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vendredi 21 juin 2024

La note bleue selon Louis Joos et d'autres

L'exposition propose un focus sur Louis Joos.

La note bleue s'expose tout cet été à Bruxelles. Principalement en noir et blanc mais aussi en couleur et même en vidéo. Vient en effet de s'ouvrir au CBBD (Musée de la BD) l'exposition "Jazz & Bande Dessinée". Nichée à la Gallery, elle a superbement investi cet espace de taille réduite. Aux cimaises, rien que des originaux (sauf un). Une belle série de planches et d'illustrations de Louis Joos évidemment. L'artiste bruxellois n'est-il pas le maître du genre avec ses encres de Chine puissamment évocatrices? Son trait parfait, son jeu avec le blanc, son sens de l'instant. Regarder son travail, c'est se trouver tout à côté des musiciens qu'il dessine. Quasiment les entendre.

Entre deux séries d’œuvres de Louis Joos, des variations sur Chet Baker
par Joe G. Pinelli. (c) Daniel Fouss/CBBD.
 
Quelques reproductions géantes des dessins exposés apparaissent sur les panneaux de cette expo fort bien scénographiée. Elles attirent le regard et rythment la visite. Un parcours qui fait découvrir d'autres dessinateurs amateurs de jazz, avec les variations sur Chet Baker de Joe G. Pinelli, les gravures de Jean-Claude Salemi, les portraits d'Yves Budin, les ambiances des concerts bruxellois de Thierry Bouüaert, les blagues en création numérique d'Anne Citron, les dessins de Sisca Locca, sans oublier les dessins animés de Vincent Patar & Stéphane Aubier pour "Aka Moon".
 
"Jazz & Bande Dessinée", c'est une représentation de la création contemporaine d'artistes installés en Belgique avec un focus sur Louis Joos qui excelle, lui, à camper le jazz new-yorkais sans y avoir jamais été. Sous ses pinceaux, Billie Holiday, Thelonius Monk, Charlie Mingus, Miles Davis, Chet Baker et d'autres vibrent aux cimaises.
 
Portraits de musiciens par Louis Joos.

L'exposition bruxelloise est une mouture revue de l'exposition qui s'est tenue en avril à Liège, à l'école Saint-Luc, à l'initiative de la Maison du jazz. Le responsable des projets de cette dernière, Jacques Onan, s'explique: "On a décidé à la Maison du jazz de refaire des expositions en dehors des murs. Nous avions commencé lors de la crise sanitaire où une exposition a remplacé notre traditionnel concert aux Chiroux. Nous avons d'abord monté une expo sur la place des femmes dans le jazz, expo qui tourne toujours. La question a été: quel thème jazz choisir pour une autre expo qui soit aussi de la vulgarisation? La bande dessinée bien entendu, surtout avec Louis Joos. Contact a aussi été pris avec d'autres dessinateurs ayant campé des scènes de jazz."

Œuvres d'Yves Budin. (c) Daniel Fouss/CBBD.

La grande affaire des commissaires a été de choisir des dessins chez Louis Joos, ceux-ci n'étant pas répertoriés. "C'est Jacques Onan qui a tout fait", répond le principal intéressé. "Il est venu, il a fait un début de classement, on a trié, il a fait une présélection d'une centaine de dessins." La suite a été de décider quels dessins de Louis Joos sélectionner. Sachant qu'il dessine le jazz depuis toujours. "L'idée retenue a été de choisir le début des années 80 comme date-pivot", reprend Jacques Onan. "C'est à ce moment qu'il publie ses premiers livres chez Futuropolis. Le jazz occupe une très grosse partie de ce qu'il a fait. Il a une place tout à fait particulière à cause de son style, de sa patte, de la manière dont il parle du milieu dans les années 80. Ensuite, il s'est concentré sur différents musiciens."
"J'ai toujours eu envie de faire du dessin ou de la peinture. (…) Moi, ce que j'aimais bien dans la bande dessinée, c'est qu'il fallait beaucoup dessiner, plein de cases. Mais quels sujets prendre? Quelque chose que j'aimais beaucoup depuis toujours, enfin depuis mes quinze ans, et c'était le jazz. J'ai fait quelques bouquins chez Futuro qui avaient comme sujet le jazz et c'est ainsi que ça a démarré."
Louis Joos (extraits des propos recueillis par Jacques Onan,
pour la Maison du Jazz, janvier 2024)
Louis Joos, "Tout pour plaire".
Les présélections ont été réduites en fonction des deux expositions. Celle de Liège disposant de plus vastes espaces a retenu une douzaine de grands formats (50 x 70), pas celle de Bruxelles. "Au CBBD", précise la commissaire Mélanie Andrieu, "nous avons opté pour une histoire de la musique de jazz sous l'angle des musiciens avec le travail de Louis Joos en fil conducteur. L'espace étant réduit, nous avons choisi quatorze auteurs aux styles variés. Notamment ceux qui sont très présents dans les fanzines. Nous avons voulu élargir le public. En lui réservant aussi des surprises comme Patar & Aubier qui travaillent sur un support différent." L'expo "Jazz & Bande Dessinée" comprend toutefois quarante cadres (quinze pour Joos et vingt-cinq pour les autres).

