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jeudi 3 juin 2021

Lundis littéraires de juin, féminins et au jardin

Le jardin de la Maison des Arts de Schaerbeek.

Après une soirée "Portées-Portraits" organisée en mai dans l'immense jardin d'enfance de l'artiste belge aux multiples casquettes Juan d'Oultremont, à l'occasion de la lecture en musique d'extraits de son roman "Judas côté jardin" (ONLIT, février 2020) qui s'y déroule, le cycle de lectures-spectacle porté depuis plus de vingt ans par Geneviève Damas repart de plus belle en juin selon le même principe vert! Histoire de respecter les prescrits sanitaires, les quatre lundis de juin, "Portées-Portraits" investira le bucolique jardin de la Maison des Arts de Schaerbeek (147, chaussée de Haecht), pas loin de la Maison Autrique où avaient lieu les rencontres précédemment. Et ce sont quatre romancières, une Italienne et trois Belges, qui seront à l'honneur de ces lectures au vert en ce premier mois de l'été, Elena Ferrante, Caroline Valentiny, Nathalie Skowronek et Victoire de Changy. Des lectures qui avaient parfois été déjà programmées et ont été postposées à cause du coronavirus.


Programme

Lundi 7 juin

"L'amie prodigieuse", d'Elena Ferrante (traduit de l'italien par Elsa Damien, Gallimard, 2014, Folio, 2016).

L'amitié étonnante et hors norme entre Elena et Lila, deux fillettes douées pour les études dans le Naples pauvre de la fin des années 50.
Le texte sera lu par Geneviève Damas, accompagnée au piano par Harold Noben sous le regard complice d'Itsik Elbaz.

"Lila savait parler à travers l'écriture. Pas comme moi quand j'écrivais, pas comme Sarratore dans ses articles et poésies, et pas comme de nombreux écrivains que j'avais lus et lisais: elle s'exprimait avec des phrases qui, certes, étaient soignées et sans erreur – bien qu'elle ait arrêté ses études – mais en plus chez elle tout semblait naturel, on ne sentait jamais l'artifice de la parole écrite. En la lisant je la voyais, je l'entendais. Cette voix sertie dans l'écriture me bouleversa et me ravit encore plus que lorsque nous discutions en tête à tête: elle était totalement purifiée des scories du parler, de la confusion de l'oral, elle avait la clarté et la vivacité que j'imaginais être celles du discours quand on était assez chanceux pour être nés dans la tête de Zeus et non pas chez les Greco ou les Cerullo."


Lundi 14 juin

"Il fait bleu sous les tombes", premier roman de Caroline Valentiny (Albin Michel, 2020).

Un roman choral où ses proches s'interrogent sur la disparition d’Alexis qui, à 21 ans, a mis fin à ses jours.
Le texte sera porté par Sandrine Bonjean et Sigrid Vandenbogaerde au violoncelle. La mise en voix sera assurée par Nina Blanc.
"Enfant, lorsqu'il était en vie, il se couchait dans l'herbe, le soir, pour observer le ciel. Aujourd'hui, depuis son carré d'herbe étanche à la lumière, il a beau plisser les yeux, il ne peut plus rien voir."



Lundi 21 juin

"La carte des regrets", de Nathalie Skowronek (Grasset, 2020).

Le portrait bouleversant d'une femme, épouse, amante, mère, qui ne pouvait pas choisir entre les différentes facettes de l'amour qu'elle a rencontrées et a eu, en silence, son cœur écartelé.
Le texte sera lu par Valérie Bauchau, chanté par Hamida Tachfine, sous le regard de Thierry Hellin.
"Que savons-nous de l'existence de ceux qui nous entourent? Que nous montrent-ils d'eux-mêmes? Que dissimulent-ils? Mina, sa fille de vingt et un ans, qui sortait doucement de l'adolescence et venait de s'inscrire au conservatoire de musique en classe de piano, s'était exprimée avec prudence, dans un style probablement remanié par le journaliste: "Ma mère avait une façon bien à elle de travailler, d'aimer, de respecter les règles et de les transgresser. Je veux rester fidèle à ce qu’elle était." Mais que savait Mina de sa mère ?"


