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jeudi 31 mars 2022

Un Live Magazine génial en cerise sur le gâteau de la troisième édition du Picture Festival

Live Magazine du Picture Festival à Bozar.

"Jamais deux sans trois"
, on l'admet volontiers. Mais peut-on glisser l'idée d'un "jamais trois sans quatre"? En tout cas à propos du Picture Festival (lire ici) qui s'est achevé hier à Bruxelles en feu d'artifice lors d'un époustouflant Live Magazine dans la grande salle Henri Le Bœuf de Bozar. Douze jours à se mettre un maximum d'images dans les yeux, des illustrations qui débordent parfois du cadre du livre, douze jours de découvertes et d'émerveillements, douze jours de rencontres avec des artistes inspirés, créatifs et disponibles - certaines de la vingtaine d'expositions montées pour cette troisième édition sont encore ouvertes (horaires ici).

Mercredi soir, la magnifique affiche de Valfret défile sur l'écran du Live Magazine, annonçant en musique avec Les Garçons, le programme de la soirée. Un journal vivant, en prise avec l'actualité de l'Ukraine, qui entend raconter le monde autrement, par les mots et par les images. Quelques dessins de presse, des blagounettes sur les "secrets de fabrication" et la séance commence.
Chacune des histoires est introduite par un dessin de Valentine De Cort, au joli stylo rouge, réalisé en direct et projeté sur l'écran, complété du titre de l'histoire qui va être dite sur fond de dessins existant déjà, parfois accompagnés de musique.



Les récits se succèdent, contemporains ou plus anciens, intimes ou planétaires, tenant en haleine un large public conquis. On entendra la journaliste française Doan Bui à propos de son enquête sur les "truthers" qui nient le 9/11 comme la tuerie de l'école primaire Sandy Hook (tuerie de Newtown), le 14 décembre 2012, où elle s'est rendue (dessins de Leslie Plée, album "Fake news" chez Delcourt). Judith Duportail, elle, s'intéresse à la façon d'être visible sur Instagram et retient en numéro un la pose de la Vénus callipyge (illustrations d'Anna Wanda Gogusey pour l'album "Qui est Miss Paddle?", chez Hlab Eds). Daniel Couvreur vient rappeler l'intrépide et folle aventure du "Faux Soir", journal écrit et publié en secret contre l'Allemagne nazie qui avait volé le titre vespéral durant la Seconde Guerre Mondiale (dessins de Denis Lapière et Christian Durieux, album chez Futuropolis). Emilie Gleason dénonce l'addiction et les désastres que cause le sucre à l'organisme (album "Sugar is dead", à paraître chez Casterman). Nicole Marchand-Zanartu s'intéresse aux images de la pensée, c'est inédit et passionnant (beau livre "32 grammes de pensée", chez Mediapop). Seham Boutata explique et analyse la passion pour les chardonnerets des Algériens (illustrations d'Eléonore Scardoni pour le livre "L'élégance du chardonneret" au Seuil). Steven Appleby se raconte tout simplement, femme trans, et évoque son roman graphique "Dragman" (Denoël Graphic). En finale, Vladimir Couprie déroule d'immenses bulles de savon en un superbe numéro de cirque.

Quelques images.

Doan Bui.

Une Vénus callypige.

Le faux Soir.

Emilie Gleason.

Les chardonnerets d'Eleonore Scardoni derrière Seham Boutata.

Steven Appleby.

Eléphant et phylactère.

Vladimir Couprie.

La soirée a passé vite. Le Live Magazine est terminé. Les participants, auteurs, dessinateurs, journalistes montent sur scène. Le Picture Festival s'achève. Monté par Carole Saturno et son équipe, il s'est avéré formidable de bout en bout. Bravo, bravo, bravo.




L'ensemble de mes pérégrinations au Picture Festival est à trouver ici.




lundi 28 mars 2022

Un dimanche au musée avec le Picture Festival

Elene Usdin et Aurélie Wilmet terminent leur performance.

