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mardi 4 novembre 2025

Les prix Vendredi à deux romancières

Annonce des lauréats qui sont des lauréates.
 
Dix titres étaient en lice, dix romans pour adolescents (lire ici). C'est Solène Ayangma qui remporte le prix Vendredi 2025 (3.000 euros) avec "Les Frontières écarlates" (Talents Hauts), établi par un jury professionnel. Elle le rejoindra l'an prochain. En l'absence physique de la lauréate, c'est son éditrice Justine Haré qui a lu quelques mots rédigés par l'autrice: "L'écriture, pour moi, est plus qu'une passion. C'est une amie, un refuge. Quel bonheur que d'être récompensée pour quelque chose qui m'anime tant!" 

"Les frontières écarlates" est une romantasy portée par deux héroïnes radicalement opposées, qui devront s'unir pour faire triompher la vérité... Complots, amour et manipulation. Aux confins de l'Empire de Thyr et du royaume de Bakara s'étendent les Frontières écarlates, terre ravagée par la guerre qui sévit entre les deux nations depuis qu'un culte barbare a renversé la monarchie.
C'est ce que croyait Raia, fille du commandant des armées thyriennes, jusqu'à ce que Nyx, une espionne bakaréenne, assassine son père sous ses yeux et ne la fasse prisonnière. Détenue dans la somptueuse ville de Solilem, Raia découvre une civilisation raffinée, une ville moderne et une geôlière… bien difficile à haïr. Pendant ce temps, à Ashèr, la capitale de Thyr, le bel Helios, agent de Bakara et rival de Nyx, est tout près d’accomplir sa mission et d'assassiner les empereurs jumeaux..
 
Quant au roman "Le Silence est à nous", de Coline Pierré (Flammarion Jeunesse), il est le lauréat du prix Vendredi Pass Culture (1.000 euros), un prix de lecteurs. Sur Instagram, l'autrice le présente:  
"C'est un récit en vers libre pour grands adolescents et adultes, un livre de révolte, d'indignation, qui parle des silences: ceux qu'on garde, ceux qu'on impose, ceux qu'on empêche, qu'on exige, et celui que mes personnages vont reprendre, comme une manière de retourner le stigmate face à ceux qui ne veulent pas les entendre.
J'ai voulu questionner notre rapport à la parole: dans une société où toute révolte passe par la nécessité de manifester, de s'imposer, de faire du bruit, quelle place reste-t-il pour les timides, les discret·es et les introverti·es? Et puis en regard de ces injonctions à la parole, savons-nous vraiment écouter? Que deviennent les mots que personne n'écoute?
C'est aussi un livre qui parle du paradoxe et de la contradiction, de ce qu'on ressent quand nos actions ne sont pas à la hauteur de nos idéaux, qui dit ce qu'on vit quand on veut à la fois passer inaperçu et revendiquer sa place singulière dans le monde, ce que ça nous fait dans le ventre quand on nous intime à parler haut et fort tout en n'écoutant pas, ce que c'est que de grandir et d'envisager l'avenir dans un monde qui est en train de s'autodétruire, qui raconte combien parfois on écoute mal malgré toute notre bonne volonté, et ce que le silence peut provoquer comme bruit."

 Pour en lire le début en ligne, c'est ici.

 

Palmarès

2024 Maureen Desmailles pour "La chasse" (Ed. Thierry Magnier, lire ici) et Anne Loyer pour "Charbon bleu" illustré par Gérard DuBois (D'eux, lire ici)
2023 Claudine Desmarteau pour "Au nom de Chris" (Gallimard Jeunesse)
et Arnaud Cathrine, prix Vendredi - Jury des jeunes Pass Culture pour "Octave" (Robert Laffont)
2022 Claire Castillon pour "Les Longueurs" (Gallimard Jeunesse, lire ici)
2021 Sylvain Pattieu pour "Amour chrome" (l'école des loisirs, lire ici)
2020 Vincent Mondiot, pour "Les Derniers des Branleurs" (Actes Sud junior, lire ici)
2019 Flore Vesco, pour "L'Estrange Malaventure de Mirella" (l'école des loisirs, lire ici)
2018 Nicolas de Crécy, pour "Les amours d'un fantôme en temps de guerre " (Albin Michel, lire ici)
2017 Anne-Laure Bondoux, pour "L'Aube sera grandiose" (Gallimard, lire ici
 
 
 

vendredi 5 septembre 2025

Les romans en lice pour le prix Vendredi 2025

La sélection 2025 du prix Vendredi.