Lundi 28 juin 

"L'île longue", de Victoire de Changy (Autrement, 2019).

Seule, une jeune femme prend l'avion pour Téhéran. Du dédale des rues aux marchés fourmillants, elle plonge dans la vie iranienne et se lie à Tala, qui vient de perdre sa mère dont elle ignore le passé.
La lecture sera assurée par Ariane Rousseau, accompagnée au violon par Céline Bodson, dans une mise en voix de Sandrine Bonjean.

"Où suis-je pour eux quand je ne suis pas là. Où me rangent-ils, où me donnent-ils rendez-vous? Je veux dire dans quelle région consciente, sous quelle eau? Peut-être nulle part, peut-être là. Peut-être ne suis-je tout simplement pas. Je ne me suis, à vrai dire, posé cette question qu'une seule fois. Tout de suite j'ai pensé: en tout cas, là où je suis, ils sont aussi. A une heure et demi en décalage des autres mais les autres quand même avec moi."



Pratique
Où? A la Maison des Arts, 147 chaussée de Haecht à 1030 Bruxelles.
A quelle heure? Les lectures-spectacle commencent à 19h30.
Elles sont précédées d'une rencontre avec l'auteure à 18h30 (sauf pour Elena Ferrante).
Durée? Une heure.
L'estaminet du lieu est ouvert dès 18h pour prendre un verre au jardin.
Combien? 8 €/6 € pour les étudiants (abonnements 4 lectures: 30 €/20 € + surprise littéraire).
Informations et réservations? reservations.compagniealbertine@gmail.com
Masque obligatoire.
Ne pas hésiter à communiquer le nom des personnes en groupes pour permettre l'organisation du jardin en conséquence.
Lors de chaque réservation, les coordonnées individuelles des spectateur·rice·s sont récoltées et conservées, dans le respect du RGPD. Les coordonnées relatives aux spectateur·rice·s sont donc disponibles et pourront être communiquées en cas de demande des autorités compétentes en vue d'un éventuel tracing.


jeudi 1 décembre 2016

Les 20 meilleurs livres 2016 selon "Lire"


En léger différé depuis Paris, 
le classement annuel du magazine "Lire"

Meilleur livre de l'année: "Le nouveau nom" d'Elena Ferrante (traduit de l'italien par Elsa Damien, Gallimard)
Meilleur roman français: "Repose toi sur moi" de Serge Joncour (Flammarion)
Meilleur roman étranger: "La route étroite vers le nord lointain" de Richard Flanagan (traduit de l'anglais (Australie) par France Camus-Pichon, Actes Sud)
Révélation française: "Règne animal" de Jean-Baptiste Del Amo (Gallimard)
Révélation étrangère: "Station Eleven" de Emily St John Mandel (traduit de l’anglais (Etat-Unis) par Gérard de Chergé, Rivages)
Meilleur premier roman français: "Désorientale" de Negar Djavadi (Liana Levi)
Meilleur premier roman étranger: "Les maraudeurs" de Tom Cooper (traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Pierre Demarty, Albin Michel)
Meilleur livre d'enquête: "Laetitia ou la fin des hommes" de Ivan Jablonka (Seuil)
Meilleures mémoires: "Le tunnel aux pigeons, Histoires de ma vie" de John Le Carré (traduit de l'anglais par Isabelle Perrin, Seuil)
Meilleur essai: "Une colère noire, lettre à mon fils" de Ta-Nehisi Coates (Autrement)
Meilleur livre sur l'art: "Être ici est une splendeur" de Marie Darrieussecq (P.O.L., lire ici)
Meilleur polar: "Cartel" de Don Winslow (traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Jean Esch, Seuil)
Meilleure biographie: "Simon Leys: navigateur entre les mondes" de Philippe Paquet (Gallimard)
Meilleur livre d'histoire: "L'Europe en enfer" de Ian Kershaw (traduit de l'anglais par Pierre-Emmanuel Dauzat et Aude de Saint-Loup, Seuil)
Meilleur livre de sciences: "Alexandre Grothendieck" de Philippe Douroux (Allary)
Meilleure BD: "Ce qu'il faut de terre à l'homme" de Martin Veyron (Dargaud)
Meilleur livre de science-fiction: "La maison dans laquelle" de Mariam Petrosyan (traduit du russe par Raphaëlle Pache, Monsieur Toussaint Louverture)
Meilleur livre jeunesse: "Génération K" de Marine Carteron (Rouergue)
Meilleur récit de voyage: "Boire et déboires en terre d'abstinence" de Lawrence Osborne (Hoëbeke)
Meilleur livre audio: "Vous n'aurez pas ma haine" d'Antoine Leiris, lu par André Dussolier (Audiolib) 



