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jeudi 10 mars 2022

Louis-Philippe Dalembert, choix Goncourt belge

Louis-Philippe Dalembert (c) Marco Castro.


Pour la sixième fois mais de plus en plus nombreux au fil des années, les étudiants francophones et néerlandophones volontaires, appartenant à dix-sept universités et hautes écoles de Belgique, ont décerné mi-décembre via leurs représentants "leur" prix Goncourt (lire ici). Leur choix, basé sur la deuxième sélection de l'Académie Goncourt (lire ci-dessous), s'est porté au terme de trois heures de débats sur "Milwaukee Blues" de Louis-Philippe Dalembert (Editions Sabine Wespieser). Les étudiants disent avoir notamment été sensibles à la force du roman et à son écho à l'actualité.

Dans ce livre, l'auteur, né le 8 décembre 1962 à Port-au-Prince (Haïti) et vivant à Paris, s'inspire du meurtre de George Floyd en mai 2020 et de son "I can't breathe" (Je ne peux plus respirer). Il imagine le personnage d'Emmett, jeune noir au destin prometteur qu'un accident de la vie a fait basculer dans la précarité et les petits boulots. Il reviendra éreinté dans sa ville natale et mourra, on le sait, étouffé sous le genou d'un policier blanc, à cause d'une suspicion de faux billet. L'écrivain donne la parole à plusieurs personnes dont le gérant pakistanais de la supérette de Franklin Heights, un quartier au nord de Milwaukee, où a eu lieu le drame. Ceux et celles qui ont connu Emmett de son vivant, par exemple son ancienne institutrice, ses amis d'enfance ou sa fiancée du temps où il était à l'université, dressent le portrait attachant d'un homme qui aurait dû rester ordinaire. 

Pour lire en ligne le début de "Milwaukee Blues", c'est ici.

Louis-Philippe Dalembert sera à Bruxelles le jeudi 24 mars pour recevoir le Choix Goncourt de la Belgique et rencontrer les étudiants et les partenaires du prix au cours d'un entretien public qui aura lieu à Passa Porta (rue Antoine Dansaert 46, Bruxelles) à 20 heures.


Les établissements participants en 2021
HENALLUX, Université d'Anvers, Université de Liège, Université Saint-Louis, Université catholique de Louvain, Université de Mons, Arteveldehogeschool, VUB, HE Condorcet, KU Leuven, HELMO Sainte-Croix, Université de Gand, ULB, Karel de Grote Hogeschool, Haute Ecole de la ville de Liège, UNamur, Odisee.


Les neuf  livres en lice en 2021
  • "Le Voyage dans l'Est", de Christine Angot (Flammarion)
  • "La carte postale", d'Anne Berest (Grasset)
  • "Enfant de Salaud", de Sorj Chalandon (Grasset)
  • "Milwaukee Blues", de Louis-Philippe Dalembert (Sabine Wespieser)
  • "L'Éternel fiancé", d'Agnès Desarthe (L'Olivier)
  • "S'adapter", de Clara Dupont-Monod (Stock)
  • "Le voyant d'Étampes", d'Abel Quentin (L'Observatoire)
  • "La plus secrète mémoire des hommes", de Mohamed Mbougar Sarr (Philippe Rey)
  •  "La fille qu'on appelle", de Tanguy Viel (Minuit)

Palmarès
  • 2020 Hervé Le Tellier pour "L'anomalie" (Gallimard, lire ici)
  • 2019 Santiago Amigorena pour "Le ghetto intérieur" (P.O.L., lire ici)
  • 2018 Adeline Dieudonné pour "La vraie vie" (L'Iconoclaste, lire ici)
  • 2017 Alice Zeniter pour "L'Art de perdre" (Flammarion, lire ici)
  • 2016 Catherine Cusset pour "L'autre qu'on adorait" (Gallimard, lire ici)


Depuis 2016, la Belgique a son Choix Goncourt, auquel participent francophones et néerlandophones étudiant à l'université ou en haute école. L'opération est organisée conjointement depuis sa création par l'Ambassade de France en Belgique, la direction Europe de l'Ouest de l'Agence Universitaire de la Francophonie, l'Alliance française de Bruxelles-Europe et Passa Porta, la maison internationale des littératures à Bruxelles avec le soutien de l'Académie Goncourt.










jeudi 24 juin 2021

La philosophe belge Vinciane Despret parmi les 65 distinctions 2021 de l'Académie française

Vinciane Despret, honorée pour l'ensemble de son œuvre.

Si le terme "Académie française" laisse souvent présupposer mille choses, pas toujours à la gloire de l'assemblée qui se tient au Quai Conti, il est un événement pour lequel on ne peut que la louer. Il s'agit de la publication de son palmarès annuel. Ce jeudi 24 juin, jour de la Saint-Jean, l'Académie française a communiqué son palmarès pour l'année 2021. Un palmarès fort de 65 distinctions, sachant que le Grand Prix du Roman sera, comme de coutume, décerné à l'automne.

Un palmarès dans lequel on relève avec un immense plaisir les noms des écrivains  Frankétienne, Abdourahman Waberi, Patrick Deville,  Camille de Toledo, Diane Meur, Pierre Ducrozet. Mais aussi ceux du chanteur Etienne Daho et du cinéaste Albert Dupontel. Et bien entendu celui de la philosophe belge Vinciane Despret, dont le dernier ouvrage, "Autobiographie d'un poulpe. Et autres récits d'anticipation" (Actes Sud) fait énormément parler de lui.




PALMARÈS DE L'ANNÉE 2021


complété des maisons d'édition par nos soins. 

