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vendredi 29 octobre 2021

Deux livres d'Abdulrazak Gurnah, prix Nobel de littérature 2021, à nouveau disponibles

Abdulrazak Gurnah (c) Niklas Elmehed/Nobel Prize.


Bigre! Le 7 octobre dernier, Abdulrazak Gurnah recevait le prix Nobel de littérature 2021 (10 millions de couronnes suédoises). Le jury était enthousiaste: "for his uncompromising and compassionate penetration of the effects of colonialism and the fate of the refugee in the gulf between cultures and continents" ("pour sa compréhension intransigeante et compatissante des effets du colonialisme et du sort du réfugié dans le gouffre entre les cultures et les continents").

Lui-même n'y croyait pas, comme en témoigne la conversation enregistrée lors de l'annonce de son prix par Adam Smith.





Mais qui était cet écrivain tanzanien, né à Zanzibar le 20 décembre 1948 et réfugié en Grande-Bretagne à l'âge de dix-huit ans lors de la révolution de Zanzibar car il appartenait à la communauté persécutée de Zanzibariens d'origine arabe? Etudiant d'abord, Abdulrazak Gurnah deviendra ensuite enseignant dans son pays d'adoption, s'intéressant principalement à l'écriture postcoloniale et aux discours associés au colonialisme. Lui-même écrit aussi. Auteur de nombreux livres depuis 1987, dix romans, des nouvelles, des essais, écrits en anglais et non dans sa langue maternelle, le kiswahili, ainsi que de nombreux articles, le nouveau lauréat n'était guère connu en français. Trois titres parus mais indisponibles, disparus avec les malheurs du Serpent à plumes et de Galaade.




Bonne nouvelle! Le 1er décembre, deux de ses trois livres déjà traduits en français seront à nouveau disponibles aux éditions Denoël.

"Paradis" ("Paradise", 1994, traduit de l'anglais par Anne-Cécile Padoux, Denoël, 1995, Le Serpent à Plumes, 1999, 300 pages, Denoël, 2021). Au travers de l'histoire de Yousef, 12 ans, un garçon qui grandit en Tanzanie au début du XXe siècle, un récit initiatique bouleversant, qui raconte l'Afrique de l'Est du début du XXe siècle aux prises avec le colonialisme.

"Près de la mer" ("By the Sea", 2001, traduit de l'anglais par Sylvette Gleize,  Galaade, 2006, 313 pages, Denoël, 2021). 1994. Saleh Omar, originaire de Zanzibar, se présente à la douane avec un faux passeport. Pas de visa d'entrée. Apprentissage de la perte, quête d'identité en terre d'exil, "Près de la mer" est une histoire d'honneur, de trahison et de vengeance qui nous invite à redécouvrir l'histoire d'une Afrique où les destins individuels se confondent avec l'Histoire passée ou présente.


On espère la réédition du troisième livre existant et la traduction des plus récents, "The Last Gift" (2011), "Gravel Heart" (2017) et "Afterlives" (2020).

"Adieu Zanzibar"
("Desertion", 2005, traduit de l'anglais par Sylvette Gleize, Galaade, 2009, 282 pages). Une fable désenchantée qui conte les amours et les illusions de Martin et de Rehana, d'Amin et de Jamila, de Rashid et de Barbara. Ils sont noirs ou blancs, indiens ou arabes, chrétiens ou musulmans et tissent, de Zanzibar à Londres, autant d'histoires d'amour, d'interdit, de mémoire et d'exil. 











jeudi 5 novembre 2015

Le prix Médicis attribué à Nathalie Azoulai


Ah, quand même! Nathalie Azoulai reçoit finalement le prix Médicis 2015 du roman français pour son superbe "Titus n'aimait pas Bérénice" (P.O.L., 316 pages).
Son livre avait été retenu dans les dernières sélections des prix Goncourt et Femina. Mais la semaine passait et on ne voyait rien venir. Ouf, elle vient de recevoir le Médicis par six voix contre trois à Charles Dantzig, qui le rate une fois de plus. Avec une autre histoire d'amour et de haine.

