Nombre total de pages vues

mardi 22 septembre 2026

Un Musée du Chat et de l’art rigolo à Ixelles

Une idée du futur Musée du Chat et de l'art rigolo
dans l'ancienne fabrique de porcelaine Demeuldre-Coché.

L'unique question d'actualité au dernier conseil communal d'Ixelles, le soir du jeudi 17 septembre, a confirmé ce que tout le monde avait compris à la réception, la veille, d'une invitation Casterman. Le Musée du Chat de Philippe Geluck allait bien s'installer dans les anciens établissements Demeuldre-Coché, chaussée de Wavre 141-143 à Ixelles. Dans sa réponse, le bourgmestre n'a pas nié le projet – un projet top secret puisque non présenté en conseil communal – mais a renvoyé tout le monde au 21 septembre. La date fixée dans l'invitation pour une "annonce", précisément en ce lieu patrimonial emblématique, en vente depuis le printemps à un prix affiché à 3,5 millions d'euros. Invitation Casterman signée Philippe Geluck, artiste, Romain De Reusme, Bourgmestre d'Ixelles, Gautier Calomne, Premier Échevin en charge de la Culture et du Tourisme, Julie De Groote, Échevine en charge de l'Urbanisme et du Patrimoine, Francis Metzger, architecte et Audrey Henry, Secrétaire d'État chargée de l'Urbanisme à la région de Bruxelles-Capitale. Allô, allô, allô ? Même pas un "miaou" en retour pour confirmer ce qui était devenu un secret de polichatnelle.

Ce lundi 21 septembre, dans l'ancien magasin de porcelaine, le père du Chat a précisé son projet ambitieux (l'espace est estimé à 2.300 m²) et en a révélé le nom complet: le Musée du Chat et de l'art rigolo! Il dit avoir en même temps retrouvé sa liberté par rapport à l'ancien projet de musée et croisé une annonce immobilière exceptionnelle. Philippe Geluck a acquis le magnifique et historique immeuble, classé en grande partie. Il l'a fait sans argent public mais sur ses fonds propres, générés par la vente des vingt-deux statues monumentales en bronze du Chat, et grâce à ses sponsors (Casterman, Loterie nationale, Beobank, Duvel, Facq et DaJobs) et ses mécènes. L'impressionnant bâtiment aux possibilités inouïes sera rénové par l'architecte Francis Metzger (Villa Empain, Bibliothèque Solvay, Maison Saint-Cyr, Maison Delune, Corinthia Grand Hôtel Astoria,..) dans le respect de ce qu'il a été et de ce qu'il est. On y trouve des espaces de toutes tailles, grande, très grande, moyenne, petite, des pièces lumineuses ou sombres, le tout dans un jus historique très attachant.



La façade et des espaces du rez-de-chaussée.

La pièce de l'étage, sous verrière. (c) Laurent Carpentier.


Cap sur 2028

L'ouverture du Musée du Chat et de l'art rigolo est prévue en 2028. Rétroactes accélérés:
- le projet de Musée du Chat au bâtiment Dynastie (au bas du Mont des Arts) naît en 2008;
- il sera recalé lors des changements politiques en 2014;
- suivent des propositions de lieux de musée dans le sud de la France, à Genève, à Paris;
- en 2014, la Région de Bruxelles-Capitale propose le bâtiment 1930 (entre le Coudenberg et Bozar) et prévoit l'ouverture du musée en 2019;
- les plans d'aménagement se succèdent mais les retards s'enchaînent;
- en 2026, la participation financière de Philippe Geluck dans le projet a quasi triplé;
- la Convention le liant à la Région lui permet, dit-il, de se retirer sans dédommagement le 31 mars 2026, ce que conteste la Région;
- le 2 avril 2026, il décide de se retirer du projet (fameux poisson), ce qui sera rendu public en juin 2026.

Douze ans ont passé. Tout le monde pensait le Musée du Chat enterré. Erreur! L'équipe Geluck se lance dans de nouvelles recherches dans Bruxelles. Les planètes s'alignent pour celui qui gravite depuis sa naissance à Ixelles et plus particulièrement aux alentours du 141-143 de la chaussée de Wavre, là où il atterrit aujourd'hui. Une nouvelle vie pour le Chat et son musée. En douze semaines, le projet dans les Etablissements Demeuldre-Coché est monté. Pour un budget, sur capitaux propres, bien inférieur au projet précédent.

