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mercredi 25 mars 2026

Les 10 finalistes du Prix Prem1ère 2026

(c) RTBF.

C'est à 14 heures ce jeudi 26 mars, premier jour de la 55e Foire du livre de Bruxelles, que sera dévoilé en direct, et remis, le prix Prem1ère 2026, le vingtième du nom. Rappelons que ce prix est un prix de lecteurs, les jurés étant choisis sur base des dossiers qu'ils envoient à la RTBF. Ils lisent les dix premiers romans écrits en langue française qui ont été retenus par un comité de professionnels du livre, libraires, journalistes et critiques littéraires.


Les finalistes

Nassera Tamer
"Allô la Place"
Verdier
 
(c) Miliana Salomé Rahouadj.
 
La narratrice tente de renouer avec une langue-chimère, le darija, l'arabe vernaculaire du Maroc, et en particulier le darija de ses parents, qui mélange l'arabe, le chleuh, l'espagnol, le français et bien d'autres choses encore. Une culture familière et pourtant étrangère.


David Ducreux Sincey
"La loi du moins fort"
Gallimard
 
(c) Francesca Mantovani.

Le narrateur a passé une grande partie de sa vie dans le sillage de Romain Poisson, son ami d’enfance dont il est devenu l'homme à tout faire et le complice. 
 

Jean Ciantar
"La Ballade des garçons-poussière"
Les Avrils

(c) Chloé Vlommer-Lo.

Yacob vit avec sa chienne dans une maison. Une vie solitaire et taciturne, hantée par le suicide de David, dix ans plus tôt, deux semaines après leur rencontre.


Maïa Thiriet
"Sans Eden"
Emmanuelle Collas

(c) DR.

Un huis clos aux airs de thriller, dans lequel l'amour et la folie ne sont jamais très éloignés. 


Jeanne Rivière
"Lorraine brûle"
Gallimard

(c) Francesca Mantovani.

Approche sociale et féminisme se conjuguent dans un roman tour à tour trash et poétique, intime et politique.


Catherine Denne
"La Loi Denton"
Asmodée Edern

(c) RTBF.

Un roman dystopique ou science, écologie, mémoire et révolte s'entrelacent autour de figures féminines puissantes, confrontées à un monde en perte d'équilibre.


Ramsès Kefi
"Quatre jours sans ma mère"
Philippe Rey

(c) Philippe Matsas.

Un chant d’amour aux mères qui portent le poids de leur famille, sans bruit et sans reconnaissance, aux hommes fragiles, impétueux mais débordant de tendresse, à ceux qui ont le courage d'aller chercher dans le passé les remèdes aux maux du présent.


Céline Bagault
"Ici commence mon père"
L'Olivier

(c) Patrice Normand.

Une exploration de la période anxiogène pour une fille dont le père atteint de la maladie d'Alzheimer a disparu de son EHPAD et que l'on ne retrouve pas.
 

Camille Bordenet
"Sous leurs pas, les années"
Robert Laffont

(c) Philippe Matsas.

Constance doit rentrer en Isère à la mort de sa grand-mère. Elle appréhende d'y croiser Jess, cette presque sœur de l'adolescence qu'elle a quitté à 18 ans. 
 

Julien Fyot
"Décrochages"
Viviane Hamy

(c) Quentin Houdas.

 
Le mal-être en milieu scolaire, la satire mordante d’un système à bout de souffle, une réflexion profonde sur la paternité et une enquête policière haletante.

 
Comité de sélection des titres
Bénédicte Plovier, chargée de communication, Laurent Dehossay, journaliste, Christine Pinchart, journaliste, Emmanuelle Jowa, journaliste, Deborah Danblon, chroniqueuse littéraire et Régis Delcourt, libraire.
 
Jury 2026
Le jury est composé de 10 auditeurs de La Première: Alice Duponcheel, Lisa Bouguerra, Valérie Grimmiaux, Romane Bouillon, Nadège Duvivier, Diane Lecart, Pierre Deutsch, Olivier Deviviers, Olivier Melis et Thomas Bodart. 
 
 

lundi 24 avril 2023

"Portées-portraits" ce lundi avec Antoine Wauters

Antoine Wauters (c) Loraine Wauters.


Il a une gueule d'ange, mais un regard doux et un sourire craquant qui le ramènent à l'état humain. Antoine Wauters est sans doute le romancier belge le plus original, le plus intranquille, le plus exaltant de la nouvelle génération littéraire. Le plus vivifiant pour le lecteur qui recueille dans ses phrases puissance, émerveillement et satisfaction. On s'en rendra compte encore une fois lors de la lecture-spectacle musicale qui lui sera consacrée, ce lundi soir à la Maison Autrique. Le cycle Portées-Portraits de la compagnie Albertine proposera la mise en voix et en musique d'extraits de son magnifique roman, "Mahmoud ou la montée des eaux" (Verdier, août 2021, 144 pages; Folio, février 2023, 176 pages). Un récit poétique qui a figuré dans nombre de sélections des prix littéraires 2021, a empoché plusieurs prix en France, dont le Marguerite Duras et le Wepler (lire ici) et, plus récemment, le prix du Livre Inter (lire ici).

Vous n'avez rien de prévu ce soir? Foncez!

"Il s'efforçait de rire.
Et eux aussi riaient, ne se doutant pas un seul instant du gouffre que cache parfois le rire d'un père."

"Mahmoud ou la montée des eaux", inspiré par le réalisateur Omar Amiralay et le poète Faraj Bayrakdar, est un hommage aux Syriens, pour qu'à jamais vivent leur culture et leur lumière.
Nous sommes en Syrie. Un vieil homme rame à bord d'une barque, seul au milieu d'une immense étendue d'eau. En dessous de lui, sa maison d'enfance, engloutie par le lac artificiel el-Assad en 1973.
Fermant les yeux sur la guerre qui gronde, muni d'un masque et d'un tuba, il plonge. C'est sa vie entière qu'il revoit, ses enfants au temps où ils n'étaient pas encore partis se battre, Sarah, sa femme folle amoureuse de poésie, la prison, son premier amour, sa soif de liberté.


Né à Liège en 1981, Antoine Wauters se partage entre plusieurs registres, la poésie, le roman, le scénario de cinéma, l'édition avec notamment la collection "If" de l'Arbre à paroles. Agréable nouvelle, il aura un nouveau livre à la prochaine rentrée littéraire, "Le plus court chemin" (Verdier).

