentes réponses, incitant les enfants à découvrir et à grandir. Et j'ajouterai encore que "Premier matin" est remarquablement illustré dans un style naïf qui n'a rien de naïf.

Et encore...

Stephanie Blake
Nultiplications
L'école des loisirs, 40 pages

Les problèmes de Simon avec les tables de multiplication. Plus précisément, la manière dont le lapin blanc résout son problème avec les tables de multiplication. En passant de l'abstrait au concret. Ce qui est aussi une excellente manière de gagner aux billes. Vécu, rigolo et encourageant.


Davide Cali et Benjamin Chaud
Je suis en retard à l'école parce que...
traduit de l'anglais par Sophie Giraud
Hélium, 40 pages

Dans l'esprit du précédent "Je n'ai pas fait mes devoirs parce que...", un catalogue d'excuses à présenter en cas de retard à l'école, à condition de ne pas éclater de rire car elles sont graves: fourmis géantes, voisins guerriers, démons ninjas, majorettes... Et ce n'est que le début de cette incroyable succession de situations abracadabrantes proposées à la maîtresse, laquelle n'est guère impressionnable, la raison dans la dernière image.


Mim et Nathalie Choux
Ouvre la porte de mon école
Albin Michel Jeunesse
16 pages qui se déplient

Un livre à rabats plein de suspense et de surprises pour les plus jeunes. On visite toutes les classes de l'école maternelle où le matériel disparaît comme par enchantement. Plus de peinture ici, plus de stylos là, ni de cerceaux, ni de papier de toilette... Mais il faut regarder les pages avec attention, plein de disparitions s'expliquent déjà en cours de route avant le bouquet final! Joyeux, vivant et coloré.


Bruno Heitz
A l'école de Louisette
Casterman, 104 pages

Une compilation de trois bonnes histoires de Louisette la taupe, héroïne appréciée des écoliers, publiées en solo précédemment. A savoir "Et un raton-laveur!" (tome 4, 2008), "Mouton circus" (tome 3, 2007) et "L'heure du Grimm" (tome 8, 2011). Humour, aventure et un brin d'actualité.



Laurence Salaün avec Emmanuelle Cueff
Gilles Rapaport
A l'école, il y a des règles!
Seuil Jeunesse, 72 pages

L'école est le lieu où les maîtresses répètent inlassablement les mêmes choses, à propos du "bonjour", des retards, des récrés, des pots de colle, des gros mots... Une auteure, une enseignante et un illustrateur ont listé 36 sujets dans les plus répétés et les ont édictés en "règles" à lire par tous les écoliers, petits ou grands. Drôle, si on adhère à ce projet d'école.



Ont déjà été à l'école avec succès. Ou pas.
  • un chien dans "Chien Pourri à l'école" de Colas Gutman et Marc Boutavant (Mouche de l'école des loisirs, 2014)
  • un lapin, Simon, dans "Je veux pas aller à l'école" de Stephanie Blake (l'école des loisirs, 2008), un autre dans "Petit Lapin va à l'école" de Harry Horse (l'école des loisirs/Pastel, 2004)
  • un ourson dans "Calinours va à l'école" de Frédéric Stehr et Alain Broutin (l'école des loisirs, 1994)
  • la fille du roi dans "Même les princesses doivent aller à l'école" de Susie Morgenstern (Mouche de l'école des loisirs, 2008)
  • un dragon dans "Charles à l'école des dragons" (Seuil, 2010)
  • un âne dans "Trotro va à l'école" de Bénédicte Guettier (Gallimard Jeunesse, 2001)
  • une souris dans "Juliette s'inquiète" de Kevin Henkes (Kaléidoscope, 2002, Folio cadet, 2012)
  • un raton-laveur dans "Timothée va à l'école" de Rosemary Wells (l'école des loisirs, 2007, Folio Cadet, 2012)
  • un ornithorynque dans "Mais où est donc Ornicar?" de Gérald Stehr et Willi Glausauer (l'école des loisirs, 2000)
  • un jeune félin dans "L'école d'Eliott" de Françoise de Guibert et Olivier Latyk (Gallimard Jeunesse, 2014)
  • un petit loup dans "Un monde de cochons" de Mario Ramos (l'école des loisirs/Pastel, 2005)
  • des animaux dans "La rentrée des animaux" de Samir Senoussi et Henri Fellner (Gallimard Jeunesse, 2013) 
  • des enfants dans "Nous, on va à l'école en dinosaure!" de Julia Liu et Bei Lynn (Rue du monde, 2010), d'autres dans "A l'école" de Pittau et Gervais (Seuil, 2003)
  • une fillette dans "Rita et Machin à l'école" de Jean-Philippe Arroud-Vignod et Olivier Tallec (Gallimard Jeunesse, 2012)
  • et même les lettres dans "A l'école de l'alphabet" de Lionel Koechlin (Mango, 2013)