GRANDS PRIX

Grand Prix de la Francophonie
Frankétienne (Haïti)
Grande Médaille de la Francophonie
M. Abdourahman Waberi (Djibouti)
Grand Prix de Littérature
M. Patrick Deville, pour l'ensemble de son œuvre
Grand Prix de Littérature Henri Gal
Prix de l' Institut de France
M. Claude Arnaud, pour l'ensemble de son œuvre
Prix Jacques de Fouchier
M. Alain Schnapp, pour "Une histoire universelle des ruines. Des origines aux Lumières" (Seuil)
Grand Prix Michel Déon
M. François Cérésa
Prix de l'Académie française Maurice Genevoix
M. Michel Bernard, pour "Le Bon Sens" (La Table Ronde)
Grand Prix Hervé Deluen
M. Jordan Plevnes (Macédoine du Nord)
Grand Prix de Poésie
M. Claude Royet-Journoud, pour l'ensemble de son œuvre poétique
Grand Prix de Philosophie
M. Emmanuel Housset, pour l'ensemble de son œuvre
Grand Prix Moron
Mme Vinciane Despret, pour l'ensemble de son œuvre
Grand Prix Gobert
M. François Hartog, pour "Chronos. L'Occident aux prises avec le temps" (Gallimard)
Prix de la Biographie (littérature)
MM. Jean-Louis Cabanès et Pierre Dufief, pour "Les Frères Goncourt" (Fayard)
Prix de la Biographie (histoire)
Mme Pauline Dreyfus, pour "Paul Morand" (Gallimard)
Prix de la Critique
Mme Béatrice Didier, pour l'ensemble de ses travaux critiques
Prix de l'Essai
M. Jean-Claude Bonnet, pour "Les Connivences secrètes. Diderot, Mercier, Chateaubriand" (Rivages)
Prix de la Nouvelle
M. David Thomas, pour "Seul entouré de chiens qui mordent" (L'Olivier)
Prix d'Académie
M. François Azouvi, pour "Français, on ne vous a rien caché. La Résistance, Vichy, notre mémoire" (Gallimard)
M. Laurent Dandrieu, pour "La Confrérie des intranquilles" (L'homme nouveau)
M. Gérard Guégan, pour "Fraenkel, un éclair dans la nuit" (L'Olivier)
M. Pierre Joannon, pour "Michel Mohrt, réfractaire stendhalien" (La Thébaïde)
Prix du cardinal Grente
P. Philippe Capelle-Dumont, pour l'ensemble de son œuvre
Prix du Jeune Théâtre Béatrix Dussane-André Roussin
M. Dieudonné Niangouna, pour l'ensemble de ses ouvrages dramatiques
Prix du Cinéma René Clair
M. Albert Dupontel, pour l'ensemble de son œuvre cinématographique
Grande Médaille de la Chanson française
M. Étienne Daho, pour l'ensemble de ses chansons
Prix du rayonnement de la langue et de la littérature françaises
Mme Emily Beeny, conservateur au J. Paul Getty Museum
M. Michel Foucher, géographe et auteur de l'"Atlas des mondes francophones" (Marie B)
Mme Helen Glanville, spécialiste des questions de conservation et de restauration des biens culturels
Mme Emmelie Prophète-Milcé, femme de lettres et directrice du Bureau haïtien du droit d'auteur
M. Jean-Noël Schifano, traducteur de l'italien et directeur de la collection "Continents noirs" (Gallimard)


PRIX DE POÉSIE

Prix Théophile Gautier
M. Pierre Dhainaut, pour "Une porte après l'autre après l'autre", suivi de "Quatre Éléments plus un" (Faï Fioc)
Prix Heredia
M. Joël Vernet, pour "L'oubli est une tache dans le ciel" (Fata Morgana)
Prix François Coppée
M. Louis-Philippe Dalembert, pour "Cantique du balbutiement" (Bruno Doucey)
Prix Paul Verlaine
M. Réginald Gaillard, pour "Hospitalité des gouffres" (Ad Solem)
Prix Henri Mondor
M. André Stanguennec, pour "Novalis-Mallarmé. Une confrontation" (Honoré Champion)
Prix Maïse Ploquin-Caunan
M. Emmanuel Laugier, pour "Chant tacite" (Nous)


PRIX DE LITTÉRATURE ET DE PHILOSOPHIE

Prix Montyon
M. Jean Seidengart, pour "L'Univers infini dans le monde des Lumières" (Les Belles Lettres)
Prix La Bruyère
Mme Séverine Denieul, pour "Casanova. Le moraliste et ses masques" (Classiques Garnier)
Prix Jules Janin
Mme Marguerite Bordry, pour sa traduction de "Senso et autres nouvelles vénitiennes" de Camillo Boito (Presses Universite Paris-Sorbonne)
Prix Émile Faguet
M. Gérard Ferreyrolles, pour "De Pascal à Bossuet. La littérature entre théologie et anthropologie" (Honoré Champion)
Prix Louis Barthou
Mme Annick Louis, pour "L'Invention de Troie. Les vies rêvées d'Heinrich Schliemann" (EHESS)
Prix Anna de Noailles
Mme Tiphaine Samoyault, pour "Traduction et violence" (Seuil)
Prix François Mauriac
Mme Celia Levi, pour "La Tannerie" (Tristram)
Prix Georges Dumézil
M. Jean-Michel Robert, pour "Leibniz et les universaux du langage" (Honoré Champion)
Prix Roland de Jouvenel
Mme Alexandra Lapierre, pour "Belle Greene" (Flammarion)
Prix Biguet
M. Dominique Pradelle, pour "Intuitions et idéalités. Phénoménologie des objets mathématiques" (PUF)
Prix Pierre Benoit
M. Hervé Gaillet, pour "Pierre Benoit, autrement" (AlterPublishing)
Prix Jacques Lacroix
M. Loïc Bollache, pour "Comment pensent les animaux" (Humensciences)
Prix Sivet
M. Jean-Noël Blanc, pour "Des opéras de lumière. Ravier et Thiollier" (Le Realgar)


PRIX D'HISTOIRE

Prix Guizot
Mme Isabelle Dasque, pour "Les Diplomates de la République (1871-1914)" 
M. Clément Oury, pour "La Guerre de Succession d'Espagne. La fin tragique du Grand Siècle" (Presses Universite Paris-Sorbonne)
Prix Thiers
M. Nicolas Schapira, pour "Maîtres et Secrétaires (XVIe-XVIIIe siècle). L'exercice du pouvoir dans la France d'Ancien Régime" (Albin Michel)
Prix Eugène Colas
M. Étienne Peyrat, pour "Histoire du Caucase au XXe siècle" (Fayard)
Mme Patricia Sorel, pour "Napoléon et le livre. La censure sous le Consulat et l'Empire (1799-1815)" (PUR)
Prix Eugène Carrière
M. Alexandre Maral et Mme Valérie Carpentier-Vanhaverbeke, pour "Antoine Coysevox (1640-1720), le sculpteur du Grand Siècle" (Arthena)
Prix du maréchal Foch
M. Gaïdz Minassian, pour "Les Sentiers de la victoire. Peut-on encore gagner une guerre?" (Passés Composés)
Prix Louis Castex
Mme Armelle Faure, pour "Révolution et sorcellerie. Une ethnologue au Burkina Faso" (Elytis)
Prix Monseigneur Marcel
M. Brenton Hobart, pour "La Peste à la Renaissance. L'imaginaire d'un fléau dans la littérature au XVIe siècle" (Classiques Garnier)
M. Bruno Méniel, pour "Anatomie de la colère. Une passion à la Renaissance" (Classiques Garnier)
Prix Diane Potier-Boès
Mme Claude Denjean, pour "Les Juifs et les pouvoirs. Des minorités médiévales dans l'Occident méditerranéen (XIe-XVe siècle)" (Cerf)
Prix François Millepierres
M. Benoît Rossignol, pour "Marc Aurèle" (Perrin)
Prix Augustin Thierry
M. Pierre-Yves Le Pogam et Mme Sophie Jugie, pour "La Sculpture gothique (1140-1430)" (Hazan)


PRIX DE SOUTIEN À LA CRÉATION LITTÉRAIRE

Prix Henri de Régnier
M. Camille de Toledo, après "Thésée, sa vie nouvelle" (Verdier)
Prix Amic
Mme Diane Meur, après "Sous le ciel des hommes" (Sabine Wespieser)
Prix Mottart
M. Pierre Ducrozet, après "Le Grand Vertige" (Actes Sud)





vendredi 19 mars 2021

Un Passa Porta Festival 2021 de huit jours, une folle semaine de littérature


Bruxelles fêtera le printemps avec une nouvelle édition du Passa Porta Festival, qui se déroulera du 21 au 28 mars. Soit huit jours au lieu des deux et demi habituels. On s'en doute, la majorité des lectures, rencontres, conversations, débats, performances,.. se dérouleront en ligne, mesures sanitaires obligent. Quarante rendez-vous à suivre en direct, ou en replay jusqu'au 5 avril. Une édition qui usera moins les semelles des chaussures puisqu'il suffira d'un clic pour passer d'un rendez-vous à l'autre.