Après quelques livres de poésie, son premier roman, "Nos mères" (Verdier), prix Prem1ère de la RTBF 2014 quelques semaines seulement après sa publication (lire ici), le fait découvrir avant de devenir le lauréat du prix Révélation de la SGDL. En 2015, Antoine Wauters cosigne le film "Préjudice", long métrage d'Antoine Cuypers. Trois ans plus tard, il marque la rentrée littéraire en publiant deux livres d'un coup, "Pense aux pierres sous tes pas" et "Moi, Marthe et les autres", toujours chez Verdier. Son quatrième roman, "Mahmoud ou la montée des eaux", paraît en 2021 et renforce son statut d'écrivain attendu et louangé. Il est sorti en février en format de poche. 

Pour mieux connaître Antoine Wauters, voici le texte sur ses débuts en littérature qu'il a écrit le mois dernier à la demande de Passa Porta à l'occasion du Passa Porta Festival: "Nos débuts".


La soirée "Portées-Portraits" débutera par une rencontre avec Antoine Wauters à 19 heures, l'occasion d'un partage avec le public sur son travail.
La lecture-spectacle musicale débutera à 20h15. Le texte sera mis en voix par Daphnée D'heur, lu par Itsik Elbaz et accompagné à la batterie par Antoine Pierre.
Un verre est offert par la Compagnie Albertine à la fin de la lecture, donnant l'occasion de trinquer ensemble et de se faire dédicacer un livre parl'écrivain.

Pratique
Où? Maison Autrique, chaussée de Haecht, 266 à 1030 Bruxelles.
Quand? Le lundi 24 avril.
A quelle heure? La lecture-spectacle commence à 20h15. Elle est précédée d'une rencontre avec l'auteur à 19 heures.
Durée? 1 heure.
Combien? 8 euros (possibilité de visiter toute la maison et un verre offert), 5 euros pour les étudiants, gratuit pour le "jeune" de moins de 26 ans qui accompagne un adulte.
Renseignements ici.
Réservation indispensable par mail à reservations.compagniealbertine@gmail.com












lundi 6 juin 2022

Joie! L'écrivain belge Antoine Wauters lauréat du prix du Livre Inter 2022


L'écrivain et poète belge Antoine Wauters (lire ici), 41 ans, a remporté la 48e édition du prix du Livre Inter ce lundi 6 juin avec son quatrième roman, le magnifique "Mahmoud ou la montée des eaux" à la forme peu conventionnelle mais tellement naturelle à la lecture (Verdier, 144 pages). Présidé par Delphine de Vigan, le jury composé de douze auditeurs et de douze auditrices de la radio publique française a rapidement choisi cet ouvrage parmi les dix qui lui étaient proposés. "Le texte a énormément touché les lecteurs, il y a beaucoup d'émotion, certains ont éprouvé le besoin de nous lire des passages à voix haute pendant les 4h30 de délibérations", a déclaré Delphine de Vigan. "C'est un livre qui a manifestement touché (...) A travers ces échanges, ce sont aussi des convictions différentes de la littérature qui s'opposent. Même si le texte d'Antoine Wauters a été très vite plébiscité, on s'est vraiment interrogés tous ensemble sur ce qu'on attendait des livres."

La sélection 2022.

Ce n'est pas la première récompense pour "Mahmoud ou la montée des eaux", sorti à la rentrée littéraire 2021. Pour ce livre, Antoine Wauters a notamment déjà reçu le prix Wepler - Fondation La Poste (autres sélections et palmarès de haute volée littéraire, lire ici), le prix Marguerite-Duras, le prix des libraires Payot.

Ouvrage complètement hors des clous, roman poétique écrit en vers libres, "Mahmoud ou la montée des eaux" traite de la guerre en Syrie, touche et enchante au-delà de toute ce que peut faire un roman habituel ou un essai. On est avec ce vieux Syrien dans sa barque à rames au milieu d'une immense étendue d'eau. Il sait qu'en dessous de lui se trouve sa maison d’enfance, engloutie par le lac el-Assad, né de la construction du barrage de Tabqa, en 1973. Partout autour de lui, c'est la guerre. Alors, muni d’un masque et d'un tuba, il va plonger. Et on va plonger. Il va ainsi revoir sa vie entière, ses enfants au temps où ils n'étaient pas encore partis se battre, Sarah, sa femme folle amoureuse de poésie, la prison, son premier amour, sa soif de liberté. Et on avec lui, vieil homme dans la guerre.

"Je me suis dit que j'allais écrire l'histoire de la Syrie à travers la voix de ce vieil homme, en le laissant plonger dans ses souvenirs et les eaux de ce lac, avec une parole extrêmement simple, poétique", a expliqué Antoine Wauters à Eva Bettan de France Inter. "J'avais envie d'essayer de montrer en quoi la guerre est un engloutissement. Pour moi c'est une image très simple: un vieil homme sur une barque qui descend dans son passé."

Formidable bibliothèque que les lauréats des quarante-huit éditions du prix du Livre Inter. Antoine Wauters est le deuxième lauréat belge, après Henry Bauchau en 2008.