vendredi 14 février 2014

LM trop les excuses de Benjamin Chaud

Surtout quand lesdites excuses justifient le fait qu'on n'a pas fait ses devoirs. Parce que oui, il y a plein d'écoles qui donnent plein de devoirs à faire. Mais il y en a aussi qui n'en donnent pas, parce qu'elles estiment qu'il y a le temps pour l'école et le temps pour la maison. Même que tous les parents n'aiment pas cette espèce d'observation, alors que la romancière jeunesse Marie-Aude Murail l'a toujours  justifiée. A l'oral et à l'écrit.

Ainsi, dans "Qui a peur de Madame Lacriz?" (L'école des loisirs, Mouche, 1996, épuisé), parfait pour les lecteurs débutants, la romancière jeunesse donne l'impression de régler ses comptes avec l'école. "Absolument", me confirmait-elle au moment de la parution du livre. "En tant qu'écrivain pour la jeunesse, je veux apporter ma part dans un débat de société. J'ai des choses à dire sur les mœurs scolaires: quand on a fait sa journée à l'école, est-ce fini ou faut-il faire une deuxième journée d'école à la maison?" A son sens, cette question renforce l'inégalité entre les enfants: "Mon petit garçon avait, l'an dernier, un copain beur dont les parents étaient analphabètes. Quand l'institutrice demande de trouver des illustrations sur la différence entre l'art roman et l'art gothique [fait repris dans le roman], je ne vois pas bien comment la maman de Loumir va s'y prendre. Parler d'une école égalitaire, c'est se ficher de la tête des gens: les devoirs à la maison renforcent l'inégalité."

Mais bon puisque les écoles donnent donc souvent des devoirs à faire à la maison, cela nous permet de savourer le nouvel album de Davide Cali et Benjamin Chaud, "Je n'ai pas fait mes devoirs parce que..." (Hélium, 44 pages). Un moyen format plus que croquignolet où, ouf, personne n'est à poil et où il n'est pas question de genre.
Heureusement qu'un certain JFC ne l'a pas encore lu. Ne pas faire ses devoirs! Cette incitation à la rébellion scolaire ne devrait-elle pas être condamnée? Le jour où lui et ceux de son espèce comprendront qu'il vaut mieux vivre des aventures ou des expériences par procuration dans un livre plutôt que dans la vraie vie, la littérature de jeunesse tournera sans doute de nouveau rond.

L'histoire commence...
 En attendant le verdict présidentiel, même si JFC ne préside qu'un parti, ne boudons pas notre plaisir. Car si "Je n'ai pas fait mes devoirs parce que..." est un catalogue exquis d'excuses plus abracadabrantes les unes que les autres, celles que présente successivement le héros à sa maîtresse de classe, l'album est plus qu'une imagination chauffée à blanc. Il joue habilement avec mille situations bien connues des enfants, ou des parents, il s'amuse avec les mots et tous ces faits que rapportent constamment les médias... Jusqu'à la finale qui nous ramène au début de l'histoire.

C'est comme si Davide Cali et Benjamin Chaud s'étaient livrés à un concours d'inventivité. Textes et images nous emportent dans un tourbillon de situations les plus folles les unes que les autres, et pourtant tellement logiques, partant la plupart du temps du quotidien des enfants. Même qu'on pourrait trouver un air de bienvenu marabout-bout-de-ficelle aux pages de leur album.

Tout commence quand la maîtresse dit: "Dis-moi, pourquoi n'as-tu pas fait tes devoirs?" Ensuite, c'est le déluge: un avion plein de singes qui atterrit dans le jardin, le robot qui détruit le jardin, les elfes qui cachent les crayons... Et ce n'est que le début de cette folle envolée délirante où un aimable teckel surgit dans chaque dessin tandis que Chaussette, le lapin héros de Benjamin Chaud, fait aussi une apparition.

Chien et chat sont convoqués.