mardi 23 août 2016

DTPE 12: Michel Moutot prix des lecteurs Points


Créé en 2013, le prix du Meilleur Roman des lecteurs de Points vient de révéler le nom du lauréat de la quatrième édition.

La sélection
  • "Les Partisans", Aharon Appelfeld
  • "Retour à Little Wing", Nickolas Butler  
  • "Scipion", Pablo Casacuberta
  • "Academy Street", Marie Costello
  • "Le cœur du pélican , Cécile Coulon 
  • "Passent les heures", Justin Gakuto Go
  • "La route de Beit Zeira", Hubert Mingarelli
  • "Ciel d'acier", Michel Moutot
  • "Hérétiques", Leonardo Padura
  • "Métamorphoses", François Vallejo
  • "Les Réputations", Juan Gabriel Vásquez
  • "La vie amoureuse de Nathaniel P.", Adelle Waldman


Le lauréat est Michel Moutot, pour "Ciel d'acier" (Arléa, 2015, Points, 2016, 442 pages). Un très beau premier roman se déroulant autour des tours jumelles du World Trade Center à deux époques: leur déblaiement après les attentats du 11 septembre, dans l'espoir d'abord d'y retrouver des rescapés, et leur construction dans les années 1960. Le pont? Les Indiens Mohawks, ces géniaux "ironworkers" qui découpaient et rivetaient l'acier comme insensibles au vertige, et le narrateur, John LaLiberté qui est un de leurs descendants. Bien sûr, ceci n'est que l'ossature de ce roman fouillant le passé, le présent et les âmes. A noter que c'est la première fois qu'un livre écrit en français est récompensé.

Pour lire tout le premier chapitre de "Ciel d'acier", c'est ici.

Les lauréats précédents
  • 2013 David Grossman, "Une femme fuyant l'annonce"
  • 2014 Steve Tesich, "Karoo"
  • 2015 Joyce Carol Oates, "Mudwoman"

Michel Moutot.
"Ciel d'acier" est un très beau roman, une vaste fresque prenante,  mais ce n'était pas mon préféré, puisque, oui, j'étais cette année jurée du prix du Meilleur roman des lecteurs de Points  (40 lecteurs et 20 libraires). J'ai reçu les douze livres sélectionnés par l'éditeur et je les ai lus entre janvier et juin. Une expérience très intéressante.


Mon livre préféré de la sélection était "La route de Beit Zera", d'Hubert Mingarelli (Stock, 2015, Points, 2016, 157 pages), une exploration très originale du thème du conflit israélo-palestinien, qui montre les souffrances et les blessures des deux parties. Mais mon cœur a longuement balancé entre celui-ci et "Le cœur du pélican", de Cécile Coulon (Editions Viviane Hamy, 2015, Points, 2016), le destin brutal d'Anthime sur fond de course à pied et dans un ton sans concession. Sans oublier le remarquable "Retour à Little Wing" de Nickolas Butler (Autrement, 2015, Points, 2016). Voilààààààààà!