Palmarès
  • 2022 Antoine Wauters "Mahmoud ou la montée des eaux" (Verdier)
  • 2021 Hugo Lindenberg "Un jour ce sera vide" (Christian Bourgois).
  • 2020 Anne Pauly "Avant que j'oublie" (Verdier)
  • 2019 Emmanuelle-Bayamack-Tam "Arcadie" (P.O.L.)
  • 2018 David Lopez "Fief" (Seuil)
  • 2017 Jean-Baptiste Del Amo "Règne animal" (Gallimard)
  • 2016 Tristan Garcia "7" (Gallimard)
  • 2015 Valérie Zenatti "Jacob, Jacob" (L'Olivier)
  • 2014 Céline Minard "Faillir être flingué" (Rivages)
  • 2013 Alice Zeniter "Sombre dimanche" (Albin Michel).
  • 2012 Nathalie Léger "Supplément à la vie de Barbara Loden" (P.O.L.)
  • 2011 Olivia Rosenthal "Que font les rennes après Noël?" (Verticales)
  • 2010 Cloé Korman "Les hommes-couleurs" (Seuil)
  • 2009 Mathias Enard "Zone" (Actes Sud)
  • 2008 Henry Bauchau "Le boulevard périphérique" (Actes Sud)
  • 2007 François Vallejo "Ouest" (Viviane Hamy)
  • 2006 Jean Baptiste Harang "La chambre de la Stella" (Grasset)
  • 2005 Joël Egloff "L'Etourdissement "(Buchet-Chastel)
  • 2004 Patrick Lapeyre "L'homme-sœur" (P.O.L.)
  • 2003 Pierre Péju "La petite chartreuse" (Gallimard)
  • 2002 Christian Gailly "Un soir au club" (Minuit)
  • 2001 Laurent Mauvignier "Apprendre à finir" (Minuit)
  • 2000 Antoine Volodine "Des anges mineurs" (Seuil)
  • 1999 Ahmadou Kourouma "En attendant le vote des bêtes sauvages" (Seuil)
  • 1998 Martin Winckler "La maladie de Sachs" (P.O.L.)
  • 1997 Nancy Huston "Instruments des ténèbres" (Actes Sud)
  • 1996 Agnès Desarthe "Un secret sans importance" (L'Olivier)
  • 1995 Jean-Noël Pancrazi "Madame Arnoul" (Gallimard)
  • 1994 Robert Bober "Quoi de neuf sur la guerre?" (P.O.L.)
  • 1993 Frédéric Boyer "Des choses idiotes et douces" (P.O.L.)
  • 1992 Agota Kristof "Le troisième mensonge" (Le Seuil)
  • 1991 Nina Bouraoui "La voyeuse interdite" (Gallimard)
  • 1990 Daniel Pennac "La petite marchande de prose" (Gallimard)
  • 1989 Philippe Hadengue "Petite chronique des gens de la nuit dans un port de l'Atlantique Nord" (Maren Sell)
  • 1988 François Salvaing "Misayre! Misayre!" (Balland)
  • 1987 Jean Raspail "Qui se souvient des hommes" (Robert Laffont)
  • 1986 René Belletto "L'enfer" (P.O.L.)
  • 1985 Jean-Jacques Brochier "Un cauchemar" (Albin Michel)
  • 1984 Marek Halter "La mémoire d'Abraham" (Robert Laffont)
  • 1983 Hortense Dufour "Le bouchot" (Grasset)
  • 1982 Marcel Schneider "La lumière du Nord" (Grasset)
  • 1981 Marguerite Gurgand "Les demoiselles de Beaumoreau" (Mazarine)
  • 1980 Elie Wiesel "Le testament d'un poète juif assassiné" (Seuil)
  • 1979 Béatrix Beck "La décharge" (Le Sagittaire)
  • 1978 Daniel Boulanger "L'enfant de bohême" (Gallimard)
  • 1977 Agostin Gomez Arcos Ana Non (Stock)
  • 1976 Jacques Perry "Le Ravenala ou l'arbre du voyageur"(Albin Michel)
  • 1975 Catherine d'Etchea "Des demeures et des gens" (La Table Ronde)

mardi 9 novembre 2021

Les prix Wepler et de littérature américaine

Antoine Wauters à la brasserie Wepler.


Ouf! On arrive à la fin de cette longue farandole que sont les prix littéraires d'automne. Avec le prix Wepler, attribué hier au magnifique roman du Belge Antoine Wauters "Mahmoud ou la montée des eaux" (Verdier) - mention spéciale à Laura Vazquez pour "La semaine perpétuelle" (Editions du Sous-Sol) - et le Grand prix de littérature américaine allant ce 9 novembre à Joyce Maynard, 67 ans, pour "Où vivaient les gens heureux" (traduit de l'anglais par Florence Lévy-Paolini, Editions Philippe Rey), on touche doucement au bout. L'occasion de se réjouir des palmarès établis jusqu'ici, sans fausses notes, mais de regretter quelques absences criantes. 


L'occasion aussi d'imaginer la joie du petit éditeur indépendant Philippe Rey qui, après le Goncourt mercredi dernier (lire ici) empoche une seconde récompense. Deux livres publiés à la rentrée littéraire, deux prix! Bingo! 

"Après dix ans et dix livres",
indiquait Philippe Rey en août, "Joyce Maynard continue de nous enthousiasmer. Sa vie jalonnée de multiples combats lui a donné une incomparable capacité d'empathie à l'égard de ses personnages. "Où vivaient les gens heureux" est un texte magistral, soutenu par une narration qui nous emporte, une acuité psychologique, un maniement parfait des émotions, un sens aigu du détail. Cinq décennies de l'histoire d'une famille défilent sous nos yeux, dans toute leur complexité et leur richesse. L'héroïne, Eleanor, si unique, nous bouleverse par son courage, son attachement aux siens et ses fragilités… Nous sommes convaincus qu'"Où vivaient les gens heureux" est le meilleur roman de Joyce Maynard."

Joyce Maynard.
Quant à Joyce Maynard, elle dit ceci: "Où vivaient les gens heureux" est mon dixième roman, c'est aussi mon préféré. Je n'ai jamais été aussi enthousiaste à l'idée de partager une histoire avec mes lecteurs. J'ai grandi dans une famille dysfonctionnelle. Le rêve de ma vie, le plus grand et le plus obstiné, était de fonder une famille et d'offrir à mes enfants la vie que je n'ai pas connue.
De mon premier mariage sont nés trois enfants aimés, mais leur père et moi nous sommes séparés quand ils étaient encore jeunes. Durant les trente-deux années qui ont suivi, peu sont les sujets qui m'ont habitée autant que la famille, le couple, le lien parents-enfants, ou celui qui unit les enfants d'une même fratrie. Ce roman est né du désir, ou plutôt du besoin, d'explorer l'histoire d'une famille ressemblant à la mienne. Comment le temps et les aléas influencent-ils la vie de chacun de ses membres? Comment ont-ils influencé ma propre vie?"

Jury tournant du prix Wepler: les critiques Caroline Broué, Frédérique Roussel, Benoît Buquet, Christophe Gilquin, les libraires Marie-Rose Guarniéri, Élisabeth Sanchez, le postier Laurent Le Boterve, les lectrices Mélanie Fleury (détenue au Centre pénitentiaire de Rennes, Blanche Sarfati, Maren Sell, Marie-Catherine Vacher.
Jury du Grand prix de littérature américaine: les libraires Sylvie Loriquer (L'Attrape-Coeurs), Géraldine Mausservey (Librairie de Paris), Jean-Christophe Millois (INFL), Pascal Thuot (Millepages), les journalistes Oriane Jeancourt-Galignani ("Transfuge"), Nicolas Carreau ("Europe 1"), Philippe Chevilley ("Les Echos"), les éditeurs, Caroline Ast (Belfond), Alice Déon (La Table Ronde) et Francis Geffard (Albin Michel).



