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lundi 18 novembre 2024

Davantage d'artistes belges sélectionnés au prix Astrid Lindgren 2025



Ils étaient sept candidats belges à être sélectionnés en 2023 pour le prix Astrid Lindgren 2024 (lire ici). Ils sont huit pour le prix qui sera remis le 1er avril 2025. On retrouve les habitués: Anne Brouillard, candidate de la section francophone de l'IBBY Belgique, sélectionnée chaque année depuis 2020, Carll Cneut, Gerda Dendooven et Ingrid Godon du côté néerlandophone. Cette fois reviennent en piste notre illustratrice historique Marie Wabbes et l'auteur Thomas Lavachery côté francophone, l'illustrateur Tom Schamp côté néerlandophone. Un nouveau, l'écrivain et poète Carl Norac.

Candidats pour le prix 2025.

Candidats pour le prix 2024.



 

 

 

 

 
En tout, ce sont 265 candidats de 72 pays et régions qui ont été sélectionnés pour le prix 2025, dont 81 nouveaux. La liste comprend près de 200 auteurs et illustrateurs, ainsi que des conteurs (14) et des promoteurs de la lecture de plus en plus nombreux (62). Rappelons que la Belgique a déjà remporté deux fois la plus importante récompense actuelle en littérature de jeunesse: Kitty Crowther l'a obtenue en 2010 et Bart Moeyart en 2019.

La liste complète des candidats se trouve ici

Beaucoup de nouveaux noms dans ces 265 candidatures, preuve que le temps passe, mais aussi des patronymes qu'il est plaisant de retrouver:
  • le Brésilien Roger Mello,
  • le Camerounais Christian Epanya,
  • les Canadiens Isabelle Arsenault, Stéphane Poulin et Jon Klassen,
  • les Françaises de Côte d'Ivoire Marguerite et Véronique Tadjo,
  • les autres Français (bien moins nombreux que précédemment, que des auteurs sauf un) Flore Vesco, Grégoire Solotareff, Marie Desplechin, Marion Brunet et Timothée de Fombelle,
  • l'Estonienne Piret Raud,
  • les Allemands Jutta Bauer et Nikolaus Heidelbach,
  • les Britanniques Axel Scheffler, David Almond, Emily Gravett, Julia Donaldson, Michael Rosen et Quentin Blake,
  • l'Italienne Beatrice Alemagna et l'organisation Silent books Lampedusa,
  • les Hollandais Catharina Valckx, Thé Tjong-Khing et Marit Törnqvist,
  • les Norvégiens Mari Kanstad Johnsen et Øyvind Torseter,
  • les Polonais Józef Wilkon et Iwona Chmielewska,le Portugais Bernardo P. Carvalho,
  • les Suédois Anna-Clara & Thomas Tidholm, Anna Höglund, Jakob Wegelius, Sara Lundberg et Sven Nordqvist,
  • la Suisse Catherine Louis.
Pour se mettre dans l'ambiance, une vidéo sur le Astrid Lindgren Memorial Award (ici).

En bonus, le dessin que vient de réaliser Gerda Dendooven pour fêter sa sélection.









 

vendredi 17 juin 2022

Voyager en couvertures imaginaires

Lionel Koechlin pour l'expo "The Traveler".

Très belle exposition
intitulée "The Traveler" à partir d'aujourd'hui et jusqu'au 27 août à la galerie Huberty & Breyne au 33 de la place du Châtelain (Bruxelles). Une cinquantaine d'artistes, dessinateurs, illustrateurs jeunesse, affichistes et auteurs de bande dessinée, ont été invités à créer la couverture d'un magazine imaginaire intitulé "The Traveler", où ils proposent un voyage dans un lieu qui leur est cher. Bien entendu dans l'esprit et dans la forme du célèbre magazine américain "The New Yorker", fondé en 1925 et qui sort actuellement 46 fois par an. Une formule déclinée déjà à plusieurs reprises avec succès ("The Parisianer", "The Tōkyōiter", "Le Montréaler", "The Londoner", "The Brusseler", etc.).