Au travail
Il va falloir d'abord restaurer la façade et les parties classées de l'ancienne manufacture de porcelaine, avec l'approbation des Monuments et Sites, obtenir les permis, isoler le toit… La visite des lieux a montré son étendue et ses possibilités, dans le respect de tout ce qui fait son cachet. Que ce soient les colonnes et les carrelages de ciment peint du rez, le sol en bois moucheté du lumineux premier étage ou le plafond des appartements des anciens propriétaires, rehaussé pour y inclure un impressionnant plafond à caissons récupéré dans un château.

Un projet culturel d'envergure
La collection permanente du musée présentera soixante ans de l'univers graphique de Philippe Geluck, nous dit-on. Né le 7 mai 1984, il a commencé à dessiner gamin, bien avant le Chat, apparu en mars 1983 dans le journal "Le Soir". On verra donc des "Chat" bien entendu, des travaux récents, dessins, esquisses, planches, toiles, sculptures, animation, ainsi que des archives radio et télévisées. Un mobilier sur roulettes devrait permettre un renouvellement régulier des accrochages puisés dans un fonds très riche.

La collection permanente s'accompagnera d'expositions temporaires en quatre lignes:
- les grands du dessin d'humour qui ont inspiré Philippe Geluck (Chaval, Ungerer, Larson, Reiser, Bosc, Steinberg, Franquin...) et les dessinateurs belges contemporains (Kroll, Demoor, Jannin, Kamagurka, Herr Seele, Evermeulen...),
- l'animal chat dans l'histoire, l'art et l'archéologie, des origines à nos jours,
- le dialogue qu'entretient Philippe Geluck avec les grands artistes du passé et d'aujourd'hui, de Léonard de Vinci à Pierre Soulages en passant par René Magritte,
- en projet, l'art rigolo porté par des artistes qui s'amusent et nous amusent en créant, tels Joan Cornella, Banksy ou Maurizio Cattelan.

Philippe Geluck.
Harmonie, couleur et mesure
L'"annonce" de lundi s'est faite dans la joie, la bonne humeur et l'émotion, mais en l'absence d'Audrey Henry. Les élus ixellois se sont réjouis de l'arrivée de ce musée à deux pas du Musée d'Ixelles dont la réouverture est prévue le 18 mars 2027 et du Musée des Sciences naturelles, à deux pas aussi du bien vivant quartier de Matongé, en un lieu à forte identité historique (l'immeuble est né en 1830 en même temps que la Belgique et est classé depuis le 26 juin 1997), à importante valeur patrimoniale. Les panneaux en céramique, « Harmonie », « Couleur » et « Mesure », créés pour l'Exposition universelle de Bruxelles de 1897 et visibles depuis la rue, sont des trésors.

L'architecte Francis Metzger a expliqué comment il s'imprégnait d'un bâtiment avant de le rénover et combien il avait le souci de transmettre ce lieu riche d'un passé. "Le bâtiment restera lui-même et le Chat sera chez lui." La surprise est venue du témoignage de Françoise Demeuldre, sixième génération des Demeuldre à y œuvrer et dernière responsable du magasin. Elle a repris l'affaire du décès de son père en 1983 à 2019 où il a été décidé de fermer et de mettre les lieux en vente, ce qui sera fait en 2020. Il lui a fallu dix-huit mois pour vider cette caverne d'Ali Baba. Fortes de 800 pièces, les collections ont été données au Musée royal de Mariemont qui les exposera justement à partir de ce 26 septembre sous le titre "Le magasin de porcelaine" (infos ici). Avec le Chat, les murs de la fabrique de porcelaine resteront imprégnés d'Histoire et d'histoires, les souvenirs d'art de la table se mêleront au présent de rires et de sourires, d'humour et d'art rigolo.

Un "Chat" en trois dimensions.

 

 

vendredi 11 septembre 2026

Un nouveau directeur au Salon de Montreuil

Le dessin de Mariachiara Di Georgio qui servira à l’affiche 2026.
  