"C'est une très belle scénographie", juge Louis Joos, "simple, réussie et efficace. On y trouve des planches de bande dessinée et des dessins d'illustration. Et le bâtiment du CBBD est une merveille."

Pic Pic André à gauche, Thierry Bouüaert à droite.
(c) Daniel Fouss/CBBD.


Pratique

Centre Belge de la Bande dessinée, espace Gallery
Rue des Sables 20, 1000 Bruxelles
Du mardi au dimanche, de 10 à 18 heures, jusqu'au 8 septembre.
Plus d'infos ici

L'humour d'Anne Citron.

Biblio bleue de Louis Joos

  • Saxo Cool, Futuropolis, 1984
  • Foutue croisière, Futuropolis, 1985
  • Musique de nuit, Futuropolis, 1987
  • Monk, Point Image, 1995,
  • Blues, Point Image, 1996
  • Mood indigo, Point Image, 1997
  • Mingus, Pyramides/Aplanos, 1995
  • Suite bleue, texte de Frédéric Debomy, Le 9e Monde, 2001
  • Jazz Concert, Pyramides/Aplanos, 2001
  • Bud Powell, BD Music, 2004
  • Ladies in Blue, BD Music, 2005
  • Une vie silencieuse, texte de Frédéric Debomy, Albin Michel, 2006
  • Charles Mingus, BD music, 2008
  • John Coltrane, BD music, 2009
  • Un piano, Futuropolis, 2010
  • Thelonious Monk, BD Music, 2013
  • Jazz, Alain Baulet éditeur, 2019
  • Une histoire du Bebop, texte de Franck Médioni, Le Layeur, 2020 




jeudi 6 avril 2023

Cinq moments de la Foire du livre de Bruxelles

Louis Joos.


Record d'affluence pour la 53e Foire du livre de Bruxelles qui s'est tenue à Tour & Taxis du 30 mars au 2 avril. Les organisateurs annoncent qu'elle a généré 80.000 tickets. S'ils n'ont peut-être pas tous donné lieu à une visite, il y a eu un monde inouï dans les allées tout au long du week-end. Et partout, une fois que la signalétique avait été améliorée, indiquant en grand que la visite se poursuivait dans un autre bâtiment, celui de la Gare Maritime. Comme chaque fois, il y a eu les auteurs qui généraient des files incroyables de chasseurs d'autographes, Amélie Nothomb, Eric-Emmanuel Schmitt, Grégoire Delacourt pour ne citer qu'eux, et il y a eu ceux qui ont attendu le client/le lecteur. Comme chaque fois, il y a eu les maisons d'édition et les librairies qui ont super bien vendu, et il y a eu les maisons d'édition et les librairies qui ont dû remballer leur stock. Comme chaque fois, il y a eu les rencontres qui faisaient salle comble et il y a eu celles où les sièges sont restés vides. C'est la loi d'une Foire du livre à Bruxelles, le côté positif 2023 étant l'enthousiasme des visiteurs qui y sont revenus en masse.


