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dimanche 12 avril 2026

La triste nouvelle du décès de May Angeli

May Angeli en Tunisie, son deuxième pays. (c) Karim Ben Smail.

A l'avant-veille de l'ouverture de la 63e Foire du livre pour enfants de Bologne, on apprend le décès de l'immense artiste May Angeli. Quelle tristesse! L'évoquer, c'est voir tout de suite surgir son sourire malicieux et les merveilleuses gravures sur bois qu'elle utilisait principalement dans ses albums pour enfants. Une technique qui n'allait pas de soi pour les éditeurs à ses débuts - elle me l'a rappelé ici à Moulins quand elle y a reçu le Grand prix de l'illustration - mais ne rebutait pas ses jeunes lecteurs, bien au contraire. Le choix des couleurs et la justesse du trait comme du propos les ont convaincus depuis belle lurette.

"Le chat qui s'en allait tout seul", de Rudyard Kipling. (c) Seuil Jeunesse.


Combien de générations ont-elles été enchantées par la virtuose de la xylographie, elle qui était née le 6 août 1937 à Clichy, d'une mère catholique de noblesse mi-bretonne, mi-gasconne, et d'un père juif ashkénaze tchèque, sous le nom de May Blumenfeld? Sa bibliographie entamée en 1961 à La Farandole après des études à l’École nationale supérieure des arts appliqués est richissime et une petite centaine de ses titres sont toujours disponibles, le dernier ayant été publié il y a un an (voir ici). 
 
C'est ce que rappelle le Seuil Jeunesse en annonçant son décès sur les réseaux sociaux.
"C'est avec une profonde tristesse que nous avons appris la disparition de May Angeli, autrice et illustratrice dont l'œuvre a marqué plusieurs générations de lectrices et lecteurs.
May Angeli a grandi au croisement de cultures qui ont façonné son regard sur le monde. Cette richesse d'héritage, on la retrouve dans toute son œuvre: une œuvre habitée par la tolérance, l'ouverture et un profond respect de l'altérité.
Formée aux Métiers d'art à Paris, May Angeli s'est d'abord illustrée par ses travaux à la gouache, à l'encre et à l'aquarelle. Mais c'est en 1980 qu'elle découvre ce qui deviendra sa signature artistique: la gravure sur bois, dont elle deviendra l'une des grandes maîtres. Ses albums, qu'elle crée en tant qu'illustratrice ou autrice-illustratrice, portent cette empreinte unique: la force du trait, la vibration de la couleur, la poésie des matières naturelles.
Son talent l'a menée à collaborer pour le livre, le théâtre, le cinéma, et à transmettre sans compter lors d'ateliers auprès des enfants. Tout au long de sa carrière, elle a su faire de ses images des espaces d'émotion, de dialogue et d'humanité.
Nous souhaitons aujourd'hui saluer une artiste lumineuse, engagée, curieuse, généreuse; mais aussi une femme profondément attachée à la liberté, à la beauté du monde et au partage. Son œuvre continuera longtemps d'accompagner les jeunes lecteurs, d'ouvrir des horizons, et de transmettre cette douceur grave qui lui était propre.
Nos pensées vont à sa famille, à ses proches, et à toutes celles et ceux qui ont été touchés par son travail."
Gravure sur bois, encore et toujours.


L'ancien éditeur tunisien Karim Ben Smail annonce aussi la triste nouvelle.
"May Angeli nous a quittés.
Notre amie May était une immense auteure jeunesse, publiée partout, en Tunisie aussi, son deuxième pays, où elle rejoignait tous les ans pour plusieurs mois son compagnon Hassen Filali, qui nous a quittés il y a quelques années. 
May a laissé beaucoup d’amis, beaucoup d'amour et de respect; une femme rare dont l'appartement parisien a toujours été le refuge, la porte ouverte à tous ses amis tunisiens. May savait accueillir, dans la simplicité. 
Farouche défenseure de toutes les libertés, je me souviens de ce jour à Paris où un policier contrôlait un peu trop brutalement un passant noir, elle s'est approchée, très près. Et quand on lui a dit «Circulez», elle a répondu «Non, j'observe, je témoigne». Sacrée nana.
May, c'était un regard de calme et de bonté. Quand elle nous hébergeait à Paris, dans son salon, il y avait une presse d'impression manuelle sur laquelle elle produisait ses belles gravures, une ambiance de magie créative, lumineuse. 
Quand mon beau-père, très malade, a dû aller se faire soigner à Paris, c'est elle qui l'a accueilli, sans hésiter. Comme pour tant d'autres, May était toujours là, bienveillante, intelligente, courageuse et malicieuse. La Tunisie est très présente dans ses livres, dans son cœur, beaux cadeaux à son pays d'adoption.
Nous lui avons rendu visite il y a une semaine à peine, épuisée par la maladie, douleurs et fatigue. Malgré cela, elle a tenu à se lever, à s'installer dans le fauteuil, parlant difficilement, mais trouvant toujours assez d'énergie pour nous sourire, «Je suis entourée de sauvages», manière de dire «Je veux partir», sans le dire. Puis «Sauf vous!». Je garderai toujours le souvenir de sa main dans la mienne, un geste inhabituel entre nous; elle m'a regardé et a esquissé un rire un peu essoufflé, avec un précieux «la main dans la main!», un petit éclair de malice dans les yeux, une dernière fois. 
Je l'avais appelée il y a quelques jours, elle allait mieux, mais était lucide, «Je ne m’inquiète pas», «Tu vas aller mieux, on t'attend à Tunis!». Hésitation, presque gênée, pudique: «Ça n'est pas possible». Lucide, peu de mots. Et quand je lui ai dit qu'on l’embrassait fort, elle a répondu «Oui, très fort, très fort». 
Une douceur profonde, jusqu'à sa dernière phrase pour l'aide-soignant à ses côtés, lors d'un bref et ultime moment, dans les brumes des calmants: «Vous êtes un très bon ami». De la gentillesse, jusqu'à la fin. 
Nous t'embrassons May, fort, très fort. 
Quel privilège de t'avoir côtoyée! 
Merci pour tout." 
"L'école est fermée". (c) La joie de lire.