Si confinement et couvre-feu sont des murs, les mots et la littérature n'en ont cure. Intitulée "the author is present", cette édition 2021 du festival interroge les auteurs. Regardent-ils le passé? Imaginent-ils le futur? Se confrontent-ils au présent?

Sept auteurs ont été contactés par Passa Porta pour leur demander par quoi ils étaient traversés. Belges ou non, chacun depuis son coin du monde a répondu, à sa manière, de l'essai à la poésie, de l'écologie au plurilinguisme. Les sept textes inédits sont signés
  • du Belge résidant au Mexique Hubert Antoine, "Chiconneries", ici
  • de la Française Marie Darrieussecq, "Les Autres Animaux"
  • de la Nigériane installée aux Etats-Unis à Atlanta Chika Unigwe, "A Hand Across Her Back" qu'elle lira pendant le festival
  • de la Polonaise installée à Bruxelles Aleksandra Lun, "Antimatter", ici
  • du Britannique de Bath Max Porter, un long texte poétique qu'il lira pendant le festival
  • de la Hollandaise Marieke Lucas Rijneveld, un cycle de poèmes qu'elle lira pendant le festival
  • de la Camerounaise installée aux Etats-Unis Imbolo Mbue, "Power", ici

A ces sept s'ajouteront notamment l'Irlandaise Maggie O'Farrell, la Française Nastassja Martin, la Britannique Deborah Levy, la Franco-Marocaine Fatima Ouassak, l'Helvéto-Camerounais Max Lobe, les Belges Jean-Philippe Toussaint, Caroline de Mulder, Lisette Lombé, Lize Spit, David Vandermeulen, Stefan Hertmans, la Japonaise Yoko Ogawa, le Guatémaltèque Eduardo Halfon, le Tchèque Marek Sindelka, l'Argentine Samanta Schweblin, le Suisse Joseph Incardona, l'Ougandaise Jennifer Nansubuga Makumbi, le Norvégien Matias Faldbakken... Leurs noms permettent de comprendre qu'on aura du roman, de l'essai, de la bande dessinée et des surprises lors de leurs rencontres. En français, en néerlandais ou en anglais (avec des sous-titres bilingues lors des lectures).

Pour le dire autrement, les 80 intervenants et plus peuvent également se répartir ainsi:
35 écrivains vivant en Belgique
Adnan Adil - Ubah Cristina Ali Farah - Hasna Ankal - Avery Bertrand Iradukunda - Rua Breathnach - Véronique Clette-Gakuba - Geneviève Damas - Saskia De Coster - Caroline De Mulder - Heleen Debruyne - Adeline Dieudonné - Souad El Mesbahi - Andy Fierens - Dalilla Hermans - Stefan Hertmans - Zuher Karim - Lisette Lombé - Aleksandra Lun - Monem Mahjoub - Jeroen Olyslaegers - Hosheng Ossi - Grażyna Plebanek - Barrack Rima - Ammen S. Ogedengbe - Gaea Schoeters - Leslie-Sefora Sesa - Aiko Solovkine - Lize Spit - Tracy Tansia - Kristof Van Baarle - Charlotte Van den
Broeck - Nikkie Van Lierop - Katrien Vandenberghe - David Vandermeulen - Catherine
Vuylsteke

20 écrivains francophones
Hubert Antoine – Daniel Casanave – Véronique CletteGakuba – Geneviève Damas – Marie Darrieussecq – Caroline De Mulder – Adeline Dieudonné – Souad El Mesbahi –Joseph Incardona – Max Lobe – Lisette Lombé – Nastassja Martin - Carl Norac – Fatima Ouassak - Elisa Shua Dusapin - Aiko Solovkine – Lucie Taïeb - Jean-Philippe Toussaint – Kristof Van Baarle - David Vandermeulen

22 écrivains néerlandophones
Hasna Ankal - Simone Atangana Bekono - Avery Bertrand Iradukunda - Saskia De Coster - Heleen Debruyne - Andy Fierens - Dalilla Hermans - Stefan Hertmans - Lisette Ma Neza - Malique Mohamud - Jeroen Olyslaegers - Ilja Leonard Pfeijffer - Marieke Lucas Rijneveld - Ammen S. Ogedengbe - Gaea Schoeters - Leslie Sefora Sesa - Lize Spit - Tracy Tansia - Charlotte Van den Broeck - Nikkie Van Lierop - Katrien Vandenberghe - Catherine Vuylsteke

7 écrivains anglophones
Deborah Levy - Jennifer Nansubuga Makumbi – Imbolo Mbue - Maggie O'Farrell - Max Porter - Douglas Stuart - Chika Unigwe

20 écrivains en langue étrangère
Adnan Adil - Ubah Cristina Ali Farah - Rua Breathnach – Tania Haberland - Eduardo Halfon – Matias Faldbakken – Roy Jacobsen – Mia Kankimäki – Zuher Karim – Aleksandra Lun - Monem Mahjoub – Lamia Makaddam – Jakub Małecki – Hosheng Ossi - Grażyna Plebanek - Barrack Rima – Judith Schalansky – Samanta Schweblin – Marek Šindelka – Yoko Ogawa

9 traducteurs littéraires:
Najoua Bentayeb - Elizabeth Bryer - Linda Coverdale - Katelijne De Vuyst - Catherine Gibert - Charles Recoursé - Lori Saint-Martin - Saskia van der Lingen - Theo Veenhof
La semaine qui vient sera donc une folle semaine de littérature, à suivre en ligne en direct ou en différé jusqu'au 5 avril, le matin, le midi, l'après-midi, le soir ou même la nuit. Des grands entretiens, des rencontres à propos de nouveaux livres, des thématiques, des présentations originales...

Quelques temps forts

Dimanche 21 mars
18:00-19:00 Lecture de son texte par Max Porter
20:00-21:00 Rencontre avec Maggie O'Farrell, à l'occasion de la sortie de son nouveau roman, "Hamnet" (Belfond), en anglais, sous-titré en français et néerlandais

Lundi 22 mars
17:00-19:00 Atelier d'écriture sur l'écologie avec Lisette Lombé

Mardi 23 mars
12:30-13:30 Alexandra Lun, son texte "Antimatière" et d'autres sujets (en anglais)
18:30-19:30 entretien entre Caroline Lamarche et Hervé Le Tellier, choix Goncourt de la Belgique (lire ici), gratuit.
21:30-22:30 Eduardo Halfon, dont "Cancion" vient de paraître (La Table ronde), en anglais, sous-titré en français et néerlandais