Un effet Picture Festival? Sûrement. Il y avait plein de monde ce dimanche 27 mars ensoleillé au Musée d'art et d'histoire du Cinquantenaire. Un public de tous les âges venu assister à la performance dessinée d'Aurélie Wilmet et Elene Usdin et visiter en parallèle la magnifique exposition "Inuit. Voyage graphique au Grand Nord" concoctée par les deux mêmes et le poète Carl Norac.

Quand on pénètre dans l'immense salle à verrières et colonnes du musée, le Grand Narthex, on est accueilli par une musique planante, création, apprendrai-je plus tard, du fils d'Elene Usdin. Tout au bout, là où Léopold II pourrait les voir de l'étage où il est chevauche son cheval de métal, deux artistes sont à quatre pattes. Elene Usdin et Aurélie Wilmet peignent, à grand renfort de couleurs et de larges pinceaux - elles utiliseront les fins plus tard. Deux œuvres naissent sous nos yeux, prenant formes et consistance en deux heures trente chrono. 

"Nous nous sommes inspirées d'un conte inuit", m'explique Aurélie Wilmet. "Comme nous avions peu de temps, nous avons choisi de peindre en parallèle et non ensemble. C'est la première fois que nous faisions cela. A la fin de la performance, chacune a eu la surprise de découvrir ce que l'autre avait fait." Deux peintures dont on reconnaît bien l'inspiration commune, réalisées tête-bêche à voir l'emplacement des signatures des artistes.

Léopold II veille.

Aurélie Wilmet et Elene Usdin au travail.

Aurélie Wilmet.

Elene Usdin.


La baleine, une des plus belles œuvres inuit.
L'exposition présente une vingtaine d'estampes de toute beauté et quelques sculptures issues de la collection du poète belge. Ces œuvres ont été réalisées par dix-neuf artistes (principalement des femmes) utilisant diverses techniques de gravure. Elles illustrent aussi bien le monde marin arctique que le chamanisme ou la mythologie. Elles se complètent de trois œuvres sur le Grand Nord des deux artistes en performance dimanche.


Le Grand Nord par Elene Usdin et Aurélie Wilmet.





dimanche 27 mars 2022

Un énorme cinquième tour au Picture Festival

Olivier Spinewine, "Le pédiluve".

Bon je l'avoue, le compte-rendu de mes pérégrinations au Picture Festival couvre deux jours, vendredi et samedi. Pour changer, je commence par mon dernier arrêt. Attention, il ne faut plus tarder  car la troisième édition de ce qui est quand même ce qui se fait de plus intéressant dans le domaine de l'illustration à Bruxelles va bientôt se terminer (lire ici).

Arrêt 1 au Clignoteur 
Place de la Vieille Halle aux Blés 30, 1000 Bruxelles

Quel pied dans cette Nike?
Plasticien, enseignant, dessinateur, photographe, écrivain et éditeur, Olivier Spinewine expose deux projets, "Villevue", un travail photographique antérieur, et "Le Pédiluve", tout neuf, entièrement consacré au... pied. "Voir le pied de quelqu'un pour la première fois, c'est quelque chose", me dit-il en souriant. Plus sérieux, il explique que le projet lui est venu après la lecture d'un texte de Georges Bataille à propos du pied, oscillant entre la séduction et l'immonde ("Le gros orteil, 1929). "Après mon récit graphique "Corso à contre-main" (CFC éditions), j'ai eu l'idée de faire une série." Une série de pieds en différentes techniques et sur différents supports dont surtout des papiers de récupération. "Il y a des pieds réels et des pieds de tête, comme celui de Bob et Bobette et celui qui a coulé, celui d'une Nike Super H et celui de sandales tchécoslovaques. Jamais de métaphore. Souvent cinq orteils mais parfois six ou trois." 

Expo Le Pédiluve au Clignioteur.