Le détail des 60 voix
  • "Ciel d'acier", Michel Moutot: 15 voix
  • "Hérétiques", Leonardo Padura: 12 voix
  • "Le cœur du pélican", Cécile Coulon: 7 voix
  • "Retour à Little Wing", Nickolas Butler: 6 voix
  • "Academy Street", Mary Costello: 6 voix
  • "Les Réputations", Juan Gabriel Vásquez: 4 voix
  • "Scipion", Pablo Casacuberta: 4 voix
  • "La route de Beit Zeira", Hubert Mingarelli: 3 voix
  • "Passent les heures", Justin Gakuto Go: 2 voix
  • "Métamorphoses", François Vallejo: 1 voix
  • "La vie amoureuse de Nathaniel P.", Adelle Waldman: 0 voix
  • "Les Partisans", Aharon Appelfeld: 0 voix

Rappel
DTPE 1: "Le Roi René", René Urtreger par Agnès Desarthe (Odile Jacob).
DTPE 2: "Cœur Croisé", Pilar Pujadas (Mercure de France).
DTPE 3: "Sens dessus dessous", Milena Agus (Liana Levi).
DTPE 4: "La reine du tango", Akli Tadjer (JC Lattès).
DTPE 5: le lapin à toutes les sauces.
DTPE 6: "L'enjoliveur", Robert Goolrick (Anne Carrière).
DTPE 7: "Eurêk'art!", Philippe Brasseur (Palette...).
DTPE 8: livres d'art pour enfants.
DTPE 9: "Elvis Cadillac", Nadine Monfils (Fleuve) et "Agatha Raisin", (M.C. Beaton, Albin Michel).
DTPE 10: "Blood Family", Anne Fine (l'école des loisirs) et "Sauveur & Fils saison 1" de Marie-Aude Murail (l'école des loisirs).
DTPE 11: "Mariages de saison", Jean-Philippe Blondel (Buchet-Chastel) et "Bel-Ordure", d'Elise Fontenaille (Calmann-Lévy).





jeudi 29 octobre 2015

Sélection Médicis 3 = sélection Médicis 2


Réunis hier soir, mercredi 28 octobre, pour établir leur troisième sélection, les jurés du prix Médicis ont décidé de tout simplement copier-coller les résultats de leur deuxième réunion, le 8 octobre! Une réunion où ils ne s'étaient déjà pas montrés tellement sélectifs.

C'est dire s'ils auront du travail le jour où ils remettront leurs prix, le 5 novembre...
Mais entre-temps, eux et nous auront vu passer les résultats du Grand prix du roman de l'Académie française, ce jeudi 29 octobre, du prix Décembre le lundi 2 novembre, des Goncourt et Renaudot le mardi 3 novembre et du prix Femina le mercredi 4 novembre. Sûrement, de quoi aider à choisir chez soi.

Pour rappel donc, les sélections du prix Médicis

Onze romans français
  • Nathalie Azoulai, "Titus n'aimait pas Bérénice" (P.O.L.)
  • Christophe Boltanski, "La cache" (Stock)
  • Charles Dantzig, "Histoire de l'amour et de la haine" (Grasset, lire ici et ici)
  • Maryline Desbiolles, "Le beau temps" (Seuil)
  • Sophie Divry, "Quand le diable sortit de la salle de bain" (Noir sur blanc)
  • Hédi Kaddour, "Les prépondérants" (Gallimard)
  • Aram Kebadjian, "Les désœuvrés" (Seuil)
  • Laure Limongi, "Anomalie des zones profondes du cerveau" (Grasset)
  • Fabrice Loi, "Pirates" (Gallimard)
  • Antoine Mouton, "Le metteur en scène polonais" (Bourgois)
  • Delphine de Vigan, "D'après une histoire vraie" (JC Lattès) (lire ici)
Huit romans étrangers
  • Javier Cercas, "L'imposteur" (Actes Sud)
  • Hakan Günday, "Encore" (Galaade)
  • Deepti Kapoor, "Un mauvais garçon" (Seuil)
  • Eirikur Orn Norddahl, "Illska" (Métailié)
  • Anna North, "Vie et mort de Sophie Stark" (Autrement)
  • Robert Seethaler, "Une vie entière" (Sabine Wespieser)
  • Jon Kalman Stefansson, "D'ailleurs, les poissons n'ont pas de pieds" (Gallimard)
  • Agatha Tuszynska, "La Fiancée de Bruno Schulz" (Grasset)
Dix essais
  • Antony Beevor, "Ardennes 1944" (Calmann-Lévy)
  • Didier Blonde, "Leïla Mahi 1932" (Gallimard)
  • Pierre Boncenne, "Le parapluie de Simon Leys" (Philippe Rey)
  • Serge Bramly, "La transparence et le reflet" (JC Lattès)
  • Jean-Michel Delacomptée, "Adieu Montaigne" (Fayard)
  • Cynthia Fleury, "Les irremplaçables" (Gallimard)
  • Alain Jaubert, "Casanova l'aventure" (Gallimard)
  • Nicole Lapierre, "Sauve qui peut la vie" (Seuil)
  • David Le Breton, "Disparaître de soi" (Métailié)
  • Gilles Sebhan, "Retour à Duvert" (Le Dilettante)