Mercredi 24 mars
14:30-15:30 Nouvelles voix en Belgique, le poète Irakien Zuher Karim, la romancière polonaise Grażyna Plebanek, l’auteur de BD Libanais Barrack Rima, gratuit, en plusieurs langues, sous-titré en français et néerlandais
15:30-16:30 Nouvelles voix en Belgique, l'Italienne d'origine somalienne Ubah Cristina Ali Farah, le poète et écrivain syrien kurde Hosheng Ossi et le poète et philosophe libyen Monem Mahjoub, gratuit, en plusieurs langues, sous-titré en français et néerlandais
17:30-18:30 Geneviève Damas et Adeline Dieudonné, romancières, dramaturges, comédiennes et féministes, gratuit
20:00-21:00 l'épopée éditoriale de "Sapiens" de Yuval Noah Harari, essai passé en bande dessinée par le Belge David Vandermeulen (au scénario) et le Français Daniel Casanave (au dessin)
21:30-22:30 Caroline De Mulder ("Manger Bambi", Gallimard) et Joseph Incardona ("La Soustraction des possibles", Finitude) à propos du goût du pouvoir

Jeudi 25 mars
14:30-15:30 Chika Unigwe et son texte "A Hand Across her Back", en anglais, sous-titré en français et néerlandais
22:30-23:30 Douglas Stuart, lauréat du Booker Prize 2020 pour son premier roman, "Shuggie Bain", non encore traduit en français, en anglais

Vendredi 26 mars
18:30-19:30 Jean-Philippe Toussaint et l'idée de perte
19:30-20:30 Yoko Ogawa, en japonais, sous-titré en anglais

Samedi 27 mars
10:30-11:30 Lize Spit et son nouveau roman, en néerlandais et français
18:30-19:30 Aleksandra Lun et la langue dans laquelle on écrit, en anglais

Dimanche 28 mars (heure d'été)
14:30-15:30 Hubert Antoine ("Les Formes d'un soupir", Verticales), Elisa Shua Dusapin et Max Lobe à propos de l'endroit d'où ils écrivent
18:30-19:30 Marie Darrieussecq, Nastassja Martin et Lucie Taïeb à propos de l'écologie
20:00-22:00 Poésie
20:30-21:30 Max Porter, celui qui avait ouvert le festival


En pratique
Une partie des 40 rendez-vous du festival sera visible gratuitement.
Les autres seront accessibles selon deux formules, ticket unique ou Festival Pass, donnant accès à tout.
Programme complet, spécifiant la langue des rencontres ici.
Renseignements et réservations ici.


mardi 2 mars 2021

Les dix finalistes du Prix Prem1ère 2021


Qui sera le lauréat du prix Prem1ère 2021 (RTBF), prix récompensant chaque année un premier roman écrit en langue française (lire ici)? Verdict le 4 mars.
Les titres finalistes ont été choisis par un comité de professionnels du livre, libraires, journalistes et critiques littéraires (Deborah Danblon, Régis Delcourt, Kerenn Elkaïm, Emmanuelle Jowa, Christine Pinchart et Laurent Dehossay) avant d'être soumis à un jury de dix auditeurs de la Première, présidé par Laurent Dehossay.

Les dix finalistes

Ludovic Manchette
Christian Niemiec
"Alabama 1963"
Le Cherche-Midi

Cap sur les États-Unis, en Alabama, en 1963, au cœur d'une tragédie: la disparition de plusieurs fillettes noires à Birmingham. Sur une toile de fond extrêmement sombre, ségrégation raciale, Ku Klux Klan, assassinat de Kennedy, les auteurs nous racontent comment deux êtres que tout oppose vont apprendre à se connaître et à se respecter avec leurs différences.



David Fortems
"Louis veut partir" 
Robert Laffont

En route vers Bogny-sur-Meuse, petite ville des Ardennes françaises, près de Charleville-Mézières, pour suivre l'enquête menée par Pascal, ouvrier dans la quarantaine, sur le suicide de son fils, Louis, 18 ans. Un garçon passionné par la lecture, bon élève. D'où l'incompréhension totale du père. Passée la stupéfaction, il part à la recherche de la vérité. Louis se révèlera avoir été un parfait inconnu pour lui.
 


Dima Abdallah
"Mauvaises herbes"
Sabine Wespieser

L'histoire d'une petite fille née à Beyrouth pendant la guerre civile. Elle n'a pas peur et ne pleure pas car son papa l'attend et la protège. Mais celui qui est un géant aux yeux de sa fille, sait toute son impuissance. Ce sera ensuite l'exil à Paris. Pour elle, pas pour lui. C''est en devenant mère qu'elle tentera de se délivrer de ce passé meurtrier.



Christophe Perruchas
"Sept gingembres"
Rouergue/La Brune

Antoine, quadragénaire, est cadre dirigeant dans une agence de publicité parisienne plutôt prospère. Père attentionné, mari aimant, manager efficace. Mais si Antoine est un winner, il y a une faille … #balancetonporc… Antoine va faire l'objet d’une plainte pour harcèlement sexuel. La jolie photo se déchire alors de toute part.



Maylis Adhémar
"Bénie soit Sixtine" 
Julliard

Sixtine, jeune fille très pieuse, nous ouvre la porte du milieu fondamentaliste catholique français. Sa rencontre avec Pierre-Louis, qui a mis la barre très haut dans la pratique des valeurs chrétiennes. Son mariage foireux dès la nuit de noces. Sa réduction au statut de mère. Ses désillusions devant les affirmations de son mari et de ses semblables. Son effroi lors de leurs expéditions punitives. Mais Sixtine est aussi une combattante, celle de sa liberté de vivre.



Emmanuelle Dourson
"Si les dieux incendiaient le monde"
Grasset

Les histoires de familles finissent-elles mal? Pas sûr, même si elles sont traversées par la douleur et les ruptures. Celle-ci va du départ brutal de la fille cadette qui restera silencieuse pendant une quinzaine d’années et deviendra une pianiste renommée basée à New York. L'annonce d'un concert d'elle à Barcelone, met sa famille est en émoi. Serait-ce l'occasion de se réunir?



Dimitri Rouchon-Borie
"Le Démon de la Colline aux Loups" 
Le Tripode

Descente dans l'âme humaine dans ce qu'elle a de plus noir, avec ce journal d'un homme en prison et perdu à jamais. Il raconte l'impensable, ce qui lui est arrivé. Une enfance dévastée par des adultes monstrueux. Un sauvetage par les services sociaux. Un âge adulte empli de douleur, de rage et de violence et d'amour. Sauf que les démons, trop souvent, triomphent de l'amour.



Emmanuel Chaussade
"Elle, la mère"
Minuit

Lors de sa mise en terre, une mère va se révéler à travers les souvenirs du fils, narrateur de l'histoire. Amour, colère, incompréhension, admiration, déception devant cette femme à la puissante personnalité. Une femme qui s'est voulue libre à une époque sans #metoo. Au final, une femme seule, qui a refusé d'être une victime, n'épargnant personne et certainement pas son fils.



Anthony van den Bossche
"Grand Platinum"
Seuil

Une sorte de fable sur les temps présents, aux côtés de Louise, jeune et dynamique entrepreneuse qui tente de récupérer les magnifiques carpes japonaises, des koïs, que son père décédé, a dispersées dans plusieurs plans d'eau de la capitale, en toute illégalité.



Abdelhafid Metalsi
"La colline à l'arbre seul"
JC Lattès/La Grenade

Des gamins, issus de milieux modestes, redoublent de débrouillardise pour se payer des séances de cinéma et des canettes de boissons gazeuses sirotées au coin d'un feu sur lequel ils font cuire des patates. Pour trouver l'argent, ils récupèrent cartons et bouteilles consignées qu'ils revendent à un ferrailleur. Mais la petite bande n'est pas la seule à exploiter le filon. 