Aux cimaises, une vingtaine de dessins de pieds, reflétant parfaitement le texte de Bataille, entre séduction et immonde. Seulement une vingtaine? Oui, mais on en trouve environ quatre-vingts dans le beau livre qui vient de sortir, "Le pédiluve, GRA DED EXPO SURE TO FEET" (Editions Lustre, en vente au Clignoteur, bientôt chez Tropismes, chez Peinture fraîche...) Un grand et épais format qui explore formidablement d'un trait léger cette "exposition progressive". Des pieds révélateurs, des pieds cachés, des pieds expressifs, des pieds esquissés ou portraitisés... 

Un album dont il faut saluer la mise en page magnifique, mettant superbement en valeur les dessins, jouant avec les couleurs et les sauts de pages, complétée d'un travail de photogravure magistral. Posées sur des fonds aux tons variables par séquences, les feuilles de papier des dessins y apparaissent comme en relief. Explication: les dessins ont été scannés des deux côtés et figurent parfois en transparence ou en superposition dans les pages. A tourner les pages pleines de surprises, on sourit, on s'interroge, on admire ou on est troublé. On oublierait presque qu'il s'agit d'un livre relié, tant on est pris par ces pieds dessinés qui se succèdent comme si on feuilletait une farde. Entre séduction et immonde.
Attention, l'exposition se tient encore ce dimanche 27 mars de 14 à 19 heures et le vendredi 1er avril de 17 à 20 heures où suivra à 20 heures un concert de Brèche de Roland dont Olivier Spinewine a illustré le premier EP..


Arrêt 2 à la Galerie Bortier
Rue Saint-Jean 17, 1000 Bruxelles

#PrintIsNotDead à la Galerie Bortier.

Simon Roussin.
Un week-end #PrintIsNotDead et toujours RisoZine, Marseille-Bruxelles (Cuistax, Fotokino, Frau Steiner, Harry Studio, Les Ateliers du Toner, Papier Carbone).

Fanzines, livres, revues, affiches… tous les supports et toutes les techniques participent à cette troisième édition du salon de la micro-édition et de l'image imprimée. Avec la Riso à l'honneur cette année.

A rencontrer: Actes Nord, Cuistax, Delphine Panique, Fanzinothèque, Fotokino, Frau Steiner, Gabri Molist, Harry Studio, Image Fantôme, Indekeuken / Chez Rosi, Jango Jim, Les Ateliers du Toner, Les Pinatas, Les Voizines & TMH, Morgane Griffoul, Sanlémo, Signes du Quotidien, Sterput, Ton piquant, Vite ed.
Encore ce dimanche de 11 à 18 heures.



Arrêt 2 bis à la galerie Bortier

Le nuancier de fusains de Sarah Cheveau.

Retour chez Sarah Cheveau ("Faire feu de tout bois") car je n'avais pas repéré l'autre jour (lire ici) son extraordinaire nuanciers de fusains. Quarante-sept essences de bois brûlés - pour le moment car d'autres vont encore compléter le tableau - sont posées sur une feuille, simplement légendées à la main de leur nom. Platane, cognassier, pêcher, ronce, prunier de mirabelles, ébène, gui, lierre, rosier, séquoia, églantier pour ceux qui sont ci-dessus, mais il y en a trente-six autres à découvrir sur place. C'est d'une incroyable beauté, avec des nuances de tons, gris, bruns, bleus même, et de dureté, plus gras ici, plus sec là. Généreuse nature.
Encore ce dimanche de 11 à 18 heures.

Arrêt 3 chez ABC
Place Gaucheret 13, 1030 Schaerbeek

Expo "Cimes" chez ABC.


Le mariage du pochoir et du pliage donne les formidables origamis colorés de Bernadette Gervais et Waii Waii réunis dans l'exposition "Cimes". Posées à hauteur d'enfant, fixées aux cimaises, suspendues au plafond, leurs créations enchantent et font rêver.
Encore ce dimanche de 10 à 17 heures et l'occasion de visiter ABC qui est en portes ouvertes.

Arrêt 4 au Wolf
20 rue de la Violette, 1000 Bruxelles

"On joue à cache-cache?", premier album de Léa Viana Ferreira.