Les sélections et prix
Goncourt et Goncourt des lycéens, ici, ici et ici
Wepler, ici
Renaudot, ici,  ici et ici
Médicis, ici et ici
Décembre, ici et ici
Jean Giono (remis), ici, ici et ici 
Flore, ici et ici
Femina, ici, ici et ici 
Grand Prix du roman de l'Académie française, ici et ici
Interallié, ici et ici
Grand Prix de littérature américaine, ici et ici


jeudi 8 octobre 2015

Le jury du Médicis se laisse beaucoup de choix


Le jury du prix Médicis 2015 a communiqué sa deuxième liste de romans (11 français, dont 5 par des femmes, et 8 étrangers, dont 2 par des femmes) et sa première d'essais (10, dont 2 par des femmes) en vue du prix qui sera proclamé le 6 novembre. Pas beaucoup de changements par rapport aux premières, mais l'élimination de Boualem Sansal, multi-sélectionné cette année... De quoi laisser du travail pour la troisième réunion qui se tiendra le 28 octobre.

Romans français
  • Nathalie Azoulai, "Titus n'aimait pas Bérénice" (P.O.L.)
  • Christophe Boltanski, "La cache" (Stock)
  • Charles Dantzig, "Histoire de l'amour et de la haine" (Grasset, lire ici et ici)
  • Alain Defossé, "Effraction" (Fayard)
  • Olivier Demangel, "111" (éditions de la Fanfare)
  • Maryline Desbiolles, "Le beau temps" (Seuil)
  • Sophie Divry, "Quand le diable sortit de la salle de bain" (Noir sur blanc)
  • Fabrice Guénier, "Ann" (Gallimard)
  • Hédi Kaddour, "Les prépondérants" (Gallimard)
  • Aram Kebadjian, "Les désœuvrés" (Seuil)
  • Laure Limongi, "Anomalie des zones profondes du cerveau" (Grasset)
  • Fabrice Loi, "Pirates" (Gallimard)
  • Antoine Mouton, "Le metteur en scène polonais" (Bourgois)
  • Boualem Sansal, "2084"  (Gallimard)
  • Delphine de Vigan, "D'après une histoire vraie" (JC Lattès) (lire ici)

Romans étrangers
  • Oya Baydar, "Et ne reste que des cendres" (Phébus)
  • Javier Cercas, "L'imposteur" (Actes Sud)
  • Jane Gardam, "Le maître des apparences" (JC Lattès)
  • Hakan Günday, "Encore" (Galaade)
  • Deepti Kapoor, "Un mauvais garçon" (Seuil)
  • Alessandro Mari, "Les folles espérances" (Albin Michel)
  • Eirikur Orn Norddahl, "Illska" (Métailié)
  • Anna North, "Vie et mort de Sophie Stark" (Autrement)
  • Joyce Carol Oates, "Carthage" (Philippe Rey)
  • Nathaniel Rich, "Paris sur l'avenir" (Editions du Sous-sol)
  • Robert Seethaler, "Une vie entière" (Sabine Wespieser)
  • Jon Kalman Stefansson, "D'ailleurs, les poissons n'ont pas de pieds" (Gallimard)
  • Agatha Tuszynska, "La Fiancée de Bruno Schulz" (Grasset)