Attributions

Prix Envoyé par la poste (26 août)
  • Julie Ruocco pour son premier roman "Furies" (Actes Sud)

Prix du Roman Fnac (6 septembre)
  • Jean-Baptiste del Amo pour "Le fils de l'homme" (Gallimard)

Prix Blù Jean-Marc Roberts (15 septembre)
  • Mathieu Palain pour "Ne t'arrête pas de courir" (L'Iconoclaste).

Prix Senghor (17 septembre)
  • Annie Lulu pour son premier roman, "La mer Noire dans les grands lacs" (Julliard)

Prix François Billetdoux (24 septembre)
  • Robert Bober pour "Par instants, la vie n'est pas sûre" (P.O.L.)

Prix Nobel de littérature (7 octobre)
  • Abdulrazak Gurnah, écrivain tanzanien dont trois livres ont été traduits en français mais sont actuellement indisponibles

Prix de la Fondation Prince Pierre de Monaco (12 octobre)
  • Annie Ernaux, pour l'ensemble de son œuvre (Gallimard principalement)
  • Abigail Assor, bourse de la Découverte pour "Aussi riche que le roi" (Gallimard)

Prix du Premier roman (18 octobre)
  • Maud Ventura pour "Mon mari" (L'Iconoclaste) en littérature française 
  • Daniel Loedel pour "Hadès, Argentine" ((traduit de l'anglais par David Fauquemberg, La Croisée) en littérature étrangère 
  • Mention spéciale à Gisèle Berkman pour "Madame" (Arléa)

Prix de la langue française (20 octobre)
  • Pierre Bergounioux, "dont l'œuvre contribue de façon importante à illustrer la qualité et la beauté de la langue française."

Prix Guez de Balzac (21 octobre)
  • Michel Deguy

Prix Femina (25 octobre)

Romans français
  • Clara Dupont-Monod pour "S'adapter" (Stock)
Romans étrangers
  • Ahmet Altan pour "Madame Hayat" (traduit du turc par Julien Lapeyre de Cabane, Actes Sud)
Essais
  • Annie Cohen-Solal pour "Un étranger nommé Picasso" (Fayard),

Prix Médicis (26 octobre)

Romans francophones
  • Christine Angot pour "Le Voyage dans l'Est" (Flammarion)
Romans étrangers
  • Ahmet Altan pour "Madame Hayat" (traduit du turc par Julien Lapeyre de Cabanes, Actes Sud)
Essais
  • Jakuta Alikavazovic pour "Comme un ciel en nous" (Stock)

Prix Victor Rossel (27 octobre)
  • Philippe Marczewski pour "Un corps tropical" (Inculte)

Grand prix du roman de l'Académie française (28 octobre)
  • François-Henri Désérable pour "Mon maître et mon vainqueur" (Gallimard)

Prix Décembre (29 octobre)
  • Xavier Galmiche pour "Le poulailler métaphysique" (Le Pommier)

Prix Goncourt (3 novembre)
  • Mohamed Mbougar Sarr pour "La plus secrète mémoire des hommes" (Philippe Rey)

Prix Renaudot (3 novembre)

Romans
  • Amélie Nothomb pour "Premier sang" (Albin Michel, lire ici)
Essais
  • Anthony Palou pour "Dans ma rue y avait trois boutiques" (Presses de la Cité)

Prix de Flore (4 novembre)
  • "Le voyant d'Etampes", d'Abel Quentin (L'Observatoire)

Prix Wepler (8 novembre)

Contrairement à de nombreuses distinctions littéraires, le Prix Wepler-Fondation La Poste ne dévoilera pas de seconde liste des ouvrages en lice. Il a en effet été créé dans le but de soutenir une sélection de livres dans sa diversité, et de donner un élan, de la visibilité et un destin à tous les écrivains désignés par le jury 2021.
  • "Si maintenant j'oublie mon île", de Serge Airoldi (L'Antilope)
  • "Comme un ciel en nous", de Jakuta Alikavazovic (Stock)
  • "Le Roman de Jim", de Pierric Bailly (P.O.L)
  • "Petites Cendres ou la capture", de Marie-Claire Blais (Seuil)
  • "Mort aux girafes", de Pierre Demarty (Le Tripode)
  • "Rivage au rapport", de Quentin Leclerc (L'Ogre)
  • "Un corps tropical", de Philippe Marczewski (Inculte)
  • "Ultramarins", de Mariette Navarro (Quidam)
  • "Hors gel", d'Emmanuelle Salasc (P.O.L)
  • "La Plus Secrète Mémoire des hommes", de Mohamed Mbougar Sarr (Philippe Rey)
  • "La Semaine perpétuelle", de Laura Vazquez (Sous-Sol)
  • "Mahmoud ou la montée des eaux", d'Antoine Wauters (Verdier)
Grand prix de littérature américaine (9 novembre)
  • "Les Prophètes", de Robert Jones Jr, traduit par David Fauquemberg (Grasset)
  • "Où vivaient les gens heureux", de Joyce Maynard, traduit par Florence Lévy-Paolini (Philippe Rey)
  • "Olive", d'Elizabeth Strout, traduit par Pierre Brévignon (Fayard)

Sélections

Prix Albert-Londres du Livre (15 novembre)
  • "Flic, un journaliste a infiltré la police", de Valentin Gendrot (Editions Goutte d'or)
  • "Les Serpents viendront pour toi", d'Emilienne Malfatto (Les Arènes Reporters)
  • "La Honte de l'Occident", d'Antoine Mariotti (Tallandier)
  • "Toxique", de Sébastien Philippe et Tomas Statius (Puf - Disclose)

Prix Interallié (17 novembre)
  • "Ne t'arrête pas de courir", de Mathieu Palain (L'Iconoclaste) 
  • "On ne parle plus d'amour", de Stéphane Hoffmann (Albin Michel)
  • "Mon maître et mon vainqueur", de François-Henri Désérable (Gallimard) 
  • "Bellissima", de Simonetta Greggio (Stock)