Nédra Ben S., une autre de ses amies tunisiennes dit ceci:
"Il existe des femmes qui vous apprend ce que c'est que la liberté. May Angeli était de celles-là. Libre, audacieuse, elle ne renonçait pas à son désir. 
Elle vous apprenait aussi la droiture et l'intégrité, intellectuelle et affective. 
May est une amitié et une leçon. Merci."
L'illustrateur français Mathias Friman témoigne:
"Tellement triste de cette nouvelle. May était talentueuse, drôle. J'étais toujours heureux de la croiser, de rigoler avec elle …
Tu vas me manquer May"
Une autre personne rappelle qu'elle avait une collection de cuillères du monde. 
 
 
May Angeli
était beaucoup plus qu'une artiste créatrice de livres.  Au fil de son chemin, elle avait travaillé avec différents éditeurs, La Farandole et le Sorbier à ses débuts, le Père Castor et Syros ensuite. Très vite, Cérès en Tunisie. Les années 2000 la voient rencontrer Thierry Magnier et suivre Françoise Mateu, ex-Syros, au Seuil Jeunesse. En 2015, le titre "L'école est fermée, vive la révolution!" (lire ici), "un album très important pour moi", m'avait-elle écrit, ne trouve pas preneur chez ses éditeurs habituels et paraît en Suisse à La Joie de lire.
 
En 2018, May Angeli suit Caroline Drouot et Ilona Meyer qui quittent le Seuil pour fonder les Éditions des Éléphants qui deviendront sa maison d'édition principale des dernières années, en parallèle aux rééditions au Seuil Jeunesse et à quelques titres chez Didier Jeunesse (dont un avec le Belge Carl Norac, "Le carnaval des animaux sud-américains").
 
En juillet 2019, May Angeli a fait don à la BnF de plus de 900 planches, dessins et matrices originaux représentatifs de son travail. Bonne fée de la bibliothèque de l'Heure Joyeuse, elle a donné maquettes et gravures de plusieurs de ses livres au Fonds patrimonial. Généreuse, elle a aussi offert chaque année des œuvres pour la vente aux enchères du Muz. Sa carrière de plus soixante ans est d'une foisonnante vitalité. Il faut absolument s'y plonger, le bonheur s'y trouve. Que ses titres, souvent animaliers, soient empreints d'expériences quotidiennes, de contes classiques et de fables modernes, d'engagements. Tendresse, humour, narration, engagement, tout ce qui fait un bon livre pour enfants se trouve dans ses merveilleuses illustrations.
 
Une vaste exposition lui a été consacrée en novembre 2021 à la Bibliothèque François-Mitterrand, donnant à voir son exceptionnelle vitalité picturale. En parallèle, un très beau numéro hors-série de la Revue des livres pour enfants lui a été consacré, "May Angeli, les couleurs de l'enfance" (voir ici, commander ici). 
 
 
 
 
 
 
 
Au fil des ans, j'ai consacré plusieurs notes de blog à May Angeli dont j'ai toujours admiré et apprécié le travail (ici). 
 
 
Les derniers titres de May Angeli, nouveautés et rééditions.

vendredi 18 avril 2025

Sydney Smith, tout en sensibilité

"Je parle comme une rivière" (c) Didier Jeunesse.
 
On connaît assez bien Sydney Smith chez nous. Qu'ils soient réalisés en solo ou en duo, la plupart des albums de l'artiste canadien né en 1980 en Nouvelle-Écosse sont traduits en français et ont été mis à l'honneur. Je l'ai rappelé à l'occasion du prix Hans Christian Andersen de l'IBBY dont il a été lauréat l'an dernier (lire ici).
 