Vraiment, "Je n'ai pas fait mes devoirs parce que..." est bien plus que l'aimable fantaisie qu'il paraît être au premier abord. Il est aussi un constat sociologique sur le mode humoristique de l'état des interrogations de nos familles, de la soucoupe volante aux Vikings, en passant par les reptiles géants, l'inquiétant sirop pour la toux et la machine-à-faire les devoirs. Plein d'autres trouvailles encore que je vous laisse le soin de découvrir dans les impeccables dessins de Benjamin Chaud, visiblement à l'aise dans tous les formats.

Juste encore une excuse pour le plaisir, quand un manchot égaré oblige le narrateur à le raccompagner au pôle Nord, ce qui est bien entendu une erreur puisque les manchots vivent au pôle Sud, mais a rendu le voyage encore plus long!

Pôle Nord? Oui? Non! Pôle Sud alors.




lundi 18 novembre 2013

LAV rifié son cartable: il est plein de livres

Son cartable est plein d'albums et de romans qui parlent de l'école, oui, mais pas d'albums-médicaments, sensés "dédramatiser" l'expérience des ces pauvres jeunes enfants. A moins que ce ne soit celle de leurs parents? Evoquons plutôt des nouveautés qui ont fait de l'école leur sujet. Point à la ligne. Et qui s'inscrivent dès lors dans la littérature. Et dont on peut donc encore parler après la rentrée scolaire. Pareil pour les romans.

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La quatrième de couverture de "La tête en vacances". (c) Actes Sud Junior.

Ci-dessus, l'image qui fait le plus chaud au cœur et  déride le mieux le cerveau. Elle apparaît en quatrième de couverture de "La tête en vacances" (texte de Vincent Cuvellier, illustrations d'Anne Laval, Actes Sud Junior, 32 pages). Une histoire d'école buissonnière assez originale, avec d'extra plagistes circulant en pleine ville.


Le jour de la rentrée scolaire. (c) Actes Sud Junior.
Tout l'album est sympa d'ailleurs avec cette famille classique (papa, maman, fils, fille) qui vient de rentrer de vacances mais a laissé sa tête là-bas. Le jour de la rentrée scolaire, quand le jeune narrateur est réveillé par son père, il règne une drôle d'atmosphère dans les pièces: huile solaire, maillot de bain, masque de plongée, corne de brume...

Et c'est en tenue de plage, maillot, parasol, seau et bouée, que père et fils prennent le chemin de l'école. En route, pile en face de l'institution scolaire, ils se rappellent qu'ils n'ont plus vu les canards de l'étang depuis longtemps. Ils ne vont pas croiser que les volatiles au bord de l'eau! Tout le petit monde de l'école semble s'être donné rendez-vous dans le parc pour une journée de rentrée peu ordinaire.

Le texte de Vincent Cuvellier apporte de l'air frais à la rengaine qu'est la rentrée scolaire, et glisse des allusions que seuls les plus de 40 ans comprendront, comme celle d'enlever le haut et le bas... Les illustrations d'Anne Laval sont extrêmement plaisantes. En format à l'italienne et à bord perdu, expressives et colorées, elles suivent habilement le rythme du texte, fourmillant de détails ou se faisant plus sobres selon les épisodes.

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Vincent Malone, l'autoproclamé "roi des papas", doit beaucoup aimer l'école! Il signe les textes de deux albums sur le sujet. Un grand format bien épais, "Avant quand y avait pas l'école", illustré par André Bouchard (Seuil Jeunesse, 48 pages), écho au précédent "Quand papa était petit, il y avait des dinosaures"  du duo (Seuil Jeunesse, 2003, réédité cette année pour les vingt ans de la maison d'édition). Et un petit, "Kiki kiffe l'école", illustré par Jean-Louis Cornalba (Seuil Jeunesse, 32 pages), où on retrouve le pingouin Kiki, le king de la banquise.

(c) André Bouchard/Seuil.
Vincent Malone décoiffe des deux côtés mais différemment. Dans "Avant quand y avait pas l'école", formule qui deviendra la ritournelle de l'album, il imagine le temple du savoir au temps de la préhistoire tout en glissant des piques à l'actuel - que les adultes lecteurs apprécieront.

L'anachronisme est solidement maîtrisé. Du cours d'arts plastiques aux interros surprises en passant par la signification de Pi (3,1416 etc.), les paquets de céréales du petit déjeuner ou les centres aérés, le duo auteur-illustrateur a concocté des pages débordant de drôlerie et d'humour, pour peu qu'on les regarde de près - c'est, rappelons-le, le rapport texte-images qui fait l'album pour enfants. Exemple: "Avant, quand y avait pas l'école, les grenouilles ne se laissaient pas encore disséquer sans rien dire."