"Titus n'aimait pas Bérénice" est "une histoire qui continue à diviser nos scènes et nos espoirs", en dit la romancière qui compose avec ses personnages du passé une histoire contemporaine. Eternelle même. L'histoire d'un homme marié qui, bien qu'amoureux d'une autre, refuse de quitter sa femme légitime et ses enfants. La maîtresse, humiliée, jalouse, désespérée, tente de se remettre de leur rupture. Il s'appelle Titus, elle Bérénice. Nathalie Azoulai imagine un chagrin d’amour contemporain, dans une langue d'aujourd'hui. Mais sa Bérénice remonte aussi à celle de Racine, et au créateur du personnage. Ses questions portent sur son présent et aussi sur le passé de l'homme de théâtre. C'est audacieux, subtil, imaginatif et réussi. Moins compliqué qu'on ne peut le craindre en lisant les intentions de l'auteur. C'est un roman sur l'amour et le chagrin.

Un extrait de "Titus n'aimait pas Bérénice" est à lire ici.


Le prix Médicis du roman étranger va à l'écrivain turc Hakan Günday pour son roman "Encore" (traduit du turc par Jean Descat, Galaade, 384 pages). Un livre en prise directe avec l'actualité récente puisque le romancier aborde le thème des réfugiés. Mais il le traite du point de vue des trafiquants d'êtres humains, en mettant en scène un père et son fils, tous deux passeurs de clandestins qui traversent la Méditerranée sur des embarcations de fortune. Une réussite.

Un extrait d'"Encore" est à lire ici.



Enfin, le prix Médicis de l'essai est attribué à Nicole Lapierre pour "Sauve qui peut la vie" (Seuil, 272 pages). Le titre d'un film de Godard pour consigner ce qui fut une malédiction familiale, la mort violente ou accidentelle des femmes de la famille de l'auteur, avant que Nicole Lapierre ne décide d'y mettre un terme. Entre récit et essai.

Un extrait de "Sauve qui peut la vie" est à lire ici.




Les lauréats 2015 des prix Médicis.

Les sélections et prix
Jean Giono (remis), ici, ici et ici 
Grand Prix du roman de l'Académie française (remis), ici,  ici et ici
Décembre (remis), iciici  et ici
Goncourt (remis) et Goncourt des lycéens, ici, iciici et ici
Renaudot (remis), ici,  ici, ici et ici
Femina, iciiciici et ici
Médicis, ici,  ici et ici
Grand Prix de littérature américaine, ici et ici
Wepler, ici
Flore, ici et ici
Interallié, ici et ici





jeudi 29 octobre 2015

Sélection Médicis 3 = sélection Médicis 2


Réunis hier soir, mercredi 28 octobre, pour établir leur troisième sélection, les jurés du prix Médicis ont décidé de tout simplement copier-coller les résultats de leur deuxième réunion, le 8 octobre! Une réunion où ils ne s'étaient déjà pas montrés tellement sélectifs.

C'est dire s'ils auront du travail le jour où ils remettront leurs prix, le 5 novembre...
Mais entre-temps, eux et nous auront vu passer les résultats du Grand prix du roman de l'Académie française, ce jeudi 29 octobre, du prix Décembre le lundi 2 novembre, des Goncourt et Renaudot le mardi 3 novembre et du prix Femina le mercredi 4 novembre. Sûrement, de quoi aider à choisir chez soi.

Pour rappel donc, les sélections du prix Médicis

Onze romans français
  • Nathalie Azoulai, "Titus n'aimait pas Bérénice" (P.O.L.)
  • Christophe Boltanski, "La cache" (Stock)
  • Charles Dantzig, "Histoire de l'amour et de la haine" (Grasset, lire ici et ici)
  • Maryline Desbiolles, "Le beau temps" (Seuil)
  • Sophie Divry, "Quand le diable sortit de la salle de bain" (Noir sur blanc)
  • Hédi Kaddour, "Les prépondérants" (Gallimard)
  • Aram Kebadjian, "Les désœuvrés" (Seuil)
  • Laure Limongi, "Anomalie des zones profondes du cerveau" (Grasset)
  • Fabrice Loi, "Pirates" (Gallimard)
  • Antoine Mouton, "Le metteur en scène polonais" (Bourgois)
  • Delphine de Vigan, "D'après une histoire vraie" (JC Lattès) (lire ici)
Huit romans étrangers
  • Javier Cercas, "L'imposteur" (Actes Sud)
  • Hakan Günday, "Encore" (Galaade)
  • Deepti Kapoor, "Un mauvais garçon" (Seuil)
  • Eirikur Orn Norddahl, "Illska" (Métailié)
  • Anna North, "Vie et mort de Sophie Stark" (Autrement)
  • Robert Seethaler, "Une vie entière" (Sabine Wespieser)
  • Jon Kalman Stefansson, "D'ailleurs, les poissons n'ont pas de pieds" (Gallimard)
  • Agatha Tuszynska, "La Fiancée de Bruno Schulz" (Grasset)
Dix essais
  • Antony Beevor, "Ardennes 1944" (Calmann-Lévy)
  • Didier Blonde, "Leïla Mahi 1932" (Gallimard)
  • Pierre Boncenne, "Le parapluie de Simon Leys" (Philippe Rey)
  • Serge Bramly, "La transparence et le reflet" (JC Lattès)
  • Jean-Michel Delacomptée, "Adieu Montaigne" (Fayard)
  • Cynthia Fleury, "Les irremplaçables" (Gallimard)
  • Alain Jaubert, "Casanova l'aventure" (Gallimard)
  • Nicole Lapierre, "Sauve qui peut la vie" (Seuil)
  • David Le Breton, "Disparaître de soi" (Métailié)
  • Gilles Sebhan, "Retour à Duvert" (Le Dilettante)