Les albums de Sydney Smith traduits en français.

Prix Andersen 2024, Sydney Smith a donc réalisé la couverture de l'"Illustrators Annual 2025" de la Foire de Bologne et y a bénéficié d'une exposition (lire ici). Une magnifique exposition même pour laquelle il avait fait le déplacement du Canada en Italie. L'occasion de le rencontrer brièvement. 
 

Comment avez-vous abordé l'illustration de la couverture de l'"Annual Illustrator"?
Illustrer la couverture était vertigineux. Je me suis retrouvé dans la situation de quelqu'un qui commence à illustrer. J'étais complètement libre de faire ce que je voulais. Je balançais entre excitation et responsabilité. En Amérique du Nord, on n'a pas la même créativité qu'en Europe. Je voulais expérimenter, me pousser hors de mon confort. J'ai testé différentes idées sur ce que représente pour moi l'illustration. Et puis, j'ai vu mes enfants. Mes enfants dans ma salle à manger. Un moment qui m'a transcendé.
 
L'illustration de couverture complète.
 
Vos dessins se reconnaissent de loin.
Ma liberté a été encouragée par ce qui se passe ici à la Foire du livre pour enfants de Bologne.

Vous êtes né et avez grandi à la campagne. Est-ce que cela influence votre œuvre?
Oui, je pense que l'environnement a une influence sur le travail. L'océan, les frontières, ce n'est pas rien. Nous étions des personnes isolées mais nous avions de l'humour. J'ai effectivement grandi à la campagne, dans une ferme. Je fais des albums pour connecter les lecteurs à cela, pour me connecter moi-même aussi, pour retrouver ces moments d'enfance qui sont très naturels pour moi. En tant qu'adulte, j'ai l'impression d'avoir un peu perdu cela avec l'âge.

Quelles sont vos sources d'inspiration?
Tous mes livres sont inspirés de mon expérience ou de mes observations. Je suis aussi inspiré par l'enfant que j'étais que par la personne que je suis maintenant. Par contre, quand je fais mes livres, je ne pense pas aux enfants qui vont me lire. Je pense à l'enfant que j'étais, moi.
Bien sûr, il y a énormément de manières de faire des livres, il n'y a pas de mauvaise manière.

Quel enfant étiez-vous?
J'étais un enfant sensible. Petit, je voulais déjà devenir un artiste. J'ai fait des études artistiques dans une école. Bien avant de terminer l'école, j'avais choisi de faire des livres pour les enfants. Être très sensible est un état. C'est le rôle de l'artiste.

Vous faites des livres en duo, en illustrant les textes d'autres, et des livres en solo. Comment organisez-vous cela?
Pour moi, écrire est une lutte. J'éprouve même parfois de la peine à écrire le texte de mes livres. Jamais à les illustrer. Pour cela, j'utilise un mélange de techniques, l'aquarelle, la gouache, les pigments. Je scanne les illustrations pour ajuster les contrastes mais pas trop. Par contre, illustrer le texte de quelqu'un d'autre est un challenge. Le résultat est unique quand on est deux et qu'on est deux à résoudre les problèmes. En solo, les problèmes sont différents.
 
Vous avez une manière particulière de souligner vos personnages d'une ligne blanche.
La ligne blanche est ma signature. J'essaie d'inventer quelque chose chaque fois. J'ai besoin de me sentir excité et mon excitation vient de la nouveauté à trouver.


Quelques-unes des illustrations de Sydney Smith
   exposées à la Foire de Bologne 2025. (c) BCBF.

 

jeudi 18 avril 2024

Les prix littéraires remis à la Foire du livre pour enfants de Bologne 2024

Les prix Andersen de l'IBBY 2024.

BRAW 2024.
Événement gigantesque, la Foire du livre pour enfants de Bologne (lire ici) remet ses propres distinctions, les BRAW, les BolognaRagazzi Awards (lire ici), un peu avant son ouverture. Elle en accueille d'autres pendant son déroulé sur sa scène principale. Notamment, le prix Andersen de l'IBBY un an sur deux en ouverture le lundi, le prix Astrid Lindgren chaque année le mardi. Et aussi celui de la Fondacion SM.


Les prix Andersen 2024

Lundi 8 avril, Liz Page, la présidente du jury du prix IBBY, a annoncé les deux lauréats du prix Hans Christian Andersen 2024 choisis parmi les douze finalistes (lire ici). Il s'agit de l'écrivain autrichien Heinz Janisch et de l'auteur-illustrateur canadien Sydney Smith. Ce dernier était déjà finaliste en 2022 (lire ici).