Essais
  • Antony Beevor, "Ardennes 1944" (Calmann-Lévy)
  • Didier Blonde, "Leïla Mahi 1932" (Gallimard)
  • Pierre Boncenne, "Le parapluie de Simon Leys" (Philippe Rey)
  • Serge Bramly, "La transparence et le reflet" (JC Lattès)
  • Jean-Michel Delacomptée, "Adieu Montaigne" (Fayard)
  • Cynthia Fleury, "Les irremplaçables" (Gallimard)
  • Alain Jaubert, "Casanova l'aventure" (Gallimard)
  • Nicole Lapierre, "Sauve qui peut la vie" (Seuil)
  • David Le Breton, "Disparaître de soi" (Métailié)
  • Gilles Sebhan, "Retour à Duvert" (Le Dilettante)

Les autres sélections

Goncourt et Goncourt des lycéens, ici et ici
Wepler, ici
Renaudot, ici et ici
Médicis, ici

Décembre, ici
Jean Giono, ici
Flore, ici
Femina, ici et ici
Grand Prix du roman de l'Académie française, ici
Interallié, ici 
Grand Prix de littérature américaine, ici




mardi 15 septembre 2015

La première sélection du prix Médicis 2015







La voilà, la liste des quinze romans français dont un tiers écrits par des femmes et des treize étrangers sélectionnés par le jury du prix Médicis 2015, qui sera remis le 5 novembre.
Quatre Gallimard dans la sélection française, deux Seuil, deux Grasset.
A noter que plusieurs auteurs apparaissent dans plusieurs listes. Boualem Sansal et Delphine de Vigan sont présents sur celles du Goncourt (lire ici), du Goncourt des lycéens, du Renaudot (lire ici) et du Médicis. Hédi Kaddour apparaît au Goncourt, au Goncourt des lycéens et au Médicis. Quatre mousquetaires font le doublé Renaudot Médicis, Christophe Boltanski, Charles Dantzig, Aram Kebadjian et Fabrice Guénier. A noter encore la présence de Sophie Divry, sélectionnée par le Wepler (lire ici).
Mais tous les jurys n'ont pas encore révélé leurs sélections. On attend encore le prix Décembre, le Femina et l'Académie française qui s'annonce la dernière mais tirera la première, le jeudi 29 octobre.

La sélection du prix Médicis

Romans français

  • Nathalie Azoulai, "Titus n'aimait pas Bérénice" (P.O.L.)
  • Christophe Boltanski, "La cache" (Stock)
  • Charles Dantzig, "Histoire de l'amour et de la haine" (Grasset, lire ici et ici)
  • Alain Defossé, "Effraction" (Fayard)
  • Olivier Demangel, "111" (éditions de la Fanfare)
  • Maryline Desbiolles, "Le beau temps" (Seuil)
  • Sophie Divry, "Quand le diable sortit de la salle de bain" (Noir sur blanc)
  • Fabrice Guénier, "Ann" (Gallimard)
  • Hédi Kaddour, "Les prépondérants" (Gallimard)
  • Aram Kebadjian, "Les désœuvrés" (Seuil)
  • Laure Limongi, "Anomalie des zones profondes du cerveau" (Grasset)
  • Fabrice Loi, "Pirates" (Gallimard)
  • Antoine Mouton, "Le metteur en scène polonais" (Bourgois)
  • Boualem Sansal, "2084"  (Gallimard)
  • Delphine de Vigan, "D'après une histoire vraie" (JC Lattès)

Romans étrangers

  • Oya Baydar, "Et ne reste que des cendres" (Phébus)
  • Javier Cercas, "L'imposteur" (Actes Sud)
  • Jane Gardam, "Le maître des apparences" (JC Lattès)
  • Hakan Günday, "Encore" (Galaade)
  • Deepti Kapoor, "Un mauvais garçon" (Seuil)
  • Alessandro Mari, "Les folles espérances" (Albin Michel)
  • Eirikur Orn Norddahl, "Illska" (Métailié)
  • Anna North, "Vie et mort de Sophie Stark" (Autrement)
  • Joyce Carol Oates, "Carthage" (Philippe Rey)
  • Nathaniel Rich, "Paris sur l'avenir" (Editions du Sous-sol)
  • Robert Seethaler, "Une vie entière" (Sabine Wespieser)
  • Jon Kalman Stefansson, "D'ailleurs, les poissons n'ont pas de pieds" (Gallimard)
  • Agatha Tuszynska, "La Fiancée de Bruno Schulz" (Grasset)


Rendez-vous le 7 octobre pour la deuxième liste des romans français et étrangers et... celle des essais.



lundi 16 mars 2015

Deux épatants petits formats pleins de couleurs

Le second fait 14 centimètres sur 14. Le premier à peine plus.
Ces deux albums pour enfants ont le titre en bleu et le fond de couverture en blanc. Dessus, chaque fois, une composition faite de dessins superposés.
Comme s'ils se répondaient...
Rigolo hasard de l'arrivée des courriers.