(c) Les illustrations proviennent du site de la RTBF.


mercredi 10 février 2021

14/02 14.00: sieste poétique en musique

Isabelle Wéry entre Dance Divine et Maud Joiret à droite,
préparatifs de la sieste littéraire.

Artiste associée du Théâtre 140 pour y donner diverses formes de vie à diverses littératures (lire ici), l'autrice belge Isabelle Wéry a eu une nouvelle idée en ces temps de mesures sanitaires liées au coronavirus. En ces temps de fermeture des lieux culturels pour le dire autrement. L'idée d'une sieste littéraire qui serait diffusée en ligne! OK, la sieste littéraire avait déjà été pratiquée au théâtre de l'avenue Plasky (Schaerbeek) dans le cadre du Passa Porta Festival 2019. Mais celle-ci sera différente car numérique. Bien obligé, quand le "présentiel", cet horrible mot, n'est pas possible. Longue d'une heure et une chouquette, la sieste des poètes et poétesses en musique sera diffusée en ligne ce dimanche 14 février à 14 heures sur Bx1+ (co-présentation avec les Midis de la poésie, podcast disponible ensuite). Facile à retenir, le 14 à 14 heures par le 14(0).

Ce sera une heure et une chouquette de mots, de sons, de chants, de mélopées, de textes.
Une heure de poésie mise en notes, "Basta qui rime avec pasta".
Des textes qui éveillent tout de suite des images, qui s'écoutent, qui infusent, qui vous emportent au-delà de vous et vous ramènent à vous-même.
Des voix qui coulent dans l'oreille, y glissent des mots susurrés, ou pas, des mots de douceur, des mots de brutalité, des mots qui s'appellent les uns les autres, à la fois ping-pong littéraire et marabout-boutdeficelle.

Isabelle Wéry...

... et ses quatre complices de sieste littéraire,
Maud Vanhauwaert, Simon Johannin, Maud Joiret et Jean d'Amérique.


Une heure à passer en compagnie de cinq poètes et poétesses qui liront leurs textes, accompagnés par la magnifique musique de Dance Divine. On entendra ainsi Isabelle Wéry lire le poème "J'ai cent ans", Jean d'Amérique "Calcul" et "Nul chemin dans la peau que saignante étreinte", Maud Joiret des extraits de "Cobalt", Simon Johannin "Notes sur la ville", sans oublier la néerlandophone  Maud Vanhauwaert.
 
Performance pour ceux et celles qui lisent leurs poèmes, expérience individuelle pour ceux qui les écoutent, de chez eux ou d'où ils préfèrent. Hommage à la littérature en général, à la poésie en particulier. Nuage de mots et de sons pour entrer à pas comptés dans son imaginaire. 


 





mardi 18 août 2020

Donner à voir et transformer la réalité

Centre pénitentiaire. (c) Light Motiv.

On a le cœur qui cogne et l'estomac noué après avoir parcouru le terrible livre photographique "Les Enfermés" (Editions Light Motiv, 208 pages). "Les Enfermés", des êtres humains photographiés en divers lieux de privation de liberté, qu'on sait exister mais qui demeurent opaques au grand public. Centres pénitentiaires, maisons centrales, maisons d'arrêt, centres de détention, centres de rétention administrative, centres éducatifs fermés, locaux de garde à vue, hôpitaux psychiatriques... Des lieux qui traitent les humains qui y sont enfermés, hommes, femmes, enfants, bébés, de manière similaire, qu'ils soient condamnés, présumés innocents ou "illégaux".

Les textes sont d'Adeline Hazan, Contrôleure générale des lieux de privation de liberté (CGLPL) en France et des contrôleurs qui travaillent avec elle. Leurs rapports, recommandations, avis sont glaçants. Leurs extraits s'insèrent, classés par thématiques, enfermement, violences, saleté, oisiveté, occupations, parloirs, intimité, entre les photos extraordinaires de Jean-Christophe Hanché qui a eu accès à tous ces lieux pendant trois ans. Des photos qui ne sont légendées que du type de lieu où elles sont prises. Qui rendent visible l'invisible. "Les Enfermés" reflète ce qui se passe en France mais est-ce différent dans les autres pays?

(c) Light Motiv.

De temps en temps, les médias s'intéressent à ce qui se passe de l'autre côté des grilles. Trop de rats ici, un délabrement excessif là, un suicide parfois ou une agression de gardien... Mais après? Un rien change parfois, l'essentiel demeure, des conditions de vie indignes, dont tout le monde ou presque se fout royalement. "Les Enfermés" donne très précisément à voir et à comprendre ce qui se passe là. Les observations photographiques de Jean-Christophe Hanché, photographe et contrôleur des lieux de privation de liberté, sont sincères, instructives et choquantes. Ses images magnifiques, même si le mot peut sembler bizarre, sont un parallèle aux terribles mots provenant des extraits argumentés de rapports de visite ou de recommandations en urgence émises par le CGLPL et aux extraits effroyables de lettres envoyées par les détenus au CGLPL.

Centre pénitentiaire. (c) Light Motiv.

Dans sa préface, Adeline Hazan qui dirige le CGLPL, rappelle que la première mission de son organisme est de "donner à voir" ce qui se passe dans les lieux de privation de liberté. Elle enchaîne avec sa seconde mission, "transformer la réalité", soit recommander en plus de décrire.
"Cet ouvrage se veut à la fois un vecteur d'information et un levier pour l'amélioration de la situation des personnes privées de liberté."
Adeline Hazan abat également une troisième carte, celle du retour à la vie en société: "A la lumière des images, des constats et des témoignages qu'il trouvera dans ce livre, j'invite le lecteur à se demander si les conditions d'enfermement qu'a connues la France au cours des dix dernières années préparent de manière pertinente un retour des « enfermés » à la liberté."


Maison d'arrêt. (c) Light Motiv.

"Les Enfermés" montre formidablement, et esthétiquement, combien la privation de liberté, peu en importe la raison, entraîne pareillement souffrances, désarroi et dépendance. Grâce à la mise en pages sobre et intelligente qui leur donne toute leur force, textes et photos disent surtout la promiscuité, la saleté, la violence, la solitude, la peur, le découragement. Egalement les occupations, travail, étude, lecture. Entres ces détresses fleurissent quelques rares moments de vie, une séance de gym, une partie d'échecs ou de foot, l'arrivée d'enfants au parloir, un bébé qui dort.

Centre pénitentiaire. (c) Light Motiv.

De son travail de photographe, Jean-Christophe Hanché dit ceci:
"Accéder ainsi aux lieux d’enfermement, aussi longtemps que nécessaire, sans restriction d'accès, est une chance rare dans ma profession de photographe. Je me le répétais sans cesse afin de rendre compte de ce que je voyais au plus près, au plus juste, sans en rajouter ni en soustraire.
[…] L'immersion sensible dans la plupart de mes photographies n'est pas due à mon audace ou à un engagement téméraire mais uniquement à tout ce temps, invisible et patient, de rencontre avec les personnes qui deviennent les sujets de mes images.