Très connu en Autriche comme auteur de livres pour enfants, Heinz Janisch, 64 ans, par ailleurs journaliste radio et écrivain, est moins célèbre en terres francophones. On le connaît principalement pour trois albums, un peu anciens, "Le Roi et la mer. 21 petites histoires", illustré par Wolf Erlbruch (La joie de lire, 2009), "L'Arche de Noé", illustré par Lisbeth Zwerger (Minédition, 2008) et "Une maison au bord de la mer", illustré par Helga Bansch (Belin, 2010).
 

 
Ce qu'en dit le jury:
"Heinz Janisch affirme que "rien n’est trop petit pour la littérature". Il est né en 1960 dans le Burgenland, non loin de la frontière hongroise et vit aujourd'hui à Vienne. Janisch est un maître du récit court qui laisse place à l'imagination des lecteurs. Bien que beaucoup de ses œuvres soient humoristiques, voire parfois absurdes, il y a un élément philosophique dans son écriture qui rend souvent ses livres profonds. Ses textes simples sont significatifs, et le dicton "moins c'est plus" peut s'appliquer à l'auteur lauréat 2024. Son écriture est universelle et séduit les enfants et les jeunes du monde entier. De plus, sa contribution à la littérature est énorme, non seulement à travers ses écrits, mais aussi par ses nombreuses lectures, ateliers d'écriture littéraire et créative pour enfants et adultes, y compris des ateliers de création pour jeunes artistes handicapés. L'écriture de Janisch est nuancée par de nombreuses couches, ce qui la rend universelle et édifiante."

 

"Le jardin de Baba", illustré par Sydney Smith. (c) Didier Jeunesse.

Le nom de Sydney Smith est plus familier aux francophones. L'auteur-illustrateur canadien a sept albums et un roman publiés ici depuis 2015. Un d'eux, "Le jardin de Baba", a reçu le prix Sorcières Carrément beau maxi 2024 le mois dernier (lire ici). Amateur de dessin enfant, Sydney Smith en a fait le sujet de ses études à Halifax. Affichiste à Toronto, il s'est orienté vers la littérature de jeunesse en 2010 en rejoignant un atelier d'artistes. Il utilise diverses techniques, le plus souvent l'encre et le pinceau. Aujourd'hui, il est retourné dans sa Nouvelle-Écosse natale où il continue de rechercher et de capturer "des moments sublimes trouvés dans des endroits banals".
 

  • "Tu te rappelles" (traduit de l'anglais par Rose-Marie Vassallo, Kaléidoscope, 2024) égrène les souvenirs d'une mère et de son fils.
  • "Le jardin de Baba" (texte se Jordan Scott, traduit de l'anglais par Michèle Moreau, Didier Jeunesse, 2023) évoque les sons et les odeurs que ressent un enfant chez sa grand-mère adorée, Baba, particulièrement dans son jardin. Avant que les rôles ne s'inversent.
  • "Splash" (roman de Kenneth Oppel, traduit de l'anglais par Eric Betsch, PKJ, 2023) est le nom de la petite goutte d'encre qui s'anime une nuit et devient l'amie de la famille en résolvant ses problèmes de mots.
  • "Je parle comme une rivière" (texte de Jordan Scott, traduit de l'anglais par Shaïne Cassim, Didier Jeunesse, 2021), la promenade au bord de la rivière d'un enfant qui bégaie et son papa qui l'aide à trouver sa voix.
  • "Perdu dans la ville" (traduit de l'anglais par Rosalind Elland-Goldsmith, Kaléidoscope, 2020) inquiète le lecteur au début, avec ce mini-héros qui déambule seul en ville mais la fin se fera rassurante.
  • "D'ici, je vois la mer" (texte de Joanne Schwartz, traduit de l'anglais par Michèle Moreau, Didier Jeunesse, 2019) est un dialogue dans les années 50 entre un jeune garçon au bord de la mer et son père qui y travaille.
  • "Le chat blanc et le moine" (texte de Jo-Ellen Bogart, traduit de l'anglais par Elisabeth Duval,  Kaléidoscope, 2017) dit la complicité entre un savant et un chat dans la quiétude d'un monastère.
  • "Les fleurs de la ville" (Jon Arno Lawson, Sarbacane, 2015), un album sans paroles où une petite fille en rouge apprécie les couleurs de sa ville grise et les partage.
 