Louis Joos à l'honneur

Parmi les rencontres peu suivies, celle organisée dimanche après-midi autour de Louis Joos. Notre merveilleux illustrateur était accompagné de Rascal, son vieux complice, et de son ami auteur-illustrateur Pascal Lemaître. La conversation précédait la remise, des mains de Nadine Vanwelkenhuyzen, directrice générale adjointe au Service général des Lettres et du Livre, du Prix de la Fédération Wallonie-Bruxelles pour sa contribution au rayonnement de la littérature jeunesse en Belgique francophone.  Un maigre public d'une petite vingtaine de personnes, membres du jury l'ayant couronné, membres d'une fondation privée, personnes de sa maison d'édition ou famille du lauréat. Quel dommage!

Quoi qu'il en soit, ces lauriers sont une excellente nouvelle et une juste consécration, couronnant un immense artiste en littérature, jeunesse, BD et jazz, et en peinture (lire ici). Autre motif de réjouissance, la sortie en septembre d'un nouvel album jeunesse illustré par Louis Joos sur un texte de Rascal, "Buffalo Kid" (l'école des loisirs, Pastel). Cette histoire de bisons en Amérique arrivera plus de dix ans après la précédente, "Mère magie" (texte de Carl Norac, même éditeur). Un projet dont Louis Joos m'avait déjà parlé fin 2017 (lire ici en pages 32 à 37). Un album qui s'est créé comme les précédents du duo Rascal-Louis Joos: le premier compose une ébauche de texte, le second dessine et fait quelques suggestions, le premier écrit le texte définitif sur base des dessins réalisés.

Editeur jeunesse écoresponsable

Maison d'édition jeunesse créée à Nantes en 2019, La cabane bleue publie des livres illustrés pour sensibiliser les enfants à la protection de la planète dans une démarche 100 % écoresponsable. C'est-à-dire, quatre titres par an maximum, bien conçus et accompagnés, tous sur le même format pour optimiser l'impression réalisée en France, sans couverture à pelliculage plastique, avec des droits d'auteur supérieurs à la moyenne, distribués en Belgique par Makassar.

Les titres des différentes collections montrent bien combien chaque album apparaît original dans l'océan de livres jeunesse publiés sur tout et n'importe quoi. La collection "Mon humain et moi" présente des personnes célèbres par le biais de leur animal. "Les herbes folles" évoquent la nature et l'écologie autrement. "Suis du doigt" invite l'enfant à déterminer son parcours dans les pages qui lui présentent une espèce menacée. "Les histoires" réunissent des fictions sur les questions écologiques. Catalogue complet ici.

Aglaé, par Giulia Vetri. (c) La cabane bleue.

Revenons sur l'album documentaire "Charles et moi" d'Emmanuelle Grundmann aux textes et Giulia Vetri aux illustrations (La cabane bleue, 2019, 28 pages). Bien sûr, il y sera de la découverte de la théorie de l'évolution par Charles Darwin. Mais toute l'originalité de l'album tient dans le fait que la narratrice en est Aglaé, le poulpe que le naturaliste a capturé en 1832 près des îles du Cap-Vert et installé dans un bocal posé sur son bureau à bord du Beagle. Aglaé nous raconte l'homme en face d'elle, ses recherches, ses découvertes et l'évolution de leur relation. Un point de vue original et percutant porté par de somptueuses illustrations. Dès 8 ans.


Poésie jeunesse voyageuse

Quelle belle rencontre que les mots de la Belge Béatrice Libert et les dessins de Kotimi, une Japonaise vivant depuis longtemps à Paris (lire ici). Leur recueil de poèmes, "Voyages à perdre haleine" (Motus, 64 pages) est une puissante invitation à bouger. Qu'on soit une valise, un voyageur, un chapeau, un vaisseau spatial, un éléphant ou un escargot... C'est que chez la poétesse à la belle imagination, à la toute aussi grande tendresse et à l'humour très présent, tout peut voyager. Les humains comme les animaux ou les objets. Cela donne lieu à de formidables petits textes, souvent fantaisistes, où la première phrase ne permet en général pas de deviner la dernière. Ce merveilleux pouvoir de la poésie de tout déménager est transcendé par les illustrations de Kotimi qui a réinterprété chaque poème pour le porter encore plus loin. Combien de kilomètres parcourt-on dans cet excellent recueil? La question ne demande pas de réponse car le plus important est l'envie de remuer, de bouger, de voyager, que distillent irrésistiblement toutes ces doubles pages. Pour tous dès 6 ans.