 
Créé en 2016 par le groupe des éditeurs jeunesse du Syndicat national de l'édition (SNE) et désigné pour la première fois en 2017, le prix Vendredi (lire ici) récompense chaque année un ouvrage francophone destiné aux plus de 13 ans, et publié entre le 1er octobre de l'année précédente et le 30 septembre de l'édition en cours à compte d'éditeur. Il est choisi par un jury de professionnels. Nous voilà déjà à sa neuvième édition.
 
La Fondation d'entreprise La Poste, partenaire historique du Prix, dote le Prix Vendredi d'une enveloppe globale de 3.000 euros.
 
 
Les dix titres sélectionnés
(par ordre alphabétique des titres) 
  • "A croquer", Anne-Fleur Multon (Ed. Thierry Magnier)
  • "Célèbre à en mourir, Alain Gagnol (Syros)
  • "Dans le ventre de Fianna Sinn", Fanny Chartres (l'école des loisirs)
  • "Francœur", Marie-Aude Murail et Constance Robert-Murail (l'école des loisirs)
  • "La Part du vent", Nathalie Bernard (Ed. Thierry Magnier)
  • "Les Frontières écarlates", Solène Ayangma (Talents Hauts)
  • "Le Silence est à nous", Coline Pierré (Flammarion Jeunesse)
  • "Nina perd le Nord", Céline Gourjault (Seuil jeunesse)
  • "Sainte-Marie-des-Haines-Infinies", Louise Mey (La ville brûle)
  • "Véda s'en va", Sarah Maeght (Albin Michel)
 
 
Jury du prix Vendredi
  • Raphaële Botte, journaliste spécialisée en littérature jeunesse pour "Télérama"
  • Maureen Desmailles, autrice lauréate du Prix Vendredi 2024
  • ​Marie Desplechin, journaliste et autrice de livres jeunesse et adultes
  • Emmanuelle Kabala, responsable des romans au CNLJ.
  • Lucie Kosmala, journaliste et formatrice spécialisée en littérature jeunesse.
  • Tom Lévêque, auteur et spécialiste de la littérature adolescente
  • Cécile Ribault-Caillol, journaliste littéraire
  • Anne Ricou, rédactrice en chef adjointe du magazine "Je Bouquine"
  • Simon Roguet, libraire à la librairie M'Lire, Laval.​
 
Prix Vendredi des lecteurs du pass Culture (3e édition)
Une collaboration entre le Prix Vendredi et le pass Culture a été initiée en 2023 et donne lieu à la création du Prix Vendredi des lecteurs du pass Culture. Ce prix est remis par un jury composé de neuf jeunes lecteurs et lectrices (15 à 19 ans) issus de différentes régions et bénéficiaires du pass Culture.
 
La remise du Prix en présence des auteurs et éditeurs aura lieu le mardi 4 novembre à 11 heures à la médiathèque Françoise Sagan (8 rue Léon Schwartzenberg, 75010 Paris). Deux heures avant l'annonce du prix Goncourt chez Drouant!
 

Palmarès

2024 Maureen Desmailles pour "La chasse" (Ed. Thierry Magnier, lire ici) et Anne Loyer pour "Charbon bleu" illustré par Gérard DuBois (D'eux, lire ici)
2023 Claudine Desmarteau pour "Au nom de Chris" (Gallimard Jeunesse)
et Arnaud Cathrine, prix Vendredi - Jury des jeunes Pass Culture pour "Octave" (Robert Laffont)
2022 Claire Castillon pour "Les Longueurs" (Gallimard Jeunesse, lire ici)
2021 Sylvain Pattieu pour "Amour chrome" (l'école des loisirs, lire ici)
2020 Vincent Mondiot, pour "Les Derniers des Branleurs" (Actes Sud junior, lire ici)
2019 Flore Vesco, pour "L'Estrange Malaventure de Mirella" (l'école des loisirs, lire ici)
2018 Nicolas de Crécy, pour "Les amours d'un fantôme en temps de guerre " (Albin Michel, lire ici)
2017 Anne-Laure Bondoux, pour "L'Aube sera grandiose" (Gallimard, lire ici)
 
 
 

jeudi 12 septembre 2024

Qui aura le prix Vendredi 2024?