Ce qu'en dit le jury:
"Dans une interview avec le professeur Deirdre Baker en avril 2022, Sydney Smith a déclaré que "l'écoute… correspond davantage à la façon dont j'aborde les histoires" lorsqu'il illustre les textes des autres et qu'il illustre ses propres histoires. Smith est né en 1980 dans une région rurale de la Nouvelle-Écosse et est maintenant revenu dans la province avec sa famille après avoir vécu plusieurs années à Toronto. Le travail de Smith s'apparente à un récit visuel ou à un court souvenir musical, ce qui fait écho à sa déclaration selon laquelle l'écoute est la manière dont il aborde les histoires. Il utilise des techniques apparemment simples pour raconter l'histoire – en réalité le résultat d'une pratique intense. Ses personnages modestes mais authentiques sont à la fois sympathiques et doux. Il utilise la couleur pour introduire la nature, les odeurs et le drame dans chaque livre. Le dicton "moins c'est plus" peut également s'appliquer à chacune de ses œuvres puisqu'il élimine le superflu pour exprimer des émotions. Smith est un artiste véritablement universel."

 

Le prix IBBY-Asahi Reading Promotion Award 2024 va à l'association ATD Quart Monde (ATD Fourth World, All Together in Dignity), une série de soixante bibliothèques de rue offrant des espaces de lecture aux enfants pauvres.

Les lauréates du prix IBBY-iRead Outstanding Reading Promoter Award 2024 sont Basarat Kazim, du Pakistan, et Irene Vasco de Colombie.
 

La cérémonie d'annonce peut être revue sur Youtube ici.


Palmarès du prix Andersen

Auteur (depuis 1956)

2022 Marie-Aude Murail (France)
2020 Jacqueline Woodson (USA)
2018 Eiko Kadono (Japon)
2016 Cao Wenxuan (Chine)
2014 Nahoko Uehashi (Japon)
2012 Maria Teresa Andruetto (Argentine)
2010 David Almond (Grande-Bretagne)
2008 Jürg Schubiger (Suisse)
2006 Margaret Mahy (Nouvelle-Zélande)
2004 Martin Waddell (Irlande)
2002 Aidan Chambers (Grande-Bretagne)
2000 Ana Maria Machado (Brésil)
1998 Katherine Paterson (USA)
1996  Uri Orlev (Israël)
1994  Michio Mado (Japon)
1992  Virginia Hamilton (USA)
1990  Tormod Haugen (Norvège)
1988  Annie M. G. Schmidt (Pays-Bas)
1986  Patricia Wrightson (Australie)
1984  Christine Nöstlinger (Autriche)
1982  Lygia Bojunga Nunes (Brésil)
1980  Bohumil Riha (Tchécoslovaquie)
1978  Paula Fox (USA)
1976  Cecil Bødker (Danemark)
1974  Maria Gripe (Suède)
1972  Scott O'Dell (USA)
1970  Gianni Rodari (Italie)
1968  James Krüss (Allemagne)
         José Maria Sanchez-Silva (Espagne)
1966 Tove Jansson (Finlande)
1964  René Guillot (France)
1962  Meindert DeJong (USA)
1960  Erich Kästner (Allemagne)
1958  Astrid Lindgren (Suède)
1956  Eleanor Farjeon (Grande-Bretagne)


Illustrateur (depuis 1966)

2022 Susy Lee (Corée du sud)
2020 Albertine (Suisse)
2018 Igor Oleynikov (Russie)
2016 Rotraut Susanne Berner (Allemagne)
2014 Roger Mello (Brésil)
2012 Peter Sís (République tchèque)
2010 Jutta Bauer (Allemagne)
2008 Roberto Innocenti (Italie)
2006 Wolf Erlbruch (Allemagne)
2004 Max Velthuijs (Pays-Bas)
2002 Quentin Blake (Grande-Bretagne)
2000 Anthony Browne (Grande-Bretagne)
1998  Tomi Ungerer (France)
1996  Klaus Ensikat  (Allemagne)
1994  Jörg Müller (Suisse)
1992  Kveta Pacovská (République tchèque)
1990  Lisbeth Zwerger (Autriche)
1988  Dusan Kállay (Tchécoslovaquie)
1986  Robert Ingpen (Australie)
1984  Mitsumasa Anno (Japon)
1982  Zbigniew Rychlicki (Pologne)
1980  Suekichi Akaba (Japon)
1978  Svend Otto S. (Danemark)
1976  Tatjana Mawrina (URSS)
1974  Farshid Mesghali (Iran)
1972  Ib Spang Olsen (Danemark)
1970  Maurice Sendak (USA)
1968  Jirí Trnka (Tchécoslovaquie)
1966  Alois Carigiet (Suisse)


Pour ne pas s'embrouiller entre les différents prix Andersen, c'est ici.

 

Le prix Astrid Lindgren

 


Le prix Astrid Lindgren 2024 a été attribué le mardi 9 avril à l'organisation australienne "Indigenous Literacy Foundation", fondée en 2011.
 
Le coup de téléphone au lauréat.