Le moins qu'on puisse dire de cette exposition, considérable par la qualité des artistes comme par le nombre d'œuvres exposées, c'est qu'elle en jette, ravit et enchante! En effet, la galerie expose les couvertures des différents artistes, ainsi que l'œuvre originale qui en a permis la réalisation. En supplément aux cimaises, une centaine de "unes" inédites, non publiées.



Rébecca Dautremer. (c) The Traveler.

Si Bruxelles, Paris, New York et Berlin sont des villes très aimées et donc très présentes, on voyage aussi un peu partout dans le monde dans ces merveilles de dessins. Et ce sans aucune empreinte carbone. L'Italie, la Grande-Bretagne, l'Ecosse, l'Asie, l'Ukraine figurent aussi parmi les destinations appréciées, proposant le lien de cœur de l'artiste avec l'une ou l'autre ville.

New York, Christophe Chabouté. (c) The Traveler.

New York, Laurent Durieux. (c) The Traveler.

New York, Louis Joos. (c) The Traveler.

Localisation bruxelloise oblige, on tombe à l'entrée de la galerie sur les contributions de Philippe Geluck et Jannin & Liberski. Mais ils ne sont pas les seuls Belges à avoir été sollicités. On croise plus loin les noms de Louis Joos, Josse Goffin, Eric Lambé, David Merveille ainsi que ceux de Tom Schamp, Ever Meulen ou Brecht Vandenbroucke. On notera toutefois que plusieurs des couvertures sur Bruxelles avaient déjà été présentées lors de l'exposition "The Brusseler" en mars 2021.

Bruxelles: Beppe Stasi, Philippe Geluck, Josse Goffin, Régis Lejonc, David Merveille.
(c) The Traveler.

Ce qui est très amusant et intéressant dans l'exposition "The Traveler", c'est de confronter ses connaissances graphiques aux œuvres exposées, que l'on soit proche de la bande dessinée ou de la littérature de jeunesse. Les représentants des deux genres sont bien présents et on est enchanté de découvrir leurs rêves de voyage. Pour la littérature de jeunesse par exemple, Rébecca Dautremer rafraîchit Paris avec un Paname à la montagne, Olivier Balez se reconnaît à ses couleurs posées sur l'île de Pâques tout comme Nathalie Novi qui nous invite à Arezzo en Toscane. On identifie Carole Chaix à ses traits, Jeanne Macaigne à ses couleurs, Lionel Koechlin à son tremblé coloré, François Roca à ses portraits de femmes. La bande dessinée est bien présente aussi avec la regrettée Dominique Corbasson, Nicolas de Crécy, Miles Hyman, Jean-Claude Götting, Loustal, Alain Lachartre pour les plus anciens, de nombreux artistes plus jeunes étant également présents.

Miles Hyman. (c) The Traveler.

Nathalie Novi. (c) The Traveler.

Tom Schamp. (c) The Traveler.


Participent à "The Traveler", par ordre alphabétique

  • Alfred
  • François Avril
  • Benjamin Bachelier
  • Olivier Balez
  • Théo Bouvier
  • Brüno
  • Christophe Chabouté
  • Carole Chaix
  • Jérémie Claeys
  • Dominique Corbasson
  • Rébecca Dautremer
  • Dominique David
  • Nicolas de Crécy
  • Laurent Durieux
  • Manuele Fior
  • Filippo Fontana
  • Philippe Geluck
  • Jean-Claude Götting
  • Josse Goffin
  • Jorge Gonzalez
  • Maran Hrachyan
  • Miles Hyman
  • Alexandra Huard
  • Jannin & Liberski
  • Martin Jarrie
  • Mickael Jourdan
  • Louis Joos
  • Lionel Koechlin
  • Alain Lachartre
  • Eric Lambé
  • Régis Lejonc
  • Loustal
  • Jeanne Macaigne
  • Manara
  • Jean-François Martin
  • Matteo
  • David Merveille
  • Ever Meulen
  • Hugues Micol
  • Nathalie Novi
  • Nylso
  • François Roca
  • Tom Schamp
  • Andrea Serio
  • Beppe Stasi
  • Brecht Vandenbroucke
  • Danijel Zezelj

Trois des huit couvertures proposées pour le catalogue.