Créé en 2016 par le groupe des éditeurs jeunesse du Syndicat national de l'édition (SNE) et désigné pour la première fois en 2017 (lire ici), le prix Vendredi récompense chaque année un ouvrage francophone destiné aux plus de 13 ans, et publié entre le 1er octobre de l'année précédente et le 30 septembre de l'édition en cours à compte d'éditeur. Depuis l'an dernier existe une collaboration entre le Prix Vendredi et le pass Culture qui a donné lieu à la création du prix Vendredi - Jury des jeunes pass Culture. Ce Prix est remis par un jury composé de sept jeunes lecteurs et lectrices issus de différentes régions et bénéficiaires du pass Culture. La Fondation d'entreprise La Poste, partenaire historique du Prix, dote cette année le Prix Vendredi d'une enveloppe globale de 3000 euros.

Malgré quelques divergences, le jury 2024 du prix Vendredi, composé des journalistes Raphaële Botte ("Mon Quotidien", "Lire" et "Télérama"), Philippe-Jean Catinchi ("Le Monde"), Françoise Dargent ("Le Figaro"), Cécile Ribault-Caillol, des autrices Claudine Desmarteau, lauréate 2023, ​Marie Desplechin, de l'auteur Tom Levêque, de la critique Nathalie Riché, et du libraire Simon Roguet, a su, nous dit-on,  trouver un terrain d'entente, pour livrer une sélection "qui reflète la diversité du lectorat", avec des titres "de qualité, audacieux et originaux".
 

Les dix titres sélectionnés

  • "Charbon bleu" d'Anne Loyer (Éditions D'eux)
  • "Des Jours comme des nuits" de Sébastien Joanniez (Rouergue)
  • "Deux mois chez Andréa" de Julien Dufresne-Lamy (Nathan)
  • "Infiltré" de Laurent Petitmangin (Actes Sud Jeunesse)
  • "La Cabane" de Ludovic Lecomte (l'école des loisirs)
  • "La Chasse" de Maureen Desmailles (Editions Thierry Magnier)
  • "La Louve" d’Antonin Sabot (Talents Hauts)
  • "Les Coquillages ne s’ouvrent qu'en été" de Clara Héraut (Hachette)
  • "Reine de l'Ouest" de H. Lenoir (Sarbacane)
  • "Vindicte" de Gildas Guyot (Faction)

 
Les prix Vendredi 2024 seront remis à Paris le 5 novembre.


Palmarès

2023 Claudine Desmarteau pour "Au nom de Chris" (Gallimard Jeunesse)
et Arnaud Cathrine, prix Vendredi - Jury des jeunes Pass Culture pour "Octave" (Robert Laffont)
2022 Claire Castillon pour "Les Longueurs" (Gallimard Jeunesse, lire ici)
2021 Sylvain Pattieu pour "Amour chrome" (l'école des loisirs, lire ici)
2020 Vincent Mondiot, pour "Les Derniers des Branleurs" (Actes Sud junior, lire ici)
2019 Flore Vesco, pour "L'Estrange Malaventure de Mirella" (l'école des loisirs, lire ici)
2018 Nicolas de Crécy, pour "Les amours d'un fantôme en temps de guerre " (Albin Michel, lire ici)
2017 Anne-Laure Bondoux, pour "L'Aube sera grandiose" (Gallimard, lire ici)
 
 

jeudi 30 novembre 2023

Les Pépites du Salon de Montreuil


Hier, mercredi 29 novembre, jour d'ouverture du 39e Salon du livre et de la presse jeunesse en Seine-Saint-Denis a été révélé le palmarès des Pépites dont les vingt titres finalistes se trouvent ici. A le découvrir, on constate qu'un seul album jeunesse est primé, sur la production de toute une année. Pas que le roman lauréat de la Pépite d'or soit mauvais, loin de là, mais ne serait-il pas utile de porter l'attention sur davantage de livres illustrés pour lecteurs plus jeunes?

Palmarès

La Pépite d'or,

attribuée par un jury de critiques littéraires (Raphaële Botte de Télérama, Émile Bravo, auteur-illustrateur et président du CPLJ-93, Alexis Demeyer de France Inter, Charline Guerton Delieuvin de Libération, Laurence Houot de Franceinfo Culture, Laurent Marsick de RTL, Lucille Prost de la librairie Matière Grise à Montrouge, Cécile Ribault Caillol de Franceinfo et Sylvie Vassallo, directrice du Salon du livre et de la presse jeunesse en Seine-Saint-Denis,

va au roman "Nous traverserons des orages", d'Anne-Laure Bondoux (Gallimard Jeunesse). 

 

 

 

 

 


Les quatre autres Pépites ont été décernées par 36 jeunes lecteur·rice·s de 8 à 18 ans, choisi·e·s parmi les 800 candidatures de cette année.