Nils C. Ahl.
On lui connaissait plusieurs casquettes principales, auteur, traducteur, critique, journaliste, éditeur... Et voilà que Nils C. Ahl, qui s'était éloigné du monde littéraire ces cinq dernières années au profit de l'humanitaire, y revient à fond avec un superbe nouveau couvre-chef. Il sera à la fin du mois le nouveau directeur général du Salon du livre  et de la presse jeunesse en Seine-Saint-Denis, toujours dénommé Salon de Montreuil par les anciens ou les habitués.
Il prendra la succession de l'excellente Sylvie Vassallo, habile capitaine durant vingt-cinq ans de ce bateau de livres qu'elle quittera le 30 septembre pour jouir de sa retraite et s'investir dans d'autres projets dans le domaine associatif, social et culturel.
 
Une succession dans la continuité mais un fameux défi quand même. Ce qui tombe bien quand on lit la présentation sur Linkedin du nouveau directeur: "Issu d'une formation généraliste (sciences-politiques, économie, littérature, philosophie...), j'ai toujours saisi l'opportunité d'évoluer dans ma carrière professionnelle en diversifiant mes compétences et en cherchant à satisfaire une insatiable soif d'apprendre. J'ai ainsi été journaliste, collaborateur politique (communication, rédaction de discours, conseiller sur des sujets divers), spécialiste du logement (social, d'urgence), puis éditeur (généraliste), avant d'ajouter la gestion de projet humanitaire et la sécurité aux cordes de mon arc. J'ai travaillé dans des contextes internationaux et multiculturels en Europe (en français, en anglais, en allemand, en danois) et en Afrique (en français et en anglais). J'ai tout autant été dans un rôle de manager que de consultant et d'indépendant. J'ai par ailleurs une expérience en réalisation audiovisuelle, j'ai fait de la radio, animé des conférences, des présentations et des rencontres à de très nombreuses reprises. En bref, il semblerait que j'apprends vite, que je m'adapte rapidement et que j'aime les défis."
 
Dès l'annonce du départ de Sylvie Vassallo au printemps, la procédure de recrutement de son.sa remplaçant.e a été lancée. Le site Actualitté indique que 52 candidatures au poste ont été reçues par le jury du Centre de promotion du livre de jeunesse en Seine–Saint-Denis (CPLJ-93) et que celle de Nils C. Ahl a abouti à un choix unanime!
 
Heureusement que la nouvelle recrue n'est pas novice en littérature de jeunesse et qu'il sera accompagné pour la transition par celle qu'il va remplacer. La 42e édition du Salon se tient en effet du 25 au 30 novembre. Soit dans deux gros mois. Son thème "Aux frontières du réel" permettra de questionner à nouveau la littérature jeunesse: comment la fiction dessine, démêle et transcende le réel? Quel peut être son pouvoir transformateur? Comment peut-elle accompagner les enfants et les jeunes dans leur appréhension du monde et d’eux-mêmes?  Une thématique actuelle pour ouvrir en grand les portes de l'imaginaire autant que pour explorer la manière dont la littérature jeunesse décrypte la réalité, sa capacité à interroger le monde et les grands questionnements qui le traversent. 
 
Ci-dessus, en apéritif, le dessin de Mariachiara Di Giorgio qui sera utilisé pour l'affiche 2026. C'est cette illustratrice romaine qui avait, entre autres, illustré l'excellent album "La soupe Lepron" (texte de Giovanna Zoboli, Les fourmis rouges, 2022, lire ici).
 
En traduction française, on trouve également les albums suivants illustrés par Mariachiara Di Giorgio:
  • "Peur à peur" (texte de Chiara Mezzalama, traduit de l'italien, Les Éditions des éléphants, 2024)
  • "Le barrage" (texte de Daniel Fehr, traduit de l'italien par Laurence Assuid-Gravier, Les Éditions des éléphants, 2024)
  • "La nuit de la fête foraine" (texte de Gideon Sterer, traduit de l'italien, Les Fourmis Rouges, 2020)
  • "Le jardin secret" (texte de Federica Magrin adapté de Frances Hodgson Burnett, traduit de l'italien par Emmanuelle Peras, White star kids, 2018, indisponible)
  • "Profession crocodile" (texte de Giovanna Zoboli, traduit de l'italien, Les Fourmis Rouges, 2017)
  • "Nino dans tous ses états" (texte de Susanna Mattiangeli, traduit par Camille Giordani-Caffet, Casterman, 2018, indisponible)
  • "Les trois petits cochons" (texte de Roberta Zilio,  Éditions de l'Imprévu, 2017, indisponible)



mardi 8 septembre 2026

Les romans en lice pour le prix Vendredi 2026

La sélection 2026.