 
L'Indigenous Literacy Foundation (ILF) a été créée pour encourager la lecture et promouvoir l'alphabétisation en garantissant l'accès à de la bonne littérature aux enfants des Premières Nations d'Australie. Le travail de promotion de la lecture de l'ILF repose sur la collaboration et l'engagement des communautés locales. À travers divers programmes, elle propose des packs de livres aux enfants et aux familles des communautés des Premières Nations en Australie et sur les îles du détroit de Torres, elle traduit des livres, organise des activités de lecture à haute voix et soutient la publication de livres pour enfants créés dans les communautés. Aujourd'hui, l'ILF travaille dans 427 communautés des Premières Nations sur tout le continent australien.

Ce qu'en dit le jury:
"Avec curiosité et respect, l'Indigenous Literacy Foundation travaille dans le domaine de la lecture et du conte chez les enfants des Premières Nations d'Australie. En étroite collaboration avec les communautés, elle met en valeur la valeur des langues et des histoires de chacun. En diffusant des livres et en stimulant la lecture, le conte et la créativité, la Fondation pour l'alphabétisation autochtone suscite le désir de lire et favorise la fierté, la confiance en soi et le sentiment d'appartenance. Chaque enfant a droit à sa langue et à ses histoires."
(c) Indigenous Literacy Foundation.

Les lauréats ALMA précédents

2023 Laurie Halse Anderson (lire ici)
2022 Eva Lindström (lire ici)
2021 Jean-Claude Mourlevat (lire ici)
2020 Baek Hee-na (lire ici)
2019 Bart Moeyaert (lire ici)
2018 Jacqueline Woodson (lire ici)
2017 Wolf Erlbruch (lire ici)
2016 Meg Rosoff (lire ici)
2015 Praesa (lire ici)
2014 Barbro Lindgren (lire ici)
2013 Isol
2012 Guus Kuijer (lire ici)
2011 Shaun Tan
2010 Kitty Crowther
2009 Tamer Institute
2008 Sonya Hartnett 
2007 Banco del Libro
2006 Katherine Paterson
2005 Philip Pullman et Ryôji Arai
2004 Lydia Bojunga
2003 Maurice Sendak et Christine Nöstlinger


Le prix international de l'illustration Fundación SM

 

Le prix Fundación SM 2024 va à l'illustrateur  brésilien Henrique Moreira, âgé de 25 ans. Diplômé en design graphique, le lauréat se dit très intéressé à explorer la façon de communiquer des histoires avec des illustrations, en particulier en travaillant avec des livres muets.
 
Jury: Philip Giordano (illustrateur), Ayami Moriizumi Cometti (Itabashi Art Museum), Sara Rioja Gutiérrez (Designer SM Madrid).
 
Créé en 2009, le Prix international de l'illustration Foire du livre jeunesse de Bologne - Fundación SM est réservé aux artistes de moins de 35 ans qui ont déjà été sélectionnés pour l'Exposition des Illustrateurs. Il est doté d'un chèque de 15.000 € afin de donner au lauréat es ressources nécessaires pendant un an pour développer un livre d'images qui sera publié et commercialisé sur le marché mondial par les Espagnols. Les illustrations originales du livre seront présentées à la prochaine édition du Salon du livre jeunesse de Bologne pour une exposition personnelle dédiée au lauréat.
 






jeudi 28 mars 2024

Les lauréats des prix Sorcières 2024

 
L'Association des Librairies Spécialisées Jeunesse (ALSJ) et l'Association des Bibliothèques de France (ABF), ont dévoilé le palmarès des prix Sorcières 2024.
 
Bravo aux albums lauréats! A noter qu'un a obtenu le prix IBBY Belgique francophone 2024 de l'album belge et qu'un autre figurait parmi les dix titres sélectionnés pour le prix IBBY Belgique francophone 2024 de l'album (lire ici).


 
 
 

CARRÉMENT BEAU MINI


"Chez Bergamote", de Junko Nakamura (MeMo, 2023, lire ici).
 
Les autres finalistes étaient
  • "À la faveur de l'été", de Koshiro Hata (traduction de Valentine Barge, Ed. Michi)
  • "Tourne, pense, regarde", de Beau Gardner (Les Grandes Personnes)
  • "Notre voyage", de Romain Bernard (La Partie)
  • "L'escapade", de Marine Schneider (Cambourakis)

 

CARRÉMENT BEAU MAXI

"Dans le jardin de Baba", de Jordan Scott et Sydney Smith (traduit de l'anglais par Michèle Moreau, Didier jeunesse).

 
Les autres finalistes étaient
  • "La chambre de Warren", de Jérémie Moreau (Albin Michel)
  • "Frères", de Marie Le Cuziat & Hua Ling Xu (L'étagère du bas)
  • "Hazel la petite sorcière", de Phoebe Wahl (traduit de l'anglais par Ilona Meyer et Caroline Drouault, Les Éditions des Éléphants)
  • "Ah les voyages!", de Marie Caudry ​​​​​​(Thierry Magnier)

 


CARRÉMENT PASSIONNANT MINI

 
"Monstres", de Stéphane Servant et Nicolas Zouliamis (Éditions Thierry Magnier).