In "Voyages à perdre haleine". (c) Motus.


Multiples familles animales

On ne cesse de parler de la multiplicité des familles chez les humains. Qu'en est-il chez les animaux, s'est demandé Karine Granier-Deferre dans son premier album documentaire junior, "Naître animal", fort bien illustré par Marie Caudry (Casterman, 48 pages). En vingt-six histoires, elle démontre que chez les animaux, la famille est tout aussi diversifiée que chez les humains, lesquels apparaissent en dernière double page. Il y a ceux qui inversent les rôles traditionnels comme la hyène. Il y a des mères célibataires, chez l'orang-outan par exemple. Il y a ceux qui changent de sexe par nécessité, cela arrive chez le poisson-clown et chez l'albatros.

L'auteure nous raconte tout cela avec force détails dans de petits textes ciselés, aux titres littéraires, le noms des espèces présentées apparaissant dans le cartouche scientifique. Ils sont superbement accompagnés par les dessins de Marie Caudry.

Présente à la Foire du livre de Bruxelles, Karine Granier-Deferre a répondu à mes questions.

Pourquoi "Naître animal"? "C'est un documentaire différent. Il fait écho aux changements de modèles familiaux dans la société. Je ne porte pas de jugement mais je veux montrer aux enfants les différentes familles qui existent. C'est une façon de parler de la différence, d'inciter à ne pas souffrir de la différence. Quand on voit toutes ces différences, on comprend que plus personne ne l'est, puisqu'on est tous différents. J'ai fait énormément de recherches, j'ai beaucoup lu, je me suis constitué mon réseau, j'ai échangé avec des chercheurs. J'ai fait un livre d'éthologie, de comportement."

Comment avez-vous établi votre sélection? "Je présente 26 animaux, dont l'être humain en finale. Pour les choisir, j'ai pris un peu dans toutes les espèces, avec des schémas très  différents, contre les clichés répandus comme celui que chez les mammifères, ce sont les mamans qui s'occupent des petits et non les papas. J'ai aussi opté pour des animaux qui plaisent aux enfants."

L'histoire qui vous a le plus étonnée? "Le nombre d’animaux qui grandissent sans parents. Autres étonnements: sur les quatre types de hyène, le fait qu'une soit complètement différente, et aussi que les campagnols soient les plus proches de la famille nucléaire."

Pourquoi Marie Caudry? "C'est l'éditeur qui a choisi l'illustratrice. J'aime le côté onirique de Marie Caudry, proche du conte. Elle a créé un vrai rapport texte-images, sans anthropomorphiser mais avec une touche affective pour l'émotion. Elle a choisi un pantone orange comme fil conducteur entre tous ses dessins."


La tortue Arrau. (c) Casterman.


Une plume adulte à suivre

Son recueil de nouvelles s'intitule "Incisives" (Lamiroy, 233 pages). Normal, Caroline Wlomainck y montre les crocs dans une écriture au scalpel épinglant divers faits de notre société. Cinq textes courts bien mordants qui, en réalité, enchantent. Qui secouent, dégoûtent, sidèrent et perturbent. Dans le bon sens du terme.
On avait découvert la Tournaisienne  en septembre dernier sous le nom de Kro. Déjà les crocs. Elle prêtait sa plume à une voyante, "Madame Irma" dont elle a égrené les lettres en deux volumes, "Perles fines" (lire ici), suivi en janvier de "Perles rares" (Lamiroy).