Les sélections et prix
Goncourt et Goncourt des lycéens, ici, ici et ici
Wepler, ici
Renaudot, ici,  ici et ici
Médicis, ici et ici
Décembre, ici et ici
Jean Giono (remis), ici, ici et ici 
Flore, ici et ici
Femina, ici, ici et ici 
Grand Prix du roman de l'Académie française, ici et ici
Interallié, ici et ici
Grand Prix de littérature américaine, ici et ici


jeudi 8 octobre 2015

Le jury du Médicis se laisse beaucoup de choix


Le jury du prix Médicis 2015 a communiqué sa deuxième liste de romans (11 français, dont 5 par des femmes, et 8 étrangers, dont 2 par des femmes) et sa première d'essais (10, dont 2 par des femmes) en vue du prix qui sera proclamé le 6 novembre. Pas beaucoup de changements par rapport aux premières, mais l'élimination de Boualem Sansal, multi-sélectionné cette année... De quoi laisser du travail pour la troisième réunion qui se tiendra le 28 octobre.

Romans français
  • Nathalie Azoulai, "Titus n'aimait pas Bérénice" (P.O.L.)
  • Christophe Boltanski, "La cache" (Stock)
  • Charles Dantzig, "Histoire de l'amour et de la haine" (Grasset, lire ici et ici)
  • Alain Defossé, "Effraction" (Fayard)
  • Olivier Demangel, "111" (éditions de la Fanfare)
  • Maryline Desbiolles, "Le beau temps" (Seuil)
  • Sophie Divry, "Quand le diable sortit de la salle de bain" (Noir sur blanc)
  • Fabrice Guénier, "Ann" (Gallimard)
  • Hédi Kaddour, "Les prépondérants" (Gallimard)
  • Aram Kebadjian, "Les désœuvrés" (Seuil)
  • Laure Limongi, "Anomalie des zones profondes du cerveau" (Grasset)
  • Fabrice Loi, "Pirates" (Gallimard)
  • Antoine Mouton, "Le metteur en scène polonais" (Bourgois)
  • Boualem Sansal, "2084"  (Gallimard)
  • Delphine de Vigan, "D'après une histoire vraie" (JC Lattès) (lire ici)

Romans étrangers
  • Oya Baydar, "Et ne reste que des cendres" (Phébus)
  • Javier Cercas, "L'imposteur" (Actes Sud)
  • Jane Gardam, "Le maître des apparences" (JC Lattès)
  • Hakan Günday, "Encore" (Galaade)
  • Deepti Kapoor, "Un mauvais garçon" (Seuil)
  • Alessandro Mari, "Les folles espérances" (Albin Michel)
  • Eirikur Orn Norddahl, "Illska" (Métailié)
  • Anna North, "Vie et mort de Sophie Stark" (Autrement)
  • Joyce Carol Oates, "Carthage" (Philippe Rey)
  • Nathaniel Rich, "Paris sur l'avenir" (Editions du Sous-sol)
  • Robert Seethaler, "Une vie entière" (Sabine Wespieser)
  • Jon Kalman Stefansson, "D'ailleurs, les poissons n'ont pas de pieds" (Gallimard)
  • Agatha Tuszynska, "La Fiancée de Bruno Schulz" (Grasset)