Si l'enfermement est malheureusement le principal moyen de punir, il n'en reste pas moins le plus excluant. C'est à l'écart du monde que les personnes privées de liberté poursuivent leur vie, rendant leur future réinsertion d'autant plus délicate. […]
Photographier ces personnes permet de les sortir de l'invisibilité au monde extérieur, de tourner leur situation vers un extérieur salutaire, mettant ainsi en exergue leurs droits fondamentaux."

Centre de détention. (c) Light Motiv.

Le livre photographique "Les Enfermés" est à charge bien entendu, au-delà de sa beauté. C'est pour cela qu'il est nécessaire de l'ouvrir et de se confronter à son contenu.




vendredi 31 juillet 2020

François David en 43 doubles autoportraits

"Auto-port-trait". (c) Le Vistemboir.

Fondateur des éditions Møtus, François David est aussi, on le sait, écrivain. Le Breton a publié largement plus de cent livres, des albums, des romans, des recueils de poésie, principalement en littérature de jeunesse chez une petite trentaine d'éditeurs.

Aux titres "tout public" répertoriés sur son site, il convient d'en ajouter un tout juste sorti, le très intéressant "Et c'est moi que je vois" (Editions Le Vistemboir, 98 pages) où on découvre que François David est aussi un photographe fameusement doué. Le moyen format carré est composé de photos et de textes sous-titrés en regard qui font bien plus que se répondre. Ils s'observent, se fouillent, s'obligent à creuser les impressions nées. Ce livre photographique choie l'œil et l'esprit tout en répondant parfaitement à l'observation faite par son titre.

"C'est un livre formé d'autoportraits", me précise François David, "d'une part, par des photographies prises avec mon téléphone portable sans qu'il ne s’agisse jamais de selfies, d'autre part, par des textes déclenchés par ces photographies et ouvrant vers d'autres perspectives."

"Et c'est moi que je vois" (c) Le Vistemboir.

Dans sa préface, l'artiste peintre Marie Morel dit son admiration pour les photos de François David, à la fois, fortes, poétiques et plastiques et laissant une place, souvent invisible mais bien présente, à leur auteur. "En fait", écrit-elle, "tout comme il écrit, il photographie avec son âme."


"Et c'est moi que je vois" (c) Le Vistemboir.

François David.
Ni position selfie donc, ni retardateur, ni filtre, ni trucage, ni vergogne pour ces photos émanant du téléphone portable de François David mais autant d'interrogations sur le hasard de l'effet-miroir, la découverte de soi dans l'image, sans trop savoir s'il s'agit du soi intime ou de celui que les autres voient. Un questionnement qui, on connaît l'auteur, peut-être complètement ludique ou extrêmement  profond. Des textes en petites phrases courtes, qui partent de souvenirs nés des photos, ou de jeux sur les mots présents, des interrogations de vie, des transmissions. La vie et son universalité. Et c'est en ça que "Et c'est moi que je vois" peut toucher chacun d'entre nous, trouvant sans peine la porte de nos cœurs, de nos sensations, de nos émotions. Les photos où se glisse plus ou moins visiblement leur auteur sont autant de séquences de la vie d'un éditeur/auteur qui a autant le sens des mots que celui des images. Et évidemment du rapport entre les deux.

On ne peut pas mieux dire que l'écrivain Thierry Cazals: "Ce livre est une quête de soi à travers les mots et l'œil d'un poète. Singulier, hypersensible, profond, sans concession, "intranquille", affûté en sa langue comme dans ses images, un livre rare qui déconfine l'espace du dehors et du dedans."


"Et c'est moi que je vois" (c) Le Vistemboir.

dimanche 24 mai 2020

Décès de l'artiste et académicien, Jean-Loup Dabadie, "l'homme amical" dont rêvait Moinot

Temps de lire, de relire, de découvrir, de se souvenir, de faire fondre sa PAL,
pour les petits et pour les grands #confinothèque40

Jean-Loup Dabadie.


On a appris ce dimanche 24 mai, le décès ce même jour à 13 heures à Paris, de l'artiste et académicien Jean-Loup Dabadie. Il avait 81 ans et est mort d'une maladie autre que le Covid-19, a précisé son agent.

Né le 27 septembre 1938 à Paris, Jean-Loup Dabadie a exercé ses talents dans des domaines variés, littérature, journalisme, cinéma et chanson. "Femmes je vous aime", "Ma préférence", de Julien Clerc, c'était lui, "Lettre à France" et "Tous les bateaux, tous les oiseaux" de Michel Polnareff, c'était lui aussi. Ainsi que de nombreux textes écrits pour Guy Bedos dont évidemment LE sketch "La drague". Il venait de terminer l'adaptation pour le cinéma d'un roman de Georges Simenon, "Les volets verts".

Son élection au fauteuil 19 de l'Académie française le jeudi 10 avril 2008 avait fait grincer bien des dents (vraies ou fausses) sous la Coupole. La preuve: les vingt-cinq académiciens français avaient élu le romancier-parolier par 14 voix pour et 2 voix contre 2 mais aussi 9 bulletins blancs signifiant le rejet du candidat. Il n'empêche que Jean-Loup Dabadie s'était bien rattrapé un an après, lors de sa réception officielle sous la Coupole.

Portant avec élégance l'épée et l'habit vert de rigueur, "de drap noir, brodé d'un feuillage d'olivier", mais signé Cerruti, son couturier habituel, Jean-Loup Dabadie avait fait le jeudi 12 mars 2009 son entrée officielle à l'Académie française, devant plusieurs de ses interprètes (dont Guy Bedos et Julien Clerc) et des personnalités des médias, Philippe Bouvard, Philippe Labro, Patrick Poivre d'Arvor ou encore Michel Drucker.

Après avoir été reçu par Frédéric Vitoux, le scénariste et parolier avait fait résonner un ton inhabituel sous la Coupole quand il a fait l'éloge chaleureux et charmant de son prédécesseur, l'écrivain un peu oublié Pierre Moinot – qui fut aussi procureur général de la Cour des comptes et conseiller d'André Malraux quand ce dernier était ministre de la Culture.

Décédé en 2007, l'ancien occupant du fauteuil 19 avait répondu naguère à la question "N'aimeriez-vous pas savoir qui va vous succéder et faire votre éloge?", par la phrase suivante "A la réflexion, j'aimerais qu'il soit fait par un homme amical, un esprit de la même famille que le mien". "Eh bien, c'est fait", s'était exclamé Jean-Loup Dabadie, en finale de son discours, clôturant son intervention ainsi: "Et pour m'avoir donné cette chance, pour m'avoir accordé l'honneur d'être cet homme amical, Mesdames et Messieurs de l'Académie, pour la vie, en tout cas pour la mienne, je vous remercie."

Si Hélène Carrère d'Encausse s'était montrée ravie et émue, Guy Bedos avait commenté la prestation plus simplement: "Il m'épate, ce con."


Guy Bedos et Jean-Loup Dabadie en 2012,
aux funérailles de Félicien Marceau.







samedi 4 avril 2020

Le décès de Marcel Moreau, l'enragé d'écrire

Temps de lire, de relire, de découvrir, de se souvenir, de faire fondre sa PAL,
pour les petits et pour les grands #confinothèque12

Marcel Moreau.