Sous son nom, Caroline Wlomainck se lançait aussi en janvier dans la nouvelle, plutôt noire, avec l'excellent opuscule "Little paradise" (Lamiroy, lire ici). Un texte qui se retrouve au milieu du recueil "Incisives" tout juste paru. Avant, dans un texte à deux voix, un jeune couple de "Vautours" qui se montre aimable avec sa vieille voisine, dans l'unique but de lui rafler sa maison au joli jardin. Sans imaginer que la fine Eliane allait déployer de redoutables ruses. Dans "Débordement", un journaliste déçu et dégoûté par l'ultralibéralisme décide de faire justice lui-même. Il enlève le big boss d'une multinationale de l'agroalimentaire, un pourri de la pire espèce. Ce sera la grande malbouffe! Des scènes incroyables et une finale inattendue. 

Après "Little paradise" arrive un texte tout aussi incisif, "Eté 89", où un ancien gamin se remémore les étés de sa jeunesse, au camping dans le sud. Les balades avec son meilleur ami, les explorations, les découvertes, les paris et les défis… Un texte à deux voix, leurs surnoms de l'époque, vingt ans plus tôt, car le destin a sacrément rebattu les cartes des inséparables. Enfin, "Joker" porte un grand coup dans la vie de couple. Vingt-cinq ans après leur mariage, Fred, le narrateur, travaille toujours (à la police) mais Hélène tourne en rond (syndrome du nid vide). Les bonnes intentions suffisent-elles?

Dans ces cinq nouvelles, Caroline Wlomainck pointe d'une écriture acérée, porte la plume, comme on disait avant, dans ce qui émerge de notre monde, l'argent, encore l'argent, le couple, les remords... Elle a de l'imagination et du style. Elle nous secoue pas mal et ça fait du bien.




vendredi 17 juin 2022

Voyager en couvertures imaginaires

Lionel Koechlin pour l'expo "The Traveler".

Très belle exposition
intitulée "The Traveler" à partir d'aujourd'hui et jusqu'au 27 août à la galerie Huberty & Breyne au 33 de la place du Châtelain (Bruxelles). Une cinquantaine d'artistes, dessinateurs, illustrateurs jeunesse, affichistes et auteurs de bande dessinée, ont été invités à créer la couverture d'un magazine imaginaire intitulé "The Traveler", où ils proposent un voyage dans un lieu qui leur est cher. Bien entendu dans l'esprit et dans la forme du célèbre magazine américain "The New Yorker", fondé en 1925 et qui sort actuellement 46 fois par an. Une formule déclinée déjà à plusieurs reprises avec succès ("The Parisianer", "The Tōkyōiter", "Le Montréaler", "The Londoner", "The Brusseler", etc.).

Le moins qu'on puisse dire de cette exposition, considérable par la qualité des artistes comme par le nombre d'œuvres exposées, c'est qu'elle en jette, ravit et enchante! En effet, la galerie expose les couvertures des différents artistes, ainsi que l'œuvre originale qui en a permis la réalisation. En supplément aux cimaises, une centaine de "unes" inédites, non publiées.



Rébecca Dautremer. (c) The Traveler.

Si Bruxelles, Paris, New York et Berlin sont des villes très aimées et donc très présentes, on voyage aussi un peu partout dans le monde dans ces merveilles de dessins. Et ce sans aucune empreinte carbone. L'Italie, la Grande-Bretagne, l'Ecosse, l'Asie, l'Ukraine figurent aussi parmi les destinations appréciées, proposant le lien de cœur de l'artiste avec l'une ou l'autre ville.

New York, Christophe Chabouté. (c) The Traveler.

New York, Laurent Durieux. (c) The Traveler.

New York, Louis Joos. (c) The Traveler.

Localisation bruxelloise oblige, on tombe à l'entrée de la galerie sur les contributions de Philippe Geluck et Jannin & Liberski. Mais ils ne sont pas les seuls Belges à avoir été sollicités. On croise plus loin les noms de Louis Joos, Josse Goffin, Eric Lambé, David Merveille ainsi que ceux de Tom Schamp, Ever Meulen ou Brecht Vandenbroucke. On notera toutefois que plusieurs des couvertures sur Bruxelles avaient déjà été présentées lors de l'exposition "The Brusseler" en mars 2021.

Bruxelles: Beppe Stasi, Philippe Geluck, Josse Goffin, Régis Lejonc, David Merveille.
(c) The Traveler.