Les originaux de l'excellent premier album jeunesse de Léa Viana Ferreira "On joue à cache-cache?" (CotCotCot Editions) s'offrent au visiteur (jusqu'au 18 juin). La particularité de ce livre en doubles pages est que son texte est en deux temps, un verbe et ensuite sa déclinaison pratique par les enfants de l'histoire. Toutes les étapes du jeu y passent pour le plus grand plaisir dans des images qui sont autant de peintures explosant joyeusement de couleurs, bourrées de détails parfois bien cachés et célébrant merveilleusement la nature, thème de cette troisième édition du Picture Festival.


Pour retrouver mes précédentes pérégrinations, c'est ici.


jeudi 24 mars 2022

Un quatrième, très mini, tour au Picture Festival

Vitrine de Peinture fraîche.

Mince, une voix dans l'oreillette me glisse qu'on est déjà à la moitié du Picture Festival 2022 (lire ici). Ai-je vu la moitié des expositions? Presque (lire ici, ici et ici). Mais ce n'est pas aujourd'hui que cela me tente, un certain Joe B. (USA) squattant les rues de Bruxelles. Je me suis donc rabattue sur plus près de chez moi. Mais je n'avais pas lu le programme en détail, habituée que j'étais aux grandes expositions en sous-sol de la librairie Peinture fraîche.

Déception à mon arrivée. S'il y a bien une rencontre-discussion-dédicaces avec Elene Usdin, Aurélie Wilmet et Dominique Goblet ce jeudi 24 mars à partir de 18 heures, il n'y a pas vraiment d'exposition. Les originaux des trois artistes sont tous exposés dans les deux vitrines du lieu. L'avantage est qu'on les voit de la rue, l'inconvénient qu'on ne peut guère en approcher pour complètement les apprécier.




Les originaux d'Aurélie Wilmet, Elene Usdin et Dominique Goblet
présentés chez Peinture fraîche.


Bref, je me rattraperai pour les deux premières avec l'exposition "Inuit. Voyage graphique au Grand Nord" qui se tient au Musée Art & Histoire (Parc du Cinquantenaire 10 1000 Bruxelles) jusqu'au 22 mai, sachant aussi qu'Aurélie Wilmet et Elene Usdin s'y lanceront dans une "Performance dessinée au cœur d'un conte inuit" ce dimanche 27 mars à 14 heures.


mercredi 23 mars 2022

Un troisième (et mini) tour au Picture Festival

Emile Seron expose son dernier album à la librairie Candide.

Après Bologne et Stockholm où ont été attribués lundi et mardi les plus prestigieux prix en littérature de jeunesse (lire ici et ici), retour à Bruxelles où le Picture Festival se tient jusqu'au 30 mars (lire ici). Cap sur la librairie Candide qui expose une série d'originaux très intéressants d'Emilie Seron, provenant de son dernier album jeunesse en date, "Boubou en était sûr", écrit par Karen Hottois (La Partie, 48 pages). Un rien plus grands que la version imprimée, très intéressants parce qu'on y distingue les détails de peinture, brillants ou carrément dorés.

Emile Seron expose son dernier album à la librairie Candide.


"Boubou en était sûr"
est un très bel album à deux voix et épistolaire à la fois, ce qui est assez rare dans la tranche d'âge à laquelle il s'adresse, celle des grandes maternelles. Il y est question d'amour, d'une évidence de sentiments qu'il faut exprimer, mais aussi d'hésitations, de confirmations, de reculades angoissées et de rencontre radieuse. Tout cela grâce aux bons soins du rat Fromage qui se charge de porter leurs missives aux deux amoureux, qui observe les réactions de Boubou et de Nadia et qui joue à l'intermédiaire pour que les deux enfants parviennent à se rencontrer.