Quand on évoque Marcel Moreau, on a tout de suite en tête son visage fort masqué par des volutes de fumée. Poète et écrivain belge, auteur d'une œuvre majeure, forte d'une soixantaine de titres, Marcel Moreau s'est éteint cette nuit du 4 avril, emporté par le coronavirus. A l'aube de ses 87 ans. Il était né le 16 avril 1933 à Boussu mais vivait avec sa famille à Paris depuis 1968.


Marcel Moreau.

Stefan Thibeau et Morgane Vanschepdael lui avaient dédié en 2018 le film qui est visible ici.
Cette dernière écrit:
"Marcel Moreau est décédé cette nuit, à l'âge de 86 ans. Un immense écrivain s'en est allé, il nous reste ses mots. Il nous reste son écriture, personnage intense et central de son œuvre gigantesque, composée de plus de soixante livres.
Transféré à l’hôpital en septembre 2018, puis placé dans un Ehpad parisien, il y a attrapé le Covid-19 à quelques jours de son anniversaire. Il aura fallu un terrible virus pour venir à bout de ce colosse.

L'écrivain Marcel Moreau est né à Boussu en 1933. C'est de son Borinage natal qu'il tire son envie d'écrire, sa rage d'écrire. Car le vide culturel de sa région l'a toujours révolté. Cet écrivain à la colère saine ne se sera servi que de ses mots pour s'arracher à son milieu. Il a souvent répété que le mineur battant le charbon était pour lui une parfaite allégorie de l'écrivain au travail.
Il quitte l'école à 15 ans et devient correcteur au journal "Le Soir" en 1955. Il commence alors l'écriture de son premier roman, "Quintes", qui paraîtra en 1963. D'emblée salué par Jean Paulhan, Simone de Beauvoir et Alain Jouffroy, il sera même en lice pour le Goncourt et le Renaudot. En 1968, Marcel Moreau s'installe à Paris, où il restera toute sa vie, écrivant chaque matin aux aurores. "Ce sont les mots qui me réveillent", dit-il.

Lire un livre de Marcel Moreau, c'est vivre en soi des aventures innommables. C'est se lever de sa chaise en hurlant des cris de joie, de révolte, des "eurêka", c'est éprouver au plus profond de son être cette gratitude, d'avoir compris, d'être compris. S'il y a trop peu d’articles à son sujet, s'il est resté beaucoup trop méconnu dans sa Belgique natale, peut-être est-ce parce qu'il n’y a pas de mots existants pour retranscrire ce qui sourdre de son œuvre.
En observant ce petit homme sombre, qu'il n'a bien sûr pas toujours été, on ne peut s'empêcher d'imaginer les mots qui tournoient en lui, si puissants qu'ils l'entourent presque physiquement.
Un jour que je lui rendais visite à son Ehpad pour l'emmener manger un bon steak saignant, il m'a dit: "J'ai encore perdu des mots dans cette histoire…" 
Et son quotidien semblait voué à chercher les mots disparus. Je crois que les mots le maintenaient littéralement en vie. Et si Marcel nous a quittés parce que les mots sont partis, il nous reste ceux qu'il a laissés pour nous. Plus que jamais en ces temps étranges et difficiles, lisons Marcel Moreau."


La revue littéraire "Le Sabot" indique que "Marcel Moreau, grand saboteur littéraire, père d'une soixantaine de livres corrosifs, est décédé du covid19 aujourd'hui à Bobigny. Il avait préparé son épitaphe de longue date: "Je suis heureux pour la première fois de ma mort"."


Il y a un an, l'écrivaine belge Véronique Bergen avait publié dans la revue "Le carnet et les instants" un grand article sur Marcel Moreau, "L'écriture comme paroxysme".
Elle écrivait:
"Écorché du verbe, écorché de la vie, Marcel Moreau mène depuis le début des années 1960 l'écriture dans la contrée des spasmes. Les nerfs de son écriture au sens d'un principe actif qui la féconde ont pour noms le rythme ­­— le rythme en tant que grondement de vie, de lave, de bave —, la rupture avec les instances de l'ordre et de la raison, leur subversion par les humeurs de la langue et du corps, l'invention d’une langue matérielle qui ne mime pas les intensités pulsionnelles mais s'y coule.
Depuis son entrée fracassante en littérature avec "Quintes" (1962), Marcel Moreau fait de l'espace de la littérature l'arme d'une contestation de la domination du pôle apollinien sur la pensée, le langage et les corps. Le jaillissement de chants dionysiaques orchestre le reflux de la mesure sous la houle de la démesure.
Des scansions marquent l'évolution de son œuvre composée d'une soixantaine d’ouvrages. Défendu par Raymond Queneau, salué par Simone de Beauvoir, Jean Paulhan, Dominique Aury, Alain Jouffroy, "Quintes" ouvre une aventure créatrice inouïe placée sous le signe de la possession par le verbe. Récit d'un employé d'imprimerie nommé Quinte, "Quintes" construit une fiction-opéra qui ne laisse aucune structure sociale ou langagière en place. Pris dans l'enfer d'une bureaucratie déshumanisante, Quinte se retrouve impuissant à mettre à bas un système qui brise l'homme. Hideur de l'espace urbain, de la domestication sociale, assassinat d'existences engluées dans un conformisme stérile… la révolte de Quinte avorte dans un attentisme passif, entre Kafka et Beckett. "Quintes", lui, est né de ma naissance à l'écriture, laquelle elle-même a un ventre, dont l'utérus serait la Langue", écrit Moreau dans sa préface."

Pour lire la suite, c'est ici.

Une silhouette reconnaissable entre mille.