Ce qui est très amusant et intéressant dans l'exposition "The Traveler", c'est de confronter ses connaissances graphiques aux œuvres exposées, que l'on soit proche de la bande dessinée ou de la littérature de jeunesse. Les représentants des deux genres sont bien présents et on est enchanté de découvrir leurs rêves de voyage. Pour la littérature de jeunesse par exemple, Rébecca Dautremer rafraîchit Paris avec un Paname à la montagne, Olivier Balez se reconnaît à ses couleurs posées sur l'île de Pâques tout comme Nathalie Novi qui nous invite à Arezzo en Toscane. On identifie Carole Chaix à ses traits, Jeanne Macaigne à ses couleurs, Lionel Koechlin à son tremblé coloré, François Roca à ses portraits de femmes. La bande dessinée est bien présente aussi avec la regrettée Dominique Corbasson, Nicolas de Crécy, Miles Hyman, Jean-Claude Götting, Loustal, Alain Lachartre pour les plus anciens, de nombreux artistes plus jeunes étant également présents.

Miles Hyman. (c) The Traveler.

Nathalie Novi. (c) The Traveler.

Tom Schamp. (c) The Traveler.


Participent à "The Traveler", par ordre alphabétique

  • Alfred
  • François Avril
  • Benjamin Bachelier
  • Olivier Balez
  • Théo Bouvier
  • Brüno
  • Christophe Chabouté
  • Carole Chaix
  • Jérémie Claeys
  • Dominique Corbasson
  • Rébecca Dautremer
  • Dominique David
  • Nicolas de Crécy
  • Laurent Durieux
  • Manuele Fior
  • Filippo Fontana
  • Philippe Geluck
  • Jean-Claude Götting
  • Josse Goffin
  • Jorge Gonzalez
  • Maran Hrachyan
  • Miles Hyman
  • Alexandra Huard
  • Jannin & Liberski
  • Martin Jarrie
  • Mickael Jourdan
  • Louis Joos
  • Lionel Koechlin
  • Alain Lachartre
  • Eric Lambé
  • Régis Lejonc
  • Loustal
  • Jeanne Macaigne
  • Manara
  • Jean-François Martin
  • Matteo
  • David Merveille
  • Ever Meulen
  • Hugues Micol
  • Nathalie Novi
  • Nylso
  • François Roca
  • Tom Schamp
  • Andrea Serio
  • Beppe Stasi
  • Brecht Vandenbroucke
  • Danijel Zezelj

Trois des huit couvertures proposées pour le catalogue.

Un catalogue de l'exposition "The Traveler" est en vente à la galerie, proposant huit images de couverture différentes.


Pratique
Galerie Huberty & Breyne Bruxelles Châtelain
33 place du Châtelain
1050 Bruxelles
+32 (0)2 893 90 30
Du mardi au samedi de 11 à 18 heures.

mercredi 14 octobre 2020

Une petite expo sur le grand Louis Joos

Exposition Louis Joos à l'Heure Joyeuse.


L'affiche de l'expo.
Louis Joos, ce maître de l'illustration, que ce soit en couleurs ou en noir et blanc, en jeunesse, en littérature générale ou en BD orientée jazz, est le sujet et l'objet d'une petite exposition qui se tient de ce mercredi 14 octobre au samedi 31 octobre, du lundi au samedi, de 14 à 18 heures, à la Maison de l'illustration Suzanne Lippens (23, quai aux Pierres de Taille, 1000 Bruxelles). Un bâtiment bien connu des amateurs d'architecture car typiquement art déco. Traversant le pâté de maisons, il abritait de ce côté l'Heure Joyeuse, appellation apparaissant toujours en façade, la première mouture des bibliothèques jeunesse et la seconde du genre à Bruxelles.

Réduite, une petite trentaine de pièces seulement mais toutes originales, l'exposition "D'Escales à Mère Magie", du nom des premier et dernier titre - pour le moment - de l'artiste, se veut une galerie des personnages de Louis Joos en littérature de jeunesse, provenant des seize albums qu'il a actuellement publiés.

Expo Louis Joos à l'Heure Joyeuse.