Pépite livre illustré

"Des papillons dans la nuit", d'Olivier Ka et Christophe Alline (Les Grandes Personnes).

 

 

 

 

 


Pépite fiction junior

"Ottoline et le vétérinaire des monstres", de Yann Apperry et Laurent Gapaillard (PKJ).


 

 

 

 

 

Pépite bande dessinée

"Sans panique", de Coline Hégron (Delcourt).

 

 

 

 

 

 

 

Pépite fiction ados

"Oxcean", de Nicolas Michel (Talents Hauts).






samedi 14 mai 2022

La Kafala, forme contemporaine de l'esclavage

LU & approuvé

Ce dimanche 15 mai, on va voter au Liban. Ces élections législatives changeront-elles quelque chose dans ce pays malmené par les guerres, les religions, la corruption pouvant entraîner de terribles accidents comme l'explosion du port de Beyrouth le 4 août 2020 (lire ici)? 

Pas sûr à lire les observateurs. Elles sont néanmoins une bonne occasion de s'intéresser à ce pays et à ses habitudes. L'excellent roman pour ados "Ma petite bonne" de Jean-François Chabas (Talents hauts, collection "Les héroïques", 220 pages) constitue une parfaire introduction à la société libanaise. Aux sociétés libanaises plutôt. Certes, il se déroule en 1993, il y a presque trente ans. Mais la Kafala, l'esclavage de petites bonnes étrangères achetées par les familles, n'a pas encore disparu. Et le racisme viscéral y est toujours bien présent. Le roman d'une prise de conscience du mépris de classe.
"L'origine de ce roman est ancienne", explique Jean-François Chabas, multi-romancier jeunesse né en 1967. "J'étais un très jeune homme que les hasards de la vie faisaient vivre "en famille" avec des Libanais, quand j'ai entendu parler de la façon dont on traitait les domestiques étrangers - singulièrement les "petites bonnes" - au Moyen-Orient. Certaines paroles, certaines pratiques évoquées à propos de ces jeunes Philippines, Indiennes ou Éthiopiennes me mettaient extrêmement mal à l'aise et sont restées gravées dans ma mémoire. La Kafala est bien une forme d'esclavage, qui perdure aujourd’hui, tant dans les faits que dans les mentalités. Mais la gravité de ce qui est commis là-bas ne doit pas nous exonérer de nos propres responsabilités, car si la France leur offre une meilleure protection légale, elle ne protège pas les domestiques immigrées contre les humiliations".
Le titre est au singulier car on va suivre Ife, jeune Éthiopienne au visage tatoué et à la docilité têtue, dans le récit de Nada, 17 ans. Mais le roman dénonce avec vigueur l'état de toutes les "petites bonnes" du Liban, esclaves modernes d'autant plus maltraitées qu'elles n'ont pas la bonne couleur de peau aux yeux de la bonne société qui les achète sans frémir. "Ma petite bonne" est un long-flash-back de presque trente ans, débutant en 1993, à l'arrivée de celle qui sera la "petite bonne" de la famille.

Nada à Beyrouth vit avec sa mère veuve, son père étant mort à la guerre, et Habib, son frère de 15 ans, chez la grand-mère maternelle. L'épouvantable Teta qui règne sur la famille, forte de ses convictions et de ses traditions, raciste décomplexée et tranquillement violente. Chez elle - comme partout-, personne ne bouge, personne ne conteste. C'est comme ça depuis toujours. Nada partage les vues de son aïeule. Elle est jeune, elle a envie de s'amuser. Elle n'a surtout pas envie d'avoir sa conscience bousculée par ce qu'elle voit Ife subir.

Jean-François Chabas explore en détail la part sombre de cette ado avide de vivre dans une ville perpétuellement sous stress. La guerre civile est encore très présente. La narratrice ne se ménage pas dans sa longue confession, s'en prenant même à son frère sensible aux droits d'Ife. Que de ravages à cause de ce racisme viscéral omniprésent! Sans parler du machisme invétéré. Nada se raconte et en même temps se peint un Liban extrêmement bien décrit, classes sociales, partis, religions, empêtré dans son passé et son présent, aveugle aux changements nécessaires. Jusqu'au jour du drame de trop, qui va dessiller la narratrice et lui faire revoir ses positions, où elle va se découvrir un courage inouï pour défendre la cause qui lui paraît désormais juste des "petites bonnes". Extrêmement prenant jusque-là, le roman affiche toutefois une petite baisse de régime lorsqu'il balaie en quelques pages les quinze années suivantes de la famille pour se raccrocher à aujourd'hui. Il livre toutefois là une observation très juste d'autres sujets problématiques de la société libanaise. A partir de 13 ans.