L'histoire se développe agréablement, avec du suspense à propos des lettres échangées, et surtout  de la dernière, interceptée par un écureuil. Elle s'étend dans le temps, les illustrations montrant les changements de saison. Elle présente délicatement la fragilité de ceux qui sont dans l'état amoureux, surtout quand il se mue en un imbroglio plein de quiproquos qui seront finalement déjoués. Boubou, Nadia et Fromage déambulent dans des images finement réalisées, pleines de détails à observer, que ce soit à l'intérieur ou à l'extérieur, la journée, le soir ou la nuit. Prenant et invitant de nombreux animaux aux côtés des deux enfants, le texte est porté par une typo grand format qui n'est pas sans rappeler le style des albums publiés notamment par les Editions des Femmes dans les années 1970.

Original et réussi, "Boubou en était sûr" aide à mettre en mots les émotions et les sentiments comme l'amour, des mots qui se coincent souvent, pour de multiples raisons.



"Boubou en était sûr", de Karen Hottois et Emilie Seron. (c) La Partie.


A savoir
  • Masterclasse avec Béatrice Vincent, éditrice à La Partie (ex-Albin Michel Jeunesse) le vendredi 25 mars à 17 heures à l'Académie Royale des Beaux-Arts de Bruxelles (Rue du Midi 144, 1000 Bruxelles)
  • Séance de dédicaces d'Emilie Seron le vendredi 25 mars de 17h à 19h dans son exposition à la librairie Candide (Place Brugmann 2, 1050 Bruxelles).

dimanche 20 mars 2022

Un deuxième grand tour au Picture Festival

Livres abandonnés mis à germer  par Anne Herbauts et Loren Capelli
à la Wittockania.

Week-end béni pour les amoureux des livres et des images que celui de ces 18, 19 et 20 mars à Bruxelles. Trois événements s'y superposent, s'y entrecroisent, s'y épousent, Semaine du livre, Salon des littératures singulières et Picture Festival (lire ici). 

Deuxième tour, ce samedi, entre des embouteillages jamais vus. Presque 50 kilomètres au compteur. Mais que de bonheurs pour les yeux. Les expos sont extraordinaires de beauté, de créativité et de diversité.
Toutes les infos sur le Picture Festival sur leur site, fort joli et fort bien fait.

Arrêt 1, long arrêt, à la Galerie Bortier

En noir et blanc
Loren Capelli et Sarah Cheveau ont "fait feu de tout bois" au sens premier.


Installation de Loren Capelli à faire et à refaire.

La première en proposant notamment des installations artistiques de sa récolte bruxelloise, la seconde en brossant en bois brûlé d'énormes portraits d'animaux de la forêt. Impressionnant et réussi.


Sarah Cheveau dessine avec le bois ramassé qu'elle a brûlé.

 
En proclamation,
les prix jeunesse Libbylit (section belge francophone de l'IBBY)



Album belge
"Quand Hadda reviendra-t-elle?", d'Anne Herbauts  (Casterman)
Album "Petite enfance"
"Et si?", de Chris Haughton (traduit de l'anglais par Camille Gautier, Ed. Thierry Magnier)
Album
"Comment mettre une baleine dans une valise?", de Guridi (traduit de l'espagnol par Anne Casterman,  Cotcotcot éditions)
Roman belge
"Eden fille de personne", de Marie Colot (Actes Sud Junior)
Mention spéciale 
"Debout dans l'eau", premier roman de Zoé Derleyn (Rouergue)
Roman junior
"Martine ne sait rien faire", de Dominique Perichon (Rouergue Jeunesse)
Roman ado
"Sois belle et bats-toi", de T. S. Easton (traduit de l'anglais par Anne Delcourt, Nathan) 



En poésie
Brussels City of Stories invite le public à écrire un texte, sur place, ou à envoyer plus tard (infos ici). Attention, la collecte s'arrête le 1er avril. Les histoires seront rendues publiques le samedi 4 juin.

Brussels City of Stories.