Un catalogue de l'exposition "The Traveler" est en vente à la galerie, proposant huit images de couverture différentes.


Pratique
Galerie Huberty & Breyne Bruxelles Châtelain
33 place du Châtelain
1050 Bruxelles
+32 (0)2 893 90 30
Du mardi au samedi de 11 à 18 heures.

dimanche 5 mai 2019

Emmanuel Guibert, cosmonaute festivalier

Exposition "Contes au carré" de Loïc Gaume. (c) Maxence Martens.

Il reste un jour, ce dimanche 5 mai, pour participer au Cosmos Festival (lire ici) proposant aux enfants, à tous les enfants, d'arriver aux livres à travers diverses activités. Il se tient à Bruxelles, à Schaerbeek, à l'AREA42 (rue des Palais, 46), lieu parfait, sur deux niveaux, regorgeant de recoins. L'idéal pour y installer ateliers, expositions, lieux de rencontre, librairies. Tout est tentant et bien pensé  au Cosmos Festival. Mais où le public, pas très nombreux en ce samedi de première édition? Et pourquoi n'est-il pas davantage là?

Atelier bébés. (c) Maxence Martens.

Atelier enfants. (c) Maxence Martens.


Tom Schamp au travail avec des scolaires.
Le festival a bien commencé vendredi avec les animations scolaires, en compagnie de Tom Schamp notamment, et  par deux représentations, les premières en Belgique, devant des publics également enchantés, de l'Ariol' show, une pour les scolaires l'après-midi, une publique en début de soirée. Il faut voir Emmanuel Guibert raconter, chanter et se déhancher au son des musiques que lui et son acolyte Bastien Lallemant (Les Siestes Acoustiques) interprètent à la guitare alors que le troisième compère, Marc Boutavant, dessine en direct sur une table lumineuse et projette les pages des histoires d'Ariol lues par l'auteur.

L'Ariol's show.
Ariol, génial ânon à lunettes, est né dans le mensuel "J'aime lire" en 2000, de l'imagination d'Emmanuel Guibert et des dessins de Marc Boutavant. Du magazine, il est passé aux albums - quinze à ce jour, un million d'exemplaires vendus selon les éditions Bayard -, au dessin animé et depuis septembre 2016, à la chanson (deux disques, un bleu et un rouge, et un spectacle "qui n'est pas destiné à tourner"). "Le spectacle", précise Emmanuel Guibert, "est né quand l'atmosphère était plombée en France, après les attentats. Je me suis demandé ce que je pouvais faire à mon petit niveau. C'est agréable de voir que les enfants, de toutes les couleurs et de toutes les origines, et leurs accompagnateurs ont la banane pendant tout le spectacle."

Le génie d'Ariol, en CM1 c'est-à-dire en quatrième année primaire, c'est qu'il fait rire autant les enfants (> 6 ans) que leurs parents et pas toujours pour les mêmes raison. Il y a bien sûr les scènes propres à l'enfance, fête d'anniversaire ou vacances chez les grands-parents, les interrogations et les remarques au premier degré, mais aussi un humour un rien piquant qui observe la société et son quotidien et dépeint les relations entre générations différentes. Lui et ses potes, son meilleur copain Ramono, Pharamousse, Pétula, Bisbille, sans oublier sa famille, Papa Avoine, Maman Mule, Papi Atole et Mami Annette, donnent lieu à un spectacle impeccable, tellement joyeux, combinant saynètes, dessins et musique.

Merci à Vincent Rif pour son dessin.
La veille, le jeudi donc, avait eu lieu un prologue du Festival à la Bibliothèque Hergé (Etterbeek) où Emmanuel Guibert effectua une balade littéraire. On peut retrouver ses livres ici et ses vingt coups de cœur ici, ainsi que les deux enregistrements qu'il a suggéré d'écouter: "L'autobiographie sonore de Fred Deux" (ici), et "La nuit rêvée d'Emmanuel Guibert" sur France Culture (ici).