Prix des 5 continents de la francophonie (16 décembre)
  • "Ceux qui sont restés là-bas", de Jeanne Truong (Gallimard)
  • "Dans le ventre du Congo", de Blaise Ndala (Mémoire d'encrier )
  • "Héritage", de Miguel Bonnefoy (Rivages)
  • "Le Jardin du Lagerkommandant", d'Anton Stoltz (Maurice Nadeau)
  • "Les Lumières d'Oujda", de Marc Alexandre Oho Bambe (Calmann-Lévy)
  • "Les Orphelins", de Bessora (JC Lattès)
  • "Le Palais des deux collines", de Karim Kattan (Elyzad 
  • "Pas même le bruit d'un fleuve", d'Hélène Dorion (Alto)
  • "Soleil à coudre", de Jean d'Amérique (Actes Sud)
  • "Les villages de Dieu", d'Emmelie Prophète (Mémoire d'encrier)

Prix Jean Giono (décembre)
  • "Le fils de l'homme", de Jean-Baptiste Del Amo  (Gallimard)
  • "Les bourgeois de Calais", de Michel Bernard (La Table Ronde)
  • "Milwaukee blues", de Louis-Philippe Dalembert (Sabine Wespieser)
  • "S'adapter", de Clara Dupont-Monod (Stock)
  • "Mohican", d'Éric Fottorino (Gallimard)
  • "Le voyant d'Etampes", d'Abel Quentin (L'Observatoire)
  • "Pleine terre", de Corinne Royer (Actes Sud)
  • "La Plus Secrète Mémoire des hommes", de Mohamed Mbougar Sarr (Philippe Rey)
  • "Sur les toits", de Frédéric Verger (Gallimard)

Et aussi

Prix Mémorable
  • "André-la-poisse", d'Andreï Siniavski (Typhon, lire ici)
  • "Ardinghera", de Régis Messac (La Grange Batelière)
  • "Confession d'un rebelle irlandais", de Brendan Behan, traduit de l'anglais par Mélusine de Haulleville (L'Échappée)
  • "Chant des plaines", de Wright Morris, traduit de l'anglais par Brice Matthieussent (Christian Bourgois)
  • "Hemlock", de Gabrielle Wittkop (Quidam)
  • "La vie seule", de Stella Benson, traduit de l'anglais (Angleterre) par Leslie de Bont (Cambourakis)
  • "Les Jardiniers du bitume et La Grande Descente", de Roger Riffard (Bouclard)
  • "Les ratés de l'aventure", de Titaÿna (Marchialy)
  • "Tea rooms", de Luisa Carnés, traduit de l'espagnol par Michelle Ortuno (La Contre Allée)
  • "Romance in Marseille", de Claude McKay, traduit de l'anglais par Françoise Bordarier & Geneviève Knibiehler (Héliotropismes)

jeudi 24 juin 2021

La philosophe belge Vinciane Despret parmi les 65 distinctions 2021 de l'Académie française

Vinciane Despret, honorée pour l'ensemble de son œuvre.

Si le terme "Académie française" laisse souvent présupposer mille choses, pas toujours à la gloire de l'assemblée qui se tient au Quai Conti, il est un événement pour lequel on ne peut que la louer. Il s'agit de la publication de son palmarès annuel. Ce jeudi 24 juin, jour de la Saint-Jean, l'Académie française a communiqué son palmarès pour l'année 2021. Un palmarès fort de 65 distinctions, sachant que le Grand Prix du Roman sera, comme de coutume, décerné à l'automne.

Un palmarès dans lequel on relève avec un immense plaisir les noms des écrivains  Frankétienne, Abdourahman Waberi, Patrick Deville,  Camille de Toledo, Diane Meur, Pierre Ducrozet. Mais aussi ceux du chanteur Etienne Daho et du cinéaste Albert Dupontel. Et bien entendu celui de la philosophe belge Vinciane Despret, dont le dernier ouvrage, "Autobiographie d'un poulpe. Et autres récits d'anticipation" (Actes Sud) fait énormément parler de lui.




PALMARÈS DE L'ANNÉE 2021


complété des maisons d'édition par nos soins. 

GRANDS PRIX

Grand Prix de la Francophonie
Frankétienne (Haïti)
Grande Médaille de la Francophonie
M. Abdourahman Waberi (Djibouti)
Grand Prix de Littérature
M. Patrick Deville, pour l'ensemble de son œuvre
Grand Prix de Littérature Henri Gal
Prix de l' Institut de France
M. Claude Arnaud, pour l'ensemble de son œuvre
Prix Jacques de Fouchier
M. Alain Schnapp, pour "Une histoire universelle des ruines. Des origines aux Lumières" (Seuil)
Grand Prix Michel Déon
M. François Cérésa
Prix de l'Académie française Maurice Genevoix
M. Michel Bernard, pour "Le Bon Sens" (La Table Ronde)
Grand Prix Hervé Deluen
M. Jordan Plevnes (Macédoine du Nord)
Grand Prix de Poésie
M. Claude Royet-Journoud, pour l'ensemble de son œuvre poétique
Grand Prix de Philosophie
M. Emmanuel Housset, pour l'ensemble de son œuvre
Grand Prix Moron
Mme Vinciane Despret, pour l'ensemble de son œuvre
Grand Prix Gobert
M. François Hartog, pour "Chronos. L'Occident aux prises avec le temps" (Gallimard)
Prix de la Biographie (littérature)
MM. Jean-Louis Cabanès et Pierre Dufief, pour "Les Frères Goncourt" (Fayard)
Prix de la Biographie (histoire)
Mme Pauline Dreyfus, pour "Paul Morand" (Gallimard)
Prix de la Critique
Mme Béatrice Didier, pour l'ensemble de ses travaux critiques
Prix de l'Essai
M. Jean-Claude Bonnet, pour "Les Connivences secrètes. Diderot, Mercier, Chateaubriand" (Rivages)
Prix de la Nouvelle
M. David Thomas, pour "Seul entouré de chiens qui mordent" (L'Olivier)
Prix d'Académie
M. François Azouvi, pour "Français, on ne vous a rien caché. La Résistance, Vichy, notre mémoire" (Gallimard)
M. Laurent Dandrieu, pour "La Confrérie des intranquilles" (L'homme nouveau)
M. Gérard Guégan, pour "Fraenkel, un éclair dans la nuit" (L'Olivier)
M. Pierre Joannon, pour "Michel Mohrt, réfractaire stendhalien" (La Thébaïde)
Prix du cardinal Grente
P. Philippe Capelle-Dumont, pour l'ensemble de son œuvre
Prix du Jeune Théâtre Béatrix Dussane-André Roussin
M. Dieudonné Niangouna, pour l'ensemble de ses ouvrages dramatiques
Prix du Cinéma René Clair
M. Albert Dupontel, pour l'ensemble de son œuvre cinématographique
Grande Médaille de la Chanson française
M. Étienne Daho, pour l'ensemble de ses chansons
Prix du rayonnement de la langue et de la littérature françaises
Mme Emily Beeny, conservateur au J. Paul Getty Museum
M. Michel Foucher, géographe et auteur de l'"Atlas des mondes francophones" (Marie B)
Mme Helen Glanville, spécialiste des questions de conservation et de restauration des biens culturels
Mme Emmelie Prophète-Milcé, femme de lettres et directrice du Bureau haïtien du droit d'auteur
M. Jean-Noël Schifano, traducteur de l'italien et directeur de la collection "Continents noirs" (Gallimard)