Arrêt 2 aux Ecuries Royales

Entre le Palais Royal et le Palais des Académies, les Ecuries Royales tiennent salon littéraire dans une ambiance amicale et chaleureuse. A l'intérieur où les stands proposent des centaines de livres, une foule de dédicaces des auteurs et quelques rencontres à thème. Dans la courette, écrivains, éditeurs et visiteurs prennent le soleil en devisant. Le Salon des Littératures singulières a rassemblé  55 maisons d'édition, 120 auteurs et 2.000 visiteurs.


Arrêt 3 à la Wittockania

Anne Herbauts et Loren Capelli nous invitent à sauter à pieds joints dans une flaque.  A la regarder de diverses manières, de plus en plus profondément. Et c'est merveilleux. Pour cela, l'artiste belge et l'artiste française ont investi les vitrines d'un mur de la bibliothèque. Sur le fond, des flaques peintes et découpées par Loren, sur les vitres, divers éléments peints, noirs, multicolores ou bleutés, dessinés par Anne, assemblés et collés par elles deux lors de l'installation lundi dernier. Cela donne de fantastiques jeu d'ombres de mystères et de révélations. De vitrine en vitrine, les objets se détachent de la vitre jusqu'à ce qu'il n'y en ait plus un seul. On est alors au fond de la flaque, opaque. 

"Une fois les tâches définies, nous avons travaillé à distance, Loren et moi", explique Anne Herbauts. "En s'envoyant par WhatsApp des photos au fur et à mesure." Lundi, les deux se sont baladées au musée de Tervueren, lieu de calme et d'inspiration. Elles ont peaufiné leur projet commun. A la bibliothèque, elles ont déroulé les papiers peints qu'elles avaient réalisés chacune et les ont découpés pour les fixer aux fonds et sur les vitres en une diffraction décomposant les niveaux d'une flaque, miroitement, eau limpide, profondeur opaque, fond vaseux. Le résultat est époustouflant de beauté et de créativité. Très difficile à photographier à cause des reflets du lieu.

A pieds joints dans la flaque d'Anne Herbauts et Loren Capelli.


A voir encore, une xylothèque bien fournie, clin d'œil à Léopold II, et des livres abandonnés à germer (trèfle incarnat, livèche et luzerne).



Arrêt 4 à la galerie Encore

Quand Benoît Guillaume et Valfret s'emparent de la frise Josaphat.

Aux murs, d'immenses peintures paysagères pleines de couleurs (merci les peintures à la caséine Paon-Lin), réalisées à quatre mains par Benoît Guillaume, venu de Marseille, et Valfret. Une première collaboration pour les deux artistes qui avaient la friche Josaphat comme sujet imposé. Ils s'y sont rendus, ils en ont eu des photos et ils ont travaillé à fond toute la semaine pour être prêts pour l'expo "FFRRRCCHH" du Festival. Une réussite pour le visiteur, un défi vécu différemment par le duo.

"Tout a été fait en huit jours", commence Valfret, "alors que nous ne nous connaissions pas. Nous avons une compréhension commune mais des différences dans la manière de travailler." Ils ont travaillé par couches successives, chacun passant sur le dessin de l'autre, vert, jaune, rouge,, vert..., et ainsi plusieurs fois. A l'arrivée, difficile de dire qui a fait quoi dans ce splendide travail commun. "J'ai été surpris par les peintures qui ne proposent pas les couleurs primaires", poursuit Valfret. "Je me suis senti coincé parfois, par exemple avec le jaune." 

Le résultat vaut le détour, illuminant les cimaises de la galerie de ces grands papiers colorés qui célèbrent une nature encore sauvage mais terriblement menacée. "L'expérience était trop courte pour que ça se passe mal", sourit Benoît Guillaume. "Nous nous sommes lancés sans trop discuter. Nous passions naturellement l'un après l'autre. Le résultat final me plaît, ces dessins pas trop léchés. On est allé à l'essentiel vu l'urgence. On a fait des paysages mais on a ajouté des détails grinçants comme l'immobilier et les hommes d'affaires et des détails de biodiversité. Mais il faut bien regarder pour trouver la grenouille ou la libellule."
 
La frise Josaphat par Benoît Guillaume et Valfret.