Emmanuel Guibert.
Emmanuel Guibert (lire ici et ici) à Bruxelles, ce n'est pas tous les jours. L'occasion de passer ses projets en revue.

Des projets qui n'empêchent pas l'auteur-illustrateur de faire partie d'une association qui soutient Christine Géricot, une femme qui anime des ateliers d'arts plastiques à l'hôpital Gustave Roussy de Villejuif. "Elle a eu le premier poste d'enseignant assigné à un hôpital. Depuis quinze ans, elle mène des ateliers avec des patients en oncologie et aussi en oncologie pédiatrique. Son association a été parrainée par Raymond Devos qui lui a donné son nom, "Sur un lit de couleurs", appellation qui est aussi le titre d'un livre qui reprend les travaux des enfants. Aujourd'hui, six ou sept expériences de ce type sont menées en France. Même avec des malades d'Alzheimer. Il faut voir la surprise des visiteurs quand ils découvrent les expositions de leurs œuvres. Ce sont des personnes qui ont rompu avec le dessin depuis 60, 70 ou 80 ans, et qui retrouvent l'expression artistique pour sauver leur peau. Avoir un atelier artistique dans un hôpital, ce n'est pas une cerise sur un gâteau mais la farine du gâteau. C'est le jour et la nuit entre ceux qui dessinent et ceux qui ne dessinent pas. On voit des miracles, même question motricité. Le cerveau se débrouille pour contourner les obstacles et arriver à ses fins."

Projets
  • Un livre sans images qu'il écrit depuis un an et qui devrait paraître en 2020 chez Gallimard. Raison pour laquelle il dessine beaucoup moins ces derniers temps. Ce qui ne l'empêche pas d'être en retard pour ce livre. "Je veux consacrer aux choses le temps qu'elles requièrent."
  • Un album reprenant la page qu'il avait dans l'"Ebdo" avant l'arrêt de l'hebdomadaire. "Le smartphone et le balayeur" sortira aux Arènes quand cinquante planches seront prêtes.
  • Un album de dessins légendés chez Dupuis, un bel objet attendu pour début 2020.
  • Un volume sur l'adolescence d'Alan Cope (dont il est question depuis 2013, lire ici).
  • Un nouvel épisode des "Sardines de l'espace" avec Mathieu Sapin dont le dernier tome paru date de 2014 et un dessin animé. "Dans cette série abrasive, un album comporte deux histoires. On y commente l'actualité. J'ai une rétention de râlerie non évacuée en l'absence des Sardines. C'est pour cela qu'elles reviennent."
  • Plus tard, un grand livre sur la ville de Rome, "des rencontres avec des Romains au coin des rues", pour lequel existent déjà 80 pages sur les 300 envisagées.







mardi 9 décembre 2014

Tom Schamp, "Parisien" le 13/12 chez Candide

The Parisianer, Tom Schamp. (c) 10/18.

Ci-dessus, en exclusivité, la couverture que le Belge Tom Schamp a réalisée pour la version 2.0 du livre  "The Parisianer" (10/18, 152 pages). Ce riche ouvrage illustré réunit les couvertures d'un magazine imaginaire, où des artistes rendent hommage à Paris. C'est à lire ici. Le dessin de Tom Schamp est exposé à la librairie Candide (1 place Brugmann, 1050 Bruxelles) ainsi que dix-neuf autres tirages d'exposition provenant du même livre jusqu'à la fin de l'année.

De ce travail en collages de peintures qu'il a réalisé, Tom Schamp dit encore: "Le sac que porte la fille-tour Eiffel est en une fois un hommage à Milton Glaser et à la chanson d'Alpha Blondy."

Tom Schamp dédicacera "The Parisianer" à la librairie Candide le samedi 13 décembre de 16 à 18 heures.

Across the Alps. (c) TS.
Il dédicacera également des livres pour enfants, dont l'album "Mary Jolie, fille du Mississippi" (texte de Muriel Bloch, Seuil Jeunesse, 2003), indisponible en librairie.