Les autres finalistes étaient
  • "La prophétie de Beatryce", de Kate DiCamillo (trad. Rosalind Elland-Goldsmith, Seuil Jeunesse)
  • "Petite et grandes ourses", de Bernadette Gervais (La Partie)
  • "Trois petites lumières", de Maria Ramos (L'école des loisirs)
  • "L’étoile du soir", de Siècle Vaëlban (Albin Michel)

 


CARRÉMENT PASSIONNANT MAXI


"Nous traversons des orages", d'Anne-Laure Bondoux (Gallimard Jeunesse).
 
Les autres finalistes étaient
  • "Le souffle du puma", de Laurine Roux (L'école des loisirs)
  • "Mille pertuis, tome 1 - La sorcière sans nombril", de Julia Thévenot (Gallimard Jeunesse)
  • "De larmes et d'écume", de Stéphane Michaka (PKJ)
  • "Pony", de R.J. Palacio (Gallimard Jeunesse)


CARRÉMENT SORCIÈRES FICTION


"Nuit de chance"
, de Sarah Cheveau (La Partie, lire ici).
 
Les autres finalistes étaient
  • "Les pins", de Lisa Adbage (Cambourakis)
  • "Les printemps", d'Adrien Parlange (La Partie)
  • "Le secret des sables", de Levi Pinfold (trad. Claire Billaud, Kaleidoscope)
  • "Ö", de Raul Nieto Guridi (Cotcotcot)


CARRÉMENT SORCIÈRES NON FICTION



"L'imagier"
, d'Émilie Chazerand et Anna Wanda Gogusey (La ville brûle).

Les autres finalistes étaient
  • "Le grand livre de la main", de Magda Gargulakova et Vitezslav Mecner (Casterman)
  • "Animaux et humains", de Yoko Heiligers (Hélium)
  • "Balade en Fromagie", de Bernard Friot et Aurore Paillusson, illustré par Thomas Baas et Charlotte Fréreau (Milan)
  • "Africana", de Kim Chakanetsa, illustré par Alabi Mayowa (Milan) 

 

 


 


vendredi 27 août 2021

Le décès du poète Alain Boudet

Alain Boudet.

François David des éditions Motus nous informe du décès du professeur de lettres et poète Alain Boudet (une trentaine de recueils destinés aux adultes ou aux enfants). Né le 1er août 1950 au Mans, il avait 71 ans: "Je viens d'apprendre la mort d'Alain Boudet. Il était non seulement bon poète (et Motus avait été heureux de publier son très beau texte "Le rire des cascades"), mais un homme de grande qualité, vraiment. Disponible, tendrement souriant, généreux et d’une modestie qui n’était pas feinte. Sur son site, La toile de l'un, il avait mis en lumière et fait découvrir tant de textes, tant de poètes.
On peut y lire, encore, les deux derniers poèmes qu'il y a placés."

L'amitié qui se lit
de la main à l'épaule
ressemble aux mots qui n'ont pas d’âge
La lumière est sans faille
Le temps qui passe
reste sans prise
Rien ne s'efface
rien ne se brise
chaque visage est un sourire
Alain Boudet
(Au coeur le poème
La vague à l'âme)



D'un jour à l'autre
je ricoche ma vie
vers des ondes affaiblies
Viendra une heure
inattendue bien que certaine
où le rebond sera absent
L'heure où s'effaceront nos mots
Où commencera le silence.
Alain Boudet
Ici là, sur le rivage
(Les Éditions de la Renarde Rouge, 2010)


Un autre poème sur le site accompagne l'annonce du décès d'Alain Boudet.

Rien n'est à nous
Ni le vent
ni la mer
ni l'écume
Ni les odeurs
ni l'ombre qui nous accompagne
Notre envie de marcher
justifie le chemin
Notre envie et rien d'autre
Et quand nous avançons
à chaque mouvement du corps
nous réinventons la lumière.
Alain BOUDET
Sur le rivage, Écho Optique


Alain Boudet
, je l'avais découvert en 2001, à la sortie du recueil "Le rire des cascades", librement illustré par Michelle Daufresne (Editions Motus). Des poèmes courts, très courts, souvent drôles. Aussi denses que brefs. Telle est l'œuvre d'Alain Boudet, découverte sur l'internet par l'éditeur François David. Délicat recueil que "Le rire des cascades". Un souffle de fraîcheur et d'imagination, ancré dans le quotidien. Les textes s'égrènent sur trois ou quatre lignes. "Dans le lait d'un nuage/la paille traînante d'un avion/ Ravitaillement en vol" ou "Perdu au coeur du pré/le brin d'herbe/croit peut-être/qu'il est seul". Ce petit format a permis un retour aux sources à la maison Motus: elle débuta en 1988 par de la poésie brève. "Souvent les poèmes très brefs offrent paradoxalement beaucoup à la pensée et à l'imaginaire", explique François David. Les textes de Boudet parlent de nature, d'oiseaux, d'arbres, de lumière, de liberté... 