Les cinq premières pages de "Ma petite bonne". (c) Talents hauts.


mardi 1 décembre 2020

Vincent Mondiot lauréat du Prix Vendredi 2020


Proclamation décalée aussi pour le prix Vendredi (littérature ado) qui attendait la réouverture des librairies en France pour proclamer ses lauréats (lire ici). Cela a été chose faite ce vendredi 1er décembre, juste à temps avant l'ouverture du Salon de Montreuil. Sur les dix candidats sélectionnés pour cette quatrième édition (lire ici), trois ont été retenus.

Le prix Vendredi 2020 va à Vincent Mondiot pour son roman "Les Derniers des Branleurs" (Actes Sud Junior, juin 2020). A noter qu'il avait déjà obtenu une mention en 2018 (lire ici).
La rencontre de trois paumés, Minh Tuan, Chloé et Gaspard, le moins d'école possible, des joints, des mangas, des jeux vidéo, avec Tina, une jeune migrante, va leur faire reconsidérer leurs positions à propos du bac en particulier et de la vie en général.

Les mots du jury: "Vincent Mondiot, qui avait reçu une mention du prix Vendredi en 2018 pour son premier roman "Nightwork", vient confirmer la singularité de son talent avec "Les Derniers des Branleurs", texte à la construction magistrale.
D'une forme inventive, et d'une écriture précise et insolente, le roman ne cesse de surprendre. Les anti-héros, traités avec une rare justesse tant dans leurs caractères que dans leur langage, se révèlent au long d'un récit qu'on ne lâche pas avant de l'avoir terminé. Les refus et les désenchantements de l'adolescence sont traités sans complaisance, avec un humour qui ne se dément pas."




Deux mentions spéciales ont été attribuées à Cathy Ytak pour "Sans armure" (Talents Hauts),  un bref roman peint la violence du sentiment
amoureux, 
et Eric Pessan pour "Tenir debout dans la nuit" (l'école des loisirs) dont l'héroïne traverse seule une longue nuit tumultueuse à New York.










Jury
Michel Abescat, Raphaële Botte, Philippe-Jean Catinchi, Françoise Dargent, Marie Desplechin , Sophie Van der Linden, Nathalie Riché.






jeudi 19 novembre 2020

Le prix Vendredi sera décerné le 1er décembre


A l'instar de nombreux prix littéraires, en soutien aux librairies, les jurés du prix Vendredi (littérature ado) avaient décidé de ne pas reporter la remise de leur prix (lire ici). La date de proclamation est maintenant connue, ce sera le mardi 1er décembre, la veille de l'ouverture du Salon de Montreuil.

Rappelons que c'est le 2 décembre que seront décernées les Pépites du Salon de Montreuil (lire ici).


Prix Vendredi

  • "Âge Tendre", de Clémentine Beauvais (Sarbacane)
  • "Alma, le vent se lève", de Timothée de Fombelle (Gallimard Jeunesse)
  • "Et le désert disparaîtra", de Marie Pavlenko (Flammarion)
  • "L'Attrape-Malheur - Entre la meule et les couteaux", de Fabrice Hadjadj (La Joie de lire)
  • "L'âge des possibles", de Marie Chartres (l'école des loisirs)
  • "Les derniers des branleurs", de Vincent Mondiot (Actes Sud Junior)
  • "Sans armure", de Cathy Ytak (Talents Hauts)
  • "Soleil glacé", de Séverine Vidal (Robert Laffont)
  • "Tenir debout dans la nuit", d'Eric Pessan (l'école des loisirs)
  • "Touche-moi", de Susie Morgenstern (Thierry Magnier)
Jury
Michel Abescat, Raphaële Botte, Philippe-Jean Catinchi, Françoise Dargent, Marie Desplechin , Sophie Van der Linden, Nathalie Riché.

Rappelons que le Prix Vendredi se présente comme le premier prix national de littérature adolescente français créé en 2016 pour valoriser le dynamisme et la qualité de création de la littérature jeunesse contemporaine. Il récompense chaque année un ouvrage francophone, destiné aux plus de 13 ans. Il est doté d’un montant de 2.000 euros grâce au soutien de la Fondation d’Entreprise La Poste. Pour cette édition, 38 maisons d’édition avaient proposé un titre de leur choix à son jury.

lundi 2 novembre 2020

La proclamation du prix Vendredi reportée


A l'instar de l'Académie Goncourt, en soutien aux librairies, les jurés du prix Vendredi (littérature ado) ont décidé de ne pas remettre leur prix aujourd'hui comme prévu mais ultérieurement.