PRIX DE POÉSIE

Prix Théophile Gautier
M. Pierre Dhainaut, pour "Une porte après l'autre après l'autre", suivi de "Quatre Éléments plus un" (Faï Fioc)
Prix Heredia
M. Joël Vernet, pour "L'oubli est une tache dans le ciel" (Fata Morgana)
Prix François Coppée
M. Louis-Philippe Dalembert, pour "Cantique du balbutiement" (Bruno Doucey)
Prix Paul Verlaine
M. Réginald Gaillard, pour "Hospitalité des gouffres" (Ad Solem)
Prix Henri Mondor
M. André Stanguennec, pour "Novalis-Mallarmé. Une confrontation" (Honoré Champion)
Prix Maïse Ploquin-Caunan
M. Emmanuel Laugier, pour "Chant tacite" (Nous)


PRIX DE LITTÉRATURE ET DE PHILOSOPHIE

Prix Montyon
M. Jean Seidengart, pour "L'Univers infini dans le monde des Lumières" (Les Belles Lettres)
Prix La Bruyère
Mme Séverine Denieul, pour "Casanova. Le moraliste et ses masques" (Classiques Garnier)
Prix Jules Janin
Mme Marguerite Bordry, pour sa traduction de "Senso et autres nouvelles vénitiennes" de Camillo Boito (Presses Universite Paris-Sorbonne)
Prix Émile Faguet
M. Gérard Ferreyrolles, pour "De Pascal à Bossuet. La littérature entre théologie et anthropologie" (Honoré Champion)
Prix Louis Barthou
Mme Annick Louis, pour "L'Invention de Troie. Les vies rêvées d'Heinrich Schliemann" (EHESS)
Prix Anna de Noailles
Mme Tiphaine Samoyault, pour "Traduction et violence" (Seuil)
Prix François Mauriac
Mme Celia Levi, pour "La Tannerie" (Tristram)
Prix Georges Dumézil
M. Jean-Michel Robert, pour "Leibniz et les universaux du langage" (Honoré Champion)
Prix Roland de Jouvenel
Mme Alexandra Lapierre, pour "Belle Greene" (Flammarion)
Prix Biguet
M. Dominique Pradelle, pour "Intuitions et idéalités. Phénoménologie des objets mathématiques" (PUF)
Prix Pierre Benoit
M. Hervé Gaillet, pour "Pierre Benoit, autrement" (AlterPublishing)
Prix Jacques Lacroix
M. Loïc Bollache, pour "Comment pensent les animaux" (Humensciences)
Prix Sivet
M. Jean-Noël Blanc, pour "Des opéras de lumière. Ravier et Thiollier" (Le Realgar)


PRIX D'HISTOIRE

Prix Guizot
Mme Isabelle Dasque, pour "Les Diplomates de la République (1871-1914)" 
M. Clément Oury, pour "La Guerre de Succession d'Espagne. La fin tragique du Grand Siècle" (Presses Universite Paris-Sorbonne)
Prix Thiers
M. Nicolas Schapira, pour "Maîtres et Secrétaires (XVIe-XVIIIe siècle). L'exercice du pouvoir dans la France d'Ancien Régime" (Albin Michel)
Prix Eugène Colas
M. Étienne Peyrat, pour "Histoire du Caucase au XXe siècle" (Fayard)
Mme Patricia Sorel, pour "Napoléon et le livre. La censure sous le Consulat et l'Empire (1799-1815)" (PUR)
Prix Eugène Carrière
M. Alexandre Maral et Mme Valérie Carpentier-Vanhaverbeke, pour "Antoine Coysevox (1640-1720), le sculpteur du Grand Siècle" (Arthena)
Prix du maréchal Foch
M. Gaïdz Minassian, pour "Les Sentiers de la victoire. Peut-on encore gagner une guerre?" (Passés Composés)
Prix Louis Castex
Mme Armelle Faure, pour "Révolution et sorcellerie. Une ethnologue au Burkina Faso" (Elytis)
Prix Monseigneur Marcel
M. Brenton Hobart, pour "La Peste à la Renaissance. L'imaginaire d'un fléau dans la littérature au XVIe siècle" (Classiques Garnier)
M. Bruno Méniel, pour "Anatomie de la colère. Une passion à la Renaissance" (Classiques Garnier)
Prix Diane Potier-Boès
Mme Claude Denjean, pour "Les Juifs et les pouvoirs. Des minorités médiévales dans l'Occident méditerranéen (XIe-XVe siècle)" (Cerf)
Prix François Millepierres
M. Benoît Rossignol, pour "Marc Aurèle" (Perrin)
Prix Augustin Thierry
M. Pierre-Yves Le Pogam et Mme Sophie Jugie, pour "La Sculpture gothique (1140-1430)" (Hazan)


PRIX DE SOUTIEN À LA CRÉATION LITTÉRAIRE

Prix Henri de Régnier
M. Camille de Toledo, après "Thésée, sa vie nouvelle" (Verdier)
Prix Amic
Mme Diane Meur, après "Sous le ciel des hommes" (Sabine Wespieser)
Prix Mottart
M. Pierre Ducrozet, après "Le Grand Vertige" (Actes Sud)





jeudi 20 août 2020

Entre force, humour et délicatesse, un week-end entier dédié aux lectures à Namur


L'Intime Festival est désormais LE rendez-vous littéraire belge de la fin des vacances d'été, faisant le pont entre livres d'hier et nouveautés de la rentrée. En sept éditions, il a démontré sa force et sa raison d'être, drainant des milliers de personnes dans les salles du Théâtre de Namur, alléchées par son programme exigeant et la qualité des interventions. Au programme habituel: de longues lectures par des comédiens ou une bonne pinte de lecture par un professionnel suivie d'un entretien avec l'auteur du livre, des rencontres et des dédicaces.