Bref, on s'amuse beaucoup et on croise quelques notions d'histoire. Surtout, on réfléchit en rigolant au sens de l'école! Les dessins très variés sont un régal d'inventivité par rapport à la pseudo-sobriété des textes. Et bien entendu, on rencontre beaucoup de dinosaures en tous genres, puisque que "Quant papa était petit, il y avait des dinosaures" et que c'est forcément quand papa était en âge d'école qu'il y en avait.


Kiki est très fort avec les cubes à lettres. (c) Seuil Jeunesse.
Dans l'autre titre, en  petit format carré,"Kiki kiffe l'école", Vincent Malone envoie Kiki,
3 ans et quelques mois, vivre sa première rentrée scolaire. Le moins qu'on puisse dire, c'est que le futur "King de la banquise" n'en mène pas large à ses débuts d'écolier. Malgré sa "casquette et ses baskets Naïke". Malgré son cartable que l'enfant-lecteur l'a aidé à préparer.

A noter que toutes les pages sont partagées en deux espaces, l'un dédié à Kiki, l'autre étant réservé à d'autres habitués de la banquise.

On le voit partir vers l'école, conduit par son père en scooter des neiges  - la casquette est joliment posée sur son casque. Check avec les copains, discours du directeur, passage obligé par le casier, et voilà que débute la journée de classe. Madame Cochon se révèle être une institutrice à toute épreuve. Puis, c'est la récré et le retour à la vie réelle. Heureusement, la cantine arrive vite. Elle sera suivie d'une après-midi plutôt cool, sauf à la fin où c'est "quartier libre"!

Bref, le lecteur est de nouveau invité à remettre un peu d'ordre, dans la classe cette fois. Et Kiki rentre chez lui: "L'école, c'était trop cool!" Oui, mon petit Kiki, mais il y a un tout petit hic...

Voilà un petit album ultra-drôle que devraient beaucoup aimer les adultes fans de Philippe K. Dick, ainsi  que l'indique son bandeau.

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Toujours aussi surprenant, Jacques Duquennoy envoie cette fois ses fantômes chéris et célèbres à l'école. Cela donne "L'école fantôme" (Albin Michel Jeunesse, 48 pages) évidemment. Toujours en format à l’italienne et dans la logique fantôme désormais bien établie au fil des titres.

Dès les pages de garde, on voit la petite troupe en blanc, Henri, Lucie, Georges et Edouard, dûment équipée de cartables colorés se pointer à l'école à minuit. Ils vont bien entendu à l'Ecole Fantôme et leur professeur ne peut s'appeler autrement que Passe-Passe. On va suivre toutes les découvertes des jeunes fantômes dans ce nouvel album. Non, ils ne doivent pas entrer en classe par la porte mais traverser le mur!

Entrer en classe. (c) Jacques Duquennoy/Albin Michel Jeunesse.

On le sait, leurs cours se déroulent la nuit. Au programme: déplacer un objet à distance, devenir invisible, changer de salle de cours... Des exercices somme toute banals, même s'ils s'avèrent difficiles pour notre quatuor et dépaysants pour leur enseignant. Ce dernier leur présente Filoute, une petite araignée de 3 mm et 1 gramme, tout juste née et qu'ils vont observer. Les leçons se compliquent néanmoins au fur et à mesure qu'avance la journée: ressusciter des plantes mortes pour en faire des immortelles, entraînement au vol, cours d'astronomie etc., jusqu'à la finale inattendue et inquiétante un petit moment. Après tout cela, fantômes et lecteurs auront bien mérité une récréation.

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Peu de textes mais beaucoup d'images, tendres et amusantes, souvent sur double page, à décrypter dans "La rentrée des animaux", de Samir Senoussi et Henri Fellner pour les illustrations (Gallimard Jeunesse, 40 pages). On suit avec plaisir durant une journée d'école tous ces animaux d'espèces différentes, avec leurs logiques et leurs modes de fonctionnement particuliers, en classe, à la cantine et à la récré.