Ne soyons pas hypocrite, l'expo se tient dans une pièce pas très grande, plutôt vétuste, où s'élèvent des rayonnages remplis de livres sur chacun des murs (le fonds de l'Heure Joyeuse comporte 10.000 titres), rappel des bibliothèques d'hier. Elle est accrochée du mieux qu'elle le peut dans cet espace exigu, présentant chaque fois les albums où apparaissent les illustration, placées à des cimaises de fortune le long des murs et sur un ilot central.

Expo Louis Joos à l'Heure Joyeuse:
"Escales".
Montée par le Centre de littérature de jeunesse de Bruxelles (CLJBxl) et l'IBBY-Belgique francophone, elle permet d'admirer quelques originaux jeunesse de Louis Joos, rarement exposés, contrairement à ses illustrations et ses peintures jazz. Quel bonheur de retrouver deux dessins d'"Escales" (textes de Rascal, l'école des loisirs/Pastel, 1992, prix graphique de la foire de Bologne 1993) qu'on n'avait plus vus chez nous (en Belgique) depuis 1992 et l'exposition à la galerie bruxelloise Charabia, ou cette scène où la petite fille sort du métro dans l'album "Eva ou le pays des fleurs" (texte de Rascal, l'école des loisirs/Pastel, 1994, prix Pomme d'or à la Biennale de Bratislava 1995),ou encore le splendide camion de "Marilyn Rouge" (texte de Rascal, l'école des loisirs/Pastel, 2009), et bien d'autres encore.

C'est toujours un bonheur de pouvoir approcher les originaux à quelques centimètres seulement de distance. Le choix peut paraître un peu déconcertant, chaque dessin étant une séquence d'un album, choisi pour l'expo mais rappelant silencieusement qu'il est un élément d'une chaîne aboutissant à un livre. D'où une impression de trop peu, accrue par des encadrements et un accrochage ne rendant pas toujours justice aux chefs-d'œuvre exposés.

Expo Louis Joos à l'Heure Joyeuse:
"Eva ou le pays des fleurs".



Attention, la visite à l'exposition (gratuite) ne peut se faire que via inscription ici.

Pour en savoir plus sur Louis Joos, l'article que je lui ai consacré dans la revue 64_page (ici, pages 32 à 37).


Expo Louis Joos à l'Heure Joyeuse:
"Nemo et le volcan".




samedi 31 décembre 2016

Vœux illustrés de bonne année 2017

Que nous ont concocté nos auteurs-illustrateurs jeunesse en vœux pour 2017? Plein de belles choses, glanées sur Facebook.
En fin de note, une dernière rasade avec les derniers arrivés.

(c) Snoopy.

(c) Peter Sis.

(c) Martine Delerm.

(c) Louis Joos.

Nerfs optiques. (c) Benjamin Chaud.

Projet de carte 1. (c) Benjamin Chaud.
Projet de carte 2. (c) B. Chaud.



















(c) Marilena Pasini.

Ennui dans le train. (c) Roland Garrigue.


(c) Sandra Poirot Cherif.

(c) Olivier Deprez.


(c) Gilles Bachelet.


"Belle et..." (c) Benjamin Chaud.

(c) Antonin Louchard.

(c) Emmanuelle Zicot.

(c) Oliver Jeffers.

(c) Oz Cirik.

(c) Pauline Kalioujny.

(c) Pierre Cornuel.


(c) Nathalie Lété.

(c) Gilles Bonotaux.

(c) Joanna Concejo.

(c) Tom Tirabosco.

(c) Anthony Browne.

(c) Els Wilk.

(c) Philippe de Kemmeter.

(c) Charles Dutertre.

(c) Clothilde Delacroix.

(c) Dorothée de Monfreid.

(c) Etienne Delessert.

(c) Jean-Luc Englebert.

(c) Sébastien Touache.

(c) Nathalie Sacré.


(c) Anaïs Vaugelade.

(c) Emilie Vast.

(c) Françoize Boucher.

(c) Gerda Dendooven.

(c) Mickaël El Fathi.

(c) François Place.
Soutien à la Petite Bibliothèque ronde de Clamart. (c) Claude Ponti.