Il en sera évidemment autrement pour la huitième édition de l'Intime Festival, le Chapitre 8 qui se déroulera du vendredi 28 août au dimanche 30 août, crise sanitaire et jauges limitées à cent personnes obligent. Changement de lieu d'abord, ce sont deux églises namuroises, la Cathédrale Saint-Aubain et l'Eglise Saint-Loup, ainsi que la Cour de l'Athénée qui prêteront leurs murs à la manifestation littéraire, permettant la distance physique entre spectateurs. Changement de braquet ensuite, les auteurs des livres choisis ne seront pas présents, sauf exception. Mais maintien du thème,  vies ordinaires, liens avec la nature et les animaux, voix de la jeunesse, décliné en grandes lectures (GL), petites lectures (PL) et discussions. Sans oublier un concert et un exercice d'admiration. Et maintien du niveau littéraire.

Des décisions qui ont été dures à prendre par l'équipe du festival qui voulait absolument, et à raison, maintenir la manifestation. Chloé Colpé, directrice de l'Intime Festival, s'en explique sur le site.
"Nous avons décidé de maintenir le chapitre 8 de l'intime festival en l'adaptant aux dernières mesures imposées par la crise sanitaire:
• les jauges sont réduites à 100 personnes
• chaque événement demande un ticket pour vous assurer d'avoir une place dans le confort et en toute sécurité.

Plutôt que de faire la liste de ce à quoi nous avons dû renoncer: la présence des auteur.es, les salles du théâtre bondées, une exposition photographique, les projections cinéma le matin, l'insouciance d'être ensemble… Regardons ce que nous avons pu conquérir: une cathédrale et une église. Regardons ce que nous avons pu préserver: seize lectures, un concert et trois discussions, en gardant intact… notre enthousiasme à partager les textes, à proposer le débat, à questionner le monde.

Par la force des choses et dans un dépouillement qui frise l'ascèse, nous revenons à l'essentiel: un livre, une table, un.e comédien.ne qui nous embarque dans un récit. Les histoires de ce chapitre singulier racontent les vies ordinaires, interrogent nos liens visibles et invisibles avec la nature et les animaux, donnent voix à la jeunesse. Il s'en dégage de la force, de l'humour et de la délicatesse.

Si vous saviez comme on se réjouit de vous retrouver!"


Programme

Vendredi 28 août


Cathédrale Saint-Aubain, GL, 20:00-21:00
"Avant que j'oublie" d'Anne Pauly (Verdier, 2019), lu par Catherine Salée (lire ici).

Samedi 29 août


Cour de l'Athénée, 11:00-12:00
Discussion avec l'écrivain nord-irlandais Robert McLiam Wilson, francophone et francophile, en résidence à Namur (ses romans sont édités chez Christian Bourgois, traduits par Brice Matthieussent).

Cathédrale Saint-Aubain, GL, 12:15-13:15 (aussi dimanche)
"Le mur invisible" de Marlène Haushofer (traduit par Liselotte Bodo, Actes Sud, 2014), lu par Dominique Reymond.

Eglise Saint-Loup, PL, 13:30-14:00
"Papa" de Régis Jauffret (Seuil, 2020), lu par Philippe Jeusette.

Cathédrale Saint-Aubain, GL, 14:00-15:00
"La petite femelle" de Philippe Jaenada (Julliard, 2015), projection de Valentine Fournier, lu par l'auteur (lire ici).

Eglise Saint-Loup, PL, 15:15-15:45
"Une bête aux aguets" de Florence Seyvos (L'Olivier, 2020, en librairie aujourd'hui), lu par Adeline Vesse.

Cathédrale Saint-Aubain, GL, 16:00-17:00 et 20:30-21:30
"Entre eux" de Richard Ford (traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Josée Kamoun, L'Olivier, 2017), lu par Reda Kateb.

Eglise Saint-Loup, 17:00-18:00
"Penser le trouble", discussion avec le Professeur Éric Caumes et Guillaume Lachenal, historien des sciences.

Cathédrale Saint-Aubain, PL, 18:00-18:30
"Elmet" de Fiona Mozley (traduit de l'anglais par Laeticia Devaux, Joëlle Losfeld, 2017), lu par Emile Falk.

Cathédrale Saint-Aubain, PL, 19:15-19:45
"Chroniques d'une station-service" d'Alexandre Labruffe (Verticales, 2019), lu par Fabrice Murgia (lire ici).

Eglise Saint-Loup, PL, 19:30-20:00
"Les enfants des autres"  de Pierric Bailly (P.O.L., 2020), lu par Yoann Blanc.



Dimanche 30 août


Eglise Saint-Loup, 12:30-13:30
Autour d'Olga Tokarczuk ("Les Pérégrins", traduit du polonais par Grazyna Erhard, Editions Noir sur Blanc, 2010), prix Nobel de littérature 2018, exercice d'admiration par Philippe Vauchel.

Cathédrale Saint-Aubain, GL, 13:00-14:00
"Un mal qui répand la terreur" de Stewart O'Nan (traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Jean-François Ménard, L'Olivier, 2001, lu par Jean-Benoît Ugeux.

Cathédrale Saint-Aubain, PL, 15:00-15:30
"Il est des hommes qui se perdront toujours" de Rebecca Lighieri (P.O.L, 2020), lu par Félix Vannoorenberghe.

Eglise Saint-Loup, 15:30-16:30
Concert, le premier post-confinement, avec Fabrizio Cassol, Tcha Limberger et Philippe Thuriot.

Cathédrale Saint-Aubain, GL, 16:30 — 17:30
"Le mur invisible" de Marlène Haushofer (traduit par Liselotte Bodo, Actes Sud, 2014), lu par Dominique Reymond.

Eglise Saint-Loup, 17:30-18:30
Discussion avec François Gemenne, chercheur en sciences politiques et (à venir).

Cathédrale Saint-Aubain, GL, 19:00-20:00
"Croire aux fauves" de Nastassja Martin (Verticales, 2019), lu par Anne-Cécile Vandalem.