Ainsi que trois se des posters, "Otto Plane", "Otto Boat" et "Across the Alps".


Otto Plane. (c) Tom Schamp.
Otto Boat. (c) Tom Schamp.





jeudi 13 novembre 2014

"The Parisianer", livré presqu'à domicile

A la place Brugmann, à Ixelles, on a bien plus de chances de croiser un(e) Parisien(ne) qu'un(e) Bruxellois(e). Pas de ségrégation ici, juste la constatation, corroborée par les statistiques officielles, que les habitants de la capitale française "montant" dans le pays voisin au nord, aiment beaucoup s'y installer. Ainsi que dans ses environs.

Ils seront ainsi cueillis par l'exposition "The Parisianer" qui se déroule actuellement et jusqu'à la fin de l'année à la librairie Candide (1 place Brugmann précisément). Elle présente vingt tirages d"exposition du livre graphique "The Parisianer" (10/18, 152 pages), riche, lui, de 127 illustrations, qui vient juste de sortir.
"Quoi? Une nouveauté?", me glissez-vous dans l'oreillette. "Ce livre existait déjà."
Bien sûr, vous avez raison, mais je n'ai pas tort.
La version 10/18 est une édition revue et augmentée du livre qui a été coédité sous le même titre par l'association La Lettre P et les éditions Michel Lagarde l'an dernier. Sorti à l'occasion de l'exposition des originaux à la Galerie de la Cité internationale des Arts de Paris en décembre 2013, il est arrivé en librairie en mars 2014. Mais, pfffuuiiittt, de ces 1.700 exemplaires, il n'en reste aucun.

The Parisianer, Julien Phoque. (c) 10/18.
Le livre "The Parisianer" rassemble donc largement plus de cent couvertures d'un magazine imaginaire célébrant Paris, hommage superbe au "New Yorker" dont il pourrait être la version française. L'ouvrage est extrêmement réussi et propose un portrait multiple, kaléidoscopique, de la ville lumière, loin des clichés de base. On y voit bien sûr des Tour Eiffel, des métros, des touristes japonais et des pigeons mais, entre cinq selfies et cinq fois plus de graffitis, on y découvre surtout un formidable élan pour cette ville à laquelle on n'échappe pas. C'est au moins de l'intérêt, souvent de l'amitié et même régulièrement de l'amour. Ce recueil d'images superbes permet de savourer une multiplicité de visions posées par des artistes contemporains, dont aucun, paradoxe amusant, n'a dessiné de couverture pour le vrai "New Yorker".

The Parisianer, Aurélie Pollet. (c) 10/18.
Le projet a été graphique dès le départ. Il s'agissait de l'exposition de 500 m2 à la Cité des Arts. Ayant bénéficié d'une année pour la monter, les artistes Aurélie Pollet et Michael Prigent ont invité une centaine de leurs pairs à leur dessiner un ou des Parisiens. Mais avec des consignes. "Un brief commun a été envoyé aux illustrateurs", m'explique Aurélie Pollet, venue à Bruxelles pour le vernissage de l'exposition chez Candide. "Il comportait le format, la technique, plutôt classique pour rendre hommage au "New Yorker", et surtout la demande d'un Paris positif, même si celui-ci était décalé ou humoristique. Histoire de sortir de l'habitude de critiquer continuellement Paris. Des croquis préparatoires étaient aussi demandés, pour éviter les redondances et les clichés."

The Parisianer, Michael Prigent. (c) 10/18.
L'artiste se souvient de la période où arrivaient les croquis: "C'était Noël tous les jours. Nous avons eu des très bonnes surprises, des points de vue justes, efficaces tout de suite. Quelques images clichés qui ont été tout de suite revues quand nous avons proposé aux auteurs d'aller plus loin."









The Parisianer, Martin Jarrie. (c) 10/18.
Si le talent des artistes sélectionnés est réel, on est parfois surpris de découvrir plein de nouveaux noms en plus d'auteurs de livres pour enfants ou de dessinateurs de presse connus, Edmond Baudoin,  Serge Bloch, Marc Boutavant, Martin Jarrie, Gwendal Le Bec, Jean-François Martin, Aude Picault, Olimpia Zagnoli, pour ne citer qu'eux.