Essais
  • Antony Beevor, "Ardennes 1944" (Calmann-Lévy)
  • Didier Blonde, "Leïla Mahi 1932" (Gallimard)
  • Pierre Boncenne, "Le parapluie de Simon Leys" (Philippe Rey)
  • Serge Bramly, "La transparence et le reflet" (JC Lattès)
  • Jean-Michel Delacomptée, "Adieu Montaigne" (Fayard)
  • Cynthia Fleury, "Les irremplaçables" (Gallimard)
  • Alain Jaubert, "Casanova l'aventure" (Gallimard)
  • Nicole Lapierre, "Sauve qui peut la vie" (Seuil)
  • David Le Breton, "Disparaître de soi" (Métailié)
  • Gilles Sebhan, "Retour à Duvert" (Le Dilettante)

Les autres sélections

Goncourt et Goncourt des lycéens, ici et ici
Wepler, ici
Renaudot, ici et ici
Médicis, ici

Décembre, ici
Jean Giono, ici
Flore, ici
Femina, ici et ici
Grand Prix du roman de l'Académie française, ici
Interallié, ici 
Grand Prix de littérature américaine, ici




mardi 15 septembre 2015

La première sélection du prix Médicis 2015







La voilà, la liste des quinze romans français dont un tiers écrits par des femmes et des treize étrangers sélectionnés par le jury du prix Médicis 2015, qui sera remis le 5 novembre.
Quatre Gallimard dans la sélection française, deux Seuil, deux Grasset.
A noter que plusieurs auteurs apparaissent dans plusieurs listes. Boualem Sansal et Delphine de Vigan sont présents sur celles du Goncourt (lire ici), du Goncourt des lycéens, du Renaudot (lire ici) et du Médicis. Hédi Kaddour apparaît au Goncourt, au Goncourt des lycéens et au Médicis. Quatre mousquetaires font le doublé Renaudot Médicis, Christophe Boltanski, Charles Dantzig, Aram Kebadjian et Fabrice Guénier. A noter encore la présence de Sophie Divry, sélectionnée par le Wepler (lire ici).
Mais tous les jurys n'ont pas encore révélé leurs sélections. On attend encore le prix Décembre, le Femina et l'Académie française qui s'annonce la dernière mais tirera la première, le jeudi 29 octobre.

La sélection du prix Médicis

Romans français

  • Nathalie Azoulai, "Titus n'aimait pas Bérénice" (P.O.L.)
  • Christophe Boltanski, "La cache" (Stock)
  • Charles Dantzig, "Histoire de l'amour et de la haine" (Grasset, lire ici et ici)
  • Alain Defossé, "Effraction" (Fayard)
  • Olivier Demangel, "111" (éditions de la Fanfare)
  • Maryline Desbiolles, "Le beau temps" (Seuil)
  • Sophie Divry, "Quand le diable sortit de la salle de bain" (Noir sur blanc)
  • Fabrice Guénier, "Ann" (Gallimard)
  • Hédi Kaddour, "Les prépondérants" (Gallimard)
  • Aram Kebadjian, "Les désœuvrés" (Seuil)
  • Laure Limongi, "Anomalie des zones profondes du cerveau" (Grasset)
  • Fabrice Loi, "Pirates" (Gallimard)
  • Antoine Mouton, "Le metteur en scène polonais" (Bourgois)
  • Boualem Sansal, "2084"  (Gallimard)
  • Delphine de Vigan, "D'après une histoire vraie" (JC Lattès)

Romans étrangers

  • Oya Baydar, "Et ne reste que des cendres" (Phébus)
  • Javier Cercas, "L'imposteur" (Actes Sud)
  • Jane Gardam, "Le maître des apparences" (JC Lattès)
  • Hakan Günday, "Encore" (Galaade)
  • Deepti Kapoor, "Un mauvais garçon" (Seuil)
  • Alessandro Mari, "Les folles espérances" (Albin Michel)
  • Eirikur Orn Norddahl, "Illska" (Métailié)
  • Anna North, "Vie et mort de Sophie Stark" (Autrement)
  • Joyce Carol Oates, "Carthage" (Philippe Rey)
  • Nathaniel Rich, "Paris sur l'avenir" (Editions du Sous-sol)
  • Robert Seethaler, "Une vie entière" (Sabine Wespieser)
  • Jon Kalman Stefansson, "D'ailleurs, les poissons n'ont pas de pieds" (Gallimard)
  • Agatha Tuszynska, "La Fiancée de Bruno Schulz" (Grasset)


Rendez-vous le 7 octobre pour la deuxième liste des romans français et étrangers et... celle des essais.