Prix Vendredi

  • "Âge Tendre", de Clémentine Beauvais (Sarbacane)
  • "Alma, le vent se lève", de Timothée de Fombelle (Gallimard Jeunesse)
  • "Et le désert disparaîtra", de Marie Pavlenko (Flammarion)
  • "L'Attrape-Malheur - Entre la meule et les couteaux", de Fabrice Hadjadj (La Joie de lire)
  • "L'âge des possibles", de Marie Chartres (l'école des loisirs)
  • "Les derniers des branleurs", de Vincent Mondiot (Actes Sud Junior)
  • "Sans armure", de Cathy Ytak (Talents Hauts)
  • "Soleil glacé", de Séverine Vidal (Robert Laffont)
  • "Tenir debout dans la nuit", d'Eric Pessan (l'école des loisirs)
  • "Touche-moi", de Susie Morgenstern (Thierry Magnier)
Jury
Michel Abescat, Raphaële Botte, Philippe-Jean Catinchi, Françoise Dargent, Marie Desplechin , Sophie Van der Linden, Nathalie Riché.

Rappelons que le Prix Vendredi se présente comme le premier prix national de littérature adolescente français créé en 2016 pour valoriser le dynamisme et la qualité de création de la littérature jeunesse contemporaine. Il récompense chaque année un ouvrage francophone, destiné aux plus de 13 ans. Il est doté d’un montant de 2.000 euros grâce au soutien de la Fondation d’Entreprise La Poste. Pour cette édition, 38 maisons d’édition avaient proposé un titre de leur choix à son jury.

jeudi 21 décembre 2017

Valser à Noël avec Boris Vian

"Valse de Noël", B. Vian - N. Choux. (c) Grasset-Jeun.

Que trouve-t-on dans la hotte éditoriale estampillée Noël 2017?
Guère de titres pour ce que j'ai vu (merci la poste) et peu d'enthousiasmants. Mais on peut toujours se référer aux crus choisis des années précédentes, à lire ici, ici, ici, ou encore ici.
Néanmoins, j'ai bien apprécié deux albums de ce Noël 2017 et je leur adjoins un troisième, pour son esprit d'ouverture et de paix.


Le premier est le magnifique "Valse de Noël" (Grasset-Jeunesse, 32 pages) où Nathalie Choux pose ses gracieuses  images sur un texte que Boris Vian écrivit en 1955. L'album, en grand format et sur beau papier mat, a reçu le soutien officiel du Père Noël, indique l'éditeur. C'est tout dire. Il est le troisième volume de la belle collection "La collection" (lire ici). Et le Père Noël ne s'est pas trompé dans son appréciation. L'album est parfait, enchanteur et singulièrement d'actualité.

A chaque page, le texte, rimé, commence par la formule "C'est la valse de Noël". Il raconte alors les festivités dans différents milieux qui finissent par danser ensemble une ronde joyeuse et variée. Si on découvre la valse de Noël des enfants sages, des bébés roses et des parents qu'on aime, on trouve aussi celles de ceux qui travaillent, sont  pauvres, se battent... Une façon subtile d'appeler à la fraternité, à la paix pour tous, de célébrer les oubliés. Un bijou de texte, évocateur et simple, vibrant d'humour et d'humanité, drôle aussi, qui résonne encore davantage grâce aux magnifiques dessins de Nathalie Choux qui lui répondent et le prolongent. Ses personnages aux grands yeux, aisément reconnaissables, parfois un peu lointains pour qu'on puisse mieux s'y glisser, accompagnent superbement les vers de Boris Vian. Pour tous.

Extrait.
C'est la valse de Noël
Pour les enfants sages

Qui recevront des images

Et des caramels
Des ch'vaux, des voitures
Et des mécanos
Des boîtes de peinture
Et des jeux d'loto
C'est la valse de Noël
Pour les bébés roses
Qui auront des tas de choses
Encore bien plus belles
Des polichinelles
Des petits moutons
Et des ritournelles
Qui font ding ding dong!


Boris Vian pense à tout le monde dans sa "Valse de Noël". (c) Grasset-Jeun.

Pour lire le début de "Valse de Noël", c'est ici.