"Au début du projet", reprend Aurélie Pollet, "nous avons choisi des artistes que nous admirions ou que nous connaissions, parce qu'ils sont des références ou parce que nous avons découvert leur travail. Nous avons activé notre réseau. Plein d'entre eux viennent de l’école des Arts Décos à Paris, du cinéma d'animation, comme nous. Mais certains ont voulu tenter autre chose comme Catherine Meurisse qu'on connaît dans d'autres genres. Tous ont un rapport à Paris même s'ils n'y habitent pas ou plus. J'ai moi-même passé dix années de mon enfance en Belgique. Dominique Corbasson, par exemple, vit à Bruxelles." Occasion aussi de se rendre compte en tournant les pages des familles qui composent compte l'illustration et de leurs héritages heureux.

Le livre est arrivé ensuite lors d'une rencontre avec l'éditeur et agent d'illustrateurs Michel Lagarde. "Faire le livre a été notre plaisir", sourit Aurélie Pollet. "C'était la partie artistique du projet, associer ces images ouvertes. C'est pour cela qu'il n'y a pas de pagination, pour que chacun puisse se promener dans les pages."
Il y a toutefois des chapitres, introduits chacun par une citation, qui donnent du rythme, une respiration.

The Parisianer, Quentin Vijoux. (c) 10/18.
La nouvelle édition enrichie a permis d'ajouter quarante nouveaux auteurs, dont les deux  Belges Tom Schamp et Brecht Vandenbroucke, "afin d'enrichir les chapitres et d'en ajouter un, "Les Mystères de Paris", plus onirique", précise Aurélie Pollet.
Michel Lagarde m'explique qu'après l'épuisement de la première édition de "The Parisianer", coédition de La lettre P et de ses propres éditions avec deux versions de couverture, une de Thomas Baas et une de François Avril, il a été contacté par Bénédicte Adrien de 10/18 pour le reprendre dans une version augmentée. Cette fois, le tirage est de 20.000 exemplaires; le prix inférieur à 20 euros pour un ouvrage de cette qualité vaut d'être signalé.

Quant aux couvertures des deux Belges, apparues dans la version deux, elles sont exposées à la librairie Candide que tient Eric Haegelsteen. Il me dit: "Quand j'ai vu le livre de Michel Lagarde, avant même la réédition en 10/18, j'ai voulu faire venir le projet ici. Ce qui m'a plu, c'est la diversité des regards sur Paris. Pour l'exposition à la librairie, j'ai choisi vingt illustrations sur un échantillon de cinquante."
A noter la vente de vingt-sept reproductions encadrées en format 30 x 40, produits dérivés intelligents du livre original.


Deux anecdotes d'artistes

The Parisianer, Vincent Bergier. (c) 10/18.
Vincent Bergier
"J'avais acheté un parapluie à Monoprix, très solide, que j'ai malheureusement perdu. J'ai racheté un autre parapluie qui ne valait rien, qui s'est retourné tout de suite. Je me suis dit qu'on n'est pas égaux devant la pluie. J'ai choisi cette anecdote de la vie quotidienne pour en faire une sorte de chorégraphie parisienne avec le paradoxe que je représente une scène de pluie sans une goutte d'eau."

Une autre histoire de parapluies, c'est celle de l'autre Belge, Brecht Vandenbroucke.

Tom Schamp
"L'idée me plaisait car je connais bien les couvertures du "New Yorker". Personnellement, j'ai travaillé en collages sur les liens entre Paris et New York. J'ai même fait mon dessin le 14 juillet!
J'ai dessiné une fille puisqu'on dit "une" tour Eiffel. Elle va d'une ville à l'autre, comme pour rencontrer la Statue de la Liberté. Elle fait le voyage de la France aux Etats-Unis."
Aux pieds de la tour-jeune fille, plein d’éléments symbolisent chacun des deux pays.

A noter que Tom Schamp devrait être en dédicace chez Candide le samedi 13 décembre.