Les amateurs de gym. (c) Gallimard Jeunesse.
Déjà, l'arrivée à l'école est sympathique, qu'ils soient sur deux, quatre ou aucune patte, équipés d'un cartable sauf le chameau qui en a deux. A l'entrée en classe, d'autres surprises attendent le lecteur, le caméléon qui prend les teintes des flacons de couleurs, le crabe qui fait de la musique, les amateurs de pirouettes et de gymnastique.

Au repas, le tamanoir aimerait bien quelques fourmis dans ses épinards... La sieste, c'est pour tout le monde, sauf pour les lucioles.

La récré amène d'autres réactions mais la journée de classe se termine et les parents viennent rechercher leurs enfants.

Beaucoup de bonne humeur dans cet album qui transpose les émotions enfantines chez les différentes espèces animales.

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Apprendre à conjuguer le verbe "m'embêter"'est la suggestion "Je, tu, il m'embête", le nouvel album de Michel Van Zeveren (L'école des loisirs/Pastel, 32 pages), un moyen format qui se déroule aussi dans une classe d'animaux. Tout débute par un soupir de Petit Loup, affalé sur son banc: "Je m'embête..." La porte s'ouvre et le Lion entre: "Toc! Toc! Est-ce que je peux vous embêter une seconde?" demande-t-il à l'instituteur qui quitte sa classe: "Attention! Pas de bêtises, les enfants!"


Mouais, c'est ce qu'on va voir... Petit Loup donne le signal du départ: "C'est pas bête d'embêter quelqu'un quand on s'embête!" Et il empoigne les oreilles du lapin. S'ensuit une chaîne d'embêtants et d'embêtés, chacun empoignant les oreilles d'un autre. A noter que les animaux ne sont pas représentés à leur échelle habituelle, permettant des situations inattendues, au moins jusqu'au retour en classe de l'instituteur...

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Et enfin deux nouveau romans illustrés sur l'entrée au collège, la fameuse "sixième" des Français, la sixième primaire des Belges.

"Trop classe la sixième!" de Robin  Mellom, illustré par Stephen Gilpin (traduit de l'américain par Sabine Boulongne, Seuil Jeunesse, 296 pages) apparaît fabriqué. Peut-être parce que l'auteure, une ancienne institutrice américaine, s'est inspirée de ses élèves pour créer le personnage de Trevor Jones? Ou parce qu'elle a fait le choix du pseudo-reportage pour raconter la rentrée en sixième catastrophique et donc comique de son héros? C'est un peu comme si on retrouvait une télé dans le livre.

Par contre, "Le petit Gus au collège", de la géniale car finement observatrice Claudine Desmarteau (Albin Michel Jeunesse, 172 pages), respire le vécu. Comme tous les ouvrages de cette auteure-illustratrice qui pique sans se moquer. La réalité, la sienne sans doute, complétée de celle des enfants, apparaît pimentée d'humour grinçant, adoucie de tendresse pour les membres de la famille, et relevée de vocabulaire et de gros mots au goût du jour.

Qu'on est content de retrouver le petit frère de Romain et Delphine, héros attachant, qu'on a appris à connaître dans les trois volumes précédents! Enfin, le petit Gus a grandi. Il n'a plus dix ans comme précédemment. Au contraire, il entre en adolescence, et malgré le titre, c'est cela le sujet de cet excellent roman éclairé de nombreux dessins.

Les hormones de la puberté font leur travail, amènent leur lot de questions et de sentiments. Notre chouchou entre dans la cour des grands, avec les profs salauds, les filles effrayantes, les garçons fanfarons. Mais il reste lui-même, sympa, vif, avec sa manière bien particulière de considérer les choses et de les raconter. Comme le Petit Nicolas photographiait la cour de l'école des années 60, le Petit Gus photographie celle des années 2010.
Un roman décapant et réjouissant, plein d'anecdotes croquignolettes.

Les conseils du frère. (c) Claudine Desmarteau/Albin Michel.

Le souvenir laissé par la sœur. (c) Claudine Desmarteau/Albin Michel.
Le premier jour, hormones non synchrones. (c) Claudine Desmarteau/Albin Michel.




Et il restera toujours l'incontournable roman de Susie Morgenstern, "La sixième" (L'école des loisirs, Neuf), qui fêtera ses trente ans l'an prochain. Même que cela ne se voit pas.
"Mon plus grand best-seller dicté par ma fille Mayah en sixième", en dit la romancière.
Un excellent bouquin pour préparer ou pour se souvenir de cette année "terrible" (à prononcer à haute voix avec le RRRR des anglophones).