Autant de rendez-vous alléchants qui célèbrent la littérature telle que je l'aime.

Renseignements et réservations ici.


lundi 20 juillet 2020

Apprendre à devenir orpheline

Par Sarah Trillet, invitée de LU cie & co


Anne Pauly. (c) Sarah Trillet.


"Avant que j'oublie" (Verdier, 138 pages, août 2019) est le très réussi premier roman d'Anne Pauly. Salué tant par la critique que par les lecteurs, lauréat du prix Envoyé par la Poste 2019, il a tout récemment remporté le prix du Livre Inter 2020.

La surprise et l'originalité de ce roman ne tiennent pas au choix du thème - rebattu en littérature - mais bien à la manière d'Anne Pauly. Construit sous la forme d'un témoignage aux accents largement autobiographiques, la narratrice dresse un portrait-hommage de son père qui vient de succomber à un cancer.

D'une voix sensible, mêlant expressions très personnelles, parfois surprenantes, à une langue délicate piquée d'élans de grâce, elle nous accompagne dans l'exploration d'émotions et interrogations universelles. Ce que signifie la mort d'un père, la gestion de sa disparition physique, mais aussi ce mouvement de bascule dans une version inédite de soi-même qui implique d'apprendre à devenir orpheline.

Submergée par les démarches administratives et la déconcertante banalisation de la manière dont un homme disparaît du monde, le flegme presque grotesque avec lequel il est expédié sous terre, la narratrice remonte le fil de l'histoire de son père. Un père dont l'entourage, presque soulagé, retient le portrait tronqué de l'homme violent et alcoolique qu'il était, certes, mais qui le trahit tout autant.
"(...) Moi, je préférais ne pas. Le premier jour, j'ai donc résisté, façon Bartelby, à cette injonction d'inventaire définitif en contemplant, immobile, cigarette à la main, les choses dans leur ensemble depuis le seuil des pièces, hésitant à leur imposer un mouvement qui dissoudrait peu à peu et pour toujours ce qu'il y avait eu avant."
C'est au milieu de l'encombrement des objets qui ont appartenu à son père que la narratrice (re)découvre le visage d'un homme aux désirs et affinités plus complexes que ce que suggèrent les apparences, et qu'elle se souvient qu'il n'a pour elle jamais failli. Parce qu'à sa manière, entre deux éclipses d'alcool ou de colère, l’homme mal équarri à l'allure si bourrue n'a eu de cesse, à son égard, de témoigner de cette tendresse attentive qui lui permettait de percevoir ses états de détresse et d'y répondre. Toujours.
"(...) Une dernière fois, je l'ai admiré pour son esprit original et si mal compris, pour l'élégante précision de ses idées, pour son entêtement insensé à ne s'être jamais autorisé que ça alors qu'il avait tant d'ampleur et pour m'avoir appris à être sensible à la poésie que dégagent les choses modestes."
La narratrice nous dit beaucoup de l'homme mais aussi, peut-être, des rapports de classe et de la puissance avec laquelle ils se sont exercés sur les babyboomers, laissant une part d'entre eux sur les bas-côtés de leurs rêves, empoisonnant parfois l'intime jusqu'à éteindre la volonté même et à pousser à la capitulation, à cet aveu, tragique, d'insignifiance. Et à laisser à d'autres la réalisation de leur destin rêvé.

C'est ce à quoi se refuse la narratrice. Avec délicatesse et un humour qui nous permet de rester à une distance intime suffisante, elle nous invite à la suivre dans l'exploration de son deuil, mais aussi de ce qui lui a permis de se propulser dans son propre devenir, en reconnaissant les points de lumière de son parcours et en acceptant fièrement non seulement l'homme qui fut son père mais aussi les imprécisions, les accidents et les manques dont nous sommes au final tous constitués.

En plus d'être un récit très juste et raconté avec une voix et un style aboutis, ce premier roman offre une vue bien plus réaliste et subtile du processus de deuil que ce qu'en disent certains théoriciens qui le réduisent trop souvent à une série d'étapes conventionnelles dont on sortirait "guéri", de préférence le plus vite possible. Une vision non seulement réductrice et froide mais qui dénie tout autant la dimension éminemment subjective et le caractère imprévisible et profondément chamboulant d’un tel événement de vie.
"(...) Ils avaient manqué de tout puis travaillé, acheté des voitures, de bonnes moquettes, des linos en promo, des Tupperware, des fours, des livres, des vélos et des machines à laver, entretenu vaguement quelques hobbies, laissé leur porte ouverte et accueilli des étrangers, perdu leurs parents très tôt, rencontré des difficultés, subi inlassablement des choses qui ne leur convenaient pas et marché globalement complètement à côté de leur destin, croyant, comme tous les gens d'origine modeste de leur génération, n'avoir aucun choix en la matière. Ils s'étaient beaucoup fait de mal mais dans l'ensemble, ils étaient restés d'accord sur l'essentiel. Ils nous avaient aimés, poussés, et compte tenu des circonstances, on pouvait dire qu'ils avaient fait de leur mieux."

Pour lire le début de "Avant que j'oublie", c'est ici.



jeudi 10 octobre 2019

Deux Nobel de littérature pour le prix d’un

C'était donc sur Twitter qu'il fallait être et non sur YouTube pour découvrir avant la proclamation des  lauréats pour les prix Nobel de littérature 2018 et 2019, attribués conjointement ce jeudi 10 octobre.
En effet à 13 heures locales pile, l'info était lâchée par un tweet de l'organisation même du prix Nobel et reprise par la presse, France 24 notamment. Avant que le secrétaire de ladite Académie suédoise, légèrement en en retard sur l'horaire,  n'ait eu le temps d'annoncer les deux lauréats, la Polonaise Olga Tokarczuk, publiée en français aux Éditions Noir sur Blanc, et l'Autrichien Peter Handke, traduit par Gallimard et Verdier. 




Une quinzième femme au palmarès qui affiche 116 noms depuis 1901.
Olga Tokarczuk a été l'invitée du Passa Porta Festival de Bruxelles en mars de cette année (lire ici).
Elle est l'aussi l'auteur du texte d'un très bel album jeunesse (bons lecteurs) illustré par Joanna Concejo, "Une âme égarée" (traduit du polonais par Margot Carlier, Editions Format).



Mats Malm, secrétaire perpétuel de l'Académie suédoise, à 14h06.