Créé en 2016 par le groupe des éditeurs jeunesse du Syndicat national de l'édition (SNE) et désigné pour la première fois en 2017, le prix Vendredi (lire ici) récompense chaque année un ouvrage francophone destiné aux jeunes entre 13 et 18 ans, et publié entre le 1er octobre de l'année précédente et le 30 septembre de l'édition en cours à compte d'éditeur. Il est choisi par un jury de professionnels. Nous voilà déjà à sa dixième édition.
 
La Fondation d'entreprise La Poste, partenaire historique du Prix, dote le Prix Vendredi d'une enveloppe globale de 3.000 euros.
 
 
Les dix titres sélectionnés
(par ordre alphabétique des auteurs) 
  • "Ceci n'est pas une romance", de Sarah Andrès (Rageot)
  • "Soleils fantômes", de Gaël Aymon (Nathan)
  • "La Baie des Baleines-Pleines', de Frédérique Blu (hélium)
  • "Walter Cobb", de Mathilde de Lagausie (Rouergue)
  • "Six Sirènes", d'Agnès Maupré (Sarbacane)
  • "Trembleciel", d'Athenaïs Mavyne (slalom)
  • "Métamorphosis", de Mary Orchard (Casterman)
  • "Même les failles laissent passer la lumière", de Célia Samba (Albin Michel)
  • "La Nuit bleue", d'Anaïs Sautier (l'école des loisirs)
  • "Brut", d'Hélène Vignal (Ed. Thierry Magnier)
 
 
 
Jury du prix Vendredi 2026
  • Mahaut de Butler, chroniqueuse pour la Bibliothèque des ados, dans le 5/7 de France 
  • Isabelle Harbonnier-Valdher, professeure-documentaliste 
  • Emmanuelle Kabala, responsable des romans au CNLJ. 
  • Lucie Kosmala, journaliste et formatrice spécialisée en littérature jeunesse
  • Pierre Krause, responsable éditorial chez Babelio
  • Tom Levêque, auteur et spécialiste de la littérature adolescente.
  • Coline Pierré, autrice, lauréate du Prix Vendredi des lecteurs du pass Culture 2025
  • Anne Ricou, rédactrice en chef adjointe du magazine "Je Bouquine"
  • Simon Roguet, libraire à la librairie M'Lire (Laval)
 
 
Prix Vendredi des lecteurs du pass Culture (4e édition)
Une collaboration entre le Prix Vendredi et le pass Culture a été initiée en 2023 et donne lieu à la création du Prix Vendredi des lecteurs du pass Culture. Ce prix est remis par un jury composé de neuf jeunes lecteurs et lectrices (15 à 19 ans) issus de différentes régions et bénéficiaires du pass Culture.
 
La remise des deux prix en présence des auteurs et éditeurs aura lieu le jeudi 12 novembre à 18h30 dans les locaux de Babelio sous la forme d'une boum.
 

Palmarès

2025 Solène Ayangma pour "Les Frontières écarlates" (Talents Hauts) et Coline Pierré pour "Le Silence est à nous" (Flammarion Jeunesse, lire ici)
2024 Maureen Desmailles pour "La chasse" (Ed. Thierry Magnier, lire ici) et Anne Loyer pour "Charbon bleu" illustré par Gérard DuBois (D'eux, lire ici)
2023 Claudine Desmarteau pour "Au nom de Chris" (Gallimard Jeunesse)
et Arnaud Cathrine, prix Vendredi - Jury des jeunes Pass Culture pour "Octave" (Robert Laffont)
2022 Claire Castillon pour "Les Longueurs" (Gallimard Jeunesse, lire ici)
2021 Sylvain Pattieu pour "Amour chrome" (l'école des loisirs, lire ici)
2020 Vincent Mondiot, pour "Les Derniers des Branleurs" (Actes Sud junior, lire ici)
2019 Flore Vesco, pour "L'Estrange Malaventure de Mirella" (l'école des loisirs, lire ici)
2018 Nicolas de Crécy, pour "Les amours d'un fantôme en temps de guerre " (Albin Michel, lire ici)
2017 Anne-Laure Bondoux, pour "L'Aube sera grandiose" (Gallimard, lire ici)