L'un est "1, 2, 3, soleil!" de Gaëtan Dorémus (Autrement, 40 pages).
L'autre "Le magicien, etc." de Vincent Pianina (Ed. Thierry Magnier, 32 pages).

"1, 2, 3, soleil" reprend la formulette des enfants et la transpose auprès de trois personnages animaux, représentés aux crayons de couleurs, chacun en un ton. Le crocodile orange ouvre le bal et vocifère ses exaspérations: "Moi, j'en ai assez des histoires, des contes de fées..." Il veut vivre, le croco, il veut de l'aventure, et les images en donnent une bonne idée avant de le montrer, sans en rien dire, assis auprès d'une bite d'amarrage. Suit un irréprochable ours bleu, à chapeau et mallette, lassé de sa "vie carrée". Tellement exaspéré qu'il aboutit au même quai. Arrive alors le petit cochon vert, une tête en l'air qui rêve aussi d'une autre vie, sur une autre planète, à une autre époque... Mais c'est en face de la mer qu'il débarque également.

1, 2, 3, ils sont là. (c) Autrement.
Les trois compères remarquent alors le bateau "A VENDRE" juste en face d'eux. Chacun y projette son rêve et cela donne des pages amusantes, chaque fois dans la couleur d'un des héros. Ensemble, et en multicolore, ils décident d'acheter le rafiot. Ils le rafistolent, le repeignent et c'est le départ, à trois, vers l'inconnu tel que chacun le perçoit.

Un petit album tout simple en apparence mais bien conçu où Gaëtan Dorémus incite chacun à vivre ses rêves, et à peut-être les partager avec d'autres rêveurs.

Notons que l'album "1, 2, 3, soleil" est étiqueté Autrement en couverture et Autrement jeunesse en page de titre, de quoi largement s'embrouiller puisque Casterman Jeunesse, propriétaire d'Autrement jeunesse, a annoncé fin 2014 l'arrêt de cette maison mais a maintenu la publication de nouveaux titres en janvier et février. Quant à la page Facebook d'Autrement jeunesse, elle renvoie toujours au site d'Autrement qui ne comprend pas de jeunesse. Allez comprendre.

* *
*

L'album "Le magicien, etc." se base sur les interprétations rapides et le jeu des accumulations et le résultat est très réussi. Qui est ce bonhomme barbu, à chapeau pointu, qui se balade dans l'album? Un Père Noël passé au bleu? Nooon, le texte dit: "Il était une fois un magicien dont on ne connaissait pas le nom. On disait juste que c'était le magicien. En fait on se savait pas s'il était vraiment magicien car personne ne l'avait jamais vu faire de magie."

Le magicien prend des couleurs, le texte aussi. (c) Ed. Th. Magnier.
Ce qui est fort amusant dans ce petit format, c'est la suite. Un narrateur invisible présente le magicien avec de plus en plus d'équipements qui, chacun, lui fournissent d'office un nouveau qualificatif: une flûte le rend musicien, un casque pilote, un perroquet pirate... A l'image des préjugés qu'on balance sans réfléchir. La jolie idée est que les éléments supplémentaires sont représentés chaque fois dans de nouvelles couleurs, reprises par les mots du texte qui les concernent.

La palette se complète au fil d'objets incongrus mais drôles. Vincent Pianina poursuit ses accumulations graphiques et stylistiques, plaisantes, surprenantes, pleines d'imagination. Jusqu'à la finale, brutale comme il se doit, car chacun le sait au fond de lui, l'habit ne fait pas le moine.