Alain Boudet a publié dans plusieurs maisons d'édition  jeunesse, chez Didier Jeunesse, chez Rue du Monde, aux Carnets du Dessert de lune (lire ici) et dans de toutes petites maisons.







mardi 31 mars 2020

La Coréenne Baek Hee-na lauréate ALMA 2020

Temps de lire, de relire, de découvrir, de se souvenir, de faire fondre sa PAL,
pour les petits et pour les grands #confinothèque7


Baek Hee-na.

Jointe au téléphone ce matin par le jury du prix Astrid Lindgren pour lui annoncer ses lauriers tout neufs, la Coréenne Baek Hee-na ne comprend pas bien. La liaison est mauvaise. Au "You are the laureate" de son correspondant, elle répond "You mean I'm the winner?" avant de réaliser ce qui vient de lui être dit et de demander de continuer par mail.

C'est donc une auteure-illustratrice coréenne qui remporte cette année la plus importante récompense en matière de littérature de jeunesse (lire ici et ici). Mal connue en français puisque nous ne disposons que de trois de ses albums en traduction. Mais dans la lignée d'Astrid Lindgren, nous assure le jury du prix. Son style graphique unique présente des figurines miniatures faites à la main et des environnements soigneusement éclairés et photographiés

Née à Séoul en 1971, Baek Hee-na a étudié les sciences de l'éducation dans sa ville puis l'animation aux Etats-Unis. Après avoir travaillé dans la publicité et le multimédia pour les enfants, elle a commencé à créer ses propres livres d'images à la naissance de sa fille.

 Elle a été élue illustratrice de l'année à la Foire internationale du livre de Bologne en 2005. Elle est l'auteur de treize albums pour enfants en Corée, populaires dans toute l'Asie, et dont certains ont été traduits. Le jury a salué son travail, "porte vers le merveilleux: sensuel, vertigineux et piquant".

Trois de ses albums nous sont parvenus en traduction française.


Les petits pains au nuage
Baek Heena
Hyang-soo Kim
traduit du coréen par Claire Lanaspre
Didier Jeunesse
40 pages, 2006

Comment venir en aide à papa, terriblement en retard et coincé dans un embouteillage? En cuisinant de délicieux petits pains au nuage, pardi! Une histoire tendre et farfelue dans un quotidien citadin, au milieu des gratte-ciel. Un album inventif sur le plan graphique.


Le fil rose
Baek Hee-Na 
traduit du coréen par Yeong-Hee Lim et adapté par Michèle Moreau
Didier jeunesse
22 pages, 2010

Une petite fille s'amuse avec un fil de laine rose qui sera le fil conducteur de sa journée. Il se fait nœud pour ses cheveux et elle sort. Il se fait laisse pour son chien. Il devient corde à sauter pou jouer au square avec les copains...


Chat-Chelou
Baek Heena
traduit du coréen par Lim Yeong-hee
Picquier Jeunesse
40 pages, 2017

Lors d'une visite au poulailler, un gros matou peu recommandable vole un œuf, le gobe tout rond…et donne naissance à un poussin tout penaud. Ces deux là n'ont rien en commun et pourtant ils ne se quitteront plus. Une histoire d'amour, portée par l'originalité des personnages et la force de leurs sentiments.


La cérémonie de remise officielle, fixée au 1er juin, est reportée.

Quelques images de son travail, existant ou pas en français.

"Cloud Bread".

"Cloud Bread".

"I am a dog".

"Magic candies".

"Moon Sorbet".

"The Bath fairy".


Les lauréats ALMA précédents

2019 Bart Moeyaert (lire ici)
2018 Jacqueline Woodson (lire ici)
2017 Wolf Erlbruch (lire ici)
2016 Meg Rosoff (lire ici)
2015 Praesa (lire ici)
2014 Barbro Lindgren (lire ici)
2013 Isol
2012 Guus Kuijer (lire ici)
2011 Shaun Tan
2010 Kitty Crowther
2009 Tamer Institute
2008 Sonya Hartnett
2007 Banco del Libro
2006 Katherine Paterson
2005 Philip Pullman et Ryôji Arai
2004 Lydia Bojunga
2003 Maurice Sendak et Christine Nöstlinger

Ce n'est pas pour rien que le Astrid Lindgren Memorial Award est aujourd'hui considéré comme l'équivalent jeunesse du prix Nobel de littérature, détrônant les prix Andersen de l'IBBY de cette appellation. Avec sa dotation de 5 millions de couronnes suédoises (480.000 €), il est le prix en littérature de jeunesse le plus important au monde.