Le deuxième album se situe dans le registre humoristique. Mais un humour qui en dit beaucoup sur ce qui se passe dans nos vies. "Lettres timbrées au Père Noël" (Talents hauts, 40 pages) réunit les lettres de réclamation qu'adressent au Père Noël des enfants de 4 à 12 ans. Elisabeth Brami s'est chargée de les recueillir, Estelle Bignon-Spagnol de les mettre en images sur doubles pages. Et en couleurs.

Il y a la réclamation de la sœur aînée qui verrait bien le Père Noël envoyer son petit frère en Australie pour ne plus devoir lui prêter ses super cadeaux, celle d'Etienne dont le nounours perd ses poils, de Mohammed qui voulait un chien mais pas en peluche comme celui qu'il a reçu... Il y a aussi les lettres d'Arthur, enfant pauvre, d'Emma qui voudrait des jouets non sexistes, d'Emile dont le père militaire est parti à la guerre, d'Alexandre qui vient de perdre son Papy... Du drôle et du sérieux, du très comique et du un peu triste, du tendre et du revendicatif. Surtout, derrière tous ces griefs, une foule de sentiments d'enfants qui sont délicatement mis en scène. Un album pour rire, réfléchir et se comprendre. A partir de 5 ans.

Quand le Père Noël apporte un piano jouet... (c) Talents hauts.


Le troisième album célèbre l'esprit de paix de Noël en nous ouvrant le monde et ses habitants. Entre le documentaire et la fiction,  "Le monde est ma maison" (Saltimbanques Editions, 96 pages) est signé Maïa Brami pour les textes, bien vivants, et Karine Daisay pour les illustrations, des dessins et des collages. Il réunit les portraits de 22 jeunes habitants de pays différents, tapis rouge vers les enfants d'ici et d'ailleurs qui vivent tous dans la même grande maison.

L'album se présente de façon originale, intrigante au premier abord peut-être quand on découvre la première double page, deux grands dessins sans texte! Un enfant en buste à gauche, un paysage de sa ville à droite. La double page suivante met fin au suspense. A gauche, un texte bref est un auto-portrait de l'enfant, à droite le pays est brièvement présenté, à hauteur d'enfant , ainsi que le mode de vie, traditions culinaires, calendrier scolaire, fleurs et fruits locaux, loisirs... Ces deux textes sont  chaque fois encadrés par les mots "Bonjour" et "A bientôt" dans la langue de l'enfant.

L'album se balade du nord au sud et de l'est à l'ouest. Il montre intelligemment que tous ces enfants qui vivent sur la même terre, jouent, dorment, mangent à des moments différents et ont tous leurs propres modes de vie. Il est une incitation à découvrir l'autre en ayant quelques éléments de sa culture, y compris quelques mots de vocabulaire. A partir de 6 ans.

Pavel se raconte et présente son pays, la Bulgarie. (c) Saltimbanques Editions.

dimanche 8 mai 2016

Les mères, héroïnes plutôt que saintes

Chaque année à cette époque, c'est la même chose. L'un ou l'autre éditeur français publie l'un ou l'autre album pour enfants en lien avec la fête des mères. En précisant bien que ledit livre sortira la veille ou l'avant-veille dudit jour. Comme si le monde entier fêtait les mamans à l'heure française, soit le dernier dimanche de mai au mieux. Alors qu'en Belgique, en Suisse, au Québec, c'est le deuxième dimanche de mai. Le 8 donc, cette fois.

Quand le livre n'est pas très intéressant, je profite de ce décalage pour dire: désolée, à la date fériée belge, le livre n'était pas disponible en librairie. Et hop, emballé, pesé. Mais quand il est intéressant? Dois-je en parler à la date prévue pour la fête ou lors de sa sortie véritable, alors que Belgique, Suisse et Québec se préparent à ce moment à la fête des pères (respectivement le 12, le 5 et le 19 juin comme en France)?

En ce qui concerne "La déclaration des droits des mamans" d'Elisabeth Brami pour le texte et Estelle Billon-Spagnol pour les illustrations (Talents hauts, 40 pages), j'ai tranché. Ce sera aujourd'hui, même s'il n'arrive en librairie que le 19 mai. Parce qu'il est temps d'entendre aussi la voix des mamans en tant qu'êtres humains. On sait que tout le monde voudrait pour des raisons diverses qu'elles soient des saintes. Non, elles entendent aussi être incarnées, vivre.