Bibliographie

  • "Quintes", Buchet-Chastel, 1962
  • "Bannière de bave", Gallimard, 1966
  • "La Terre infestée d'hommes," Buchet-Chastel, 1966
  • "Le Chant des paroxysmes", Buchet-Chastel, 1967
  • "Écrits du fonds de l'amour", Buchet-Chastel, 1968
  • "Julie ou la dissolution," Christian Bourgois, 1971
  • "La Pensée mongole", Christian Bourgois, 1972; L'Éther Vague, 1991
  • "L'Ivre livre," Christian Bourgois, 1973
  • "Le Bord de mort", Christian Bourgois, 1974; Les Amis de L'Éther Vague, 2002
  • "Les Arts viscéraux", Christian Bourgois, 1975; L'Éther Vague, 1994
  • "Sacre de la femme", Christian Bourgois, 1977; édition revue et corrigée, L'Éther Vague, 1991
  • "Discours contre les entraves", Christian  Bourgois, 1979
  • "A dos de Dieu ou l'ordure lyrique," Luneau Ascot, 1980 - Rééd. Quidam, 2018
  • "Orgambide scènes de la vie perdante", Luneau Ascot, 1980
  • "Moreaumachie", Buchet-Chastel, 1982
  • "Cahier caniculaires, Lettres Vives, 1982
  • "Kamalalam", L'Age d'homme, 1982
  • "Saulitude", photos de Christian Calméjane, Accent, 1982
  • "Incandescence et Egobiographie tordue Labor, 1984
  • "Monstre", Luneau Ascot, 1986
  • "Issue sans issue", L'Éther Vague, 1986
  • "Le Grouilloucouillou", en collaboration Roland Topor, Atelier Clot, Bramsen et Georges, 1987
  • "Treize portraits", en collaboration avec Antonio Saura, Atelier Clot, Bramsen, et Georges, 1987
  • "Amours à en mourir", Lettres Vives, 1988
  • "Opéra gouffre", La Pierre d'Alun, 1988
  • "Mille voix rauques", Buchet-Chastel, 1989
  • "Neung", conscience fiction, L'Éther Vague, 1990
  • "Grimoires et moires", illustrations de Michel Liénard, 1991
  • "L'Œuvre Gravé", Didier Devillez, 1992
  • "Chants de la tombée des jours", Éditions Cadex, 1992
  • "Le Charme et l'Epouvante", La Différence, 1992
  • "Noces de mort," Lettres Vives, 1993
  • "Stéphane Mandelbaum", Didier Devillez, 1992
  • "Tombeau pour les enténébrés" (en collaboration avec Jean-David Moreau), L'Éther Vague, 1993
  • "Bal dans la tête", La Différence, 1995
  • "La Compagnie des femmes", Lettres Vives, 1996
  • "Insensément ton corps", Éditions Cadex, 1997
  • "La Jeune Fille et son fou", Lettres vives, 1998
  • "Extase pour une infante roumaine", Lettres Vives, 1998
  • "La Vie de Jéju", Actes Sud, 1998
  • "Féminaire", Lettres Vives, 2000
  • "Lecture irrationnelle de la vie", Complexe, 2001
  • "Corpus Scripti," Denöel, 2002
  • "Tectonique des corps", Les Amis de L'Éther Vague, 2003
  • "Morale des épicentres", Denöel, 2004
  • "Adoration de Nona", Lettres Vives, 2004
  • "Nous, amants au bonheur ne croyant...," Denoël, 2005
  • "Le Chant des paroxysmes", suivi de "La Nukaï", réédition, VLB Éditeur, Québec, 2005
  • "Quintes", "L'Ivre livre", "Sacre de la femme", "Discours contre les entraves", réédition, Denoël, collection « Des heures durant... », 2005
  • "Tectonique des femmes", Éditions Cadex, 2006
  • "Souvenirs d'immensité avec troubles de la vision", Éditions Arfuyen, 2007, publié à l'occasion de la remise du Prix de littérature francophone Jean Arp 2006
  • "Insolation de nuit", avec Pierre Alechinsky, La Pierre d'Alun, 2007
  • "Une philosophie à coups de rein", Denoël, 2008
  • "Des hallalis dans les alléluias", Denoël, 2009
  • "La Violencelliste", Denoël, 2011
  • "Un Cratère à cordes," Les évadés du Poème 2, 2013
  • "De l'Art Brut aux Beaux-Arts convulsifs", correspondance Jean Dubuffet/Marcel Moreau, L'Atelier contemporain, 2014
  • "Un Cratère à cordes", Lettres Vives, 2016

Davantages d'informations sur ces livres sur le portail Objectif Plumes (ici).


mardi 30 avril 2019

Le Cosmos Festival décolle ce week-end


Rêvé en décembre dernier (lire ici), le Cosmos Festival est devenu une réalité. Il est même sur sa rampe de lancement. Le premier festival dédié aux littératures jeunesse à Bruxelles se déroulera en effet les vendredi 3, samedi 4 et dimanche 5 mai à l'Area 42 de Schaerbeek (rue des Palais 46). Avec un prologue le jeudi 2 mai à 18 heures à la bibliothèque communale Hergé à Etterbeek (avenue de la Chasse, 211): une balade littéraire dans ses rayons avec Emmanuel Guibert, le parrain de la première édition.

Trois jours, le vendredi pour les scolaires, le week-end pour tout le monde.
Une trentaine d'invités, plein d'activités pour tous les âges, des bébés aux adultes, des expos, des spectacles, des rencontres et des tables rondes.
Si l'accès au festival est libre, il faut savoir que différentes activités proposées sont payantes (tarif fixe ou libre).

Les invités
Du beau monde autour d'Emmanuel Guibert, le parrain. Son acolyte pour Ariol, Marc Boutavant. Des gens de la BD comme Fabien Velhlman, de l'illustration comme Sarah Cheveau, Sigrid Baffert, du roman jeunesse comme Emile Cucherousset ou Nastasia Rugani. Eux sont des Français venant de France. Il y aura aussi des Français habitant en Belgique, Marie Chartres (avec un s final à son nom), Elodie Shanta, Emile Plateau, Fanny Dreyer, Thomas Gilbert, Loïc Gaume. Un auteur américain, Gary Schmidt. Et même des Belges, Jean-Luc Englebert, Thomas Lavachery, Abdel de Bruxelles, Léonie Bischoff, Marine Schneider, Mathieu Pierloot, Max de Radiguès, Monsieur Iou, Noémie Favart, Olivier Gorka, Wauter Mannaert, Benoît Féroumont, Philippe Brasseur, Joy, Tiffanie Vande Ghinste. Bref du beau monde dont on trouve les publications chez Bayard, MeMo, Versant Sud, Pastel, Rue de Sèvres, Thierry Magnier, Dupuis, TipToe.


Les invités.

Les spectacles (hors scolaires)

  • Ariol's Show (Spectacle dessiné)  vendredi 18h30-20h  > 6 ans
  • Ici Baba (Concert) dimanche 11h-12h30 > 3 ans
  • Comète (Concert) dimanche 16h-17h30 > 6 ans 

Les expositions

  • Marine Schneider 
  • Noémie Favart
  • Le Château des étoiles
  • "Les Contes au Carré" de Loïc Gaume (montée par la Fédération Wallonie Bruxelles)
  • Travaux d'étudiants Haute École Albert Jacquard - HEAJ - Infographie
  • Fresque en direct samedi 15h30-17h30 

Les ateliers
Il y a l'embarras du choix, et des propositions pour tous les âges, des bébés aux adultes: tatouage en sérigraphie, pochoir, création d'un personnage, lecture de contes, illustration, philosophie, pantin, papier découpé, reliure, fanzine, massage conté, théâtre d'ombres, tampons patates, gravure... Infos complémentaires (heures, public) ici.

Les rencontres
Ici aussi, il faudra choisir entre Faux-tomaton, Salon des premières fois, Live strip avec Fabien Vehlmann et Benoit Feroumont, "Polynies" avec l'éditrice Chloé Mary et ses auteurs Nastasia Rugani, Emile Cucherousset, Sigrid Baffert, Mathieu Pierloot, Des bébés et des livres avec l'auteure Marine Schneider, l'éditrice Isabelle Bézard et la chercheuse Adélaïde de Heering, Editions Tiptoe, Thomas Lavachery , Les enjeux de la représentation en littérature jeunesse avec Fabien Vehlmann, On sait lire, mais laissez-nous les images! avec Thomas Lavachery, Jean-Luc Englebert et Marie Chartres. Infos complémentaires (heures, public) ici.

5, 4, 3, 2, 1, 0
Un programme alléchant, mené par deux jeunes femmes volontaires et énergiques, Sophie Baudry et Anaïs Félix, qui ont découvert que monter un festival demandait un professionnalisme dont elles ne peuvent encore se réclamer. La preuve lors des divers couacs entre les organisatrices, certains invités et certains éditeurs. En espérant que ces ratés servent pour l'avenir.
Allez hop, tous à Schaerbeek ce week-end.