Et les quinze articles de la déclaration de leurs droits font rudement du bien. Cela remet gentiment les pendules à l'heure, permet de considérer d'un nouvel œil ces héroïnes du quotidien. Cela ouvre mille discussions nécessaires et fécondes pour mettre en place de meilleures relations dans la famille. Elisabeth Brami ne mâche pas ses mots tout en précisant dès l'entame que ces droits sont valables pour les mamans comme pour les papas. Estelle Billon-Spagnol décline les affirmations de la première en de croquignolets dessins pleins de mots et d'humour. Qu'on s'amuse en détaillant les scènes parfois dantesques, parfois simplement réalistes, dessinées avec force et légèreté.

Exemple.

"Article 1
Les mamans comme les papas ont le droit de ne pas être parfaites, de ne pas tout savoir sur tout, de se tromper, d'oublier, de faire des bêtises et parfois, de lâcher un gros mot. Elles n'ont pas de super-pouvoirs."

Les illustrations attenantes sont craquantes, entre la maman qui a oublié la sortie des classes, celle qui a prolongé la cuisson des pâtes jusqu'à l'obtention d'une purée, celle qui jure parce que sa gym lui a fait perdre de vue l'anniversaire de son enfant, celle qui ne rassure pas la petite qui a le hoquet, celle qui monopolise les toilettes... et encore il faut voir les tenues de ces super-mamans!

Article 1 des droits des mamans. (c) Talents hauts.

Cet énergique rapport texte-images se poursuit au cours de l'énoncé des quatorze droits suivants, ayant trait aux activités père/mère, au vocabulaire, aux émotions, aux activités en solo, au partage des tâches, au respect de la vie privée, au travail, à l'apparence, à la fatigue, au divorce, à la liberté, à une nouvelle union, à de nouveaux enfants même... Une bienfaisante déclaration des droits qui touche à pas mal d'aspects d'une existence, sous couverture bleue et non rose bien entendu.

Cette dernière couleur, un rouge rosé, est réservée à la couverture de "La déclaration des droits des papas", des mêmes Elisabeth Brami et Estelle Billon-Spagnol (Talents Hauts, 40 pages, en librairie le 19 mai), pendant masculin du précédent tout aussi percutant et réussi. Car les papas, comme les mamans, ont le droit de ne pas être parfaits, de s'occuper des tout-petits, d'être de mauvaise humeur ou émus, d'être des papas-poules...

Article 1 des droits des papas. (c) Talents hauts.

Voilà  deux albums pour enfants qui devraient bien entendu être lus par les parents. Non, être père ou être mère n'oblige pas à être un(e) saint(e), même si de multiples pressions, venant de toutes parts, le suggèrent. Il ne s'agit pas de s'indigner mais de comprendre, de dialoguer et de résister. Et vivent les héros et les héroïnes du quotidien!





samedi 14 mars 2015

Avis: je recherche des mots à zézette

Ben oui, parce que beaucoup de mots ont un zizi de garçon. Comprenez qu'au masculin, un mot désigne un être humain mâle alors qu'au féminin il nomme un objet. Dingue mais vrai. C'est ce que pointe l'album pour enfants "Le zizi des mots" (Talents Hauts, 48 pages), dû à  Elisabeth Brami, vingt-cinq ans de littérature de jeunesse au compteur cette année, et Fred L., illustrateur ayant débuté en 2008.

Un sexisme langagier tellement quotidien qu'on n'y prête pas attention. Et pourtant, à tourner les pages de l'album mettant en face le même mot au masculin et au féminin, on se rend compte de l'exactitude de la thèse. Exemples: un chauffeur et une chauffeuse (= fauteuil), un marinier et une marinière (cfr Arnaud Montebourg), un mandarin et une mandarine (= fruit), un portier et une portière (= de voiture). En tout, ce sont vingt exemples qui nous sont montrés, à la fois pour s'étonner, pour rire et aussi pour débattre. Bien sûr, on peut objecter que certains exemples sont un peu tirés par les cheveux, surtout pour les non Français, un Limousin/une limousine (= voiture) par exemple, ou un Charentais/une charentaise (=pantoufle). Mais l'ensemble est plutôt drôle, édifiant et donne à réfléchir.


Deux exemples parmi les vingt repris dans l'album. (c) Talents hauts.

A toute thèse, son antithèse. Depuis que j'ai lu "Le zizi des mots", je tente en vain de retourner son propos, de trouver des mots qui au féminin désignent des femmes et au masculin des objets. Rien à faire, j'ai beau me creuser la cervelle, agiter mon cerveau, aucun ne me vient. Si vous en connaissez, merci de m'éclairer rapidement.

Enfin, pour prolonger cetalbum, l'éditeur propose un concours de dessins sur le même principe. C'est à lire ici.